21 mai 2008
La vérité sort de la bouche des enfants (et les conneries aussi)
"La vérité sort de la bouche des enfants". Tu penses, c'est pas moi qui ai inventé l'expression. Êt n'empêche que le gars qui l'a inventée, il pouvait pas mieux dire. Parce que les gosses ne cesseront définitivement jamais de m'épater de par ce qu'ils sont capables de débiter en terme de vérités à ne pas dire. Ayant moi-même un spécimen femelle du genre à la langue fichtrement bien pendue, j'ai régulièrement droit à des exemples confirmant nettement ladite expression et, accesoirement, me foutant un rien dans l'embarras, mais ça on s'en fout (non, en fait on s'en fout pas, parce que c'est précisément ça qui te fait rire).
Déjà ma môme, elle a, comme tous les gosses, l'art de dire tout haut ce que personne n'ose te dire. Par exemple, le matin... Dans l'ordre, ça donne ça : les gosses à peine réveillés foutent le bordel dans leur lit dans l'attente du feu vert pour débouler dans notre chambre. Vive les réveils en fanfare. Eve râle, ouvre les yeux, gueule, s'étire, demande aux gosses de la fermer, repousse la couette, fait un bisou à Manu qui dit rien (j'insiste sur le "qui dit rien", c'est important pour la suite) et va chercher les gosses avant qu'ils ne déboulent en trombe dans le lit de maman. Eve se recouche, et là, c'est l'heure des papouilles et du bordel dans le pieu, bref, tu sais ce que c'est si t'as des gosses. Et là, la gosse embrasse sa "gentille petite maman" (oui oui, c'est comme ça qu'elle m'appelle... c'est meuuuugnon je sais !) avant de lui demander : "Maman, ça sent quoi dans ta bouche le matin ?". Et là, c'est le drame. Qu'est-ce que tu veux répondre à ça ? Que ça sent le ras crevé ? Ben non, tu fermes juste ta bouche et tu files de karcheriser les dents au Colgate et en te regardant dans le miroir, tu te poses la question fatidique : est-ce que l'homme qui partage ton lit et ta vie, celui aux yeux duquel tu es censé être en toute circonstance la fille la plus bandante que la terre ait connu, est-ce que ce brave homme est encore tellement endormi qu'il n'a pas remarqué à quel point "ça sent dans ta bouche le matin" ou est-ce qu'il a tout simplement eu la politesse de ne jamais t'en parler, subisant tes roulages de pelle qui puent de bon matin depuis des mois entiers ? Ouais je sais, à sept heures du mat', c'est une sacrée remise en question de ton sex appeal ça...
Autre exemple. Je t'ai déjà parlé des méfaits de la grossesse sur le corps ou de comment l'allaitement fait fondre tes seins aussi vite que Garcimore fait disparaître ses perruches. Moi-même, j'y ai pas coupé et après l'allaitement du deuxième marmot, il ne me restait plus qu'un vague vestige de mes nibards, bien loin du généreux 90C que ma môme avait connu jadis. Mais quand je posais la question à mon entourage, tout le monde s'efforçait de me ménager (de peur de me faire pleurer). "Ils sont tout rikiki mes seins, non ? " "- Naaaan, t'as un peu perdu mais ça va quoi !" / "Tu trouves pas que j'ai perdu des seins ?" "- T'es sûre ? Parce que moi, j'ai rien remarqué.". Ca, c'était la version officielle, la version des grandes personnes. A laquelle j'avais fini par croire, conne comme je suis, tellement ils avaient bien bossé sur l'art du ménagement de jeunes mères irritables et pseudo-dépressives. Jusqu'au jour où, une fois encore, ma fille s'est chargée de me ramener à la réalité... Dans le bain, perdue dans la mousse, je la vois me mater d'un oeil et se décider à me demander : "Dis maman, tu te rappelles de l'époque où t'avais des gougouttes ?". Comprenez qu'au moment précis où la môme a fait ce constat, elle considérait que des gougouttes (oui je sais, c'est rigolo "gougoutte", et c'est comme ça qu'on dit chez nous. pas la peine de te moquer, je suis sûre que toi t'as dit "bistouquette" jusqu'à tes douze ans.), y en avait plus du tout, qu'elles avaient disaparu, qu'elles n'étaient plus qu'un lointain souvenir. bref, c'est à ce moment-là que j'ai compris que j'appartenais désormais à la race des filles à petits mini seins. Et que j'ai pleuré.
Et puis depuis peu, son truc à la gosse, c'est de te raconter les trucs pas racontables qui se passent chez les autres. Et ça, crois-moi, c'est pire. Même que des fois, tu sais pas où te foutre ni quoi répondre, surtout quand la gosse te balance ça à table, au beau milieu d'un repas de famille ou devant tous tes potes...
Ma gosse a quatre ans et a évidemment été coachée sur tout un tas de sujets comme la pudeur et le fait d'être seul à décider de son corps (déconne pas, avec toutes ces crevures de pédophiles qui se balladent sur ce blog ou ailleurs, faut ce qu'il faut hein) et forcément, elle est à l'âge où elle se pose des questions sur ce qui différencie le corps des filles de celui des garçons, celui des enfants de celui des adultes et tutti quanti. Alors un jour, la gosse s'interroge :
"Maman, est-ce que t'as des poils toi ?
- Euhhh ben oui, comme toutes les grandes filles d'ailleurs, comme toutes les dames quoi.
- Ah non. Pas Tata.
- Bien sûr que si, tata aussi a des poils puisque c'est une grande fille.
- Non, moi j'ai vu dans son bain, elle a aucun poil à sa charlotte (je sais, "charlotte" c'est aussi ridicule que "gougoutte", mais toujours moins naze que "zézette"), vraiment aucun."
Voilà comment ma môme nous a révélé, sans qu'on lui demande rien, que ma propre soeur était adepte de l'épilation intégrale.
