"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

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mardi 25 août 2009

Le mauvais rôle

J'ai remarqué que dans ma vie, j'avais souvent eu le mauvais rôle et ce en bien des circonstances.

C'est pas bien grave tu me diras...

Quoiqu'à la longue, c'est un rien fatigant. Usant. Ca t'encourage au laisser-aller le plus total.

Tiens, exemple : prends mon couple, pour voir.

Dans notre couple, Manu a le beau rôle. Déjà parce qu'il a accompli cet acte de bravoure doublé d'un geste charitable des plus louables : "me prendre avec mes gosses". Car sache que pour le commun des mortels, être une femme célibataire flanquée de plusieurs gosses, c'est un gros handicap. Alors du coup, le mec qui décide de se maquer avec toi et, par la même occasion, d'accueillir tes gamins, ben direct, les gens ont envie de lui crier RESPECT. Et puis d'ailleurs, parlons-en des gens... T'as vu la façon qu'ils ont de parler de ce genre de situations ? "Faut dire que t'as de la chance d'avoir trouvé un mec qui accepte de te prendre avec tes deux gosses !". Genre mes gosses, ce serait une maladie honteuse, c'est ça ? C'est bon quoi, j'ai pas la syphillis non plus, j'ai juste des enfants. Ou encore "Estime-toi heureuse, il était pas obligé d'accepter tes gosses !". Ben ouais, il était pas obligé. Sauf qu'il l' fait. Et que j'ai même pas eu besoin de lui mettre un couteau sous la gorge pour ça, ni même de lui faire du chantage, d'ailleurs j'ai même pas eu besoind e poser la question. Alors bon, je me dis que si ça c'est fait si facilement, c'est que ça devait très bien lui convenir donc au final, ce serait bien qu'on arrête de lui re-décerner tous les mois la médaille du mérite tout en me rappelant que sans lui je serais peut-être pute toxico avec des gosses confiés à la DDAS.

Marrant n'empêche. Les gens, ils pourraient aussi dire que Manu il a eu drôlement de chance de tomber sur une fille avec des gamins, que c'est quand même foutrement mieux d'avoir une vie de famille épanouie, un rythme de vie équilibré, que c'est nettement plus enviable qu'une vie à fumer des pétards en regardant la télé dans un appart insalubre. Mais non, ça non, jamais. Jamais on ne fait remarquer que lui aussi il a peut-être eu du bol de croiser mon chemin, ça non jamais, c'est moi seule la chanceuse et lui le mec généreux au grand coeur, un point c'est tout.

Donc voilà, moi je suis la sale petite veinarde qui doit être infiniment reconnaissante de cet accueil chaleureux qu'il m'a fait. D'ailleurs, je dois lui en être tellement reconnaissante que j'ai pas le droit de la ramener, alors ça non hein. Parce qu'il faut s'incliner devant sa faculté d'adaptation vois-tu : il a tout de même quitté une vie tranquille sans trop de responsabilité, sans horaires, sans rien de contraignant, avec lui-même pour seule préoccupation... et il a bien dû s'adapter à tout ce que je lui ai amené en terme de contraintes : les gosses à amener à l'école, les gosses qui empêchent de dormir, le frigo à remplir régulièrement... bref, tout ce qu'une vie de célibataire n'exige pas. Donc, à partir de là, tais-toi Eve, arrête un peu de le remettre en place parce qu'il en branle pas une, c'est déjà beau qu'il se soit aussi bien adapté à sa nouvelle vie, alors boucle-la un peu, merde. Sans déconner hein. Les gens, ils font genre "naaaan, mais tu sais bien que c'est pas vrai !", c'est précisément ce raisonnement-là qu'ils ont : le vaillant Manu qui a abandonné sa vie cool pour toi, il a rempli sa part du contrat, donc maintenant ne lui demande pas de s'améliorer, il en a suffisamment fait.

Morte de rire je suis, morte de rire (jaune). Parce que des fois, j'aimerais bien aussi qu'on inverse la vapeur, que les gens, au lieu de s'abstenir de juger, aient au moins la décence de faire la part des choses. Jamais on la plaint la Eve, jamais. Parce que Manu, il est fun quand il est tout défoncé, alors qu'Eve, elle est franchement pas drôle quand elle lui demande un peu fermement de ne pas allumer un sixième pétard ni de décapsuler une douzième bière. Et Manu, il est trop fendard dans son rôle de mec toujours à côté de ses pompes qui fait jamais gaffe à rien. Eve, c'est rien qu'une grosse emmerdeuse qui passe son temps à remettre son mec en place tout ça parce qu'elle aimerait bien qu'il soit un peu acteur de sa vie à lui (et donc de la sienne à elle), au lieu de se contenter d'être spectateur de tout ça. Bref, Manu c'est le mec cool. Eve, c'est l'emmerdeuse qui empêche le cool d'être cool, c'est l'entrave à la coolitude. Et donc là encore, le beau rôle, c'est pas pour moi.

Donc au final, que Manu se comporte comme un con avec moi, c'est... attends, je cherche le mot... c'est normal. Voilà, NORMAL. Parce qu'il fait pas gaffe, le pauvre, c'est dans son tempérament de pas voir les choses. Pis parce que bon, je peux pas lui demander comme ça, en claquant des doigts, de perdre les habitudes de longues années de célibat ! En plus, il a déjà fait suffisamment d'efforts en s'accomodant des deux morbac' avec lesquels j'étais livrée et ça, s'agirait de pas l'oublier et de faire preuve d'indulgence par rapport à tout le reste. Voilà, la messe est dite. Moi, que je m'adapte à un mec au stade larvaire dont la seule ambition dans la vie semble être fumer des pétards en regardant ses cartes Magic, c'est normal.

Bref, c'est marrant de voir à quel point ma faculté d'adaptation à moi, elle compte pour du beurre. Au final, je dois juste bénir le ciel de m'avoir envoyé Manu et de son côté, ben limite c'est le Ciel qui le remercie de bien avoir voulu de moi. Enfin je dis le Ciel parce que je suis sympa hein... Parce qu'au final, pour tout le monde, ce sera toujours lui le gentil et moi la vilaine. Lui le cool, moi la pas cool. Lui le mec qui sait s'amuser, moi la fille qui sait pas rire. Sauf qu'en définitive, j'aimerais bien aussi avoir le temps d'être cool et de rigoler, de faire des siestes et de rien foutre, de regarder ma collec de cartes pendant trois heures d'affilée (bon ok, j'ai pas de cartes mais c'est rien qu'un détail). Mais voilà, j'ai pas le temps. J'voudrais bien mais j'peux point.

Donc tu sais quoi, quitte à être la pas cool dans l'ombre du mec cool, ben je me demande si ce serait pas tout simplement plus sain d'être pas cool toute seule dans mon coin. Sérieux quoi.

Oui je sais, c'est moche le déballage de vie sur le web 2.0. En même temps, c'est pas du déballage de vie, c'est du déballage d'état d'âme, et je t'emmerde et j'fais c'que j'veux. Pis d'abord, tu veux que je te dise ce qui est vraiment moche ? Ce qui est moche, c'est tous les connards qui vont m'appeler demain, comme toutes les fois où l'un de mes billets a une sale odeur de "ma vie c'est d'la merde", tous ces cons qui secouent la tête quand j'ai le malheur de péter l'ambiance en rappelant que si on arrive en retard, c'est qu'après avoir passé huit heures à m'occuper de tout dans mon putain de quotidien pendant que Manu matait LCI, j'avais pas trop la tête à me saper pour sortir (là en général, c'est le moment où tout le monde regarde Manu d'un air compatissant qui veut dire "Chapeau vieux, dire que tu te farcis cette espèce d'emmerdeuse qui vient nous gaver avec ses histoires de vaisselle pas faite et de chaussettes sales"). Tous ces cons qui me rappellent régulièrement que MANU FAIT DES EFFORTS et que je devrais arrêter d'en demander trop. Non mais putain, ils sont où les efforts ? Et moi des efforts, j'en fais pas ?? Et tous ces baltringues, ils vivent dans ma vie ou quoi ? Ils savent comment ça se passe à la maison ?

Voilà, c'est ça qui est moche. C'est cet acharnement de tous, y compris des gens qui me sont le plus proche, y compris de celui qui devrait s'épuiser à me convaincre du contraire, bref, c'est cette obstination à me faire comprendre que je suis pas en mesure de pouvoir faire ma difficile, que j'ai sans doute pas assez de charisme pour susciter l'empathie, que je dois m'estimer heureuse de ce que j'ai et pas trop rechigner sur les détails. J'ai pas le droit d'avoir des attentes, pas le droit d'avoir des exigences, non, surtout pas. J'ai pas le droit d'être exigente avec les gens. J'ai juste le droit de sourire, de dire merci tout le temps, et de surtout toujours faire comme si tout allait bien.

Bref, je suis la fille qui pourrit l'ambiance. Ben tu sais quoi, pour finir en beauté, je vais la pourrir l'ambiance, et pas qu'un peu... :

Je vais faire ma BA et vous éviter à tous de devoir subir un blog qui s'apparenterait désormais de plus en plus à un mauvais remake de Confessions Intimes. On va éviter le pathos hein, c'est mieux pour tout le monde.

Le blog, il s'en tient là.

On arrête les copains, on remballe les gaules, comme dirait mon père.

Le blog, je le flingue.

A moins qu'un truc exceptionnel ne se passe dans ma vie dans les prochaines 48 heures, je ne vois pas pourquoi je reviendrais foutre les pieds ici. Et soyons lucides, Gregory House ne viendra pas m'apporter les croissants demain matin au petit déjeuner avec un solitaire gros comme un pois chiche pour me demander en épousailles.

Alors on dit merci.

Merci les gens de m'avoir suivie jusqu'à aujourd'hui, merci au Muppet's pour leur joyeux bordel, merci à Brandon pour le Kitchenaid (d'ailleurs c'est rien que de ta faute si depuis deux jours je fais rien d'autre que de manger des cookies), merci aux gens cool pour les moments cool, bref, merci public, si j'étais pas en vieux jogging informe, je lancerais p'tetr mes sapes à la foule pour que vous puissiez les revendre 6 euros sur Ebay. Bref, merci les gens, vous avez été formidables.

Je vous laisse les clés du bordel, essayez de pas faire de bruit en partant.

N'empêche, on se sera bien marrés...

Posté par _eve_ à 23:54 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [243] - Permalien [#]
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vendredi 14 août 2009

Conchita, c'est mon deuxième prénom

Sur mon passeport, à côté de la mention "prénoms", y a écrit "Evelyne".

Je ne comprends pas. Normalement, on devrait y lire "Evelyne Conchita", car ce second prénom me sied fort bien.

Faire ma Conchita, sache-le, c'est un peu ce à quoi se résume mon existence depuis... (attends je compte)... ben depuis drôlement longtemps. Un peu trop à mon goût d'ailleurs.

