Ma vie rock'n'roll

"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

11 mai 2008

Myspace : Ce serait-y pas cool d'être amis (pour de rire) ?!!

myspace

La première fois que j'ai mis les pieds sur Myspace, je savais même quoi à quoi ça pouvait bien servir et n'avait, d'une façon générale, rien pigé au principe de ce site. Mais bon, j'avais cru comprendre que si t'étais pas sur Myspace, t'étais pas tendance voire, pire, que ne pas être sur Myspace, c'était la vraie teuhon, le truc qui donne un prétexte à tous tes potes pour se foutre de toi en disant : "Walahonte ! La meuf elle est même pas sur Myspaceuh !". Ouais, ne pas avoir de profil Myspace, c'est un peu la loose, c'est comme ne pas avoir d'adresse MSN, ne pas connaître la coque à chatte comme alternative au Tampax, continuer à acheter des sacs en plastique aux caisses des magasins au lieu d'opter pour un Bio bag ou un caddie même pas ringard, bref, c'est le truc impensable, la chose inimaginable pour une fille moderne qui s'efforce de vivre avec son temps.

Bref, tout ça pour dire qu'un jour, ça m'a pris comme une envie de chier : je me suis connectée à Myspace, me suis inscrite et ai commencé à compléter machinalement mon profil pour faire pareil que tous les autres (ce qui n'est pas mon habitude mais bon, pour le coup, moi pas vouloir ne pas connaître un site dont tout le monde parle). Et en quelques heures, j'avais un joli profil avec fond en peau de léopard, rock'n'roll en musique d'accueil et vidéos pour faire comme les autres cool. Parce que ouais, tout le monde sait qu'un profil Myspace, ça se travaille, ça s'embellit, ça s'agrémente de vidéos, de photos et d'un tas de fonctionnalités vachement hype mais carrément inutiles, bref, c'est un truc qui ne s'improvise pas et qui requiert du temps, bien que, je te l'accorde, on ait tous autre chose de plus important à foutre que de faire mumuse sur Myspace.

Et le truc magique avec Myspace, c'est le coup des amis. Ouais ouais, j'ai bien dit "amis", pas "internautes inconnus" ni "connaissances" ni "relations". Car sur Myspace, tout le monde il est ton ami, tout le monde ouais. Du coup t'invites des tas de gens à être ton ami, un peu comme si t'envoyais des invit' pour une surboum. Et ça, sur le coup, c'est vachement jouissif parce que tu peux être ami avec des groupes de rock dont t'es fan ("Qui ça, les Damned ? Ah ouais je les connais bien, c'est des amis à moi. Enfin, sur Myspace quoi..."), être ami avec des morts voire (car sur Myspace, même les morts ont parfois leur profil), et même être ami avec des rockeurs morts. Comme les Ramones, au pif. Bref, une fois que t'es inscrit sur Myspace, tu comprends vite que le principe de ce site, c'est de se faire des amis qui n'en sont pas forcément. Enfin, des amis que toi tu veux mais qui veulent pas forcément de toi, ce qui ne les empêche pas d'accepter ta demande d'amitié virtuelle ne serait-ce que par politesse ou pour faire leur pub. Voilà quoi, Myspace c'est le vaste monde des gens qui sont potes avec tout le monde.

Mais bon, les rockeurs, les morts et les rockeurs morts ne sont pas les seuls gens que tu peux avoir comme amis. Car partant du principe que tous les gens cool sont censés être sur Myspace, t'es censé pouvoir y retrouver tes nombreux quelques potes, ton frangin, ta cousine, ta baby-sitter, bref tous les gens que tu connais. Et là, tu te rends compte que t'as vite fait le tour de tes connaissances et qu'au final, tes potes et tes rockeurs morts, ça fait pas grand monde (et encore, je ne compte pas Tom, l'ami que Myspace t'offre d'office pour que tu ne fasses pas trop pitié si personne ne veut de toi et pour que personne ne puisse te traiter de gars qu'a pas d'amis). C'est donc à ce moment-là que tu es censé passer à la troisième étape de l'amitié myspacienne à savoir : te faire de NOUVEAUX amis. Oui mais comment ? Faciiiiile, tu cherches des amis par affinités grâce au moteur de recherche super pas performant du site. Par exemple tu tapes "punk" et tu vois vers quels profils ça te dirige. Ou bien tu traînes sur les pages de tes amis rockeurs morts pour trouver des amis également fans de ces mêmes rockeurs morts. Si vraiment t'es un no life sans ami et que t'espères pouvoir te faire des potes en vrai, tu peux faire des recherches par ville, et si tu crèves la baise, tu peux affiner ta recherche au niveau des critères physiques, façon Meetic. Bref voilà, c'est comme ça que t'es censé procéder.

Sauf que moi, ça m'a vite fait chier. Alors j'ai attendu que des amis se pointent d'eux-mêmes. J'ai ainsi été contactée par beaucoup de nazes, des bons gros nazes même. Au début, j'acceptais l'amitié de tout naze qui se pointait parce que c'était trop la loose d'avoir un profil avec 9 amis dont 5 amis morts. Ensuite, je me la jouais sournoise, acceptant tout le monde et les virant aussitôt de ma liste à mesure qu'elle s'étoffait de gens biens. Et dernièrement, je me suis mise à faire le tri une fois par mois, virant tous les gens qui ne servent à rien pour céder la place aux gens bien, partant du principe que trop d'amis tue l'ami et qu'avoir 1634 amis virtuels sur Myspace, ça sert à rien (note pour plus tard : procéder dès demain au nouveau tri parmi mes amis, trop de nazes à virer). A ce stade, tu piges donc que Myspace, ça te permet d'avoir des amis parasites, des gens que tu ne connais pas, que tu ne souhaites pas connaitre, qui sont juste là, plantés sur une liste d'amitié virtuelle, et avec qui tu n'échanges rien en dehors du sacro-saint message de rigueur que l'on s'échange initialement et qui consiste, comme chacun le sait en "Merci pour l'ajout/la requête" voire "thanx pour l'add/la request" pour faire plus tendance. Je serais donc tentée de conclure en disant que Myspace, ça sert à rien.

Oui mais non. il y a tant de monde sur Myspace que ça doit forcément servir à quelque chose. Hé ouais, c'est là que tu découvres ENFIN l'intérêt de Myspace. Et en ce qui me concerne, l'intérêt de Myspace fut avant tout de me tenir informée des dates de concerts et de l'actualité musicale des groupes que j'aime. Sorties d'albums, concerts, festivals, tous les évènements sont répertoriés sur Myspace et les infos te tombent dessus en temps réel sans que t'aies besoin de demander quoi que ce soit. Bref, Myspace, c'est génial. En deux clics, tu sais si y a un concert dans ta ville ce samedi soir, tu sais si tes potes comptent y aller ou pas (vive les fonctionnalités superflues telles que les invitations évenementielles où tu peux dire si t'en seras ou pas), bref, tu t'aperçois que ce site est fort pratique ma foi.

Pis y a tout de même les quelques rencontres valables. Pas grand monde, mais des rencontres qui, ma parole, valent le coup. des gens que t'aurais peut-être pas rencontré sans Myspace vu qu'ils sont à peu près aussi anti-sociaux que toi et vu qu'eux non plus ne parlent à personne, mais des gens qui finalement, deviennent tes potes de toujours, même que tu te demandes comment t'as pu te marrer toutes ces années sans eux. Y a ce gars avec qui j'échangeais des dates de concerts pendant moult temps sans dragouille aucune (promis juré craché) et qui est devenu mon pote de concert puis mon super pote puis mon super pote à qui je goûterais bien la bouche puis mon super pote avec qui je faisais l'amour des fois mais c'est mal donc on le fera plus plus puis mon super pote avec qui je fais l'amour entre deux concerts même si c'est mal puis mon super pote avec qui je vais toujours aux concerts même si on fait l'amour officiellement puis mon super pote avec qui... ben bref, avec qui je vais avoir un bébé bientôt, ouais je sais, c'est fou la vie des fois. Y aussi eu ce gars surgi de nulle part qui devait tout le temps se pointer aux concerts où j'allais mais qui venait jamais, qui doevait tout le temps me payer des bières mais qui avait pas le temps, qui se pointait aux concerts au moment où je me barrais, qui a fini par se pointer à l'heure et par me payer des bières, pis qui est devenu mon meilleur ami de ma vie (je tenais à caser une expression niaise dans ce paragraphe, c'est chose faite) et que j'ai nommé Le Coach, et là tu te dis que wouah, c'est vraiment trop dingue la vie des fois et si t'es pas encore inscrit sur Myspace, je parie que t'y cours des fois que ça change ta laïfe et que ton existence devienne subitement aussi palpitante que la mienne. Pis sur Myspace, hormis ces deux gens plus cool que la moyenne qui sont définitivement entrés dans ma vie ("Entrés dans ma vie"... Manu : ça veut dire que t'as pas le droit de me quitter, ou alors à tes risques et périls et crois-moi, si tu me quittes/me désaimes/baise avec une autre/baise avec plein d'autres, je mets le feu à ta collec' de cartes de Magic / Le Coach : ça veut dire que t'as pas le droit de plus être mon ami à moins que tu veuilles que je crève les pneus de ton 4x4 et que je refile ton numéro perso à toutes les furies qui font pas du 36), y a aussi ces quelques gens que j'ai jamais vus en vrai mais que j'aime quand même, comme Riri qui prend tout le temps de mes nouvelles et s'aprête à me recevoir avec ma bande pour un week-end de totale chez lui, Eric qui m'invite aussi et chez qui j'irais bien s'il habitait pas dans le trou du cul du monde, bref, y a tous ces gens cool qui sont mes amis même si j'ai pas encore bu de bière avec eux.

Bref, Myspace, c'est un peu la classe quand même niveau amitié. Pis des fois, vu qu'y a toujours un "MAIS", c'est aussi un peu la méga loose. Tu te retrouves affublé de potes virtuels convaincus que parce que ta trombine apparaît désormais sur leur profil, ils sont tes vrais amis en vrai. Ces gens-là, très très vite, ils te saoulent. Ils te saoulent avec leurs putains de fleurs virtuelles qui pourissent ta page, avec leurs glitter tout nazes du genre "Bon week-end ensoleillé" balancé sur ton profil tous les samedis, bref, ils te parasitent. Pis y a aussi les mesquins qui te demandent comme ami, qui te matent en coin en soirée, te repèrent au fond du bar, savent que t'étais à tel et tel concert ce week-end, mais qui jaaaamais ne t'approchent. Parce qu'au fond, ils savent qu'ils sont sûrement moins décevants virtuellement qu'en vrai. Pis aussi parce qu'en tant qu'amis virtuels, ils sont à l'abri de ta grossièreté et de ta mauvaise humeur alors que dans la vraie vie, ils risquent de se faire rembarrer méchamment pour pas grand chose pour peu que j'aie mes règles mal dormi et ne sont évidemment pas prêts à prendre ce risque, même pas au nom d'une quelconque amitié.