Et puis la dernière en date de ma gosse qui parle trop, elle vaut le coup aussi. La v'là qui sort de ma chambre où elle adore fouiller avec ces coussinets en plastique qu'on met au fond des chaussures pour amortir les chocs. Si t'es une fille, tu connais forcément ces coussinets magiques qui te permettent de faire du shopping all day long sans te choper d'ampoule, de danser jusqu'au bout de la nuit sans risquer un oeil de perdrix (woh putain, j'ai fait une rime !) et puis, pour les filles comme moi, pour les handicapées des pieds qui ne savent marcher qu'avec des dr Martens ou des Converse, ça te permet de te la péter vraie fille une fois de temps en temps en limitant les souffrances lorsque tu décides de faire péter les escarpins à talons. Et bref, concrêtement, ça ressemble à deux coussinets en plastique souple translucide. Et la gosse, elle se pointe avec ça et elle me demande : "Toi non plus t'as pas de gougouttes ??
- Hein quoi ????
- Ben toi aussi tu fais croire que t'as des grosses gougouttes alors que tes tiennes elles sont toutes minus' ?
- heu, non ma poule, tu fais erreur, les miennes elles sont pas très grosses mais bon depuis le temps j'assume ça c'est des coussinets qu'on met au fond des chaussures pour ne pas avoir mal aux pieds. viens là, je vais te montrer (démonstration).
- Ah, ouais. Ben toi tu les mets dans tes chaussures mais Emilie elle les met dans ses soutien-gorge parce qu'elle a pas du tout de gougouttes, et comme ça après, on croit qu'elle en a des grosses mais en fait c'est pas vrai, en vérité elles sont toutes minus'."
Alors comme ça, la nouvelle femme de son père rembourre ses soutien-gorges avec des coussinets en silicone... huhuhu...!!!
Bon bref, tu l'auras compris, faut toujours se méfier des gosses, faut bien se dire que rien ne leur échappe et qu'ils ont pas pigé le concept du racontable/pas racontable. Sur ce, je file mettre mes semelles dans mon balconnet pour voir si effectivement, c'est susceptible de me donner une illusion de gros seins.
13 mars 2008
Tattoo compris mon p'tit...!
Moi, devant le PC à glander. La poulette, assise sur le canapé l'air contrarié, concentrée sur un étrange rituel non encore connu à ce jour et qui consiste, vraisemblablement, en une inspection minutieuse de chaque partie de son corps. Genre, je découvre subitement que j'ai des jambes et des bras et je trouve ça génial. Elle lève la manche droite de son pull, inspecte son bras et soupire. Puis la manche gauche, observation du bras gauche et soupir. Idem pour les jambes, le ventre, les épaules, et soupirs accompagnés de grognements lors de l'inspection de ses épaules. Au bout d'un moment, quand même, j'ose poser la question :
"Euuuuh, ça va poulette ?
- Nan ! Pfffffffffff !!!... Pffff....
- Ben quoi, qu'est-ce qui va pas ??
- Pfffff rrrrhhhhô ! (onomatopée semblant suggérer l'exaspération doublée d'un mépris pour la mère indigne qui n'a même pas conscience du problème) Mais rôgarde un peu ! (me montrant ses bras puis son ventre).
- Euuuuuh oui... je regarde... je vois rien de spécial...
- Rhhhhô ! Mais COMMENT TU VEUX QUE J'FASSE MOI ???!!!!
- Bah... t'énerves pas hein, ça va, pas la peine de taper sur maman non plus... Mais... comment je veux que tu fasses quoi ??
- Comment tu veux que j'fasse ?! Chuis la seule dans cette maison que j'ai même pas d'tatouache !!!"
Voilà, ma gosse est une môme traumatisée et malheureuse car te rends-tu compte lecteur, moi, mauvaise mère, je n'ai même pas fait tatouer ma fille de quatre ans et, vraisemblablement, cela engendre chez elle une frustration non négligeable qui l'empêche de s'épanouir.
Alors j'ai expliqué à la môme le concept du
tatouage-oui-mais-quand-tu-s'ras-ado. Et comme toute vieille conne qui
se respecte, je me suis même sentie obligée de lui faire le topos que
je pensais ne pas avoir à sortir avant ses seize ans, à savoir qu'il
faut bien réfléchir, parce qu'après on risque de se retrouver avec un
tatouage bidon pour toute la vie, comme maman qui se ballade avec un cartoon moche vestige de ses seize ans dans le bas du dos... Et là la gosse, elle finit de m'achever définitivement en me disant ceci :
"Mais j'ai bien réfléchi. J'en veux un là (me montrant son poignet). Et je veux une Dora l'esploratriste."
Cherche pas, ma môme, c'est une grosse malade, une vraie gueudin comme dirait la Blonde (tu
sais, la blonde, c'est cette fille qui n'a pas fait l'amour depuis 27
jours et qui met des coques de chatte quand elle a ses règles... rho
putain comme j'balance !! Mais m'en veux pas la blonde, mon cadeau va
te faire oublier ces 27 tristes journées, si tu vois c'que j'veux
dire... et non, c'est pas un cunni de moi... mais c'est bien quand
même).
Et que tu sois blonde ou pas, toi le lecteur qui passe par là, clique sur la vidéo des Who et remercie-moi parce que les Who c'est cool.
07 mars 2008
Comment traumatiser un gosse sans le vouloir en 8 secondes
(Ca, c'est une photo de la Blonde quand elle était petite et que sa mère lui interdisait de regarder Mac Gyver)
Si y a un truc que j'aime bien faire, c'est répondre à une question conne par une question encore plus conne. Sur un ton sérieux et très solennel, évidemment, sans ça ce serait pas drôle. Quelques exemples :
* Moi en culotte moche et t-shirt Kiki (tu sais, c'est mon Kiki,
c'est lui le Kiki de tous les Kikis... si t'avais pas le 45 tours quand
t'étais môme, et le singe moche qui va avec, t'es vraiment trop trop
naze !), moins glamours que la nuisette en dentelle qui gratte, mais
tellement plus confortables, enlevant mes pantoufles. Limite, je baille
en sus...
"Tu vas te coucher ?
- Non, je vais tapiner. Mais j'hésite entre y aller pieds nus ou en pantoufles."
* Revenant des toilettes publiques après m'être certes un peu attardée pour éviter et laminer les hordes de monstres microscopiques que d'aucuns appellent microbes :
"Ben dis-donc t'en as mis du temps ! Qu'est-ce t'as foutu ?
