Ma vie rock'n'roll

"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

02 juillet 2008

Mère au foyer au bord de la crise de nerfs (ou l'ayant déjà sérieusement entamée)

debordee_petite

Quand tu prends la décision d'être mère au foyer, que cela soit motivé par des convictions profondes (jouons-la old school, faisons péter le petit tablier et le Larousse de la cuisine, allons en stage chez Bree van de Kamp afin de devenir une maman 100% dévouée et dispo) ou que cela s'impose de soi-même par un simple calcul (trois marmots en bas âge et une nourrice à payer à plein temps, sachant que t'es payée au SMIC et que tu décroches rarement des contrats à temps complet, t'as autant rester chez toi et torcher tes mioches plutôt que sourire vingt heures par semaine derrière une caisse pour payer la nounou), dans tous les cas, c'est une décision parfois difficile à assumer et à accepter totalement.

bree

Je ne parle pas du qu'en dira-t-on, des langues de putes qui te regarderont de travers quand tu annonceras que non tu ne bosses pas, que tu préfères te consacrer à tes enfants, qui penseront secrètement de toi que t'es rien qu'une faignasse qui préfère se faire entretenir par son mec et que c'est à cause de gens comme toi que eux, ils payent des impôts pour alimenter les fonds de la CAF dont, évidemment, tu te repais grassement. Ces cons là, t'as vite fait d'apprendre à les ignorer, tu piges très vite qu'il est carrément inutile d'essayer de leur expliquer ton point de vue, de mettre en avant le calcul très simple qui te permet de conclure que bosser à temps partiel et payer une nounou est bien moins rentable que s'occuper des mômes à plein temps quitte à réduire son train de vie. Le truc carrément plus dur à dépasser, c'est de se faire à l'idée que désormais, ta vie c'est ça, que si, par chance, t'auras jamais un patron chiant sur le dos, un supérieur susceptible de te harceler sexuellement (hmm dommage tiens) ou une voisine de bureau trop bavarde et qui sent la transpiration, t'auras pas non plus droit aux petites rigolades à l'heure de la pause autour de la machine à café, aux ragots concernant la secrétaire qui, paraît-il, s'est envoyée la moitié du service financier, au vestiaire avec ton nom dessus qui te rappelle que tu fais partie d'une équipe de travail. Non, toi, ta non vie professionnelle se résume à ça : ta maison et tes gosses. Et quitte à faire direct dans le mélodrame, j'ajoute : et ton mari.

Au début, si tu fais partie de cette catégorie de mères au foyer ayant fait ce choix par la force des choses, tu positives un max et tu te files des objectifs d'enfer. Partant du principe que ton mec est barré au boulot toute la journée, tu te dis que ton job à toi, ça va être d'optimiser ta journée au maximum pour que la maison soit nickel, la bouffe succulente, les gosses propres et épanouis grâce à moults activités, et en bonus, tu prévois même, évidemment, de te faire bonne pour le retour de ton mec et, mieux encore, d'être bonne dès le matin car jamais, quoi qu'il arrive, tu ne tolèrerais de devenir une de ces mères au foyer qui se négligent, qui cessent de se maquiller et arborent des joggings informes en toute circonstance vu que c'est plus confortable pour passer l'aspirateur.

Alors voilà, quand t'es mère au foyer, tu prends ton rôle très à coeur. En même temps t'as plutôt intérêt si tu veux pas déprimer rapidement. Tu te lèves la première, tu squattes la salle de bains avant tout le monde et quand tu réveilles les enfants, non seulement t'es déjà douchée/sapée/maquillée mais en plus, t'as déjà commencé à faire chauffer le lait et à beurrer les tartines. Tu déposes tes gosses à l'école, t'astiques ta maison autant que possible (parce qu'une matinée, sache que ça passe vite quand t'as beaucoup à astiquer), tu te tapes la corvée de linge, l'aspirateur et tout ce qui va avec, tu trouves le temps de jouer avec bébé même si toi, ça fait longtemps que ça ne te fais plus marrer de remplir et vider des caisses avec des cubes en couleurs, tu fais les courses pour midi, tu prépares évidemment la bouffe, la totale quoi. Et quand ton mec daigne se lever, tu accoures même à la rescousse pour lui trouver une cuillère propre ou un paquet de sucre vu que la cuisine est évidemment tellement immense et ton sens du rangement tellement mystérieux qu'il ne parvient pas à s'y retrouver sans ton aide (faudrait chercher un peu, ouvrir des tiroirs... trop dur quoi).

Je te passe le programme de l'après-midi et celui du soir qui sont à peu près aussi palpitants que le programme de la matinée. Sachant qu'en plus, quand t'es pigiste pauvre (j'insiste sur le "pauvre", des fois qu'un généreux futur employeur passe par là), ta soirée tu la passes pas à te faire les ongles devant la télé mais plutôt à rattraper les piges que t'as en retard, le cul vissé sur ton PC jusqu'à pas d'heures. Là, tu vas dire que j'abuse, que je me plains beaucoup pour pas grand chose, qu'y a des femmes qui concilient vie de mère et vie professionnelle et qui la ramènent pas tant. C'est clair, y a pas à dire, même que celles-là je les déteste admire. ceci dit, c'est pas là que je voulais en venir lecteur, attends plutôt la suite.

Le truc, quand t'es officiellement mère au foyer à plein temps, c'est que très vite, toute la maison se met à reposer sur tes épaules. Qu'il s'agisse de la bouffe, de la paperasse, du remplissage du frigo ou des tâches ménagères, c'est sur toi qu'on compte désormais vu que faire tourner la boutique, c'est devenu ton full time job. Bref, t'as à peine le temps de t'être familiarisée avec ton nouveau statut de MAF (rigole pas, sur les forums de mamans débordées dépressives épanouies, "MAF" est l'abréviation officielle de mère au foyer) que déjà tu prends conscience de cette chose que tu trouves touchante pendant quelques secondes mais qui se révèle très vite tragique et terrible en soi : tu deviens le personnage indispensable de la maison. Sans toi, plus rien ne fonctionne. Sans toi, y a pas de linge propre dans les armoires, y a pas à bouffer dans les assiettes, l'appart tout entier se met à ressembler au Bronx et chacun n'y fait rien que ce qu'il veut. A vrai dire, ça c'est la phase 1, la phase un rien flippante mais toutefois un peu satisfaisante car ça flatte toujours l'ego de se sentir indispensable (et tant pis si ça fait peur quand on se met à y réfléchir).

Le truc horrible, c'est la phase 2. Une fois que tout ton petit monde a pris conscience de ton côté indispensable et de ta super-efficacité dans tout ce qui touche à l'organisation du quotidien, ben chacun décide, avec un naturel déconcertant, que toute la merde ambiante, c'est plus leur problème mais le tien.tu deviens malgré toi une sorte de saint sauveur voué à remettre les gens et les choses sur le droit chemin pour que le foyer tourne convenablement et, pire que ça, tu es désormais celle à qui on confie, d'une façon génrale, toute la merde, le bordel, les trucs pas marrants et ceux qui exigent qu'on y trouve des solutions. Désormais, le fait d'écraser une tartine de Nutella sur le canapé n'est plus un problème en soi pour les mômes étant donné que, de toute évidence, "maman va laver". Et balancer des miettes partout dans la pièce à l'heure du goûter, c'est pas grave non plus vu que "de toute façon, maman elle va passer l'aspirateur". Saloper ses fringues vingt fois par jour, c'est pas un problème en soi vu que des fringues de rechange, y en a des tonnes dans l'armoire. et de toute façon même quand y en a plus, ça dure jamais longtemps puisque maman lave/plie/repasse/range, comme par enchantement. Et la tasse de café sale, explique-moi pourquoi faudrait se faire chier à la mettre dans l'évier (ou, plus difficile, dans le lave vaisselle, ce qui prend bien quatre secondes supplémentaires) puisque de toute façon, quoi qu'il arrive, y aura toujours une tasse propre dans le buffet le lendemain matin. C'est comme les chaussettes sales (et le linge sale en général), à quoi bon accomplir l'effort surhumain de les transporter jusqu'au panier à linge puisque de toute façon, ils finissent toujours par être ramassés, lavés et rangés, c'en est presque magique. Bref, pour conclure : pourquoi faire soi-même ce que maman peut faire toute seule ?? Hein, franchement je vous le demande...

Des fois, la mère au foyer elle craque. Elle en a marre d'être la boniche de la tribu. Elle croyait ressembler à Samantha dans Ma Sorcière bien aimée, préparer du jarret de porc à Jean-Pierre dans son petit tablier et finalement, elle est à deux doigts d'opter pour la blouse à fleurs et les charentaises tellement elle a l'impression de n'être plus vouée qu'à faire la boniche sous son toit. Et quand elle craque la mère au foyer, ben des fois elle décide de se mettre en grève, de ne plus rien branler, juste pour voir comment le reste de la famille gère. Et tu veux la réponse à cette petite expérience que j'ai eu l'occasion de mener plus d'une fois ? Ben quand la MAF ne gère plus rien, les autres... ils gèrent pas non plus. Le linge sale s'accumule, y a plus d'assiettes propres dans le buffet, on bouffe des Pringles trempés dans de la sauce mexicaine, on lève les pieds pour enjamber le bordel, on se torche avec des Kleenex ou du Sopalin vu qu'y a plus de papier cul et le drame, c'est que cette situation là peut durer longtemps, trèèèèèèès longtemps. Et si la mère au foyer ne reprend pas rapidement les rennes, la situation peut s'éterniser et le drame dans tout ça, c'est que ça ne semblera affoler qu'elle, les autres se complaisant dans le bordel ambiant puisqu'ils se rassurent évidemment en se disant que de toute façon, même si ça peut prendre du temps, au final, "maman va le faire".

samantha

Donc voilà, y a des jours où la maman elle en a bien ras le bol, y a des jours où la "MAF" elle aimerait bien devenir "MBEDVSE" (Mère barrée et démerdez-vous sans elle). Elle aimerait bien que les gosses qui savent pas compter et le mec qui est fort en calcul fassent le compte de ses heures à rien foutre. Parce que généralement, ses heures à rien foutre à elle, c'est ses heures de sommeil, ni plus ni moins. Parce que la machine à laver, elle tourne souvent jusque tard dans la soirée et que les articles, ils peuvent s'écrire qu'une fois tous les marmots couchés. Et tant qu'à faire, la MAF excédée elle aimerait bien que sa joyeuse tribu se rappelle accessoirement de temps en temps que pendant que la maisonnée roupille pour récupérer de toute cette fatigue accumulée à trop regarder maman ramasser/balayer/changer/nettoyer/servir/courir de tous les côtés, ben la maman elle se bat mentalement avec un foetus qui a décidé, par solidarité avec le reste de la famille, de ne point foutre la paix à la mère à son tour. Sauf que lui, il trouve plus cool de faire ça la nuit comme ça pour couronner le tout, la maman privée de temps libre se retrouve en plus privée de sommeil, histoire de pas faire les choses à moitié. Et c'est comme ça qu'un jour au petit dej, personne comprend pourquoi maman pète une crise de larmes parce que la môme a "juste" écraser des Chocorems sur la housse de canapé tout juste lessivée pendant que le mec, lui, il a seulement oublié d'essuyer le gosse en le sortant de table (forcément, y avait son chevalier qui revenait de mission sur Battle Knight, ça c'est de l'urgence absolue) et qu'il a juste oublier de surveiller ce dernier qui s'est vautré, plein de Nutella, dans les draps qui avaient été changés la veille au soir.

Si un matin ils se lèvent et ne trouvent, à la place des tartines beurrées, qu'un post it annonçant "je me casse", faudra pas s'étonner.   

Débordée moi ?? Naaaaaaan, si peu !