Et pour conclure en beauté, parmi les méga-trop-relous de myspace, y a tous ceux qui veulent te niquer. Parce que les petits malins, ils ont bien compris que Myspace, ça le faisait carrément plus pour draguer que Meetic, ça fait moins "crève la nique" que sur un site de rencontre vu qu'ici, c'est un site d'a-mi-tié ! Alors le gars (ou la fille) te demande comme ami. Et toi, tu parcours son profil et tu vois qu'il est fan de r'n'b et d'électro, que ses loisirs c'est "discothèque" et "car tunning", que sur toutes ses photos il est torse nu et le visage dans l'ombre (là, tu sais d'avance qu'il est moche) et malgré tout, il a le culot de dire que ton profil est intéressant et que vous avez des tonnes de points communs. Bref, this is Myspace...

Maintenant, ouvrons les paris : ayant révélé officiellement que j'avais un profil Myspace, ouvrant ainsi une brèche aux partisans de l'amitié virtuelle qui sert à rien, t'estimes à combien le nombre de nouveaux amis que je vais me faire suite à ce billet ? Moi, c'est pas tant cette question qui me fait marrer, c'est plutôt celle-ci : sachant désormais que je suis une sale vilaine, surtout même sur Myspace et que j'accepte l'amitié des gens pour les mettre à la poubelle deux jours plus tard, à combien estime-t-on le nombre de courageux tarés mentaux qui vont s'aventurer à essayer de me potifier (potifier : de l'araméen "potificare" qui signifie "se faire des potes vite fait") sur Myspace ?? Héhé, tsais quoi, ben on verra hein...

Pour devenir mon faux pote dans la vraie vie mais mon vrai ami de Myspace pendant au moins six jours, viens payer ta bière ici.

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10 mai 2008

Profession : blogueur

capitaliste

C'est décidé les gars, désormais, je veux que mon blog me rapporte des pépettes. Mieux que ça, je veux et j'exige  que ce foutu super blog me rapporte enfin de la thune. Bah ouais quoi, je suis pauvre, je trouve pas de boulot, j'ai bientôt une bouche de plus à nourrir (allez va, faites-moi plaisir, sortez vos mouchoirs... ou votre chéquier, c'est encore mieux) et puis vu le temps hebdomadaire que je passe à raconter ma vie de merde argumenter sur des sujets hautement culturels et philosophiques via ce blog, j'estime que toucher un petit quelque chose serait un juste retour des choses.

Alors voilà, j'ai fait une liste des diverses solutions qui s'offrent à moi pour gagner des sous grâce à mon blog (dans le jargon, on dit pas "gagner des sous" mais "monétiser son blog"... si si, j'vous jure, c'est internet qui me l'a dit !) :

- Instaurer un système de "péage" sur ce blog : Tu as droit aux premières lignes de l'article gratis et puis si tu veux lire la suite, faut raquer, entre un et deux euros quoi... J'ai vérifié, y a des sites qui permettent de mettre en place ce procédé. > Oui MAIS, ce serait un peu se foutre de la gueule de mes gentils lecteurs. Parce que les petits chéris, depuis le temps que je leur livre ma vie gratuitement sur un plateau d'argent, ils comprendraient pas que je sombre dans le capitalisme le plus sordide pour le gratouiller deux euros, ce serait pas correct envers eux. Conclusion : Vu que je suis une fille correcte, même très très correcte (te marres pas), j'oublie cette triste solution. Quand même, vu le nombre de lecteurs que j'ai ces temps-ci, et sans vouloir me la péter (allez si va, j'me la pète rien qu'un peu), si tout le monde passait à la caisse à raison d'un euro par jour, je serai immensément riche. Bon ok, quand même pas. Mais je serais un peu riche, ça c'est sûr.

- Bosser à plein temps pour des plateformes de mise en relation annonceurs / blogueurs : Vu que j'ai l'art et la manière de te pondre des articles sponsorisés par le Dieu Capitaliste et ce, sans même que tu ne t'en aperçoives (du moins pas avant la moitié de l'article) tellement je fais ça bien (la preuve, t'avais remarqué que ce billet-là, c'était du billet sponsorisé ? Douée la Eve hein...), bosser à plein temps pour des sites prêts à me filer quelques dizaines d'euros pour la ramener sur tout et rien, ça peut être une bonne option pour bloguer sympa tout en étant un peu payée. > Oui MAIS ça je le fais déjà. Mais je suis pas assez populaire/influente/people pour prétendre à toutes les campagnes, notamment aux mieux payées, ce qui est dégueulasse et frustrant fort dommage quand on y pense.

- M'inscrire sur Google Ad pour pourrir enrichir mon blog de publicité bidon bien choisie > Oui mais non. Parce que la pub, c'est contre ma religion. Pis parce que je fais pas confiance à Google pour mettre des pub en cohérence avec mon blog. La preuve, récemment, via les annonces publicitaires imposées par Google/Canalblog, j'ai eu droit à "adopter un chaton". Tout ça parce que les mots "chatte" et "minou" sont trop présents dans mes billets. Conclusion : Ne pas faire confiance à Google. Et tenir compte du fait que mes lecteurs sont trop intelligents pour faire partie de ceux qui cliquent à tout va sur les liens publicitaires.

Bref, tu l'auras compris, faire de la thune grâce à son blog, c'est pas simple. Alors j'ai décidé d'élaborer une autre liste, une liste de méthodes un peu moins traditionnelle mais non moins efficaces :

- Créer une section payante réservée aux VIP qui auront payé un abonnement hors de prix pour zyeuter mes plus beaux clichés porno. > Oui MAIS je suis une fille bien. Et te marre pas. Et puis "ta mère à poil sur internet", ça craint un peu pour le développement personnel de mes millions de gosses. Conclusion : mon cul ne sera pas un personnage public.

- Partant du constat que la grande majorité de mes lecteurs, sous couvert de sympathie à mon égard et d'intérêt pour mon écriture génialissime, se connectent en fait à mon blog par pur goût pour le voyeurisme, je pourrais me connecter à une webcam 24 heures sur 24 histoire que t'aies encore plus l'impression d'être plongé au coeur de ma vie formidable. Imagines, tu aurais droit à ma vraie tête de mort au réveil( la mauvaise haleine en moins, merci le virtuel), à mes squattages de clavier en m'empiffrant de Schoko Bons, pis même que des fois, tu m'apercevrais me baladant en culotte Muppets avant d'aller me pieuter. Tout ça pour la modique somme de 178 € par mois, même pas cher. > Oui MAIS sans Steevy Boulay, le loft c'est moins marrant. Et sans Loana qui baise dans la piscine, c'est nettement moins vendeur. Conclusion > Le loft rock'n'roll, ce sera pas pour tout de suite.

- Je me prostitue sur internet via webcam, selon les bons conseils de mon propre frère et de Manu, futur père de mon enfant, qui devraient avoir honte, bordel, de me prostituer de la sorte !! J'espère que vous avez honte les gars de vouloir prostituer respectivement votre soeur préférée / femme de ta vie (ose dire le contraire et je te tatane ta gueule Manu). Voilà, vous êtes balancés publiquement, bande de sales pervers...

Bref bref bref, t'as pigé que j'étais pas l'as des as en matière de monétisation de blog, ni en matière de gain d'argent, d'une façon générale. Sinon je serais pas aussi pauvre, tu penses. Du coup, je prends la chose très au sérieux et je vais frapper à la porte de Monsieur Monetiweb qui, figure-toi, est un pro de la monétisation de blogs et rassemble désormais une communauté de blogueurs échangeant plans et astuces sur un forum entièrement consacré à "comment être pété de thunes grâce à son blog". Voilà, souhaitez-moi bonne chance pour ma course au million via mon blog, pour ma grande carrière de blogueuse professionnelle. Et en attendant, si vous voulez soutenir ma cause, envoyez-moi des sous, bordel !! Ou des cadeaux. J'aime bien les cadeaux.

Article sponsorisé

Posté par _eve_ à 09:58 - J'ai une vie de merde - Commentaires [4] - Permalien [#]

09 mai 2008

Vous croyiez quand même pas vous être débarassés de moi...?!!

*Normalement là, y a une image pour faire plaisir à tous ceux qu'aiment pas bien lire et qui préfèrent regarder les illustrations. Sauf que là, pour une reprise, je me la joue "ranafout". Alors pas d'image mais une musique qui déchire sa race, pour te remettre dans l'ambiance avant ce nouveau départ...*

Que tous ceux qui se réjouissaient de me croire mourrante voire morte, exilée sur une île déserte pour méditer sur le sens de la vie ou perdue dans le Larzac pour vivre au milieu des chèvres en faisant du tricot, enlevée par des extra-terrestres ou par un pervers sexuel déguisé en chauffeur de taxi, bref que tous ceux qui se croyaient débarassés de moi se sortent les doigts du cul parce que c'est reparti. Hé oui mon gars, me voilà de retour et en grande forme. Pas de déprime pré-natale ou d'embrouille sentimentale, désolée mais rien de vraiment transcendant pour justifier cette longue absence si ce n'est un périple de quelques jours à Birmingham (périple que je ne tarderai pas à te raconter en quelques dix ou douze épisodes) et surtout, une fausse manip inexpliquée à ce jour de la part du dénommé Manu qui, s'il possède de nombreux talents tels que la réalisation d'un excellent hachis parmentier et la maîtrise inégalée du cunnilingus massage de pieds, n'en est pas moins une bille en informatique, qu'on se le dise. Bref, mon cher Manu s'en est allé un soir avec le PC sous le bras, malgré mes fausses larmes et ma moue d'enfant gâtée répétant que "j'allais m'ennuyer euh si je pouvais pas bloguer euh !", prêt à se payer une bonne tranche de marade avec ses potes autour d'un bon vieux jeu en réseau, comme aiment le faire les hommes (même que si Bambi avait été dans les parages, ils l'auraient sans doute débauché et la Blonde aurait atteri chez moi pour qu'on se mate l'intégrale de Mac Gyver et de Walker Tewas Ranger en pyjama en bouffant du Nutella à la petite cuillère). Tout ça pour dire que le Manu, il est rentré carrément tôt pour une soirée jeux vidéos censée durer jusqu'à pas d'heure, carrément frustré de ne jamais avoir pu se connecter en réseau, son pauvre PC étant vieux comme lui et donc pas d'accord pour se connecter avec ses potos. Il a eu beau essayer de virer un max de trucs sur son disque dur pour faire de la place ("Et nos vidéos porno, t'y as pas touché hein dis ?! Ouf, ça va..."), rien n'y fit, impossible de lancer le jeu. Crotte alors, c'est moche. Mais le plus moche dans l'histoire, c'est qu'en rentrant, voulant se consoler en se connectant sur Battleknight pour envoyer son chevalier au turbin, il s'est rendu compte que la connexion internet, elle avait mystérieusement disparu. Voilà comment depuis près d'une semaine, je m'acharne comme une grosse malade mentale sur ce putain de PC pour essayer de ré-installer Wanadoo et tout le bordel, tout cela en vain, même que le coach et ses soi disant connaissances en informatiques n'ont rien pigé au truc (méfiez-vous du coach : il dit qu'il vient bouffer et qu'il répare le PC, mais en fait il bouffe tout court et il rentre chez lui, le salaud). Fort heureusement mes braves, Eve n'est pas si nullos que ça et après m'être acharnée sur le PC de Manu le coupable, j'ai décidé de ressortir mon ancien ordi aussi encombrant qu'un semi-remorque dans le salon pour me reconnecter à mon réseau de fans hystériques cons comme c'est pas permis gentils lecteurs qui me manquaient tant. Me revoilà donc en grande forme pour reprendre mes racontages de vie à deux balles, n'ayant hélas toujours pas trouvé d'occupation au moins aussi passionnante que celle-ci et aussi appropriée à l'entretien de mon ego.

