Ma vie rock'n'roll

"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

15 mars 2008

Les Wad Billys rock the Lorraine (and the reste of the monde)

wad_billys

Ah ben oui hein, faut pas déconner, mais dans ma section "Gens rock'n'roll", s'rait p'tetr temps qu'on parle tout simplement de vrais groupes de rock et pas seulement de ma famille rock'n'roll. Alors ouvre grand tes mirettes mon p'tit chéri car aujourd'hui je te parle du groupe dont je suis fan absolue devant l'éternel (rien que ça), j'ai nommé les Wad Billys. Si t'es un rien attentif à ce blog, t'as déjà dû entendre parler d'eux, et pas qu'une fois. Sinon, ben t'as raté un groupe supra méga trop cool et moi, sympa, je compte pas te laisser dans l'ignorance et dans la souffrance dûe à une carence wadbillienne. Alors voilà, assieds-toi, prends une bière et écoute tata Eve qui va te conter la belle histoire des Wad Billys, le groupe qui a sauvé la Lorraine de sa pénurie de rock'n'roll et rendu le sourire aux oreilles des gens (ben ouais, les oreilles aussi ont bien le droit de sourire) :

Il était une fois une ville de Lorraine où la grisaille et le froid regnaient en grand maître. Rien d'étonnant jusque là puisque c'est la Lorraine... Cette ville avait connu des temps joyeux où les festivités locales rimaient avec rock, où la populace pouvait s'ennorgueillir d'avoir dans sa cité des groupes aussi rock'n'roll que PKRK ou Skaferlatine. Si en ces temps anciens les badauds pogotaient et skankaient à loisir, l'époque actuelle voulaient que le rock soit devenu chose rare et de piètre qualité. Les Lorrains sombrèrent peu à peu dans une infinie tristesse et finirent par accepter l'idée que le rock, c'était fini pour eux, jusqu'au jour où une étrange chose se produisit. La légende raconte que c'est dans cette petite rue sombre et quasi sordide de la ville, la rue du Wad Billy, que l'on vit pour la première fois les trois musiciens, d'où le nom qu'ils empruntèrent pour faire parler d'eux : les Wad Billys. Nul ne sait au juste comment les Wad Billys ont débarqué chez nous avec leur rock garage du fond d'la rue. Certains estiment tout simplement que ce sont les prières des villageois qui les ont amenés là afin de réconforter les habitants en leur prodiguant du bon vrai rock'n'roll...

Bon, je sais que t'aimes les histoires mais moi, je suis pas Charles Perrault et c'est pas en employant ce ton littéraire complètement désuet que je vais pouvoir te conter toute la joyeuseté (quoique...) qui s'empare de moi quand j'entends les Wad Billys. En vérité je vous le dis, la Lorraine a ses stars et c'est les Wad Billys. Eh oui, faut pas croire M6, c'est pas Cindy Sander la star de Lorraine et même si je te sens un rien déçu à cette annonce, je t'invite à écouter les Wad Billys pour comprendre de quoi j'cause. Tu sais quoi, on va faire simple pour te convaincre. Voici 5 bonnes raisons d'être fan des Wad Billys :

1. Quand ils disent "rock garage", c'est pas une façon détournée et malvenue de nous faire comprendre qu'ils font une sorte de rock expérimental pas encore très au point ou qu'ils ont tellement de mal à trouver leur style qu'ils ont décidé d'adopter une étiquette "garage". J'dis ça parce que d'expérience, quand un groupe se prétend faire du garage, ben souvent, il fait finalement du n'importe quoi et il appelle ça rock garage pour faire plus smart. Mais les Wad Billys mon gars, je t'assure que c'est du vrai rock garage comme on l'aime et que tu peux aller à leur concert en paix, sans risquer d'être déçu.

2. Les Wad Billys, ils "gèrent" comme disent les djeun's. Autrement dit, ils savent jouer. Et là tu te marres, mais moi je te garantis que c'est important de le dire, parce que des groupes comme eux, qui se produisent sur les scènes rock locales, et qui ont un vrai niveau, ben c'est franchement pas monnaie courante. Eh oui, les Wad Billys, c'est pas des apprentis zicos de quinze ans qui ont répété trois fois dans le garage de leurs parents (et qui font donc du "rock garage"... t'as compris le truc ?), non non, les Wad Billys, ils savent jouer et ça ça fait bien pléééésir quand même.

3. Les Wad Billys sont de vrais gens rock'n'roll qui ont beaucoup bon goût. Suffit de voir les pochettes de leurs CD et la peau de léopard sur leur matos. Oui je sais, c'est un détail, mais moi j'aime bien les détails surtout quand ils sont wockènwôôôôll.

4. Les Wad Billys, c'est deux gars et une fille. Et, chose rarissime, la fille c'est pas une pouf ambulante qui chantonne faux mais qui est là juste pour faire de l'audience. Parce que ça, c'est le truc qui m'énerve un peu quand même, les groupes de rock avec une fille qui se la pète mais qui sert à rien... même que je suis tentée d'en citer quelques uns... même que je sais que certains me donneront raison à ce sujet... mais même que je le ferai pas parce qu'aujourd'hui j'ai décidé d'être sympa. Bref, la fille des Wad Billys, ben c'est une vraie fille sympa qui joue du vrai rock'n'roll, pas une apprentie chanteuse à qui t'as envie de tirer les cheveux.

5. Les Wad Billys font des reprises de bon goût, reprennent des morceaux inespérés que t'as renoncé à entendre en live depuis longtemps. Ben ouais, c'est comme ça, le WAd Billys ils font pas les choses à moitié, quand ils font des reprises, c'est des pures reprises ultra bien choisies, c'est Teenage Kicks des Undertones, c'est Fast Cars des Buzzcocks, et c'était She's the one des Ramones (message perso aux Wad Billouz : hé les filles, vous avez craqué le jour où vous avez décidé de plus la reprendre celle-là, vous la jouiez aussi bien que les vrais !).