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09 juin 2008

"Mutant Pregnant"

pregnantdhd

Je vais mal lecteur. Crois-le ou non, je pète un cable, et sévèrement. Les BetaHCG semblent prendre le dessus sur tout mon organisme, investissent tout mon être et s'aprêtent à me transformer en une sorte de mutante. Je ne suis plus moi, je deviens un monstre pourvu d'une protubérance croissante au niveau de l'abdomen, un monstre affamé guidé par une sorte d'instinct des plus étranges. Je te jure, je fais des trucs complètement délirants, des trucs dans lesquels je ne me reconnais pas. Désormais, je suis à moi seule deux entités distinctes : il y a mon corps et il y a moi. Mon corps qui, soit dit en passant, ressemble de moins en moins à mon corps d'origine, et c'est pas rien de le dire (bientôt je ne verrai même plus ma propre chatte quand j'irai pisser), et un moi qui s'accroche désespérément à ce "tout" harmonieux d'avant la grossesse, au corps d'antan qui suivait les ordres que lui envoyait le cerveau sans la ramener et sans décider de se la jouer solo. Maintenant, rien ne va plus mes braves gens et je suis à deux doigts de demander une consultation en urgence dans le service du Docteur House tellement mon corps devient incontrôlable. Et je ne te parle pas des quelques quarante deux fois par jour où je suis obligée d'aller pisser, non, ça à la rigueur, c'est que dalle. Je pense plutôt à ce vrai mal qui s'empare de moi, cette force redoutable qui habite mon corps et qui le fait agir indépendemment de ma raison à moi. Et ce corps parasité, il a un sérieux problème avec...

... la bouffe.

La semaine dernière, j'ai bouffé des bouchées à la reine. Et alors, qu'est-ce que ça peut bien te foutre, te demandes-tu, toi t'as mangé de la Moussaka préparée par Marie et t'en fais pas un sujet de blog pour autant. Pis en plus les bouchées à la reine, c'est même pas marrant, si encore je m'étais tapé des gencives de porc, tu te serais peut-être un peu poilé, mais là non, même pas. Mais quand même lecteur, c'est important que tu le saches : la semaine dernière, j'ai mangé des bouchées à la reine...

Six fois.

Ouais, ça craint. Me demande pas pourquoi, c'est pas moi qui ai décidé, c'est mon corps qui a dressé un complot avec mon foetus, mes hormones et toutes ces choses qui me parasitent. ils ont monté une sorte de kabbale et ils m'obligent à faire des trucs complètement cons comme bouffer des bouchées à la reine six fois par semaine et trouver ça bon à chaque fois. Et ils s'en foutent pas mal que le traiteur du coin me regarde comme une bête curieuse à force de me servir des bouchées à la reine tous les jours de la semaine.

Sinon, j'ai aussi mangé de délicieux saucissons italiens Montorsi. Non, cet article n'est pas sponsorisé (allez les vilains, allez vérifier en bas de page si vous ne me croyez pas) mais quand même, j'avais envie de citer cette marque. Enfin non, j'avais pas particulièrement envie de la citer mais là encore, mon corps agit tout seul et je ne suis pas responsable de cette fixette sur le saucisson italien. Car c'est bien malgré moi que j'en ai mangé la semaine dernière...

Onze fois.

Par chance, hier c'était dimanche et le dimanche, le boucher/traiteur est fermé. Pas de sauciflar, pas de bouchées à la reine, que dalle. Fuck off mes envies de femmes enceintes, démerdez-vous comme vous voulez mais faudra faire sans viande d'aucune sorte aujourd'hui, c'est moi que j'l'ai décidé, et pour une fois mon corps a intêret à obéir sans broncher. Ah oui pour sûr, le corps il a bien pigé le message et il a obéi. Pas de viande ce dimanche. Mais tu penses, ces petits saligauds de parasites qui sont dedans moi, ils ont fait une réunion au sommet et m'ont lancé une nouvelle attaque, m'obligeant, contrainte et forcée, à passer la journée en tête à tête avec une entité qui m'était quasi inconnue jusqu'alors ou, tout du moins, qui croisait ma route de façon très occasionnelle sans que j'y prête guère attention et sans que je lui voue un intérêt particulier. Sache donc lecteur que dès le lever, mon corps m'a obligé à passer la journée avec Skippy. Y a fallu que je fasse une place à Skippy dans mon pieu dès neuf heures ce matin et que je le traîne avec moi toute la journée, jusqu'à ce qu'il soit complètement cuit. Non, je n'ai pas passé mon dimanche baisouiller avec un kangourou (tu te drogues lecteur ?). Et à moins que le beurre de cacahuète Skippy soit en fait de la pâte de Kangourou mixé, il n'y a aucun rapport avec un quelconque animal australien. Bref, tout ça pour ça, tout ça pour te dire que je me suis tapée un pot de beurre de cacahuète Skippy dans la journée. Et l'air de rien, un pot de Skippy, c'est un peu 2200 Kcalories. Et non, j'ai pas mis de zéro en trop. Et maintenant, je pleure parce que 2200 kcalories, c'est un peu beaucoup quand même, et puis parce que je sais pas ce qui m'a pris de manger frénétiquement une pâte immonde qui colle aux dents et au palais et qui réduit mes possibilités de rapports sexuels à néant étant donné que mon partenaire n'aime pas quand je pue la cacahuète à plein nez.

Cette histoire, ça a l'air de rien et tu crois que j'en fais des tonnes mais dis-toi bien que si ça continue comme ça, il va y avoir un drame. Déjà je vais être obèse, ce qui n'est pas un drame dans l'absolu mais qui l'est un peu quand même quand on a un passé de maigrichonne et qu'on s'est bourré de choses infâmes et pleines de lipides pendant neuf mois. Mais surtout, un jour, je vais comettre un vrai truc terrible, un acte dont j'ose à peine imaginer les conséquences. Tiens, pas plus tard qu'il y a deux jours, mon corps m'a dicté ceci : "Eve, il nous faut des Dinosaurus. Trempés dans du lait entier". Tu sais, les Dinosaurus c'est ces gâteaux en forme de dinosaures avec une face biscuitée et une face chocolatée. Même que c'est les tricératops les meilleurs (bon ok, ça c'est dans ma tête). Ben bref, mon corps m'a envoyée d'urgence au supermarché pour acheter des dinosaurus qui sont, avouons-le, les meilleurs gâteaux du monde, et moi, bête sage et disciplinée, j'ai couru jusqu'au supermarché avec mon gros bide pour acheter rien que ça, un paquet de Dinosaurus (bon ok, deux) et un litre de lait entier. Sauf qu'arrivée sur place, le drame s'est produit : plus de Dinosaurus en rayon. J'ai commencé par interpeller un vendeur, par en agresser un autre, par foutre le souk dans les rayons à force de remuer les boîtes de gâteaux pour trouver qui sait une boîte de Dino planquée, à bousculer les mamies et leurs caddies qui m'empêchaient de voir si y avait pas de Dinosaurus en tête de gondole, bref, j'ai failli tout péter dans le magasin, oui oui, j'ai bien dit tout péter. y compris la tête de la caissière qui n'y était pour rien. Par chance, mon vrai moi a pris le dessus et a permis à la bête féroce qui m'habite de se contenir le temps que je rentre chez moi, frustrée jusqu'au trognon.

Voilà lecteur, tu sais désormais que la grossesse, ça transforme pas une femme en créature radieuse, resplendissante de bonheur et de beauté. Faut arrêter de lire 9 mois hein, j'te le dis tout de suite. En vrai, la grossesse te transforme en monstre incontrôlable, te fait faire des trucs délirants, te fait carrément perdre le contrôle de toi-même. Et si ça continue comme ça, la grossesse va faire de moi une serial killeuse du rayon biscuit ou une psychopathe du rayon traiteur, et peut-être même qu'au final, Rambo il s'appellera Skippy.

Rien ne va plus lecteur, rien ne va plus.

Eve, qui a officiellement pété les plombs.

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05 juin 2008

Et si j'abandonnais mes enfants ?

chucky


Discover The Who!

Je sais d'emblée qu'avec un titre pareil, je vais m'attirer les hordes de mamans parfaites, celles qui maîtrisent parfaitement la confection des confitures maison mais un peu moins le second degré. Bref, à vrai dire, j'en jubile d'avance, j'aime bien les faire sursauter spontanément, les imaginer se ruant sur leur téléphone pour appeler les services sociaux et dénoncer cette mère indigne qui veut abandonner ses enfants pour avoir plus de temps pour bloguer.

Mais bon toi la mère indigne mais sensée, toi qui admet volontiers qu'élever des enfants, c'est pas qu'une partie de rigolade, et que même si on se plait à dire que les enfants, ça change définitivement la vie, ça parfait le bonheur de tout être (je dis pas le contraire hein, j'aime les enfants après tout, surtout les miens, évidemment), les enfants, tu sais aussi bien que moi qu'il y a des jours où t'en peux tellement plus, des jours où ils t'ont tellement poussé à bout que tu te prends à te dire, l'espace d'un instant, que ça pourrait être cool si tu les oubliais au square. Ou au supermarché. Ou si tu les laissais sur une aire d'autoroute. Bref, tu m'as comprise, les enfants, ça a beau être mignon trognon et tout et tout, y a des fois où t'as juste l'impression que Satan s'est emparé de leur âme et que la chair de ta chair s'est transformé en une sorte de Chucky, prêt à tout pour te buter. Et ces jours là, crois-moi, c'est déjà beau si tu boucles ta journée sans avoir pleuré ou sans avoir fait voler un des tes gosses par la fenêtre dans un accès de colère en hurlant "J'en peux pluuuuuuuus !!!".

Et ces jours comme ça, y a des fois où ça tombe... aujourd'hui. Où les mômes se réveillent à six heures tapantes, ce qui est rude pour un mercredi matin. Les autres jours, faut que tu les appelle vingt-cinq fois pour qu'ils daignent ouvrir une paupière, même que parfois t'es obligée de menacer de leur balancer un seau d'eau froide pour les faire lever. Mais non, le mercredi, c'est plus fun de se réveiller à six heures. Et quand on est réveillés, on pourrait jouer peinards dans notre chambre pendant une petite heure, histoire que la pauvre maman et son placenta trop bas, censés être au "repos absolu" (dixit le gentil gynéco), puissent se reposer encore un peu et se remettre de cette sale nuit ponctuée de huit pauses pipi (la grossesse, c'est mon kiff). Mais nooooon, quand on est mômes, à six heures, on a faim, on a faim alors on le répète en choeur, on a  faim, on a faim, des fois on hurle, on ajoute "Mamaaaaaaan, lève-tooooooooi, va me faire mon ca-ca-ooooooooo !!!". Et quand Maman fait semblant de pas entendre, ben on déboule dans son lit, on va pas se gêner non plus, et on joue à lui mettre les doigts dans le nez et dans les oreilles pour la réveiller en se fendant la gueule, on bien on joue à faire la bagarre... Avec une maman endormie, la bagarre c'est très rigolo. Enfin mon fils, il trouve ça super cool, sachant que la bagarre de ce matin s'est résumée à un coup de boule magistral et à l'éruption spontané d'un oeuf de pigeon tout bleu sur mon front, garanti du plus bel effet. Et presque pas mal à la tête, merci bébé, de toute façon la bosse au milieu du front me sied à ravir.

Bref, y a des jours où ça commence mal. Et généralement, quand ça commence mal, ça se poursuit de la même façon. Bébé en ce moment, il entend la voix de Chucky, moi j'te l'dis, c'est obligé. Et du coup, il fait rien que des vilaines choses pour embêter maman voire pire, pour la tuer. Comme monter dans la mezzanine et faire semblant d'enjamber la barre de sécurité en se marrant, juste pour faire courir maman à la rescousse. Et comme de par hasard, dans sa course effrenée, maman met le pied sur une saloperie de jouet-tueur qui lui coupe l'orteil de bon matin, parce que le coup de boule, il suffisait pas. Et après ça, Chucky il a sussurré à l'oreille de bébé que ce serait super trop fendard de casser un pot dans la salle de bains mais de surtout pas la ramener et de tout planquer sauvagement derrière le chiotte. Comme ça, quand maman lave les WC à l'aveuglette, bingo, elle se coupe le doigt avec un morceau de verre, après tout c'est la journée de l'Arnica et du pansement.