J'annonce donc un programme chargé pour les jours à venir.

- Répondre au tagalacon un rien atypique que m'a balancé la Blonde (salope va) et auquel je me dois de répondre. Déjà qu'il était spécifié que c'était à faire dans les soixante-douze heures et que j'ai quelques centaines d'heures de retard, la moindre des choses c'est d'y répondre car mieux vaut tard que jamais, il paraît.

- Publier mes articles sponsorisés par le Dieu Capitaliste parce que faut bien bouffer ma foi (mais promis lecteur, ces articles là, ils restent géniaux en tous points, sponsorisés ou pas).

- Parler des petites Anglaises qui ont sacrément morflé depuis le film du même nom. French touch pawa !

- Ne pas parler des petits Anglais parce que c'est tellement pas des bombasses qu'y a pas grand chose à dire sur eux.

- Parler de ces choses formidables qu'on ne voit qu'en Angleterre. Genre des champignons géants imbibés d'huile au petit dej.

- Raconter le génialissime concert "Academy in the UK" pour les quatre lecteurs qui se rendent encore sur ce blog pour l'actualité musicale et non pour lire les dernières chroniques de ma vie/mon oeuvre/mon cul. Et accessoirement, tendre la perche à ce cher Noisy qui va traiter les Buzzcocks et les Damned de croulants et me traiter de naze par la même occasion.

- Quémander des cadeaux à mes lecteurs qui n'ont toujours pas pigé que quand j'écris "envoyez-moi des cadeaux", ce n'était pas un gag mais un ordre (à part Annick et la Blonde que je remercie respectivement pour les chocolats belges et pour la poupée gonflable de Chuck Norris à poil > au fait ayé la Blonde, j'ai trouvé où il faut souffler pour la gonfler...)

- Faire de la pub pour les wonderful t-shirt uniques et supra trop rock'n'roll que mon pote Ouin-Ouin et moi on s'aprête à mettre au point, des t-shirts tellement cool que tu vas être obligés d'en vouloir un (et j'veux pas dire les filles mais y aura même des t-shirts Mac Gyver et Dirty Dancing... Ne me remercie pas... Oh et puis si, tu peux), et prendre évidemment les premières commandes.

- Traiter le Coach de gros enculé pour m'avoir fait l'affront ultime de dire que j'avais chopé un gros cul alors que mon cul rentre impeccablement dans ma culotte Muppets et dans mon slim taille 36. Et ose répéter que mon cul y rentre mais que ça m'aplatit les fesses et la vérité le Coach, je te tatane ta gueule et demain, ton croque monsieur en terrasse, je te le fais bouffer par le trou du cul si tu t'avises de réitérer ces mesquineries injustifiées.

- Suite au conflit avec le coach et conformément à ce que je lui ai promis, démentir ma prise de poids au niveau du séant en publiant une photo dudit séant dans ledit slip Muppets. Si avec ça je double pas mon audience, y a plus d'espoir pour ce blog.

- Dire une fois encore à tous mes lecteurs que je les emmerde aime et que j'avais autre chose à foutre que penser à eux qu'ils m'ont manqué à en crever pendant cette longue semaine de marade d'ennui.

- Message perso de la plus haute importance aux concernés dont je n'ai pas l'adresse mail : Fred, magne-toi de m'envoyer les photos de Birmingham à mavierocknrol@yahoo.fr si tu ne veux pas que je fasse des révélations sur ton t-shirt Ramones. Jérôme, magne-toi de m'envoyer la même chose à la même adresse si tu ne veux pas que je fasse des révélations sur l'épisode du talc. Oui je sais, je suis une garce.

Bon voilà, ces choses hautement passionnantes étant annoncées, tu sais qu'il ne te reste plus qu'à te connecter demain, et après-demain, et après-après-demain, et tous les jours que Dieu fait, pour lire l'actualité ô combien palpitante de ce blog qui sert à rien ou presque. En attendant, je m'en vais bouffer une dernière tartine de confiote de rhubarbe et juste après, je me tartine de crème "Lift' Capitons" parce que c'est pas le tout mais j'ai une culotte Muppets à défier moi...

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01 mai 2008

Comment je me suis faite avoir par mon propre embryon

pregnant_beer_chick

Bon, avec mes conneries de buzz/contre-buzz/anti-buzz sur ma prétendue-improbable-vraie-fausse grossesse, je me rends compte qu'y en a parmi vous qu'ont toujours rien compris. Bon les p'tits chéris, je suis enceinte pour de vrai, le démenti c'était juste une vilaine façon de me foutre de votre gueule, parce que je suis une méchante fille torturée par ses hormones qui fait des choses absolument déraisonnable ces temps-ci, comme rêver de cornichons aigre-doux au petit déjeuner.

Voilà, maintenant que tout le monde il a bien compris et que tout le monde a noté dans son agenda "penser à cadeau qui déchire sa race pour Eve et son nouveau bébé rock'n'roll", on peut passer à la suite de l'aventure de Démolul'Girl et de son utérus bionique. On s'en était arrêtés où déjà ? Ah oui, on en était à : "Oh my god je suis enceinte même si c'est impossible je suis la fille la plus maaaalchanceuse du monde et aussi la plus fertile (note pour plus tard : vendre mes ovaires sur Ebay)".

Donc...

Confrontée à cette nouvelle des plus inattendues et des plus dingues, il a fallu prendre une décision, tu penses. Car Dieu soit loué (je parle du Dieu païen qui est en faveur de l'avortement), on vit à une époque où l'on peut toujours renoncer à se reproduire une fois que la chose est faite. Et là, y a des connes qui bondissent sur leur chaise et me traitent déjà de meurtrière sans coeur parce qu'elles sont "over" contre l'IVG. A elles, j'annonce direct que ce genre de débat n'est pas le bienvenu sur ce blog, voilà c'est dit. Moi, dans l'absolu, j'ai toujours été en faveur de l'IVG. Même si, paradoxalement, j'avais le culot de prétendre que je n'appartiendrais jamais à cette catégorie de femmes qui avortent au cours de leur vie. De la même façon que j'ai cru que je ne serais pas le genre de femme qu'on pourrait tromper et vice versa, qu'aucun homme ne lèverait jamais la main sur moi et que jamais de la vie je ne me reposerai sur de la purée Mousseline pleine de produits chimiques au lieu de faire une bonne vieille purée avec des vraies patates... Bref, une sottise sans nom. Car le coup du "ça n'arrive qu'aux autres" et des bonnes résolutions impossibles à tenir, y a longtemps que j'aurais dû piger que c'est du flan. Bref, tout ça pour dire que la décision, y a bien fallu la prendre et en l'occurence, le choix était vite fait.

Liste 1 : Bonnes raisons de garder cet embryon
- Tuer un être humain en devenir, même au stade larvaire, c'est mal
- A ce rythme là, plus que deux ou trois gosses et je peux concurrencer la Mano Negra en montant un groupe de rock avec ma progéniture

Liste 2 : Bonnes raisons de ne pas mener cette grossesse à terme
- Sujet bébé jamais évoqué avec le géniteur
- Pauvre
- Sans job
- Si bébé supplémentaire, serai sans job pendant les quatre prochaines années
- Si suis sans job pendant les quatre prochaines années, vais continuer à être plus pauvre que pauvre et ça, je vais pas le supporter
- Grossesse = ENFER. Pas prête à me retaper les nausées, les vomissements, les hémorroïdes, les seins douloureux, les jambes lourdes, les aigreurs d'estomac.
- Pas envie de ressembler à nouveau à une baleine
- 3 gosses de 3 pères différents, c'est un peu la loose. La partie de ma famille qui ne m'a pas encore reniée ne va pas tarder à le faire.
- Avec 3 gosses, fini les concerts tous les week-end vu que cet enfant là, il passera pas ses week-end chez son père (vu que le père, je vais essayer de pas le quitter ce coup-ci... et vu qu'il a pas intérêt à me quitter non plus vu que je suis la fille la plus formidable du moooonde eeeentier)
- Le sexe pendant la grossesse, c'est sport. Et moi, pas prête à mettre ma libido entre parenthèses

Bref, tu comprends qu'on a eu vite fait de peser le pour et le contre et, mis à part les arguments à la con qui, je te jure, n'ont finalement pas été pris en compte, on a jugé définitivement plus raisonnable de s'en tenir là et de demander au petit oeuf insignifiant agrippé à mon utérus de bien vouloir déménager sous peine d'expulsion. Alors je suis allée chez mon gynéco, comme une grande fille. La mort dans l'âme, certes. Car soyons bien d'accord, une IVG, c'est jamais simple, même quand tu t'efforces de te convaincre que t'as pas d'autres choix possible. Et autant dire que quand t'arrives dans une salle d'attente pleines de femmes enceintes qui se caressent le ventre pendant que le mari règle le caméscope, prêt à filmer l'échographie, tu te sens comme une toute petite merde et t'as juste envie de mourir. Bref... Mon tour arrive :

"Bonjour Docteur alors voilà, j'ai fait un test de grossesse positif et cette grossesse je peux vraiment mais alors vraiment pas la mener à terme parce que j'ai pas un rond voyez-vous et puis j'ai déjà plein de bébés même que le dernier est encore tout petit et que personne veut me donner de travail bref c'est galère c'est la loose totale...
- Calmez-vous madame, on va voir ça. On va faire une échographie de contrôle pour que je vous soutire 75 euros en moins de cinq minutes vérifier tout ça. Et puis ensuite, on mettra en place le traitementpour l'IVG médicamenteuse. Mais au fait, vous étiez sous pilule ?
- Oui.
- Ah. Il aurait fallu demander un stérilet !
- Je l'ai fait.
- Ah.
- Trois fois.
- Ah.
- Et vous me l'avez refusé. Trois fois.
- Ah... Bon... Passez à côté madame, déshabillez-vous jusqu'à la ceinture, on va voir ce que ça donne à l'écho."

Déculottage, allongeage sur la table d'auscultage (je sais que tous ces mots n'existent pas mais ça me regarde si j'ai envie de faire des rimes en AGE), enfilage de sonde le moins délicatement possible. Au passage, un mythe va s'effondrer pour beaucoup de lecteurs couillus : sachez définitivement messieurs que NON, ça ne fait pas du bien d'aller chez le gynéco., on ne prend pas notre pied quand il nous enfile un speculum ou une sonde ou nous fait un frottis, mais alors pas du tout.