-
Ben j'ai rencontré un mec qui m'a demandé de le branler vite fait et
comme il était sympa j'ai dit oui et après je me suis lavée les mains
et me voilà."
* Faisant la queue à la caisse de la Fnac avec un livre :
"T'achètes ce livre ?
- Non je le vole. Mais d'abord je passe devant la caissière avec le livre sous le bras juste parce que j'aime bien l'aventure."
* Devant la télé, matant le début d'un film déjà vu :
"Ah oui il est pas mal ce film !
- Tu l'as déjà vu ?
-
Non, jamais. Mais je suis en faveur de l'autosuggestion et je pense
qu'en disant tout haut que ce film est bien, on le trouvera tous bien
même si en vrai il est naze."
* Faisant un compliment sincère sur la tenue d'une copine (ce qui est rare ma foi) :
- Naaaan arrête elle me fait trop un gros cul ! Mais... ah bon toi tu trouves qu'elle me va bien ?
- Non. T'as raison, elle te fait un gros cul"
* Me pointant avec un trou immense dans mon pantalon neuf et le genou en sang (ben quoi, ça t'es jamais arrivé à toi d'essayer de marcher avec de vraies chaussures de filles sous la pluie et de pas soupçonner que ce type de chaussures soit nettement plus glissant que des semelles de Doc Martens ?!) :
"T'es tombée.
- Non, du tout. Mais ce pantalon de tailleur, je le trouve tellement plus cool dans sa version destroy... Et mon genou aussi d'ailleurs."
(note : oui tu as bien lu, "pantalon de tailleur"... fut un temps où
j'essayais de m'habiller comme une madame... Mais j'y ai renoncé le
jour de mon accident de chaussures Minelli sous la pluie, voilà. Ce qui
est une bonne chose quand j'y pense)
Bref, quand tu émets ce genre de réponse à un adulte d'une intelligence moyenne, il pige évidemment que tu le chambres et il comprend qu'il vient de poser une question inutile et de te donner sans le vouloir une aubaine supplémentaire de faire valoir ton talent pour le sarcasme (et, accessoirement, pour l'emploi d'expressions vulgaaaaaires qui f'raient honte à ta mèèèèère). En revanche, je viens de découvrir un truc (oui je sais, je suis longue à la détente pour découvrir certains trucs mais bon...) : il ne faut jamais, mais alors JAMAIS s'aviser de répondre de la sorte à un enfant. Car en moins de dix secondes, tu peux traumatiser un môme à tout jamais. Déjà le môme, il est pas apte à faire le raisonnement suivant : réponse conne = question conne = la prochaine fois, j'évite de parler pour rien, et au passage je note que ma maman elle est super marrante des fois quand elle répond des bêtises. Nan, le gosse, il prend ta réponse au pied de la lettre. Exemple vécu ce jour :
Fin du repas. Je rassemble les assiettes et couverts sales et,
torchon sur l'épaule, m'empare de cette pile et direction la cuisine,
comme d'hab. N'importe quel être normalement constitué saurait en
déduire que je m'en vais faire la vaisselle (au moment où j'écris, mon
lave-vaisselle n'a pas encore été livré... mais au moment où tu me lis,
sûre que je suis en train de m'éclater avec les sels de rinçage et
toute la panoplie). Et là, la poulette demande :
"Mamaaaaaaan !!! Tu vas où ??
- ... (je ne réponds pas, je suis occupée à ne pas me casser la gueule avec la pile d'assiettes, douée comme je suis)
- MaaaaaaaMAAAAAAN !!! Tu vas où ???
-
Pfff... je m'en vais, je pars. Je vais vivre dans un pays où y a tout
le temps du soleil, parce que d'abord j'en ai marre de la pluie. Mai
t'inquiète pas je te laisse avec Manu, il s'occupera bien de toi."
La gosse réagit, certes. Mais pas comme je l'imaginais. Elle se marre pas du tout la gosse, même pas un rire jaune genre "elle déconne ou elle déconne pas". Non, au lieu de ça j'ai droit au regard de cocker tout embué, à la moue tremblotante qui précède une crise de larmes, et sur sa pauvre bouille, je devine une sorte de... détresse absolue :
"Nan, pars pas Maman, me laisse pas ! Ta maison c'est ici, c'est ici qu'on habite, me laisse pas, J'TE VEUUUUUX !!
-
Euh... non mais euh... calme-toi poulette... ah merde tu pleures...
mais tu sais, maman c'est rien qu'une sacrée déconneuse hein, c'était
pas pour de vrai, c'était pour du rire ! Maman elle va juste faire la
vaisselle tu vois, et pis Maman elle te laissera jamais, elle te
gardera toute la vie (comme Tanguy)."
C'est un fait : je suis un bourreau d'enfants malgré moi.
Edit : J'ai pas trouvé de vidéo rock appropriée pour illustrer ce billet qui est, avoue-le, tellement drôle qu'il n'a nul besoin d'illustration, et ce pour la bonne et simple raison que je n'en ai ni le courage ni l'envie, étant plus pressée d'aller lire la BD que mon namoureux m'a achetée (Les Petites Vicieuses, ça c'est du titre cochon ou je m'y connais pas) que de satisfaire des lecteurs chiants qui, de toute façon, peuvent toujours se rabattre sur les anciennes vidéos qui sont toutes géniales sans exception (et je m'en tamponne que ma phrase soit indigeste étant donné qu'elle fait rien que quatre lignes et que je n'ai pas non plus le courage de me relire).