Voilà, tu l'as compris, bébé a essayé de me tuer. physiquement hein, il a tout mis en oeuvre pour me buter. mais il a échoué, le petit saligaud. Alors il s'est dit que la seconde méthode ferait peut-être effet, à savoir la méthode pshychologique. Objectif du plan B : mettre maman à bout, c'est encore pire que la torture physique. Alors à ton avis, quand on a 21 mois, comment fait-on pour pousser sa mère au bout du rouleau ? demande à mon fils, il a la combine. d'ailleurs je le soupçonne d'avoir fait imprimer cette méthode infaillible clandestinement et de s'apprêter à la faire breveter avant de la vendre à tous les bébés de la planète. Pour commencer, il mise sur LE truc qui énerve maman par dessus-tout : saloper l'appart en renversant des trucs. Il joue les assoiffés et réclame à boire pour déverser sa grenadine sur le plancher. Pendant que maman éponge, il s'enferme dans la cuisine et renverse le pot d'Ovomaltine sur le carrelage. Et là, futur chimiste dans l'âme, bébé se rend compte de la réaction suivante : quand on crache sur l'Ovomaltine en poudre, ça fait une sorte de pâte qui colle. Alors du coup, il crache et il recrache et il marche dedans pour bien coller de la pâte d'Ovomaltine partout (promis, cet article n'est pas sponsorisé par Ovomaltine ni par aucune autre marque de poudre cacaotée). Après l'Ovomaltine, le sel. Après le sel, le paquet de raisins secs. Après le raisins secs, petite pause pour changer de technique et adopter le scato-plan où comment tirer profit de mes propres déjections pour pousser maman au suicide. Au choix, plusieurs méthodes s'offrent à bébé, le mien préférant multiplier les possibilités pour plus d'efficacité. Exemple : maman veille à m'enseigner le pot. Je m'en vais donc me foutre royalement de sa gueule et me poster pile poil à côté du pot avant de regarder sereinement mes étrons toucher un à un le plancher, et juste avant de les noyer dans une marre de pisse. Et pour me foutre de la gueule de maman jusqu'au bout, une fois que j'ai chié et pissé par terre, je m'asseois sur le pot et je m'applaudis en criant "bravo !". Autre solution, je choisis un endroit stratégique pour pisser : au hasard, mon préféré, le lit de maman. Je fais un tas avec les oreillers et les couvertures, je vise un peu le matelas, bref, je m'arrange pour en foutre partout. Et je fais ça de préférence en début de soirée, sachant que le temps que maman lave et sèche tout ça, elle a largement le temps d'envisager le suicide.

Je pourrais continuer, encore et encore. Car crois-le ou non, tout ce que je te raconte là est 100% authentique et toutes les fois où les gens m'ont interpellé dans la rue en disant "qu'il est meuuugnon votre petit !", j'ai eu envie de leur mettre un coup de pied dans la tête (faut pas croire, même enceinte je suis super souple comme meuf). Parce que non, aujourd'hui, ce bébé là n'était pas mignon. C'était plutôt la réincarnation de Damien, le remake de la malédiction à lui tout seul. Mais bon, je ne voudrais pas que par ma faute, les gens n'ayant pas encore d'enfants décident de ne pas en avoir, subitement effrayés par la question. Déjà que la Blonde et la Pétasse y ont renoncé depuis que je leur ai fait part des détails de mon accouchement, je ne voudrais pas priver l'ensemble de mes lecteurs de la joie d'enfanter. Donc voilà, faites des bébés, reproduisez-vous, repeuplez le monde. Mais quand même, désormais vous savez ce dont un mini être humain est capable.

Sur ce lecteur, ayant échappé de peu à une mort lente et douloureuse aujourd'hui, je profite de ce moment de la journée que j'appelle "l'instant de grâce", à savoir le moment où les gosses sont enfin endormis dans leur lit, pour squatter mon canapé et mater Docteur House en bouffant une pâtisserie hors de prix achetée pour l'occasion, en prévision de l'accalmie. Remercie donc ce Minestrone aux fruits rouges de chez Fresson, c'est grâce à lui que je reste en vie ce soir alors que mon propre enfant s'est employé à me pousser au suicide.

Edit : Mon décodeur Orange déconne grave, j'ai le son mais l'image brouillée, pas moyen de fantasmer tranquillement sur Docteur House en sirotant mon Minestrone. A tous les coups, c'est bébé qui a arraché un cable avec les dents...

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18 mai 2008

Grossesse radieuse, magie de l'enfantement... : mon cul ouais !!

encloque

Ce dessin est de CHA et est publié sans son aimable autorisation mais j'espère qu'elle ne m'en voudra pas vu qu'en contrepartie, je lui mets un lien gros comme ça. Allez clique lecteur et vas-y voir du côté de chez Cha.

*KJibi Underground power !*

Bon lecteur, tu l'as désormais pigé : je suis enceinte. Pour les nazes qui auraient vraiment pas suivi, je confirme que c'est la vérité vraie, on est plus dans la blague ni dans le buzz hein, et ne m'obligez pas à mettre en ligne une photo de mon ventre jadis si plat pour me croire sur parole. Bref, je suis enceinte et d'ici, je sens poindre une once d'anxiété de ta part. Allez va, avoue qu'au fond de toi, tu te dis : "Pourvu que cette poufiasse ne tombe pas dans le trip de la grossesse palpitante et ne se mette pas à nous conter sa grossesse en long en large et en travers". Alors là, sache que c'est mal me connaître, très cher. Ma grossesse, évidemment que je vais en parler un minimum parce que, faut bien l'avouer, c'est un peu LE sujet qui est au centre de ma vie rock'n'roll ces temps-ci. Mais rassure-toi, je me barre en concert demain soir, je reçois un nouveau sextoy en début de semaine, bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes étant donné que je m'efforce de préserver mes bonnes vieilles habitudes afin de ne jamais sombrer du côté obscur de la force, dans la dimension des mères parfaites et épanouies. On va donc dire que cet article là va résumer brièvement ce qui se passe en ce moment dans ma tête, mon corps et mon utérus, et promis j'entre pas dans les détails. Promis je ne mets pas en ligne les échographies où qu'on voit rien de mon parasite grandissant. Promis je ne balance pas non plus de photo mois après mois de mon ventre immonde pour te montrer à quel point j'enfle comme un ballon. Promis je ne te demande pas de voter entre les petits moutons, les arc-en-ciel ou les lapins roses pour décorer la chambre de bébé. Promis je ne te raconte pas mes séances d'haptonomie ou de préparation à la naissance vu que je m'en tamponne royalement et qu'une fois de plus, je compte pas y mettre les pieds (et tant pis si je pleure le jour de l'accouchement quand la sage femme me dira : "Allez, respirez exaaaaactement comme on vous l'a appris aux cours de préparation. Vous vous rappelez hein ?") Promis je ne te dresserai pas un argumentaire en faveur des couches lavables et de l'allaitement au sein comme se plaisent à le faire les mères plus parfaites que parfaites (j'ai pas dit que je cautionnais pas ces pratiques, juste que j'évite de le scander sur tous les toits comme pour me convaincre que je suis largement supérieure au commun des mères et que je m'abstiens de traiter d'hérétiques les adeptes des Pampers anti-écolo et du lait en boîte). Promis, je te garantis que la grossesse et mes hormones en délire ne feront pas sombrer ce blog dans la mièvrerie, la gagatisation, la layette pastelle et les berceuses débilisantes. Au lieu de ça, on va parler une bonne fois pour toutes de mon étrange rapport à l'enfantement et de tout ce qui va avec, histoire que les autres mamans puissent me prendre comme référence en tant que mauvais exemple et effrayer leurs enfants en leur disant : "Estime-toi heureux de ne pas avoir une maman comme Eve !" ou pire "Si tu ne vas pas te brosser les dents tout de suite, je contacte M6 pour participer à l'émission On a échangé nos mamans et je demande à être échangée avec Eve, ça te fera la bite les pieds !". Et puis accessoirement, histoire que les mères pas si parfaites mais qui se croient géniales en tous points puissent jubiler une fois de plus d'être si efficaces en tant que mamans. Et aussi pour faire marrer les autres, ceux qu'en ont ranafout' de ces histoires de gonzesses bourrées d'hormones (mais qui liront quand même tellement ce billet s'annonce passionnant).

Bref. Dis-toi bien lecteur que je suis ce qu'on pourrait appeler une anti-femme enceinte par excellence et ce pour bien des raisons :

- Les vraies femmes enceintes, elles adorent leur gros ventre. Mieux que ça, elles le kiffent à donf. Elles le kiffent tellement qu'elles le prennent en photo sous toutes les coutures, mois après mois voire semaine après semaine quand c'est des vraies tarées de l'enfantement, toutes fières de pouvoir constater l'évolution de leur enflement. Leur ventre, elles le bichonnent, t'imagines même pas à quel point. C'est bien simple, les femmes enceinte chopent souvent un tic tout à fait navrant qui consiste à se caresser le ventre en toute circonstance. En fait, c'est juste une façon de dire au public : "youhou les gens, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, y a un bébé dedans mon corps, c'est pour ça que je me touche la brioche comme une malade mentale, des fois que tu sois bigleux et que t'aies pas vu à quel point j'étais grosse". Alors que moi, mon gros ventre, je suis navrée de devoir admettre que je le hais, que je ne peux pas l'encadrer, qu'il me désespère comme t'as pas idée. Les premiers mois, je le serre comme une malade dans mes jeans, ni vu ni connu. Pis vient un jour où j'ai beau faire et chier, y a plus moyen de planquer le ventre ni même de le torturer dans un jean trop serré, rien à faire te dis-je. Obligée d'assumer ma grosse panse, je ruse comme je peux mais je te prie de croire que ça me colle un sacré cafard et que j'évite les miroirs pour éviter de pleurer. Et ce jour redouté où je dois définitivement me résoudre à assumer mon bide est survenu ce matin même figure-toi : hé oui, après un enflement soudain au cours des derniers jours (oui c'est magique chez moi, je reste plate comme une planche à pain pendant des semaines pis d'un seul coup, le ventre se met à pousser comme un champignon), j'ai passé ma matinée à pleurer sur ma garde robe et sur mon corps hideux et à m'énerver après le pauvre Manu qui veut décidément pas comprendre que NON, moi vivante, je ne sortirais pas en ville vêtue d'un de ses t-shirts taille XL sous prétexte que ça au moins, je rentre dedans. En conclusion : être enceinte, c'est la misère. J'enfle comme une baleine, je dois renoncer à toutes mes fringues, je pleure pendant un quart d'heure sur la robe toute neuve que Manu m'a payée et que j'aurais mis rien qu'une fois avant qu'elle ne devienne trop serrée, je pleure deux fois plus quand je prends conscience de l'état toujours inquiétant de mon compte en banque et donc de l'impossibilité de me payer des fringues correctes avant fort longtemps (parce qu'au cas où tu serais pas au jus, les fringues de grossesse, ça douille à mort... surtout quand tu tailles du 34 au rayon maternité et que les boutiques aux tarifs raisonnables comme Kiabi proposent des fringues tellement immenses qu'on dirait des toiles de tente). Ce qui nous amène au point suivant : la grossesse, ça fait pleurer, et ça, ça craint à mort...

- Je me savais saule pleureur. Je pleure devant le Roi Lion quand Mufasa meurt piétiné par le troupeau de gnous sous les yeux du petit Simba. Je pleure quand Pascal le Grand Frère dit adieu au sale jeune qu'il a remis sur le droit chemin sur TF1. Bref, y a des fois où je pourrais me la jouer comme Alyson dans Cry Baby (tu connais aps ?!! La hoooooonteuh !) et remplir un bocal de larmes tellement je chiale. Et quand je suis enceinte, les hormones décuplent mon potentiel larmoyant, t'imagines même pas à quel point. C'est simple, je pleure pour un rien. Je suis fatiguée, je pleure. Les enfants me renversent un verre d'eau sur le canapé, je pleure (bon ok, j'ai le droit étant donné que c'est souvent au neuvième verre renversé de la journée que je me mets à pleurer). Mes fringues me serrent, je pleure. Je me sens toute seule (oui, c'est typique ça aussi : j'ai beau être squattée en permanence par un foetus, je me sens infiniment seule pendant mes grossesses), je pleure prostrée comme un chien battu dans un coin du sofa. Je m'observe à la loupe dans le miroir et constate que la grossesse me colle une peau de pré-ado sous Clearasil, je pleure. Je rate mes lasagnes, je pleure. Bref je pleure tout le temps, je pleure tellement que je me collerais des claques à moi-même juste pour me refoutre la tête en place. Mais il paraît que c'est normal, alors je ne m'inquiète pas. Et en attendant que ça passe, je pleure.

