mercredi 1 juillet 2009
Pourquoi Ebuzzing prend les blogueurs pour des cons
Dis-moi lecteur, "article sponsorisé", ça te dit quelque chose ?
Evidemment que ça te parle. L'article sponsorisé, c'est LE vilain article peu apprécié des lecteurs de blogs. L'article sponsorisé c'est le mal, l'article sponsorisé c'est la marque des blogueurs vendus au grand Capital.
Je caricature à peine hein...
Rappelons que depuis ses débuts, l'article sponsorisé (pour ceux qui ne suivent pas - faites un effort, merde - les articles sponsorisés sont des billets rémunérés à caractère publicitaire, rédigés par des blogueurs pour divers annonceurs) a beaucoup fait parler de lui : on s'indigne, on le critique, on montre du doigt les faibles blogueurs qui vendent leur âme pour quelques dizaines d'euros, bref, on en fait des tonnes pour pas grand chose.
Evidemment, je conçois bien qu'on puisse ne pas approuver le phénomène des billets sponsorisés : lorsqu'on se connecte à ses dix blogs préférés et qu'on y trouve, au cours d'une même semaine, dix articles sur les assurances Trucmuche, on a de quoi être agacés. Ou bien quand on voit son blogueur préféré se mettre à enchaîner les campagnes rémunérées, au point de faire de son blog une sorte de catalogue publicitaire ventant tantôt les mérites d'une boisson qui pique et qui fait pas grossir (ou si peu) tantôt ceux d'une célèbre marque de cosmétiques qui se met enfin au naturel (il était temps), évidemment y a de quoi être déçu.
Oui mais après ? S'indigner systématiquement devant les articles annoncés comme "sponsorisés" est devenue l'attitude 2.0 tendance du moment. A croire que le lecteur est un révolutionnaire et un rebelle dans l'âme : il n'aime pas la pub, il n'aime pas l'idée qu'on puisse écrire pour du fric quand on peut écrire pour que dalle, il n'accepte pas que le blogueur sacrifie subitement sa liberté de penser en échange d'un petit (tout petit) chèque mensuel. Alors le lecteur, il dit que le blogueur est faible, que le blogueur devrait avoir honte, et il considère d'emblée que tout ce qui est sponsorisé est moche et mauvais.
Mon cul ouais.
Je me suis souvent fait chier devant de glorieux articles non sponsorisés et à côté de ça, ai souvenir de lectures très appréciables voire franchement poilantes sur certains billets sponsorisés bien écrits et bien conduits. Et je trouve clairement qu'il faut être sacrément con pour condamner d'emblée un billet rémunéré mais bon, on a déjà parlé de cela à plusieurs reprises, inutile d'en remettre une couche.
Et doooooonc, derrière le billet sponsorisé se cache LA plateforme de mise en relation blogueurs/annonceurs, la boîte que l'on appelle gentiment la banque des blogueurs dans le jargon 2.0, j'ai nommé EBUZZING. Ebuzzing ou les mecs qui arrivent à te vendre l'idée que tu vas faire du fric avec ton blog sans trop te fouler.
Why not.
Quand tu tiens un blog pour la gloire, pour passer le temps, ou parce que t'as rien trouvé de mieux à foutre, pourquoi ne pas en tirer ponctuellement profit et mettre un peu de beurre dans les épinards de temps en temps. Moi, j'ai jamais été contre. Je me suis même rabattue plusieurs fois sur les articles sponsorisés pour remplir le caddie et payer la facture de fuel pendant les périodes où la pige se faisait rare; Et j'étais drôlement contente d'avoir alors Ebuzzing sous la main pour faire un peu de thune en ces temps de disette.
Sauf qu'Ebuzzing, avec le recul, c'est un peu les champions du monde pour te prendre pour un con.
Sans déconner.
Analyse d'une institution en quelques points :
1. L'inscription ou l'art de te caresser dans le sens du poil en te faisant miroiter moults revenus
Quand tu inscris ton blog sur Ebuzzing, leur équipe évalue automatiquement la "valeur" de ton blog (en fonction de ton nombre de visiteurs, de ta notoriété...) afin de chiffrer plus précisément la valeur d'un billet sponsorisé dont tu serais l'auteur. En général, pour un blog bien mais pas top (comprenez pour un blogueur pas du tout influent mais qui a un petit public quand même), tu peux espérer côter dans les 100 à 150 € le billet. Pas mal ouais. Toi, le petit blogueur de rien du tout, tu t'entends ainsi dire que concrètement, y aura peut-être des gens prêts à payer 150 boules pour que tu leur pondes une bafouille et que tu la publies sur ton blog. Alors toi, forcément, tu te dis que supaaaaaaaaire, c'est drôlement chouette.