20 février 2008
Les dinosaures prennent le goûter, rien ne va plus
Moi, je suis égocentrique au point d'adorer commencer mes billets par "moi je" fais partie de ces mamans qui adorent jouer avec leurs enfants. Bon, là tu vas me dire que FORCEMENT, une maman ça aime faire joujou avec son môme, que c'est un truc inné. Ben non, moi j'te l'dis. Je connais des parents que ça emmerde, et je vais pas leur jeter la pierre. Parce que quand t'es adulte, tu trouves pas forcément ça jouissif de te faire un énième remake de Jurassic Park avec des dinosaures en plastique, et je trouve pas ça anormal que des parents préfèrent apprendre à leurs enfants l'art de s'amuser tout seul comme un con sur une vieille couverture plutôt que de partager des moments ludiques avec eux. Chacun son truc, en somme. Et dans mon cas, bien que je sois parfois fatiguée de jouer encore et toujours à la dinette-qui-fait-peur (faut dire que ma poulette fonctionne par périodes... du coup en ce moment, quand on joue au restaurant, elle ne sert QUE de la ratatouille... Et si t'as le malheur de demander autre chose que de la ratatouille, elle t'agresse genre : "Naaaaaaaaaan !!! Madame, tu m'écoutes oui ou non ?!! J't'ai déjà dit que j'avais pas de purée-euh !! J'ai que de la ratatouilleuh !!" "Euh ok Madame la restauratrice, j'ai bien compris, vous pouvez peut-être arrêter de pointer votre couteau en plastique dans ma direction maintenant..."), dans l'ensemble, ça m'éclate totalement de jouer avec ma gosse. A vrai dire, je me la jraconte maman dévouée qui prend sur elle et s'oblige à partager les jeux de sa fille rien que pour lui faire plaisir mais, en vrai de vrai, jouer aux Playmobils ou aux dinosaures... c'est trop cooooooooooooool !!
Sauf qu'y a un tout petit problème qui réside dans une sorte de décalage entre la gosse et moi. Pour résumer, on n'a pas franchement la même conception des jeux, dans l'ensemble, et on a du mal à s'accorder sur les scenari. Par exemple, notre jeu préféré, à l'une comme à l'autre, c'est les dinosaures. On déballe le troupeau de dinosaures et c'est parti... Ouaich... C'est parti vite fait quoi, parce que dès le début, ça merde...
"Bon ma poule, Maman prend les méchants et toi tu prends les gentils. Le T-Rex qui crie pour de vrai, c'est pour moi... Les diplodocus, c'est pour toi...
- Naaaaan, j'veux pas !!
- Bon ok, j'te laisse les carnivores... Refile-moi le troupeau de diplodocus.
- Naaaaan c'est pas comme ça qu'on fait ! Tu sais pas toi !!
- Ah bon..? Ben on fait comment alors...
- Déjà, on doit refaire les familles.
- Gné ?!!
- Le bébé tricératops il va avec la maman tricératops...".
Et là, la môme s'applique à réunir par petit groupe tous les dinosaures de la même espèce (elle a l'oeil cette petite... elle finira peut-être paléontologue, va savoir). Une fois que les "familles" sont reconstituées, elle daigne m'en accorder une ou deux.
"Tiens maman, toi tu prends eux.
- Ok, cool. Bon, ayé, on peut commencer ??
- Oui !
- (Grosse voix censée faire peur) GRRRRRRRRrrrrrrrrr !! Salut les herbivores ! On est la famille Alosaures !! Alors, on fait moins les malignes hein les filles ! On bronche pas hein devant des supers carnivores de la mort comme nous ! Faites gaffe bande de bouffeurs de fougère, on va vous faire la peau, vous êtes cuits !"
Et au moment où mes dinosaures tueurs sont censés attaquer :
"NAAAAAAAAAAAAAAAN ! Maman, t'as rien compris ! tu sais pas jouer toi !
- Hein quoi ?! Mais bien sur que si je sais jouer ! Ils font quoi là tes dinosaures tout nazes, ils ont peur d'affronter mes tueurs ou quoi ?!!
- Nan c'est pas comme ça euh !! Les dinosaures, d'abord ils vont tous prendre le goûter.
- Le... le quoi ?
- Le goûter ! Ils boivent le thé et ils prennent le goûter.
- Nan mais euh... on joue pas à Polly Pocket hein... tu déconnes là... tu veux faire une blague à maman, c'est ça hein...
- Les mamans dinosaures, elles amènent les bébés dinosaures au goûter. Les enfants y jouent et les mamans elles prennent le thé. Et après ils vont tous se baigner avec leurs amis dans la rivière."
Et voilà comment le combat extrême et sanglant entre dinosaures se termine en vulgaire garden party préhistorique. Et quand la gosse est en forme, devine qui se pointe en guest star au goûter du cétacé ? j'te l'donne en mille : Dora et son con de Babouche ! Même que les dinosaures ont gardé du thé au chaud pour Dora et que son singe au nom stupide adore sauter dans la rivière avec les bébés brachiosaures.
Franchement, les gosses, ils savent plus s'amuser, j'te jure...
29 octobre 2007
Rock your babe !
S'il y a un sujet sur lequel je suis en conflit permanent avec le papa de mes bébés (bon ok, y en a plein mais y a surtout ce sujet-là), c'est ma tendance à faire déteindre sur eux mon côté rock'n'roll. En gros, il prétend que j'essaye de transformer les gosses en des sortes de mini-moi qui me ressembleraient, histoire de me la péter en ville avec des mini-clones au tempérament au moins aussi rock'n'roll que maman. Ben moi j'dis N'IM-PORTE-QUOI, bordel !! Je n'essaye pas d'en faire des clones ou des monstres de foire (Genre : "Regardez mon bébé qui ne sait pas marcher mais qui sait déjà fredonner le refrain de The Passenger d' Iggy and the Stooges ! Lala-lala-la-lala-la...!"... bien que ça, j'en sois pas peu fière), ni de les rendre par tous les moyens différents des autres gamins. parce qu'après tout, ils sont exactement comme les autres gosses à un détail prêt, et ce détail, j'te l'donne en mille, c'est qu'ils sont juste carrément mieux que les autres !!
(Sors toi les doigts du cul nez et clique pour me mater ça, et qu'ça saute !)
Ils font tous les trucs normaux que font des gosses normaux : maman les emmène au toboggan, leur fait des tartes et des crêpes, les emmène chez le libraire pour enfants et leur raconte des contes en changeant bien de voix à chaque personnage, leur fait faire de la peinture, des collages, et un tas d'autres jeux qui collent et qui tachent. Là dessus, ils ne manquent de rien. Et eux, en plus des autres mômes, ils baignent dans une ambiance tellement rock'n'roll qu'ils deviennent des gosses carrément exceptionnels, rien que ça ouais...
