Ma vie rock'n'roll

"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

13 juin 2008

La presse girly pour ado : comment s'auto-torturer conformément aux conseils beauté

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(Oui je sais, cette chanson est un excellent choix. c'est la chanson qui te donne envie d'être amoureux ou de bonne humeur toute la journée.)

Vu mon grand âge (oui ça y est, depuis que j'ai 27 ans je me considèrerais presque comme une vieille dame), tu penses bien que ça fait un bail que j'ai pas fourré mon nez dans la presse pour ado. Du coup, j'imagine qu'en quinze ans de temps, le secteur à évolué un minimum et que le contenu douteux de l'époque s'est nettement amélioré. Car dans le genre "tu es une ado mal dans ta peau et je vais t'aider à te sentir encore plus naze", la presse girly pour adolescente était sans doute tout en haut du podium, après les mères et les psychologues scolaires (ça va euh, je rigole).

Moi quand j'étais collégienne, avec mes copines, je lisais "Jeune et Jolie". Jeune et jolie... rien qu'au titre, t'as tout compris. Et quand j'y repense, je me demande franchement comment on peut délibérément payer pour un magazine qui s'appelle Jeune et Jolie, sérieusement. Bref, pour que tu piges l'absurdité du truc, faut quand même situer un minimum :

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la grande majorité des lectrices de Jeune et Jolie de l'époque était certes jeunes. Mais le drame, c'est que ceci était hélas le seul point commun qu'elles avaient avec le titre de ce magazine in-con-tour-nable de la cour de récré (même qu'on le lisait sous le préau à côté des chiottes des filles, là où les plus rebelles osaient se planquer pour fumer ou pour graver le nom de leurs namoureux sur les portes en bois). Moi par exemple, je continue à considérer ma période collégienne comme mes années les plus ingrates, physiquement parlant. Déjà quand t'es ado, voire pré-ado, que t'as pas encore atteint les seize ou dix sept ans qui feront de toi un prototype de femme officiel, que t'es la quasi-dernière de ta classe à pas encore avoir eu ses premières règles, que t'es plate comme une limande et sappée comme l'as de pique, ben on peut pas dire que tu partes franchement bien dans ta course à l'estime de soi et à la féminité. Parfumée avec Une touche de Naf Naf, avec une mèche de cheveux rigidifiée par un demi litre de laque Graffic Fix'n'Moove, un vestige de mini vagues sur les longueurs, un appareil dentaire aux bagues en céramique qui se voient quand même et des fringues LC Waïkiki qui font mal aux yeux, ben disons que quand tu ressembles à ça à treize ans, tu mises tout, j'ai bien dit TOUT sur Jeune et Jolie pour te sortir de cet enfer.

Car Jeune et Jolie, puis 20 ans, le magazine que tu lis au lycée quand tu estimes ne plus être une gamine avoir pris du galon dans ta transformation en vraie femme, à cet âge-là c'est LA bible des conseils mode et beauté. C'est bien simple, si c'est pas dans Jeune et Jolie, c'est pas valable. Et tout ce que Jeune et Jolie te dit, c'est parole d'évangile, Jeune et Jolie n'a pas le droit de mentir. Et puis toi d'ailleurs, t'as décidé de croire dur comme fer à tout ce qui était dit dans Jeune et Jolie depuis que t'as envoyé l'empreinte de tes lèvres sur un mouchoir en papier à la rubrique voyance de Jeune et Jolie et que leur medium officielle t'as promis amour, gloire et beauté.

Bref, un mag de fille sans rubrique mode et beauté, ça n'existe pas et du coup tu trouves rien de très étonnant à ce que je vienne te parler de ça. Surtout que, me connaissant un peu désormais, tu sais bien que la mode et la beauté, c'est pas franchement mon domaine. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que si Elle et Cosmo s'adressent à de vraies femmes, sous entendu des femmes qui ont de la thune ou un mari qui les gâte, Jeune et Jolie ne peut pas se permettre de prodiguer des conseils mode et beauté très coûteux. Ben oui, une ado de quatorze ans ne va pas se payer des séances hebdomadaires de Power Plate pour combattre sa culotte de cheval, ni investir dans une crème Dior tellement chère que t'oses à peine t'en servir, ni s'offrir une séance dans un spa parisien pour avoir une peau de bébé. Non, l'ado elle a que dalle ou presque, 100 francs d'argent de poche par mois tout au plus (mon Dieu, dire que j'ai connu l'époque des francs... mes petits enfants voudront jamais les croire !) et c'est pas avec ça qu'elle va se faire une tronche en institut ou combattre ses capitons incrustés à la salle de gym. Du coup, pour contrer cette cruelle absence de thune, Jeune et Jolie était obligé de prodiguer des conseils beauté accessibles. Seulement le truc, le problème même, c'est que les conseils "accessibles" sont nettement moins marrants que les conseils de Elle qui promettent de te chouchouter et de prendre voluptueusement soin de toi. Hé ouais, Jeune et Jolie, c'est du système D et qui dit système D ne dit pas forcément confort et plaisir.