Ouais mais attends, y a un MAIS : ça, c'est si, et seulement SI des anonceurs veulent directement traiter avec toi. Parce qu'à côté de ça, y a les campagnes dites "network" qui, grosso modo, correspondent à un libre-service du billet publicitaire. Tu mates ce qu'il y a à prendre, tu te sers, tu écris, et tu palpes. Alors pour te faire une idée, ça te donne le choix entre : parler d'une marque de fringues pour 10 €, faire la promo d'un site web pour 20 € ou vanter les mérites d'un complément alimentaire pour 30 €. tu l'as dit bouffi : on est loin des 150 € que tes articles sont censés valoir.
Mais bon, comme t'es un blogueur gentil, patient, et accessoirement un tout p'tit peu con, tu te dis que c'est pas grave, que ça va venir, et tu enchaînes les campagnes de merde à 20 € en attendant que le vent tourne, considérant que bon, pour l'instant, il n'y a QUE de petites campagnes, qu'il faut faire avec en attendant les grosses.
Sauf que la campagne décemment payée, elle n'arrive jamais.
Pis un beau jour tu apprends ce truc inouï qu'on s'est bien gardé de te dire : pendant que toi tu tapes dans le billet à 20 €, d'autres blogueurs touchent 400 € pour le même boulot. Sans déconner ouais, pour faire strictement la même chose. Alors que bon, c'est pas comme si l'un avait un doctorat ès blog tandis que l'autre aurait queuté son BEPC option blog... car en l'occurence, les qualités rédactionnelles, Ebuzzing s'en tamponne le coquillard.
Donc moi, je veux bien admettre que certains blogs ont une affluence qui n'a rien à voir avec la fréquentation des petits blogs, mais j'ai quand même tendance à trouver la disproportion un rien gênante : quand je vois un blogueur dit influent bacler quelques lignes et empocher un chèque à trois zéros, pendant que d'autres blogueurs moins réputés se crèvent le cul à te pondre un vrai bon article, pour avoir au final tout juste de quoi se payer trois paquets de clope (oui je sais, ils ont qu'à pas fumer mais bon...), ben je me dis que ça ressemble vaguement à du foutage de gueule. Surtout quand on tient compte de la façon dont sont présentées les choses.
Bon, petite parenthèse avant qu'un tocard ne vienne me dire que bouhou, chuis qu'une vilaine jalouse qui la ramène parce qu'elle a jamais eu que des campagnes à 10 euros, sachez, pour votre gouvernante (oui je sais, en vrai on dit pas "gouvernante"... qu'y puis-je si nous n'avons pas les mêmes références cinématographiques) que j'ai eu l'occasion de taper dans les campagnes pas trop mal payées et alors que bon, c'est pas la peine de vous époumonner à essayer de me rabattre le caquet.
Donc voilà, ça c'était la phase 1 du processus Ebuzzing : je te fais croire que tu vaux beaucoup et que tu seras bien payé sauf qu'au final, tu bosses pour des clous.
"Mais qu'est-ce qui cause ce courroux ?", te demandes-tu, sage lecteur, qui mieux que quiconque commence à me connaître.
Non, je n'ai pas mes règles (je ne suis pas enceinte non plus, rassurez-vous mes choupinous). Je ne suis donc pas remontée injustement contre Ebuzzing. Attends un peu la suite, tu vas comprendre...
2. Le paiement (ou comment abuser de ta bonne volonté pour te payer le plus tard possible voire te faire oublier que tu as un compte à solder)
Alors à la base, cela fonctionne comme ceci :
Une fois que tu as cumulé 100 € sur ton compte Ebuzzing, tu peux demander ton paiement. Au bout de 30 jours. Ajoute à cela 45 jours entre ta demande de paiement et le versement et ainsi, au bout de deux mois et demi, tu reçois enfin ta thune. Alleluïa moi j'dis.