La poulette transforme sa table Ikea en scène, grimpe dessus, hurle un super " One Two Three four !" et saute dans les airs avant d'enchaîner des gestes de bassiste. C'est qu'elle a regardé attentivement les clips et concerts des Ramones et qu'elle sait comment il se comporte Dee Dee... Après Dee Dee, elle se transforme subitement en Joey, baisse la tête pour qu'on ne voie plus que ses cheveux, fait mine de se atenir loin du micro et fredonne Havana Affair en yaourt : "Pitibote naneunénou Havana ! Anounemèneninemènekikine bananas ! Nananeunanoneuninanèye, neuwè for the youèssèye ! Baby Baby baby loco ! Mémimémimémi mambo !". (Pour que tu te représentes mieux le truc, je te conseille t'ordonne de mater la vidéo de Havana Affair juste après).
A l'heure de la sieste, quand il s'agit de choisir un livre qu'elle est autorisée à feuilleter avant de s'endormir, elle opte aussi bien pour Dora l'exploratrice, Timioche le poisson qui racontait des histoires ou le livre illustré sur le CBGB (où elle reconnait les Ramones à chaque fois, tu penses). A la Fnac, après avoir dévalisé le rayon des livres pour enfants, on erre dans la section rock, empilant des disques et chopant au passage une borne d'écoute. Avec son gros casque sur les oreilles, elle écoute attentivement les disques que lui fait découvrir maman, des Jams aux New York Dolls, daignant parfois approcher le casque des oreilles de son petit frangin en lui disant "Ecoute ma saleté, c'est les Ramones !". Quant aux refrains récurents, ceux que maman affectionne particulièrement et qu'elle a tendance à passer en boucle pendant qu'elle fait la vaisselle (oui je sais, c'est agaçant. tous les hommes qui ont vécu avec moi me l'ont fait remarqué... "A quoi ça sert d'avoir plein de disques si t'écoutes toujours les mêmes !?"), et bien les gosses les connaissent eux aussi par coeur et secouent la tête aux premières notes d'une intro familière, avant d'enchaîner sur les choeurs. Mon préféré : quand bébé entonne le "wouhouhouhouhou !" qui précède le refrain et que sa soeur enchaîne "Smash it up smash it u-uup !" sur le tube des Damned (dont tu as évidemment intérêt à regarder le clip qui suit, car ce blog, bien que très axé sur le racontage de vie dont tout le monde se fout, a à l'origine pour objectif de faire ta culture musicale punk rockienne).
A l'école, en dehors des Converse noires, elle est pareille à toute autre gosse (en plus belle, tu t'en doutes), une vraie petite fille modèle un rien associable (ça, c'est son tempérament punk inné) dont seule la mère fait finalement tâche (et la mère elle s'en fout que les autres mamans ne viennent jamais lui parler, elles sont juste jalouses de ses collants léopard et de sa veste en vynile, à tous les coups). Si je voulais en faire un mini clone, un deuxième moi, je te prie de croire qu'elle irait à l'école toute de léopard vêtue, avec de grosses Creepers aux pieds et un badge "fuck off" sur le cartable, ce qui est, je te rassure, carrément loin d'être le cas. Ah oui, et puis quand il y a un concert pas trop bruyant à une heure décente, je ne manque pas de l'y emmener. Elle se prépare à y aller en sortant toute sa panoplie de badges et est toute fière de se faire épingler "Punk's not dead" ou "Sex pistols" sur sa petite robe à fleurs. Elle remplit son petit sac à têtes de morts de Playmobils avant de partir et déboule comme ça au premier rang, où on l'installe avec une grenadine, et qu'elle ne tarde pas à quitter pour monter sur scène avec le chanteur afin de se perdre dans une sorte de transe psychédélique ou d'éxécuter des sauts à pieds joints comme Dee Dee.
Bref, tout ça pour dire que les gosses élevés par des amateurs de lyrique reconnaissent sans doute les grands classiques de l'opéra aux premières notes, que les enfants de cathos rigides adoptent nécessairement le look chaussures vernies et culottes courtes, et que les enfants de parents branchés ont du gel dans les cheveux dès leurs premiers mois et sont revêtus de t-shirt à slogans pailletés et de mini baskets Nike. et tout ça, ça choque personne. Alors pourquoi un bébé avec un badge des Clash et une petite fille qui scande Hey Ho Let's go à longueur de journée devraient-ils être considérés comme inquiétants ou bizarrement éduqués, dites-moi voir un peu que j'me marre (ou que j'vous tape) ?!!
25 octobre 2007
Une histoire de vomi
Tu sais ce qu'il y a de pire qu'un de tes gosses en proie à une foutue gastro ?? Réponse : quand, au passage, il te la refile, sa gastro.
Ouais, c'est la triste réalité du climat hivernal : amis parents, soyez prévenus, la gastro déboule en force, préparez-vous donc à baigner dans le vomi dans les semaines à venir. Parce que, pas la peine de te faire un dessin, je te laisse imaginer ce que ça donne un môme qui doit gérer une gastro... Le gosse, il sait pas se retenir de dégobiller, quand il t'appelle à l'aide en disant qu'il a envie de vomir, c'est que la gerbe a déjà atteint un point de non retour et qu'elle est prête à surgir. Dans tous les cas, même si l'enfant met de la bonne volonté, pas le choix, prépare-toi à éponger. Au mieux, il te repeint le sol, au pire, il t'en fous plein les draps, et là t'es bonne pour faire des lessives et rincer des draps plein de dégueulis pendant une bonne partie de la nuit. Au bout d'un moment, t'as tellement rincé, lavé, et lessivé les draps, que t'en as plus d'avance, tu penses bien. Alors tu prends ton gosse malade dans ton pieu et là, tu dors pas, tu pries juste une improbable force supérieure de vous protéger, toi et tes draps blancs, d'un nouveau jet de vomi.
Mais tu veux que je te dise, moi qui croyais qu'y a rien de pire que le vomi dans les draps, j'en suis revenue. crois-moi, y a pire. et ce pire, je l'ai vécu hier. Allez, puisqu'on fait dans le subtil aujourd'hui, je m'en vais te narrer cette triste histoire de vomi...