"Alors, voyons... Aaaaah... Une bonne nouvelle pour vous madame.
- ??????
- Il n'y a pas d'embryon ! Vous voyez, il y a bien un oeuf mais cet oeuf a une forme anormale, ce qui implique qu'il n'est pas viable. Et à l'intérieur de l'oeuf, vous voyez, il n'y a rien. On devrait pourtant déceler un embryon mais il n'y a rien... Voyez... Je vais zoomer... Vous voyez, RIEN, juste des débris mais pas d'embryon. C'est plutôt une bonne nouvelle pour vous, non ?!!
- Bah oui, en l'occurence ça m'arrange plutôt bien.
- C'est parfait. Vous allez donc rentrer chez vous et attendre. D'ici quelques jours voire quelques semaines, vous allez faire une fausse couche. Vos règles vont revenir, ce sera juste plus abondant mais vous verrez, tout va se faire le plus naturellement du monde : cet oeuf, votre corps s'aprête à l'expulser de lui-même !
- OK. Vous me donnez quand même le traitement IVG ?
- Nooooooon, pas la peine madame. Vous comprenez, il s'agit d'un mauvais ovule qui a rencontré un mauvais spermatozoïde, l'embryon n'a pas pu commencer à se dévenlopper normalement, votre organisme ne va pas s'encombrer d'un oeuf vide. Inutile de prendre quoi que ce soit, la nature va faire les choses comme il se doit.
- OK.
- Bon, ça fera 75 euros à régler à la secrétaire, on se revoir dans six semaines pour contrôler que tout se soit bien évacué ce qui me donne un prétexte pour vous coller une nouvelle échographie à 75 euros tant qu'à faire."

Voilà, retour à la normale, tout le monde il est content : le gynéco, parce qu'il vient de faire une écho avec un dépassement d'honoraires pas négligeable histoire de rentabiliser son bel appareil écho 3D qui lui vaut d'être le médecin le plus demandé de la région (business is business), Eve, parce qu'elle n'aura jamais à vivre avec le poids d'une IVG ni avec la question fatidique "ai-je fait le bon choix", et Manu parce qu'il aurait jamais supporté une dépression post-IVG de sa Eve déjà sacrément arrangée des neurones, ni un troisième bébé alors que les deux déjà présents le fatiguent comme t'imagines pas. Tout le monde étant content, la vie reprend son cours normal, avec ses concerts, ses pogos, ses cruches de bière et toutes ces vilaines choses que tu fais pas quand t'es enceinte mais quand l'occurence, je pouvais faire vu que j'étais paaaas enceinte euh !! Evidemment, détail qui tue, je me ballade 24 heures sur 24 avec une couche pour mamie incontinente scotchée à la chatte des fois que la fausse couche libératrice ne déboule. Bah oui, faut prévoir ce genre de choses. Une fausse couche, ça te gache un concert comme un rien, ça te fout la honte à la caisse du supermarché, bref, c'est plus cool quand ça débarque et que t'es en jogging chez toi.

Pis j'attends. J'attends une semaine. Deux... Trois... A la cinquième, j'en ai marre de mes Vania géantes a fond du slip alors je rappelle le gynéco en lui disant que je suis quand même bien malade pour une femme enceinte de rien. Il dit que c'est normal, que mon organisme produit des hormones de grossesse, mais que je ne dois pas m'inquiéter, que ça peut parfois prendre un peu de temps. Bon, j'dis d'accord docteur, au revoir docteur et puis c'est tout. Et puis quelques jours plus tard, je fais ma Eve : je pète un boulon. J'en ai marre, je décide d'aller piquer ma crise aux Urgences de l'hosto pour me faire refiler le fameux traitement afin d'en finir avec cette histoire (n'oublie pas qi'à l'époque, je cherche du boulot donc éviter de se vider de son sang pendant un entretien ou une journée d'essai, c'est préférable dans l'ensemble). A l'accueil, je fais la fille désespérée, qui a du mal à supporter l'idée d'être enceinte de rien, je dis que psychologiquement c'est dur de se sentir enceinte sans l'être, bref, je suis une méchante petite manipulatrice qui joue très bien la comédie, mais j'assume. Du coup, on me reçoit en urgence pour m'administrer le fameux traitement. Mais évidemment, on me refait une écho, c'est obligé ce truc. Pour confirmer le diagnostic du gynéco génial et très réuté qui m'a diagnostiqué un oeuf clair et une grossesse non évolutive.

Sauf que l'interne qui me reçoit, elle me demande, perplexe : "Il a dit quoi votre gynéco ??!!" suite à quoi je lui refais le topos. Et suite à quoi elle tourne l'écran de l'écho en me demandant : "Ben ça c'est quoi alors ?". Et là, étant donné que je pleure en voyant une bestiole avec un coeur qui bat et qui fait du bruit, elle s'efforce d'être un peu gentille et m'annonce quand même que je suis à dix semaines minimum, peut-être plus. Que tout est normal. Que le diagnostic de mon médecin, bah elle comprend pas, c'est honteux. Et comme je pleure de plus belle, elle me dit que j'ai encore quelques jours pour me décider, quelques jours seulement car au cas où je voudrais pas le garder, faut compter le temps nécessaire à une visite chez un gynéco, puis à la clinique, refaire une écho de datation précise, faut programmer l'intervention ce qui peut prendre du temps (vu que, pour le coup, on passe de la prise de pilule magique qui fait tout sortir de ton corps à une bonne vieille dilatation à la barbare de ta chatte et à une aspiration de tout ce qui se trouve dans ton utérus... charmant et un rien éprouvant), bref, y a plus le temps de finasser.

Imagine-toi...

T'as trois jours pour décider du sort d'un tétard qui barbote gaiement dans ton corps, d'un petit saligaud qui s'est planqué à l'échographie pour être sûr de pas finir dans les chiottes...

Re-écho. Re-nouveau gynéco scandalisé par le diagnostic de Docteur Echo 3D. Confirmation de l'avancée de la grossesse : 11 semaines. Là ma grande, t'as plus que quelques jours pour tout gérer...

Y a fallu refaire une liste ma foi...

Liste 3 : Bonnes raisons de subir cet IVG
- Se reporter à la liste 2

Liste 4 : Bonnes raisons de ne pas subir cet IVG
- C'est trop de la barbarie pour ma pauvre petite chatoune d'amour
- Le micro haricot ressemble maintenant à un mini bébé. Ca craint.
- J'ai entendu son coeur battre. Si j'avorte, ce bruit va hanter mes nuits.
- Finalement, avoir plein de bébés, c'est assez rock'n'roll dans l'ensemble

Bref, voilà, la nouvelle est tombée : on le garde, même si on réalise toujours pas la chose, même si on croit que c'est encore un gros gag, même si je m'attends à une nouvelle erreur de diagnostic à chaque nouvelle consultation (du genre : "Voyons à l'écho... Tiens, ça alors ? Ben non, en définitive, y a pas d'embryon m'dame !"). Mais bon, le gentil docteur a confirmé qu'y avait un bébé dedans mon utérus. Même que maintenant, il a des bras et des jambes et il bouge. On voit déjà qu'il maitrise le wockènwoll. C'est pour ça qu'on l'emmène à Birmingham dans deux jours pour voir les Damned et les Rezillos. Le brave petit, quand on lui fera la liste de tous les concerts punks qu'il s'est tapé in utero, il va pas en revenir le brave petit.

PS : Avant qu'un connard me pose la question fatidique "Et tu vas l'appeler comment le petit ?". J'annonce : il s'appellera Rambo ou Conan. Et si c'est une fille, ben elle s'appellera Rambo. Ou Conan.

Et sinon, c'est le moment de préparer votre CB, je termine ma wish list de cadeaux de naissance. Et cette fois-ci, les cadeaux, je les mérite hein !!! Après tant d'exploit, pas me gâter, ce serait dégueulasse quoi.

Posté par _eve_ à 15:04 - J'ai une vie de merde - Commentaires [39] - Permalien [#]

29 avril 2008

En direct de l'utérus de Démoule Girl

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free music

Inutile de nier, lecteur, mes statistiques parlent pour toi et je suis désormais en mesure d'affirmer, chiffres à la clé, que tu n'es qu'un sale petit voyeur doublé d'un pervers sadique. Et pour cause : y a rien que tu kiffes plus sur ce blog que le racontage de vie pur et dur et, pour couronner le tout, plus le racontage en question témoigne d'une vie merdique pleine de démoule, plus tu kiffes ta race. Dis pas non hein, j'te crois pas. Mes statistiques, elles ne mentent pas et elles me disent clairement que t'en as ranafout' du dernier concert des Buzzcocks, que tu t'en tamponnes de la sortie du nouvel album des Wad Billys et que, d'une façon générale, tu te désintéresses de toutes les chroniques ultra culturelles de ce blog, de même que tu ignores toutes les questions existentielles qui y sont abordées (bien sûr qu'y a des questions existentielles abordées sur ce blog, "comment survivre au milieu des cons", par exemple). En revanche, si y a une chose qui t'intéresse et te passionne plus que tout, c'est de savoir si je suis plus tampon que serviette (voire carrément coque à chatte écolo, vive les private joke), si les rideaux de ma chambre sont roses ou bleus,  si je tripe plutôt sur la levrette ou le missionaire (missio-quoi ?), bref, tout ce qui touche à ma petite vie de merde prend une importance considérable dès lors que c'est mis en ligne sur ce foutu blog. Va comprendre...

Bref, en fille subtile et intelligente que je suis, révoltée à ses heures et toujours prête à faire chier son monde, mon attitude normale consisterait à boycotter définitivement ces tranches de vie déplacées, rien que pour t'emmerder (et pour t'inciter, au passage, à m'envoyer des cadeaux pour que je reprenne le racontage de vie de merde en bonne et dûe forme). Mais bon, moi je suis aussi une fille gentille, même si t'as du mal à le croire. Vrai de vrai hein, j'aide même les petites vieilles à traverser la route des fois (ça t'la coupe hein). Pis bon, j me dis que si je perds le peu de lecteurs que j'ai à trop les frustrés, j'aurais plus qu'une seule lectrice (merci maman) et ce blog ne serait plus aussi marrant. Déjà, parce qu'on pourrait plus se cartonner dans les commentaires et que cela me manquerait considérablement, pis parce que sans blog, je saurais plus trop quoi foutre de mon temps libre pendant la sieste des gosses (refaire le ménage ??! mais quelle drôle d'idée...). Je risquerais de sombrer dans le tuage de temps poussé à l'extrême en matant les émissions débiles de MTV, en me faisant les ongles voire pire, en m'inscrivant sur un forum de mamans au foyer sur lequel je parlerais de mes enfants formidables et livrerais ma recette de tarte à la rhubarbe encore plus bonne que moi.

