11 mai 2008
Myspace : Ce serait-y pas cool d'être amis (pour de rire) ?!!
La première fois que j'ai mis les pieds sur Myspace, je savais même quoi à quoi ça pouvait bien servir et n'avait, d'une façon générale, rien pigé au principe de ce site. Mais bon, j'avais cru comprendre que si t'étais pas sur Myspace, t'étais pas tendance voire, pire, que ne pas être sur Myspace, c'était la vraie teuhon, le truc qui donne un prétexte à tous tes potes pour se foutre de toi en disant : "Walahonte ! La meuf elle est même pas sur Myspaceuh !". Ouais, ne pas avoir de profil Myspace, c'est un peu la loose, c'est comme ne pas avoir d'adresse MSN, ne pas connaître la coque à chatte comme alternative au Tampax, continuer à acheter des sacs en plastique aux caisses des magasins au lieu d'opter pour un Bio bag ou un caddie même pas ringard, bref, c'est le truc impensable, la chose inimaginable pour une fille moderne qui s'efforce de vivre avec son temps.
Bref, tout ça pour dire qu'un jour, ça m'a pris comme une envie de chier : je me suis connectée à Myspace, me suis inscrite et ai commencé à compléter machinalement mon profil pour faire pareil que tous les autres (ce qui n'est pas mon habitude mais bon, pour le coup, moi pas vouloir ne pas connaître un site dont tout le monde parle). Et en quelques heures, j'avais un joli profil avec fond en peau de léopard, rock'n'roll en musique d'accueil et vidéos pour faire comme les autres cool. Parce que ouais, tout le monde sait qu'un profil Myspace, ça se travaille, ça s'embellit, ça s'agrémente de vidéos, de photos et d'un tas de fonctionnalités vachement hype mais carrément inutiles, bref, c'est un truc qui ne s'improvise pas et qui requiert du temps, bien que, je te l'accorde, on ait tous autre chose de plus important à foutre que de faire mumuse sur Myspace.
Et le truc magique avec Myspace, c'est le coup des amis. Ouais ouais, j'ai bien dit "amis", pas "internautes inconnus" ni "connaissances" ni "relations". Car sur Myspace, tout le monde il est ton ami, tout le monde ouais. Du coup t'invites des tas de gens à être ton ami, un peu comme si t'envoyais des invit' pour une surboum. Et ça, sur le coup, c'est vachement jouissif parce que tu peux être ami avec des groupes de rock dont t'es fan ("Qui ça, les Damned ? Ah ouais je les connais bien, c'est des amis à moi. Enfin, sur Myspace quoi..."), être ami avec des morts voire (car sur Myspace, même les morts ont parfois leur profil), et même être ami avec des rockeurs morts. Comme les Ramones, au pif. Bref, une fois que t'es inscrit sur Myspace, tu comprends vite que le principe de ce site, c'est de se faire des amis qui n'en sont pas forcément. Enfin, des amis que toi tu veux mais qui veulent pas forcément de toi, ce qui ne les empêche pas d'accepter ta demande d'amitié virtuelle ne serait-ce que par politesse ou pour faire leur pub. Voilà quoi, Myspace c'est le vaste monde des gens qui sont potes avec tout le monde.
Mais bon, les rockeurs, les morts et les rockeurs morts ne sont pas les seuls gens que tu peux avoir comme amis. Car partant du principe que tous les gens cool sont censés être sur Myspace, t'es censé pouvoir y retrouver tes nombreux quelques potes, ton frangin, ta cousine, ta baby-sitter, bref tous les gens que tu connais. Et là, tu te rends compte que t'as vite fait le tour de tes connaissances et qu'au final, tes potes et tes rockeurs morts, ça fait pas grand monde (et encore, je ne compte pas Tom, l'ami que Myspace t'offre d'office pour que tu ne fasses pas trop pitié si personne ne veut de toi et pour que personne ne puisse te traiter de gars qu'a pas d'amis). C'est donc à ce moment-là que tu es censé passer à la troisième étape de l'amitié myspacienne à savoir : te faire de NOUVEAUX amis. Oui mais comment ? Faciiiiile, tu cherches des amis par affinités grâce au moteur de recherche super pas performant du site. Par exemple tu tapes "punk" et tu vois vers quels profils ça te dirige. Ou bien tu traînes sur les pages de tes amis rockeurs morts pour trouver des amis également fans de ces mêmes rockeurs morts. Si vraiment t'es un no life sans ami et que t'espères pouvoir te faire des potes en vrai, tu peux faire des recherches par ville, et si tu crèves la baise, tu peux affiner ta recherche au niveau des critères physiques, façon Meetic. Bref voilà, c'est comme ça que t'es censé procéder.