Bref, voilà, si avec tout ça t'es toujours pas décidé à t'en aller écouter les Wad Billys, t'es vraiment qu'un gros naze et je peux plus rien pour toi. Sinon, si je t'ai convaincu (j'espère bien !), je vais t'annoncer deux grandes nouvelles qui vont te mettre en joie pour 24 heures au moins :

- Les Wad Billys sortent leur premier album incessament sous peu. Tu peux déjà souscrire pour le recevoir très très bientôt, suffit d'aller ici pour savoir comment t'y prendre. Et mois, je suis la toute première souscriptionneuse de France et de l'espace intersidéral, alors j'estime que ça vaut bien une dédicace ou une reprise de She's the one... ;)

- Si tu m'envoies un gentil mail, toi aussi tu peu avoir les Wad Billys en chair et en os dans ta ville ! Waaaaou, trop la claaaaasse !! Si t'es groupie, t'auras même le droit de faire la bise au chanteur. Si t'es fan de moi (bah quoi, ça peut arriver), t'auras ptetr la chance de me voir au premier rang. Et pour tous les autres, ben z'aurez le droit de pogoter comme des dingues et de me remercier pour vous avoir fait découvrir ce groupe qui va bientôt passer sur MTv (si si, j'te jure !).

Et en attendant, tellement je suis sympa, je te mets une vidéo à mater avec le son à fond les bidons :



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24 janvier 2008

Ma soeur ou la superficialité dans toute sa splendeur

samantha

Bon ok, la personne dont je m'apprete à parler n'a rien de franchement rock'n'roll, mis à part peut-etre une solide descente et une facheuse tendance à dire des gros mots. Mais étant donné que je ne tiens pas à ouvrir une nouvelle catégorie intitulée "Gens pas rock'n'roll mais que j'aime quand même", je vais faire preuve de tolérance et admettre le personnage sur lequel je m'apprete à disserter dans la catégorie des rockin'people meme si la personne en question est à peu près aussi rock'n'roll que j'ai un physique de suédoise.

Dans la famille rock'n'roll, vous avez déjà eu droit à la fille (comment ça "c'est qui celle-là ?"...?! nan mais faut suivre hein, tete de nave !), au Père no-limit, à la grand-mère trashy malgré elle, à la cousine hippie et à la mère évidemment désespérée par le père no-limit. A présent, c'est au tour de la petite soeur de faire son entrée sur le blog parce qu'y a pas de raison et qu'elle aussi elle attend de se faire tirer le portrait, au risque de le regretter amèrement (mais ça, la soeur, je t'aurais prévenu).

Alors, comment présenter ma soeur en quelques mots... Je serais bien tentée de dire que ma soeur est la personne la plus superficielle du monde, un condensé de tout ce que je trouve insupportable en matière de féminité. Ma soeur s'habille évidemment à la mode et a des escarpins assortis à la plupart de ses tenues. D'ailleurs, elle marche très bien en escarpins, aussi bien qu'en talons hauts, ce qui a le don de m'énerver (jalouse que je suis), moi qui traine des pieds dans mes Converse et marche avec un triste déhanchement déprimé que je peine à controler. Elle met des leggings, superpose les couches de vetements, n'hésite pas à arborer du rose fuschia, du turquoise ou du lamé, et dispose toujours d'un collier et de boucles d'oreilles assortis en conséquence. Ma soeur est une fille très soignée qui fait attention à elle jusqu'au bout des ongles, qu'elle a factices, évidemment. Ses ongles sont épais et brillants, comme ceux des poufs dans les clips, avec des motifs qui changent d'une semaine à l'autre : étoiles, coeurs ou petites fleurs... de mini oeuvres d'art ainsi peintes sur des ongles que le commun des mortels préfère ronger ou entretenir par nécessité une fois par semaine. Récemment, elle a franchi une nouvelle étape dans la superficialité, il faut que je vous raconte ça : "Allo Eve ?! Devine quoi ?!! J'ai des nouveaux cheveux !! Jusqu'au milieu du dos ouais ! Faut que je passe te montrer ça, chuis trop contente, j'me kiffe de trop t'vois !". Bref, tu l'as déjà compris, la soeur s'est fait poser des rajouts, ces mèches immondes qu'ont noue à tes vraies racines en un amas de noeuds pas franchement esthétiques et qui, comme par magie, allongent ta chevelure naturelle de vingt centimètres ou plus. Bon, ben j'ai vu la soeur. Ca lui va bien, certes. Mais dans l'ensemble, c'est moche comme concept, ça fait faux, ça fait pouf. Et c'est sans parler de la pauvre indienne qui a vendi ses cheveux pour trois francs six sous afin de satisfaire les penchants superficiels de quelques occidentales pas foutues d'attendre que leurs cheveux poussent d'eux memes ("Nan mais attends, faut plus de DEUX ANS quoi, pour avoir des cheveux aussi longs !!").