Donc voilà, pour ma survie personnelle et pour le bien-être de l'humanité, j'ai décidé de répondre à tes attentes perverses, lecteur, à savoir mettre en ligne mes photos porno te raconter ma petite vie éperduemment passionnante dans laquelle ça bouge nettement plus que dans Les Feux de l'Amour. Et pour le coup, je pousse le vice jusqu'à te parler de mon utérus, si ça c'est pas répondre à du voyeurisme malsain... Oui bon, ça va les gars hein, calmez-vous, j'ai pas dit que j'allais parler de mon vagin, juste de mon utérus. Et pour infos, que les pas doués en anatomie sachent que l'utérus, tu peux pas faire du sexe dedans, voilà, c'est dit. Et si malgré cette nouvelle tu continuer à triper sur mon utérus, c'est que t'as un vrai problème mon gars.

Bref, voici le premier volet de la nouvelle aventure de Démoule Girl, la super-héroïne qui attire la démoule comme la merde attire les mouches et comme les sacs Guess attirent les poufs. Mieux que le coup de la panne d'essence à Paris by night, mieux qu'une frange ratée pour la soixante douzième fois, mieux qu'un super job qui me file entre les doigts pour la raison la plus conne du monde, mieux qu'un mariage raté où la mariée pleure et vomit son vin, j'ai nommé... suspens... "Faire un bébé quand on veut pas de bébé et qu'on sait comment faire pour pas en faire mais qu'au final on en fait quand même". Oui je sais, ça a pas l'air simple. Tu m'étonnes...

Bon. C'est l'histoire d'une fille belle, intelligente et moderne qui vit avec son temps. Oui tout de suite, tu m'as reconnue. Et qui prend la pilule comme toute fille branchée qui se respecte. Et cette fille fort instruite est incollable sur la question "comment faire ou ne pas faire de bébé" pour en avoir eu elle-même deux au cours des quatres dernières années. Même que ces deux-là, elle voudrait bien les revendre sur Ebay vu qu'ils sont en train de se tataner la gueule depuis une demi-heure pour jouer avec la même serviette de toilette, car c'est connu qu' ya rien de plus tripant comme jouet qu'une serviette de toilette ou la tête de son frère. Pardon si je m'éagre, c'est le syndrôme mère indigne qui refait surface. Bref, revenons-en à cette fille formidable et instruite qui prend la pilule, j'ai nommé : moi. La pilule et moi, on peut carrément dire qu'on est des vieilles potes tellements ça fait longtemps qu'on se cotoie. Alors tu penses, je sais pertinemment comment elle fonctionne la bougresse et je sais aussi que le risque d'échec de contraception sous pilule est tellement insignifiant qu'on en parle même pas. Et comme je suis une fille qui, pour le coup, préfère prévenir que guérir, je pousse le vice jusqu'à compter mes cycles pour déterminer les jours à risque au cas où ma pilule déciderait de faire des siennes (ça arrive, même que c'est un dérèglement hormonal, c'est le docteur qui me l'a dit). Et comme je suis une sacrée vicelarde paranoïaque, je m'arrange pour que les zozos reproducteurs n'atterissent jamais là où ça risque de donner lieu à un bébé pendant les jours à risque, demandant gentiment à mon bien aimé de veiller à s'égarer là où il veut sauf dans le chouchou et dans les cheveux. Bref, si on résume, ça donne ça : pilule + comptage de cycle + éjaculation loin loin loin du méchant vagin = aucune chance de tomber enceinte.

Ouais, c'est ce qu'on dit. Sauf que t'oublies que tu as affaire à Démoule Girl. Et que simultanément, ma pilule a décidé de se mettre en grève sans préavis, que mon ovulation a prolongé ses RTT sans mon accord et s'est pointée avec dix jours de retard, et que les zozos de Manu, bah c'est juste des supers guerriers bioniques, et qu'en plus, mes ovules, ils envoient des messages radios intergalactiques pour être sûrs d'être fécondés à coup sûr à la première occas'. Et tout ça, sans mon accord évidemment, alors que merde je suis la première concernée, on aurait pu faire une réunion exceptionnelle et en parler tous ensemble, et j'aurais mis mon veto sur leurs putains de décision, et du coup, y aurait jamais eu de saloperie de barre bleue sur le test urinaire, ni de deuxième barre bleue sur le deuxième test urinaire, et j'aurais pas été obligée de pleurer à la pharmacie en brandissant mon test et en suppliant la pharmacienne ahurie de me dire que c'était un faux positif (chacune sa croix la Blonde... Toi t'es grillée dans le tabac en bas de ta rue à cause de ton histoire de Chupa Chups et moi j'ose plus regarder ma pharmacienne dans les yeux depuis que j'ai perdu le contrôle et me suis auto-humiliée devant son comptoir).

Oui, marre-toi, t'as le droit. C'est méchant, c'est petit, mais marre-toi quand même. Car à ta place, je ferais la même chose. Parce que cette histoire, je te l'accorde, elle dépasse l'entendement, elle relève du surréalisme le plus total. Moi-même quand je la raconte, j'ai du mal à me croire. Mais promis, c'est pas un gag. Et si tu t'es bien marré suite à ce récit fort en démoule, petit salopard, aprête-toi à te pisser dessus tellement tu vas te marrer demain. Parce que ça, c'était juste l'épisode 1 de cette démoule story. Demain, y a la suite, et la suite elle s'intitule : "Comment j'ai été enceinte puis pas enceinte puis re-enceinte". Et là ma parole, on entre carrément dans le domaine du surnaturel tellement cette histoire elle est à peine croyable. Cette histoire, elle a même inspiré un épisode de X-Files tellement elle est dingue.

A demain pour la suite des aventures passionnantes et totalement délirantes de Démoule Girl, la fille qui attire la schkoumoune plus vite que son ombre.

Posté par _eve_ à 14:10 - J'ai une vie de merde - Commentaires [31] - Permalien [#]

28 avril 2008

Les grands traumatismes de mon enfance

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Qu'on se le dise, j'ai eu une enfance heureuse en tous points. Je n'ai pas été abusée sexuellement par un membre de ma famille (ni par quiconque d'ailleurs), je n'étais pas la brebis galeuse de la cour de récré (j'étais juste la plus populaire, surtout quand j'ai été la première à avoir un appareil dentaire), je possédais une salle de jeux et une collection de Barbies qui dépassait l'entendement, j'avais des parents aimants (le père ne gueulait pas tant à l'époque et ne me traitait ni de branleuse, ni de salope, ni de traînée juste bonne à faire des bâtards... cherche pas, le père et moi en ce moment, c'et la guerre), des grands-mères qui me pourrissaient jusqu'à l'os, bref, j'avais tout ce que les autres gosses rêvaient d'avoir.

Cependant, je l'annonce officiellement ce jour : je suis aussi une traumatisée de l'enfance et de la pré-adolescence (et de l'adolescence aussi d'ailleurs, mais on va éviter de la jouer trop longue hein). Mon enfance n'est qu'une succession de traumatismes dont je ne me remettrais jamais, mais alors JAMAIS !! T'entends ça maman, ta fille est une traumatisée de la vie, prends-moi vite rendez-vous chez le psy pour que j'expose mon complexe d'Oedipe qui rend mes rapports avec le père difficiles et pour que je parle de toutes les tortures que tu m'as infligées dans mon enfance arrghhhh vite allez chercher la camisole, je pète les plombs rien qu'en y repensant !!!

Traumatisme 1 : La coupe de cheveux Playmobil
Aujourd'hui, je suis réputée pour ma non frange qui dépasse tous les stéréotypes de la frange depuis la naissance même de cette coupe de cheveux. Irrégulière au mieux, ratée au pire, ma frange est un mythe, que tu le veuilles ou non. Les psy diraient que ce n'est pas de ma faute, que la façon acharnée et obsessionnelle dont je m'auto-coupe ma frange en étant tout à fait consciente du massacre qui s'annonce témoigne d'un choc traumatique liée à la petite enfance, j'ai nommé : le carré Playmobil. Petite, j'avais les cheveux bouclés, genre petite poupée brune qui aurait pu cartonner en faisant du mannequinnat dans les prospectus pour C&A. Mais ma mère, nooooon, elle trouvait que les boucles, c'était pas assez hype, que la coupe de cheveux la plus hype de tous les temps, c'était le carré. Bon, va pour le carré, et  maudissons maman d'avoir ruiné à tout jamais mes boucles (cherche pas à te rattraper maman, les frisottis dûs à la pluie, c'est pas des boucles euh !). Mais bon, y a carré et carré. Et le problème, c'est que ma mère était fan du carré court façon Playmobil, à savoir : longueur = en-dessous des oreilles, surtout pas plus bas / frange = au-dessus des sourcils et bien dégagée sur les tempes). Merci maman. Grâce à toi, j'ai eu l'air d'un fantôme égaré hors de l'univers Playmobil pendant des années. Et que mon cercle familial, lecteur de ce blog, soit prévenu : le premier qui balance une photo de ma période Playmobil, je le savate direct. Et je me venge. A savoir : je balance la coupe au bol de la soeur, la coupe au bol longue avec frange façon seventies du cousin... V'z'êtes prévenus.

Traumatisme 2 : Démétan et Rénatan
Non mais franchement, qui a eu l'idée de me confronter à un dessin-animé aussi traumatisant que Démétane et Rénatane ?!! Sérieux, les parents qui ont mis leurs gosses devant ce dessin-animé mériteraient bien d'être dénoncés aux services sociaux, moi j'te l'dis. Pour ceux qui connaissent pas, Démétan et Rénatan, c'est l'histoire de deux gentilles petites grenouilles. Y a le gentil Déméthane qui joue de la flûte pour la jolie rénatane,. Mais Démétan il est pauvre, et Rénatan, c'est la fille du riche et méchant seigneur des lacs et des bois... et ça déchire son âme, pauvre petit Démétan (c'est le générique qui le dit). Alors j'te dis pas comment qu'c'est périlleux à chaque fois que ces deux-là ils veulent se voir et comment que ça fait pleurer quand ils doivent se quitter. Et Démétan, il chiale et il chiale, et moi à chaque fois je chialais avec, et rien que là, je viens de me faire le générique et pfou lalala, c'est vraiment trop triste cette histoire. Putain de grenouilles va...