Concrêtement, les conseils beauté de Jeune et Jolie, c'était une sorte de mini-torture au quotidien, des trucs que tu t'infligeais volontairement, juste parce que Jeune et Jolie avait réussi à te convaincre qu'à moyen terme, ça allait faire de toi une bombasse. Exemples :

- Ton teint est terne ? Ta peau est visiblement fatiguée ? No problemo, offre-toi un masque à l'oeuf ! Mode d'emploi : casse un oeuf dans un bol (jusque là, même toi tu peux le faire) et à l'aide d'un pinceau (emprunté au cours d'Art plastiques si t'as pas les moyens de t'en payer un), appliuque l'oeuf sur ton visage, laisse sécher et rince. Wahou, trop bien, ta peau est douce comme un cul de bébé, c'est quasi magique et tant pis si ça pue l'oeuf dans ta salle de bains à t'en filer la gerbe !

- Tes cheveux sont dévitalisés, fatigués ? Toi, tu as besoin d'un bon rinçage au vinaigre ou à la bière, au choix ! Mais attention, la bière, tu n'as pas le droit de la boire, c'est réservé aux grandes personnes. opte donc plutôt pour le vinaigre, lui tu peux le boire sans problème si le coeur t'en dit, en plus c'est excellent pour combattre la cellulite ! Avec cette astuce beauté, tu verras, tes cheveux seront beaux et brillants  et le vinaigre, ça sent même pas mauvais !

- Tes cheveux sont trop foncés et tu n'as pas les moyens de te payer un balayage au salon de coiffure ? Opte donc pour la solution miracle "citron power". Applique chaque jour le zeste d'un demi citron sur l'ensemble de ta chevelure et au bout de six mois quelques temps, tu constateras que tes cheveux seront embellis de mèches éclaicies qui illumineront ta chevelure. Et ne crois pas ce qu'on te dit : le citron, ça pique ni les yeux ni les doigts écorchés par les cours de techno.

- Tu veux garder des seins fermes et toniques ? Ne dors jamais sur le ventre, même si tu aimes ça : ça les aplatit chérie.

- Tu trouves que tu as pris du ventre ? Renonce définitivement aux chewing gum, ça provoque de l'aérophagie. Même aux Freedent sans sucre qui font passer le goût de la tambouille de la cantine, gare à l'A-E-RO-PHA-GIE !!

- Tu veux avoir une chevelure de rêve comme Cindy Crawford ? Dis adieu au sèche cheveux : la chaleur déssèche les longueurs. Exit aussi le séchage dans la serviette : en frottant tes cheveux dans une serviette, tu ruines ta fibre capillaire et le lissage de tes cheveux. Comment faire alors ? Et bien promène-toi pendant une heure avec les cheveux trempés jusqu'à ce qu'ils sèchent tout seul, c'est l'unique solution pour avoir des cheveux de bonnasse.

Ce ne sont que quelques exemples parmi un bon milliard d'autres. Juste de quoi te donner un aperçu de ce à quoi Jeune et Jolie te poussait au nom de la beauté : suis les conseils de Jeune et Jolie, vis dans l'inconfort perpétuel, la frustration et la mauvaise odeur, et peut-être qu'à la fin, tu seras toute bonne. Sur ce, je file acheter le dernier hors série de Vieille et pas tout à fait bonne, paraît qu'ils expliquent comment recycler le tiramisu de la veille en masque hydratant pour peaux sèches.

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28 avril 2008

Les grands traumatismes de mon enfance

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Qu'on se le dise, j'ai eu une enfance heureuse en tous points. Je n'ai pas été abusée sexuellement par un membre de ma famille (ni par quiconque d'ailleurs), je n'étais pas la brebis galeuse de la cour de récré (j'étais juste la plus populaire, surtout quand j'ai été la première à avoir un appareil dentaire), je possédais une salle de jeux et une collection de Barbies qui dépassait l'entendement, j'avais des parents aimants (le père ne gueulait pas tant à l'époque et ne me traitait ni de branleuse, ni de salope, ni de traînée juste bonne à faire des bâtards... cherche pas, le père et moi en ce moment, c'et la guerre), des grands-mères qui me pourrissaient jusqu'à l'os, bref, j'avais tout ce que les autres gosses rêvaient d'avoir.

Cependant, je l'annonce officiellement ce jour : je suis aussi une traumatisée de l'enfance et de la pré-adolescence (et de l'adolescence aussi d'ailleurs, mais on va éviter de la jouer trop longue hein). Mon enfance n'est qu'une succession de traumatismes dont je ne me remettrais jamais, mais alors JAMAIS !! T'entends ça maman, ta fille est une traumatisée de la vie, prends-moi vite rendez-vous chez le psy pour que j'expose mon complexe d'Oedipe qui rend mes rapports avec le père difficiles et pour que je parle de toutes les tortures que tu m'as infligées dans mon enfance arrghhhh vite allez chercher la camisole, je pète les plombs rien qu'en y repensant !!!