Sauf que moi, ça m'a vite fait chier. Alors j'ai attendu que des amis se pointent d'eux-mêmes. J'ai ainsi été contactée par beaucoup de nazes, des bons gros nazes même. Au début, j'acceptais l'amitié de tout naze qui se pointait parce que c'était trop la loose d'avoir un profil avec 9 amis dont 5 amis morts. Ensuite, je me la jouais sournoise, acceptant tout le monde et les virant aussitôt de ma liste à mesure qu'elle s'étoffait de gens biens. Et dernièrement, je me suis mise à faire le tri une fois par mois, virant tous les gens qui ne servent à rien pour céder la place aux gens bien, partant du principe que trop d'amis tue l'ami et qu'avoir 1634 amis virtuels sur Myspace, ça sert à rien (note pour plus tard : procéder dès demain au nouveau tri parmi mes amis, trop de nazes à virer). A ce stade, tu piges donc que Myspace, ça te permet d'avoir des amis parasites, des gens que tu ne connais pas, que tu ne souhaites pas connaitre, qui sont juste là, plantés sur une liste d'amitié virtuelle, et avec qui tu n'échanges rien en dehors du sacro-saint message de rigueur que l'on s'échange initialement et qui consiste, comme chacun le sait en "Merci pour l'ajout/la requête" voire "thanx pour l'add/la request" pour faire plus tendance. Je serais donc tentée de conclure en disant que Myspace, ça sert à rien.
Oui mais non. il y a tant de monde sur Myspace que ça doit forcément servir à quelque chose. Hé ouais, c'est là que tu découvres ENFIN l'intérêt de Myspace. Et en ce qui me concerne, l'intérêt de Myspace fut avant tout de me tenir informée des dates de concerts et de l'actualité musicale des groupes que j'aime. Sorties d'albums, concerts, festivals, tous les évènements sont répertoriés sur Myspace et les infos te tombent dessus en temps réel sans que t'aies besoin de demander quoi que ce soit. Bref, Myspace, c'est génial. En deux clics, tu sais si y a un concert dans ta ville ce samedi soir, tu sais si tes potes comptent y aller ou pas (vive les fonctionnalités superflues telles que les invitations évenementielles où tu peux dire si t'en seras ou pas), bref, tu t'aperçois que ce site est fort pratique ma foi.
Pis y a tout de même les quelques rencontres valables. Pas grand monde, mais des rencontres qui, ma parole, valent le coup. des gens que t'aurais peut-être pas rencontré sans Myspace vu qu'ils sont à peu près aussi anti-sociaux que toi et vu qu'eux non plus ne parlent à personne, mais des gens qui finalement, deviennent tes potes de toujours, même que tu te demandes comment t'as pu te marrer toutes ces années sans eux. Y a ce gars avec qui j'échangeais des dates de concerts pendant moult temps sans dragouille aucune (promis juré craché) et qui est devenu mon pote de concert puis mon super pote puis mon super pote à qui je goûterais bien la bouche puis mon super pote avec qui je faisais l'amour des fois mais c'est mal donc on le fera plus plus puis mon super pote avec qui je fais l'amour entre deux concerts même si c'est mal puis mon super pote avec qui je vais toujours aux concerts même si on fait l'amour officiellement puis mon super pote avec qui... ben bref, avec qui je vais avoir un bébé bientôt, ouais je sais, c'est fou la vie des fois. Y aussi eu ce gars surgi de nulle part qui devait tout le temps se pointer aux concerts où j'allais mais qui venait jamais, qui doevait tout le temps me payer des bières mais qui avait pas le temps, qui se pointait aux concerts au moment où je me barrais, qui a fini par se pointer à l'heure et par me payer des bières, pis qui est devenu mon meilleur ami de ma vie (je tenais à caser une expression niaise dans ce paragraphe, c'est chose faite) et que j'ai nommé Le Coach, et là tu te dis que wouah, c'est vraiment trop dingue la vie des fois et si t'es pas encore inscrit sur Myspace, je parie que t'y cours des fois que ça change ta laïfe et que ton existence devienne subitement aussi palpitante que la mienne. Pis sur Myspace, hormis ces deux gens plus cool que la moyenne qui sont définitivement entrés dans ma vie ("Entrés dans ma vie"... Manu : ça veut dire que t'as pas le droit de me quitter, ou alors à tes risques et périls et crois-moi, si tu me quittes/me désaimes/baise avec une autre/baise avec plein d'autres, je mets le feu à ta collec' de cartes de Magic / Le Coach : ça veut dire que t'as pas le droit de plus être mon ami à moins que tu veuilles que je crève les pneus de ton 4x4 et que je refile ton numéro perso à toutes les furies qui font pas du 36), y a aussi ces quelques gens que j'ai jamais vus en vrai mais que j'aime quand même, comme Riri qui prend tout le temps de mes nouvelles et s'aprête à me recevoir avec ma bande pour un week-end de totale chez lui, Eric qui m'invite aussi et chez qui j'irais bien s'il habitait pas dans le trou du cul du monde, bref, y a tous ces gens cool qui sont mes amis même si j'ai pas encore bu de bière avec eux.