D'après toi, y a-t-il une explication logique au fait que je passe mon temps à ranger et laver le merdier de mon entourage pendant que le reste de la tribu, respectivement, regarde Baby TV en agitant un hochet, mange un Kinder sur le canapé en velours et tente de dissimuler une tache sous un coussin, dessine à la craie grasse sur les vitres, et classe ses cartes Magic en bouffant des cacahuètes (si tu veux, amuse-toi à associer un membre de la famille à chacune des activités précedemment citées, tu verras, c'est autrement plus fun que les mots fléchés de Téléstar) ?? Non parce qu'il doit FORCEMENT y avoir une explication à cette situation, c'est tout de même pas NORMAL que je croule sous les taches domestiques et que, pendant ce temps là, les personnes qui partagent ma vie fassent semblant de ne pas me voir tout en continuant à répandre leur merde et leur bordel partout où elles passent ?!!

Manu, il a une explication toute trouvée : selon lui, j'aime bien faire le ménage. Car, je cite (attention, argument de la mort qui tue en perspective) : "La preuve que t'aimes bien le ménage, c'est que t'en fais tout le temps".

Trop bien quoi.

Collector cette phrase.

Suivant cette logique, j'aime donc m'épiler la chatte puisque je le fais tout le temps (et même pas mal du coup), laver la diahrée du bébé vu que je le fais tout le temps, et puis aussi faire caca tiens, vu que je vais au popo tous les jours. Ceci dit, entre nous, sache que je préfère de loin chier plutôt que ramasser le merdier des autres. Logique quoi.

Alors voilà, en vérité je te le dis, j'ai l'impression d'être une femme asservie. Oui, l'expression et lachée. et non, j'en fais pas des tonnes. Et oui, je t'emmerde.

Parce que le pire dans tout ça, c'est de voir l'indifférence totale de mon mec et mes gosses quand je me crève le cul à ranger leur foutoir tandis qu'ils glandent devant la télé. Ouais, le pire c'est ça : se rendre compte que ta propre famille te considère définitivement comme une bonniche et que tout ça, ça leur semble normal. Bon ok, mes mômes sont pas bien grands et pas encore en âge de participer aux taches ménagères. Ceci dit, sur les trois, y en a bien deux qui sont au moins en âge de limiter le foutoir mais qui s'en contre-foutent éperdument à vrai dire. Mais alors mon mec, oui, mon mec, ce type qui est (il paraît) un adulte responsable, un être doué de raison et tout et tout... ben comment il fait pour pouvoir passer son samedi à alterner télé, sieste, lecture et pétards pendant que ma journée à moi, je la passe à repasser le linge, faire la vaisselle, récurer le tartre dans les chiottes et tout le merdier ?!!

T'sais quoi, ça me troue le cul. Regarder quelqu'un bosser pendant des heures et pas filer un coup de main, tout en sachant pourtant qu'à deux, ça irait deux fois plus vite (forcément) et que du coup, au lieu que l'un ne passe tout son temps à glander et l'autre tout son temps à en chier, ben chacun en chierait un petit peu mais sans plus, ce qui est, admettons-le, largement faisable... Bref, ça me dépasse littéralement

En fait, je crois que mon mec part du principe que c'est plus facile de me laisser me démerder avec le foutoir, point barre.

Alors il fait genre.

Genre je t'aide.

Un peu mais pas trop.

Juste de quoi lui donner bonne conscience et lui permettre de dire "nan mais attends, moi aussi j'fais des trucs dans cette maison".

Exemple : "Arrête voir, aujourd'hui j'ai mis les assiettes dans le lave-vaisselle !". Sous-entendu : et j'ai laissé dans l'évier les deux plats à gratins, quant aux cinq paires de couverts, elles sont sur encore sur la table avec les bouteilles et les miettes.

Ou encore : "C'est bon quoi, j'ai passé l'aspirateur aujourd'hui !". Sous-entendu : sans trop aller dans les coins ni bouger les meubles, tout en contournant les obstacles en tout genre au lieu de les ramasser et de les remettre à leur place. Et puis seulement dans la cuisine et le séjour, parce qu'après tout, la saleté et la poussière dans les chambres, couloirs et salle de bains, ça se voit nettement moins, c'est pas comme si c'était des pièces principales non plus.

Et tu sais quoi lecteur ? Ben j'en ai marre.

Ouais, grave.

Même qu'y a pas longtemps, j'ai appelé une copine en pleurant pour me plaindre. Oui, t'as bien lu, en PLEURANT. Alors y a peut-être des personnes que ça dépasse ça, qu'on puisse se mettre dans des états pas possibles pour une histoire de tâches domestiques, sauf que non, ça va plus loin : là, il est question de surmenage doublé d'un sentiment de mépris constant. Car c'est quoi tout ça, si ce n'est du mépris ? Laisser tout son bordel, comme un chien fout sa merde, en considérant qu'après tout, Bobonne passera bien par là et s'en chargera, c'est pas du putain de mépris ça ? Pisser sur la lunette des chiottes et laisser ça comme ça, se raser et laisser sa jolie collection de poils de barbe dans le lavabo, entasser des sous-vêtements sales au pied du lit en attendant qu'ils se retrouvent téléportés comme par magie lavés et pliés dans l'armoire, laisser ses emballages de bouffe là où on se trouve comme si on ignorait l'existence d'une poubelle dans sa propre maison, c'est pas du foutage de gueule ça, c'est pas du PUTAIN DE MEPRIS ??

Alors ouais, moi rien à foutre, mais des fois je me plains ET je pleure. Même que t'sais quoi, j'suis plus à ça près, je m'en vais te raconter la fois où j'ai pleuré. Histoire que toi, de ton côté, tu te marres un peu (autant que ça serve à quelque chose).

Ce jour-là donc, j'en étais bien à ma troisième heure de travaux domestiques et j'achevais de passer la serpillère dans la cuisine quand Manu est rentré à la maison. Trois heures ouais, j'espère que t'as pris note. Et là, Manu et ses Doc Martens, ils entrent dans la cuisine en faisant de grands pas, genre "j'ai bien vu que c'était mouillé, je salis quand même mais pas trop". Et moi je demande au gaillard de virer ses putains de chaussures et j'ajoute que c'est la moindre des choses quand on en branle pas une à la maison. Et là, je reçois comme réponse : "Nan mais attends, je repars dans un quart d'heure et enlever mes pompes ça va me prendre au moins trois minutes.". AU MOINS TROIS MINUTES. Conclusion : lui, il peut pas perdre trois minutes à virer ses putains de pompes mais moi, je peux bien en perdre quelques dizaines de plus à recommencer un truc que je viens de faire (car souvient-stoi : "j'aime bien le ménage puisque j'en fais tout le temps"). Alors ouais, dans ces moments-là je pleure. Ou je quitte les gens. Une chance que j'ai pleuré quoi...

Donc voilà, tout ça pour dire que quand j'entends parler de progrès en matière de partage des tâches domestiques, JE ME MARRE ! Chez certains peut-être, mais d'une façon générale, j'ai pas l'impression que les choses aient vraiment évolué. Si Bibi ne lave pas le linge, le bonhomme peut sans problème remettre les mêmes chaussettes pendant huit jours. Si je ne lave pas les chiottes, pas grave, il fait semblant de ne pas remarquer que ça colle quand on s'asseoit sur la cuvette et que ça commence à fleurer comme dans les WC publics. Si je ne ramasse pas les mouchoirs pleins de foutre qui traînent au pied du lit, ben à la fin de la semaine, on peut envoyer la pile de kleenex à un labo pour faire un don de gamètes, y aura de quoi repeupler tout l'univers.  Et puis le cendrier, j'ai beau pas fumer, si je ne le vide pas de temps en temps, on peut facilement arriver à une collection de 518 mégots entassés les uns sur les autres (avec les cendres tout autour par terre, c'est beau, ça fait déco sur le carrelage). Et si je ne ramasse pas les merdes du chien sur la terrasse, il se contente de les éviter quand il sort fumer sa clope mais même pas il prendrait la peine de les ramasser. Parce que le caca, ça sent mauvais, forcément. Alors que moi, faut croire que j'ai une meilleure tolérance au caca. Moi je peux m'abaisser à côtoyer la merde et la crasse au quotidien, surtout celle des autres, tout ça c'est normal.

Alors des fois, j'ai envie de lui rendre la monnaie de sa pièce, et d'inverser les rôles, juste pour voir. Parce que j'aimerais bien voir sa réaction si après m'être épilée, je laissais une colonie de poils de chatte dans la baignoire. Ou si je laissais traîner mes serviettes hygiéniques usagées roulées en boule par terre en me disant qu'il finira bien par les mettre à la poubelle à ma place. Ou entasser mes slibards au pied du lit pendant quinze jours et le seizième jour, m'indigner subitement parce qu'y a plus de slips propres dans l'armoire. Et bref, j'aimerai bien pouvoir moi aussi trouver en rentrant un appart qui sent bon le propre, un sol sur lequel on pourrait bouffer si on le voulait, et un évier vide. Sauf que ça, ça n'arrive jamais. Et si moi je décide de pas en branler une, tout ce que je récolterai c'est trois fois plus de boulot au bout du compte, quand il faudra rattraper le retard qui s'est accumulé.

Le premier qui la ramène avec un commentaire à la con du genre "Vous faites chier les gonzesses à faire vos putains de féministes" ou bien "Retourne faire la vaisselle au lieu de te plaindre", je crois que je lui pète les dents. Je ne parle même pas du tocard ou de la connasse qui viendrait m'expliquer que tout ça c'est de ma faute, que c'est parce que j'ai mal éduqué mon mec : mon mec n'est pas un petit chien, manquerait plus que ça que je doive me mettre à l'éduquer. Bref, le premier baltringue qui vient avec une remarque merdique dans ce genre, je le décapite et je lui chie dans la tête. Parce que tu sais quoi, là maintenant tout de suite, j'en peux plus. Je suis pas loin d'annoncer la rupture même si "je te quitte car j'en ai marre que tu te branles pendant que je me tape tout le boulot, parce que je suis pas ta mère et que j'en peux plus de ramasser ta merde, et puis surtout parce que je ne supporte plus d'être méprisée au quotidien, que ta passivité et ton indifférence me sorte pas tous les trous...", c'est pas vraiment un argument pour mettre fin à une histoire d'amour. "On est au-dessus de tout ça", comme diraient les gens cool. Sauf que tout ça, c'est le quotidien, et qu'après tout, ton quotidien ben c'est ta vie. Donc bref...

Conchita un jour, Conchita toujours.

(Eve, résignée, mais qui peut encore péter les plombs et tout envoyer chier)

Posté par _eve_ à 20:44 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [77] - Permalien [#]
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mardi 4 août 2009

Dieu aime-t-il les pigistes ?

D'après toi, le bon Dieu, il aime les pigistes ou pas ?

Disons que je pose la question parce que là comme ça, j'ai l'impression que personne n'aime les pigistes.

D'abord, les journalistes n'aiment pas les pigistes.