Traumatisme 1 : La coupe de cheveux Playmobil
Aujourd'hui, je suis réputée pour ma non frange qui dépasse tous les stéréotypes de la frange depuis la naissance même de cette coupe de cheveux. Irrégulière au mieux, ratée au pire, ma frange est un mythe, que tu le veuilles ou non. Les psy diraient que ce n'est pas de ma faute, que la façon acharnée et obsessionnelle dont je m'auto-coupe ma frange en étant tout à fait consciente du massacre qui s'annonce témoigne d'un choc traumatique liée à la petite enfance, j'ai nommé : le carré Playmobil. Petite, j'avais les cheveux bouclés, genre petite poupée brune qui aurait pu cartonner en faisant du mannequinnat dans les prospectus pour C&A. Mais ma mère, nooooon, elle trouvait que les boucles, c'était pas assez hype, que la coupe de cheveux la plus hype de tous les temps, c'était le carré. Bon, va pour le carré, et  maudissons maman d'avoir ruiné à tout jamais mes boucles (cherche pas à te rattraper maman, les frisottis dûs à la pluie, c'est pas des boucles euh !). Mais bon, y a carré et carré. Et le problème, c'est que ma mère était fan du carré court façon Playmobil, à savoir : longueur = en-dessous des oreilles, surtout pas plus bas / frange = au-dessus des sourcils et bien dégagée sur les tempes). Merci maman. Grâce à toi, j'ai eu l'air d'un fantôme égaré hors de l'univers Playmobil pendant des années. Et que mon cercle familial, lecteur de ce blog, soit prévenu : le premier qui balance une photo de ma période Playmobil, je le savate direct. Et je me venge. A savoir : je balance la coupe au bol de la soeur, la coupe au bol longue avec frange façon seventies du cousin... V'z'êtes prévenus.

Traumatisme 2 : Démétan et Rénatan
Non mais franchement, qui a eu l'idée de me confronter à un dessin-animé aussi traumatisant que Démétane et Rénatane ?!! Sérieux, les parents qui ont mis leurs gosses devant ce dessin-animé mériteraient bien d'être dénoncés aux services sociaux, moi j'te l'dis. Pour ceux qui connaissent pas, Démétan et Rénatan, c'est l'histoire de deux gentilles petites grenouilles. Y a le gentil Déméthane qui joue de la flûte pour la jolie rénatane,. Mais Démétan il est pauvre, et Rénatan, c'est la fille du riche et méchant seigneur des lacs et des bois... et ça déchire son âme, pauvre petit Démétan (c'est le générique qui le dit). Alors j'te dis pas comment qu'c'est périlleux à chaque fois que ces deux-là ils veulent se voir et comment que ça fait pleurer quand ils doivent se quitter. Et Démétan, il chiale et il chiale, et moi à chaque fois je chialais avec, et rien que là, je viens de me faire le générique et pfou lalala, c'est vraiment trop triste cette histoire. Putain de grenouilles va...



Traumatisme 3  : Montre ton soutien-gorge
Dans ma famille, on a jamais été pudiques. A savoir qu'on était pas traumatisés si l'un ou l'autre perdait sa serviette en route entre la salle de bains et la chambre et que, d'une façon générale, sans toutefois passer notre vie à se ballader à pil dans le salon, on était guère pudiques dans l'ensemble. Seulement, quand tu glisses tout doucement vers l'adolescence, la pudeur, c'est un truc qui devient exacerbé. Tu mets plus jamais de t-shirts moulants parce que tu veux pas qu'on voit tes débuts de nénés, tu fracasses la tête au petit frère qui entre dans la salle de bains pendant ta douche parce que tes trois poils au minou, ils te posent problème, bref, la pudeur à l'adolescence, c'est juste horrible. Le truc c'est que ma maman que j'aime (et à qui je demande de ne pas se suicider en laissant une letrte "pardon d'avoir été une mauvaise mère", suite à la lecture de cet article), elle avait l'air d'avoir oublié cet étrange rapport à la pudeur typique de la pré-adolescence. Et le jour où elle m'a acheté mon premier soutien-gorge pour que j'y range mes nénés tout plats (mais nénés quand même), ben la nouvelle a fait le tour de la famille. Ok, je comprends, ça devait lui faire verser sa petite larme de se dire que sa petite fille devenait grande, elle devait être toute fière de moi et tout et tout, mais quand même, y a un truc qu'elle aurai pu éviter, c'est le coup du "montre ton beau soutien-gorge". Parce que le beau soutien-gorge (blanc à fleurs bleues avec des pressions sur le devant.. objet de ce lourd traumatisme ci-évoqué), j'ai dû le montrer à mémé, à méméère, à tata... à tout le monde. Et quand t'as onze ans et que tu dois soulever ton pull soit disant fièrement pour montrer ton beau soutien-gorge, ben c'est juste un p'tit peu la teuhon, l'instant où t'as juste envie d'être morte ou de te planquer à tout jamais. Maman, en vérité je te le dis, dans mon infinie bonté, je te pardonne...

