Ma vie rock'n'roll

"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

28 avril 2008

Les grands traumatismes de mon enfance

sad_child


Qu'on se le dise, j'ai eu une enfance heureuse en tous points. Je n'ai pas été abusée sexuellement par un membre de ma famille (ni par quiconque d'ailleurs), je n'étais pas la brebis galeuse de la cour de récré (j'étais juste la plus populaire, surtout quand j'ai été la première à avoir un appareil dentaire), je possédais une salle de jeux et une collection de Barbies qui dépassait l'entendement, j'avais des parents aimants (le père ne gueulait pas tant à l'époque et ne me traitait ni de branleuse, ni de salope, ni de traînée juste bonne à faire des bâtards... cherche pas, le père et moi en ce moment, c'et la guerre), des grands-mères qui me pourrissaient jusqu'à l'os, bref, j'avais tout ce que les autres gosses rêvaient d'avoir.

Cependant, je l'annonce officiellement ce jour : je suis aussi une traumatisée de l'enfance et de la pré-adolescence (et de l'adolescence aussi d'ailleurs, mais on va éviter de la jouer trop longue hein). Mon enfance n'est qu'une succession de traumatismes dont je ne me remettrais jamais, mais alors JAMAIS !! T'entends ça maman, ta fille est une traumatisée de la vie, prends-moi vite rendez-vous chez le psy pour que j'expose mon complexe d'Oedipe qui rend mes rapports avec le père difficiles et pour que je parle de toutes les tortures que tu m'as infligées dans mon enfance arrghhhh vite allez chercher la camisole, je pète les plombs rien qu'en y repensant !!!

Traumatisme 1 : La coupe de cheveux Playmobil
Aujourd'hui, je suis réputée pour ma non frange qui dépasse tous les stéréotypes de la frange depuis la naissance même de cette coupe de cheveux. Irrégulière au mieux, ratée au pire, ma frange est un mythe, que tu le veuilles ou non. Les psy diraient que ce n'est pas de ma faute, que la façon acharnée et obsessionnelle dont je m'auto-coupe ma frange en étant tout à fait consciente du massacre qui s'annonce témoigne d'un choc traumatique liée à la petite enfance, j'ai nommé : le carré Playmobil. Petite, j'avais les cheveux bouclés, genre petite poupée brune qui aurait pu cartonner en faisant du mannequinnat dans les prospectus pour C&A. Mais ma mère, nooooon, elle trouvait que les boucles, c'était pas assez hype, que la coupe de cheveux la plus hype de tous les temps, c'était le carré. Bon, va pour le carré, et  maudissons maman d'avoir ruiné à tout jamais mes boucles (cherche pas à te rattraper maman, les frisottis dûs à la pluie, c'est pas des boucles euh !). Mais bon, y a carré et carré. Et le problème, c'est que ma mère était fan du carré court façon Playmobil, à savoir : longueur = en-dessous des oreilles, surtout pas plus bas / frange = au-dessus des sourcils et bien dégagée sur les tempes). Merci maman. Grâce à toi, j'ai eu l'air d'un fantôme égaré hors de l'univers Playmobil pendant des années. Et que mon cercle familial, lecteur de ce blog, soit prévenu : le premier qui balance une photo de ma période Playmobil, je le savate direct. Et je me venge. A savoir : je balance la coupe au bol de la soeur, la coupe au bol longue avec frange façon seventies du cousin... V'z'êtes prévenus.

Traumatisme 2 : Démétan et Rénatan
Non mais franchement, qui a eu l'idée de me confronter à un dessin-animé aussi traumatisant que Démétane et Rénatane ?!! Sérieux, les parents qui ont mis leurs gosses devant ce dessin-animé mériteraient bien d'être dénoncés aux services sociaux, moi j'te l'dis. Pour ceux qui connaissent pas, Démétan et Rénatan, c'est l'histoire de deux gentilles petites grenouilles. Y a le gentil Déméthane qui joue de la flûte pour la jolie rénatane,. Mais Démétan il est pauvre, et Rénatan, c'est la fille du riche et méchant seigneur des lacs et des bois... et ça déchire son âme, pauvre petit Démétan (c'est le générique qui le dit). Alors j'te dis pas comment qu'c'est périlleux à chaque fois que ces deux-là ils veulent se voir et comment que ça fait pleurer quand ils doivent se quitter. Et Démétan, il chiale et il chiale, et moi à chaque fois je chialais avec, et rien que là, je viens de me faire le générique et pfou lalala, c'est vraiment trop triste cette histoire. Putain de grenouilles va...