Pire, le journaliste prend un peu le pigiste comme un scribouillard qui n'a pas été assez brillant pour faire une école de journalisme mais qui se prend pour un rédacteur quand même. A croire que celui qui parvient à se faire une petite place dans la rédaction sans être dignement passé par une quelconque formation journalistique serait une sorte d'imposteur. "Concurrence déloyale", qu'ils disent parfois les journalistes. Limite on accuse le vilain pigiste mange-merde (mange-merde car, faute de thunes, le pigiste accepte souvent des piges fort mal payées, ce à quoi le "vrai" journaliste ne s'abaisserait pas) de voler le pain du gentil journaliste en se bradant à tout va et en écrivant sur les sujets dont personne ne veut.

Mais bon, ça à la rigueur, que le journaliste dénigre les petits rédacteurs qui tentent de gagner leur vie dans leur coin, qu'il les traite de pseudo-journaleux de merde ou que sais-je, passe encore.

Ce qui est drôlement plus agaçant en revanche, c'est de voir le peu de considération que les professionnels ont généralement à l'égard du pigiste.

Déjà, sache que la règle d'or, quand tu es pigiste, es la suivante : en plus de t'excuser d'être arrivé dans la profession un peu par hasard, tu dois te faire à l'idée que tu vas devoir courir après ton fric, tout le temps. Car le pigiste n'est pas assez important, semble-t-il, pour être payé comme il se doit. N'importe quel ouvrier qui fait ses heures à l'usine reçoit sa fiche de paye et son virement en fin de mois, mais le pigiste, non. Le pigiste, s'il ne relance pas ses employeurs 10 fois minimum, jamais il ne voit la couleur de son blé. A croire que c'est une règle d'or dans le milieu : que tu bosses pour un site web, pour une grosse société, pour une petite boîte familiale, pour un magazine, ben quand tu factures tes quelques pauvres piges, tu te demandes si la direction se torche pas avec au lieu de mettre ta facture sur la pile des prestataires à payer.

Alors tu relances une fois, poliment, en t'excusant sincèrement, en disant à quel point tu es navré, et tu ajoutes même que c'est pas grave, que c'est sans doute un oubli de la part du service compta.

Et comme plusieurs semaines après, t'as toujours pa de réponse, tu relances à nouveau, poliment, en demandant où le paiement en est. tu souhaites une bonne journée, tu demandes pardon pour le dérangement, même deux fois pardon parce que t'es rudement poli, pis parce que face au redac chef, toi le rédacteur payé à la pige, t'es rien qu'un tout petit caca.

D'ailleurs c'est là, au bout de la troisième relance que tu prends conscience de ceci : t'es rien qu'une petite merde qui devrait avoir honte d'importuner les gens importants avec ta putain de facture. Merde quoi, tu fais chier avec tes quelques centaines d'euros, enfoiré de pigiste ! Tu peux pas comprendre qu'à la compta, ils ont d'autres gens bien plus importants à payer en priorité, bordel ?!

Ainsi, parfois... non, pas "parfois" mais souvent, quand tu parviens enfin à te faire payer, après un nombre de relances incalculable, tu te fais incendier en bonus. Genre "tu nous casses les couilles avec ta thune, lâche-nous le slobe à nous, les gens bien !". En gros, on te rappelle jusqu'au bout que tu es un petit larbin, que tu dois t'estimer content qu'on t'ait confié quelques articles et que précisément, tu ferais mieux de manifester un peu plus de reconnaissance au lieu de relancer le service compta pour un malheureux retard de paiement de deux ou trois mois.

Je te jure lecteur, pour le coup, je caricature pas.

Parce que tu sais quoi ? Ben à l'heure où je te parle, pour les divers articles que j'ai écrit de part et d'autres en mai et juin, ben j'ai rien que 800 euros qui se balladent dans la nature. Et pendant que moi je suis à la cave et que j'essaye d'expliquer gentiment à mon banquier et à l'huissier que c'est pas de ma faute si mes employeurs ne m'ont pas payée en temps voulu, ben mes employeurs, ils sont en vacances.

Normal quoi.

Alors d'un côté, t'as ceux qui t'envoient chier en t'expiquant gentiment que là, c'est les vacances, le soleil, la plage, les Cuba Livre et le sudoku sous le parasol, alors que c'est pas le moment de les faire chier, que t'attendras la rentrée pour toucher ton fric.

Genre toi, si tu comptais sur le blé que t'attends depuis plusieurs mois pour te payer ne serait-ce qu'un petit week-end au vert, ben tu peux te brosser. Et compter tes agios en attendant la rentrée, ça t'occuperas tiens.

Y a aussi les employeurs qui n'ont honte de rien et qui t'expliquent qu'ils ne peuvent pas te payer car les caisses sont vides. Genre toi t'as bossé, t'as écrit tout bien comme il faut sans jamais la ramener, t'as fait ton travail et tout rendu en temps voulu, mais au moment d'être payé, en plus d'avoir été un bon élève assidû, va falloir que t'apprennes à faire preuve de compréhension : les caisses sont vides, c'est la déroute, on ne sait pas comment te payer, fais un effort merde, aie un peu pitié si tu peux et comprends-nous !

Et toi, comme t'es trop bonne trop conne, tu comprends. limite tu compatis, tu te dis "oh les pauvres, ils sont fauchés", alors tu prends sur toi et tant pis si ta note d'huissier est passée du simple au double pour défaut de paiement à la date butoire... c'est pas de sa faute au pauvre employeur.

Sauf qu'un jour, t'apprends que le gentil employeur fauché, il s'est barré en vacances.

Ouais.

Donc on résume : apparemment, ça paraît normal à tous ces gens de ne PAS payer leurs prestataires. parce que c'est JUSTE des pigistes, merde quoi. Et écrire, faut croire que c'est pas vraiment du boulot, ça peut se passer de rémunération, ne serait-ce que dans l'immédiat.

Voilà, je te dis pas comment je suis de bonne humeur.

Je m'excuse depuis des semaines de réclamer ça et là mon propre fric. Je me fais engueuler si je deviens insistante. Et pendant ce temps, tous ces gens importants qui ne sont pas en mesure de me payer sont en vacances et me demandent de ne pas troubler la tranquilité de leur farniente.

T'sais quoi, c'est décidé : les piges, j'arrête. L'écriture, j'arrête. Le blog-qui-me-rapporte-rien, j'arrête peut-être (ou pas, comme d'hab).

Et à la place, je vais me trouver une autre activité.

Non, pas hardeuse, n'insiste pas.

Ni pute. Sauf si t'es millionnaire, impuissant, et prêt à me payer très cher juste pour me regarder toute nute en train de me tripoter les nénés.

N'empêche, j'ai un projet.

Un projet qui déchire sa race. Même que je croise les doigts, que je sers les fesses, et que je songe à sacrifier un chat noir et une vierge pour m'attirer les faveurs des dieux (dommage que la Blonde ne soit plus vierge depuis belle lurette) (Si si, Monsieur le papa de la Blonde, je vous garantis qu'elle n'est plus vierge, y a pas photo).

Et si tout se passe bien, je pourrai faire comme dans la pub des gagnats du Loto et envoyer chier tous ces gens en paradant en slip kangourou avec un masque de poulet sur la tête.

Fuck off.

Edit : Et je te fais grâce de te parler d'Efucking, le champion toutes catégories du foutage de gueule qui me doit du blé depuis 6 mois seulement. Eux, c'est bien simple, avec tout le fric qu'ils doivent à leurs prestataires, ils ont de quoi se payer des yachts, des putes et de la coke pendant tout l'été. Et il leur restera encore assez de thune pour ramener un collier coquillages en souvenir.

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vendredi 17 juillet 2009

Dis, je peux t'emprunter ta personnalité ?

Y a des gens qui, un matin, se lèvent et se rendent compte que finalement, ils n'ont guère de personnalité. Et ces gens-là se disent que ce serait rudement chouette d'avoir des convictions, des avis sur de nombreux sujets, des centres d'intérêt pas commun et des passions diverses.

Alors ils pourraient simplement travailler un peu sur eux-mêmes et s'attacher à devenir des gens intéressants ce qui, reconnaissons-le, demande un minimum d'effort et n'est finalement pas donné à tout le monde. Mais comme ces personnes, en plus d'être dépourvues de personnalité, sont généralement fainéantes et résignées, elles préfèrent opter pour la solution de facilité : vampiriser la personnalité d'une tierce personne et se l'approprier.

C'est le cas de cette copine revue par hasard il y a quelques mois. Une vague copine perdue de vue depuis longtemps et avec qui, il faut le reconnaître, je n'ai jamais eu de réelles affinités (ce qui, quand on y pense, aide à perdre les gens de vue). Et bref, je partage un verre avec cette fille, puis deux, et la fois suivante, cette quintessence de superficialité même et de bling-bling qui fréquente les boîtes de nuit, porte un strass sur chaque ongle et même un sur une canine ("C'est ce qu'on appelle un sourire de fée", m'a-t-elle dit), se pointe en robe léopard et baby jane 50's et se met à me parler musique en récitant vraisemblablement consciencieusement tout ce que Google et Télérama ont bien voulu lui apprendre sur le sujet, en vrac. Du grand n'importe quoi. Et moi, sympa malgré tout, je lui ai même pas dit qu'en robe léopard, elle faisait plus pute du bois de boulogne que garage babe.

C'est aussi le cas de ces gens avec qui tu parles musique ou bouquins et qui, c'est flagrant, ne savent absolument pas de quoi tu parles. Exemple vécu : Moi : "Moi j'aime pas du tout les MC5 même si je sais que tout le monde les kiffe. Tiens, Manu par exemple il adore, et ben moi rien à faire j'aime pas. Et Kick Out the Jams, ben franchement, ça casse pas trois pattes à un canard...! D'ailleurs le jour où j'ai lu la chronique de Lester bangs sur le sujet, ben ça m'a drôlement rassurée, comme quoi je suis pas la seule à trouver que ce titre est vraiment naze...". Bon soit, rien de transcendant à ce que dans l'assemblée, il y ait une ou plusieurs personnes qui n'aient aucune idée de qui sont les MC5 et Lester machin-chose hein, ça arrive (même si ça devrait pas) (non ça va, je déconne). Ce qui me gêne un peu plus, c'est quand quelques semaines plus tard, la gourde qui était totalement à l'ouest pendant que ça débattait autour de Kick Out the Jams se met à parler de Lester Bangs comme si c'était son voisin de pallier ("Vivement les vacances que je me colle sur ma terrasse avec un bon livre de Bangs !") et à donner son avis sur un titre qu'elle n'a probablement jamais écouté ("Moi j'aime pas toute la vague punk... par exemple Kick out the Jams des MC5 c'est de la daube, je préfère cent fois écouter les Ramones, Blondie... ou même Kiss" sic) (on sent les références musicales appuyées sur l'étude des t-shirts de la dernière collection H&M).