Fin d'après-midi tranquille, de retour des courses, on fait couler le bain des bébés rock'n'roll. Ca patauge, ça se savonne, ça rigole et puis suibitement : "Maman, je vais vomir", "- Gné ?! T'es sûre ?!!!"... BLUUUUUUUUUUURPS !!!! Ouais, pas de doute, elle était sûre. En l'espace d'une seconde, la môme a gerbé un torrent orangé parsemé de petits morceaux de saucisse de viande (je la retiens cette conne de bouchère qui a pas pu s'empêcher de refiler un bout de saucisse à ma gosse !). Et, tant qu'à faire, elle a tout gerbé sur son petit frangin qui du coup, se trouve debout dans la baignoire, tout paniqué de ne plus rien y voir avec son vomi plein les yeux. A l'aiiiiiide !! Je chope le bébé, l'essuie tant bien que mal de cette pluie de vomi qui s'est tristement abattue sur lui, pendant que la pauvre poulette poursuit ses BLURPS dans la baignoire. Très vite, l'eau de la baignoire ne ressemble plus qu'à, une flaque géante de vomi, et ma poule toute paniquée patauge là-dedans en en foutant partout.
Ouais, à ce moment là, tu voudrais bien avoir une télécommande magique pour mettre sur pause, t'asseoir et pleurer voire mieux, faire un retour de quelques minutes pour gérer le truc en prévoyant une bassine. Mais devine quoi ? bah ça existe pas les télécommandes magiques, bouhouhou !! Alors t'éponges, tu passes ta serpillère, tu plonges le bras au fond de l'eau/vomi pour enlever les grumeaux qui empêchent l'écoulement, tu relaves les gosses qui puent comme t'imagines pas, tu laves aussi tout ton carrelage parce que le jet a été assez fort et a quasiment atteint le plafond (j'te jure, façon l'Exorciste) et tu nettoies même, la larme à l'oeil, tes Dr Martens chéries qui ont également été plombées de vomi.
Quand t'as fini tout ça et géré 4 ou 5 autres épisodes vomi, tu crois que tu vas ENFIN avoir droit à ton quart d'heure de répit et là, c'est dans ton ventre à toi que ça commence à gargouiller. Alos tu dis adieu à ta soirée canapé/TV/sexe sous la couette, te contentant, au lieu de ça, d'une bonne vieille soirée à quatre pattes dans les WC, la tête dans la cuvette des chiottes.
Ben ouais, que veux-tu, y a des jours comme ça hein...
24 octobre 2007
Y a des matins comme ça
A partir du moment où t'as des gosses, tu dois t'attendre à un phénomène des plus étranges : le temps prend une sorte de nouvelle dimension. Je m'explique :
Avant d'être parent, tu faisais tout ton repassage en une heure. Désormais, tu dois te préparer à y passer deux bonnes heures au moins car, en plus du bain de vapeur, tu dois t'interrompre une bonne dizaine de fois pour virer bébé de tes pattes avant qu'il ne se fasse tomber le fer sur le crâne (et que tu finisses à l'hosto avec, en plus, une accusation de maltraitance sur le dos) et au moins autant de fois pour rappeler à l'ordre l'aînée qui profite de ta concentration sur les cols de chemise pour faire un max de conneries.
Bref, des exemples comme ça, y en a des tonnes. Toujours est-il que dès lors que tu es parent, tu t'aperçois qu'une journée de vingt-quatre heures ne suffit pas pour faire tout ce que t'as à faire, un minimum de quarante heures serait nécessaire et encore, ce serait le minimum syndical (45 heures, ce serait l'idéal, là au moins t'aurais le temps de dormir).
Dans ce contexte, y a des matins comme aujourd'hui. Des matins où tu peines à ouvrir les yeux parce que bébé t'as réveillée deux fois dans la nuit et a hurlé à chaque fois jusqu'à ce que tu bouges tes miches pour lui donner un biberon (bébé a plus d'un an tout de même, c'est carrément plus l'âge pour une chopine nocturne hein !). Après ça, une fois toute la tribu levée, il y a l'épisode petit déjeuner où on veille à installer chacun à une place convenable pour éviter tout drame du genre bataille de corn flakes ou envol de bol. (Là, tu te demandes combien j'ai d'enfants au juste. Là, je te réponds que j'en ai que deux mais qu'ils en valent au moins six à eux tout seuls.) Donc, bébé dans la chaise haute, bien loin de poulette, et poulette attablée, dos au petit frère pour éviter les provocations qui finissent en grosse totale. Une fois que t'as géré ça et éviter les envols de tartines (qui tombent toujours côté confiture sur la moquette, va savoir pourquoi), tu dois encore gérer la question du "Qu'est-ce que tu veux au ptit dej ?", parce qu'un gosse, ça change d'avis environ huit cent fois par jour dont 92 fois au petit dej. ca veut des tartines pis ça se rappelle qu'y a des céréales, alors ça veut des céréales, mais sans lait surtout, parce que le lait ça les ramollit, mais finalement c'est sec sans lait, alors ça voudrait bien du lait, pis le lait est trop froid, donc ça voudrait bien du lait chaud, mais arff, c'est trop chaud, faut que maman souffle pour le tiédir... Bref, un ptit dej avec des mômes, ça peut facilement durer une heure et demi. Et pendant ce temps, toi, t'as fait rien que 75 aller-retours entre la cuisine et la salle à manger, t'es toujours pas coiffée et affublée de ton vieux jogging parce que t'as pas eu le temps de passer par la case salle de bains, et quand le ptit dej est fini, ben t'es déjà tellement naze que t'irais bien te recoucher direct.