Traumatisme 3  : Montre ton soutien-gorge
Dans ma famille, on a jamais été pudiques. A savoir qu'on était pas traumatisés si l'un ou l'autre perdait sa serviette en route entre la salle de bains et la chambre et que, d'une façon générale, sans toutefois passer notre vie à se ballader à pil dans le salon, on était guère pudiques dans l'ensemble. Seulement, quand tu glisses tout doucement vers l'adolescence, la pudeur, c'est un truc qui devient exacerbé. Tu mets plus jamais de t-shirts moulants parce que tu veux pas qu'on voit tes débuts de nénés, tu fracasses la tête au petit frère qui entre dans la salle de bains pendant ta douche parce que tes trois poils au minou, ils te posent problème, bref, la pudeur à l'adolescence, c'est juste horrible. Le truc c'est que ma maman que j'aime (et à qui je demande de ne pas se suicider en laissant une letrte "pardon d'avoir été une mauvaise mère", suite à la lecture de cet article), elle avait l'air d'avoir oublié cet étrange rapport à la pudeur typique de la pré-adolescence. Et le jour où elle m'a acheté mon premier soutien-gorge pour que j'y range mes nénés tout plats (mais nénés quand même), ben la nouvelle a fait le tour de la famille. Ok, je comprends, ça devait lui faire verser sa petite larme de se dire que sa petite fille devenait grande, elle devait être toute fière de moi et tout et tout, mais quand même, y a un truc qu'elle aurai pu éviter, c'est le coup du "montre ton beau soutien-gorge". Parce que le beau soutien-gorge (blanc à fleurs bleues avec des pressions sur le devant.. objet de ce lourd traumatisme ci-évoqué), j'ai dû le montrer à mémé, à méméère, à tata... à tout le monde. Et quand t'as onze ans et que tu dois soulever ton pull soit disant fièrement pour montrer ton beau soutien-gorge, ben c'est juste un p'tit peu la teuhon, l'instant où t'as juste envie d'être morte ou de te planquer à tout jamais. Maman, en vérité je te le dis, dans mon infinie bonté, je te pardonne...

Traumatisme 4 : Mes grand-tantes
Ce traumatisme-là n'est pas des moindres. Car mes grand-tantes, c'est un truc surréaliste. Leur tact et leur connerie dépasse l'entendement. Faut savoir que ma grand-mère est issue d'une fratrie de quelques sept ou huit enfants, dont deux garçons seulement. Et les soeurs, c'est rien que des grosses malades mentales qui font peur, j'te jure. D'bord y vait Tata Hélène qui se sentait obligée de me couper ma frange Playmobil à chaque fois qu'elle me voyait, comme si elle était pas assez courte ma frange. Du coup, on voyait plus seulement les sourcils, on y voyait le front aussi. Ensuite, y avait Tata Chantal qui était sympa dans l'ensemble mais qui aimait bien me chambrer sur "Alors, t'as un bon ami ?", la question qui, quand t'as dix ou onze ans, te fait rougir à mort, que t'aies un bon ami ou pas. Ca, ça passait encore, sauf que le "t'as un bon ami" était souvent suivi de "tas forci dis donc !". Dire à une gamine pré-pubère qu'elle a un gros cul, y a pas à dire, ça aide dans la vie. Pis le meilleur pour la fin, Tata José (parce que José, paraît que c'était plus bath que Joséphine). Tata José, son truc à elle, c'était de prendre des nouvelles de l'avancement de ta puberté. En public, évidemment. Devant toute la famille réunie dans l'immonde véranda (parce que l'arrière rgand-mère avait bien une salle à manger mais, mon Dieu, fallait pas la salir... ! Alors on squattait à quinze dans la putain de véranda). Et Tata josé en action, ça donne ça : "Alors, ça pousse les nénés ? Fais voir à tata si ça pousse.", "Ayé, t'as des poils ?" et le summum, le meilleur pour la fin : "T'es formée ??". Comprenez : as-tu tes règles. genre si t'as pas tes règles à douze ans, c'ets un peu la honte, parce que dans la famille, toutes les soeurs ont été "formées" super tôt. Heureusement que l'arrière grand-mère est morte et que la véranda a été vendue, c'est moi qui te le dis...

Bref, t'imagines qu'après avoir ressassé ces maints traumatismes, je me sens mal, rien ne va plus, faut que je me vide la tête, que j'arrête de penser aux pitites grenouilles désespérées, aux tantes à la con, à mon premier soutien-gorge et à mes pauvres cheveux. Sur ce donc, je file, j'ai rencard chez mon psy.

Posté par _eve_ à 15:05 - J'étais petite avant d'être grande - Commentaires [15] - Permalien [#]

Commentaires

Nous sommes là...

Posté par Psestos, 28 avril 2008 à 16:45

Pour le coup du soutif, j'ai subi vaguement le même truc.. J'avais à l'époque 3 tantes qui travaillaient pour une grande marque (non non, tut tut, pas de marque voyons !)... Donc pour le premier et les suivants, fallait que je fasse un "défilé" devant les 10000 membres de ma famille (j'ai une grande mère productive)... la honte quoi !
(heureusement que j'étais bonnasse à cette epoque tiens)

Posté par Vaness, 28 avril 2008 à 18:55

En guise de consolation,je veux bien échanger ma tignasse bouclée à la Candy contre la tienne toute lisse.
Oué,les anglaises pour un mec aux cheveux longs,c'est un peu trop girly(mais les mémés adorent)...