Bref, Myspace, c'est un peu la classe quand même niveau amitié. Pis des fois, vu qu'y a toujours un "MAIS", c'est aussi un peu la méga loose. Tu te retrouves affublé de potes virtuels convaincus que parce que ta trombine apparaît désormais sur leur profil, ils sont tes vrais amis en vrai. Ces gens-là, très très vite, ils te saoulent. Ils te saoulent avec leurs putains de fleurs virtuelles qui pourissent ta page, avec leurs glitter tout nazes du genre "Bon week-end ensoleillé" balancé sur ton profil tous les samedis, bref, ils te parasitent. Pis y a aussi les mesquins qui te demandent comme ami, qui te matent en coin en soirée, te repèrent au fond du bar, savent que t'étais à tel et tel concert ce week-end, mais qui jaaaamais ne t'approchent. Parce qu'au fond, ils savent qu'ils sont sûrement moins décevants virtuellement qu'en vrai. Pis aussi parce qu'en tant qu'amis virtuels, ils sont à l'abri de ta grossièreté et de ta mauvaise humeur alors que dans la vraie vie, ils risquent de se faire rembarrer méchamment pour pas grand chose pour peu que j'aie mes règles mal dormi et ne sont évidemment pas prêts à prendre ce risque, même pas au nom d'une quelconque amitié.
Et pour conclure en beauté, parmi les méga-trop-relous de myspace, y a tous ceux qui veulent te niquer. Parce que les petits malins, ils ont bien compris que Myspace, ça le faisait carrément plus pour draguer que Meetic, ça fait moins "crève la nique" que sur un site de rencontre vu qu'ici, c'est un site d'a-mi-tié ! Alors le gars (ou la fille) te demande comme ami. Et toi, tu parcours son profil et tu vois qu'il est fan de r'n'b et d'électro, que ses loisirs c'est "discothèque" et "car tunning", que sur toutes ses photos il est torse nu et le visage dans l'ombre (là, tu sais d'avance qu'il est moche) et malgré tout, il a le culot de dire que ton profil est intéressant et que vous avez des tonnes de points communs. Bref, this is Myspace...
Maintenant, ouvrons les paris : ayant révélé officiellement que j'avais un profil Myspace, ouvrant ainsi une brèche aux partisans de l'amitié virtuelle qui sert à rien, t'estimes à combien le nombre de nouveaux amis que je vais me faire suite à ce billet ? Moi, c'est pas tant cette question qui me fait marrer, c'est plutôt celle-ci : sachant désormais que je suis une sale vilaine, surtout même sur Myspace et que j'accepte l'amitié des gens pour les mettre à la poubelle deux jours plus tard, à combien estime-t-on le nombre de courageux tarés mentaux qui vont s'aventurer à essayer de me potifier (potifier : de l'araméen "potificare" qui signifie "se faire des potes vite fait") sur Myspace ?? Héhé, tsais quoi, ben on verra hein...
Pour devenir mon faux pote dans la vraie vie mais mon vrai ami de Myspace pendant au moins six jours, viens payer ta bière ici.