- Je constate avec dégoût et désarroi les transformations que subissent mon corps et mon organisme et je pleure à défaut de me faire une raison. Je sais que ça passera mais quand même, je ne m'y fais pas, mais pas du tout. Je ne suis hélas pas du genre à me balancer dans un rocking chair en brodant des petits oursons sur un plaid ou en brossant ma wonderful chevelure rendue si belle par la grossesse. Je ne profite pas de cet instant de grâce pour me reposer et me faire chouchouter (parce que j'ai pas le temps bordel pis parce qu'y a jamais personne pour me préparer une verveine et me masser les pieds). Au lieu de ça, je constate et je me plains. Je me plains parce que j'ai mal aux jambes à cause des problèmes de circulation et parce que j'ai l'impression de me déplacer au rythme d'une septuagénaire. Je me plains parce que j'ai mal au cul à cause de ces saletés d'hémorroïdes et que moi j'aime pas bien avoir mal, surtout pas au cul. Je me plains parce que mon ventre prend tellement de place que ça me gâche le paysage : bientôt, je ne pourrai même plus voir ma propre chatte quand je vais faire pipi ni mater ce qui se passe derrière moi en baissant la tête quand je suis prise en levrette. C'était la minute poétique du jour, ne me remercie pas, c'est cadeau.

- Au lieu de dire "je suis enceinte", les femmes enceintes radieuses aiment dire "j'attends un enfant". Ouais, tu parles... Moi je préfère dire que je suis enceinte parce que cet enfant, je l'attends mais pas trop vite hein. genre je suis pas franchement pressée qu'il sorte de mon corps, malgré la place qu'il y prend ce petit salopard. Hé oui, tant qu'il est dedans, il est guère contraignant le môme. Mais une fois sorti, ça va être la totale : les couches, les réveils nocturnes, les trois gosses à gérer d'un coup, la vraie grosse totale quoi. Donc moi, j'attends un enfant mais pas trop vite. Et puis aussi, en l'attendant, je te signalerai au passage que je ne me réjouis pas trop de tout ce qu'il fait à l'intérieur de moi. Le sentir bouger, ah oui ma parole c'est trop rigolo la première fois. Mais bon, au bout du troisième môme, j'ai fini de m'extasier. Je constate juste que les tiraillements dans l'utérus m'emmerdent déjà et je sais d'avance que les coups de poing et les pieds coincés sous les côtes en fin de grossesse vont sacrément me faire chier. Sans parler des pogo in utero pendant que je baise je dors qui eux, vont carrément m'emmerder.

Bref, qu'on se le dise, je suis une mère indigne. Tellement indigne que je ne signe même pas mes posts par une bannière cul-cul qui t'indique jour après jour combien de temps te sépare de bébé. Ceci étant dit, tu peux désormais dormir en paix avec la garantie que ce blog ne sombrera jamais du côté gaga et que jamais, je te le jure, je ne deviendrais une insupportable blogueuse rayonnante de satisfaction à l'idée d'enfanter. 'fin bon hein, ceci dit ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, et ne pas pas croire que je ne suis pas contente d'avoir mon petit Rambo dans quelques mois hein. Je suis juste tellement égocentrique que je suis trop occupée à pleurer sur moi pour pouvoir me réjouir dignement de l'arrivée de Conan dans... who putain, dans 5 mois grosso modo. Ce qui me laisse peu de temps pour penser à un prénom de super héros. ce qui me laisse peu de temps pour acheter tout le bordel nécessaire. Ce qui nous laisse peu de temps pour organiser notre déménagement et les travaux qui vont avec. Et donc, ce qui me donne suffisamment de bonnes raisons supplémentaires pour me plaindre et pleurer sur mon sort.

Sur ce, je pleure.

Eve, enceinte insupportable.

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15 mai 2008

Re-bonnification et ventre plat : plus que cinq mois avant le début du programme

Lecteur, tout ce que tu entends sur l'après-grossesse est vrai : oui, une grossesse, ça abîme le corps. T'as beau faire comme tu veux pour limiter les dégâts au maximum, jamais de la vie tu récupères ton corps d'avant après avoir pondu ton mioche, ou alors si ça t'arrive, pardonne-moi de te l'apprendre mais tu es cocue ma vieille car une veine pareille, c'est vraiment trop rare. Au pire, les dégâts sont considérables (et je connais pas mal de gonzesses qui seraient prêtes à témoigner) : tu restes semi-obèse même une fois le gosse expulsé, ton ventre devient mou quand tu n'es pas affublée d'un bourrelet qui refuse de s'en aller, tes seins ont subi de tels changements en si peu de temps que tu peux définitivement dire adieu aux petits tops portés sans soutien-gorge et tout ton corps risque d'être strié d'immondes vergetures qui ne te quitteront plus jamais de la vie (parce qu'au cas où personne ne t'aurais encore prévenu, en vérité je te le dis, les crèmes anti-vergetures c'est de la couille en barre, un placebo vendu très très cher à des femmes désespérées de voir chuter leur potentiel de bonnasserie). Et puis au mieux, la nature a été très sympa avec toi et tu es une sale petite privilégiée qui retrouve rapidement son ventre plat et son petit cul et qui se contente finalement d'une perte du volume des nichons assez dramatique ma foi mais pas tant que ça au regard de tout le reste. Parce que oui, ça aussi faut le savoir : si la grossesse et l'allaitement te pourvoient momentanément d'une paire de miches qu'aucune bimbo siliconée ne peut t'envier, faut savoir que ça ne dure pas et que, pire encore, tu y perds parfois sacrément au change. Hé ouais, va savoir ce qui se passe en dedans tes nénés, toujours est-il que parfois, la grossesse te fait payer cher tes quelques mois de gros nichons en reprenant tout d'un coup, et plus encore. Résultat : tu te retrouves au final avec des seins bien plus petits que ceux que tu avais avant, ce qui est un mini drame en soi quand on y pense.

Bref, tu l'as bien compris (ou alors tu le fais sacrément exprès), l'après-grossesse implique que la maman au corps meurtri s'emploie à suivre un programme dit de re-bonnassification afin de récupérer un maximum de son taux de bonnasserie initial et donc de revenir, évidemment, aussi bonnasse que possible. Mon programme personnel de re-bonnassification est déjà tout pensé. C'est limite si je l'ai pas déjà scotché sur le frigo en prévision du jour J où j'aurais évacué tout ce qui encombre mon utérus et où je serais prête à redevenir plus bonne que bonne.

Etape 1 : Perte de poids

Pour ça, je fais confiance à mon futur bébé super sympa pour boire le bon lolo de maman afin de me faire perdre toute cette vilaine graisse qui sera installée là et là et puis là. Et si bébé ne tète pas suffisamment, je te prie de croire que je vais pas me gêner pour investir dans tous ces patchs, ampoules et autres produits minceur qui promettent de faire la nique à ta cellulite et de t'envoyer pisser 78 fois par jour pour éliminer toutes ces mauvaises choses qui empêchent ton corps de s'apparenter à celui d'une déesse. Et si même avec ça, j'y arrive pas, compte sur moi pour recourir aux bonnes vieilles méthodes d'antant, à ces trucs qui ont largement fait leur preuve comme l'immonde soupe aux choux qui fait péter mais te fait perdre tes kilos en un rien de temps. Ou mieux, la pilule miracle vendue en douce sur internet qui te refile le ténia pour te faire maigrir en un temps record (calmez-vous les enfants, sur ce coup-là je déconne).

Etape 2 : Les nichons

Connaissant mon corps et sa réaction aux divers programmes post-nataux de re-bonnassification, je pense pouvoir boucler l'étape 1 en un temps record, et désolée que ça te rende jalouse si toi t'en chies depuis dix ans pour perdre les kilos de ta dernière grossesse. L'étape deux s'avère être la plus délicate et celle qui, je ne te le cache pas, me pose sacrément problème. Car comme expliqué plus haut, mes seins ont sacrément morflé d'un point de vue taille depuis mes dernières grossesse. C'est simple, le calcul est vite fait : si avant mon premier bébé je faisais un 90C bien rempli, qu'après mon premier accouchement je suis passé à un 90B sympa et qu'après le second accouchement j'ai lamentablement chuté vers un petit 90B à peine palpable, on veut estimer mon volume mammaire à venir proche du néant. Et non, je ne veux pas accepter de devenir plate comme un homme ou affublée d'une paire de tétons comme si j'avais douze ans, aussi suis-je déjà en train de baratiner mon cher et tendre au sujet des prothèses mammaires. Oui lecteur, tu pourras peut-être me traiter de pouf siliconée d'ici quelques mois mais je vais te dire, je m'en tamponne et si j'étais un homme je dirais même que je m'en bats les couilles tellement c'est un problème entre moi et moi. Ceci dit, à 3000 euros l'opération de remplissage de miches, je vais commencer par faire confiance aux remèdes miracles qu'on trouve sur le marché et qui promettent de repulper tes nénés et de redessiner ton buste. Si si, j'vous jure, c'est écrit sur l'étiquette, ils ont pas le droit de pas dire la vérité..

Etape 3 : Une fois que j'aurais retrouvé un corps de rêve et me serais familiarisée avec mon nouveau 95E (meuh non, j'déconne), je pourrais enfin me tourner vers une carrière de porno star rattraper toute la frustration sexuelle engendrée par mon gros bidon au cours des derniers mois. Car si le gros ventre n'empêche pas le sexe (manquerait plus que ça), il limite un tantinet les déplacements, dirons-nous. En d'autres termes, dis-toi que c'est pas pendant ta grossesse que tu vas t'épater en expérimentant des positions exotiques que tu ne te croyais même pas capable de faire tellement ça ressemble à un casse-tête chinois. Quand t'es enceinte, t'as plutôt intérêt à affectionner la levrette parce que ton gros bidon s'imposant entre ton chéri et toi, tu peux dire au revoir au sexe les yeux dans les yeux sous peine de lui filer un coup de ventre qui risque de lui faire rentre son petit dej', le pauvre. Donc, l'après-grossesse doit se fêter dignement par une reprise effrenée de la baise et une révision de l'intégrale du kama-sutra dans toutes ses versions. Et si chéri ne tient pas le rythme, ne lui laisse pas le temps de trouver des excuses bidons (et rappelle-lui que le coup de la migraine et des règles et réservé aux femmes) et donne lui une bonne dose de légendaire bois bandé afin de le transformer en infatigable marteau pilon bête de sexe.

Voilà. Et puis si toi aussi t'as envie de te laisser tenter par une potion magique concoctée par des druides à partir d'ingrédients naturels, tu peux aller faire un tour chez Santé Market car au cas où tu ne l'aurais pas encore pigé, ce billet est sponsorisé malgré lui.

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10 mai 2008

Profession : blogueur

capitaliste

C'est décidé les gars, désormais, je veux que mon blog me rapporte des pépettes. Mieux que ça, je veux et j'exige  que ce foutu super blog me rapporte enfin de la thune. Bah ouais quoi, je suis pauvre, je trouve pas de boulot, j'ai bientôt une bouche de plus à nourrir (allez va, faites-moi plaisir, sortez vos mouchoirs... ou votre chéquier, c'est encore mieux) et puis vu le temps hebdomadaire que je passe à raconter ma vie de merde argumenter sur des sujets hautement culturels et philosophiques via ce blog, j'estime que toucher un petit quelque chose serait un juste retour des choses.