Posté par Gohlam, 28 avril 2008 à 19:17

pleurs pas demetan

démétan et rénatan !!!! putain personne ne peut comprendre !!!! Faut avoir été Lorrain dans les années 80 (c'était diffusé sur radio Luxembourg). Tu sais quoi ? A dix ans, j'ai préféré faire de la flute traversière au lieu de la guitare... Et c'est en revoyant le générique sur ton site que j'ai compris pourquoi. Comme tu dis, putains de grenouilles

Posté par kricket, 28 avril 2008 à 21:47

Ah ?

parceque tu l'as plus la coupe playmobil ??????
ah bon , tu dois avoir un clone!

Posté par Le Coach, 28 avril 2008 à 21:49

porte painte contre les tantes ! avec un peu de bol, tu vas te faire des ronds. Préjudice moral, incapacité de bosser, la totale ! Non mais !

Posté par cholera, 29 avril 2008 à 08:17

Pardon d'avoir été une mauvaise mère .......

Posté par athena, 29 avril 2008 à 08:27

en fait les mères ont un goût de chiottes pour les coupes de leur gamin, ou alors elles se vengent ... vas savoir

Posté par nahimage, 29 avril 2008 à 08:59

coupe playmobile

salut eve
oh tu sais, on l'a toutes eu la coupe playmobile...
c'etait pas si moche, si?
mais c est quand même mieux que d'etre chauve...

Posté par estelle_s, 29 avril 2008 à 12:01

Remarque, vaut mieux avoir la tête d'un Playmobil que celle des nouvelles poupées qui ont des bouches à pipe, un rouge à lèvre de pute, et des fringues que même un clown y pourrait pas porter sans se taper la honte de sa vie de clown!

Posté par Flooo, 29 avril 2008 à 13:29

Pfff, plains-toi p'tite soeur ! En plus de la coupe Playmobil, tu aurais pu être un mec, naître dans les années 50's, porter des shorts en plein hiver pour aller à l'école, te faire taper sur les doigts par ton instituteur en blouse grise avec une règle en bois si tu étais trop bavard. Plus tard, à la préado, porter d'ignobles pattes d'eph en toile à matelas à feu de plancher (et toujours une coupe Playmobil) et des chemises orange à cols en pelles à tartes ou des débardeurs tricotés par la grand-mère à ras de nombril, le tout sur des pompes copies de Pierre d'Alby couleur beige et marron (ou des grosses Kickers, Pataugas ou Clarks en simili peau de burnes de porcs), le must des débuts 70's quoi. Et la contrepartie de tout cet ignoble accoutrement, c'est la zique, libératrice, celle de la rébellion, celle qui te fait fiche ces fringues direct poubelle et les remplacer par des tiags, des jeans 501 et ébourriffer enfin la coupe Playmobil, cette bonne zique des Stooges, des Dolls, des Ramones, des Damned, etc ... et ce jour, tu te dis que tu n'en as pas chié pour rien. Mais bon, tu aurais aussi pu être une fille ......... de cette même époque je précise, elles n'étaient pas mieux loties que les mecs.

Posté par Montana, 29 avril 2008 à 16:26

Mais euuuuhhh

Eh j'ai rien dis , bon d'accord on avait tous des coupes qui tue, genre on aurait cru les beatles sorti d'un seche linge mal programmé...
Bref je vais quand meme chercher si j'ai pas la foto qui tue, et tant pis si on se fous de ma gueule avec ma coupe au bol...
Allez salut ...

Posté par Le Cousin, 29 avril 2008 à 19:31

t'écris bien toi dis-donc!

Posté par flo, 30 avril 2008 à 09:11

littérature jeunesse

"j'étais petite avant d'être grande" : le titre de ta rubrique m'évoque tout de suite les bouquins pour enfants de Claudine Desmarteau. Me suis bien marrée en les lisant avec mes marmots. Petit faible pour Le Petit Rebelle.
http://www.livre-poitoucharentes.org/Pages/archives_ASR/aut-2005/desmarteau.html

Posté par lorelei, 23 mai 2008 à 14:52

bouh j'ai presque pleuré aussi en revoyant le générique...si j'entendais à nouveau sa petite chanson triste à la flûte je crois que j'irais me jeter d'un pont !
sinon presque tout pareil que toi pour le reste...sauf les grands-tantes (mais j'ai eu autre chose). Par contre, la coupe playmobil je trouve ça rigolo (et c'est en tapant ça sur google que je suis tombée ici)
@+

Posté par Belliflora, 18 juin 2008 à 22:30

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