Traumatisme 4 : Mes grand-tantes
Ce traumatisme-là n'est pas des moindres. Car mes grand-tantes, c'est un truc surréaliste. Leur tact et leur connerie dépasse l'entendement. Faut savoir que ma grand-mère est issue d'une fratrie de quelques sept ou huit enfants, dont deux garçons seulement. Et les soeurs, c'est rien que des grosses malades mentales qui font peur, j'te jure. D'bord y vait Tata Hélène qui se sentait obligée de me couper ma frange Playmobil à chaque fois qu'elle me voyait, comme si elle était pas assez courte ma frange. Du coup, on voyait plus seulement les sourcils, on y voyait le front aussi. Ensuite, y avait Tata Chantal qui était sympa dans l'ensemble mais qui aimait bien me chambrer sur "Alors, t'as un bon ami ?", la question qui, quand t'as dix ou onze ans, te fait rougir à mort, que t'aies un bon ami ou pas. Ca, ça passait encore, sauf que le "t'as un bon ami" était souvent suivi de "tas forci dis donc !". Dire à une gamine pré-pubère qu'elle a un gros cul, y a pas à dire, ça aide dans la vie. Pis le meilleur pour la fin, Tata José (parce que José, paraît que c'était plus bath que Joséphine). Tata José, son truc à elle, c'était de prendre des nouvelles de l'avancement de ta puberté. En public, évidemment. Devant toute la famille réunie dans l'immonde véranda (parce que l'arrière rgand-mère avait bien une salle à manger mais, mon Dieu, fallait pas la salir... ! Alors on squattait à quinze dans la putain de véranda). Et Tata josé en action, ça donne ça : "Alors, ça pousse les nénés ? Fais voir à tata si ça pousse.", "Ayé, t'as des poils ?" et le summum, le meilleur pour la fin : "T'es formée ??". Comprenez : as-tu tes règles. genre si t'as pas tes règles à douze ans, c'ets un peu la honte, parce que dans la famille, toutes les soeurs ont été "formées" super tôt. Heureusement que l'arrière grand-mère est morte et que la véranda a été vendue, c'est moi qui te le dis...

Bref, t'imagines qu'après avoir ressassé ces maints traumatismes, je me sens mal, rien ne va plus, faut que je me vide la tête, que j'arrête de penser aux pitites grenouilles désespérées, aux tantes à la con, à mon premier soutien-gorge et à mes pauvres cheveux. Sur ce donc, je file, j'ai rencard chez mon psy.

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25 avril 2008

Rock star des bacs à sable (ou comment j'ai rêvé de ma première guitare)

jem

Cite-moi une personne possédée par l'esprit du rock'n'roll qui n'a pas rêvé, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, de monter un groupe de rock ? En général, c'est le genre d'idée qui te prend, comme une envie de pisser, quand t'as treize ou quatorze ans et que t'as réussi à convaincre tes parents de te lâcher le garage les mercredis après-midi pour répéter avec les potes en buvant du panaché directement à la canette. Moi, je vais te dire à partir de quand j'ai décidé d'être une rock star...

Ca a commencé avec un film au sujet duquel il ne  faut pas que j'omette de consacrer un article à l'occas' tant c'est un film culte que t'as pas le droit de méconnaître si t'as pas envie d'être étiqueté "gros naze". Et ce film, c'est Labyrinth. Tu sais, dans la bande-annonce ils t'annonçaient que ce film c'était un mélange de "l'imaginaire de Jim Henson" et de "la magie de George Lucas". Ouais, j'dis ça parce qu'à force de mater la bande-annonce en boucle quand j'étais môme (sur une cassette de Vidéo Mag, présenté par Yves Mourousi) dans l'attente de mater le film en entier quand il sortirait au ciné, ben je connais le topo un peu par coeur. Alors, pour les nazes qui ne connaîtraient pas ce film ô combien génial, Labyrinth, outre le fait que ce soit un conte captivant avec plein de bebêtes bizarres dont un nain hideux tueur de méchantes fées, c'est aussi un film avec une rock star  l'affiche, j'ai nommé David Bowie, rien que ça. Dans le film, David Bowie c'est le vilain méchant sorcier qui kidnappe un bébé en pyjama rayé pour en faire l'un des siens, même que sa guiche de grande soeur est alors subitement obligée de traverser l'étrange et périlleux Labyrinth en moins de treize heures, dixit Jareth, alias Bowie : "Tu as treize heures pour venir à bout du Labyrinth après quoi ton charmant petit frère sera bel et bien des nôtres... et à jamais... quel dommage..."... Pardon je m'égare, je revis le film dans ma tête, même que c'est trop cool, et même que je me rends compte que je connais encore les dialogues par coeur, si c'est pas génial ça... Revenons-en donc à ce bon vieux Bowie. En tant que rock star qui se respecte, tu penses bien qu'on allait pas lui filer un rôle à la con sans lui faire pousser la chansonnette. Et du coup, Bowie nous interprétait entre autre le cultissime "Magic Dance", THE morceau qui m'a donné envie de deviendre une rock star, de jouer de la gratte et tout et tout. Note que j'ai vu Labyrinth quand j'avais six ans, alors je t'emmerde si t'oses dire que Magic Dance c'est pas assez rock'n'roll, on rigole pas avec Bowie merde, ni avec l'imaginaire de Jim Henson et la magie de George Lucas, bordel. Je te laisse donc mater Magic Dance sans la ramener et rigoler des têtes de guedins qu'ont les méchants petits monstres, et aussi du vol plané que Bowie fait faire au bébé dans le feu de l'action :



Bref, grâce à Magic Dance, je me suis mise à jouer à la rock star dans la cour de récré du Cours Préparatoire, ayant pris soin de recruter des musiciennes (parce qu'au CP, tu joues pas avec les garçons-euh, les garçons c'est trop nul !), me la pétant interprète-guitariste en chantant en yaourt. Et dans ma tête, à la place de ma guitare imaginaire qui m'obligeait à gratter l'air, j'avais entre les mains une guitare électrique qui ressemblait à ça :

fender

Oui je sais, déjà à 6 ans j'avais beaucoup bon goût. Et pas idée du prix d'une guitare Fender. Et si toi t'es riche et que tu veux te l'offrir, tu peux cliquer dessus. Et si t'es pauvre, paye-moi donc un ukulélé ou un harmonica, ce sera un bon début pour me gâter.