Alors voilà, j'ai fait une liste des diverses solutions qui s'offrent à moi pour gagner des sous grâce à mon blog (dans le jargon, on dit pas "gagner des sous" mais "monétiser son blog"... si si, j'vous jure, c'est internet qui me l'a dit !) :

- Instaurer un système de "péage" sur ce blog : Tu as droit aux premières lignes de l'article gratis et puis si tu veux lire la suite, faut raquer, entre un et deux euros quoi... J'ai vérifié, y a des sites qui permettent de mettre en place ce procédé. > Oui MAIS, ce serait un peu se foutre de la gueule de mes gentils lecteurs. Parce que les petits chéris, depuis le temps que je leur livre ma vie gratuitement sur un plateau d'argent, ils comprendraient pas que je sombre dans le capitalisme le plus sordide pour le gratouiller deux euros, ce serait pas correct envers eux. Conclusion : Vu que je suis une fille correcte, même très très correcte (te marres pas), j'oublie cette triste solution. Quand même, vu le nombre de lecteurs que j'ai ces temps-ci, et sans vouloir me la péter (allez si va, j'me la pète rien qu'un peu), si tout le monde passait à la caisse à raison d'un euro par jour, je serai immensément riche. Bon ok, quand même pas. Mais je serais un peu riche, ça c'est sûr.

- Bosser à plein temps pour des plateformes de mise en relation annonceurs / blogueurs : Vu que j'ai l'art et la manière de te pondre des articles sponsorisés par le Dieu Capitaliste et ce, sans même que tu ne t'en aperçoives (du moins pas avant la moitié de l'article) tellement je fais ça bien (la preuve, t'avais remarqué que ce billet-là, c'était du billet sponsorisé ? Douée la Eve hein...), bosser à plein temps pour des sites prêts à me filer quelques dizaines d'euros pour la ramener sur tout et rien, ça peut être une bonne option pour bloguer sympa tout en étant un peu payée. > Oui MAIS ça je le fais déjà. Mais je suis pas assez populaire/influente/people pour prétendre à toutes les campagnes, notamment aux mieux payées, ce qui est dégueulasse et frustrant fort dommage quand on y pense.

- M'inscrire sur Google Ad pour pourrir enrichir mon blog de publicité bidon bien choisie > Oui mais non. Parce que la pub, c'est contre ma religion. Pis parce que je fais pas confiance à Google pour mettre des pub en cohérence avec mon blog. La preuve, récemment, via les annonces publicitaires imposées par Google/Canalblog, j'ai eu droit à "adopter un chaton". Tout ça parce que les mots "chatte" et "minou" sont trop présents dans mes billets. Conclusion : Ne pas faire confiance à Google. Et tenir compte du fait que mes lecteurs sont trop intelligents pour faire partie de ceux qui cliquent à tout va sur les liens publicitaires.

Bref, tu l'auras compris, faire de la thune grâce à son blog, c'est pas simple. Alors j'ai décidé d'élaborer une autre liste, une liste de méthodes un peu moins traditionnelle mais non moins efficaces :

- Créer une section payante réservée aux VIP qui auront payé un abonnement hors de prix pour zyeuter mes plus beaux clichés porno. > Oui MAIS je suis une fille bien. Et te marre pas. Et puis "ta mère à poil sur internet", ça craint un peu pour le développement personnel de mes millions de gosses. Conclusion : mon cul ne sera pas un personnage public.

- Partant du constat que la grande majorité de mes lecteurs, sous couvert de sympathie à mon égard et d'intérêt pour mon écriture génialissime, se connectent en fait à mon blog par pur goût pour le voyeurisme, je pourrais me connecter à une webcam 24 heures sur 24 histoire que t'aies encore plus l'impression d'être plongé au coeur de ma vie formidable. Imagines, tu aurais droit à ma vraie tête de mort au réveil( la mauvaise haleine en moins, merci le virtuel), à mes squattages de clavier en m'empiffrant de Schoko Bons, pis même que des fois, tu m'apercevrais me baladant en culotte Muppets avant d'aller me pieuter. Tout ça pour la modique somme de 178 € par mois, même pas cher. > Oui MAIS sans Steevy Boulay, le loft c'est moins marrant. Et sans Loana qui baise dans la piscine, c'est nettement moins vendeur. Conclusion > Le loft rock'n'roll, ce sera pas pour tout de suite.

- Je me prostitue sur internet via webcam, selon les bons conseils de mon propre frère et de Manu, futur père de mon enfant, qui devraient avoir honte, bordel, de me prostituer de la sorte !! J'espère que vous avez honte les gars de vouloir prostituer respectivement votre soeur préférée / femme de ta vie (ose dire le contraire et je te tatane ta gueule Manu). Voilà, vous êtes balancés publiquement, bande de sales pervers...

Bref bref bref, t'as pigé que j'étais pas l'as des as en matière de monétisation de blog, ni en matière de gain d'argent, d'une façon générale. Sinon je serais pas aussi pauvre, tu penses. Du coup, je prends la chose très au sérieux et je vais frapper à la porte de Monsieur Monetiweb qui, figure-toi, est un pro de la monétisation de blogs et rassemble désormais une communauté de blogueurs échangeant plans et astuces sur un forum entièrement consacré à "comment être pété de thunes grâce à son blog". Voilà, souhaitez-moi bonne chance pour ma course au million via mon blog, pour ma grande carrière de blogueuse professionnelle. Et en attendant, si vous voulez soutenir ma cause, envoyez-moi des sous, bordel !! Ou des cadeaux. J'aime bien les cadeaux.

Article sponsorisé

Posté par _eve_ à 09:58 - J'ai une vie de merde - Commentaires [4] - Permalien [#]

01 mai 2008

Comment je me suis faite avoir par mon propre embryon

pregnant_beer_chick

Bon, avec mes conneries de buzz/contre-buzz/anti-buzz sur ma prétendue-improbable-vraie-fausse grossesse, je me rends compte qu'y en a parmi vous qu'ont toujours rien compris. Bon les p'tits chéris, je suis enceinte pour de vrai, le démenti c'était juste une vilaine façon de me foutre de votre gueule, parce que je suis une méchante fille torturée par ses hormones qui fait des choses absolument déraisonnable ces temps-ci, comme rêver de cornichons aigre-doux au petit déjeuner.

Voilà, maintenant que tout le monde il a bien compris et que tout le monde a noté dans son agenda "penser à cadeau qui déchire sa race pour Eve et son nouveau bébé rock'n'roll", on peut passer à la suite de l'aventure de Démolul'Girl et de son utérus bionique. On s'en était arrêtés où déjà ? Ah oui, on en était à : "Oh my god je suis enceinte même si c'est impossible je suis la fille la plus maaaalchanceuse du monde et aussi la plus fertile (note pour plus tard : vendre mes ovaires sur Ebay)".

Donc...

Confrontée à cette nouvelle des plus inattendues et des plus dingues, il a fallu prendre une décision, tu penses. Car Dieu soit loué (je parle du Dieu païen qui est en faveur de l'avortement), on vit à une époque où l'on peut toujours renoncer à se reproduire une fois que la chose est faite. Et là, y a des connes qui bondissent sur leur chaise et me traitent déjà de meurtrière sans coeur parce qu'elles sont "over" contre l'IVG. A elles, j'annonce direct que ce genre de débat n'est pas le bienvenu sur ce blog, voilà c'est dit. Moi, dans l'absolu, j'ai toujours été en faveur de l'IVG. Même si, paradoxalement, j'avais le culot de prétendre que je n'appartiendrais jamais à cette catégorie de femmes qui avortent au cours de leur vie. De la même façon que j'ai cru que je ne serais pas le genre de femme qu'on pourrait tromper et vice versa, qu'aucun homme ne lèverait jamais la main sur moi et que jamais de la vie je ne me reposerai sur de la purée Mousseline pleine de produits chimiques au lieu de faire une bonne vieille purée avec des vraies patates... Bref, une sottise sans nom. Car le coup du "ça n'arrive qu'aux autres" et des bonnes résolutions impossibles à tenir, y a longtemps que j'aurais dû piger que c'est du flan. Bref, tout ça pour dire que la décision, y a bien fallu la prendre et en l'occurence, le choix était vite fait.

Liste 1 : Bonnes raisons de garder cet embryon
- Tuer un être humain en devenir, même au stade larvaire, c'est mal
- A ce rythme là, plus que deux ou trois gosses et je peux concurrencer la Mano Negra en montant un groupe de rock avec ma progéniture

Liste 2 : Bonnes raisons de ne pas mener cette grossesse à terme
- Sujet bébé jamais évoqué avec le géniteur
- Pauvre
- Sans job
- Si bébé supplémentaire, serai sans job pendant les quatre prochaines années
- Si suis sans job pendant les quatre prochaines années, vais continuer à être plus pauvre que pauvre et ça, je vais pas le supporter
- Grossesse = ENFER. Pas prête à me retaper les nausées, les vomissements, les hémorroïdes, les seins douloureux, les jambes lourdes, les aigreurs d'estomac.
- Pas envie de ressembler à nouveau à une baleine
- 3 gosses de 3 pères différents, c'est un peu la loose. La partie de ma famille qui ne m'a pas encore reniée ne va pas tarder à le faire.
- Avec 3 gosses, fini les concerts tous les week-end vu que cet enfant là, il passera pas ses week-end chez son père (vu que le père, je vais essayer de pas le quitter ce coup-ci... et vu qu'il a pas intérêt à me quitter non plus vu que je suis la fille la plus formidable du moooonde eeeentier)
- Le sexe pendant la grossesse, c'est sport. Et moi, pas prête à mettre ma libido entre parenthèses

Bref, tu comprends qu'on a eu vite fait de peser le pour et le contre et, mis à part les arguments à la con qui, je te jure, n'ont finalement pas été pris en compte, on a jugé définitivement plus raisonnable de s'en tenir là et de demander au petit oeuf insignifiant agrippé à mon utérus de bien vouloir déménager sous peine d'expulsion. Alors je suis allée chez mon gynéco, comme une grande fille. La mort dans l'âme, certes. Car soyons bien d'accord, une IVG, c'est jamais simple, même quand tu t'efforces de te convaincre que t'as pas d'autres choix possible. Et autant dire que quand t'arrives dans une salle d'attente pleines de femmes enceintes qui se caressent le ventre pendant que le mari règle le caméscope, prêt à filmer l'échographie, tu te sens comme une toute petite merde et t'as juste envie de mourir. Bref... Mon tour arrive :

"Bonjour Docteur alors voilà, j'ai fait un test de grossesse positif et cette grossesse je peux vraiment mais alors vraiment pas la mener à terme parce que j'ai pas un rond voyez-vous et puis j'ai déjà plein de bébés même que le dernier est encore tout petit et que personne veut me donner de travail bref c'est galère c'est la loose totale...
- Calmez-vous madame, on va voir ça. On va faire une échographie de contrôle pour que je vous soutire 75 euros en moins de cinq minutes vérifier tout ça. Et puis ensuite, on mettra en place le traitementpour l'IVG médicamenteuse. Mais au fait, vous étiez sous pilule ?
- Oui.
- Ah. Il aurait fallu demander un stérilet !
- Je l'ai fait.
- Ah.
- Trois fois.
- Ah.
- Et vous me l'avez refusé. Trois fois.
- Ah... Bon... Passez à côté madame, déshabillez-vous jusqu'à la ceinture, on va voir ce que ça donne à l'écho."

Déculottage, allongeage sur la table d'auscultage (je sais que tous ces mots n'existent pas mais ça me regarde si j'ai envie de faire des rimes en AGE), enfilage de sonde le moins délicatement possible. Au passage, un mythe va s'effondrer pour beaucoup de lecteurs couillus : sachez définitivement messieurs que NON, ça ne fait pas du bien d'aller chez le gynéco., on ne prend pas notre pied quand il nous enfile un speculum ou une sonde ou nous fait un frottis, mais alors pas du tout.