Du coup, ma soeur, si coquette et appretée, me trouve insupportable par bien des points et ne manque pas de me le faire savoir. Mes ongles sont coupés aux ciseaux de cuisine et l'empechent limite de dormir tellement ils sont moches. Quant à mes cheveux, entre ma frange DIY (Denis, pas le droit de te marrer... et je t'emmerde si t'oses me traiter de Chrissie Hynde ratée ou de Plasticine, évidemment...) et mon éternelle queue de cheval déstructurée (je préfère le terme "déstructuré" à "pas coiffé"), autant dire que l'ensemble la déprime considérablement, notamment compte tenu de l'énergie qu'elle dépense régulièrement à tenter de me convaincre de la nécessité absolue d'utiliser des produits L'Oréal professionnel, en veillant à choisir un masque adapté et un sérum lissant revitalisant enrichi en protéines de machins-truc-muches et en particules de bidules-trucs qui font renaitre la vie dedans tes cheveux tout nazes. Sauf que si dans la salle de bains de la soeur, c'est L'Oréal qui prime, dans celle d'Eve, c'est plutot l'empire du bio et de la savonnette écolo, chose qui dépasse complètement la soeur : ma salle de bains, qu'il lui est arrivé de fréquenter en cas d'absolu nécessité (comprenez : en sortant du taf, pour se faire rapidos un look surbranché et trop hype avant de filer en boite), elle lui file des nausées chroniques. C'est simple, elle supporte pas la vue de ces flacons moches, de ces crèmes qui sentent la tisane, de la bouteille de shampooing écolo format bouteille d'Evian et des savons qui remplacent le gel douche plein de paraben. Alors elle se fout de moi et moi j'dis rien, parce que faut bien avouer que si je me défends de protéger la nature et les animaux en utilisant des produits Bio non testés sur les bestioles, y a des matins où je ferais bien confiance à l'ami L'Oréal pour dompter mon fol épi de la frange (bon ok le coach, là t'as le droit de te marrer).

Idem pour mon look, ma soeur supporte pas : elle dit que le léopard c'est pas seulement rock'n'roll, c'est aussi carrément moche et décalé. Que la robe léopard avec des rangers, c'est pas le top en matière de coordonnés. Et que la robe léopard avec les rangers et des boucles d'oreille cerises, ça frise le mauvais gout. Bref, elle me fait douter à fond sur l'image que je donne et dans le fond, je me dis qu'elle a surement raison. par chance, j'ai appris à vivre, depuis longtemps, avec la devise du "honte de rien" et du "je t'emmerde", ce qui me permet de survivre avec un look de naze particulier dans cette jungle fashion.

Tu l'as pigé, le lamé est à la soeur ce que le léopard est à Eve, et, de la même façon, les boites de nuit et soirée people sont pour elle l'équivalent des concerts et bars miteux pour moi. Si y a du r'n'b, des danseurs de tectonik, des stromboscopes et du champagne dans les parages, sur que ma soeur n'est pas loin. Il est clair que je ne risque pas de la croiser dans un bar ou à un concert car selon elle, c'est glauque et plein de gens pas fréquentables. Elle préfère les boites tendances où, moyennant quelques dizaines d'euros, un chauffeur te ramène chez toi, toi et tes grammes d'alcool, en limousine, les endroits branchés et éclairés où les gens vont pour voir et se faire voir, boient du Malibu et du champagne en parlant fort, et où les filles font semblant de ne pas s'intéresser aux crève-la-nique types postés au bar qui les matent avec insistance pendant qu'elles se trémoussent en sirotant leur cocktail.

Avant de finir, il faut parler du langage particulier de la soeur qui, il faut le savoir, ne s'exprime pas exactement comme la plupart des gens. Si tu enlèves à la soeur l'expression "tu vois" (voire "t'vois"), je serais tentée de dire que cette dernière serait bien en peine et aurait des difficultés à s'exprimer avec spontanéité et fluidité. Exemple : "Salut ! Ca va ? Moi j'suis crevée t'vois... Parce que mon patron, il m'a encore fait faire des heures supp' t'vois... Mais bon, qu'est-ce que tu veux, j'allais pas dire non t'vois, meme si ça tombe en plein pendant mon rdv chez la poseuse de faux ongles t'vois..."... Bon ok, j'en ai rajouté un peu pour le coup de la poseuse de faux ongles, mais c'était trop tentant mouahahaha !!

La mère dit qu'elle est sidérée de constater à quel point ses deux filles sont différentes, tout dans l'excès, chacune à leur façon. La mère ne pige pas l'engouement de l'ainée quand elle lui raconte comment elle s'est retrouvée sur scène au concert des Damned ("des qui ??"), de meme qu'elle a du mal à saisir comment le fait d'avoir passé une soirée en boite dans le carré VIP, avec des stars aussi has been cool que Magloire et Eve Angeli peut autant ravir la cadette. Elle cherche plus d'ailleurs, elle fait avec. car ce qui la rassure la mère, c'est que malgré ces différences-là, les deux frangines elles s'aiment ! Ouais ouais, rigole pas, c'est possible. Toutes les fois où il m'est arrivé de passer des soirées au bar avec la frangine, je me suis carrément bien marrer et je garde des souvenirs pas trop craignosses de notre année de colocation (malgré l'ambiance houleuse des derniers mois). La soeur rembarre facilement les gens, boit des bières comme un homme et me fait finalement bien marrer quand elle secoue sa crinière factice ("Nan mais attend, c'est pas factice quoi ! C'est des vrais cheveux t'vois !"). et j'aime bien quand elle m'invite à manger chez elle meme si le seul plat qu'elle maitrise, c'est les pates au saumon. De meme, ça me fait sourire quand la gamine met du rouge à lèvres rose et de grosses lunettes de soleil et me dit : "T'as vu, on dirait Tata !". En revanche, ça me fait moins marrer quand elle danse la Tectonik ou chante un étrange refrain du type "Push it Push it" pour faire "comme tata a appris", ou quand elle offre à bébé un bel ensemble "fashion" avec un slogan argenté. Oeil pour oeil dent pour dent : quand la soeur se reproduira, je pourrirai ses gosses de fringues léopard et de CD des Ramones. Ce sera les cadeaux très spéciaux de la vieille tante de mauvais gout, celle qui sait pas s'habiller et qui pue la crème de jour aux plantes Bio...

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04 octobre 2007

Mémèèèèère !

fuck_you

Je t'ai parlé de Mémère vite fait dans le dernier billet. Et tu penses, je commence à te connaître, lecteur, et je sens bien que t'aimerais bien en savoir un peu plus sur la grand-mère en question. Alors voilà, aujourd'hui dans la rubrique "gens rock'n'roll", j'annonce : Mémèèèèère !!