Bref, je ne vais pas m'étendre sur le sujet, tu vois bien de quel genre de personnes je parle. Et puis je viens précisément de me rendre compte que ma copine Elixie (bon, Elixie c'est pas ma copine en vrai mais bon...) (à ce propos Elixie, tu voudrais pas être ma copine des fois ?) avait elle-même publié une chronique sur ces vampires qui pompent la personnalité des autres, ces créatures qu'elle appelle quant à elle les suceuses de personnalité. Alors allez la lire, et puis c'est tout.

Oui mais, avant de filer lire sa chronique, restez quand même encore deux minutes histoire de vous taper une bonne barre de rire.

Après l'emprunt de personnalité, je viens de découvrir un phénomène nouveau : le plagiat de personnalité. Ou le copier-coller de personnalité.

Si si, te marre pas, ça existe, la preuve en image :

Ca, c'est mon profil Myspace :

myspace

Ma photo, du léopard, une pin up... pas de doute hein, c'est mon profil (d'ailleurs c'est écrit dessus).

Et sur mon profil, ma présentation :

myspace1

Et puis il y a le profil de Cece. Cece de Picardie, 30 ans, pericultrice (sic).

Et Cece, c'est dingue mais elle a pile poil les mêmes goûts que moi :

myspacecece

myspacecece1

Oui en fait, la présentation de cece, c'est juste mon ancien texte de présentation, mot pout mot (ceux qui me fréquentent sur Myspace depuis le début peuvent en témoigner).

T'sais quoi, ben moi j'ai drôlement envie d'être copine avec Cece vu qu'elle est comme moi, qu'elle a les mêmes goûts que moi, les mêmes passions que moi et parce qu'au final, Cece, ben c'est moi. Par exemple en parcourant son profil, je me suis rendue compte qu'elle aussi elle aimait les Experts et qu'elle aussi elle trouvait qu'ils étaient trop forts avec leur Luminol, la coquine.

Ouais je sais, ça va loin. Je dirais même que ça fait limite flipper quand même.

Sur ce, je m'en vais la demander comme amie sur Myspace, sûre que ça lui fera rudement plaisir de copiner avec quelqu'un qui, visiblement, a autant d'affinités en commun avec elle.

Edit : Je remercie Sappho qui m'a fait découvrir le profil de Cece-la-fille-à-forte-personnalité. Car faut quand même savoir que ce que Cece n'a pas emprunté chez moi, elle l'a piqué chez Sappho. Cece, you're the one, même Jango Edwards n'aurait pas osé.

Posté par _eve_ à 15:47 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [38] - Permalien [#]
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jeudi 16 juillet 2009

Vacances de merde (suite et fin)

Salut les golgoths !

Comme promis, je reviens me plaindre. Avoue que ça t'as manqué hein, que je me plaigne de ma petite vie dorée comme si j'étais cul de jatte et que je vivais dans un bidonville d'Honolulu (comment ça y a pas de bidonvilles à Honolulu ??!).

Donc, pour en revenir à mes vacances de merde, je pense qu'il est préférable que je m'efforce de la jouer de façon concise : j'ai beau souffrir de diarrhée verbale chronique, je sens que je peux le faire. Parce que si je me mets à te raconter ma loose jour après jour, non seulement ça va prendre huit jours mais en plus tu vas vite t'emmerder et déserter ce blog au profit de blogs nettement plus fun où les blogueurs font des compte-rendus d'opé marketing (d'où qu'tu vois de l'ironie toi ?).

Alors voilà,

Concernant ces vacances disons simplement que, comme j'ai commencé à te l'expliquer hier, j'aurais dû me méfier.

J'aurais dû me méfier quand pour notre première virée à la plage, on a tous gardé les gilets sur le dos tellement ça meulait sa race. Et bon, j'irai pas jusqu'à dire que la plage tout habillé ça n'a aucun intérêt, n'empêche que si, un peu quand même. J'aurais dû me méfier quand après leur première baignade, les gosses sont ressortis tout bleus et transis de froid, pis j'aurais dû me méfier quand mon bébé a failli finir enseveli dans le sable à cause des rafales de vent. J'vais te dire, j'aurais surtout dû me méfier quand, après deux jorus de vacances, ma môme a refusé de retourner à la plage, préférant renoncer aux pâtés de sable plutôt que de se prendre du sable dans les yeux à cause du vent tout en grelottant sous les nuages gris.

J'aurais dû me méfier quand en entrant dans la maison recouverte de moquette du sol au plafond (littéralement hein : moquette au sol, moquette au mur, moquette au plafond... c'est limite si l'évier il est pas en moquette), j'ai commencé à éternuer une fois. Puis deux. Puis trois, puis... soixante-douze. Puis quand j'ai commencé à sentir mes bronches s'atrophier, mon palais enfler, mes yeux gratter et bref, quand j'ai senti que j'allais passer une semaine à me shooter aux corticoïdes pour pouvoir respirer un minimum, ben là par exemple, j'aurais dû me méfier. D'ailleurs je comprends toujours pas comment j'ai pu ne pas me méfier après la deuxième crise d'asthme et ma troisième nuit sans sommeil pour cause de "j'ai perdu mes bronches sur la moquette, essayez de ne pas les piétiner".

J'aurais dû me méfier après que mon fils eut repeint de gerbe sa chambre et la mienne, en l'espace de quelques heures. Ce bain de vomi en guise d'acueil, ça aurait dû m'alerter ouais... J'ai manqué de perspicacité mes enfants, aussi cela m'a-t-il valu une rechute en bonne et dûe forme avec une seconde vomi party trois jours plus tard. Deux nuits à patauger dans la gerbe au lieu de dormir, ça c'est de l'expérience ultime.

J'aurais dû me méfier quand je me suis rendue compte que finalement, pour moi les vacances, c'est faire la bonniche ailleurs. Cernée de gosses et de pré-ados, mes vacances ont très vite ressemblé à un mauvais remake de Huit ça suffit. Et quand au bout de deux jours, j'ai eu squatté la cuisine pendant cinq bonnes heures, tiré la chasse d'eau une quarantaine de fois (à croire que les jeunes sont inaptes à effectuer le geste simple qui leur permet de tirer la chasse d'eau), fait le gendarme dans le garde-manger pour savoir qui était le sale gosse qui avait bouffé en loucedé tous les Granola ou celui qui avait oublié de refermer cette putain de bouteille de Coca pour la trentième fois, pensé des repas pour des mômes qui n'aiment rien et qui sont jamais foutus de s'accomoder de ce que tu leur sers (ça c'est pas mes mômes à moi hein, c'est les autres... les miens ils sont supérieurs) (oui Nath, j'aime bien te provoquer en démontrant la supériorité de mes enfants par rapport aux tiens. Reconnais qu'ils sont supérieurs, merde quoi), rammassé les fringues de mes gosses et mon mec, éparpillées aux quatres coins de la maison, entendu une bonne vingtaine de fois "Qu'est-ce qu'on maaaaaaaange ?" ou "Quand est-ce qu'on maaaaaaange ?", ben après tout ça, j'aurais clairement dû me méfier, ouais. Et me barrer fissa.

J'aurais dû me méfier quand en s'appuyant contre la porte d'entrée, ma môme a fini par traverser la vitre (pas toute la môme hein, juste le bras) et qu'il a fallu revoir le programme cool de la journée au profit de la recherche d'un vitrier et d'un détour par les magasins de bricolage.

J'aurais dû me méfier quand, la seule fois où j'ai tenté de m'octroyer un instant de détente en m'offrant un bain relaxant, y avait plus d'eau chaude au bout de trois minutes. Je te dis pas comme j'allais l'air fine, le cul dans cinq centimètres d'eau, à devoir me rincer la tête à l'eau glacée.

J'aurais dû me méfier quand à l'issue d'une semaine de vacances, j'ai constaté que j'avais pu lire qu'un demi chapitre de mon livre tellement j'avais le temps de rien foutre. Pour tout dire, j'avais même embarqué mes deux vibros préférés en vacances, ben les bougres, ils ont même pas eu le temps de voir le loup. Trop deg' quoi.

D'ailleurs en parlant de vibro, j'aurais dû me méfier quand je me suis rendue compte que ces vacances, ça n'allait pas être "Sea, Sex and Sun". "Sea" à la rigueur quoi. Parce que le Sun, ben on pouvait oublier d'entrée, quant au Sex, entre la présence d'un môme fiévreux dans notre plumard deux nuits d'affilée, les nuits passées à éponger la gerbe, le bébé pas foutu de pioncer (à cause des relents de vomi peut-être... va savoir), mes crises d'asthme à répétition et la présence, dans la chambre voisine, du gosse de ma copine qu'il eût été malvenu de déranger par des grincements de matelas et des mots aussi doux que "viens que je m'occupe de toi, petite cochonne"... ben disons que tout cela ne nous prédiposait guère à copuler. Ouais je sais, c'est moche.

Alors bon, après une semaine passée à faire la bonniche, à mourir des bronches, à éponger la gerbe, à pas niquer et à jouer au Nain Jaune et au Jeu de l'Oie pour occuper les mômes par temps de merde, ben j'ai dit à Manu qu'il fallait qu'on rentre. Là tout de suite maintenant sur le champ illico presto, que j'y ai dit. Parce qu'on était censés rester là plus longuement et faire tout un tas de trucs fun comme du vélo, du bâteau, des siestes au soleil, des balades au marché... mais qu'en l'occurence, le seul truc local que j'avais eu l'occasion de visiter jusque là, c'était les pharmacies et les supermarchés, et que vu la gueule de la météo pour les prochains jours, le bâteau, le vélo et tutti quanti, ben on pouvait s'asseoir dessus. Manu il serait bien resté encore quelques jours vu que lui il aimait plutôt bien regarder la télé sur la terrasse en fumant des substances licites (j'insiste sur ce point des fois que le FBI lise mon blog). Oui parce que pour Manu, la définition des vacances c'est : regarder la télé ailleurs. Même que quand il ne pleuvait pas, il sortait carrément la télé sur la terrasse pour mater C dans l'air et les rediff' des Experts. Mais bon, quand il a vu mes yeux de lapin russe, et non pas de cocker (because l'allergie... faut suivre, merde !), et mon air implorant, Manu il a compris que là, c'était une question de vie ou de mort.

Et tu sais quoi ? Quand ma copine et moi avons fini de passer trois heures à remettre en ordre et laver la maison et après qu'on eût chargé les valises dans les bagnoles, ben le soleil, il a décidé de se pointer, ce petit enfoiré. Petite fiote de soleil va, enfoiré de ciel bleu ! Nous faire ça à NOUS, des gens cool qui méritons pas ça...! Alors je te dis pas la gueule des mômes quand on a commencé à charger les voitures et qu'ils ont vu ce putain de soleil au-dessus de leur tête. Limite ils nous ont pris pour des parents indignes qui les arrachaient volontairement au paradis terrestre. T'aurais du voir leur tête dépitée aux mômes... limite on a songé à vider le coffre pour remplir à nouveau les armoires, sauf que jai dit "Que nenni ! Si c'est pour tout re-saloper en attendant la prochaine averse, et qu'on se farcisse une nouvelle soirée Nain Jaune en bouffant du Zyrtec pour pas crever, c'est hors de question !".