Cela signifie que si t'as fait deux ou trois campagnes payées entre 10 et 30 €, ben t'as pas le compte pour être payé. Et que ta thune, elle reste bloquée chez Ebuzzing jusqu'à ce que tu te décides à atteindre les cent euros fatidiques ou plus simplement, à y renoncer parce qu'après tout, c'est rien que quelques dizaines d'euros.
Pis bon, si t'as atteint ton quota, petit veinard va, t'as plus qu'à attendre deux mois et demi pour qu'on te verse ton fric, soit le temps d'avoir deux voire trois fois ses règles pour une fille, c'est dire si ça peut faire long.
Donc ça, c'était avant. Avant, pour résumer, fallait être persévérant et très très patient pout palper enfin ta thune.
Pis un beau jour, Ebuzzing a annoncé très solennellement à ses blogueurs que désormais, pour pouvoir continuer à participer à leurs campagnes, il fallait obligatoirement adopter le statut d'auto-entrepreneur. Comme ça ouais. A croire qu'instaurer ce truc, ça leur a pris un peu comme une envie de chier.
Je te dis pas comme les gens ont fait la gueule. Parce que bah oui, dans le lot, y avait un paquet de blogueurs qui faisaient une campagne de temps en temps, rien de régulier ni d'assez lucratif pour justifier l'adoption d'un tel statut. D'autant qu'on s'est tous mis à se demander si le mois suivant, Ebay n'allait pas se mettre aussi à nous demander de nous mettre en auto-entrepreneur pour pouvoir revendre nos vieilles fringues deux fois dans l'année, ou si on ne devait pas nous-même exiger de la baby-sitter de 19 ans qu'elle n'adopte ce statut afin de pouvoir continuer à lui filer 20 € tous les quinze jours. Parce que ben ouais, à entendre Ebuzzing, c'était désormais crucial d'adhérer à ce statut pour gagner trois francs six sous chez eux, alors autant dire qu'on était en droit de se poser la question pour toutes les autres activités qui rapportent pas-rien-mais-presque et que l'on a l'occasion de mener ponctuellement. Mais Ebuzzing, ranafout', c'était clairement ça ou rien.
Alors tout le monde s'est mis à cogiter sec là-dessus. Rapport au fait que dans le genre "démerdez-vous", Ebuzzing ils te disaient qu'être auto-entrepreneur, c'était rudement facile et super chouette, sans être pour autant foutu de t'informer plus que ça sur la question.
Alors les blogueurs ont discuté, échangé, fréquenté les forums, FAQ et sites spécialisés, ont entamé les démarches, se sont vus attribuer un numéro SIRET assez vite pour certains, quant aux autres, plusieurs mois après, ils attendent encore des nouvelles de leur foutu dossier. Moi par exemple, j'ai cru sur parole le mec très sympa de chez Ebuzzing (oui, chez Ebuzzing ils te prennent pour un con tout en restant sympa, faut leur laisser cela...) qui m'a dit que c'était super facile et très pratique de devenir auto-entrepreneur et j'ai fait toutes les démarches : je fais quoi maintenant, je lui dis que trois mois après j'ai toujours pas de nouvelles de mon putain de dossier ? Je lui pète les dents ? Ou bien...?
Bref, Ebuzzing qui n'a honte de rien a laissé tous ces braves gens s'embarquer dans cette paperasse pour finir par entamer la phase 3 :
3. Ebuzzing prend clairement les blogueurs pour des cons
Finalement, après que tout le monde se soit bien fait chier à faxer, envoyer, mailer des documents pour boucler ce foutu dossier d'auto-entrepreneur, Ebuzzing a osé un coup de théâtre qui se résume à ceci : "Salut bande de gnous, finalement plus besoin d'être auto-entrepreneurs, hahahaha !".
Et ceci n'est pas un gag.
Mais attends, tu crois que c'est la chute de l'histoire ? Naaaaaan, attends un peu.
4. Ebuzzing n'a décidément honte de rien :
Et j'ajouterais en guise de sous-titre : "et c'est à se demander comment des blogueurs peuvent encore accepter de bosser avec eux" (faut vraiment qu'ils crèvent de faim) (ou qu'ils soient masochistes et aiment se faire prendre pour des buses). Après avoir annoncer que le statut d'auto-entrepreneur passait de fondamentalement indispensable, crucial, inévitable, genre si tu l'as pas tu meurs, à parfaitement inutile (cherche pas à comprendre), Ebuzzing a gentiment annoncé ceci :
"Rassurez-vous petits blogueurs, nous allons vous envoyer vos paiements ! Pour ceux qui n'ont pas adhéré au statut auto-entrepreneur (rappel : ce statut qui sert en l'occurrence à que dalle et qu'on n'est pas forcé d'adopter), les paiements seront échelonnés entre le 15 septembre et le 15 décembre".