Comme le père, Mémère est rock'n'roll, pas dans le genre branchée punk rock mais plutôt dans le genre barbare, dans le plus pur style no limit et sans pitié. Pour commencer, comme tout gens rock'n'roll qui se respectent, Mémère n'a honte de rien. Prise d'une crise de colique en pleine promenade avec ses petits-enfants, elle se rue dans le premier WC public qu'elle croise dans la rue et expulse son mal en doublant ses borborygmes intestinaux de bruyants commentaires à l'égard des enfants, commentaires qui ne manquent pas d'interpeler l'ensemble des passants et d'embarasser les mômes assis à deux mètres de la cabine : "J'vous préviens hein, vous avez pas intêret à bouger d'là !! Vous m'attendez sans faire de bêtise ! Là j'ai une grosse diahrée... je crois que c'est à cause de la sauce à la moutarde de midi... alors je finis hein... sssssplaffff... j'ai presque fini hein, mais c'est la coulante alors faut me laisser un peu de temps...". Côté vestimentaire, Mémère adopte un style toujours très particulier avec une préférence pour les pulls tricotés mains à rayures multicolores. Parfois, ses pulls, ça donne ça : rayure noire, rayure rouge, rayure noire, rayure rouge, rayure noire, rayure rouge, rayure noire, rayure VERTE... Et si tu demandes à Mémère pourquoi le rouge se transforme subitement en vert : "Ben parce que j'avais plus de restants de laine rouge, bordel !". Sur la plage, mémère ne passe pas non plus inaperçue : maillot over-détendu qui baille de tous les côtés, pilosité certaine et inratable, mouchoir à carreaux étendu sur la tête en guise de pare-soleil. Et si tu lui fais remarquer qu'elle a l'air con, elle te répond juste : "M'en fous, j'ai personne à qui plaire !". A la caféteria de Cora, Mémère n'hésite pas à emballer les restes de bouffe dans un sachet plastique pour les rapporter à son clébard. Et si tu te marres, elle te rappelle méchamment que tu ferais mieux de la fermer, que toi, t'as pas connu la guerre et les topinambours, qu'on va quand même pas gaspiller noooooon mais !

Parce que oui, Mémère, elle a carrément bien connu la guerre et elle te raconte ça en pleurant presque, parfois, et tu sens bien dans sa voix qu'elle a juste envie de cracher sur sa putain d'enfance et sur sa foutue jeunesse passé à bêcher les champs, à torcher le cul de ses sept frères et soeurs, à faire la lessive de toute la marmaille et aussi celle des soldats Américains pour gratter quelques conserves, manquant au passage de se faire violer par un enfoiré planqué dans un fossé. Mémère te parle souvent de son regretté père mort trop jeune à la guerre, de sa mère enceinte à l'annonce de la triste nouvelle dont le traumatisme a légèrement retourné le cerveau au bébé, petite soeur à qui, en grandissant, on a pris soin d'administrer chaque année quelques séances d'électrochocs histoire de lui griller un peu plus les neurones et la traumatiser à jamais remettre la tête à l'endroit. Alors tu penses, quand Mémère a rencontré Pépère et qu'il a bien voulu la marier, elle s'est pas posé la question deux fois et elle s'est barrée vite fait de sa putain de cité minière pour emménager dans une autre cité minière avec son cher et tendre. Enfin, cher et tendre, il faut le dire vite, parce que Mémère et Pépère, c'était pas franchement la Love Story. D'ailleurs, le Pépère, elle ne l'appelait certainement pas par son prénom, encore moins par des petits noms affectueux, elle l'appelait juste "le Patron". Eh ouais, faut le voir pour le croire mais je te jure que quand j'étais môme et que le Pépère était encore là, elle l'appelait comme ça. Exemple : "J'ai pas l'temps de traîner, si la past'asciuta est pas prête à midi, le Patron va encore rouspéter !", "J'ai acheté du bon pâté de porc en boîte de conserve parce que le Patron mange que celui-là". Elle est le patron, c'était comme ça. Il était pas bien marrant dans son genre mais c'était un bon mari qui la traitait bien et avec qui elle manquait de rien. Etant jeunes, ils étaient même partis en vacances à Deauville avec les enfants, et aussi en Italie où ils ont visité la tour de Pise (et ramené une abominable lampe de chevet en forme de tour qui trône encore sur le chevet du défunt Patron, juste à côté de la vierge en plastique musicale ramenée de Lourdes). Et puis les années passant, le Patron a fini par plus avoir envie de rien foutre en dehors de sa maison et de son jardin, à part peut-être aller à la chasse de temps en temps, et elle elle disait rien, parce qu'après tout il ramenait la paye et qu'il allait pas se saoûler au bistrot, alors elle s'estimait pas à plaindre hein. Pour le reste, elle laissait couler, et quand les choses ne lui plaisaient pas, elle guelait un bon coup ou bien disait juste rien, épouse modèle, quoi qu'il arrive, accomplissant même son "devoir conjugal comme il se doit, quand le Patron avait envie" ("et quand t'avais pas envie, ben tu levais ta chemise de nuit quand même et tu te laissais faire hein, bonne mémère !"... à noter : l'expression "bonne mémère" est à Mémère ce que "bordel" est à Eve, c'est SA façon de ponctuer les phrases).