Et bon, faut croire que quand je suis hors de moi, je suis un peu convaincante. Peut-être même que je fais peur. Toujours est-il que personne n'a osé me contredire et qu'on est tous remonté bien sagement dans nos voitures respectives, direction la Lorraine. Et moi, j'étais tellement contente de retrouver mon chez moi aseptisé, sans moquette ni acarien et le beau temps de Metz (car figure-toi que pendant qu'on se gelait les miches en Bretagne, ben chez nous, c'était Metz Plage tellement il faisait beau), que durant le trajet, j'ai même trouvé que les sandwiches des stations service étaient bon. Et que l'autoroute la nuit était belle. ET que passer huit heures sur un siège de bagnole, c'était confortable. Pis bon, au final j'ai retrouvé ma maison, alleluïa !

Bon, sur ce je te laisse, je vais voir si y a pas des promos en ce moment à Disneyland Paris. Ben oui, après des vacances aussi pourries, faut que je décompresse moi...

Edit : Si t'es sage, je te raconterai peut-être la suite de cet épisode intitulé : "Démoule jusqu'au bout" ou "comment j'ai passé mon 14 juillet à l'hosto". Ou bien je ferai une chronique sur la mort de Michael Jackson histoire de faire comme tout le monde. Allez, tchuss !

Posté par _eve_ à 10:30 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [24] - Permalien [#]
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mercredi 15 juillet 2009

VDM (vacances de merde)

Salut les tapettes, je suis de retour !

Vous avez le droit de faire semblant d'être contents hein, voire de me faire croire que je vous ai manqués.

Bon, je suis rentrée et pas forcément de bon poil pour cause de vacances plus merdiques tu meurs. Alors si t'as pas envie de m'entendre me plaindre, reviens sur ce blog à une période plus sereine où tu seras à peu près sûr de ne pas avoir à subir mes plaintes pleurnichardes et ma mauvaise humeur (en même temps, je te mets au défi de trouver une période à laquelle je suis susceptible de ne pas me plaindre... good luck petit scarabéee).

Bref, Quiberon...

Quiberon je suis venue, Quiberon j'ai vu, Quiberon j'en ai plein le cul.

Le truc lamentable c'est que j'aurais dû piger dès le départ que ça allait être des vacances de merde. J'aurais dû être plus perspicace, me montrer cable d'interpréter les signes annonciateurs de ce séjour merdique et agir en conséquence pour regagner d'urgence ma Lorraine lointaine. Ben ouais, la Lorraine, c'est moche et c'est gris, n'empêche que c'est pas pire que Quiberon, mon cochon.

Donc voilà, j'aurais dû me méfier et tenir compte des présages.

Par exemple quand dans la bagnole, les trois mômes ont commencé leur concerto qui me donne envie de les abandonner (tu sais, quand ils se mettent à chanter/hurler/s'insulter synchro, et qu'ils font tellement de bordel qu'au bout d'une heure, t'as juste l'impression d'avoir un trou dans la tête) et que j'ai tenté de les calmer avec un DVD... Ben à ce moment précis, quand mon gentil PC m'a dit "Eve, tu l'as dans l'os, j'ai décidé de ne PAS lire tes putains de DVD" (oui, mon PC me parle et alors ?!), là, ça puait déjà la malédiction. Le début d'une immersion totale dans la poisse, le début d'une longue série d'évènements merdiques au possible. Et je me demande pourquoi, mais POURQUOI à et instant précis, je n'ai pas eu l'idée grandiose de prendre le volant pour sortir de cette saloperie de francilienne et reprendre la direction de Metz, en trouvant une explication à deux balles pour expliquer aux enfants l'annulation subite des vacances à la mer ("Il y a eu un tsunamini à Quiberon. Parfaitement, un tsunami !", "La guerre des mondes a débuté. La race humaine est déjà éradiquée en Bretagne, paraît que l'Est est la région la plus sûre pour se planquer en attente de la baston inter-planétaire", "On a retrouvé le requin blanc des Dents de la Mer. En fait il n'est pas mort ce salopiaud, désormais il bouffe du baigneur sur la côte bretonne. Avec une prédilection pour la chaire fraîche nourrie à la quiche Lorraine et à la mirabelle" ou encore "On ne peut pas aller à Quiberon, les Teletubbies hantent la plage. Ouais je sais, ils font flipper leur race les Teletubbies...").

Mais bon, j'ai manqué de perspicacité. Et j'ai décidé de laisser sa chance à Quiberon.

Alors on est arrivé, au petit matin. Après plus de huit heures de bagnole, y a fallu en passer une de plus à faire les lits pour toute la tribu. A ranger un minimum les affaires pour éviter qu'un môme ne se fracture la tête en trébuchant sur une valise à son réveil. Et bref, à 5 heures, on était couchés. Et à six heures et demi, ben mon mioche était réveillé. Suivi de peu par les autres mômes. Et c'est à cet instant précis que j'ai compris que durant ces vacances, je n'allais pas dormir, que le sommeil n'allait devenir qu'un lointain souvenir, une sorte d'utopie désormais inaccessible.

Et ça n'a pas loupé...

En bons parents aimants et attentionnés, on a emmené nos mioches à la plage. Plage bretonne, temps breton. Nuages, vent, la classe. Laisse tomber le monoï et les mots croisés sous le parasol car le parasol, il s'envole à la première bourrasque quant au monoï, c'est pas facile à étaler sur un gilet. Eh oui m'sieur dame, à la plage, on devait garder nos gilets, la classe moi j'dis.

Ceci dit, mon monstre number 2, que l'on ne surnomme pas "le kraken" pour rien et qui n'a littéralement peur de rien, il l'a joué vaillant et s'est déssapé illico pour aller faire trempette dans l'eau à -10 degrés. Et à chaque fois que j'essayais de le couvrir un minimum, il m'envoyait joyeusement chier en me disant "pas envie" (pas besoin de maîtriser le concept de phrase complexe quand t'as trois ans et follement envie d'envoyer chier ta mère). Sauf qu'à trop faire l'Indiana Jones qu'a peur de que dalle, ben le mouflet il s'est enrhumé. Ce qui nous amène à l'instant merdique suivant : la nuit passée dans le vomi.

Nickel quoi, après une bonne vieille nuit blanche, rien de tel qu'une nuit à baigner dans la gerbe. Fièvre et dégueulis pour le petit, corvée de lessive et de changement de draps pour la pauvre mère. Quand t'as fini de changer les draps, le môme regerbe dedans. Alors tu le prends dans ton propre pieu... et là, il gerbe encore. Et toi, t'as beau pleurer, ça n'empêche pas que t'aies des morceaux de vomi jusque dans les cheveux. Pis attends, comble de la démoule : la machine à laver, elle est HS. Et j'te jure que passer toute une nuit à laver à la main trois série de draps imbibés de vomi, c'est une expérience en soi, c'est Fear Factor, l'occasion de te dépasser, to infinity and beyoooond.

Bref, tu vois, on en est qu'au jour 1 et c'est déjà la totale. Je te raconte la suite ou j'en garde un peu au chaud pour demain (de la suite hein, pas du vomi) ?

Allez va, tu sais que j'aime bien me plaindre en plusieurs temps pour ne pas dire me plaindre tout le temps, aussi vais-je te laisser mariner un peu (dans le vomi cette fois) avant de te raconter la suite de mes vacances de merde. Parce qu'il s'agirait pas non plus que tu te moques de moi trop d'un coup. Point trop n'en faut mes salopiauds...

Posté par _eve_ à 19:00 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [15] - Permalien [#]

dimanche 5 juillet 2009

Vive les vacances

quiberon


Aujourd'hui lecteur, je me barre en vacances, n'essaye pas de me retenir.

Quiberon, la côte sauvage, les maisons aux volets bleus, les hortensias dans les cours dallées, les galettes au beurre salé, les niniches, le kouign aman...

Disons que la côte bretonne, c'est tout de même un cadre génial pour des vacances. Ajoute à cela qu'on part avec des potes et qu'hier encore, on se téléphonait pour s'organiser sur des points aussi cruciaux que "qui prend du pinard dans sa valise", "qui a de la place dans son coffre pour un pack de Kro" ou qui se charge de la drogue ben disons que ça sent les putains de bonnes vacances en perspective. Apéro matin midi et soir, siestes à l'ombre, balades sur la plage en fin de journée, à l'heure où tous les beaufs sont partis soigner leurs coups de soleil, emplettes au marché, promenades en vélo avec 1664 et sauciflard dans le sac à dos. Bref, les vacances quoi. Les vraies vacances, le moment où on fait quasiment rien d'autre que larver et se reposer, où le cerveau est lui-même tellement au repos qu'on se prend à lire la presse people en trouvant ça bien et à faire les psycho-tests des mags féminins  ("Es-tu un bon coup ?", "Ton mec est-il fidèle ?", "Es-tu plutôt hystérique ou schizophrène ?"), où se limer les ongles devient une activité à part entière tellement on a rien d'autre à foutre.

Bref, les VACANCES quoi !

Sauf que pour les vraies vacances, c'est un peu rapé cette année. En même temps, c'est un peu rapé pour les vingt prochaines années aussi, accessoirement.

Ben oui, c'est qu'il y a comme une petite ombre au tableau. Ou plutôt trois petites ombres. J'ai nommé mes gosses.

C'est bon hein, ne me sermonne pas sur la chance que j'ai de passer des vacances avec mes enfants, tu te doutes bien que même si je me plains, je serai la première à les mitrailler de photos pour immortaliser leurs châteaux de sables merdiques et à les pourrir dans les boutiques de la presqu'île.

Le problème vois-tu, c'est que les vacances à la base, c'est censé te permettre de te reposer, de décompresser, de vivre au ralenti pendant une semaine ou deux et, d'une façon générale, d'oublier les efforts et contraintes de la vie quotidienne. Sauf qu'avec des enfants, ça se passe pas comme ça.

Et rien que d'y penser, je suis déjà crevée. Limite je tiens plus debout rien qu'en pensant à tout ce qui m'attend.

Hier, on a mis une demi-heure à accrocher ces putains de sièges-auto. Trois sièges-auto alignés sur la banquette arrière après avoir sérieusement réfléchi à l'ordre dans lequel nous allions les disposer. Parce que si le grand et à côté de sa soeur, sûr qu'ils vont se cogner avant qu'on ait fait 100 bornes. Oui mais si le grand est à côté du petit, il va pas arrêter d'emmerder son frère en lui mettant des doigts dans les oreilles (ou dans le nez) pendant que ce dernier tente de s'endormir. Et puis si on met la fille à côté du petit, le nain va passer son temps à lui choper ses livres et la faire hurler par la même occasion et... et bon, idéalement y aurait fallu partir à trois voitures, une par gosse quoi. Mais comme on n'a pas trois voitures ni un chauffeur, ben on se prépare à l'idée d'entendre les gosses brailler et se taper dessus pendant huit heures d'affilée.