Traumatisme 3  : Montre ton soutien-gorge
Dans ma famille, on a jamais été pudiques. A savoir qu'on était pas traumatisés si l'un ou l'autre perdait sa serviette en route entre la salle de bains et la chambre et que, d'une façon générale, sans toutefois passer notre vie à se ballader à pil dans le salon, on était guère pudiques dans l'ensemble. Seulement, quand tu glisses tout doucement vers l'adolescence, la pudeur, c'est un truc qui devient exacerbé. Tu mets plus jamais de t-shirts moulants parce que tu veux pas qu'on voit tes débuts de nénés, tu fracasses la tête au petit frère qui entre dans la salle de bains pendant ta douche parce que tes trois poils au minou, ils te posent problème, bref, la pudeur à l'adolescence, c'est juste horrible. Le truc c'est que ma maman que j'aime (et à qui je demande de ne pas se suicider en laissant une letrte "pardon d'avoir été une mauvaise mère", suite à la lecture de cet article), elle avait l'air d'avoir oublié cet étrange rapport à la pudeur typique de la pré-adolescence. Et le jour où elle m'a acheté mon premier soutien-gorge pour que j'y range mes nénés tout plats (mais nénés quand même), ben la nouvelle a fait le tour de la famille. Ok, je comprends, ça devait lui faire verser sa petite larme de se dire que sa petite fille devenait grande, elle devait être toute fière de moi et tout et tout, mais quand même, y a un truc qu'elle aurai pu éviter, c'est le coup du "montre ton beau soutien-gorge". Parce que le beau soutien-gorge (blanc à fleurs bleues avec des pressions sur le devant.. objet de ce lourd traumatisme ci-évoqué), j'ai dû le montrer à mémé, à méméère, à tata... à tout le monde. Et quand t'as onze ans et que tu dois soulever ton pull soit disant fièrement pour montrer ton beau soutien-gorge, ben c'est juste un p'tit peu la teuhon, l'instant où t'as juste envie d'être morte ou de te planquer à tout jamais. Maman, en vérité je te le dis, dans mon infinie bonté, je te pardonne...

Traumatisme 4 : Mes grand-tantes
Ce traumatisme-là n'est pas des moindres. Car mes grand-tantes, c'est un truc surréaliste. Leur tact et leur connerie dépasse l'entendement. Faut savoir que ma grand-mère est issue d'une fratrie de quelques sept ou huit enfants, dont deux garçons seulement. Et les soeurs, c'est rien que des grosses malades mentales qui font peur, j'te jure. D'bord y vait Tata Hélène qui se sentait obligée de me couper ma frange Playmobil à chaque fois qu'elle me voyait, comme si elle était pas assez courte ma frange. Du coup, on voyait plus seulement les sourcils, on y voyait le front aussi. Ensuite, y avait Tata Chantal qui était sympa dans l'ensemble mais qui aimait bien me chambrer sur "Alors, t'as un bon ami ?", la question qui, quand t'as dix ou onze ans, te fait rougir à mort, que t'aies un bon ami ou pas. Ca, ça passait encore, sauf que le "t'as un bon ami" était souvent suivi de "tas forci dis donc !". Dire à une gamine pré-pubère qu'elle a un gros cul, y a pas à dire, ça aide dans la vie. Pis le meilleur pour la fin, Tata José (parce que José, paraît que c'était plus bath que Joséphine). Tata José, son truc à elle, c'était de prendre des nouvelles de l'avancement de ta puberté. En public, évidemment. Devant toute la famille réunie dans l'immonde véranda (parce que l'arrière rgand-mère avait bien une salle à manger mais, mon Dieu, fallait pas la salir... ! Alors on squattait à quinze dans la putain de véranda). Et Tata josé en action, ça donne ça : "Alors, ça pousse les nénés ? Fais voir à tata si ça pousse.", "Ayé, t'as des poils ?" et le summum, le meilleur pour la fin : "T'es formée ??". Comprenez : as-tu tes règles. genre si t'as pas tes règles à douze ans, c'ets un peu la honte, parce que dans la famille, toutes les soeurs ont été "formées" super tôt. Heureusement que l'arrière grand-mère est morte et que la véranda a été vendue, c'est moi qui te le dis...

Bref, t'imagines qu'après avoir ressassé ces maints traumatismes, je me sens mal, rien ne va plus, faut que je me vide la tête, que j'arrête de penser aux pitites grenouilles désespérées, aux tantes à la con, à mon premier soutien-gorge et à mes pauvres cheveux. Sur ce donc, je file, j'ai rencard chez mon psy.

Posté par _eve_ à 15:05 - J'étais petite avant d'être grande - Commentaires [13] - Permalien [#]

26 avril 2008

"Dans ton cul" : rappel des principes élémentaires

dtc


(Bande son : spéciale dédicace aux hardos des années 90)

En dépit du titre, ce billet n'est pas un guide technique sur la sodomie.Mais alors pas du tout.

D'après ma consoeur Nahimage, il semblerait qu'en fin de semaine, les blogs soient victimes d'une perte significative de la qualité de leur contenu, volontairement programmée en réponse à une baisse d'audience. Hé oui, que voulez-vous, le lecteur lambda est comme tout le monde : la semaine, il fait semblant de travailler au bureau en traînant sur les blogs pour tuer le temps et puis quand le week-end vient, ben il a évidemment autre chose à foutre qu'à errer sur des blogalacon. Du coup, l'auteur de blog, vexé de cette infidélité faite à son génie créatif, a parfois tendance à se révolter et à se contenter de produire des billets bidons consistant bien souvent en une blague à deux francs six sous dont la plus récurrente semble être une vanne basique ayant comme aboutissement la célèbre sentence "dans ton cul" (voir le blog de ma pote pour plus de détails sur le sujet).

Puisqu'on est samedi et puisque je suis une blogueuse caractérielle qui caresse rarement ses lecteurs dans le sens du poil (parce qu'on est quand même pas potes, je vous le rappelle), je pourrais donc me contenter à mon tour de vous pondre un billet minable qui se résumerait, pourquoi pas, à une bannière annonçant "Mais où est Eve ?", et sur laquelle il te suffirait de cliquer pour que s'affiche sur ton écran "Dans ton cul !", ce qui n'est certes pas franchement marrant (pour ne pas dire rigolo, comprenne qui pourra) mais qui en contenterait certains. Mais non, malgré toutes les vilaineries dont je suis capable et malgré mon caractère de chien, je suis tout de même respectueuse de mes cons de lecteurs que j'ai décidé d'estimer et de considérer comme de gens intelligents qu'on ne dupe pas et qu'on ne nourrit pas de pauvres blagounettes faciles et insipides. Toutefois, comme je devine parmi vous un certains nombres de sympathisants de l'humour à deux balles et des vannes à la manière de "dans ton cul", penchons-nous donc sur la chose, non pas sur mon propre cul ni sur le tien, mais plutôt sur ladite expression.

Pour les novices et les qui-pigent-que-dalle, petit rappel du principe :
Les duels ou matchs de "dans ton cul" se déroule suivant ce principe simplissime : à toute question visant à obtenir, comme réponse, une indication de lieu, l'adversaire est tenu de répondre avec réactivité par l'expression "dans ton cul". Exemple : "Elle est où la télécommande ? "- Dans ton cul !" / "Je t'ai cherché partout, t'étais où ?" "Dans ton cul !" / "Où t'as rangé la bouteille de bière ?" "Dans ton cul !". Voilà, c'est tellement facile que même toi tu peux comprendre...

Comme indiqué en introduction, l'intérêt de ce jeu réside évidemment dans la lutte acharnée que se livrent les différents participants pour caser le plus de "dans ton cul" possible (les caser où ? dans ton cul, bien sûr). Si au début, chaque participant s'efforce de ne pas poser la question fatidique qui aboutira au "dans ton cul" tellement redouté, il oublie rapidement la situation de duel dans laquelle ils se trouve et a tendance à s'égarer malgré lui. Il arrive ainsi qu'un participant soit piégé par son adversaire quelques jours plus tard, alors même qu'il avait oublié que la bataille de "dans ton cul" avait été lancée. Comme quoi, en plus d'être très très con, ce jeu est également assez vicieux dans l'ensemble, personne n'étant à l'abri du surgissement d'un "dans ton cul" intempestif.Bref, ce jeu qui, rappelons-le, a fait l'objet de la création officielle d'une association regroupant ses adeptes (association des sympathisants du "dans ton cul"), il ne faut pas perdre de vue les risques liés à l'usage abusif et spontané de cette expression. Nombreux sont les professionnels du "dans ton cul" qui ont été mis à leurs dépens dans des situations embarrassantes, faute d'avoir su réfréner le réflexe surpuissant qui  consiste à répondre sauvagement pas un "dans ton cul" glorieux. Quelques exemples :

A table à un repas de famille. L'arrière grand-mère respectable que tu n'as pas vue depuis une décennie te demande poliment, en indiquant ton assiette garnie de viande et de purée : "La sauce, je la mets où ?". Lui répondre par "dans ton cul" serait en l'occurrence très malvenu sans compter que la tentative d'explication quand à l'usage incongru de cette expression serait aussi vaine qu'humiliante. Idem lors d'un entretien d'embauche. Si l'employeur vous demande : "Vos études, vous les avais faites où ?", évitez de répondre "dans ton cul" sauf si ce job, vous ne le voulez pas plus que ça.

Enfin, à l'attention des sympathisants et utilisateurs réguliers du "dans ton cul", sachez que l'adhésion à cette pratique implique entre autre de s'attendre à être parfois pris à son propre jeu, y compris lorsqu'on s'y attend le moins. Mise en situation : votre mari vous invite avec insistance à le rejoindre sous la couette pour un câlin crapuleux. Hélas, vous avez la migraine ou vos règles ou pas envie ou les trois en même temps. Evitez dans ce cas de jouer la carte de l'insolence et de tenter de lui clouer le bec avec une réplique aussi glamour que : "Rrrrô arrête d'insister hein ! Ta bite, tu sais où tu peux te la mettre ? "  qui pourrait donner lieu à un "- Oui, dans ton cul". En somme, pour ne pas être vaincu au "dans ton cul", retenez-bien ceci : ne jamais tendre la perche à son adversaire.

Bref, là lecteur, tu t'es certes bien marré (hahaha, qu'est-ce qu'elle est marrante Eve, et pleine de bon goût dans le choix de ses sujets !) mais tu te demandes aussi si je te prendrais pas un peu pour un p'tit breton (un point pour celui qui trouve la référence cinématographique incontournable et hautement intellectuelle) avec ce rappel des règles élémentaires d'un jeu plus con que la moyenne. Ca, c'est ce que tu crois... Car toi, tu es peut-être un être humain doué d'une intelligence hors pair, mais dis-toi que piger le principe, c'est pas donné à tout le monde. Mon père, par exemple, qui raffole par définition de tout ce qui est bête et vulgaire, ben on a cru bon de lui expliquer le concept du "dans ton cul", de façon aussi claire que possible. Mais papa, il a toujours rien compris à ce jeu, mais alors rien de rien... La preuve :

A table.
"Papa, tu peux me passer le sel ?
- Dans ton cul !
- Nan p'pa, t'as pas le droit de dire "dans ton cul" là.
- Bah pourquoi ?
- Parce que je t'ai pas demandé où il était le sel.
- Ben il est dans ton cul !!
- ... Laisse tomber va... et passe-moi le sel.
".

Désespérant le père, moi j'te l'dis. Et le fait que je sois considérablement en rogne contre lui aujourd'hui n'a rien à voir avec celui que je me foute délibérément de sa gueule en public.  Oui je sais, c'est petit. Mais tellement facile et tentant.

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25 avril 2008

Rock star des bacs à sable (ou comment j'ai rêvé de ma première guitare)

jem

Cite-moi une personne possédée par l'esprit du rock'n'roll qui n'a pas rêvé, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, de monter un groupe de rock ? En général, c'est le genre d'idée qui te prend, comme une envie de pisser, quand t'as treize ou quatorze ans et que t'as réussi à convaincre tes parents de te lâcher le garage les mercredis après-midi pour répéter avec les potes en buvant du panaché directement à la canette. Moi, je vais te dire à partir de quand j'ai décidé d'être une rock star...