Mémère est une Rambo. Si elle s'ouvre la main avec le couteau de cuisine ou se blesse accidentellement en bêchant son jardin, pas de problème : une bonne vieille compresse avec du Synthol, et tant pis si ça pique et si ça saigne, ça finira bien par passer un jour ! D'ailleurs, comme rambo, Mémère est infatigable. Même toute naze et accablée par la grippe, elle entretient son jardin suffisamment bien pour fournir légumes frasi, épices et conserves à toute la famille, sans parler de l'attention qu'elle porte à ses géraniums et autres ornements floraux qui, plus d'une fois, lui ont valu le premier prix des maisons fleuries du village (consécration ultime pour la brave mémère). Mémère est une barbare, une vraie de vraie, une qui a peur de rien et qui sait tout faire. Ses fils le savent bien et usent et abusent de ce côté barbare efficace, comme lorsqu'ils rentrent de la chasse et qu'ils se contentent d'accrocher leur gros gibier au sous-sol en disant : "Hey, y aura un chevreuil à vider en bas". Sur ce, Mémère hurle : "Rrrrôô ! Bonne mémère, vous m'emmerdez ! Comme si j'avais qu'ça à faire moi !! Vous allez m'tuer hein !". Et puis Mémère chope son couteau de guerrière et te vide le bestiau en moins de deux avant de se préparer à passer quelques heures aux fourneaux pour les terrines, pâtés et fromages de tête.

Mémère est de son temps. Et du coup, Mémère a du mal à comprendre certaines choses, à commencer par l'homosexualité, parce que, comprends bien, "ça n'existait pas de [s]on temps !"... "Mais si mémère, ça existait...!", "j'te dis que non !!", "Si Mémère, bien sur que si. Seulement, les gens le montraient moins", "Ah non, bonne mémère, je suis sûre qu'y avait pas de gouines et de... et d'homos dans l'temps...". Alors quand elle voit mes très chers amis gays, couple radieux formé par deux très beaux mecs que nombre de gonzesses envient à la communauté gay, elle se contente de dire en secouant la tête : "Quel dommage pour eux... Quelle tristesse, regarde-les, deux si beaux mecs...", "Bordel mémère, tu vois pas qu'ils sont super heureux comme ils sont et qu'ils seraient pas mieux si ils étaient hétéros ?!", "Oui mais quand même... C'est une sorte de maladie... tu m'ôteras pas de l'idée que c'est médical". Elle dit ça avec ce regard triste des gens qui parlent d'une maladie incurable, elle a une peine certaine pour ces pédés-trop-beaux-pour-être-pédés, comme elle se le dit. Mémère, sur ce coup-là, je ne la comprends pas et j'avoue que j'ai définitivement renoncé à essayer de la convaincre du contraire. Même chose avec les couples mixtes. mémère ne comprend pas "qu'une belle fille se mette avec un noir". Une année, en vacances, elle a passé sa semaine à épier un jeune couple de touristes, un couple carrément radieux, le genre de couple que tu détestes tellement ils sont beaux et tellement ils transpirent de bonheur. Elle, brune au teint de porcelaine, regard clair et angélique. Lui, beau noir athlétique, regard sombre et brillant, du genre carrément excitant. Ben Mémère, elle pigeait pas : comment une si belle fille pouvait-elle délibérément se jeter au cou d'un... d'un noir !! Il y a quelques années, un capverdien a traversé ma vie. Ca a été le drame total pour ma grand-mère. Je le connaissais à peine qu'elle demandait déjà à ma mère : "Tu l'as vu toi, son nouveau gars ? Il est genre noir ou bien noir-noir ?? Un peu comme Lilian thuram ou plutôt noir tout noir ??!" ou pire, "Mais, si ils ont des enfants ensemble, tu crois qu'y a beaucoup de chances pour qu'ils soient noirs les gosses ? Ou bien blancs et juste un petit peu noirs mais pas trop ?". Avec ça, tu penses bien que Mémère ne voyait pas le mal quand on était gosses et qu'elle nous apprenait cette comptine limite sordide pêchée je ne sais où : "Une négresseu qui buvait du laaaait, et, se dit-elleu, si je le pouvaaaaais, J'tremp'rai ma figureuu dans un bol de laaaaaait, ma peau s'rait plus blaaancheuu que celle des Françaaaaais.". No comment. On dira que c'est pas de ta faute Mémère...

Mémère n'est pas très cultivée. Elle rêvait de devenir institutrice mais son beau-père l'ayant envoyée aux champs à même pas dix ans, elle n'a pas pu s'instruire plus que ça, tu penses. Et aujourd'hui, en dehors des faits divers locaux du Rep'Lo et des potins de has-been d'Ici Paris, elle ne lit rien. et à la télé, c'est top Model, Les Feux de l'Amour, Le Destin de Lisa et le Big Deal, pas de quoi éveiller tes neurones quoi. Alors Mémère utilise la langue française comme elle le peut, et parfois ça donne ça : "Rolala, qu'est-ce qu'elle parle cette femme ! Un vrai moulin à café !" "Euuuh, on dit moulin à paroles mémère...". Et puis elle a ses propres expressions, comme par exemple : "Toi, j'te connais comme si j't'avais tricoté !".

Du coup, l'un de ses rêves les plus chers, c'est que l'un de ses petits-enfants devienne enseignant. J'ai réalisé son rêve furtivement en étant un semblant de prof pendant quelques temps mais désormais, c'est mal barré pour le rêve de sa vie. Alors il reste son autre rêve : que l'une de ses petites-filles épouse un médecin, parce qu'un médecin, t'imagines, c'est la méga grande classe, même qu'il a le droit de mettre "Docteur" à la place de "Monsieur" sur son carnet de chèque. Et pour elle, toute profession touchant de près ou de loin à une discipline médicale est quasi-apparentée à la médecine. Aussi se félicite-t-elle depuis quelques mois que le nouvel homme de sa fille divorcée soit infirmier, "un infirmier qui sauve des vies", quand à l'orthophoniste qui lui a donné un arrière petit-fils, elle ne s'est jamais lassé de le consulter pour ses divers maux, transformant chacune de ses visites en sortes d'entretien médical, comme si son passage par l'école d'orthophonie équivalait à un cursus en fac de médecine ("Orthophoniste, c'est un peu médecin. d'ailleurs son diplôme, il est bien délivré par une université de médecine, non ? Pis à l'entrée de son cabinet, y a bien une plaque avec son nom, hein ?! ben alors, c'est bien c'que j'dis, c'est un peu un médecin...").