Pis là, va falloir qu'on s'attaque au chargement de la caisse. Dis, lecteur qui n'a pas de descendance, ou qui a limité les dégâts en décidant de n'avoir qu'un seul troll, t'as idée de ce qu'il faut caser dans un coffre quand tu pars avec trois enfants en bas âge (je rappelle que l'aînée de la tribu est encore en maternelle et que le plus petit ne maîtrise même pas la marche à quatre pattes, c'est dire s'ils sont pas vieux et pas autonomes) ? Ben d'abord tu charges le lit parapluie du bébé, puis le trotteur, la poussette, la chaise haute, le sac de couches, les jouets de plage, les jeux de société et... et quand t'as chargé tout ça, ben ton coffre il est blindé jusqu'à la gueule. Alors non seulement t'as plus qu'à te démerder pour caser tes valoches mais en plus, t'as tout le voyage pour te préparer à l'idée qu'en arrivant sur place, tu vas commencer tes vacances en perdant trois quart d'heures à détacher tes gosses et à décharger ce putain de coffre.

Et après, une fois sur place, chaque déplacement va ressembler à un déménagement. Direction la plage : on recharge les trois gosses, on reboucle les trois ceintures, on regueule parce que c'est pas bien de taper sa soeur avec un t-rex en plastique ni de planter un playmobil dans l'oeil de son frère, on recase la poussette, le parasol, les seaux, les draps de bain, la glacière, et on s'efforce évidemment de ne pas pleurer à l'idée de devoir à nouveau tout décharger, puis recharger, puis décharger, puis recharger... putain, rien que de l'écrire, ça m'épuise.

Et la plage avec trois bébés, parlons-en. Déjà, t'oublies la bronzette (ce qui te permet d'éviter un cancer de la peau dans dix ans), t'oublies les sudoku sous le parasol (c'est le moment d'avouer à mes lecteurs que je n'ai jamais rien compris au sudoku), t'oublies les siestes à l'ombre, t'oublies les baignades, bref, t'oublies TOUT. Deux adultes pour trois gosses, ça veut dire deux paires d'yeux et de bras pour éviter que ta descendance ne disparaisse sous une vague ou n'enterre l'un des ses frères dans le sable jusqu'à la tête. A la plage avec des mouflets, t'as pas droit à une seconde de répit, tu dois être aware non stop et te dire qu'il suffit de quelques secondes pour que ton môme s'éclate la tête contre un rocher ou n'aille dire bonjour à la petite sirène (qui, c'est bien connu, vit là bas tout au fond des mers). Sans compter qu'une fois arrivé à la plage, tu te charges de mettre les chapeaux à tes gnomes, les lunettes, les t-shirts, à leur crémer le corps de lait solaire indice 672, même que quand t'as fini d'enduire toute la famille de crème, ben ça t'as pris tellement de temps que ayé, il fait nuit.

Les balades à vélo, ah ben ça aussi ça va être fun cette année. Déjà que l'année dernière, avec mon moutard dans le ventre, j'avais l'air d'un baleineau sur une bicyclette, cet an ci j'ai même pas idée de comment on va s'organiser entre les mômes sur le porte bagages et les charettes à accrocher au vélo. En fait, je crois qu'on fera pas de vélo cette année, ce sera plus simple.

Et puis c'est pas le tout mais qui dit gosses dit réveil en fanfare à sept heures (inutile d'essayer de me convaincre de mettre de la drogue dans leur biberon, j'ai dit non, c'est non), grosse dalle à midi tapante (allez bobonne, démerde-toi pour nous faire à bouffer pendant qu'on glande sur la terrasse), grosse dalle à 16 h, grosse dalle tout le temps quoi... Et donc qui va passer la moitié de ses vacances debout dans la cuisine ? Ben c'est bibi. L'autre moitié, je la passerai à torcher mes chiards, à donner le biberon, et à les surveiller avant qu'ils ne s'entre-tuent.

Putain, comment ça s'annonce fendard ces vacances !

Bon lecteur, je te laisse, j'ai pas fini les saloperies de bagages des gosses. Plus que 30 shorts, 30 t-shirts et 30 slips à fourrer dans les valoches et on est parés. Maintenant sois mignon steuplé, évite de me parler du lavage et du repassage des fringues à notre retour.

Edit : Comme je suis pas une pute et comme mon pote Brandon m'a offert un pécé portable qui capte le wi-fi pour de bon, peut-être que je t'écrirai des billets de Bretagne. Ou peut-être pas.


mercredi 1 juillet 2009

Pourquoi Ebuzzing prend les blogueurs pour des cons

Dis-moi lecteur, "article sponsorisé", ça te dit quelque chose ?

Evidemment que ça te parle. L'article sponsorisé, c'est LE vilain article peu apprécié des lecteurs de blogs. L'article sponsorisé c'est le mal, l'article sponsorisé c'est la marque des blogueurs vendus au grand Capital.

Je caricature à peine hein...

Rappelons que depuis ses débuts, l'article sponsorisé (pour ceux qui ne suivent pas - faites un effort, merde - les articles sponsorisés sont des billets rémunérés à caractère publicitaire, rédigés par des blogueurs pour divers annonceurs) a beaucoup fait parler de lui : on s'indigne, on le critique, on montre du doigt les faibles blogueurs qui vendent leur âme pour quelques dizaines d'euros, bref, on en fait des tonnes pour pas grand chose.

Evidemment, je conçois bien qu'on puisse ne pas approuver le phénomène des billets sponsorisés : lorsqu'on se connecte à ses dix blogs préférés et qu'on y trouve, au cours d'une même semaine, dix articles sur les assurances Trucmuche, on a de quoi être agacés. Ou bien quand on voit son blogueur préféré se mettre à enchaîner les campagnes rémunérées, au point de faire de son blog une sorte de catalogue publicitaire ventant tantôt les mérites d'une boisson qui pique et qui fait pas grossir (ou si peu) tantôt ceux d'une célèbre marque de cosmétiques qui se met enfin au naturel (il était temps), évidemment y a de quoi être déçu.

Oui mais après ? S'indigner systématiquement devant les articles annoncés comme "sponsorisés" est devenue l'attitude 2.0 tendance du moment. A croire que le lecteur est un révolutionnaire et un rebelle dans l'âme : il n'aime pas la pub, il n'aime pas l'idée qu'on puisse écrire pour du fric quand on peut écrire pour que dalle, il n'accepte pas que le blogueur sacrifie subitement sa liberté de penser en échange d'un petit (tout petit) chèque mensuel. Alors le lecteur, il dit que le blogueur est faible, que le blogueur devrait avoir honte, et il considère d'emblée que tout ce qui est sponsorisé est moche et mauvais.

Mon cul ouais.

Je me suis souvent fait chier devant de glorieux articles non sponsorisés et à côté de ça, ai souvenir de lectures très appréciables voire franchement poilantes sur certains billets sponsorisés bien écrits et bien conduits. Et je trouve clairement qu'il faut être sacrément con pour condamner d'emblée un billet rémunéré mais bon, on a déjà parlé de cela à plusieurs reprises, inutile d'en remettre une couche.

Et doooooonc, derrière le billet sponsorisé se cache LA plateforme de mise en relation blogueurs/annonceurs, la boîte que l'on appelle gentiment la banque des blogueurs dans le jargon 2.0, j'ai nommé EBUZZING. Ebuzzing ou les mecs qui arrivent à te vendre l'idée que tu vas faire du fric avec ton blog sans trop te fouler.

Why not.

Quand tu tiens un blog pour la gloire, pour passer le temps, ou parce que t'as rien trouvé de mieux à foutre, pourquoi ne pas en tirer ponctuellement profit et mettre un peu de beurre dans les épinards de temps en temps. Moi, j'ai jamais été contre. Je me suis même rabattue plusieurs fois sur les articles sponsorisés pour remplir le caddie et payer la facture de fuel pendant les périodes où la pige se faisait rare; Et j'étais drôlement contente d'avoir alors Ebuzzing sous la main pour faire un peu de thune en ces temps de disette.

Sauf qu'Ebuzzing, avec le recul, c'est un peu les champions du monde pour te prendre pour un con.

Sans déconner.

Analyse d'une institution en quelques points :

1. L'inscription ou l'art de te caresser dans le sens du poil en te faisant miroiter moults revenus

Quand tu inscris ton blog sur Ebuzzing, leur équipe évalue automatiquement la "valeur" de ton blog (en fonction de ton nombre de visiteurs, de ta notoriété...) afin de chiffrer plus précisément la valeur d'un billet sponsorisé dont tu serais l'auteur. En général, pour un blog bien mais pas top (comprenez pour un blogueur pas du tout influent mais qui a un petit public quand même), tu peux espérer côter dans les 100 à 150 € le billet. Pas mal ouais. Toi, le petit blogueur de rien du tout, tu t'entends ainsi dire que concrètement, y aura peut-être des gens prêts à payer 150 boules pour que tu leur pondes une bafouille et que tu la publies sur ton blog. Alors toi, forcément, tu te dis que supaaaaaaaaire, c'est drôlement chouette.

Ouais mais attends, y a un MAIS : ça, c'est si, et seulement SI des anonceurs veulent directement traiter avec toi. Parce qu'à côté de ça, y a les campagnes dites "network" qui, grosso modo, correspondent à un libre-service du billet publicitaire. Tu mates ce qu'il y a à prendre, tu te sers, tu écris, et tu palpes. Alors pour te faire une idée, ça te donne le choix entre : parler d'une marque de fringues pour 10 €, faire la promo d'un site web pour 20 € ou vanter les mérites d'un complément alimentaire pour 30 €. tu l'as dit bouffi : on est loin des 150 € que tes articles sont censés valoir.

Mais bon, comme t'es un blogueur gentil, patient, et accessoirement un tout p'tit peu con, tu te dis que c'est pas grave, que ça va venir, et tu enchaînes les campagnes de merde à 20 € en attendant que le vent tourne, considérant que bon, pour l'instant, il n'y a QUE de petites campagnes, qu'il faut faire avec en attendant les grosses.

Sauf que la campagne décemment payée, elle n'arrive jamais.

Pis un beau jour tu apprends ce truc inouï qu'on s'est bien gardé de te dire : pendant que toi tu tapes dans le billet à 20 €, d'autres blogueurs touchent 400 € pour le même boulot. Sans déconner ouais, pour faire strictement la même chose. Alors que bon, c'est pas comme si l'un avait un doctorat ès blog tandis que l'autre aurait queuté son BEPC option blog... car en l'occurence, les qualités rédactionnelles, Ebuzzing s'en tamponne le coquillard.