"Alors, voyons... Aaaaah... Une bonne nouvelle pour vous madame.
- ??????
- Il n'y a pas d'embryon ! Vous voyez, il y a bien un oeuf mais cet oeuf a une forme anormale, ce qui implique qu'il n'est pas viable. Et à l'intérieur de l'oeuf, vous voyez, il n'y a rien. On devrait pourtant déceler un embryon mais il n'y a rien... Voyez... Je vais zoomer... Vous voyez, RIEN, juste des débris mais pas d'embryon. C'est plutôt une bonne nouvelle pour vous, non ?!!
- Bah oui, en l'occurence ça m'arrange plutôt bien.
- C'est parfait. Vous allez donc rentrer chez vous et attendre. D'ici quelques jours voire quelques semaines, vous allez faire une fausse couche. Vos règles vont revenir, ce sera juste plus abondant mais vous verrez, tout va se faire le plus naturellement du monde : cet oeuf, votre corps s'aprête à l'expulser de lui-même !
- OK. Vous me donnez quand même le traitement IVG ?
- Nooooooon, pas la peine madame. Vous comprenez, il s'agit d'un mauvais ovule qui a rencontré un mauvais spermatozoïde, l'embryon n'a pas pu commencer à se dévenlopper normalement, votre organisme ne va pas s'encombrer d'un oeuf vide. Inutile de prendre quoi que ce soit, la nature va faire les choses comme il se doit.
- OK.
- Bon, ça fera 75 euros à régler à la secrétaire, on se revoir dans six semaines pour contrôler que tout se soit bien évacué ce qui me donne un prétexte pour vous coller une nouvelle échographie à 75 euros tant qu'à faire."

Voilà, retour à la normale, tout le monde il est content : le gynéco, parce qu'il vient de faire une écho avec un dépassement d'honoraires pas négligeable histoire de rentabiliser son bel appareil écho 3D qui lui vaut d'être le médecin le plus demandé de la région (business is business), Eve, parce qu'elle n'aura jamais à vivre avec le poids d'une IVG ni avec la question fatidique "ai-je fait le bon choix", et Manu parce qu'il aurait jamais supporté une dépression post-IVG de sa Eve déjà sacrément arrangée des neurones, ni un troisième bébé alors que les deux déjà présents le fatiguent comme t'imagines pas. Tout le monde étant content, la vie reprend son cours normal, avec ses concerts, ses pogos, ses cruches de bière et toutes ces vilaines choses que tu fais pas quand t'es enceinte mais quand l'occurence, je pouvais faire vu que j'étais paaaas enceinte euh !! Evidemment, détail qui tue, je me ballade 24 heures sur 24 avec une couche pour mamie incontinente scotchée à la chatte des fois que la fausse couche libératrice ne déboule. Bah oui, faut prévoir ce genre de choses. Une fausse couche, ça te gache un concert comme un rien, ça te fout la honte à la caisse du supermarché, bref, c'est plus cool quand ça débarque et que t'es en jogging chez toi.

Pis j'attends. J'attends une semaine. Deux... Trois... A la cinquième, j'en ai marre de mes Vania géantes a fond du slip alors je rappelle le gynéco en lui disant que je suis quand même bien malade pour une femme enceinte de rien. Il dit que c'est normal, que mon organisme produit des hormones de grossesse, mais que je ne dois pas m'inquiéter, que ça peut parfois prendre un peu de temps. Bon, j'dis d'accord docteur, au revoir docteur et puis c'est tout. Et puis quelques jours plus tard, je fais ma Eve : je pète un boulon. J'en ai marre, je décide d'aller piquer ma crise aux Urgences de l'hosto pour me faire refiler le fameux traitement afin d'en finir avec cette histoire (n'oublie pas qi'à l'époque, je cherche du boulot donc éviter de se vider de son sang pendant un entretien ou une journée d'essai, c'est préférable dans l'ensemble). A l'accueil, je fais la fille désespérée, qui a du mal à supporter l'idée d'être enceinte de rien, je dis que psychologiquement c'est dur de se sentir enceinte sans l'être, bref, je suis une méchante petite manipulatrice qui joue très bien la comédie, mais j'assume. Du coup, on me reçoit en urgence pour m'administrer le fameux traitement. Mais évidemment, on me refait une écho, c'est obligé ce truc. Pour confirmer le diagnostic du gynéco génial et très réuté qui m'a diagnostiqué un oeuf clair et une grossesse non évolutive.

Sauf que l'interne qui me reçoit, elle me demande, perplexe : "Il a dit quoi votre gynéco ??!!" suite à quoi je lui refais le topos. Et suite à quoi elle tourne l'écran de l'écho en me demandant : "Ben ça c'est quoi alors ?". Et là, étant donné que je pleure en voyant une bestiole avec un coeur qui bat et qui fait du bruit, elle s'efforce d'être un peu gentille et m'annonce quand même que je suis à dix semaines minimum, peut-être plus. Que tout est normal. Que le diagnostic de mon médecin, bah elle comprend pas, c'est honteux. Et comme je pleure de plus belle, elle me dit que j'ai encore quelques jours pour me décider, quelques jours seulement car au cas où je voudrais pas le garder, faut compter le temps nécessaire à une visite chez un gynéco, puis à la clinique, refaire une écho de datation précise, faut programmer l'intervention ce qui peut prendre du temps (vu que, pour le coup, on passe de la prise de pilule magique qui fait tout sortir de ton corps à une bonne vieille dilatation à la barbare de ta chatte et à une aspiration de tout ce qui se trouve dans ton utérus... charmant et un rien éprouvant), bref, y a plus le temps de finasser.

Imagine-toi...

T'as trois jours pour décider du sort d'un tétard qui barbote gaiement dans ton corps, d'un petit saligaud qui s'est planqué à l'échographie pour être sûr de pas finir dans les chiottes...

Re-écho. Re-nouveau gynéco scandalisé par le diagnostic de Docteur Echo 3D. Confirmation de l'avancée de la grossesse : 11 semaines. Là ma grande, t'as plus que quelques jours pour tout gérer...

Y a fallu refaire une liste ma foi...

Liste 3 : Bonnes raisons de subir cet IVG
- Se reporter à la liste 2

Liste 4 : Bonnes raisons de ne pas subir cet IVG
- C'est trop de la barbarie pour ma pauvre petite chatoune d'amour
- Le micro haricot ressemble maintenant à un mini bébé. Ca craint.
- J'ai entendu son coeur battre. Si j'avorte, ce bruit va hanter mes nuits.
- Finalement, avoir plein de bébés, c'est assez rock'n'roll dans l'ensemble

Bref, voilà, la nouvelle est tombée : on le garde, même si on réalise toujours pas la chose, même si on croit que c'est encore un gros gag, même si je m'attends à une nouvelle erreur de diagnostic à chaque nouvelle consultation (du genre : "Voyons à l'écho... Tiens, ça alors ? Ben non, en définitive, y a pas d'embryon m'dame !"). Mais bon, le gentil docteur a confirmé qu'y avait un bébé dedans mon utérus. Même que maintenant, il a des bras et des jambes et il bouge. On voit déjà qu'il maitrise le wockènwoll. C'est pour ça qu'on l'emmène à Birmingham dans deux jours pour voir les Damned et les Rezillos. Le brave petit, quand on lui fera la liste de tous les concerts punks qu'il s'est tapé in utero, il va pas en revenir le brave petit.

PS : Avant qu'un connard me pose la question fatidique "Et tu vas l'appeler comment le petit ?". J'annonce : il s'appellera Rambo ou Conan. Et si c'est une fille, ben elle s'appellera Rambo. Ou Conan.

Et sinon, c'est le moment de préparer votre CB, je termine ma wish list de cadeaux de naissance. Et cette fois-ci, les cadeaux, je les mérite hein !!! Après tant d'exploit, pas me gâter, ce serait dégueulasse quoi.

Posté par _eve_ à 15:04 - J'ai une vie de merde - Commentaires [39] - Permalien [#]

29 avril 2008

En direct de l'utérus de Démoule Girl

pregnant1

free music

Inutile de nier, lecteur, mes statistiques parlent pour toi et je suis désormais en mesure d'affirmer, chiffres à la clé, que tu n'es qu'un sale petit voyeur doublé d'un pervers sadique. Et pour cause : y a rien que tu kiffes plus sur ce blog que le racontage de vie pur et dur et, pour couronner le tout, plus le racontage en question témoigne d'une vie merdique pleine de démoule, plus tu kiffes ta race. Dis pas non hein, j'te crois pas. Mes statistiques, elles ne mentent pas et elles me disent clairement que t'en as ranafout' du dernier concert des Buzzcocks, que tu t'en tamponnes de la sortie du nouvel album des Wad Billys et que, d'une façon générale, tu te désintéresses de toutes les chroniques ultra culturelles de ce blog, de même que tu ignores toutes les questions existentielles qui y sont abordées (bien sûr qu'y a des questions existentielles abordées sur ce blog, "comment survivre au milieu des cons", par exemple). En revanche, si y a une chose qui t'intéresse et te passionne plus que tout, c'est de savoir si je suis plus tampon que serviette (voire carrément coque à chatte écolo, vive les private joke), si les rideaux de ma chambre sont roses ou bleus,  si je tripe plutôt sur la levrette ou le missionaire (missio-quoi ?), bref, tout ce qui touche à ma petite vie de merde prend une importance considérable dès lors que c'est mis en ligne sur ce foutu blog. Va comprendre...

Bref, en fille subtile et intelligente que je suis, révoltée à ses heures et toujours prête à faire chier son monde, mon attitude normale consisterait à boycotter définitivement ces tranches de vie déplacées, rien que pour t'emmerder (et pour t'inciter, au passage, à m'envoyer des cadeaux pour que je reprenne le racontage de vie de merde en bonne et dûe forme). Mais bon, moi je suis aussi une fille gentille, même si t'as du mal à le croire. Vrai de vrai hein, j'aide même les petites vieilles à traverser la route des fois (ça t'la coupe hein). Pis bon, j me dis que si je perds le peu de lecteurs que j'ai à trop les frustrés, j'aurais plus qu'une seule lectrice (merci maman) et ce blog ne serait plus aussi marrant. Déjà, parce qu'on pourrait plus se cartonner dans les commentaires et que cela me manquerait considérablement, pis parce que sans blog, je saurais plus trop quoi foutre de mon temps libre pendant la sieste des gosses (refaire le ménage ??! mais quelle drôle d'idée...). Je risquerais de sombrer dans le tuage de temps poussé à l'extrême en matant les émissions débiles de MTV, en me faisant les ongles voire pire, en m'inscrivant sur un forum de mamans au foyer sur lequel je parlerais de mes enfants formidables et livrerais ma recette de tarte à la rhubarbe encore plus bonne que moi.

Donc voilà, pour ma survie personnelle et pour le bien-être de l'humanité, j'ai décidé de répondre à tes attentes perverses, lecteur, à savoir mettre en ligne mes photos porno te raconter ma petite vie éperduemment passionnante dans laquelle ça bouge nettement plus que dans Les Feux de l'Amour. Et pour le coup, je pousse le vice jusqu'à te parler de mon utérus, si ça c'est pas répondre à du voyeurisme malsain... Oui bon, ça va les gars hein, calmez-vous, j'ai pas dit que j'allais parler de mon vagin, juste de mon utérus. Et pour infos, que les pas doués en anatomie sachent que l'utérus, tu peux pas faire du sexe dedans, voilà, c'est dit. Et si malgré cette nouvelle tu continuer à triper sur mon utérus, c'est que t'as un vrai problème mon gars.

Bref, voici le premier volet de la nouvelle aventure de Démoule Girl, la super-héroïne qui attire la démoule comme la merde attire les mouches et comme les sacs Guess attirent les poufs. Mieux que le coup de la panne d'essence à Paris by night, mieux qu'une frange ratée pour la soixante douzième fois, mieux qu'un super job qui me file entre les doigts pour la raison la plus conne du monde, mieux qu'un mariage raté où la mariée pleure et vomit son vin, j'ai nommé... suspens... "Faire un bébé quand on veut pas de bébé et qu'on sait comment faire pour pas en faire mais qu'au final on en fait quand même". Oui je sais, ça a pas l'air simple. Tu m'étonnes...