Bon, pis cadeau bonus pour ceux qu'auraient vraiment pas su apprécier Magic Dance (alors que sérieux, ça a quasi pas prix une ride), voici re-Bowie dans Underground, qui fait aussi partie de la bande-son du film (générique de fin, la classe). T'es libre d'aimer ou pas, moi je suis fan, c'est comme ça, lala-la-lalaaaaa....


jareth

Après Bowie et Labyrith, j'ai eu un bad trip dessin-animesque. En même temps, c'était de mon âge de mater des dessins-animés à la con et de vouloir faire tout pareil que dedans le petit écran. Après Jareth le méchant rockeur du Labyrinth, mon truc c'était Jem, de la série Jem et les hologrammes. La pétasse blonde qui se transformait en rockstar aux cheveux roses quand elle appuyait sur ses boucles d'oreilles magiques en forme d'étoile. Pour être honnête, j'ai abandonné Bowie pour adopter la pouf aux cheveux roses la même année car j'ai bien souvenir de m'être pointée au carnaval de l'école en mini-jupe en skaï et foulard rose fluo très punk rock dans les cheveux. J'étais Jem et parmi les Zorro, princesses et autres costumes débiles, je peux te dire que c'était du plus bel effet. Pour les gens nés avant ou après les années 80, Jem c'était ça (oui les copines trentenaires ou presque, embrassez-moi pour cette nouvelle séquence remember qui vous met la larme à l'oeil) :





Et si la vraie Jem n'avait pas de guitare, je m'étais dit que moi, à sa place, j'aurais eu une guitare rose fluo ou violette et pailletée pour aller avec mes cheveux, une gratte comme celle-là :

guitare

Si tu veux te me l'offrir, clique et paye.

Bref, je pourrais m'étendre encore longtemps sur le sujet vu que, comme chacun le sait, je suis intarissable dès qu'il s'agit de parler de moi ou de critiquer les gens. Avant de conclure, et comme je suis honnête, je précise au passage que pour le coup, je suis une grosse vendue qui, pour cet article, a vendu son âme au démon capitaliste. Ben oui, faut bien payer les couches de l'usine à merde et préparer le stock de couches pour la larve qui pousse en moi. Bref, faut des sous. Donc, vendue je suis, mais assumée m'sieur ! Et pis quand même, t'avoueras que je la joue fine et que le service rendu au marketing ne m'empêche pas de pondre un billet dans la plus pure tradition du racontage de vie wokènwoll, ça mérite une hola les gars. Bon ben puisqu'il faut finir, on remercie au passage Total Music sans qui ce billet ne m'aurait pas rapporté d'argent et puisque je suis payée pour donner mon avis sur ce site de VPC d'instruments et d'autres trucs rock'n'roll, je t'avouerai que leur site, moi je l'aime, et ça n'a rien à voir avec le fait que je sois payée pour parler d'eux. Car sache que j'ai le droit de dire que leur site c'est de la daube si j'veux, ça me rapportera pas moins. Ce site donc, je l'aime, parce que :

- Chez Total Music, ils pensent aux gens pauvres et proposent des paiements en plusieurs fois, pour que les moitié clodos comme moi puissent se payer la guitare de leur rêve (ça rappelle Wayne's World : "un jour elle sera mienne... oh iui, un jour elle sera mienne"... Si ça te dit rien, dégage de ce blog, t'es pas digne d'être là)
- Grâce au code réduc que je te refile gracieusement ici même, tu chopes une remise de 5% sur ta commande : totalmusic3
- Chez Total Music, ils ont de l'humour et rien que ça, ça en fait des gens cool. Exemple : si tu effectues une recherche qui n'aboutit pas via le moteur de recherche de leur site, au lieu de tomber sur le classique "Désolé, aucun résultat trouvé, t'as droit à ça :

noresultat

Et moi, mouahaha, j'me marre !

Sur ce lecteur, si t'as rien d'autre à foutre et plein de thunes à dépenser, je te propose de réaliser un de mes rêves d'enfant et de réaliser au choix l'un de mes rêves d'enfant : faire de moi Jem ou Jareth, ça dépend du choix de la guitare.

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08 avril 2008

Réminiscences rock'n'roll

mummy_rocks


La citation du jour :

"Maman, quand t'es pas coiffée, t'es belle comme Joey Ramone"
Mam'zelle Poulette

*****

Paraît que les tendances musicales de l'entourage affectif d'un enfant influencent considérablement ses propres futurs choix musicaux. Ceci dit, je te l'accorde, nombre de parents épris de classique et de lyrique se retrouvent affublés d'ados hardos jouant de la guitare électrique dans le garage familial à en faire déménager les voisins, tout comme certains parents baignant depuis toujours dans le rock voient leur progéniture se nourrir d'électro et danser la tektonik en pantalon fluo sur la place du village (walahonte). Mais quand même, ça c'est une question que j'aime bien aborder avec les gens : comment t'as découvert les artistes qui font partie de tes immuables références musicales, tes idoles, ceux qui t'ont fait aimer la musique par dessus tout, ceux grâce à qui t'as porté la crête dans les années 80, ou les cheveux longs et le blouson noir dans les années 90, ou la panoplie slim/Converse à l'heure actuelle ? Parce que ouais, en plus, y a pas QUE la musique, y a aussi tout ce qui va avec. Et parler de rock'n'roll sans parler de look, c'est juste incompatible, sachant que même les rock stars au style apparemment basique et sans prise de tête cultivaient leur look comme ta mémé prend soin de ses géraniums en été.

