Ma vie rock'n'roll

"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

18 juin 2008

Ces trucs qui nous facilitent la vie (ou : sommes-nous une génération d'empotés)

Au commencement, Dieu créa la pomme de terre.

L'homme la femme dut alors l'éplucher, la rincer et la faire cuire avant de pouvoir la consommer. Ils (la femme qui s'était tapé tout le boulot et l'homme qui avait déjà pigé que ce serait une bonne idée de mettre en tête à sa gonzesse que la cuisine était le labeur des femelles) la goutèrent et ils trouvèrent cela bon. Ils aimèrent tellement cela qu'ils ne cessèrent de la perfectionner au cours des siècles...

Depuis, les hommes créèrent la pomme de terre précuite emballée sous vide. Ils la balancent désormais dans un micro-ondes (qui reste l'une des plus belles inventions de l'humanité) pour apprécierr sa saveur approximative de vraie pomme de terre.

patate

Au commencement, Dieu créa le haricot vert.

La femme (et oui, toujours elle) l'équeuta, le rinça, le mit à cuire et le savoura avec son homme qui de son côté, ne voulut pas partager le gigot de mammouth, considérant que la viande était réservée aux vaillants chasseurs. Ils trouvèrent cela si bon, avec ou sans gigot, qu'ils ne cessèrent dès lors de le perfectionner.

Depuis, les hommes créèrent la boîte de conserve pour consommer des haricots verts-plus-si-verts à loisir tout en se passant de la corvée d'équeutage et de la cuisson à l'eau un peu lente. Et comme les hommes devinrent très très fainéants futés, ils se surpassèrent en mettant au point la boîte de conserve à ouverture facile, celle qui s'ouvre sans ouvre-boîte. Car à force de réfléchir au perfectionnement du conditionnement du haricot vert, l'homme devint si obsédé par la chose qu'il ne put employer son énergie à quoi que ce fut d'autre, y compris à l'ouverture compliquée d'une boîte de conserve.

haricots

Et puis un tout petit peu après le commencement, Dieu créa la lessive. Sans dec' hein, c'est écrit dans le tout nouveau testament, dans le livre de Ringo. Hé oui, l'Homme et la Femme s'étant mis dans le crâne que vivre à poil c'était pas assez hype, il se confectionnèrent des vêtements qu'il fallut laver, aussi Dieu leur offrit-il la lessive afin de pourvoir à leur bonheur.

La femme (tu penses), se familiarisa avec la lessive en poudre et trouva cela si bien que dans les siècles qui suivirent, l'humanité mit au point la lessive liquide, encore plus mieux que son ancêtre. Et puis plus tard, obnubilé par la lessive salvatrice, les hommes décidèrent de rendre son utilisation plus aisée en créant la lessive en tablette, puis la lessive liquide en berlingot : plus besoin de doser sa lessive liquide ou en poudre, il suffisait désormais de balancer le petit objet ainsi obtenu dans le tambour de sa machine, même les hommes y parvinrent tout seuls. Et puis pour finir, les hommes passèrent tant de temps à cogiter sur le perfectionnement de la lessive qu'il n'eurent plus le temps de laver leur linge, pas même de sortir la tablette de lessive de son sachet pour la jeter dans le tambour de la machine. Alors les hommes allèrent encore plus loin et révolutionnèrent la lessive en créant la tablette dans un sachet soluble : il ne restait plus désormais qu'à balancer le tout dans la machine sans avoir besoin d'enlever le sachet protecteur.

lessive

Alors, question : d'après toi, on est une génération de petits génies qui ne cesse d'innover dans tous les domaines afin d'améliorer le quotidien de tous, ou bien juste une génération de gros assistés même plus foutus de doser sa lessive toute seule ? Non mais sérieux hein, je m'interroge, car autant je veux bien admettre que les patates dégueu sous vides sont bien utiles à la working girl surbookée qui n'a pas que ça à foutre que d'éplucher des pommes de terre en rentrant du bureau, autant je me demande à quel point faut être fainénat ou débile (ou les deux) pour pas être foutu de virer l'emballage plastique qui contient le cube de lessive.

Hé oui, comme tu le vois, je suis torturée par des questions follement existentielles.

PS : Ceci, lecteur, est le dernier article que j'ai eu le courage de pré-publier avant mon départ. pour la suite, faudra attendre mon retour. hé oui je sais, c'est moche.

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17 juin 2008

Je hais les fêtes scolaires

kids_dance

Aujourd'hui lecteur, c'est la maman qui te parle. Et oui, en ce jour c'est la Eve mère de famille qui écrit, la Eve flanquée de tous ses mômes, celle qui se pointe à la maternelle tous les matins avec sa gosse sous le bras et la tête dans le sac, celle qui entend prononcer le mot "maman" sur une soixantaine de tons différents environ huit mille fois par jour (non, j'exagère même pas). Bref, tu peux m'appeler maman Eve si ça t'excite te fait plaisir, toujours est-il qu'aujourd'hui je vais te parler d'un truc follement passionnant dans une vie de mère, encore plus génialement abominable que le premier cadeau de fête des mères, plus formidable que la varicelle ou la gastro annuelle, j'ai nommé : la fête de l'école.

Eh oui, la fin de l'année approchant, tous les parents ont droit au spectacle grandiose concocté par leurs mouflets avant leur passage dans la classe supérieure. Une sorte de cérémonie de remise des diplômes à l'américaine sauf que là, tu remplaces les diplômes par du Banga et des gaufrettes, les costumes de promo par des tutus roses et la coiffe de lauréat par des couettes.

Comme tu es curieux (toi le lecteur sans enfant) ou compatissant (toi le lecteur avec de grands enfants pour qui le calvaire des fêtes de fin d'année n'est plus qu'un lointain souvenir), je vais te dire à quoi ressemble une bonne vieille fête scolaire en bonne et dûe forme :

Pour une fête scolaire bien réussie, il vous faut :

- des gamins affublés de costumes que l'on jugera, au choix, mignons ou ridicules

- des chorégraphies et des comptines dont l'air te restera en tête pour huit jours minimum

- une institutrice qui t'ordonne d'applaudir et de faire les gestes en même temps que les enfants

- un buffet composé de bouteilles de jus de fruits déposées par les mamans pas vaillantes et indignes, comme moi, et de gâteaux confectionnés avec amour par les mamans vaillantes et exemplaires

- des parents

- des grands parents... des tontons... des tatas... des mamaies... des mémés... des mémères... des papy... des beaux frères... des cousins... des nounous... des voisines... des copines... et toute personne susceptible de faire partie de l'entourage des marmots en question.

Bref, autant dire que les comptines, chorégraphies et tutti quanti, on fait avec. On trouve ça mignon quand on a son gosse dans le groupe, on trouve ça chiant quand c'est aux gosses des autres de chanter, classique quoi. On fait coucou de loin à son rejeton, on croise les doigts pour qu'il ne se plante pas pendant la choré, on zyeute le programme après chaque morceau parce qu'on est pressé que ça se termine, et dans l'ensemble, c'est mimi-trognon-trop-chou-vite-fait mais on est content quand ça s'arrête.

Le vrai problème, dans ce genre de manifestations, la plaie, dirais-je, c'est les parents. Y a les parents pas contrariants, comme moi, qui arrivent pile poil à l'heure, qui se posent sur la première chaise libre et qui y restent assis sagement jusqu'à la fin du spectacle. Et puis y a les autres (ben oui, tout le monde ne peut hélas pas être aussi cool que moi). Les autres, c'est ceux qui occupent une chaise mais en monopolisent cinq à eux tout seuls. En gros, tu vois une maman au bout d'une rangée vide, tu t'avances pour prendre place, et la maman te saute littéralement à la gorge en criant que non, tout le rang est réservé pour mamie, tata, tonton, le frère, la belle-soeur et les cousins siamois. Soit. Et le drame, c'est que bien que tout le monde se batte pour avoir les meilleures places assises (quitte à prendre les chaises du dernier rang pour prolonger la première rangée, celle juste devant toi, et tant pis si du coup, les gens de derrière n'y voient plus rien et ne peuvent même plus se lever pour pisser), quand le spectacle commence, ben tout le monde se barre de sa chaise. Hé oui, c'est comme ça, dès que le show démarre, chacun dégaine son appareil photo numérique ou son caméscope et se trouve une place qui fait bien chier tout le monde en s'en foutant pas mal puisque seule une chose compte : immortaliser cet instant de grâce qu'est l'interprétation de Savez-vous planter les choux ou la chorégraphie vitaminée sur le générique de Gym Tonic (ceci est authentique). Du coup, quand t'es bête et disciplinée comme moi, que tu es gentiment assise à ta place, ben autant te dire que tu vois rien du spectacle, que dalle, tu vois rien que le gros cul du beauf qui passera une heure debout devant toi à filmer sa progéniture en train de gesticuler.

Bref, ce spectacle fut formidable : j'ai aperçu ma fille vite fait entre une grosse tête et un gros cul de cons de parents, j'ai été bousculée une bonne cinquantaine de fois par des hystériques du caméscope, j'ai été obligée de frapper dans les mains et de lever les bras sur Emilie Jolie et avec tout ça, j'ai évidemment pas réussi à choper ma gosse en photo. Faut dire que ma gosse, c'est bien ma digne fille : pour le bouquet final, alors que toute l'école frappait dans les mains, ma môme s'est fait un remake personnalisé de Tape des mains en remplaçant les appaludissements attendus par les bras croisés sur la poitrine et d'interminables soupirs. Hé ouais, même elle, elle se faisait chier, c'est dire.

Et pour conclure en beauté, puisqu'il est question d'enfants donnés en spectacle et de parents affublés d'un caméscope, je te propose, lecteur, une séquence remember qui va te faire bien plaisir avec un sketch que tu es non seulement obligé de connaître mais aussi de vénérer par dessus tout. Allez, un indice : si je te dis "Odeline Fion", tu penses à quoi ? A l'école du fan évidemment, allez va, remercie moi et clique sur Play pour te poiler :

Et cette vidéo là, c'est juste un bonus parce que je t'aime bien. Et je la dédie à l'hystérique à qui ça rappellera les vannes avec lesquelles ont tuait le temps sur les bancs d'hypokhâgne, pendant les trois heures de Géo du jeudi après-midi : "Regarde maman, je fais des merdes qui flottent !"... :

PS à l'attention des lecteurs réguliers : pas d'affolement si je ne réponds pas aux mails ou aux commentaires avant un bon moment mais cette semaine, je suis loin loin loin de vous, quelque part où il fait fichtrement plus chaud qu'ici et où on fait la grasse mat' tous les jours. hé oui lecteur, je me barre en vacances ! hasta la vista bye bye, à la revoyure. Le KJibi Underground se charge de la gestion des commentaires durant mon absence, wannagain baby !

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07 juin 2008

Billets sponsorisés, blogueurs influents et tutti quanti : on crève l'abscès et après vous faites plus chier, ok ?

vendu

Bon, vu que c'est un peu LE sujet polémique du moment dans la blogo, tu penses bien que j'allais pas m'abstenir de la ramener à mon tour. Car au cas où tu serais pas encore au courant (et si c'est le cas, tu dois franchement le faire exprès ma parole), ça fusille sévère en ce moment dans la blogosphère (oh putain la belle rime !). Et en ligne de mire ces derniers temps : les blogueurs dits influents et tout le business marketing lié aux blogs et au phénomène de buzz. En gros pour résumer, ça donne ça : les agences marketing ont pigé que, vu l'engouement des Français pour les blogs et compte tenu du bon référencement dont bénéficient certains d'entre eux, se servir d'un blog comme support de communication était une belle aubaine. Oui mais attention, ces gens-là sont des spécialistes du marketing, des gens qui savent de quoi ils causent et qui ont pigé depuis longtemps la subtilité suivante : non à la pub lamentablement collée sur un blog sous forme de lien ou de bannière, mais oui aux avis rémunérés. En somme, on te propose de parler d'un produit ou d'une marque sans trop de contraintes, de la ramener sur une enseigne quelconque de la façon qui te semble la plus appropriée, et on te paye pour ça comme on aurait pu te payer pour que tu colles une bannière moche ou un lien vers un site de porno gratuit dans un coin de ta page d'accueil. Plus que pour un service, on te paye donc pour un travail mais ça passons, on y reviendra plus tard.