Bon. C'est l'histoire d'une fille belle, intelligente et moderne qui vit avec son temps. Oui tout de suite, tu m'as reconnue. Et qui prend la pilule comme toute fille branchée qui se respecte. Et cette fille fort instruite est incollable sur la question "comment faire ou ne pas faire de bébé" pour en avoir eu elle-même deux au cours des quatres dernières années. Même que ces deux-là, elle voudrait bien les revendre sur Ebay vu qu'ils sont en train de se tataner la gueule depuis une demi-heure pour jouer avec la même serviette de toilette, car c'est connu qu' ya rien de plus tripant comme jouet qu'une serviette de toilette ou la tête de son frère. Pardon si je m'éagre, c'est le syndrôme mère indigne qui refait surface. Bref, revenons-en à cette fille formidable et instruite qui prend la pilule, j'ai nommé : moi. La pilule et moi, on peut carrément dire qu'on est des vieilles potes tellements ça fait longtemps qu'on se cotoie. Alors tu penses, je sais pertinemment comment elle fonctionne la bougresse et je sais aussi que le risque d'échec de contraception sous pilule est tellement insignifiant qu'on en parle même pas. Et comme je suis une fille qui, pour le coup, préfère prévenir que guérir, je pousse le vice jusqu'à compter mes cycles pour déterminer les jours à risque au cas où ma pilule déciderait de faire des siennes (ça arrive, même que c'est un dérèglement hormonal, c'est le docteur qui me l'a dit). Et comme je suis une sacrée vicelarde paranoïaque, je m'arrange pour que les zozos reproducteurs n'atterissent jamais là où ça risque de donner lieu à un bébé pendant les jours à risque, demandant gentiment à mon bien aimé de veiller à s'égarer là où il veut sauf dans le chouchou et dans les cheveux. Bref, si on résume, ça donne ça : pilule + comptage de cycle + éjaculation loin loin loin du méchant vagin = aucune chance de tomber enceinte.

Ouais, c'est ce qu'on dit. Sauf que t'oublies que tu as affaire à Démoule Girl. Et que simultanément, ma pilule a décidé de se mettre en grève sans préavis, que mon ovulation a prolongé ses RTT sans mon accord et s'est pointée avec dix jours de retard, et que les zozos de Manu, bah c'est juste des supers guerriers bioniques, et qu'en plus, mes ovules, ils envoient des messages radios intergalactiques pour être sûrs d'être fécondés à coup sûr à la première occas'. Et tout ça, sans mon accord évidemment, alors que merde je suis la première concernée, on aurait pu faire une réunion exceptionnelle et en parler tous ensemble, et j'aurais mis mon veto sur leurs putains de décision, et du coup, y aurait jamais eu de saloperie de barre bleue sur le test urinaire, ni de deuxième barre bleue sur le deuxième test urinaire, et j'aurais pas été obligée de pleurer à la pharmacie en brandissant mon test et en suppliant la pharmacienne ahurie de me dire que c'était un faux positif (chacune sa croix la Blonde... Toi t'es grillée dans le tabac en bas de ta rue à cause de ton histoire de Chupa Chups et moi j'ose plus regarder ma pharmacienne dans les yeux depuis que j'ai perdu le contrôle et me suis auto-humiliée devant son comptoir).

Oui, marre-toi, t'as le droit. C'est méchant, c'est petit, mais marre-toi quand même. Car à ta place, je ferais la même chose. Parce que cette histoire, je te l'accorde, elle dépasse l'entendement, elle relève du surréalisme le plus total. Moi-même quand je la raconte, j'ai du mal à me croire. Mais promis, c'est pas un gag. Et si tu t'es bien marré suite à ce récit fort en démoule, petit salopard, aprête-toi à te pisser dessus tellement tu vas te marrer demain. Parce que ça, c'était juste l'épisode 1 de cette démoule story. Demain, y a la suite, et la suite elle s'intitule : "Comment j'ai été enceinte puis pas enceinte puis re-enceinte". Et là ma parole, on entre carrément dans le domaine du surnaturel tellement cette histoire elle est à peine croyable. Cette histoire, elle a même inspiré un épisode de X-Files tellement elle est dingue.

A demain pour la suite des aventures passionnantes et totalement délirantes de Démoule Girl, la fille qui attire la schkoumoune plus vite que son ombre.

Posté par _eve_ à 14:10 - J'ai une vie de merde - Commentaires [31] - Permalien [#]

23 avril 2008

Bienvenue chez les Ingalls

maison_bois

La maison de mes rêves...
Si tu m'aimes très fort lecteur, et si t'es très très riche, tu peux me la payer tu sais.

J'ai une révélation à te faire lecteur : on va tous mouriiiiiir !!!
Non, je ne me drogue pas.
Non, je n'ai pas bu.
Non, ce n'est pas un bad trip dû à mon taux croissant de BHCG.
Non, je ne suis pas en proie à un mauvais délire mystique et n'ai, rassure-toi, intégré aucune secte annonçant l'invasion prochaine des méchants extra-terrestres ou l'extinction du soleil à la fin de la semaine.
Et je sais que tu sais. Ben oui, tout le monde sait qu'on va tous mourir. Quoi ? Ah non, toi tu savais pas ? Ben merde alors, je viens de briser tes illusions...

Bref, trêve de connerie, pour changer un peu. Viens là que je t'explique le fond de ma pensée...
A une époque où l'essence devient un produit de luxe, où bouffer de pâtes six jours sur sept n'est plus reservé aux pauvres, où tes cinq fruits et légumes frais quotidiens, tu te les carres au cul bien profond tellement ils sont chers, où l'ANPE ne te propose que des mi-temps censés de permettre de vivre décemment, où tu claques la moitié de tes revenus dans un loyer exorbitant pour un vieil appart où les prises électriques font des étincelles et où les fenêtres vétustes multiplient par cinq ta facture de gaz hivernale, bref, en ces temps ô combien difficile, il semble devenu vital de trouver des solutions radicales pour continuer à vivre décemment. Ben ouais, c'est la vie : je me plains de mes 90 euros par mois tous revenus confondus, je console ma soeurette qui pleure parce qu'avec ses 40 heures payées à peine plus de 900 euros elle arrive plus boucler le mois, je lis mes consoeurs blogueuses/pigistes pauvres et desespérées, j'entends le frérot brillant opter pour un apprentissage parce qu'il faut bien gagner des sous... bref, je me rends compte que ça craint pour tout le monde, que tout le monde carbure au régime pâtes premier prix/eau du robinet/pommes en promo. Et au moment où je te parle, je m'empiffre de Nutella directement à la petite cuillère, et je m'imprègne bien de ce goût délectable, une larme accompagnant ma pensée du moment : "Si l'inflation se met à toucher le secteur de la pâte à tartiner, je vais désormais devoir vivre  sans ce goût-là... bouhouhou, c'est trop cruel !!!".

Nan mais sérieux les gars, j'en rajoute un peu... mais pas tant que ça. Tu te rends compte qu'on vit dans une époque où les gens galèrent pour bouffer correctement ? Où t'oses plus prendre tes mômes en courses de peur qu'ils mettent un paquet de gâteaux de trop dans ton caddie, où tu compares les marques premier prix, où t'oses même plus lire les étiquettes de ce que t'achètes tellement tu sais que tu vas manger de la merde, où Lidl devient le seul magasin où t'es encore à peu près apte à remplir un demi caddie... Bref, c'est la der des der comme on dit chez nous. Alors, que faire ?!

Mon petit frangin et moi, on en cause...:
"T'sais quoi, on va finir par tous quitter la ville pour revenir s'installer à la campagne. On cultivera notre lopin de terre, on élevera des poules, et on vivra comme ça.
- Ouais, et le système capitaliste cèdera sa place au troc.
- Ouais, pas mal... Pour bien faire, faudrait qu'on vive en communauté. Pas une grande ommunauté hein, pis pas avec n'importe qui, on voudra pas de cons chez nous. Une petite communauté où chacun aurait sa maison mais où on partagerait certaines tâches, comme l'élevage des bêtes et le jardinage...
- Et on vivra dans des maisons en bois écolo munies de panneaux solaires...
- Oui, mais par contre on renoncera au semblant de chiottes qui consiste à recouvrir ses merdes de sciure avant de vider son seau dans la forêt hein. Faut pas déconner, on est pas des hippies, on va quand même pas renoncer à tout le confort.
- Ah bah ouais, c'est clair. Et tant qu'à faire, on s'installera sur un terrain militaire désaffecté ou bien on trouvera une autre combine pour vivre en dehors des lois.
- Oui, il nous faut un endroit où on pourra vivre selon nos règles, où les gens pourront fumer leur pétard au grand air et se ballader à poil s'ils le veulent (et pourtant je suis pas pour le pétard hein, je veux pas d'une communauté de hippies de base)."

Et cet endroit, on l'a trouvé. Ca fait même des années qu'on biche dessus ou plutôt, devrais-je dire, que le patriarche biche dessus. Cet endroit, c'est une sapinière privée, pas loin de notre fief, une grande sapinière entièrement cloturée et paumée entre les champs et la forêt au milieu de nulle part. Un truc qui attirerait un tueur en série quoi. Bref, cette vaste propriété, elle appartient à des gens qui en font que dalle ou presque et le rêve de mon père, ben c'est évidemment de l'acheter et de s'y installer avec femme, enfants, petits enfants et presque-gendres. D'entrée, toi qui connaît le père de par mes récits héroïques, tu te dis que faut vraiment le vouloir pour vivre en communauté avec cet homme-là. Sauf que mon frère et moi, on a pensé à tout. Chacun aura sa maison. Suffisamment éloignée de celle du voisin, évidemment. Faut que je puisse organiser mes soirées fétichistes tranquillement, que Manu puisse fumer son pétard sur la terrasse sans que le père lui tombe dessus, bref, faut que personne ne gêne l'autre. Pour le jardin et tout le reste, on s'organise. moi par exemple, je serais dans l'équipe qui sera de corvée de poulailler et de jardinage, vu que j'ai que ça à foutre, et vu qu'en plus, ça amusera ma marmaille hyperactive. La mère, elle brodera sur son rocking chair et elle nous fera du ragoût de haricots blancs comme Caroline Ingalls, le père, ce sera Charles Ingalls, il coupera du bois devant la maison (mais pas à la tronçonneuse hein, à la hache, sinon rien... et vêtu d'un pantalon à bretelles hein !!) et puis...

...et bon, ok ça va, je sors de mon trip "retour à la nature". Je finis mon pot de Nutella sur mon canapé Ikea en faisant semblant de pas avoir froid à cause du simple vitrage préhistorique, rêvant d'un feu de cheminée, de tomates poussant dans le jardin, de chiens et de mômes qui galoperaient en liberté et d'un coq qui ferait pas Cocorico à six heures du mat' tellement il serait bien élevé. Donc papa, si tu passes par là (ce qui ne risque pas d'arriver, et c'est pas plus mal) : si tu achètes la sapinière, je veux bien investir. Les vingt euros que tu m'as filés t'aleur parce que t'as eu pitié de moi, je veux bien les mettre dans la caisse commune au lieu de les dépenser ailleurs.

C'est bon de rêver.

Edit : Je m'adresse à l'internaute qui a atteri sur ce blog en tapant les mots-clés "J'ai trop de fric" dans la barre de recherche Google. Félicitations mon brave, Google t'as conduit à la bonne adresse ! En lisant ce blog, tu comprendras que tu est tombé pile poil sur un blog dont l'auteur a grand besoin de thunes et à qui un gentil petit chèque ferait bien plaisir ma foi. Allez va, cesse de te faire violence et débarasse-toi de ce fric qui t'encombre. Ca me fait plaisir de pouvoir te rendre service. :)

Edit (ouais, encore, et alors ?!) : T'as remarqué, maintenant sur ce blog, tu peux t'abonner à la  newsletter, youhou ! Va savoir, y aura ptetr des photos de meufs à poil dans la number one, juste histoire de fêter l'évènement... Allez, vas-y voir, c'est tout en haut à gauche, juste sous la photo de ma demi-trombine.

Posté par _eve_ à 22:35 - J'ai une vie de merde - Commentaires [12] - Permalien [#]

22 avril 2008

Pauvre je suis, pauvre je serai

rich


La citation du jour :

"C'est facile d'être punk quand on est pauvre"
Manu, philosophe underground

Tu sais désormais ô combien l'argent est un sujet sensible en ce qui me concerne. Et pour cause : j'en ai pas. L'époque où je gagnais de vrais salaires décents est tellement lointaine que je peine à m'en rappeler, à croire que ça n'a même jamais existé. Pis me connaissant, tu te doutes que quand on est une fille qui cumule pauvreté et démoule, ça donne un cocktail détonnant aux conséqueces parfois déplorables et qu'y a des jours où t'as juste envie de gueuler "Yanamarre !!!!" et de braquer une putain de banque (avec un monstrueux gode à billes rotatives multi-vitesses que je pourrais presque faire passer pour un dangereux pistolet laser à particules). Parce qu'en fait, viens-là que j'te raconte ma légendaire démoule sur le sujet...