Quand les enfants sont repus, lavés, habillés, occupés à te retourner les caisses de jouets que t'as triées la veille, toi t'as ENFIN le droit de t'asseoir et de prendre un jus d'orange. Enfin ça, c'est ce que tu penses... Parce que concrêtement, ça donne ça :
Tu te diriges vers le frigo : "Mamaaaaaaaaaan ! j'ai envie de faire caca !", "Ben vas-y.", "J'arrive pas ouvrir mon boutoooooon !". Tu poses ta bouteille de jus d'orange sur la table et tu cours ouvrir le bouton avant que la môme ne s'oublie et te gratifie d'une tartine de merde. retour à la cuisine, tu sors un verre du buffet. "Mamaaaaaaaaaan ! Le ptit frère me laisse pas faire caca tranquille ! Il met les mains dans les WC !". Tu poses ton verre vide et tu cours aux chiottes pour virer bébé qui, effectivement, essaye d'attraper ce qui fait "plouf" en tombant dans la cuvette. Retour à la cuisine, tu ouvres ta bouteille de jus et... "Mamaaaaaaaan ! j'arrive pas m'essuyer toute seule !". Tu reeeeeetournes aux toilettes essuyer la môme. Lavage de mains et retour à la cuisine. Tu secoues vigoureusement ton jus d'orange-carotte pour dissoudre la pulpe.
Et là, t'as l'air con et t'as juste envie de pleurer parce que t'as un peu inversé deux étapes. Fallait secouer avant d'enlever le bouchon.
Maintenant t'as l'air fine avec ton jus d'orange plein les yeux, plein les cheveux et plein les fringues, même qu'il est glacial et que c'est pas cool de le sentir dégouliner dans ton jogging ni ruisseler dans ton dos. T'as pu qu'à passer la serpillère, sauter sous la douche et oublier le ptit déj en paix. Et évidemment, tu fais tout ça en faisant abstraction de la gosse qui est pétée de rire et que se fout de ta gueule joyeusement. La brave petite...
05 octobre 2007
Je craaaaaaaque !
Y a des journées comme ça, des journées que t'as bien envie de qualifier de "journée de merde" tout en étant conscient que le terme est loin d'être assez fort. Ces jours-là, t'as l'impression que quelqu'un détient une poupée vaudou à ton effigie et fait mumuse avec pour qu'il t'arrive des tas de tracas en tous genres, ou bien qu'une sorcière s'est pointée chez toi en pleine nuit pour te maudire pendant ton sommeil.
Ma monstrueuse journée de merde a commencé bien avant que le jour ne se pointe, à vrai dire. Ca a commencé hier soir quand la gosse s'est relevé environ 78 fois en chialant 78 fois, réveillant par la même occasion 78 fois son petit frère a qui j'ai du filer 78 biberons pour qu'il la boucle (bon ok, j'exagère... mais pas tant que ça, merde !!). Après deux heures de répit et une brève pause sommeil, la galère a repris avec, cette fois, une quinte de toux de la pauvre poulette vraisemblablement malade. "Touss touss touss touss... mamaaaaaaan... touss touss touss touss... viens m'chercheeeeeeeeeeeeeeer ! Touss touss touss...". Alors tu penses, moi, bonne mère (si si, j't'assure), je file chercher la poulette et je l'embarque dans mon lit. Et une gosse au lit, même une qui tousse pas, c'est l'horreur, c'est la nuit de merde assurée. Ca bouge, ça gémit, ça veut faire pipi toutes les deux heures, ça tire sur la couette, ça pète dans tes draps, ça bave sur l'oreiller (là, ceux qui voulaient un gosse sont en train de sérieusement reconsidérer la question, et ceux qui n'en voulaient pas sont carrément confortés dans leur choix), ça pose sa grosse tête sur ton oreiller à toi, ça dort en travers, ça ronfle, ça se vautre sur toi. Ajoute à cela les quintes de toux et t'es tranquille : impossible de fermer l'oeil, tu peux juste te contenter de regarder le plafond en priant pour que le calavaire cesse. 7 h du mat', tu parviens enfin à t'endormir... Sauf qu'à 7 h 30, la gamine se réveille, tousse toujours et désormais, se plaint qu'elle a faim et soif, geignant tant et si bien qu'elle en réveille le p'tit frangin, et là t'es tranquille, t'as deux gosses qui te brisent les tympans pour que tu lèves ta viande et que tu prépares le biberon et les Miel Pops. Alors tu te lèves...
Tu poses les mômes au salon le temps de t'affairer en cuisine. T'amènes les éléments du petit déj au compte-goutte. Pendant que tu remplis le biberon de lait, tu te rends compte que bébé s'est chargé de se vautrer tout entier dans l'assiette de framboises (arggghhhhh !!) et que t'es déjà bonne pour le savonner des pieds à la tête et le changer de A à Z. Pendant que tu récures bébé, la grande chiale parce qu'il lui manque une cuillèreu !!! Alors tu zappes bébé vite fait et tu cours à la cuisine choper une cuillère, sauf qu'en l'essuyant dans ton torchon, ben tu la pètes cette putain de cuillèreuuuu (ben ouais, c'est possible... Quand tu frottes trop et que le manche en plastique se décolle de la partie métallique)... Et les autres, elles sont où hein les autres cuillères, putain de merde ?!! Parce qu'on n'est pas censé avoir une seule cuillère dans son foutu appartement... Sauf quand tes mômes collectionnent tes petites cuillères et les planquent partout dans leur chambre... Bref, je ne m'attarde pas sur l'épisode petite cuillère qui ne te passionne guère, j'en suis sûre.
Midi. A ce stade de la journée, t'oses imaginer que la sorcière vaudou est partie becquetter un casse-dalle, t'octroyant par la même occasion quelques minutes de répit. Alors tu fais bravement chauffer ta pizza au four (no comment... quand t'as pas dormi et que t'as passé ta matinée à essuyer les conneries des gosses et à chercher une petite cuillère, t'as bien le droit de pas avoir envie de faire à bouffer) et au moment où tu veux la sortir de là... BANG ! la vitre du four te reste dans les mains... j'te jure, je déconne pas... Donc, t'as plus de petites cuillères, t'as plus de four, et tes lardons s'impatientent pour être servis. Hop, tu chopes le couteau, tu t'aprêtes à couper les parts et là... bouhouhou... le couteau te pète dans les mains, comme sa saloperie de copine de petite cuillère... et là, tu te dis que bordel, t'es maudite...