Et évidemment, ce système scandalise les foules. Les blogueurs rédigeant occasionnellement ou régulièrement des articles sponsorisés (et donc rémunérés, appelons un chat un chat), sont désormais montrés du doigt comme s'ils avaient pactisé avec l'antéchrist. On les appelle désormais "les vendus", on décrit leur insupportable course effrenée après la moindre ligne rémunérée et leur quête continuelle de cadeaux sponsorisés, on les présente comme des opportunnistes assis sur une pseudo-notoriété qui brandissent leur statut de "blogueur influent" comme s'il s'agissait d'une carte de presse. Et la cible préférée de cette foule déchaînée n'est autre, tu penses bien, que les blogueuses. Et là, autant dire qu'on tombe souvent dans la sombre caricature : les blogueuses montreraient leur cul pour un tube de mascara Lancôme, vendraient leur mère pour une invitation à une soirée marketing où le champagne est gratis et d'où elles sortiront les bras chargés de cadeaux promotionnels, feraient la pute en échange d'une invitation à l'avant-première de Sex and the City, bref, les blogueuses seraient prêtes à tout pour récupérer un max de thunes et de cadeaux, c'est limite devenu leur principale raison de vivre.

Bon lecteur, si tu veux bien, on va un peu la ramener sur le sujet parce que quand même hein, y a des limites à la connerie. Et moi, voilà ce que j'en pense :

Concernant la pseudo-notoriété des blogueurs dits influents. Je vais pas dire qu'il n'en est rien. Car ça, c'est un phénomène qui semble toucher de plus en plus de blogueurs. En gros, autant moi j'ai compris qu'être blogueur, c'était être que dalle, sous-entendu que ça fait pas de toi une star, un artiste, un journaliste professionnel ou que sais-je encore (à moins que tu n'appartiennes d'ores et déjà à l'une de ces catégories avant de te mettre à bloguer, qui sait), autant certains ont tendance à croire qu'être blogueur, c'était une nouvelle forme de notoriété, la notoriété la plus accessible qui soit. Encouragés en ce sens par des soirées marketing qui donnent à certains l'illusion d'être de Very Important Poufs People, de plus en plus de blogueurs se délectent donc de cette fausse notoriété toujours plus entretenue par des phénomènes tels que les buzz exploitant mettant en scène des blogueurs "connus". Bref, passons. Tout ça pour dire qu'il y a certes une certaine catégories de blogueurs qui... qui s'la pètent, allez va, l'expression est lachée. Des blogueurs qui se sentent de plus indispensables car très sollicités et/ou médiatisés par diverses opérations marketing. Mais qu'on soit bien d'accord, cette sphère-là, ça représente quasi que dalle parmi l'ensemble des blogueurs amenés à pondre des billets rémunérés de temps à autres, parmi ceux qui, ô malheur, commettent parfois l'impardonnable en acceptant un cadeau proposé par une marque quelconque en échange d'un avis ou de rien du tout.

En gros, est-il légitime d'accabler les blogueurs qui font le choix de profiter de temps en temps des quelques avantages qui s'offrent à eux ? Ben moi je dis non. Car sortons du cliché des blogueuses over influentes couvertes de cadeaux de marques de luxe, cessons de croire qu'en rédigeant un billet sponsorisé, un blogueur accepte de faire la putain et de dire exactement ce qu'on veut lui faire dire en échange de quelques piécettes. Car concrêtement, faut sortir du mythe, parce que pour le commun de la blog, ces "privilèges" en question, ça donne quoi ? :

- Les cadeaux : Il arrive qu'une marque te propose un deal dont le principe est tellement simple que même toi tu peux le piger. La marque en question t'envoie un produit à tester et ensuite, ben ensuite y a pas vraiment d'engagement de ta part. Si t'as envie d'en parler à tes copines, tant mieux, si t'as envie d'en parler à tout le pays via ton blog, tant mieux aussi. Et puis si tu décides de pas en parler, tant pis pour eux, de même si tu fais le choix de descendre un produit ou une enseigne qui ne t'aurait pas plu, ça fait partie du jeu. Libre à toi aussi d'accepter ou de refuser l'offre : déjà, va pas croire que ces offres pleuvent et puis dis-toi que n'importe quel blogueur sensé va éviter d'accepter de recevoir un produit dont il a rien à battre, enfin j'imagine. moi par exemple, si on me propose une boîte de Ravioli Buitoni saveur jambon ketchup, sûre que je vais décliner, même si on propose de m'en livrer une palette gratos. Mais si je dois la ramener sur un mag musique ou sur un gode, compte pas sur moi pour me gêner. Bref, chacun fait fait fait c'qui lui plaît plaît plaît, mais une chose est certaine, c'est que les blogueurs qu'y a à mon avis pas tant de blogueurs étouffés par les cadeaux que ce que certains ont l'air de croire. Et si tu veux tout savoir, à combien d'offres allant en ce sens j'ai répondu positiviement pour ma part : une seule. Hé ouais, j'te sens déçu, je ne suis donc pas la sale garce profiteuse que tu soupçonnais.

- Les articles rémunérés : Là encore, arrêtons de traiter les blogueurs participant à ces opérations comme des chacals en quête du moindre bifton. Parce que déjà, je sais pas ce que s'imagine le commun des mortels, mais si écrire des billets sponsorisés ça faisait de toi un homme riche, ben y aurait beaucoup moins de désespérés sur les bancs de l'ANPE et beaucoup plus de blogueurs ma foi. Ben oui quoi, on bloguerait tous comme des malades, on se ferait un fric fou en pondant des billets sur le nouveau saucisson à l'ail Fleury Nichon où sur la dernière lessive qui lave encore plus blanc que le blanc-plus-blanc. Mais non, dis-toi bien que le mec qui participe à une campagne sponsorisée, c'est peut-être aussi parce que ça peut le faire marrer de la ramener sur une marque qu'il apprécie ou parce qu'après tout, c'est toujours marrant pour qui aime écrire de partir d'un sujet qui t'inspire pas forcément et d'en faire un billet digne de ce nom qui pue pas trop le marketing dans l'ensemble. Un avis qui n'engage que moi évidemment. Mais bon, tout ça pour dire que autant je ne saluerais pas forcément le résultat de quelqu'un qui empocherait son minuscule cachet avant de pondre vite fait un article aux consonnances de télé-achat dépassé, se contentant de te présenter bêtement un produit et d'en vanter les mérites sans être crédible une seule seconde, autant je trouve rude d'accabler systématiquement les auteurs de ce type d'articles, simplement par principe. Billet sponsorisé ne rime pas forcément avec travail baclé signé par un opportuniste de bas étage et quand je lis des remarques du genre "Tes billets, quand je vois la mention "article sponsorisé" en bas de page, je zappe direct", je trouve ça juste dommage même si chacun fait comme il veut, évidemment. Dommage parce que j'ai pas l'impression de m'écarter de l'esprit du blog, y compris quand j'écris sur un thème imposé. Dommage et puis navrant aussi, car après tout, si on se mettait à boycotter systématiquement tout écrit sponsorisé directement ou non, on lirait plus grand chose. Hé oui mes chéris, dans ce cas-là, faudrait suggérer aux journalistes de se mettre au bénévolat, parce qu'on peut décidémment pas faire confiance à un "vendu" qui touche un salaire pour ce qu'il écrit. Tout cela m'amène à conclure en citant un petit détail : écrire pour la déconne, c'est bien. Ecrire gratuitement pour faire marrer les gens, c'est encore mieux. Ecrire gratos mais se faire de l'argent de poche au passage si le sujet d'écriture n'est pas chiant, c'est plus sympa que le baby-sitting et ça tâche moins. Mais des fois, écrire c'est aussi un métier alors merde, respectons au moins les gens qui ont décidé d'en faire le leur. On critiquera jamais le peintre qui vend ses toiles ou le groupe qui vend sa démo et ses t-shirts en fin de concert, non, ça semble normal que ces gens-là tirent profit de leur travail et de ce à quoi ils ont décidé de se consacrer. Mais le pigiste, c'est fou mais il a pas droit à ce respect faut croire. Celui qui vend un contenu écrit, c'est "un vendu", le pigiste, il fait la pute sur le web, c'est bien connu. Car si certains font ça en dilettante, pondant à l'occasion un billet sponsorisé parce que ça les fait marrer et qu'ils sont pas contre l'idée d'empocher une trentaine d'euros par la même occasion, ben y aussi des gens qu'on appelle pigistes ou rédacteurs. Des vrais gens comme moi qui payent des impôts (enfin sauf quand ils ont vraiment rien gagné les pauvres), qui déclarent leurs droits d'auteur, qui "courent après les piges" comme on dit, parce que c'est comme ça que ça se passe dans ce métier et que qui dit pas de pige dit pas de sous (rien, que dalle... c'est la dame des Assedics qui me l'a dit : même en ayant écrit pendant des années, t'as droit à que dalle niveau chomdu vu que les droits d'auteur c'est "un peu particulier et pas pris en compte dans le cumul du temps de travail". Après ça, ose encore dire que l'écriture, c'est de l'argent facile et je te pète tes dents). Toi l'employé dans la comm, quand ton patron se pointe en te demandant si t'as bouclé le dossier Trucmuche concernant la nouvelle révolution en matière de fooding, les huîtres en conserve, ben t'as beau pas être inspiré à la base, tu la fermes et tu bosses, parce que t'es payé pour ça. Rien d'étonnant quoi, le genre de truc chiant qui arrive à tout le monde dans son job. Ben dans la rédaction, c'est tout pareil. Des fois on te paye pour que t'écrives sur des trucs pas bien passionnants, et ben tu le fais quand même parce que c'est comme ça que ça fontionne dans la presse comme partout ailleurs. Donc voilà, après avoir pondu des dizaines et des dizaines d'articles pour divers supports, avec une prédilection pour les bimbos en bikini (et va pas croire que j'ai fait ce choix toute seule, malgré ce qu'on pourrait croire), ben il m'arrive maintenant d'écrire pour Coca-cola même si ça fait roter et pour des Teen movies même si je trouve ça naze (et d'ailleurs je ne manque pas de le dire dans lesdits articles), d'où les méchants billets sponsorisés qui apparaîssent ponctuellement sur ce blog, au grand désespoir des vrais anti-capitalistes, les purs et durs revendiqués qui s'habillent évidemment au secours populaire et ne lisent rien d'autres que No Pasaran, parce que consommer c'est pas beau et le flouze, c'est le mal.