Bon, j'arrête ce soir avec Mémère, ça pourrait durer encore longtemps. Tfaçon, connaissant les lecteurs en génral, je me doute que peu d'entre vous seront allés jusqu'au bout de ce billet qui est très long, il faut bien l'avouer. les gens, ça aime pas bien lire, c'est comme ça. ca préfère les images (dites pas non, je vous connais hein !). Mais que voulez-vous, on ne peut pas dresser le portrait de sa grand-mère en dix lignes, surtout quand on a une mémère aussi rock'n'roll que la mienne.

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25 septembre 2007

Le Denis

denis1

L'ami Denis, je le connais pas depuis si longtemps. Moins d'un an en tous cas. Ben pourtant le Denis (NDLR : ici en Lorraine, on ajoute systématiquement un article défini devant les prénoms et ce sans que cela n'implique une connotation péjorative quelconque), je le connaitrais depuis toujours que ce serait pareil. Laisse-moi donc te parler de Denis, un gens bien rock'n'roll qui mérite bien sa place dans cette catégorie.

Denis est observateur. Il repère sans peine les trucs qui passent inaperçus aux yeux de tous. Il remarque que la blonde derrière le bar sert les bières comme une grosse naze, il repère les chelous dans les bars underground, les gens connus dans les lieux publics, les gens marrants, ceux qui ont de drôles de tête, ceux qui sont sapés comme l'as de pique, les filles qui se la racontent en crapotant comme des ados... bref, tous les gens sur qui on bavasse ensuite nos commentaires gentiments méchants (oui, j'ai bien dit gentiment méchants : objectivement méchants mais pas tant que ça dans le fond...). Passe une mamie aux cheveux violine et pantalon léopard très chic : "Tiens, une ancienne punk"... Un très vieux Monsieur en costard blanc : "Ah, Eddie Barclay"... Un papy chauve avec un t-shirt rayé : "Hey, mais c'est Popeye !". Ouais, à relecture ça paraît naze... Qu'est-ce que tu veux que je te dise, si tu connais pas l'Denis, tu peux pas piger...

Denis a tout vu tout fait. D'habitude, quand tu dis ça de quelqu'un, c'est super ironique, genre : "Ce gros con a tout vu tout fait, tu peux pas en placer une avec les mecs comme lui, faut toujours qu'il la ramène comme si il connaissait tout !". Sauf que là, y a pas de message subliminal ni aucune forme d'ironie : le Denis, il a vécu et fait de ces trucs, t'imagines même pas. Discret le gars, il en parle pas souvent. Mais je te garantis que quand il en parle, non seulement ça rigole pas mais en plus toi, tu restes juste scotché à l'écouter comme quand la maîtresse te racontait une histoire à la maternelle sur le tapis qui pue (sauf que là, t'as pas le tapis qui pue ni la sale tronche de mal baisée de la maîtresse). J'ai dit "Denis a tout vu tout fait", c'est une façon rock'n'roll de dire "Denis est passionnant" quoi...

Denis est perspicace. Gare à toi si tu te retrouves par mégarde dans sa ligne de mire. Ronge-toi les ongles, passe-toi la main dans les cheveux ou éteins ta cigarette... Dans tous les cas, sans que t'aies le temps de piger quoi que ce soit, le Denis t'as déjà maté/analysé/catalogué en l'espace d'une seconde trente, ce qui est un record en la matière que même Grissom n'a pas réussi à égaler. D'ailleurs, personne le sait, mais Denis, il a failli intégrer l'équipe des Experts Manhattan sauf qu'il a refusé le poste parce qu'à peine arrivé, Grissom a voulu qu'il lui arrange un plan avec sa copine Eve et que merde, Denis il en a marre d'être sollicité par tous ces hommes qui veulent se taper sa copine en peau de léopard (explique-leur Denis que l'association d'idée "léopard = tigresse = chiennasse au lit" est aussi absurde qu'injustifiée étant donné que ma religion m'interdit toute relation sexuelle en dehors du mariage, lequel doit être impérativement être célébré à Las Vegas par un prêtre déguisé en Elvis... hahahuuuuum...!!!). Ainsi, d'après Denis, on peut déterminer l'orientation sexuelle des gens à leur façon dont ils regardent leurs mains, les filles qui ne dansent pas en rythme sont mauvaises au pieu et... et j'en dis pas plus, le reste est classé secret défense.

Denis est un aventurier. Même que des fois, il t'embarque à l'aventure, sans prévenir. Genre à deux heures du mat', après une soirée méga arrosée, après quelques Martini et quelques bières et quelques blancs secs (ce qui fait énormément de "quelques" quand on fait le calcul), après avoir écumé les derniers bars encore ouverts dans la grande ville, ça lui prend comme une envie de pisser de t'annoncer : "Au fait, demain rencard à 6 heures du mat', on va faire un tour en montgolfière". moi :"Gné ?!! Mais t'es dingue, faut que... ben faut que je rentre, pis que je dorme... pis que je prenne une douche... pis que je change de fringues... pis que...". "Fais pas chier Eve, on décolle à six heures.". Sur ce, Eve dit juste "OK", et puis Eve finit son verre, et finalement, à 5 heures du mat' Eve est réveillé par un gentil texto de Denis, déjà en super-wonder-méga-forme, la patate totale quoi, qui lui dit : "c'est l'heure, bouge ton cul !!!". Pas contrariante, Eve bouge son cul, saute dans les fringues de la veille (en omettant, comme une conne, qu'elle part faire de la montgolfière et que la mini jupe sur les collants léopard, c'est moyennement adapté à la situation) et réussit tant bien que mal à se pointer au rendez-vous, presque pas en retard. Elle réussit même à entrer sur le site après une arrivée très remarquée dans ce cercle très guindé qui n'approuve vraisemblablement pas les collants léopards et ce malgré l'hésitation assez vexante d'une vieille dame pas très polie qui ne croyait pas que j'étais l'amie de Monsieur D. (quoi, suis pas assez bien pour être sa pote ?!! Non mais la vieille, t'as vu ta gueule ?!) qui se demandait si elle devait prendre le risque de laisser entrer ces moitié-punks. Bref, au final ça a donné ça :

montgolfi_re_nazes

Pis après, ça donne ça :

ballon_mosaique

Pis après ça on a bu des bières au soleil, mais là j'ai pas de photos...