Ca fait désormais près d'un an que je cherche du boulot, ne chipotant ni sur le salaire ni sur le poste, acceptant volontiers les jobs de merde à temps partiel, envoyant chaque semaine au moins un CV et me connectant tous les jours sur le site de l'ANPE dans l'attente de l'improbable parution d'une annonce valable. Mais rien, que dalle, nada. Je me suis même inscrite aux Assedic pour bénéficier d'un suivi individuel à l'ANPE. Hé oui, je m'y suis inscrite pour ça et pour rien d'autre parce que mon année en tant que rédactrice n'est pas prise en compte dans le calcul de mes droits au chômage, de même que mon activité au titre d'une société en nom propre. Autrement dit : j'ai beau avoir bossé deux ans non stop, j'ai droit à que dalle, pas un seul centime. La dame de l'ANPE me reçoit pour m'aider à trouver un job. Sauf qu'y a rien dans la rédaction. Pis rien dans l'enseignement. Pis rien dans le secrétariat ni rien nulle part, vu qu'en dehors de ça, les employeurs recherchent soit des étudiants, soit des gens peu diplômés ou pas diplômés du tout. Parce que la meuf diplômée, elle a la réputation d'être une chiante qui exige trop de sous alors pour la peine, on la zappe direct sans la connaître. Bref... La gentille madame me demande tout de même mes exigences en terme de déplacements et de salaires. Moi, pas gourmande, j'estime que 1200 euros pour un temps complet, c'est pas énorme quand on a un niveau universitaire et qu'on a déjà eu des jobs payés plus que ça. Et j'ajoute que je suis prête à me taper 50 bornes s'il le faut, moi pas peur, moi aventurière. Elle consulte son fichier... Y a évidemment que dalle... "Ah si !", dit-elle en m'imprimant une feuille pour un job auquel je suis déosrmais officiellement tenue de postuler sous peine de radiation de l'ANPE et de suppression des alloc' chômage 'que je ne touche évidemment pas) : secrétaire à 39 heures semaine, à 4O bornes de chez moi, pour 970 euros par moi. Déduis de ça la garde quotidienne de deux gosses, tiens compte du fait qu'avec mon troisième marmot dans l'utérus et un début de grossesse compliqué, je risque de pas les gérer longtemps ces foutues bornes, et fais toi même ta conclusion : v'là encore un poste qui vaut que dalle. Pas que je sois contre le fait de bosser, loin de là, tu penses. Mais disons que, sans parler du gouffre financier que représente désormais l'essence et l'entretien d'un véhicule, ne pas voir ses gosses de la semaine pour laisser une demi-paye à la nourrice et obliger le chéri à s'improviser subitement maman de substitution qui gèrera les gosses de temps en temps (et Manu, c'est pas trop le genre Tony Miccelli dans Madame est servie même s'il y met du sien), en toute objectivité, je suis pas sûre que ça vaille franchement la peine, disons qu'on a vu plus rentable dans le genre.

Alors dis-moi voir, je fais quoi moi ?? Déjà que là, c'est chaud bouillant pour jongler avec des horaires de boulot, ceux de l'école, de la crèche du petit et de la nourrice censée prendre le relais (d'ailleurs amuse-toi à trouver une nourrice agrée en quelques jours lorsque tu dégotes enfin un job), disons que ça va vite devenir totalement ingérable pour pas dire surréaliste. parce qu'en plus, pour l'instant ça va, vu que je suis une méga bonnasse qui mérite de faire des jalouses tellement son ventre il est plat à trois mois de grossesse, j'ai pas de quoi inquitéer mon futur employeur avec un futur congé de maternité. Mais d'ici peu, mon ventre magnifique va pas tarder à prendre du volume (et je préfère ne pas y penser, ça va me faire pleurer) et à partir de là, accroche-toi pour te faire embaucher, sachant que l'employeur il est bien informé sur le fait qu'à partir du troisième mouflet, le congé de maternité est sacrément prolongé. Donc voilà, je suis grillée sur toute la ligne. Et cet automne, quand j'aurais pondu mon chiard et que j'aurais retrouvé mon 36 fillette, ben j'aurais rien que trois mini gosses à la maison, dont deux non scolarisés, et du coup pour trouver du boulot, ça va juste se réumer à ça : un gros gag auquel t'as même pas le droit de penser.

Voilà ma définition actuelle de la vie de merde. Pour un peu, je me laisserais même tenter par l'idée de poster sur viedemerde.fr, je trouve que je serais une sacément bonne candidate pour ce site. Car c'est sans compter les détails de ma mise en cloque qui, on peut le dire, dépassent totalement l'entendement, sont tout bonnement issus de la quatrième dimension.

Alors dis-moi lecteur, que me reste-t-il à faire ? J'ai fait une liste des diverses possibilités de gagner de la thune sans en perdre davantage ou au moins autant en nourrice/essence et tutti quanti. Et la liste, elle est pas longue :

- Comme me l'a suggérée une amie dont je tairais le nom, je serais une bonne candidate pour être escort girl. Même que d'après elle et ses connaissances dans le réseau, je pourrais demander du 500 € de l'heure. Ce qui signifie, pour les qui-pigent-rien, qu'elle confirme que je suis totalement bonne rien qu'à vue d'oeil. Seulement le truc, c'est que, contrairement à ce qu'osent encore croire les dindes et les machos de base, une vraie escort girl, on la paye pas pour aller au restau et lui offrir le champagne dans une suite luxueuse en se contentant de lui toucher l'épaule. Hé ouais, sortez-vous la tête du cul, on n'est pas dans un film là, ici c'est la vraie vie, et dans la vraie vie ben l'escort girl, aussi bonne et respectable soit-elle, elle se fait juste salement baiser par des types certes riches mais au potentiel de mocheté, de vieillesse, de perversité et de non-hygiène au moins égal à celui du commun des mortels. Alors quitte à me faire baiser par un vieux pervers, autant me contenter de mon gentil Manu qui me paye pas (mais fait les courses) et qui est joli. Et qui fait ça bien.

Laissons donc tomber l'option "escort pute"...

- Vendre des trucs. Ca, je sais faire. Je parle pas de vendre des trucs dans une boutique car sache que pour ce type de contrat, je suis pas assez jeune et pas assez étudiante et que, par conséquent, y a pas moyen de me sous-payer en me changeant mes horaires toutes les demi-heures. Moi j'te parle de vendre des trucs de moi. A ce propos, si t'es attentif, t'auras remarqué que dans mes albums photos, y a désormais un petit nouveau : l'album de la "foire aux godes". hé oui mes p'tits chéris, j'ai retrouvé des rescapés de mon stock d'ancienne sextoyeuse professionnelle, des joujoux tout neufs et jamais épuisés utilisés par moi que j'ai la sympathie de te vendre évidemment moins cher que la moyenne. Seulement, tu penses, c'est pas mes quatres godes qui vont combler mes 360 euros de découvert (et j'te parle pas des frais de rejet qui vont creuser encore un peu plus la cave). Alors je fais le tour des trucs que j'ai à vendre. Mais le truc, c'est que vu que ça fait des mois que je suis pauvre et que je vends ma vie, miette après miette, sur Ebay et partout où on veut d'elle, ben à force, c'est qu'il me reste plus grand chose à vendre. les livres, c'est fait, les bouquins aussi, et pour que dalle en plus, j'ose même pas te raconter. A force de trop vendre, ben j'ai plus rien à vendre et c'est n sacré problème. J'entre donc dans la phase de sacrifice et m'aprête à vendre les choses que j'aime le plus au monde. Non, pas mes enfants ni mes vibros perso (faut pas pousser hein), mais des trucs aussi géniaux que ma jupe Ramones importée des States même que personne a la même, ou mes wonderful chaussures roses vernies plus flashy tu meurs. Bref, pendant que je pleure, réjouis-toi lectrice, d'ici quelques jours, va y avoir de bonnes affaire à faire sur ce blog.

- Une fois que j'aurais tout revendu, et vu que j'aurais toujours pas de fric, il me faudra tout de même trouver une autre combine. Je suis donc sur le point de me résoudre à redevenir tuppergodeuse professionnelle, comme je l'ai fait par le passé. Et pourtant, je m'étais juré de plus jamais refaire ça. Non que je trouve ça plutôt marrant de déballer des vibros chez des hystériques de la braguette qui poussent des cris à chaque fois qu'elles appuient sur le bouton d'un vibro, juste que je trouve épuisant de parcourir la région en bagnole à des heures souvent tardives pour amuser la galerie et, accessoirement, passer pour une sorte de curiosité sexuelle aux yeux de certains. Vraiment, les remarques provenant de clients masculins au regard brillant du type : "Hé Eve, tu les as vraiment TOUS testés ces jouets ? Même ceux qui s'mettent.... 'fin tu vois quoi ?", et auxquels t'as juste envie de répondre : "Et si je t'enfonce ce plug géant à sec dans ton gros cul, t'arrêtes de me mater comme si j'étais une sorte de freak lubrique ?!", ben ce genre de remarque, ça me manquait carrément pas. De même que les requêtes du genre : "Vous vendez des produits pour que mon sexe ait bon goût" (authentique !!), auxquelles tu dois répondre gentiment en souriant, même que t'as pas le droit de dire "T'as essayé le savon ?". Mais bon, c'est pas insurmontable tu me diras. c'est toujours mieux que de bosser à la chaîne. Pis j'aurais au moins la satisfaction de me dire que j'ai fait entrer le gode dans les chaumières et que mes explications détaillées dignes d'une sexologue auront permis à certaines ménagères de piger enfin comment trouver leur point G et de savoir faire mumuse avec leur clitoris. Parce que faut pas croire, mais ce genre de réunion, c'est parfois très instructif. Et non, y a ni démonstration live ni travaux pratiques, je préfère le dire avant qu'un pas-marrant-qui-se-croit-drôle me sorte cette vanne à deux balles, tout fier de se croire premier à me la pondre alors que j'ai dû l'entendre une bonne centaine de fois.

- Pis aussi, ayant abandonné ce rêve furtif de magazine féminin sur papier, grâce aux conseils avisés de mes lecteurs censés, je me demande sincèrement si y a moyen de faire de la thne avec un magazine en ligne et si oui, je veux bien des combines précises, pas du vague genre "mets des bannirèes publicitaires". parce que mes copines et moi, on est toute frétillantes de la plume et du clavier (non, pas de la chatte... désolée mais pas cette fois) et on attend que ça de se lancer.

Sur ce, lecteur riche ou au moins plus riche que moi, si tu veux me faire un chèque ou un cadeau, tu sais qu'il ne faut pas hésiter. Quoi ? Comment ça tu veux pas ?!! Purée, vous allez pas remettre sur le tapis cette histoire de vraie/fausse/vraie fausse grossesse... Avouez que c'était trop tentant de vous faire mariner tout en me foutant de votre gueule... Allez merde, fais-moi un chèque, bordel. Ne serait-ce que pour sponsoriser l'enfant qui va naître sans quoi je serais obligée de le vendre lui aussi sur Ebay.

Edit : En attendant, l'enfant aînée est bien sympa. V'là pas qu'elle me dit : "Tu sais maman, moi j'aime mieux une maman qui a pas de sous mais qui s'occupe des z'enfants à la maison". Ce qui ne l'empêche pas de téléphoner deux minutes plus tard en Manu en disant : "Manu, t'en as toi des sous pour m'acheter une maison pour fourmis [son rêve du moment : une fourmilière] ? Parce que maman, elle en a pô.". Rô les gosses, ils perdent pas l'nord va...

Posté par _eve_ à 18:39 - J'ai une vie de merde - Commentaires [15] - Permalien [#]
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