Donc voilà, un billet pas cool, je sais. Tu préfères quand je te raconte les conneries de mes gosses qui me poussent tout doucement au suicide,  ma vie de couple follement torride passionnante, les supers concerts auxquels j'assiste, et les sujets un peu chiants comme celui-là, ça te gave. M'en veux pas mon sucre d'orge, tu sais très bien que d'ici un jour ou deux, je reprendrai mes bonnes vieilles habitudes et te narrerai des épisodes ô combien palpitants de ma petite vie de merde. Mais bon, s'il y a de grandes chances pour que ce billet ne serve à rien, je me dis que c'est toujours ça de pris si certaines personnes se mettaient à reconsidérer la question et à cesser de considérer les auteurs de billets rémunérés comme les "putes de la blogo" prêtes à "montrer leur cul" pour un rouge à lèvres ou un à sucer en échange d'un bon de réduc' chez Sephora (autres sentences cultes allant dans ce sens à lire ici). Parce que moi j'annonce que je veux bien sucer, mais alors y a intérêt à ce qu'il y ait un sacré paquet de zéros sur le chèque sponsorisé*.

Eve, blogueuse certifiée méga-supra-hyper-trop-pas influente (mais on s'en fout, on rigole bien).

* Aux hypotrophiés du bulbe : Ceci est une plaisanterie (de mauvais goût, je te l'acorde, mais bon, vous devriez commencer à avoir l'habitude avec moi). Non, je ne dispense pas ce genre de services hélas, même si tu es très très riche et même si ça te brise le coeur.

A Maman : n'aie pas peur, c'est pour du rire. Non seulement je ne me prostitue pas, y compris pendant mes légendaires périodes de disette, mais en plus je ne sais même pas ce que c'est une fellation. Je suis ta fille, ta chair, ton sang, la pureté et l'innocence incarnée.

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01 juin 2008

On est pas des beaufs, non mais !

beauf_dubosc

"Eve, on va devoir arrêter de se fréquenter."

Oui, je sais ce que tu te dis, cela ressemble à une triste phrase de rupture. Et là, si t'as un semblant de coeur, tu te dis "oh non merde la pauuuuuuvre, la re-re-re-re-re-re-re-re-re-voilà célibataire alors que c'coup-ci, elle pensait que c'était le bon, pour de vrai !". Nan mais attends ho, t'es dingue, tu crois quand même pas que le Manu il va quitter une fille aussi bonne en tous points que moi, une fille qui fait des frites et de la purée maison, qui fait des lasagnes meilleurs que celles de ma maman et une blanquette de veau aussi bonne que celles de sa maman à lui. Une fille qui ramasse son linge sale sans rien dire, qui a les mêmes bons goûts musicaux que lui, qui n'a pas peur de se faire un marathon du "Seigneur des Anneaux" ou de mater le rediffusion de Rambo pour la 72ème fois, qui n'a jamais la migraine pour faire du sexe et qui, de surcroit, rédige un blog qui le fait marrer dès le matin quand il boit son café devant le PC (allez Manu, avoue que là t'es en train de te marrer, petite traînée). Voyons lecteur, reviens à la raison, toi-même, si tu avais une fille aussi bonne et aussi efficace que moi, jamais de la vie tu ne t'aviserais de la quitter. Bref, tout ça pour dire que non, la phrase d'introduction n'était pas une phrase de rupture émanant du type qui m'a fait un enfant sans le faire exprès (comment ça "qui ça ??", t'es con ou tu le fais exprès ?!!). Cette phrase provient de celui que je croyais être mon meilleur ami pour la vie, de celui qui m'a offert une voiture conforme à celle des mes rêves pour mon anniversaire (ceci fera l'objet d'un prochain billet, en attendant, de votre côté, vous en êtes où dans ma liste de cadeaux ??), j'ai nommé le Coach.

Hé oui, cet enculé m'a annoncé ça très sollennelement : il envisage de mettre un terme à notre amitié. Je crois qu'il réalise pas trop les conséquences de cette décision déraisonnable et je le mets au défi de trouver une nouvelle pote qui acceptera de se faire appeler "morue" sans rechigner et qui répondra par un grand "merci" à chaque fois qu'il la traitera de salope. Sûre qu'il trouvera pas d'autre meuf qui passera ses après-midi en terrasse à mater le cul des filles ou qui sera apte à lui faire des comptes-rendus hystérico-détaillés des derniers épisodes des Experts. Le Coach, que tu le veuilles ou non, je suis irremplaçable. et tu le sais aussi bien que moi, il y a plein de gens en ce bas monde qui kifferaient leur race d'être mon meilleur pote et je te dis pas la pile de Cv qui m'attend au cas où j'aurais besoin de me trouver un nouveau meilleur ami. Bref, lecteur, je parie que tu veux savoir pourquoi le Coach il a pété les plombs comme ça.

Tu te dis qu'il s'est peut-être enervé parce que j'ai refusé l'invitation à sa partouze du vendredi. Que nenni, j'y vais toujours, surtout depuis que j'ai droit à un tarif préferentiel étant donné que je suis enceinte (vu que je suis vachement plus demandée que la moyenne et que je consomme pas d'alcool au bar, il me laisse rentrer à l'oeil si je lui fournis une pute qui sent le patchouli). Tu te dis donc que j'ai refusé d'appeler mon futur enfant Denis et que du coup, il est vexé jusqu'au trou du cul et préfère couper les ponts, mais non, non plus. Alors tu crois que c'est parce que j'ai chopé un gros cul que le coach veut plus être mon poto, lui qui ne daigne fréquenter que les 36, mais non, même pas vrai, et quoi qu'il en dise j'annonce que mon cul rentre dans du 34 taille maternité (Coach, ose dire que non et je te claque l'étiquette de mon froc dans la gueule à la première occasion).

Bon, ben en conclusion, je vais te donner la vraie raison de ce pétage de plomb de ce con de coach : il ne veut plus être mon ami car il dit que je deviens une beauf. Ouais, parfaitement. il dit que je suis en plein processus de "beaufication" et que bientôt, je serai irrécupérable. Alors selon le coach, qu'est-ce qui fait de moi une beauf en devenir ?

- les gosses : ah ben pour sûr, avoir des enfants, ça laisse moins de temps pour traîner les bars. Oui mais bon, j'ai des mamies et des baby-sitters toujours d'accord pour garder les minots alors ça, c'est un argument invalidé d'office, culéva !

- le déménagement : en quelques mois, j'ai quitté mon appart de maman célibattante pour un appart en couple, et là, v'là t'y pas que je m'aprête à quitter le centre ville pour la banlieue résidentielle, tout ça parce que j'ai trop de gosses et un mec officiel. Et il dit que là où je vais vivre, c'est pas trop underground, et moi je lui dis que je l'emmerde, parce que son château perdu dans le trou du cul du monde, il est encore moins rock'n'roll que mon futur appart.

- Les week-end : Avant, le programme du week-end était vite établi : bar, bière, concert, bière, encore un bar, encore une bière, quand on tient plus debout, on se rentre. Sauf qu'étant enceinte pour ma part et en couple pour sa part (Eve = grosse balance), ça limite les disponibilités. Parce que moi, je suis trop occupée à torcher les gosses et à me plaindre de mon utérus pour traîner les bars miteux, et que lui, petit saligaud, même s'il la ramène pas, il est trop occupé à réviser le kama-sutra avec sa meuf (j'aurais voulu pouvoir dire "avec sa pouf" pour pouvoir faire vraiment méchant et virulent mais le fait est que sa meuf est presque aussi bonne que moi, alors...) pour nous dénicher des concerts partout dans la région, comme il savait si bien le faire. Alors 1 point partout le coach, si sur le coup des sorties je suis une beauf, t'en es aussi ma vieille.

- les vacances : Y a pas si longtemps encore, nos programmes respectifs pour les vacances se résumaient à que dalle. Un grand que dalle durant tout l'été, ponctué de binouzes en terrasses et de quelques concerts. sauf que depuis peu, mes plans ont changé et qu'en juillet je pars en vacances. Mais c'est pas tout, en vacances en famille. Et attends, c'est pas fini : en vacances en famille à Quiberon. Moi, mon mec, mes gosses, les pelles, les seaus, les chateaux de sable, la collecte de coquillages-souvenirs, la crème solaire, les chaussures de plage en plastique qui pue, les promenades à vélo, la totale quoi. Pour ma défense, dans un contexte familial, trop d'underground tue l'underground. Bah oui quoi, on va pas emmener les enfants avec nous pour un week-end punk à Birmingham, on est des parents indignes mais on se soigne, merde. Et l'air de Quiberon, on se dit que ça va nous faire le plus grand bien, et surtout, qu'on aura accompli notre BA annuelle et qu'on pourra être fiers de nous. Alors le Coach, la "beauf" t'emmerde et du coup, je t'inviterais même pas à passer le week-end avec nous à Quiberon, voilà, fallait pas me faire chier.

- Loisirs et hobbies : dire que je suis une beauf parce que je me passionne pour les Experts et parce que ça fait rien que six mois que Manu et moi on se fait l'intégrale des Experts Miami, Manhattan et Las vegas en continu, à raison d'un épisode par jour, c'est vraiment trop naze. Le Coach, il y connaît rien. les Experts, c'est juste terriblement passionnant et j'espère que je l'ai convaincu en lui racontant l'épisode de la femme loup garou qui vivait dans le mur de sa bicoque ("c'est la femme à barbe planquée dans le BA13, c'est ça ??"). Bon ok, le coach il dit aussi que je suis une beauf parce que samedi dernier j'ai été conviée à une soirée karaoké mais en vérité, c'était chez des gens très bien, pas beauf du tout, des gens qui ont juste une petite faiblesse appelée karaoké au même titre que certains ont une faiblesse appelée cannabis (tiens c'est marrant, mais quand j'y pense ils avaient ces deux faiblesses cumulées). Et pour dire vrai, je me suis pas du tout fait chier à cette soirée et si tu veux tout savoir, ils m'ont même pas obligée à chanter tellement ils étaient sympa. Et si tu veux vraiment tout savoir... Manu il a eu du mal à lâcher le micro même s'il osera jamais l'avouer (Eve = grosse balance).

Bref voilà, le coach ne veut plus de mon amitié, je suis trop beauf à son goût. tant pis pour toi coach, tu passes à côté des merguez au barbecue le dimanche midi, du chien et des gosses qui viennent t'accueillir quand tu sonnes à la porte, et si jamais j'organise une soirée karaoké spéciale johnny hallyday, je t'inviterai pas, tu l'as bien cherché. Sur ce, la place de meilleur ami est libre. Pas compétents, s'abstenir.

PS : Plus que quelques jours avant mon anniversaire, il vous reste encore un peu de temps pour penser aux cadeaux. Je précise que les CV accompagnés de cadeaux seront évidemment consultés en priorité et avec une attention accrue.