Bref voilà, j'aime bien entendre les histoires des gens sur le sujet. J'aime bien qu'on me parle de sa mère qui écoutait Janis Joplin sur sa radio-cassette en  faisant sa vaisselle, des parents qui se sont connus chez le disquaire en cherchant de vieux vinyles 7O's, de l'oncle marginal qui s'est pointé un jour du marché au puce avec un fabuleux 33 tours des Who, du grand-père qui fumait des clopes en écoutant Brel et Gainsbourg, du grand frère anti-social qui s'enfermait dans sa chambre pour faire péter La Souris Déglinguée... Chacun y va de son histoire et dès lors qu'ils s'agit de musique, les souvenirs paraîssent intacts. Ouais, encore le coup de la madeleine de Proust (foutue madeleine) : parfois, il te suffit d'entendre un riff ou une intro pour te retrouver propulsé dans ton adolescence en train de fumer de la liane avec les Négresses vertes dans le walkman, pour te revoir étant gosse au concert du cousin qui faisait des reprises des Stones, pour t'imaginer une fois de plus en train de croiser ce clodo qui parle tout seul et qui chante des refrains des Stooges entre deux gorgées de bière, pour te rappeler le mec trop beau du fon de la classe en 5ème qui portait des t-shirt troués et avait la même coupe que Kurt Cobain.

Et mes histoires à moi alors, à quoi elles ressembleraient si je me mettais à y penser ?

Y aurait Maman qui recevrait un 33 tour de Bowie offert par le père à Noël avec une bague. Parce que le père, il pige que dalle à la musique et que pour lui, les "vrais" cadeaux, c'est ceux qui brillent et qui coutent chers. Déjà à l'époque quand il avait pas un rond, c'était comme ça.
Y avait Maman qui copiait ses 33 tours sur cassettes pour qu'on puisse les écouter dans l'auto-radio et chanter tout le trajet. Quand c'était Yves Duteil ou Fabienne Thibaut, je faisais la gueule. Quand c'était Bobby Lapointe et Richard Gotainer, j'aimais bien et je rigolais.
Y avait les disques de Renaud que tout le monde avait dans la famille. Les chansons de Renaud, j'ai fini par croire que j'ai été programmée pour les connaître dès ma naissance, que ça fait partie de mon patrimoine génétique. D'ailleurs, y vait aussi le cousin qui portait le bandana rouge et qui gratouillait "Laisse béton" dans sa piaule, pis y a eu ce jour où j'ai eu mon premier badge et que c'était un badge de Renaud que Mémère m'avait laissé choisir au marché.
Y avait cette copine de mon bled qui avait un grand frère keupon qui écoutait Gogol Premier à fond dans sa chambre, même qu'on trouvait ça à la fois drôle et tellement rebelle que c'en était cool d'écouter "J'encule" ou d'autres titres punk français de bon goût.
Y avait aussi le vrai marginal de mon bled, le fils François qu'on l'appelait puisque c'est comme ça qu'il s'appelait, même qu'aujourd'hui encore je l'appelle comme ça, incapable que je suis de me rappeler son prénom. Le gaillard, il ouvrait grand la fenêtre de sa chambre, située au premier étage d'une maison triste à côté de l'Eglise. Depuis la rue, on voyait les posters des Sex Pistols et le légendaire "never Mind the Bollocks" sur fond jaune fluo. Ca plaisait pas bien aux gens de voir "Sex" s'afficher en grosses lettres irrégulières depuis la rue. Et quand il balançait les Pistols, les Sheriffs ou les Ludwig dans sa petite piaule, ça aurait plutôt fait gerber les voisins que marrer les passants. Mais lui il s'en foutait, quand il s'était trop mis le voisinage à dos, il embarquait son rat sur son épaule et allait se mettre au vert dans la grande ville où on le croisait alors souvent entouré de punks à chiens, des binouzes dans le sac à dos et le regard perdu.
Pis y avait l'oncle rock'n'roll, même que c'était une rock star en vrai. Une rock star avec un vrai micro et de gros amplis qui chantait sur scène comme les vrais. Une vraie rock star qu'avait fait de la taule pour cause de trop de drugs and rock'n'roll et qui en avait rapporté l'indélébile souvenir d'un tatouage sur l'avant-bras : c'était la langue des Stones, vachement bien fait pour un tatouage de taulard. L'oncle il avait un groupe qui faisait que des reprises du Velvet Underground. D'ailleurs le slogan que tu pouvais lire sur leurs affiches faites maison et photocopiées avant d'être placardées dans toute la ville, c'était "Du Velvet sinon rien !", estampillé sous une reproduction de la banane d'Andy Warhol. Les dimanches aprèm, on avait le droit de le réveiller vers deux ou trois heures, pas plus tôt parce qu'il avait maté la télé jusqu'à huit heures ce matin, et là, dans la chambre qui puait le tabac froid et les vieux magazines entassés, on se faisait une place entre les grattes et les pochettes de disques pendant qu'il branchait le micro (un vrai micro comme sur les plateaux de télé, t'imagines ?!) en s'allumant une clope avec son briquet Iggy Pop (je l'ai toujours ce briquet d'ailleurs, et tant pis s'il marche plus, je fume pas tfaçon). Et là, on avait le droit de faire les choeurs sur Walk on the Wild Side. Ou de chanter une chanson qu'on avait récemment appris à l'école, c'était comme on voulait. Et le cousin qui jouait de mieux en mieux de la batterie, un jour il monterait sur scène avec le Bistrock' (c'était le nom de leur groupe : le Bistrock'n'roll... la classe) pour jouer un morceau. Une fois, il a failli le faire le cousin, même que c'était dans un gymnase ou un endroit dans le genre, pour un évènement super important comme le Téléthon j'imagine. Bah ouais, dans les petites villes, y avait pas trois mille occasions d'organiser des concerts rock si ce n'était pour la bonne cause. Mais ce soir là, le cousin n'a pa joué et il a flippé sa race derrière la scène pour rien. C'était le soir où l'oncle rock'n'roll avait joué dans un grand manteau en peau de léopard, plus punk'n'roll tu meurs. Il nous reste la photo de ce jour-là, et les souvenirs, un peu.