Donc moi, je veux bien admettre que certains blogs ont une affluence qui n'a rien à voir avec la fréquentation des petits blogs, mais j'ai quand même tendance à trouver la disproportion un rien gênante : quand je vois un blogueur dit influent bacler quelques lignes et empocher un chèque à trois zéros, pendant que d'autres blogueurs moins réputés se crèvent le cul à te pondre un vrai bon article, pour avoir au final tout juste de quoi se payer trois paquets de clope (oui je sais, ils ont qu'à pas fumer mais bon...), ben je me dis que ça ressemble vaguement à du foutage de gueule. Surtout quand on tient compte de la façon dont sont présentées les choses.

Bon, petite parenthèse avant qu'un tocard ne vienne me dire que bouhou, chuis qu'une vilaine jalouse qui la ramène parce qu'elle a jamais eu que des campagnes à 10 euros, sachez, pour votre gouvernante (oui je sais, en vrai on dit pas "gouvernante"... qu'y puis-je si nous n'avons pas les mêmes références cinématographiques) que j'ai eu l'occasion de taper dans les campagnes pas trop mal payées et alors que bon, c'est pas la peine de vous époumonner à essayer de me rabattre le caquet.

Donc voilà, ça c'était la phase 1 du processus Ebuzzing : je te fais croire que tu vaux beaucoup et que tu seras bien payé sauf qu'au final, tu bosses pour des clous.

"Mais qu'est-ce qui cause ce courroux ?", te demandes-tu, sage lecteur, qui mieux que quiconque commence à me connaître.

Non, je n'ai pas mes règles (je ne suis pas enceinte non plus, rassurez-vous mes choupinous). Je ne suis donc pas remontée injustement contre Ebuzzing. Attends un peu la suite, tu vas comprendre...

2. Le paiement (ou comment abuser de ta bonne volonté pour te payer le plus tard possible voire te faire oublier que tu as un compte à solder)

Alors à la base, cela fonctionne comme ceci :

Une fois que tu as cumulé 100 € sur ton compte Ebuzzing, tu peux demander ton paiement. Au bout de 30 jours. Ajoute à cela 45 jours entre ta demande de paiement et le versement et ainsi, au bout de deux mois et demi, tu reçois enfin ta thune. Alleluïa moi j'dis.

Cela signifie que si t'as fait deux ou trois campagnes payées entre 10 et 30 €, ben t'as pas le compte pour être payé. Et que ta thune, elle reste bloquée chez Ebuzzing jusqu'à ce que tu te décides à atteindre les cent euros fatidiques ou plus simplement, à y renoncer parce qu'après tout, c'est rien que quelques dizaines d'euros.

Pis bon, si t'as atteint ton quota, petit veinard va, t'as plus qu'à attendre deux mois et demi pour qu'on te verse ton fric, soit le temps d'avoir deux voire trois fois ses règles pour une fille, c'est dire si ça peut faire long.

Donc ça, c'était avant. Avant, pour résumer, fallait être persévérant et très très patient pout palper enfin ta thune.

Pis un beau jour, Ebuzzing a annoncé très solennellement à ses blogueurs que désormais, pour pouvoir continuer à participer à leurs campagnes, il fallait obligatoirement adopter le statut d'auto-entrepreneur. Comme ça ouais. A croire qu'instaurer ce truc, ça leur a pris un peu comme une envie de chier.

Je te dis pas comme les gens ont fait la gueule. Parce que bah oui, dans le lot, y avait un paquet de blogueurs qui faisaient une campagne de temps en temps, rien de régulier ni d'assez lucratif pour justifier l'adoption d'un tel statut. D'autant qu'on s'est tous mis à se demander si le mois suivant, Ebay n'allait pas se mettre aussi à nous demander de nous mettre en auto-entrepreneur pour pouvoir revendre nos vieilles fringues deux fois dans l'année, ou si on ne devait pas nous-même exiger de la baby-sitter de 19 ans qu'elle n'adopte ce statut afin de pouvoir continuer à lui filer 20 € tous les quinze jours. Parce que ben ouais, à entendre Ebuzzing, c'était désormais crucial d'adhérer à ce statut pour gagner trois francs six sous chez eux, alors autant dire qu'on était en droit de se poser la question pour toutes les autres activités qui rapportent pas-rien-mais-presque et que l'on a l'occasion de mener ponctuellement. Mais Ebuzzing, ranafout', c'était clairement ça ou rien.

Alors tout le monde s'est mis à cogiter sec là-dessus. Rapport au fait que dans le genre "démerdez-vous", Ebuzzing ils te disaient qu'être auto-entrepreneur, c'était rudement facile et super chouette, sans être pour autant foutu de t'informer plus que ça sur la question.

Alors les blogueurs ont discuté, échangé, fréquenté les forums, FAQ et sites spécialisés, ont entamé les démarches, se sont vus attribuer un numéro SIRET assez vite pour certains, quant aux autres, plusieurs mois après, ils attendent encore des nouvelles de leur foutu dossier. Moi par exemple, j'ai cru sur parole le mec très sympa de chez Ebuzzing (oui, chez Ebuzzing ils te prennent pour un con tout en restant sympa, faut leur laisser cela...) qui m'a dit que c'était super facile et très pratique de devenir auto-entrepreneur et j'ai fait toutes les démarches : je fais quoi maintenant, je lui dis que trois mois après j'ai toujours pas de nouvelles de mon putain de dossier ? Je lui pète les dents ? Ou bien...?

Bref, Ebuzzing qui n'a honte de rien a laissé tous ces braves gens s'embarquer dans cette paperasse pour finir par entamer la phase 3 :

3. Ebuzzing prend clairement les blogueurs pour des cons

Finalement, après que tout le monde se soit bien fait chier à faxer, envoyer, mailer des documents pour boucler ce foutu dossier d'auto-entrepreneur, Ebuzzing a osé un coup de théâtre qui se résume à ceci : "Salut bande de gnous, finalement plus besoin d'être auto-entrepreneurs, hahahaha !".

Et ceci n'est pas un gag.

Mais attends, tu crois que c'est la chute de l'histoire ? Naaaaaan, attends un peu.

4. Ebuzzing n'a décidément honte de rien :

Et j'ajouterais en guise de sous-titre : "et c'est à se demander comment des blogueurs peuvent encore accepter de bosser avec eux" (faut vraiment qu'ils crèvent de faim) (ou qu'ils soient masochistes et aiment se faire prendre pour des buses). Après avoir annoncer que le statut d'auto-entrepreneur passait de fondamentalement indispensable, crucial, inévitable, genre si tu l'as pas tu meurs, à parfaitement inutile (cherche pas à comprendre), Ebuzzing a gentiment annoncé ceci :

"Rassurez-vous petits blogueurs, nous allons vous envoyer vos paiements ! Pour ceux qui n'ont pas adhéré au statut auto-entrepreneur (rappel : ce statut qui sert en l'occurrence à que dalle et qu'on n'est pas forcé d'adopter), les paiements seront échelonnés entre le 15 septembre et le 15 décembre".

Qu'ai-je envie de répondre à cela si ce n'est : KAMOULOX !

La vérité, Ebuzzing, ils nous font un remake des Rois du Gag. Sauf que pour le coup, on rit jaune.

Genre pour ma part, j'ai 200 € bloqués chez eux. Ouais ça va quoi, c'est "que" 200 €. Mais crois-moi, mes 200 €, je saurai quoi en faire, te fais pas de souci pour ça. Et bref, 200 € correspondant à un article rédigé en janvier 2009. Ouais, janvier. Donc si tu fais le calcul, ces gens censés être des professionnels mettent rien qu'une année à payer leurs prestataires. C'est quoi déjà l'expression pour qualifier ça... foutage de gueule, c'est ça ?

Bref, prions pour que les partenaires d'Ebuzzing gèrent mieux leur exaspération et leur consternation que moi, ce serait rudement dommage qu'un méchant buzz ne vienne accabler le sacro-saint foyer du billet sponsorisé. Et puis surtout, croisons les doigts pour que les blogueurs soient aussi cons que ce qu'Ebuzzing à l'air de le croire : s'agirait pas que les blogueurs se mettent à s'intéresser d'un peu trop près au code du commerce et à devenir procéduriers...

Ceci dit, une question me taraude : pour toucher nos intérêts sur les sommes payées hors délais, on devra se déclarer en auto-entrepreneur ou pas ?

Posté par _eve_ à 14:17 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [50] - Permalien [#]
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mercredi 17 juin 2009

Vous avez fini de vous foutre de ma gueule ?!

evildog

Dis lecteur, ça t'arrive à toi d'avoir le vague sentiment que chez toi, dans ton home sweet home, les adorés qui composent ton foyer ont parfois méchamment tendance à se foutre de ta gueule ?

Moi, ça m'arrive tout le temps ça, d'avoir l'impression d'être prise pour une buse par ma propre tribu...

Mes gosses par exemple, mes propres enfants, la chair de ma chair, ben disons que me prendre pour une conne, c'est un peu leur raison de vivre. Et prendre leur gentille maman pour une conne, on dirait même que ça les fait encore plus kiffer que de lui foutre la honte en public, c'est dire.

Par exemple tiens, ce matin, j'ai lavé ma terrasse avec tellement de soin que la famille Van de Kamp aurait pu venir y pique-niquer, même qu'on aurait mangé par terre avec les doigts tellement c'était propre. Ben une heure après, mon fils a jugé bon de remplir une bassine avec l'eau des jardinières. Genre bien crade la flotte hein. Et une fois qu'il a eu rempli son fond de bassine d'eau bien crasseuse, il a plongé dedans et il m'en a foutu partout. Ca, c'était juste après avoir pissé dans la remorque de son tricycle et y avoir baigné son troupeau de diplodocus en plastique. Mignon, n'est-il pas ?

Et sa frangine, pas plus tard que la semaine dernière, elle a ruiné ma salle de bains. Mais quand je te dis ruiné, c'est ruiné hein. J'ai cru que la maison s'écroulait mais en fait non, c'était juste mon étagère de salle de bain qui s'écroulait, avec tout ce qui s'y trouvait. Résultat : tous les pots en céramique pétés, tout le maquillage bousillé (bah oui, sache que quand tu fais tomber des fards compacts par terre, ça se casse et c'est tout niqué), les flacons de cosmétiques flingués... Et pour seule explication : "C'est pas ma faute, je faisais que regarder tes affaires". Eh ouais, parce que comme si ça suffisait pas de niquer mes affaires, ma môme elle croit qu'en plus, il est de ton de me prendre pour une conne en m'expliquant que par un simple regard et la seule force de l'esprit, elle a réussi à pulvériser la salle de bains. Je savais que j'aurais jamais, jamais dû la laisser regarder Carrie.

Et mon bébé choupinet qui sait pas encore marcher, tu crois qu'il a pas déjà pigé le concept du "je prends maman pour une conne et j'aime ça" ? Le môme, il attend précisément que je sois en train de bosser pour se mettre à hurler et à vouloir être pris dans les bras. Pis il attend que je me mette à table pour se réveiller de sa sieste et réclamer à bouffer et puis, évidemment, il attend que je dorme pour ne plus dormir, le brave petit.