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30 mai 2008

Les voisins

voisins

D'ici quelques mois, on déménage. Ouais, je sais, "encore". La ramène pas s'il te plaît, quand on a emmenagé ici en début d'année, nous non plus on avait pas prévu d'avoir un troisième gosse cette année, ni jamais d'ailleurs. Et du coup, le F3 en centre ville a beau être sympa et spacieux et tout ce qu'on veut, il est un rien trop limité pour trois sales gosses hystériques et une mère qui leur braille dessus toute la journée (je parle pas du Manu, lui il est pas chiant et il prend pas de place : tu lui files un ordi, une télé, un canapé et un pétard et t'es tranquille, tu l'occupes pendant deux jours). Alors voilà, ça fait pas six mois qu'on vit ici que déjà on commence à s'inquiéter du futur déménagement, à reparler cartons et travaux, peintures et sols à refaire, mobilier à acheter et tutti quanti. En gros, on aura à peine eu le temps de poser notre cul dans cet appart là que déjà on doit s'en aller, même que ça arrange bien Manu qui promet de me changer l'ampoule de la salle de bains depuis deux mois et de me re-fixer les tringles à rideaux depuis au moins aussi longtemps et qui, du coup, se dit que ça vaut plus le coup de tout refaire vu qu'on va pas tarder à se casser. On sait déjà où on va aller vivre avec toute notre smala. On sait qu'on quitte le centre ville, on sait qu'on va dans un F5 en rez-de chaussée avec une terrasse, ce qui est sympa ma foi quand tu vis en ville (parce que la ville, on la quitte pas hein, on s'expatrie juste vers un quartier plus excentré, un quartier comme qui dirait résidentiel, mais que le coach qualifie de "quartier de beaufs"). On a même les plans de l'appart pour bien le visualiser, et on a aussi des infos sur le quartier et le voisinage. Aussi quand la maman de Manu (note Manu que je ne balance pas publiquement le petit nom que te donne maman et pourtant Dieu sait que c'est tentant) nous a parlé de la terrasse spacieuse en ajoutant que ce serait sympa, qu'on pourrait y mettre des plantes et de la verdure, et que son fils indigne n'a pas pu s'empêcher d'ajouter "et de la beu", elle nous a signalé ceci : le jardinage de ce genre-là n'est pas franchement conseillé dans ce type de quartier, les voisins y étant un rien chiants. Pour pas dire déplaisants. pour pas dire carrément cons, des gros cons même, des connards finis. Paraît que le locataire actuel a reçu un rappel à l'ordre solennel de la part du syndic de copro après qu'il ait eu le malheur de balancer son mégot dans l'espace vert commun. Bref, z'ont pas l'air cool les voisins, on a intérêt à filer droit, à empêcher les gosses de faire du bruit, à limiter nos vocalises coïtales, à pas écouter trop de punk rock, à pas faire de fêtes arrosées/enfumées avec nos amis alcooliques, et ça c'est vraiment con quand t'as une terrasse si tu peux même pas organiser de bonnes vieilles bitures amicales.

Bref, je suis censée flipper ou du moins gérer la frustration de devoir me tenir à carreau dans mon prochain logement à défaut de quoi je risque de me retrouver avec tout le voisinage à dos. Mais bon, quand j'y réfléchis, j'ai pas souvenir d'avoir été en bons termes avec mes voisins, à part une fois peut-être. Le reste du temps, y a toujours eu une couille à un moment donné alors je vois pas pourquoi ça viendrait à changer. là, tu crois peut-être que c'est moi la mauvaise voisine, que j'y mets de la mauvaise volonté ?! Que nenni, je suis une super voisine moi, polie, souriante et tout et tout, et je suis sûre que si t'étais mon voisin et que t'avais besoin que je te dépanne d'un paquet de sucre, d'un oeuf, d'un rouleau de PQ ou d'un flacon de popper's, ce serait avec plaisir. Enfin bref, séquence remember, mes voisins et moi...

Mon premier logement, c'était un appart mis à disposition par mon bienveillant père, appart situé dans un bâtiment "familial" puisque les deux autres logements étaient occupés par ma vénérée grand-mère d'une part et mon tonton et ma tata de l'autre (oui je sais, faut être à moitié rital pour vivre de cette façon-là... et alors, qu'est-ce ça peut t'foutre ?). Alors forcément, pour me prendre la tête avec ces voisins là, fallait déjà y aller hein, parce qu'on est plutôt du genre famille unie et on s'engueule jamais entre nous donc tu penses, la cohabitation était carrément tranquille. Sauf qu'en face de chez moi, y avait des vieux. jusque là, classique quoi, on a tous eu des vieux face à chez soi. Mais mes vieux à moi, c'était des vieux un peu particuliers et pour cause : ils vivaient devant leur fenêtre. A vrai dire, toute leur vie était organisée en fonction de leur fenêtre de façon à ce qu'à tout moment de la journée ils puissent se délecter du spectacle ô combien palpitant d'un village de trois cents habitants où y a quasiment jamais aucun piéton et donc rien à mater ou presque. Ces gens-là avaient donc collé leur table et leurs chaises près de la fenêtre, positionné la télé et le frigo à portée de main de façon à pouvoir mater tout ce qui était matable à toute heure du jour. Alors tu penses, vu que jusque là, y avait trop rien à mater, quand l'appart d'en face a enfin été occupé, ça a un peu été le plus beau jour de leur vie parce qu'il y avait ENFIN des trucs à regarder !! Les jours de soleil, c'était même le grand kiff pour la mémé hargneuse qui sortait carrément son transat devant la porte afin de mater de plus près sans qu'une fenêtre ne s'interpose entre le spectacle et elle. Parce que oui, ces gens-là, j'ai oublié de te le dire, ils étaient pas bien aimables, pas du tout même. jamais de la vie ils disaient bonjour, même quand tu faisais exprès de leur répéter "bonjour" trois fois de suite pour les forcer à cracher leur bonjour à eux, mais non, que dalle. Jamais bonjour mais toujours d'attaque pour un geste obscène, le vieux. Et la vieille, ben elle, elle avait juste l'air méchante et pas commode. Bref, tout ça pour dire que ces méchants vieux, avec moi, ils en avaient pour leur argent. D'abord parce que je suis du genre à aimer les rideaux en organdi et que, parallèlement, je suis du genre à me promener pas trop habillée chez moi. Ensuite, parce que je suis du genre à recevoir beaucoup de gens chez moi, et toujorus des gens qui valent le coup d'oeil pour de vieilles personnes acariâtres sympathisantes FN, qui ne connaissent rien en dehors des frontières deleur village, si ce n'est ce que le JT veut bien leur montrer. Alors du coup, quand on commencé à défiler chez moi des punks, des skins et des pédés, "ça a fait jazzer dans l'village", comme on dit chez nous. Parce que tu penses bien, tous ces gens là, c'est des gens à dénoncer à Jean-Marie et à Marine hein, des gens qu'il faut tuer tellement ils ont pas l'air normaux. Alors le jour où mon pote gay s'est pointé travesti en Mylène Farmer, à l'occasion d'une grosse totale très alcoolisée et très fournie en pédés ma foi, j'ai cru que les flics allaient nous tomber dessus pour une raison ou pour une autre tellement les vieux d'en face devenaient fous à se relayer devant leur porte d'entrée pour tenter d'approcher au mieux le pandemonium qu'était devenu mon chez moi. Ensuite, y a aussi eu ma période célibataire/celibattante qui leur a bien plu. Voir défiler des hommes chez moi, c'était pire que tout. A chaque fois que je recevais un mec, j'avais droit à leurs deux têtes de cons collés aux carreaux de la sacro-sainte fenêtre, et crois-moi, si y a pas eu tant de mecs que ça, je suis sûre que ça a suffi à alimenter leurs conversations pendant des années. pis c'est pas le tout, mais en plus d'être une traînée qui ramenait des mecs différents chez elle, je poussais le vice jusqu'à fréquenter parfois des sous-hommes : y a eu un black, y a eu un sourd, bref, des tas de gens pas fréquentables, limite dignes d'exister. Oui oui, mes voisins, c'était des vrais méchants, des qui assistaient à tous les dépouillements les jours d'élection (seuls jours d'ailleurs où ils s'autorisaient à quitter leur fenêtre) juste pour recompter les voix du FN, des fois qu'une conspiration incite la municipalité à voler des voix au grand Jean-Marie (j'te juuuuure, ils avaient un petit calepin pour recompter les voix ces cons !). pis bon, ces voisins-là auraient pu se contenter de me mater sans broncher, le vieux aurait pu se contenter de me traiter de sales noms pas toujours audibles et de me faire des fuck occasionnels depuis sa fenêtre comme il le faisait parfois, mais non, y a fallu qu'ils décident de me faire bien chier. Des petites querelles de voisinage, rien de bien méchant quoi, du genre de venir déposer leurs sacs poubelle devant chez moi plutôt que devant chez eux, ce qui m'emmerde pas dans l'absolu mais qui devient nettement plus pénible quand tu vis à la campagne, dans un bled où les chats errants adoooooorent éventrer les poubelles. Et du coup, c'est bibi qui devait ramasser à la main les détritus de ces cons de voisins pendant qu'ils mataient, avaec un air satisfait, derrière leur fenêtre. Conclusion, quand j'ai déménagé, la première chose que je me suis dite c'est que ces gens-là, ils allaient pas me manquer.

Ensuite y a eu l'emménagement dans une petite copro tranquille. Là tout le monde me disait bonjour bien poliment et tout et tout. Mais y a quand même eu cette fois où, à peine installés, on a reçu un mot dans la boîte aux lettres disant ceci : "Nous n'avons rien contre la musique mais si vous pouviez baisser le volume sonore, surtout le soir, nous vous en serions reconnaissants". Ce à quoi on s'est retenus de répondre : "Nous n'avons rien contre les chiens cons qui courent après leur baballe six heures par jour en faisant un boucan d'enfer, ni après les gosses qui courent après le chien et la baballe pour faire encore plus de bruit, mais si vous vouliez bien abandonner votre chien sur une aire d'autoroute et mettre momentanément votre enfant au congélateur, nous vous en serions reconnaissants.". Bref, y a que dans les Sims que j'ai des voisins qui me foutent la paix.

Après eux, y a eu mes voisins de maintenant. Y a mon gentil voisin du dessous à qui je dis juste "bonjour", "merci" et "au revoir", mais qui a l'air cool et pas contrariant et qui me fout une paix royale. Et puis y a l'autre voisin du dessous, celui qui est allé se plaindre de nous auprès de la proprio moins d'une semaine après notre emménagement. Paraît qu'on fait du bruit, paraît qu'on claque les portes. Paraît qu'il menace de donner son préavis si on fait pas un effort pour la mettre en veilleuse. Même pas drôle ce voisin, en plus je suis sûre que c'est lui le responsable de l'atroce odeur d'after shave bon marché qui embaume trop souvent le couloir. Pis y a aussi la proprio qui occupe l'immeuble, et qui elle est très aimable ma foi, gentille et tout et tout, qui m'offre même ses yaourts quasi périmés vu qu'avec ma horde de gosses, elle s'attend à ce qu'ils soient mangés plus vite que chez elle, évitant ainsi un gaspillage inutile (les rituels de voisinage, c'est parfois passionnant hein). Ceci dit, je la soupçonne d'être trop aimable pour se plaindre de quoi que ce soit. Et si j'osais, je lui demanderais bien pourquoi une planche a été collée contre la porte du palier qui donne directement sur notre chambre à coucher et contre laquelle est placé notre pieu (si t'as bien suivi, c'est une porte condamnée, une porte qui sert à rien quoi, sauf à réduire l'isolation sonore et thermique). Je soupçonne nos dialogues coïtaux d'être parfois trop virulents ou nos envolées orgasmiques d'être peut-être trop soutenues. Mais j'avoue que je préfère ne pas trop remuer la question, ça me met mal à l'aise quand je croise la voisine.

Bref, je suis une mauvaise voisine, une voisine scandaleuse. tellement dérangeante que personne ne vient jamais me taxer un litre de lait, préférant mourir de soif s'il le faut plutôt que de franchir le seuil de ma porte. En même temps, ça m'arrange, parce que je suis pas non plus spécialement en faveur des copinages de palier, pas du tout même. Et si c'est pour prendre le risque de me retrouver affublée d'une voisine qui s'emmerde et qui vient tuer le temps autour de ma cafetière en me racontant sa vie de merde, autant parler à personne. Ceci dit, si les prochains pouvaient être un rien tolérants quant à notre vie de débauche follement plus excitante que la leur et sur l'hyperactivité de notre horde de gosses, ça pourrait être sympa quand même. Parce que la vérité, j'ai pas envie de finir au coeur d'une médiation chez Julien Courbet.