Qu'ai-je envie de répondre à cela si ce n'est : KAMOULOX !
La vérité, Ebuzzing, ils nous font un remake des Rois du Gag. Sauf que pour le coup, on rit jaune.
Genre pour ma part, j'ai 200 € bloqués chez eux. Ouais ça va quoi, c'est "que" 200 €. Mais crois-moi, mes 200 €, je saurai quoi en faire, te fais pas de souci pour ça. Et bref, 200 € correspondant à un article rédigé en janvier 2009. Ouais, janvier. Donc si tu fais le calcul, ces gens censés être des professionnels mettent rien qu'une année à payer leurs prestataires. C'est quoi déjà l'expression pour qualifier ça... foutage de gueule, c'est ça ?
Bref, prions pour que les partenaires d'Ebuzzing gèrent mieux leur exaspération et leur consternation que moi, ce serait rudement dommage qu'un méchant buzz ne vienne accabler le sacro-saint foyer du billet sponsorisé. Et puis surtout, croisons les doigts pour que les blogueurs soient aussi cons que ce qu'Ebuzzing à l'air de le croire : s'agirait pas que les blogueurs se mettent à s'intéresser d'un peu trop près au code du commerce et à devenir procéduriers...
Ceci dit, une question me taraude : pour toucher nos intérêts sur les sommes payées hors délais, on devra se déclarer en auto-entrepreneur ou pas ?
lundi 29 juin 2009
Boire ou se repentir, il faut choisir
Des fois dans la vie, t'es obligé de faire des trucs pas marrants ni très sexy. Genre assister au baptême de ton neveu dans un bled perdu dans le trou du cul du monde, là où les gens ont un drôle d'âââccent et où on considère les réseaux GSM comme une légende urbaine.
Moi dans l'ensemble, j'ai rien contre les réunions de famille, bien au contraire. Tant qu'y a de quoi faire bombance et picoler à l'oeil, je suis toujours partante, surtout si l'ambiance est assurée par mon père et ses vannes graveleuses ou par l'état d'ébriété de mon chevelu de frère dont la devise est "un verre ça va, deux verres ça va, quarante-huit verres bonjour les dégâts (blurps)".
Le problème avec les baptêmes, ben c'est le baptême. C'est l'obligation de devoir se farcir l'église, le Notre Père, l'Alleluïa, de devoir se lever et s'asseoir, puis se relever et se rasseoir, avant de se re-relever et de se re-rasseoir, sans oublier de baisser la tête quand les enfants de choeur font tinter la cloche (j'ai jamais compris pourquoi) ni de serrer la main à de parfaits inconnus lors du rituel de la Paix du Christ (tout en essayant de ne pas se livrer à des considérations ausi fondamentales que : "Dieu, fais en sorte que tous les blaireaux qui viennent de me serrer la pogne se soient bien lavés les mains après être allés pisser"). Bref, la messe, c'est chiant, et c'est doublement chiant quand on sait que les parents se contrefoutent de la bénédiction divine, ne voyant dans le baptême qu'une occasion de réunir la famille en grandes pompes et de mitrailler le merveilleux bébé de photos (et de cadeaux). Moi j'dis, on aurait pu se faire beau, se taper un restau et bouffer des dragées sans tremper la tête du gosse dans le bénitier, m'enfin bon...
Donc, j'ai accompli ma BA du dimanche en allant à l'église décemment vêtue (si si, j'te jure, j'avais planqué les tattoos, mis des chaussures normales et tout et tout), même que je me suis retrouvée placée au premier rang, trop d'la balle. Et bon, autant te dire que dans le genre "plus chiant tu meurs", la cérémonie était difficile à égaler. Déjà il faisait chaud, une putain de chaleur, alors que moi, dans mon infinie candeur, je croyais qu'il faisait toujours froid dans les églises (rapport au Christ qui est crucifié au-dessus de l'autel les fesses à l'air). Ensuite, y avait pas un baptême, mais six baptêmes !!! Soit six lectures de textes pour le prix d'une, et puis six bénédictions, six signatures de parrains, six signatures de marraines, et bref, six fois plus de trucs chiants qui rendent la messe interminables.