Denis est un mateur et un amateur. Amateur de 36. Denis peut passer tout un après-midi en terrasse à regarder les filles, cultivant l'espoir constant de croiser du regard un "authentique taille 36", chose qui, selon son appréciation experte, aurait tendance à se perdre de nos jours. Et moi, pas comme ça, je mate avec... Et pour citer Denis, quand je bouffe trop : "Eve, fais gaffe, si tu continues tu vas passer au 38, on pourra plus être amis..." (ça c'est du pote, du vrai du vrai qui sait quoi dire quand t'as tendance à te laisser aller, yeah !).

Denis est rock'n'roll. Denis a une culture rock en béton. Denis connaît tout ce qu'il y a à connaître, des Stranglers aux Rezillos en passant par les Ramones, tu penses bien et Starshooter. Au bar, on chante des fois des chanons punk comme deux gosses : "Fun fun rock'n'roll high school... Oh baby..."... "Betsy !!! yeayeayeah !... Party !!! yeayeayeah! nananananananananananan !!!!". Avec Denis, on cultive même me projet pas sérieux de monter un groupe de rock qui fera que des reprises punk rock 77, et qu'on appellera "Eve and the nazes", parce qu'on change pas une équipe qui gagne, comme dirait l'autre.

(Pause obligatoire pour écouter Betsy Party. Celui qui clique pas se prend une grosse mandale...)

Bref, voilà. Denis, tu méritais bien un blog hein. Et encore j'ai fait court parce que tu sais, ils sont cons des fois les lecteurs, et quand t'écris trop ben ils se plaignent et ils te demandent où elles sont les images. C'est d'ailleurs pour ça que je leur en ai mis, des images, pour qu'ils arrêtent de m'les briser (t'as vu, je continue à parler comme un homme) et de dire que je suis méchante (méchante moi ? ça va pas naaaaan !!). Pis j'ai fait court pour qu'on évite de finir par chialer genre "merde Denis, t'es parti, vivement que tu reviennes, je n'ai pas d'ami comme toi ("oh nan nan nan !!"... chanterait le petit Suisse). Bon, à défaut de chialer, j'espère au moins que tu t'es un peu marré en lisant cette séquence "remember". Sur ce, profite bien des States, mange des côtes de boeuf texanes, déprime pas trop devant les gros culs des Américaines, drague pas trop la Kelly (ou alors ramène-la nous qu'on rigole un peu), oublie pas mes badges à la boutique Ramones, ni le jean de Ouin-Ouin (c'est quoi la taille déjà ??), ni mes gâteaux Oreo avec la crème au milieu. Nous on t'attend bien sagement (enfin pas trop quand même hein, tu nous connais...) et à ton retour, on sera fidèles à nos postes et plus en forme que jamais. On dira toujours "'culé va", on se plaindra des cons, j'aurai ma plus belle tenue léopard et qui sait, si tout va bien, Ouin-Ouin aura ptetr une meuf, Manu un appart sans pigeons et moi du boulot.

Allez, j'te dis pas que j't'aime parce que c'est pas mon genre mais... Wannagaaaaaain !!!

Et pour finir, photos toutes fraîches d'hier soir...

deniiiiiiiis

Posté par _eve_ à 15:31 - J'aime les gens rock'n'roll - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 septembre 2007

Ma cousine hippie

hippie

J'ai une cousine hippie figure-toi. Et toi qui me connais, tu sais ce que j'en dis des hippies : Fuck the hippies !!! Ca, c'est mon côté sale punk malgré moi, la vieille habitude du "punk versus hippie", parce que dans l'fond, je m'en fous pas mal des hippies, j'ai rien à leur reprocher (si, d'être des gros fumeurs de marie-jeanne et de marcher pieds nus !! et pis aussi de pas écouter les Ramones, tiens !).

Bon, un peu de sérieux et revenons-en aux faits. Ma cousine est hippie et carrément rock'n'roll. Parce que c'est une hippie encore récupérable, une hippie dans laquelle sommeille une bonne vieille punk, une hippie n'ayant donc pas totalement sombré du côté obscur de la force. On a déjà fait des concerts ensemble, on a pogoté sur je ne sais plus quels morceaux, on est montées sur scène avec Didier Wampas, on est rentrés bourrées et dégoulinantes de bières et de sueur, ona  hurlé au concert de Skarface, on a chanté toutes bourrées des tubes du grenier dans la voiture et on a essayé de composer des morceaux sur une guitare désaccordée alors qu'on savait pas jouer.

Ma cousine hippie est végétarienne, ça tu l'aurais deviné. Elle se coupe les cheveux toute seule ce qui lui réussit rarement. Son dernier dégradé lui donnait une allure de lionne à la crinière dissipée et l'une de ses dernières tentatives de coupe de cheveux perso a été tellement peu réussie qu'elle s'est terminée en une sorte de queue de cheval emmêlée et négligée au sommet de son crâne. Ma hippie se sappe avec un mauvais goût certain et n'hésite pas à superposer les couches de vêtements quasi à l'infini. Par temps froid, on se demande parfois s'il y a un corps sous cette masse textile aux couleurs mal assorties. Et je ne parle pas des foulards dont la cousine use à outrance, ni de ses sacs à mains ethniques en tissu issu du commerce équitable, portés en bandoulière et qui pendent généralement jusqu'au niveau de ses genoux. Son truc, c'est aussi le recyclage de vêtements. Par un talent secret, elle parvient à transformer deux trucs moches (genre un gilet en laine troué et des boutons multicolores de toutes tailles) en un seul et même truc très moche (genre un gilet en laine troué orné de boutons multicolores de toutes tailles). Bref, tu l'auras compris, la cousine hippie a un style à part.