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14 mai 2008

Au secours ! : Un jour mes enfants seront ados (et y aura une ambiance Teen movie à la maison)

Y a des femmes qui sont nées pour être mères. Chez elles, faire des gosses et les élever, c'est juste un truc instinctif et sitôt que la larve se met à vivre dans leur utérus, elles commencent à se caresser le ventre avec un regard niais comme si elles caressaient la tête d'un vieux yorkshire. Ces femmes-là, elles anticipent comme des malades : elles ont à peine constaté la double barre bleue sur leur test de grossesse que déjà, elle connaissent le prénom du gosse, ont déterminé la couleur de la tapisserie de sa future chambre, savent dans quelle fac il fera son droit et tout ce qui s'en suit. Y a ces mères-là pis y a les mères comme moi : les flippées. Les flippées, elles ont pas encore accouché que c'est déjà l'angoisse totale. Et l'angoisse, elle commence dès la première échographie car t'as beau savoir que t'es enceinte, t'y crois qu'à moitié jusqu'au jour où tu vois que ton parasite bouge et ressemble plus à un bébé qu'à un ténia. Et là, oulala, c'est le drame : s'il bouge, c'est qu'il vit, forcément, et s'il vit, c'est qu'il va continuer à pousser, et s'il pousse commeça, il va finir par sortir, et une fois sorti, il va pleurer la nuit et chier douze fois par jours, et puis avant que t'aies le temps de t'en rendre compte, il rentrera de la maternelle avec des croutes sur les genoux et au CE2, il se fera punir pour avoir tabasser un gamin qui essayait de lui piquer ses Dragibus et une fois ado...

Arf...

Une fois ado...

C'est là que ça se corse pour de bon. C'est là que ça devient carrément effrayant. Car que tu le veuilles ou non, un jour où l'autre, ton enfant finit par devenir ado. Un vrai ado qui met des produits pour assécher ses boutons, qui met du coton dans ses soutien-gorge si c'est une fille (ou si c'est un garçon qui se sent fille, va savoir), qui pique le téléphone pour appeler ses copines en cachette, qui rigole dès qu'il entend le mot "cul" et qui, par conséquent, kiffe par dessus tout la connerie en tous genres, les allusions sexuelles quelles qu'elles soient, et l'humour lourd et gras. Hé ouais, ceci n'est pas une fatalité mais ça y ressemble : mon enfant chérie qui, à l'heure où j'écris ces lignes, me brosse les cheveux amoureusement en chantonnant et en répétant que je vais être belle comme une princesse, ben cette enfant plus belle que toutes les gosses du pays (ose dire que ta fille est plus belle que la mienne et je te provoque en duel, poufiasse !), cette enfant si mignonne dans sa robe à papillons, d'ici une dizaine d'années au mieux, elle va sombrer du côté obscur de la force : l'adolescence. Elle mettra des baggys ou d'immondes pantalons qui seront à la mode à cette époque, portera des pulls au-dessus du nombril et s'engueulera sans cesse avec moi quand je lui tatanerai la gueule pour cause de string porté jusqu'au milieu du dos. Et puis surtout, elle se mettra à aimer ces trucs qu'aiment les ados et profitera d'innocentes soirées pyjama chez une copine du quartier pour mater en douce des Teen movies dont on ne démontre plus la finesse. Elle se marrera ensuite en douce avec ses potes en parlant de ces films trop fendards qui narrent, la plupart du temps, les péripéties d'ados pressés de se débarasser de leur pucelage (parce que faut savoir que dans ces films, être puceau, c'est le pire truc qui puisse t'arriver au monde, pire qu'un cancer ou que l'amputation d'un membre) : ils se repasseront en boucle les meilleures scènes, celle du mec qui boit la bière dans laquelle son pote vient d'éjaculer, celle du gâteau de mariage accidentellement recouvert de poils pubiens, ou encore cette scène où un type mange une merde de chien en la faisant passer pour une truffe en chocolat. Que du bonheur quoi. Hé oui, tu noteras au passage que moi-même, j'ai vu des teen movies comme tout le monde. Et j'en suis pas fière. Bref...

Ceci étant, à en croire la population "djeun's", American Pie (LA référence Teen movie des 25-30 ans dirons-nous), c'est de la gnognotte, de la rigolade comparé, à la dernière sortie DVD en la matière, j'ai nommé Supergrave. Tu l'as compris, tout est dit dans le titre : un bon vieux teen movie dans l'esprit no limit, avec, à mon humble avis, les éléments incontournables du genre (masturbation, pelotage de nichons, frustrations de puceaux, ringards binoclards versus bimbos siliconnées et, cerise sur le gâteau, une touche de pipi/caca pour agrémenter le tout). Si t'es un vrai aventurier, tu peux acheter le DVD (ou le louer si t'es pauvre). Et puis si t'es pauvre, tu peux te contenter de jouer au jeu vidéo offert par la campagne marketing du film, j'ai nommé Penis Invader. Tu verras, c'est du meilleur goût : tu dois déplacer un zizi et lui faire cracher des goutelettes pour tuer de vilains méchants. Mais attention, si un très très vilain méchant te tombes sur le gland, tu meurs du zob et c'est game over. C'est moins jouissif et moins éducatif que la machine à caca, mais c'est gratis alors bon...

supergrave

(Non lecteur adulte, tu ne rêves pas : le slogan de cette nouvelle comédie pour ado, c'est bien "On veut du cul"... C'est un peu comme Cauet sur TF1, ça fait partie des trucs qui nous dépassent mais que les jeunes "kiffent à donf"...)

Sur ce, je m'en vais renifler l'odeur des pyjamas de naissance de mes mômes en pleurant et me rouler dans les Playmobils et les Petits Poneys histoire de m'imprimer au mieux de cette belle période de leur développement qu'est l'enfance, et ce afin de me préparer au mieux à ce qui va suivre : l'adolescence et l'ambiance Teen movies à la maison. Si quelqu'un entend crier, de grâce qu'il intervienne, ce sera peut-être parce que je me serai accidentellement planté une jambe de Playmobil dans le dos (ou ailleurs).


Spot télé Lancement Supergrave en dvd et blu-ray
envoyé par Supergrave_dvd

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17 avril 2008

Blogueurs, ne sortez pas sans votre... second degré !

secondd

Bon mes p'tits chéris, vu que j'ai fait ma méga fainéante ces derniers temps, profitant allègrement de ce mini-buzz sur ma prétendue grossesse afin de boucler des billets à la con sans me donner trop de mal et que, par aileurs, je pars en vacances sous les tropiques pour tout le week-end (bon ok, je vais juste à Paris... mais ça va hein ! p'la peine de s'moquer, pour une plouc de Province, sache que Paris a un petit côté exotique), j'ai décidé de te donner matière à réfléchir avec un billet traitant du second degré. Ouais ça va hein, que les lecteurs attentifs évitent de la ramener en soulignant que j'ai déjà blogué là-dessus à l'époque (pour ceux qu'auraient pas suivi, je vous laisse fouiller dans les archives du blog, ça me saoûle de le faire pour vous), moi je trouve que c'est pas plus mal d'en remettre une couche, parce qu'y en a encore qui semblent ne pas avoir pigé le concept. Même que moi je trouve que les blogueurs ne devraient jamais sortir sans leur second degré, au même titre que Berbadette Chirac ne sort pas sans son sac à main immonde ou que les mémés de mon quartier ne sortent pas sans leur bombe lacrymogène (et pourtant, il est calme le quartier). Hé ouaich, ceci est un constat alarmant : c'est fou ce qu'on pourrait déconner sur les blogs si tout le monde avait pigé le concept de second degré. Mais non, y a trop de gens pas intelligents ma foi, des gens qui prennent tout au pied de la lettre, qui évitent évidemment de se poser des quesions (c'est quoi une question ?) et qui ignorent, d'une façon général, des concepts tels que l'humour et l'ironie. Oui je sais, quand je me relis, ça fait vieille mégère donneuse de leçon, mais bon...

Bref, tout ça pour dire que de blogs en blogs, je me fends gentiment la gueule pour pas dire que je manque de faire pipi dans mon string tellement je me marre à la lecture de certains blogs. Pis de temps en temps, en sautant d'un blog à l'autre, je trouve sur des trucs qui font un peu peur ma foi... par exemple quand j'entends parler de "guerre des blogs", houlala, je me dis que j'ai encore manqué un évènement fondamental de l'actu blog, qu'une vraie guerre semble déclarée et que moi j'ai même pas encore choisi mon camp (y a combien de camp au fait ?) ni mes armes (je vote pour les boules puantes et les blagues pas drôles). Et du coup, je cherche quand même à comprendre un minimum ce qui peut déclencher de telles hostilités entre gens du genre humain qui ne se connaissent pas assez pour se détester mais semblent se détester quand même. D'autant que la chose semble parfois très organisée, que j'entends parler de taupes et de règlements de compte, que ça balance à tout va les noms de prétendus fouteurs de merde et troubles fêtes, que ça crache sur celui ou celle qui joue dans les deux camps... Ouah stop, là je commence à flipper ma race rien qu'en me relisant...

Bon, trève de connerie, voilà où je voulais en venir. Y a des blogs que j'aime. Que j'aimais que j'aime et que j'aimerai. Y a par exemple celui de cette fille avec qui j'entretiens une liaison homosexuelle depuis quelques temps (mais est-ce utile de le rappeler) qui s'appelait autrefois-jadis-dans ces temps anciens, "L'anti-blog de filles". Pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de goûter à ce blog, l'idée était la suivante : observer les blogs dits "girly" ou "blogs de fille" et tenter de cerner les sujets et tournures récurrentes, de s'attarder sur les rites blogosphériens (ou blogosphériques ?) liant ces blogs les uns aux autres et, d'une façon générale, de tourner ces sites en dérision. Mais sans méchanceté aucune, évidemment. Non, je reformule : mais sans méchanceté aucune, évidemment. Je dis ça parce qu'apparemment, ça n'avait pas l'air si "évident" pour bon nombre de lecteurs. Moi je me marrais, on se cherchait et s'insultait pour de rire via commentaires, on parlait de combats de bières contre macarons, de concours de rots vs maquillage, et tout cela me paraîssait bon enfant ma foi. Mais non, y en a qui ne l'entendaient pas de cette manière, qui se sentaient visées, pire, insultées, humiliées. Pauvres chéries. Bref, "L'anti-blog de filles" en est resté là... Mais par chance pour toi petit veinard, il renaît de ses cendres à l'occasion sur le blog de son auteur, titulaire d'un Doctorat ès Second degré.