Ca a commencé avec un film au sujet duquel il ne  faut pas que j'omette de consacrer un article à l'occas' tant c'est un film culte que t'as pas le droit de méconnaître si t'as pas envie d'être étiqueté "gros naze". Et ce film, c'est Labyrinth. Tu sais, dans la bande-annonce ils t'annonçaient que ce film c'était un mélange de "l'imaginaire de Jim Henson" et de "la magie de George Lucas". Ouais, j'dis ça parce qu'à force de mater la bande-annonce en boucle quand j'étais môme (sur une cassette de Vidéo Mag, présenté par Yves Mourousi) dans l'attente de mater le film en entier quand il sortirait au ciné, ben je connais le topo un peu par coeur. Alors, pour les nazes qui ne connaîtraient pas ce film ô combien génial, Labyrinth, outre le fait que ce soit un conte captivant avec plein de bebêtes bizarres dont un nain hideux tueur de méchantes fées, c'est aussi un film avec une rock star  l'affiche, j'ai nommé David Bowie, rien que ça. Dans le film, David Bowie c'est le vilain méchant sorcier qui kidnappe un bébé en pyjama rayé pour en faire l'un des siens, même que sa guiche de grande soeur est alors subitement obligée de traverser l'étrange et périlleux Labyrinth en moins de treize heures, dixit Jareth, alias Bowie : "Tu as treize heures pour venir à bout du Labyrinth après quoi ton charmant petit frère sera bel et bien des nôtres... et à jamais... quel dommage..."... Pardon je m'égare, je revis le film dans ma tête, même que c'est trop cool, et même que je me rends compte que je connais encore les dialogues par coeur, si c'est pas génial ça... Revenons-en donc à ce bon vieux Bowie. En tant que rock star qui se respecte, tu penses bien qu'on allait pas lui filer un rôle à la con sans lui faire pousser la chansonnette. Et du coup, Bowie nous interprétait entre autre le cultissime "Magic Dance", THE morceau qui m'a donné envie de deviendre une rock star, de jouer de la gratte et tout et tout. Note que j'ai vu Labyrinth quand j'avais six ans, alors je t'emmerde si t'oses dire que Magic Dance c'est pas assez rock'n'roll, on rigole pas avec Bowie merde, ni avec l'imaginaire de Jim Henson et la magie de George Lucas, bordel. Je te laisse donc mater Magic Dance sans la ramener et rigoler des têtes de guedins qu'ont les méchants petits monstres, et aussi du vol plané que Bowie fait faire au bébé dans le feu de l'action :



Bref, grâce à Magic Dance, je me suis mise à jouer à la rock star dans la cour de récré du Cours Préparatoire, ayant pris soin de recruter des musiciennes (parce qu'au CP, tu joues pas avec les garçons-euh, les garçons c'est trop nul !), me la pétant interprète-guitariste en chantant en yaourt. Et dans ma tête, à la place de ma guitare imaginaire qui m'obligeait à gratter l'air, j'avais entre les mains une guitare électrique qui ressemblait à ça :

fender

Oui je sais, déjà à 6 ans j'avais beaucoup bon goût. Et pas idée du prix d'une guitare Fender. Et si toi t'es riche et que tu veux te l'offrir, tu peux cliquer dessus. Et si t'es pauvre, paye-moi donc un ukulélé ou un harmonica, ce sera un bon début pour me gâter.

Bon, pis cadeau bonus pour ceux qu'auraient vraiment pas su apprécier Magic Dance (alors que sérieux, ça a quasi pas prix une ride), voici re-Bowie dans Underground, qui fait aussi partie de la bande-son du film (générique de fin, la classe). T'es libre d'aimer ou pas, moi je suis fan, c'est comme ça, lala-la-lalaaaaa....


jareth

Après Bowie et Labyrith, j'ai eu un bad trip dessin-animesque. En même temps, c'était de mon âge de mater des dessins-animés à la con et de vouloir faire tout pareil que dedans le petit écran. Après Jareth le méchant rockeur du Labyrinth, mon truc c'était Jem, de la série Jem et les hologrammes. La pétasse blonde qui se transformait en rockstar aux cheveux roses quand elle appuyait sur ses boucles d'oreilles magiques en forme d'étoile. Pour être honnête, j'ai abandonné Bowie pour adopter la pouf aux cheveux roses la même année car j'ai bien souvenir de m'être pointée au carnaval de l'école en mini-jupe en skaï et foulard rose fluo très punk rock dans les cheveux. J'étais Jem et parmi les Zorro, princesses et autres costumes débiles, je peux te dire que c'était du plus bel effet. Pour les gens nés avant ou après les années 80, Jem c'était ça (oui les copines trentenaires ou presque, embrassez-moi pour cette nouvelle séquence remember qui vous met la larme à l'oeil) :





Et si la vraie Jem n'avait pas de guitare, je m'étais dit que moi, à sa place, j'aurais eu une guitare rose fluo ou violette et pailletée pour aller avec mes cheveux, une gratte comme celle-là :

guitare

Si tu veux te me l'offrir, clique et paye.

Bref, je pourrais m'étendre encore longtemps sur le sujet vu que, comme chacun le sait, je suis intarissable dès qu'il s'agit de parler de moi ou de critiquer les gens. Avant de conclure, et comme je suis honnête, je précise au passage que pour le coup, je suis une grosse vendue qui, pour cet article, a vendu son âme au démon capitaliste. Ben oui, faut bien payer les couches de l'usine à merde et préparer le stock de couches pour la larve qui pousse en moi. Bref, faut des sous. Donc, vendue je suis, mais assumée m'sieur ! Et pis quand même, t'avoueras que je la joue fine et que le service rendu au marketing ne m'empêche pas de pondre un billet dans la plus pure tradition du racontage de vie wokènwoll, ça mérite une hola les gars. Bon ben puisqu'il faut finir, on remercie au passage Total Music sans qui ce billet ne m'aurait pas rapporté d'argent et puisque je suis payée pour donner mon avis sur ce site de VPC d'instruments et d'autres trucs rock'n'roll, je t'avouerai que leur site, moi je l'aime, et ça n'a rien à voir avec le fait que je sois payée pour parler d'eux. Car sache que j'ai le droit de dire que leur site c'est de la daube si j'veux, ça me rapportera pas moins. Ce site donc, je l'aime, parce que :

- Chez Total Music, ils pensent aux gens pauvres et proposent des paiements en plusieurs fois, pour que les moitié clodos comme moi puissent se payer la guitare de leur rêve (ça rappelle Wayne's World : "un jour elle sera mienne... oh iui, un jour elle sera mienne"... Si ça te dit rien, dégage de ce blog, t'es pas digne d'être là)
- Grâce au code réduc que je te refile gracieusement ici même, tu chopes une remise de 5% sur ta commande : totalmusic3
- Chez Total Music, ils ont de l'humour et rien que ça, ça en fait des gens cool. Exemple : si tu effectues une recherche qui n'aboutit pas via le moteur de recherche de leur site, au lieu de tomber sur le classique "Désolé, aucun résultat trouvé, t'as droit à ça :

noresultat

Et moi, mouahaha, j'me marre !

Sur ce lecteur, si t'as rien d'autre à foutre et plein de thunes à dépenser, je te propose de réaliser un de mes rêves d'enfant et de réaliser au choix l'un de mes rêves d'enfant : faire de moi Jem ou Jareth, ça dépend du choix de la guitare.

Article sponsorisé

Posté par _eve_ à 14:43 - J'étais petite avant d'être grande - Commentaires [12] - Permalien [#]

24 avril 2008

Les Buzzcocks, ils ont pas pris une ride

BUZZCOCKS_Broken_Logo


Avant que le coach ne m'engueule, il faut que je me magne de faire mon compte-rendu du concert des Buzzcocks au Plan. Mais je te préviens lecteur, je serais brève car ma môme m'attend avec la DS à la main (pour les cons qui réagiraient ainsi : "Wah la morue ! Elle se dit pauvre et elle paye une DS à sa morveuse de 4 ans", je t'emmerde et je t'anonce que c'est la DS gracieusement prêtée par le tonton, alors pas b'soin de la ramener), elle a besoin de maman pour gagner la médaille d'or sur la nouvelle recette de Cooking Mama. Ceci n'intéressant personne mais étant dit, on peut y aller...

Donc mon gars, comme tu le sais déjà, vu mon jeune âge et mon passé chargé en ponte de gamins, les Buzzcocks, je les avais jamais vus. Parce que trop jeune, parce que pas de sous, parce que pas le temps, parce que trop enceinte, parce que trop de gosses, parce que trop loin... Bah ouais, c'est que les gaillards, ils passent souvent en Grande Bretagne mais pas tant que ça par chez nous. Mais voilà, je peux désormais annoncer officiellement mon dépucelage Buzzcockien vu que leur dernier concert, j'y étais (yeaaaah !) !!

Alors, comment résumer ça brièvement (je me dépêche, la môme est en train de faire cramer ses raviolis virtuels et va pas supporter de devoir se contenter de la médaille de bronze)... Ben disons que ce concert, il était pile poil comme je l'avais rêvé. Rien que ça ouais. Non seulement les Buzzcocks que j'ai vus, c'était des Buzzcocks jeunes dans des corps de Buzzcocks vieux (et c'est tout ce qui importe) mais en plus, ils ont joué tous les bons vieux morceaux chers à mon coeur. Manquait juste Lipstick dans le top de mon coeur, mis à part celle là, toutes les autres chansons que je kiffe ma race y étaient (note que je recours désormais à des expressions d'ados pour attirer le djeun's sur ce blog et tenter de le pervertir au punk rock ni vu ni connu). En plus, ils ont commencé par Boredom et Fast Cars, autant dire que j'ai frôlé la syncope net d'entrée, et que j'ai été à deux doigts de sacrifier mon embryon au nom du punk rock en me jetant dans le pogo. Au lieu de ça, gentille petite Eve disciplinée et adulte quand il le faut, je suis restée à la lisière du pogo, là où tu peux danser et secouer la tête, mais là où c'est quand même nettement moins marrant que dans les rangs de devant où ça bouscule, où ça se grimpe dessus, où ça balance des bières et tout le reste. Et Manu, toi qui une fois de plus m'a fait le plan : "Je reste devant toi mon poulet, je suis là pour protéger l'enfant", je te pardonne de m'avoir lâchement abandonnée dès la première note pour foncer dans le pogo comme un gros hystérique, oubliant alors ta femme enceinte de ta larve et le reste du monde par la même occasion. Oui, en vérité je te le dis, je te pardonne chéri, et ce bien que ce soit la deuxième fois que tu me fasse ce coup-là (dois-je rappeler le concert de PKRK à Metz), et si je te pardonne avec autant de spontanéité, c'est qu'à ta place, j'aurais fait pareil. D'ailleurs je te l'annonce, quand tu seras cloué dans un fauteuil roulant à cause d'une sombre maladie liée à la vieillesse, ma jeunesse et moi on te relèguera aussi à la "lisière du pogo" en t'abandonnant lâchement. C'est de bonne guerre.