Après ça, tu sors en courses avec les mômes, histoire de les épuiser un peu et d'espérer pouvoir faire une petite sieste en rentrant. Sympa, tu payes même un livre à la grande : "Regarde ma poule, Charlie et la chocolaterie ! c'st trop génial comme livre, tu verras, on va s'éclater en le lisant.", "J'en veux pas d'ton livre !! J'voulais Dora l'exploratrice qui fait de la musique et des lumières !!" "Dora, c'est une grosse naze." (sale gosse !). Tu dis rien, tu remballes Charlie et tu vas faire tes courses au stand italien. La gosse te flanque la honte au passage en se foutant de la gueule d'une naine ("Waouh, regarde la p'tite dame !" "- On montre pas du doigt..." "- Mais regarde la petite dame, j'te dis.", "- Montre pas du doigt, bordel...", "Elle est venue faire ses courses et elle est p'tite la dame, ahahah !", "-Et toi t'es v'nue faire tes courses et t'as une grande langue, mets-la en veilleuse...") puis en collant son nez et ses mains grasses (cherche pas, les gosses ont toujours les mains grasses ou collantes même quand tu leur laves vingt fois par jour) sur la vitrine. Et là elle hurle : "Mamaaaaan ! j'veux çaaaaa !". Maman, perdue dans la discussion avec la vendeuse : "Hein ?! Euh... c'est quoi ? des calamars farcis au crabe ? ben écoute, si ça te branche ces bestioles dans l'huile, why not... Madame, vous me mettrez six ou sept de ces petits calamars siouplait ?". Dring-dring, tiroir caisse, ticket et... et WAOUH ! putain de merde de *$¤*@/§:# ! 54 euros le kilo ces putains de calamars minuscules !!! Bordel, tu pouvais pas avoir envie d'une saloperie de Kinder Surprise comme tous les gosses normaux ?!! Et là, la môme goûte en faisant la tronche : "j'aime pas, ça pique..." Bouhouhouhou...
Voilà, ça fait une heure qu'on est rentrés de courses. En soixante minutes, elle a eu le temps de me renverser une bouteille de Coca sur le plancher du salon, un demi-flacon de colle blanche sur la table en verre et elle a essayé de se mettre du vernis à ongles toute seule sur les orteils malgré l'interdiction formelle de jouer à la maquilleuse toute seule. Résultat, elle a du vernis violet jusqu'en haut des cuisses et y en a au moins autant sur le sol de sa piaule.
Purée, demain, malade ou pas, j'te jure qu'elle va filer à l'école la môme, et plutôt deux fois qu'une...
28 septembre 2007
Méfiez-vous des gosses
Les gosses, c'est fascinant.
Les gosses, ça te rend facilement gaga, ça t'épate dès que ça fait un nouveau truc, aussi anodin puisse être le truc en question.
Les gosses, arrivés à 3 ans, ça a la langue bien pendue et ça tchatche sans arrêt, ça écoute tout, avec un intérêt manifeste pour les discussions des adultes, ça mémorise, ça emmagasine toutes sortes d'informations dans sa petite cervelle et puis, évidemment, ça te ressort tout ça tôt ou tard. Jusque là, rien de bien dramatique, te dis-tu. Sauf que les enfants ont l'art de ressortir certaines choses ouïes ça et là au moment où tu ne t'y attends pas, de façon souvent incomplète ou déformée et surtout, toujours hors contexte histoire de bien te coller la honte.
Dernier exemple en date :
Ces jours-ci, j'étais malade. Une saleté de bronchite. Moi, vaillante, moi pas prendre de médicaments, convaincue que ça va bien finir par passer (et puis moi me plaindre pendant quinze jours parce que je n'en finis pas de tousser et que, bordel, ça veut pas passer tout seuuuuuuuuul !!). LUI, il est sympa : il a décidé de prendre les choses en main et d'aller acheter des médicaments parce qu'il commenaçait sans doute à en avoir marre de m'entendre me plaindre tousser. Et les médocs, tu sais ce que c'est : chacun son truc. Y en a qui privilégient les sirops, d'autres qui ne peuvent pas ingurgiter de comprimés effervescents... et puis y en a, comme moi, qui n'aiment pas les suppos. Ben oui, vas-y marre-toi... Y en a ptetr qui aiment bien ça, tu me diras, mais moi je vois pas l'intérêt de me taper un suppo quand un bon sirop peut faire l'affaire. Peut-être ai-je été traumatisée par ces saloperies de suppos qui puaient le camphre et l'eucalyptus et auxquels j'ai été abonnée, quand j'étais môme, pour cause de bronchites à répétition. Va savoir. Toujours est-il qu'au téléphone, ça donne ça :
"Eve, je t'ai acheté des médocs pour ta bronchite : de l'Exomuc et des suppos.
- Ah non, pas de suppos ! Compte pas sur moi pour me mettre ces saletés de médocs dans le cul...".
Bon OK, je parle mal. OK, je devrais davantage surveiller ma façon de parler quand la môme est dans les parages. Mais que veux-tu, je fais pas toujours gaffe et je ne me doute pas non plus que la gosse épie le moindre de mes mots quand je suis au téléphone. Bref, tout ça pour dire que ma poule, elle a trouvé de bon ton de raconter par la suite : "Tu sais, maman, ben elle aime pas qu'on lui mette des trucs dans le cul"...
No comment.
23 août 2007
L'heure du bain
Que sont censées faire une maman et sa fille dans le bain... hormis se laver, évidemment ? Je sais pas moi, sans doute qu'elles jouent avec une barbie sirène ou bien avec des canards en plastique (qui ne vibrent pas et qui n'ont, par conséquent, aucun intérêt)... Ben chez moi, le bain avec ma poulette, ça se passe pas exactement comme ça. La poulette en question a des idées de jeux carrément plus marrantes et, promis, ça vient d'elle toute seule, je ne lui ai rien soufflé...
"Maman, on joue ?!
- Bah ouais poulette, si tu veux... On joue à quoi ?
- On joue au bar !!
- Euuuuh... bon d'accord, on joue au bar... (??!!)".
Sur ce, la môme chope un gobelet en plastique, le remplit d'eau et termine par ajouter avec soin une grosse couche de mousse à la surface... :
"Tiens maman, je t'ai servi une bonne bière !".
Elle est mignonne, la poulette. Elle sait exactement ce qui remonte le moral à sa pauvre mère...