Je sais ce que tu te dis, à ce stade de l'article : "C'est bon Eve, arrête de nous prendre pour des nazes, tout ça on l'a bien compris depuis longtemps, on est des gens in-tel-li-gents !". Ah ouais ?! Et moi je suis une ta-rée men-tale. Alors j'en remets une couche : A l'attention des handicapés du second degré, j'apporte quelques précisions :

- En vrai, la Blonde n'a pas couché avec Mac Gyver. C'est pas parce qu'elle le dit qu'elle l'a fait.
- En vérité vraie, quand je traite cette même Blonde de "sale Blonde", ça n'est pas méchant, j'te jure. c'est carrément amical. Comme quand le coach me traite de "morue" ou la Pétasse de "traînée", ils le disent pour rire mais ne le pensent pas (ah si, vous le pensez ? crotte alors...).
- En vérité vraie dans la réalité, je ne suis pas si bonne que ça. Et crois-moi, ça me fait mal au cul de dire ça. Parce que c'est quand même rigolo (private joke) de se revendiquer publiquement et régulièrement comme "plus bonne que bonne", surtout quand les vrais handicapés du second degré se permettent de t'écrire pour te demander si tu ne serais pas un peu narcissique quand même (ce à quoi tu réponds : "Oui je suis narcissique et j'aime ça. D'ailleurs au moment où j'écris cela, j'ai les yeux rivés sur mon miroir tellement j'me kiffe ma race. Une chance que je connaisse le clavier par coeur, sinon je sais pas comment je ferais, je serais obligée de pas me regarder pendant plusieurs minutes, ralala...". Et suite à quoi le lecteur con-con te déteste encore plus... parce qu'il a toujours pas pigé le truc-euh).
- En vérité vraie dans la réalité réelle, quand je dis que je vais mettre mes gosses dans un congélo tellement ils me fatiguent, ça aussi c'est pour du rire. Je précise hein, parce que j'ai régulièrement des hordes de mamans hystériques parfaites qui me tombent dessus et menacent de me dénoncer aux services sociaux. Alors voilà, en vérité je vous le dis : NON, je ne compte pas congeler mes gosses, ni les abandonner, ni leur faire faire un tour de machine à laver programmée sur essorage intensif.
- En vérité vraie dans la vraie réalité réelle de la vraie vie, j'espère que vous avez bien tout suivi...

Ok, là, tu commences à m'aimer de moins en moins et, même si tout ça t'as quand même fait un peu rigoler (allez avoue), tu penses que je vais trop loin, que je prends mes lecteurs pour des neuneus tellement tout cela te paraît évident. C'est que toi t'es un gars intelligent. Par conséquent, t'as le droit de te la péter. Parce que quand je reçois des mails de gens qui me demandent si ces histoires de lesbiennage avec mes copines blogueuses, c'est pour du vrai ou pour du rire, j'avoue que ça me troue le cul. Et tu peux te marrer, parce que ceci est authentique. De même que je me marre quand je reçois des mails dont la maîtrise de la langue et de l'orthographe en disent long sur le QI de l'expéditeur et dont le contenu ressemble à ceci : "Bonjour, je vous conné pas mais je sui tonbé sur votre blog et je me permé de vous dirre ke je vous trouve un peu trop genre se la pète et k'ya d'autr fille plus belles et ki blog mieu ki se la pète moin alors franchmen vou devrié moin vou la pété paske lé gen ki se là pète komme ça moi je trouve sa domage et j'aime pa tro k'on se la pète tro alors k'on nait pas une star." Sur ce, je pète...

Bref, à présent, c'est à toi que je m'adresse, toi le désespéré du second degré, celui qui pige rien à rien. Voici un petit exercice qui va peut-être t'aider. Je m'en vais te raconter une histoire, comme je sais si bien le faire. Et quand y a du second degré, autrement dit, du contenu que t'es pas censé prendre au pied de la lettre (comment ça quelle lettre ?! Mais putain fais un effort, merde !), je te le surligne en rouge et je te donne même des indications pour t'aider à comprendre la vraie signification du texte. Et normalement, grâce à cela, tu vas subitement voir les choses autrement. Peut-être même que tu vas y prendre goût et aimer ça salope. tu vas tellement aimer que tu vas passer ta nuit à relire ce blog et tu vas le trouver subitement rigolo !!! Allez, on y va :

Salut les gros nazes qui me servent de lecteurs, << en vrai, je ne considère pas mes lecteurs comme des "gros nazes" et pour cause, je ne les connais pas personnellement. ceci es une façon de les taquiner direct, de la même façon que je pourrais leur donner uen tape amicale dans le dos, mais en plus fun quand même.

Demain, je quitte ma province pour un petit week-end à Paris. Va falloir que je troque mes sabots pour des chaussures citadines parce que là-bas, paraît que c'est la grande ville. << en réalité, je ne porte pas de sabots, bien que je sois Lorraine. Et je n'habite d'ailleurs pas à la campagne. C'est juste pour rire du contraste capitale/province et pour me moquer de moi-même qui suis vite perdue dans la grande ville. Hé oui, je suis une vrai dingue, je me moque de moi-même et ça me fait même pas peur.

J'y vais avec Ouin-Ouin et Manu  et comme on doit y être pour 18 heures, pas question de traîner. Y aura pas de partouze furtive sur la table d'une aire de repos, on a pas le temps. << Ca aussi c'est pour du rire. En vrai, je partouze pas sur les aires de repos. Je suis une fille bien qui sait se tenir : je partouze, certes, mais seulement chez moi. << ayé, tu commences à piger le truc ?

A vingt heures, on va au concert des Buzzcocks vu qu'on a réussi à avoir des billets à temps. Et crois-moi (<< Attention c'est un piège ! En vrai faut pas me croire !), j'aurais vendu ma mère et mes gosses pour avoir ces places. << Dans la vraie vie, j'aime maman et j'aime mes enfants. Donc NON, je ne compte pas les vendre, même pour un concert des Buzzcocks.

Et toi qui a bien tout lu, j'espère qu'avec tous les efforts que j'ai fait pour toi, tu maîtrises désormais le second degré. Parce que si c'est pas le cas, t'es vraiment irrécupérable et je ne sais pas ce qui me retiens de te jeter des cailloux. Et le fait que cette dernière phrase ne soit pas surlignée en rouge n'est pas une omission de ma part.

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15 avril 2008

Chacun mon tour ! (ou : les vieilles dames qui aboient)

doigt_vieille


Personne n'aime faire la queue dans les supermarchés ni nulle part d'ailleurs. En même temps, bien que certaines statistiques estiment à plusieurs années le temps total passé par un individu dans les files d'attente diverses, t'es bien obligé de faire la queue, que tu le veuilles ou non. Le truc c'est que si tout le monde se faisait à cette idée et prenait la chose avec philosophie (genre moi, je profite de ce temps perdu pour tenter de répondre à des questions existentielles et/ou fondamentales comme "Pourquoi dit-on "jambon blanc" et non "jambon rose" ou encore "Pourquoi parle-t-on de "fruits de mer" et non pas d'"animaux de mer" ou de "viande de mer" voire de "nourriture de mer""... Ah ouais, dans mon cerveau c'est la méga fiesta constante, j'te l'fais pas dire), ça faciliterait grandement les choses : chacun attendrait son tour sans broncher, parce qu'y a pas le choix après tout. Sauf que dans la réalité, dans la réalité vraie même, ça se passe jamais de la vie comme ça, tu penses. Dans la vraie vie, tu dois subir le con qui soupire toutes les trois secondes en pensant que ça va accélérer le mouvement, celui qui fait semblant de pas t'avoir vu et qui te passes devant allègrement, celui qui insulte la caissière qui n'est décidément qu'une bonne à rien payée à rien foutre, celui qui t'engueule parce que c'est son tour à lui et que toi, tu monopolises la caisse huit secondes de trop en voulant ranger ta carte bancaire, et puis aussi, y a celui qui te demande de lui céder sa place, plus ou moins poliment, et qui aime pas bien que tu lui refuses cette faveur quand bien même ton caddie est deux fois moins fourni que le sien. Et bien aujoud'hui, j'ai eu droit à un spécimen de cette dernière catégorie...

Evidemment, il s'agissait d'une vieille dame. Alors qu'on soit d'accord, je ne suis pas gérontophobe, d'ailleurs moi j'aime bien les vieilles personnes (sauf peut-être celles qui puent) et j'aime particulièrement les vieilles dames qui se parfument à l'eau de Cologne ambrée, se dessinent les sourcils au crayon khôl et ont les cheveux gris/violet. Non mais sans rire hein, j'ai une sorte de sympathie pour les vieilles dames, pour celles qui donnent du pain aux pigeons, celles qui te racontent leur vie à la première occasion, celles qui viennent vers toi juste pour te dire que tu as de biens beaux enfants (quand j'te l'dis qui sont beaux mes bébés) et pour te souhaiter une bonne journée, celles qui font leurs courses avec un caddie à carreaux (moins tendance que mon caddie turquoise que j'assume à donf, soit dit en passant), et puis celles qui boivent une bière en terrasse quand il fait beau. Bref, moi, j'aime bien les vieilles dames. Mais ceci dit, oseras-tu me contredire si je souligne la fâcheuse tendance qu'ont les vieilles dames à resquiller des places dans les files d'attente et à faire valoir leur statut de senior pour mieux revendiquer ce droit à passer avant tout le monde ? Eh ouais, qu'on le veuille ou non, parmi les individus appartenant aux catégories précedemment citées, parmi ces impatients bourrés de mauvaise foi, les mamies ont sans doute la palme. Petit résumé de l'épisode du jour :

17 h. Heure de sortie des bureaux, je te l'accorde. Heure de sortie des cours où les étudiants courent acheter leur Bolino et leur bouteille de Fanta, où les mamans pressées chopent une tarte Marie et quelques bricoles, où les pas organisés comme moi font le tour des rayons en quête d'une idée repas pas cher, où les fauchés comme moi comparent les prix parce que d'nos jours 1 euro c'est 1 euro ma bonne dame, bref, c'est l'heure où ça se bouscule. Mais le truc c'est qu'en te pointant à cette heure là, t'es censé le savoir et prendre ton mal en patience quand tu te retrouves dans une file d'attente de trois kilomètres douze.

Eve, dans la file avec : des poireaux, de la crème fraîche, des oeufs, une pâte brisée, de l'emmental râpé et des lingettes pour le cul de bébé (note à quel point il est fascinant d'analyser le panier de courses d'une personne : voilà, désormais tu sais que ce soir, c'est tarte aux poireaux chez la Eve, pis tu sais aussi qu'Eve est une grosse faignasse pas foutue de faire sa propre pâte brisée, et évidemment que son bébé est toujours en mode "usine à merde", ce qui nécessite une surconsommation de lingettes). Derrière elle, une mamie impatiente affublée d'un filet d'orange, d'un paquet de chips, de bonbons Ricola, d'un camembert, d'une savonnette et d'un paquet de pain de mie. Ce détail de nos paniers respectifs et seulement destiné à mettre en avant notre droit respectif à postuler auprès de la caisse "moins de dix articles". Bref, la mamie, d'abord elle soupire. Une fois, puis deux. Puis trois... Puis soixante-douze fois. Et comme les soupirs ne suffisent pas, la mamie décide de s'exprimer : "Ca avance pas hein !". Et comme personne ne relève, elle en remet un couche : "C'est complètement fou que ça avance pas !". Cherchant désespérément un regard complice dans la file d'attente composée, par chance, de gens civilisés en dehors d'elle-même, la mamie s'emballe et multiplie les remarques : "Qu'est-ce qu'ils ont tous à venir faire leurs courses maintenant ?! Y a d'autres magasins hein, pas la peine de tous venir ici hein !!... Pis les caissières... On voit qu'elles sont pas pressées hein. C'est sûr qu'elles sont pas payées au rendement celles-là.".

Toujours aucune réaction dans l'assistance. La mamie impatiente décide donc de passer au plan B : je passe devant tout le monde. Et ce après un petit jeu très énervant ma foi qui consistait à courir d'une caisse à l'autre des fois que la voisine soit plus rapide, pour revenir finalement à sa place initiale en lançant àau reste de la file : "Je fais que reprendre ma place hein, j'étais là avant vous au cas où vous n'auriez pas remarqué !". Donc, le plan B : "Touss touss... Oulala, je suis malade moi... Touss touss... Vivement que je rentre chez moi, je suis pas en forme hein...". Personne ne bronche, surtout pas Eve, imperturbable. "Pis l'autre devant (parlant de la cliente juste devant moi) qui débarque avec une cargaison, ben on a pas fini hein, on n'est pas sortis de l'auberge !... touss touss... Oula, je dois avoir la grippe moi.".