Et puis surtout, y avait un curé drôlement pas cool. Un curé qui a failli finir crucifié dans la sacristie vu qu'il a commis l'imprudence suprême : rappeler mon père à l'ordre. Ouais, mon père, THE père quoi, celui sur qui John Rambo a tout copié, le barbare dans toute sa splendeur, celui qui n'a pas peur de mettre des pancartes annonçant "Attention, radar à 1 kilomètre" quand les flics posent leur jumelle dans son bled, cet homme sans foi ni loi que secrètement, on rêve tous d'avoir pour président (avec Manu premier ministre, évidemment).
Et bref, mon père, il en avait rien à carrer de la prière à la Vierge. Car comme il le dit si bien, s'agirait d'arrête de nous prendre pour des cons, on sait tous par où l'Bon Dieu est passé pour lui mettre le petit Jésus dans le ventre à la Marie Couche-toi là. Et pendant la prière à Marie, le père était drôlement distrait et matait les gens moches pour mieux dauber sur eux à l'heure de l'apéro, aussi le curé s'est-il tourné vers lui, indigné, en braillant dans le micro : "Tout de même ! Vous ne pouvez pas regarder en direction de la Vierge Marie ?!!!". La vérité, j'espère que le curé mesure la chance qu'il a d'être encore en vie à ce jour. Parce que parler de cette façon là à mon père, ça relève de l'hérésie et y en a qui ont fini noyés dans un bénitier pour moins que ça.
Bon, faut dire que mon père avait une foutue bonne raison d'être distrait. Et la raison, je l'annonce : mon fils. Alias le Kraken, parce qu'il détruit tout sur son passage. Mon père dit de mon fils qu'il a "le diable dans le cul", car mon moutard, c'est le jour où il arrêtera de se suspendre à la mezzanine ou de grimper sur le dossier du canapé pour plonger dans le vide qu'il faudra s'inquiéter. Disons que c'est un gosse de l'extrême à qui rien ne fait peur, et qui a des jeux aussi sains que buter des grenouilles (et sache que Manu a bien failli me quitter le jour où mon fils à tuer une de ses grenouilles à grands coups de crosse de pistolet laser) (oui, Manu a des grenouilles, enfin avait...), remplir une bassine de flotte avec l'eau croupie des coupelles de plantes et plonger dedans alors que le thermomètre indique 10 degrés, ou bien pisser dans des bouteilles et, d'une façon générale, dans tout objet dans lequel il parvient à insérer son zizi. Oui, mon fils est un enfant plein de vie et débordant d'imagination, un vaillant petit mec qui n'a peur de rien et qui n'a pas, de son grand père, que la tête (parce que oui, faut savoir que mon fils est le clone de mon père. la vérité, ça fout les jetons, on croirait le résultat d'une expérience scientifique tellement c'est flagrant. Du coup, je me demande si lui aussi tuera des poules au lance-flammes quand il sera grand).
Et bref, comme je le disais, mon père a été distrait par son propre petit-fils qui, trouvant le temps long et l'ambiance merdique en ce lieu de recueillement et de culte, s'efforça de trouver une activité plus amusante que s'asseoir et se relever en regardant la vierge. Et mon môme qui, à deux ans et demi, est déjà un geek accompli, a taxé l'I-Phone du cousin pour faire mumuse en attendant la fin du calvaire de la cérémonie. Aussi, pendant une bonne partie de la messe, mon enfant a joué, avec une joie non dissimulée, à cela :
Voilà, pendant une bonne demi-heure, mon fils haut comme trois pommes s'est amusé à se taper des bières virtuelles face à l'autel de la Vierge. Même qu'il était vachement fier de lui à chaque fois qu'il descendait une Guiness et que, crois-moi, il ne cachait pas sa joie, brandissant fièrement son "verre" vide à chaque pinte éclusée. Bon, comme on est quand même un minimum sortables dans la famille (j'ai bien dit "un minimum"), on a pris soin de désactiver le son sur l'iphone afin d'éviter de divertir l'audience avec le rot censé ponctuer chaque descente de binouze.
Purée, moi j'dis vivement la communion de mon neveu, qu'on puisse se marrer en regardant mon fils dégommer le curé avec son sabre laser sur i-Phone.