Retour au vif du sujet : les Buzzcocks, c'était trop bien. Même que je m'en tamponne que Noisy il se foute de ma gueule parce que lui il les a vu jeunes et parce qu'il estime, injustement, que ça vaut plus le coup d'aller les voir. Les icônes, ça vieillit pas moi j'dis. Pis si tout le monde vieillissait comme eux, le monde serait quand même bien rock'n'roll, ça nous ferait pas de mal. Bon, vu que "la gentille petite maman qui est championneuh du mondeuh" est attendue pour une partie de console, et vu aussi que des clips valent mieux que des mots (surtout quand, comme ce soir, les mots en l'occurence ont un vieil air de baclé), je te laisse avec mes petits chéris qu'ont même pas vieillis.

Ah oui, et juste avant les clips des chansons buzzcockiennes que j'aime plus que tout, je signale au passage que si quelqu'un est intéressé par un t-shirt Buzzcocks unisexe acheté au concert, je le vends 10 €. C'est un chôli t-shirt rose que Manu aurait bien gardé pour lui s'il ne s'était un peu hâté au moment de l'achat, gobant les conneries de la vendeuse qui garantissait que le S taillait grand, Manu qui, avec ce rose moulant, a l'air d'un fan des Buzzcocks échappé de la gay pride (et je n'ai rien contre la gay pride mais bon).

Alors ça c'est Breakdown, la chanson que tout être normalement constitué est programmé pour adorer :

Ca, c'est Boredom, chanson tellement trop géniale de sa race qu'elle va pas tardée à être reconnue comme patrimoine de l'humanité. Et pour la peine, je te l'ai mise version 2007 pour que tu voies que je mens pas quand je dis que les Buzzcocks ont toujours la patate :

Orgasm Addict, la chanson tellement bien qu'elle est un remède anti-suicide à elle toute seule et que je dédicace spécialement à Sheila en souvenir de notre nuit d'amour manquée de la semaine dernière (pas de chance, on a pas eu le temps) :




Bref voilà mon mauvais compte rendu de reporter pressée (d'autant plus pressée de lacher le clavier que j'ai envie de pisser... racontage de vie forever...). En ce qui concerne du groupe qui a fait la première partie, je m'abstiendrais de tout compte rendu, tu sais ce que ça signifie. Mais si vrament t'insistes, un jour où j'aurais que ça à foutre, je t'en parlerai. Ah oui, quand même histoire qu'on se la pète un peu, que tous ceux qui étaient au Plan et qui ont essayé de choper l'une des baguettes du batteur sans y arriver sachent ceci : c'est notre poto Olivier qui l'a eue euh !!! T'as les boules, t'as les glandes, t'as les crottes de nez qui pendent ? Que veux-tu, on est comme ça nous, on appelle le rock'n'roll, le rock'n'roll vient à nous de lui même... Allez je file mes petits poulets, y a Sarkozy à la télé.


Posté par _eve_ à 21:35 - Je vais aux concerts - Commentaires [9] - Permalien [#]

23 avril 2008

Bienvenue chez les Ingalls

maison_bois

La maison de mes rêves...
Si tu m'aimes très fort lecteur, et si t'es très très riche, tu peux me la payer tu sais.

J'ai une révélation à te faire lecteur : on va tous mouriiiiiir !!!
Non, je ne me drogue pas.
Non, je n'ai pas bu.
Non, ce n'est pas un bad trip dû à mon taux croissant de BHCG.
Non, je ne suis pas en proie à un mauvais délire mystique et n'ai, rassure-toi, intégré aucune secte annonçant l'invasion prochaine des méchants extra-terrestres ou l'extinction du soleil à la fin de la semaine.
Et je sais que tu sais. Ben oui, tout le monde sait qu'on va tous mourir. Quoi ? Ah non, toi tu savais pas ? Ben merde alors, je viens de briser tes illusions...

Bref, trêve de connerie, pour changer un peu. Viens là que je t'explique le fond de ma pensée...
A une époque où l'essence devient un produit de luxe, où bouffer de pâtes six jours sur sept n'est plus reservé aux pauvres, où tes cinq fruits et légumes frais quotidiens, tu te les carres au cul bien profond tellement ils sont chers, où l'ANPE ne te propose que des mi-temps censés de permettre de vivre décemment, où tu claques la moitié de tes revenus dans un loyer exorbitant pour un vieil appart où les prises électriques font des étincelles et où les fenêtres vétustes multiplient par cinq ta facture de gaz hivernale, bref, en ces temps ô combien difficile, il semble devenu vital de trouver des solutions radicales pour continuer à vivre décemment. Ben ouais, c'est la vie : je me plains de mes 90 euros par mois tous revenus confondus, je console ma soeurette qui pleure parce qu'avec ses 40 heures payées à peine plus de 900 euros elle arrive plus boucler le mois, je lis mes consoeurs blogueuses/pigistes pauvres et desespérées, j'entends le frérot brillant opter pour un apprentissage parce qu'il faut bien gagner des sous... bref, je me rends compte que ça craint pour tout le monde, que tout le monde carbure au régime pâtes premier prix/eau du robinet/pommes en promo. Et au moment où je te parle, je m'empiffre de Nutella directement à la petite cuillère, et je m'imprègne bien de ce goût délectable, une larme accompagnant ma pensée du moment : "Si l'inflation se met à toucher le secteur de la pâte à tartiner, je vais désormais devoir vivre  sans ce goût-là... bouhouhou, c'est trop cruel !!!".

Nan mais sérieux les gars, j'en rajoute un peu... mais pas tant que ça. Tu te rends compte qu'on vit dans une époque où les gens galèrent pour bouffer correctement ? Où t'oses plus prendre tes mômes en courses de peur qu'ils mettent un paquet de gâteaux de trop dans ton caddie, où tu compares les marques premier prix, où t'oses même plus lire les étiquettes de ce que t'achètes tellement tu sais que tu vas manger de la merde, où Lidl devient le seul magasin où t'es encore à peu près apte à remplir un demi caddie... Bref, c'est la der des der comme on dit chez nous. Alors, que faire ?!

Mon petit frangin et moi, on en cause...:
"T'sais quoi, on va finir par tous quitter la ville pour revenir s'installer à la campagne. On cultivera notre lopin de terre, on élevera des poules, et on vivra comme ça.
- Ouais, et le système capitaliste cèdera sa place au troc.
- Ouais, pas mal... Pour bien faire, faudrait qu'on vive en communauté. Pas une grande ommunauté hein, pis pas avec n'importe qui, on voudra pas de cons chez nous. Une petite communauté où chacun aurait sa maison mais où on partagerait certaines tâches, comme l'élevage des bêtes et le jardinage...
- Et on vivra dans des maisons en bois écolo munies de panneaux solaires...
- Oui, mais par contre on renoncera au semblant de chiottes qui consiste à recouvrir ses merdes de sciure avant de vider son seau dans la forêt hein. Faut pas déconner, on est pas des hippies, on va quand même pas renoncer à tout le confort.
- Ah bah ouais, c'est clair. Et tant qu'à faire, on s'installera sur un terrain militaire désaffecté ou bien on trouvera une autre combine pour vivre en dehors des lois.
- Oui, il nous faut un endroit où on pourra vivre selon nos règles, où les gens pourront fumer leur pétard au grand air et se ballader à poil s'ils le veulent (et pourtant je suis pas pour le pétard hein, je veux pas d'une communauté de hippies de base)."

Et cet endroit, on l'a trouvé. Ca fait même des années qu'on biche dessus ou plutôt, devrais-je dire, que le patriarche biche dessus. Cet endroit, c'est une sapinière privée, pas loin de notre fief, une grande sapinière entièrement cloturée et paumée entre les champs et la forêt au milieu de nulle part. Un truc qui attirerait un tueur en série quoi. Bref, cette vaste propriété, elle appartient à des gens qui en font que dalle ou presque et le rêve de mon père, ben c'est évidemment de l'acheter et de s'y installer avec femme, enfants, petits enfants et presque-gendres. D'entrée, toi qui connaît le père de par mes récits héroïques, tu te dis que faut vraiment le vouloir pour vivre en communauté avec cet homme-là. Sauf que mon frère et moi, on a pensé à tout. Chacun aura sa maison. Suffisamment éloignée de celle du voisin, évidemment. Faut que je puisse organiser mes soirées fétichistes tranquillement, que Manu puisse fumer son pétard sur la terrasse sans que le père lui tombe dessus, bref, faut que personne ne gêne l'autre. Pour le jardin et tout le reste, on s'organise. moi par exemple, je serais dans l'équipe qui sera de corvée de poulailler et de jardinage, vu que j'ai que ça à foutre, et vu qu'en plus, ça amusera ma marmaille hyperactive. La mère, elle brodera sur son rocking chair et elle nous fera du ragoût de haricots blancs comme Caroline Ingalls, le père, ce sera Charles Ingalls, il coupera du bois devant la maison (mais pas à la tronçonneuse hein, à la hache, sinon rien... et vêtu d'un pantalon à bretelles hein !!) et puis...

...et bon, ok ça va, je sors de mon trip "retour à la nature". Je finis mon pot de Nutella sur mon canapé Ikea en faisant semblant de pas avoir froid à cause du simple vitrage préhistorique, rêvant d'un feu de cheminée, de tomates poussant dans le jardin, de chiens et de mômes qui galoperaient en liberté et d'un coq qui ferait pas Cocorico à six heures du mat' tellement il serait bien élevé. Donc papa, si tu passes par là (ce qui ne risque pas d'arriver, et c'est pas plus mal) : si tu achètes la sapinière, je veux bien investir. Les vingt euros que tu m'as filés t'aleur parce que t'as eu pitié de moi, je veux bien les mettre dans la caisse commune au lieu de les dépenser ailleurs.

C'est bon de rêver.

Edit : Je m'adresse à l'internaute qui a atteri sur ce blog en tapant les mots-clés "J'ai trop de fric" dans la barre de recherche Google. Félicitations mon brave, Google t'as conduit à la bonne adresse ! En lisant ce blog, tu comprendras que tu est tombé pile poil sur un blog dont l'auteur a grand besoin de thunes et à qui un gentil petit chèque ferait bien plaisir ma foi. Allez va, cesse de te faire violence et débarasse-toi de ce fric qui t'encombre. Ca me fait plaisir de pouvoir te rendre service. :)

Edit (ouais, encore, et alors ?!) : T'as remarqué, maintenant sur ce blog, tu peux t'abonner à la  newsletter, youhou ! Va savoir, y aura ptetr des photos de meufs à poil dans la number one, juste histoire de fêter l'évènement... Allez, vas-y voir, c'est tout en haut à gauche, juste sous la photo de ma demi-trombine.

Posté par _eve_ à 22:35 - J'ai une vie de merde - Commentaires [12] - Permalien [#]
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