N'ayant réussi à apitoyer son entourage, la vieille dame suintant de mauvaise foi s'attaque au plan C plus connu sur "plan de la dernière chance" et caractérisé par un culot évident. S'adressant à moi :

"Vous avez vu, ça avance pas.
- Ca avance. Doucement...
(sourire en sus, je suis une gentille fille)
- Vous trouvez ? Ah.
- ...
- Ca vous ennuie si je passe devant vous mademoiselle, j'ai presque rien dans mon panier. d'ailleurs regardez, les chips, je les laisse. J'ai juste ce qu'il me faut pour ce soir, trois fois rien.
- Moi non plus Madame je ne suis pas très chargée, j'ai juste ce qu'il me faut pour ce soir.
-
(Soupiiiiiiiiiiiiir) Oui mais tout de même...!
- Hmmm ????
-
(Hésitation)...Je suis âgée !
- Et ?
- Je suis â-gée !
- Et moi je suis enceinte.
- Et bien ça ne se voit pas !
- Je ne vois pas ce que ça change et c'est pas parce que toi, ça se voit que t'es vieille, que ça doit te rendre agressive.
- Ooooh maaaaais...
- ecoutez madame, tout le monde en a marre, tout le monde a moins de dix articles, tout le monde est pressé de rentrer chez soi, les vieilles dames, les femmes enceintes, les étudiants, les hommes d'affaire, tout le monde quoi.
- ...
- ... ???
 (regard fixe genre : "Un problème méchante petite vieille plus hargneuse qu'un teckel mal luné ?!")
- Ca alors, vous n'avez même plus le respect de l'âge !".

Qu'une personne comme ça me parle de respect, ça me fait doucement rigoler. Mais ce qui me fait peur, c'est la question suivante, que j'ai pourtant eu l'occasion de traiter dans ma petite tête durant mon attente en caisse : quel est le pourcentage de risques pour que moi-même, je ne finisse par devenir une vieille dame acariâtre ? Nan parce que sérieux, les vieilles personnes, ça fait peur des fois, elles me font l'effet d'un chien incapable d'arrêter de japer et à qui t'as juste envie de balancer ta godasse (voilà, tu piges maintenant pourquoi j'ai choisi "Arrête d'aboyer" des Sheriff en musique d'accueil.

Edit : Et là, je jubile de te savoir, toi lecteur, en train de te demander, sans oser l'avouer : "Mais le coup de "chuis enceinte", c'était juste un gag pour remballer la vieille ou bien c'est vrai de vrai ?". T'es tellement touchant de naïveté que t'en es mignon tu sais...

Posté par _eve_ à 18:28 - J'aime carrément pas ça - Commentaires [19] - Permalien [#]

03 avril 2008

BB Burnes et Plastiscines, même combat : aux chiottes le rock bubble gum

bb_brunes

Avertissement : Ceci n'est pas du rock'n'roll


Vu que j'ai déjà pourri de commentaires le blog de Polyne en string (comprenne qui pourra ... pis avec ça Polyne, tu vas booster ton audience. Me remercie pas. Allez, si, remercie-moi) en la ramenant sur les BB Burnes et vu que je suis une fille bien élevée, j'ai décidé de pondre un article sur le sujet ici même, sur mon blog qui n'a pas peur d'insulter les merdeux affublés d'une guitare électrique et auto-proclamés rockeurs. Parce que quand même, c'est pas des manières de ruiner l'article de Polyne, fan inconditionnelle des BB Brunes (ouah comme je balance !), en descendant en flèche ce groupe qu'elle affectionne tendrement (c'est-y pas mignon). Et pour pas faire de jalouses, je vais pas balancer QUE Polyne, y a pas de raisons, y a d'autres blogueuses que j'aime suffisamment pour annoncer publiquement qu'elles écoutent du rock chupa chups : cette hystérique de Sappho, par exemple, sûre qu'elle a téléchargé l'album en douce...

Bref, parlons-en des BB Brunes (ou Burnes, chacun dit comme il veut... Moi je trouve que BB Burnes ça leur va bien vu que si j'en avais des burnes, ils me les briseraient royalement avec leur non-rock à deux balles). A la base, les minets, ils me dérangent évidemment pas. Pis même si je reconnais m'être musicalement arrêtée à quelques périodes en dehors desquelles j'ai du mal à trouver du génie musical, ne me prenez pas pour une espèce de facho de la zic qui rejette par principe tout ce qui est jeune et qui se lance dans le créneau rock. Parce que des petits groupes de rock carrément sympas, y en a ouais, même qu'ils sont loin du punk 77 mais que je les aime quand même. Y a Deportivo tiens, qui joue un rock qui se tient bien, qui n'en fait pas des tonnes et qui assure vraiment bien sur scène. Bon ok, ils sont plus vieux que les BB Machins, mais c'est pas une raison hein, suis pas en faveur des préjugés sur les jeunes et je suis pas contre l'idée de découvrir un jour un super groupe de rock français composé de lycéens imberbes. Mais avouons que pour l'instant, que dalle, nada, tchipète, rien de nouveau sous le soleil.

BB Burnes... Ralala... Ce groupe, j'm'en vais te dire un truc, s'ils se contentaient d'assumer leur statut de groupe de variétoche pour ado (et post ados, d'après ce que j'ai cru comprendre), je leur en voudrais pas, même pas je les calculerais. Parce que le vrai truc qui m'énerve, c'est précisément ça : ce sont ces groupes qui se revendiquent comme renouveau du rock et qui, en réalité, font de la gentille petite variété pour cour de récré, avec un soupçon de rebelle attitude, parce que ça plaît aux fiiiiiilles. Un peu comme les Kyo y a quelques années quoi. En plus insupportables, dirais-je, mais cela n'engage que moi (comme tout ce qui se dit sur ce blog d'ailleurs, ce qui implique que je ne te retiens pas plus longtemps ici si ce que je te dis t'emmerde ou si t'as un t-shirt "I love BB Brunes" en ce moment même). Tiens, on va prendre un exemple : leurs consoeurs les Plastiscines. Alors là, je sais qu'y a djà des BB groupies qui vont bondir sur leur clavier pour me dire : "n'importekwa, s'pa vrééé, BB Brunes et Plastiscines ça n'a rien à voir quoi !!". Soit. Sauf que si on se place de mon point de vue et que l'on considère ces groupes comme de gentils petits auteurs de variétoche pour boums qui se prennent pour des rock stars, c'est du pareil au même, du "kif kif bourricot" comme y dit mon père. En vrai de vrai, je vais t'avouer un truc, les Plastiscines, je les ai vues en concert. Eh ouais. c'est bon hein, pas la peine de t'exciter et de préparer un commentaire qui dit "walahonteu !", faut lire la suite. Qu'on soit bien d'accord, j'ai pas payé pour les voir hein, j'ai juste assisté à leur concert en tant que première partie du show de la légendaire Juliette Lewis et ses Licks. Même que les Licks, ça dépote sa race, et que la Juliette, j'me la ferais bien en vrai tellement qu'elle est bonnasse sexy. Et donc, en première partie, y avait les Plastoches à frange. J'ai maté tout le concert, j'ai pas trouvé ça inaudible ni intenable dans l'ensemble. J'ai même osé secoué la tête une fois je crois (moi aventurière, moi bon public). Bon OK, y a des fois aussi où j'ai préféré aller boire des bières mais bon. Faut dire qu'à l'époque, les petites gonzesses se la pétaient pas tant et leur air de gourdes un peu paumées était presque mignon et sympathique, genre petites nénettes qui démarrent dans le showbiz mais qui la ramènent pas encore de trop.

Sauf qu'après, elles ont commencé à la ramener, ces nazes. A se la jouer super rockeuses de la mort, à déclarer dans les interviews qu'elles étaient les dignes héritières des Ramones... Ouais, je sais ce que tu te dis : c'est à ce moment précis que les greluches ont perdu mon estime à tout jamais. Elles sont subitement passé du statut de gentilles petites chanteuses de pop variétoche pas déplaisante à celui d'insupportable fille à frange qui sera jamais rock'n'roll, même avec une seringue dans le bras et une plume dans le cul. Pis entre nous, si les Ramones ont "rien inventé", comme disent certains, ils ont au moins l'immense mérite d'avoir réussi le pari de faire des tubes intemporels avec pas grand chose : trois accord, un refrain à la con et voilà Beat on the Brat ou All the kids wanna sniff some glue. Et là, c'est une recette qui marche : trente ans après, on connait encore les refrains et si un groupe décide d'en faire une reprise en concert, il peut être sûr que tout le monde connaît et que le public est réceptif. Alors les Plastiscines, ces connes, elles ont essayé de faire pareil. Ca donne Zazie fait de la bicyclette, braillé en boucle. Sauf que là, t'as pas envie de te lancer dans le pogo, t'as juste envie de leur jeter ta godasse. Ou de te barrer, et vite.

Ne m'en veux pas pour cette petite parenthèse plastiscienne lecteur, c'était juste pour re-situer mon point de vue et pour te montrer à quel point il est urgent que les lycéens veinards et pistonnés qui s'embarquent dans le showbiz-biz cessent de se prendre pour les nouvelles icônes du rock. parce que non, jamais, même pas en rêve ils font du rock. Aujourd'hui, au JT, j'te donne en mille qui est invité : BB Burnes, tu penses. Annoncés par la présentatrice comme un groupe de "rock pur". Pendant l'interview, que j'écoute d'une oreille, je tchatche sur MSN avec Laurent (qui, dois-je te le rappeler, est un vai rockeur de longue date, si tu vois pas de quoi je parle va t'en voir sur Google et demande z'y de te parler de Charge 69) et j'lui dis : "Y a les BB Brunes au JT, ils parlent de leurs influences... Ils citent les Clash". Le Laurent : "Quoi ??? Les Clash ??". ouais, le Laurent il déconne pas avec le rock. Encore moins avec le punk rock, tu penses. Et quelque chose me dit que quand je lui ai annoncé ça, il a du renverser son café sur son clavier. Faut dire que le pauvre, bien que ses gosses soient à bonne école, il a une fille fan des BB Burnes, ça lui brise le coeur. Enfant indigne va. Pis là, je fais une petite recherche sur le ouèb, pour me renseigner un peu. Car loin de moi l'idée de dire des méchancetés gratuites sur un groupe si celui-ci devait s'avérer être une légende naissante du rock'n'roll. Alors je lis des interviews des BBB depuis dix minutes. Et la vérité, ça craint. Exemple : Leur influences ? "Tous les Punks de la vague 77 : les Clash, les Stooges, Bowie...". (source).

...

Toi aussi t'as envie de pleurer quand tu lis ça ? Ou de gerber ? Tiens, v'là une bassine. Parce que ouais, dis-moi (sans mauvais jeu de mots), comment on peut être fan de punk 77 et au final, pondre un un truc aussi peu punk, aussi peu rock et aussi peu anticonformiste dans l'ensemble ??