Et les souvenirs y a des fois où ça fait plaisir et d'autres fois où ça rend triste alors t'sais quoi lecteur, on va dire que j'ai assez causé pour aujourd'hui. Pis on va se mettre un peu de musique pour pas changer, comme ça tout le monde il sera content. Et comme c'est séuqnece "remember rock'n'roll", je me sens obligée de faire péter Do you remember rock'n'roll radio. C'est un tube d'un petit groupe de jeune qui débute dans le métier, à vous de voir :

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03 avril 2008

On disait qu'on était des inventeurs de machines à pas avoir chaud (3)

einstein

Comme annoncé précédemment, je voulais poursuivre ma séquence remember par mon heure de gloire, à savoir la seule fois où j'ai eu droit au rôle principal, quand on disait que j'étais Heidi... Sauf qu'à bien y réfléchir, c'est pas si passionnant que ça. Je dois bien avouer que j'ai toujours été plus douée pour les seconds rôles que pour le rôle vedette et c'est donc pas un hasard si le cousin est devenu star de la scène lyrique pendant que moi je suis devenue... que dalle (si, poule pondeuse à la rigueur). Bah ouais, kestuveu, le cousin a toujours vaillament endossé les rôles principaux et s'en servir pour nous inventer des scenari de jeux en béton. Et à vrai dire, quand on disait que j'étais Heidi, on faisait pas grand chose : on piquait du Carré Frais gervais et du Saint Hubert 41 dans le mini frigo, on emballait tout ça dans un torchon qu'on accrochait à un bâton, et on emportait notre paquetage sur l'épaule pour aller aux champs. Ben oui, aux champs tout en haut de la montagne, là où fallait qu'on surveille les moutons. Bon en vérité, les champs c'était en bas des escaliers, ce qui ne faisait guère loin mais nous fatiguait suffisamment pour qu'on décide de se poser pour tartiner le bon beurre et le fromage frais, fait avec le lait de nos brebis, sur le vrai pain qu'on disait qu'on avait fait nous même grâce à la farine de notre moulin. Pis quand on avait fini de bouffer, on remontait les escaliers et on bazardait les paquetages, préférant jouer à Robin des Bois ou aux présentateurs télé, vu que c'était carrément plus fendard dans l'ensemble.

heidi2

Mais un jour, on a eu ne super idée : On disait qu'on était des inventeurs ! Et pas n'importe lesquels siouplait, des inventeurs de procédés révolutionnaires qui te donnent l'impression qu'il fait frais même par 40°C !! Putain, plus j'y repense plus je me dis qu'on aurait du la faire breveter cette idée. En l'améliorant, sûre qu'elle aurait pu détroner la climatisation. Bref, je m'en vais te narrer cette fabuleuse aventure, une péripétie de plus dans la passionnante saga de Evelyne et Florian, les héros aux noms vintage, polyvalents et efficaces comme t'imagines même pas.

Mise en situation. La situation, laquelle est-elle : un après-midi du mois de juillet, quelque part dans les années 80, dans le jardin de mémère Marie où il fait 40 degrés même à l'ombre des cerisiers (cerisiers estampillés "LPO" et équipés de cabanes à oiseaux suite à une lubie du cousin qui se prenait pour le Cousteau des moineaux). On traîne en maillots de bain, on se plaint, fait chaud merde. On remplit la "piscine" pour prendre le frais, mais comme la piscine consiste en une vieille lessiveuse, on a pas grand place. On sort le tuyau d'arrosage mais fait chaud quand même, bordel. On se tape une demi-douzaine de ces glaces italiennes dont j'ai oublié le nom (de la glace vanille entre deux biscuits... putain mais comment ça s'appelait déjà ?? Ca commence par un M... et ça finit par ...ini... Le premier qui s'écir Martini ou Mussolini, je lui décalque la gueule).

"Tsais quoi, on devrait trouver une idée pour pas avoir chaud.
- Ouais, une machine pour pas avoir chaud.
- Viens, on disait qu'on était des inventeurs !
- Ouaaais !!! Mais des inventeurs de quoi ?
- Ben de machines pour pas avoir chaud.
- Ouais mais on a pas de caisse à outils et de trucs pour construire une machine ?
- Ben t'inquiète, on va aller voir au garage."