Heureusement, pour relever le niveau au milieu de ces gosses indignes, il y a Manu, te dis-tu. Manu, le mec qui ruine une heure et demi de ménage en traversant l'appart dont le sol est mouillé avec ses Doc Martens crasseuses aux pieds et qui, pour sa défense, précise seulement : "Attends, j'allais quand même pas enlever mes pompes sachant que je repars direct et qu'il m'aurait bien fallu trois minutes rien que pour virer les lacets". Trois minutes. Contre une heure et demi de briquage de sol. C'est pas du putain de foutage de gueule ça ??!!

Bref, comme tu l'as compris, tout le monde sous mon propre toit, j'ai bien dit tout le monde, s'emploie à se foutre de ma gueule et à me prendre pour une abrutie.

Par chance, il reste mon chien. Ma brave petite bestiole qui ressemble à la progéniture d'une chauve-souris gang banguée par des Gremlins. Eh bien ma petite chienne, j'ai fini par considérer que c'était le dernier être raisonnable doté d'un sens du respect dans cette foutue baraque, aussi me suis-je mise à lui vouer une reconnaissance sans fin pour tant de compréhension et de respect à mon égard.

Alors voilà, je croyais dur comme fer en la loyauté et la considération de mon clébard, seul être ayant un peu d'estime pour moi dans mon foyer. Et puis la semaine dernière, on a fait opérer la pauvre petite bête. Stérilisée vois-tu, histoire qu'elle ne mette pas au monde d'autre bébés Gremlins canins (quoique, ça pourrait être marrant si les bâtards moches se mettaient à avoir le dessus sur tous ces jolis chiens de race). Et accessoirement, pour qu'elle ne se fasse pas tringler par le chien pervers de ma cousine pendant toutes les vacances d'été (t'imagines le beau spectacle pour les mômes ? "Maman, ils font quoi les chiens ? Et pourquoi lui il a le zizi tout rouge ?"). Donc bref, on l'a faite stérilisée. Même qu'elle est rentrée de cette opération toute traumatisée, comme si on l'abandonnait aux mains des nazis pour expérimenter la conception d'un chien mutant exterminateur. Alors on a pris grand soin d'elle, la pauvre bête.

Quand elle a pissé sur notre lit, ben on a rien dit. Rapport aux problèmes d'incontincence que peut engendrer l'anasthésie et tutti quanti. Et quand elle a pissé pour la cinquième fois sur le lit, ben on a toujours rien dit, vu qu'elle devait souffrir, la pauvre.

Et le truc, c'est que de jour en jour, ma petite bestiole dépérissait à vue d'oeil : elle ne mangeait plus, ne buvait plus, n'était plus capable de marcher, restait prostrée dans un coin toute la journée en gémissant. Même que j'ai crû qu'elle allait crever quoi !! Alors on a fait de notre mieux pour qu'elle crève pas : on l'alimentait en lui donnant des bouts de bavette d'aloyau directement dans la gueule, on la portait pour qu'elle n'ait pas d'effort à faire... la totale quoi ! Mais rien à faire, le chien continuait à se laisser mourir.

Merde quoi.

Alors on l'a amenée à nouveau chez le véto en se disant que ce naze, il avait du rater son intervention et bousiller le dedans de notre petit chien. Manu il a porté la petite bestiole quasi morte dans une couverture, s'est tapé une heure de route pour aller chez le véto, et en arrivant... ben crois-le ou non... la chienne a sauté hors de la voiture comme un cabri et s'est mise à faire la fête à tout le monde. Le véto, il a dit que tout allait bien. Mais de retour à la maison, re-belotte, la chienne s'est mise à faire la morte et à pousser des râles d'agonie.

Ma belle-mère, qui a une grande expérience des clébards et qui a presque pleuré en voyant mon chien soit disant mourrant,  elle a appelé un comportementaliste et lui a fait un petit topos. Le gars, il y a dit ceci : que la chienne, ça devait être une sacrée comédienne. Qu'elle avait tant et si bien pigé qu'étant fébrile, on était aux petits soins avec elle et qu'on l'autorisait même à faire des conneries, que du coup, elle se gênait pas pour nous faire tourner en bourrique, pour pisser partout au lieu d'attendre l'heure de la promenade, se faire nourrir de viande premier choix comme un oisillon, et j'en passe.

T'imagines, ce chien, c'est le démon !

Bref, pour conclure : même mon chien me prend pour une conne.

Sur ce, je cours me suicider aux Frolic.

lundi 15 juin 2009

Qui aime bien châtie bien (adage vieux comme le monde mais toujours d'actualité, faces de pets)

Nan sérieux, vous savez que je vous aime bien et tout et tout (enfin pas tant que ça mais bon) mais s'il vous plaît amis lecteurs, de grâce... vous voulez pas faire un effort, bordel de couilles ?!!!!

Paraîtrait que je suis vilaine avec Manu. Ouais, paraîtrait. C'est des commentateurs qui me l'ont dit. Paraîtrait que je me moque et tout ça.

Han ouais, sans blague ? Moi me moquer ?!! Naaaaaaan, c'est pas mon genre...

Mais bon, je me méfie, y aurait des projets de création de collectif en soutien à Manu le keupon dans l'air que ça m'étonnerait pas.

Bon alors, de deux choses l'une :

- Dis lecteur, t'as trouvé ça tout seul que je me moquais des gens ? Ben ouais je me moque. Et entre nous, c'est pas franchement nouveau. Pis bon, je ne me moque pas seulement des gens que je déteste (ne tombons pas dans la facilité) mais aussi et surtout des gens que j'aime. Regarde c'te pauv' blonde que j'arrête pas de traiter de sale hippie de merde depuis que je la connais, la Pétasse à qui je fais croire les pires horreurs en matière d'enfantement, la Peste que je fais passer pour Candide quand elle passe dans un tunnel ou devant une éolienne... Pis tiens, pas plus tard que ce week-end, j'ai reçu des tas de gens chez moi (ouais, on a fêté mes 18 ans, je te raconterai si t'es sage et si t'acceptes de devenir un peu plus futé) à qui j'ai fait moults compliments : entre ma copine fashionista que j'ai traitée de pouffe lookée comme une pute du bois de Boulogne toute la soirée (la pauvre ne porte pas le léopard aussi bien que moi), ma pote qui est une groupie refoulée et à qui j'ai pas arrêté de dire "ta gueule sale groupie" dès qu'elle ouvrait la bouche, mes amis de moins de 20 ans que j'ai traités de post puceaux pas encore secs derrière les oreilles toute la soirée et le Coach, ah ben je t'en parle pas du Coach, lui et moi ce sera le jour où on arrêtera de s'insulter et de s'humilier mutuellement qu'il faudra se poser des questions quant à notre amitié (faut savoir que ce con m'a tout de même offert un rideau de douche d'occas' avec des poissons et des coquillages bleus turquoise dessus, le tout emballé dans du papier aluminium en guise de papier cadeau).
Et Manu, ben ouais Manu. C'est plutôt bon signe que je me foute de sa gueule car crois-moi, si je ne le faisais pas, ce serait signe d'une indifférence certaine à son égard et ça voudrait dire que je l'aime un peu mais sans plus, ce qui est bien mais pas top. Donc OUI je me fous de la gueule de mon mec, mais putain, encore heureux !

- Pis bon, air de rien, le Manu il me le rend bien. Normal quoi. Et je te prie de croire que s'il avait un blog, ça casserait de la Eve et pas qu'un peu hein (oui bon, il a pas de blog par pure fainéantise, mais il envisage de participer indirectement à mon blog via la chronique "Manu m'a dit de vous dire". A suivre...). Tiens, pas plus tard qu'hier, j'ai fait du pain. Oui les gueux, je fais mon propre pain et je vous merde. Et bon, au lieu de faire une bonne vieille baguette traditionnelle, j'ai tenté une variante et quand j'ai sorti ladite variante du four, Manu il a regardé ça attentivement et il m'a dit que ça ressemblait à du Tricatel. Du Tricatel, rien que ça ouais. Sympa quoi. Et quand on sort, ah ben v'là comme il se fout de ma gueule "Youhou, je vais au restau avec la meuf de Happy Days !", "Purée cool, je me tape Olivia Newton John... Hé Olivia, y a des gens qui te matent, ils doivent croire que tu vas à une soirée déguisée". Mignon ouais. Ou le soir, quand je lui demande de me dire un truc gentil (genre "I will always love you ouh ouh ouh") et qu'il me répond "Bonne nuit", c'est passe foutre de ma gueule hein ? Et je te passe d'autres phrases collector du genre "Je peux pas t'épouser, t'es trop pauvre" ou "t'es belle avec tes grands ongles, on dirait une actrice porno". Bref, Manu il me cartonne sévère. Et là encore, je trouve ça plutôt rassurant. Car voyez-vous, ça prouve qu'on sait rire NOUS, pas comme certains, tsss....

Donc voilà, mode d'emploi à l'usage des lecteurs qui sont mignons mais qui sont de tout p'tits bretons : si j'aimais pas mon mec drôlement fort, ben même pas j'en parlerai sur ce blog. Je me contenterais de faire comme s'il n'existait pas (et comme dirait ce bon vieux Joe Dassin : "Et si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existerais ?"), ce serait beaucoup plus commode que d'admettre que je me farcis un tocard. Or, le fait est que je l'aime comme une foufoute (avis au cinéphiles : j'offre un sac banane Ricard à qui trouvera la référence ciné hautement culturelle). Eh oui bande de gnous, vous peinez donc à comprendre que quand je vous narre les dernières bourdes en date de Manu, c'est un peu ma façon de montrer aux gens que je l'aime. Comme une foufoute ouais. Oh putain qu'c'est beau, limite j'en pleurerais si j'avais un coeur.

Alors pour te rassurer lecteur, je m'en vais te dire à quel point on s'aime Manu et moi.

Je lui perce les points noirs dans le dos et il vide mon seau de vomi quand j'ai la gastro. Je lui amène du papier WC quand il fait popo et qu'il s'aperçoit qu'y a plus de PQ aux chiottes et lui, il va à ma place à la pharmacie pour m'acheter ma petite pommade anti-hémorroïdes. Quand il a une toux grasse, je lui apporte des mouchoirs pour qu'il crache dedans et quand j'ai les cheveux gras, il me caresse la tête quand même. Je fais semblant de pas remarquer que ses chaussettes puent et il fait semblant de ne pas noter que mon épilation du maillot laisse à désirer.

Alors FRANCHEMENT, si c'est pas de l'amour fou ça, qu'est-ce donc, je vous le demande ?!!

Sur ce mes petits choux, je vous laisse méditer car moi j'ai un paquet de choses à finir. Notamment faire des yaourts en espérant qu'ils ne seront pas qualifiés par mon cher et tendre de bouffe Tricatel.

Edit : Paraît qu'y a des gens qui ont un problème avec mes lecteurs automatiques. A ces gens-là j'ai envie de conseiller une solution très efficace : la touche off du haut parleur.


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