La cousine hippie est aussi à fond en faveur de la récup', chose dont elle a fait un art de vivre mais aussi un art tout court. Son appartement est meublé de vieux meubles glanés ça et là, des trucs vieux et moches aux dires de ses derniers visiteurs. Elle te transforme un sarouel violet en une sublime (c'est subjectif) tenture qu'elle accroche à son mur. Son lit comporte toujours sa parure délavée Mickey Mouse, celle-là même qu'elle avait étant gosse. Pourquoi racheter des draps neufs quand on en a des presque-pas-vieux, hein...?! (réponse : parce qu'ils sont moooooooooches et délavés, et parce que Mickey il fait peur, bordel !). La cousine a aussi récupéré toute la vaisselle seventies de la grand-mère, cette vaisselle que mémère elle-même n'ose plus utiliser (et pourtant, mémère est à fond dans le vintage et dans l'utilisation des objets jusqu'à l'usure... c'est dire si les assiettes étaient nazes), et elle est vachement fière de te présenter du tofu dans son wonderful service blanc aux fleurs géométriques rouges et oranges.

La cousine hippie a de drôles d'idées et des tas de grands projets. Son plus grand projet reste incontestablement celui de communauté (tu penses). Une communauté où on vivrait de la nature, évidemment, où il n'y aurait que des pièces communes en dehors des chambres (et encore), où on ne se poserait pas la question de savoir qui sont les parents de chaque enfant, se contentant au contraire de considérer que ce serait "les enfants de la communauté". Comme source de revenu, la cousine envisage évidemment la vente des produits issus de la communauté et les ressources liées au salon de thé à narguilés qu'elle compte ouvrir en sous-sol... et également de larrière salle, la backroom secrète, où elle compte vendre de l'herbe en douce, herbe évidemment issue de sa propre culture et garantie 100% bio. Elle a aussi un drôle de concept relatif aux rites funéraires avec une part de recyclage des morts... faut que je mle note quelque part qu'il faudra que j'éclaircisse la question avec elle un de ces jours.

La cousine vient du Sud. Une vraie de vraie avec un putain d'accent, une qui dit "peuchère" environ vingt fois par jour. Quand elle arrive dans la Lorraine glaciale avec ses huit kilos de pulls en laine sur le dos, et qu'on l'emmène dans un bar à bières pour la réchauffer, c'est la seule à demander un Ricard, même en pleine hiver. T'as beau lui parler de la gueuze, de la faro, de la maredsous ou de l'orval, elle en a rien à foutre, elle recommande un bon vieux Ricard et elle restera au jaune toute la soirée. Du coup, parfois, la cousine, elle est bourrée. Et son problème avec l'alcool, c'est que ça la met dans un sale état, ça la plonge dans une sorte de tristesse absolue et elle est capable de pleurer pendant des heures. Je te jure que j'en rajoute pas. J'ai souvenir d'une fête chez moi où elle avait picolé comme une brave et où elle s'était mise à flipper sur la mort et sur l'indifférence des êtres entre eux. Elle s'accrochait à moi pour ne pas tomber en me parlant de sa soeur qui ne l'aimait soi-disant pas et de ce qu'aurait été la vie si ça avait été moi, sa soeur. Elle allait aussi de convive en convive en pleurant à gros sanglots et en répétant :"Tu te rends compte, là on est en vie mais bientôt on sera tous morts... on va tous mourir ! on va tous mouriiiiiiiiiiiiiiiiiir !!". Au début, les gens la consolaient à grand renforts d'accolades et de mots gentils. Mais au bout d'une heure, lassés de l'entendre répéter en chialant qu'on allait tous crever, tout le monde la virait méchamment, la pauvre. elle a fini la soirée en dansant sur le rocking-chair Ikea et en chantant un refrain des Betteraves "Comme la nuit et comme le jour, comme la vie et comme l'amour", et elle s'est cassée la gueule. On a fini par la calmer définitivement en la calant confortablement devant la télé pour un karaoké. Elle a chanté des tubes de Patrick Bruel avec tellement d'entrain et de fausses notes que tout le monde s'est barré et que la fête s'est terminée. Tu l'auras pigé, la cousine n'est pas toujours très présentable.

La hippie est aussi une bonne vieille communiste convaincue, ce qui fait que nous avons un point commun indéniable. Elle parle peu de politique, mais elle en parle intelligemment. Elle n'est pas du genre à porter l'étoile rouge et le portrait du Che sur toutes ses fringues pour se la jouer grosse révoltée prête à tout casser (d'autant que, soit dit en passant, je mettrais volontiers au défi les jeunes cons qui arborent fièrement le Che sur leur sac d'école et leur joli t-shirt de me parler un minimum de lui et d'aller un peu plus loin que : "Ben, c'est un mec cool qui a fait la révolution..."), en revanche, elle a lu et relu le Manifeste du Parti Communiste et en parle avec pertinence. Bon, elle aime aussi José Bové, mais personne n'est parfait...

Voilà, c'est un fait, Eve copine avec les hippies, qu'on se le dise...

Et pour la déconne, regarde donc cet exemple de ce que faisaient les hippies en 1977 pendant que les Ramones et les autres réjouissaient les foules de bon punk rock (promis, tu vas pas regretter de cliquer su play). Tiens, le moustachu aux claviers est le sosie de mon ex beau-père (d'ailleurs je me demande si c'est pas lui, carrément !). Jacky, si tu me lis, ce clip, c'est spéciale dédicace pour toi :

Posté par _eve_ à 15:57 - J'aime les gens rock'n'roll - Commentaires [7] - Permalien [#]
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