Conclusion (parce que ouais, je parle je parle, et toi tu te lasses, alors je vais abréger hein) : OUI, BB Brunes est un bon petit groupe de variétoche pour ados et groupies-qu'ont-plus-l'âge. Un truc gentillet que t'écoutes en douce dans ton IPod pendant le cours d'histoire-géo parce que l'histoire-géo, c'est grave relou quoi. Mais NON, jamais de la vie BB Brunes n'est un groupe de rock. Encore moins la renaissance du rock français. Le rock français, tout le monde sait qu'il n'a plus d'icône depuis Noir Desir et la Mano, et que les derniers groupes inoubliables de ces deux dernières décennies se comptent sur les doigts d'une main (bon allez, deux à la rigueur). Alors BB Brunes successeurs de Noir Des', ben voyons. Et moi, je m'en vais succéder à Frédéric Dard tellement j'écris bien avec plein de vulgarité. Bah voyons... Sortez-vous la tête du cul le gars, BB Brunes n'est pas plus un groupe de rock que j'ai une tête de suédoise. Et non, BB Brunes ne seront pas les nouveaux Clash, même pas pour rigoler, même pas sous acide. Ni les nouveaux que dalle. Alors que les BB Burnes restent gentiment à leur place et que la presse arrête d'essayer d'en faire des icônes rock alors que, entre nous, ça vaut deux balles. Paraît qu'ils écoutent les Cramps les gars (dixit l'un de leur titre). Les Clash, les Cramps, les Stooges... et au final, ça... BB Brunes... Pfff, ça me désespère. Du coup, t'as bien mérité un petit Cramps, garanti 100% original, sans jean slim estampillé Cheap Monday, sans Converse toutes neuves et sans coupe coiffée-décoiffée-qui-fait-même-pas-vrai...

Et c'est ma préférée des Cramps. Remercie moi ouais, tu peux. Parce que juste après, y a le clip de Like a bad girl should même que le clip il est trop bon (et spécialement dédicacé à mon pote Fred qui est fan des Cramps devant l'éternel).



PS aux lecteurs attentifs et joueurs : le choix de ces deux titres bourrés d'hormones n'a strictement rien à voir avec l'abstinence imposée par mon gynéco et dont je suis victime jusqu'à ce que la sanction soit levée (priez quand même pour que mon prochain exam soit concluant, sinon je vous raconte pa l'humeur qui va régner sur ce blog...)

Posté par _eve_ à 00:17 - J'aime carrément pas ça - Commentaires [25] - Permalien [#]

27 mars 2008

Je suis une fille qui s'la pète

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(Si tu veux le même t-shirt que sur la photo, tu vas chez Clémence et t'en commande deux : un pour toi, un pour moi)

Ces temps-ci, j'ai remarqué un super truc : quand t'as décidé de pas être toute mielleuse, gentille et limite con-con avec les gens, on considère que t'es une de ces pétasses "qui s'la pètent", comme disent les djeun's (de mon temps, on disait "qui se la raconte", mais maintenant que je suis une Madame, on dit "qui se la pète"... eh ouais, les emps changent).

Tant que tu fais risette à tout le monde, ça va. Tant que tu parles à tout le monde et que tu veux bien être l'amie de tous, pas de prob. Tant que tu es toujours d'accord avec tout le monde (ou alors pas tellement d'acord mais dans ce cas tu mens ou tu fermes ta gueule), aucun problème non plus. Mais sitôt que tu fais le choix de t'affirmer un peu, d'envoyer chier les gens qui t'emmerdent, de ne pas t'attarder avec ceux qui ne t'intéressent pas, de contredire des gens sur tel ou tel sujet, de pas faire la bise à toute l'assemblée quand tu débarques quelque part où tu ne connais les gens que de vue, ben subitement, tu deviens ce genre de fille : la garce qui se la pète.

Quelques exemples (parce que je sais que t'aimes bien les exemples) :

- A propos de Myspace : Evidemment tu t'en doutes, je suis une fille moderne et totalement aware qui possède donc une page Myspace, comme il se doit. Sauf que, contrairement à la grande majorité des blogueurs, j'ai décidé de ne pas mettre le lien de ma page sur ce blog. Ben ouais, dis-toi bien que c'est pas un oubli si ne figure pas dans ma marge un lien tel que "mon Myspace", "mon espace" ou "chez moi". Si je vous file pas le lien, c'est ptetr tout simplement parce que des amis Myspaciens, j'en ai bien assez. A vrai dire, je ne suis pas de ces Myspaciennes qui concourrent pour la plus longue liste d'amis, qui raffolent des "thx for the add/the request" et des commentaires qui servent à rien ; moi, j'ai une page avec peu d'amis, mais tous ces amis, je les connais en vrai ou je corresponds avec eux depuis longtemps sur internet. Bref, tout ça pour en venir à ce fait : je n'ai pas forcément envie d'accumuler les profils de gens que je ne connais pas sous prétexte que c'est le principe même de Myspace. Libre à moi de refuser les requêtes (sous lesquelles je croule, soit dit en passant) et tant pis si je reçois régulièrement des messages incendiaires de parfaits inconnus, du genre : "T'es du genre qui s'la pète toi, genre chuis pas assez bien pour être dans tes amis, c'est ça ?". Bon ben oui, si ça vous fait plaisir : j'me la pète sur Myspace.

- A propos de mon attitude anti-sociale
: Me croiser dans ma ville, c'est pas bien compliqué. Parce que je traîne toujours dans les mêmes endroits avec les mêmes personnes. Du coup, forcément, les têtes que je cotoie, c'est un peu toujours les mêmes. Alors des fois, y a des gens, quand ils me croisent ils s'attendent à ce que j'aille leur taper ma vie comme si on était potes, même que, selon le coach, dans les magasins on croise des fois des gens qui "rêvent de venir me dire bonjour". Et moi si j'dis pas bonjour, c'est pas pour cultiver un quelconque côté rebelle ou une punk attitude, c'est pas non plus parce que je suis hautaine ou impolie, c'est juste que, par principe et par habitude, j'ai pas forcément envie de devenir pote avec toute la ville ni envie d'entretenir des sortes de relations superficielles avec des gens qui, de toute façon, ne resteront jamais que des individus que j croise de temps à autres. Et forcément, quand t'es du genre indifférente qu'aime pas bien dire bonjour, une fois de plus, tu es assimilée à la fille super sûre d'elle qui se la pète et qui ignooooore le commun des mortels. Alors qu'au fond, je suis une gentille fille, polie, marrante et tout (si si, j'vous jure !). Mais voilà, si ça vous plaît : j'me la pète en société.

- A propos de mon blog
: Partant du constat que les blogueurs et leur lectorat souffrent bien trop souvent d'une carence en second degré et que précisément, ce second degré est non seulement mal maîtrisé mais souvent inconnu de ces utilisateurs, je suis, par défintion, LA fille qui se la pète. Parce que mon blog, c'est un peu l'antre du second degré, parce que j'aime bien parler de moi en m'autoproclamant "supra bonne" ou "méga géniale", parce que je revendique qu'y a pas mieux en matière de blog que mon mien n'à moi et j'en passe, et parce que le lecteur con-con sur les bords, il a toujours pas pigé que tout ça, c'était pour la rigoulade... bref tout ça me vaut d'être une fois de plus considérée comme la fille qui se la pète, qui se la pète avec son blog, qui se la pète avec ses commentaires, qui se croit tout permis y compris d'insulter les gens et de critiquer les trucs qu'elle aime pas. Qu'on s'le dise : j'me la pète sur mon blog.

- A propos de mes centres d'intérêt et des thèmes que j'aborde : Je parle beaucoup des Ramones, je parle beaucoup de sextoys, je parle beaucoup de concerts, je parle beaucoup des us et tribus rock'n'roll, aussi discutables puissent-ils être. Ceci dit, je ne me suis jamais revendiquée comme biographe des Ramones, comme experte en sextoys, comme figure incontournable des concerts et de la scène rock, ni comme quoi que ce soit dans ce genre. Cela n'empêche pas de bons gros nazes de prendre régulièrement la peine de m'envoyer un petit message (ils ont bien le droit après tout) pour me rappeler qu'y a pas que moi qui écoute les Ramones (sans blague, je pensais avoir un Copyright sur tous leurs titres ?), que je ne suis pas une déesse du sexe (ceux qui disent ça, on voit bien qu'ils ont jamais fait l'amour avec moi... c'est pas la Pétasse ni la Blonde qui me contrediraient sur ce point) et que, en gros, je n'ai pas le monopole du concept de blog rock'n'roll (encore heureux, manquerait plus que ça que je doive me taper tout le boulot). Si ça continue, en signe de contestation, je vais me mettre à parler de trucs cons et totalement dépourvus d'intérêt, de trucs chiants qui n'intéresseront personne. Comme ça, ptetr qu'en faisant un compte-rendu de ma viste à l'usine de bouteilles d'Evian, on me foutra la paix cinq minutes. C'est un fait : j'me la pète dans mes propos.

Tout ça pour dire que bien qu'étant au-dessus de ces enfantillages (parce que n'oublie pas que sous mes airs d'éternellle ado, je suis une Madame mouâ), je suis lassée de revenir régulièrement sur la question (après tout, c'est loin d'être la première fois que je m'attarde sur la question du second degré) d'autant que ces billets prennent parfois des airs de justification alors que franchement, manquerait plus que ça que j'aie à me justifier sur ce que je fais ou sur l'image que je renvoie. Si ça continue, je vais finir par ne m'entourer que de gens aussi intellectuellement stimulants que moi, ces rares personnes qui maîtrisent à donf l'humour et le second degré et qui n'ont pas peur des mots, ces gens qui sont au-delà de la petite gueguerre du blog, de la course aux amis myspace, du concours de répertoire téléphonique et de celui du nombre de connaissances dans les bars et les concerts. Du coup, on sera pas nombreux : y aura le coach, évidemment, la Pétasse, la Blonde et la fille au prénom vintage (parce que je peux pas faire l'amour sans elles), la Girly qui nous fera la rigolade en nous racontant des histoires de cul et puis aussi l'hystérique parce que j'aime bien comme elle parle fort pis parce qu'elle elle se sent pas insultée quand je la traite d'hystérique du coeur et du cul ni quand je lui dis que ce qu'elle écoute c'est un peu de la merde des fois. Parce que le vrai problème, c'es ça : les gens, ils se sentent insultés en permanence. Tu veux pas d'eux comme amis virtuels sur Myspace, ça remet en cause leur potentiel de sympathie et leur droit à l'amitié. Tu les taquines sur leurs choix musicaux, ça remet en question leur jugement esthétique et leur sensibilité artistique et ils se sentent insultés, encore. Tu les ignores parce que tu les connais pas tant que ça après tout, ils se sentent humiliés par tant d'indifférence. Bref, les gens sont non seulement compliqués dans l'ensemble, mais ce sont aussi de sacrés emmerdeurs...

Je pourrais donc conclure en disant que malgré les a priori, je suis une fille sympa et pas si bizarre, marrante et carrément attachante quand on sait s'y prendre avec moi. Mais NON, finalement je préfère conclure en ces termes : je suis une fille qui se la pète comme t'imagines même pas tellement je me sens supérieure à toi. Je suis une garce, une connasse, une fille qui se croit tellement bonne et tellement mieux que tout le monde qu'elle calcule même pas les gens comme si c'était ses serfs. Maintenant manant, trace ta route veux-tu, j'me la pète tellement que je veux pas d'un gros naze comme toi dans les parages. Allez, file te dis-je !

PS : Et pour parfaire ma panoplie de fille qui s'la pète, je veux un badge rose fluo qui dit "craneuse" comme celui de la Pétasse.

Et parce que je te déteste, toi le/la moins bien que moi, un petit clip qui va bien avec cette conclusion à la con : She Hates Me de Puddle of Mudd (oh putain comment ça faisait longtemps ! Ca me rajeunit pas c't'histoire...) :

Posté par _eve_ à 11:08 - J'aime carrément pas ça - Commentaires [19] - Permalien [#]
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