Dix minutes plus tard, de retour du garage avec une pile de couvertures et quelques draps. Ben ouais, on avait finalement pas trouvé de façon judicieuse d'exploiter une tournevis et deux boulons rouillés, ni de recycler le chiotte chimique en machine rafraîchissante, alors on a décidé de se rabattre sur les couvertures. Tu te demandes qu'est-ce qu'on pouvait bien foutre avec une pile de couvertures en laine en pleine canicule ? Assieds-toi mon petit chéri, je vais te conter comment le cousin et moi avons créé la surprenante machine ui te fait croire qu'il fait froid quand en fait il fait chaud, j'ai nommé...

... roulement de tambour...

... La chambre chaude et la chambre froide !!

Bon ça va hein, te marre pas, il est pas si mal ce nom. Allez, je t'explique. L'expérience consistait à créer deux "chambres" distinctes. la première, la chambre chaude, était composée d'une dizaine de couvertures en laine empilées sur le portique de la balançoire, de façon à créer une sorte de tipi. par 40 degrés à l'ombre, je te laisse imaginer quelle température il peut faire sous un amas de couvertures en laine exposées en plein soleil... Ensuite venait la chambre froide : un léger drap aspergé d'eau fraîche et étendu sur l'abricotier afin de former une tente, une fois encore.

Une fois équipés de nos deux chambres, on pouvait s'adonner à l'expérience censée nous procurer une sensation de froid en plein été. Voilà le principe : tu squattes la chambre chaude pendant 6 minutes, pas moins. Et t'as pas le droit de tricher parce que le cousin, il a une fausse Swatch qui fait vrai chrono. Voilà, pendant six minutes, t'es là sous tes couvertures, à suer ta race comme un gros naze, des fois tu hurles même "laisse-moi sortir, j'étouffeuh !", mais non, tu sors pas, ça fait partie de l'expérience. Quand t'as cotoyé la chambre chaude pendant six minutes, ton assistant te libère et te laisse te précipiter dans la chambre froide qui, elle, est toute fraîche et ombragée... Et forcément, ça te donne l'impression d'être submergé par une vague de fraîcheur encore plus intense que le premier effet Kiss Cool. Pis après, tu te dis : "Ouah ben finalement, il fait pas si chaud que ça hein !".

Bref, voilà. Si cet été, tes mômes te bassinent pour que t'investissent dans une piscine ou dans un arrosage automatique, construis-leur plutôt une bonne vieille chambre chaude et une chambre froide pour leur faire découvrir les joies de la fraîcheur retrouvée. Mais bon, fais quand même gaffe hein, surveille la chambre chaude, je m'en voudrais que tes gosses finissent asphyxiés ou cuits comme des Knackis en plein soleil sous prétexte qu'ils ont voulu reproduire les brillants jeux cons de mon enfance.

Et puisqu'on parle de soleil, de chaleur et de maillots de bain, j'étais obligée de vous balancer Rockaway beach et California Sun...

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29 mars 2008

On disait qu'on était Robin des Bois et Marianne

robindesbois

Salut lecteur,
Je t'avais prévenu pour cette série de chroniques sur mon enfance : ces aticles vont te faire l'effet d'une madeleine de Proust en plein dans la gueule et vont subitement te rappeler ta joyeuse enfance à toi. Ben ça a pas loupé à en croire les commentaires d'hier : on se retrouve ainsi sur ce blog entre fans de Téléchat, des Badaboks, des Fraggles Rocks, des Maîtres de l'univers et de Jayce et les conquêrants de la lumière, et j'ai deviné une petite larme d'émotion chez certains, rien que ça. Et les djeun's égarés ici, ils se demandent de quoi on parle car, les pauvres, ils ont pas eu droit à tous ces super programmes télévisés. Ptetr même qu'ils nous prennent subitement pour des vieux cons mais on s'en tamponne et on les emmerde ces jeunes qui pigent que dalle et qui savent rien de la vie, c'est le privilège de la trentaine.

Bref, comme promis, après On disait qu'on était des présentateurs du Télé-Achat, aujourd'hui On disait qu'on était Robin des Bois et Marianne. Car comme tout enfant qui se respecte, le cousin et moi on connaissait bien nos classiques Disney et Robin des Bois était dans notre top five, peut-être parce qu'on a été élevée dans une famille politiquement engagée à gauche, pour pas dire plus à gauche que la gauche. Et que du coup, ça nous plaisait pas mal ce concept de prendre l'argent des riches pour le distribuer équitablement aux pauvres. Braves petits cocos qu'on était déjà... Bref, si on respectait les grandes lignes de mythe de Robin des Bois, voleur de gens riches, dans la pratique, le scénario différait légèrement de l'original...

Déjà, c'est le cousin qui menait la barque. Moi arès tout, j'étais rien que la petite cousine morveuse qui se contentait de suivre le mouv' comme on dit, et de dire Amen à chacune de ses brillantes idées. Même que des fois, ses idées étaient bien nazes mais je disais oui quand même, consciente de mon statut de cadette et acceptant ce sort sans broncher en me disant que je saurais me rattraper avec la prochaine génération de soeurs et cousines. Première étape : l'habillement. Un chapeau vert et un arc fait l'affaire pour Robin, une robe de Mémère et un foulard sur la tête fait l'affaire pour Marianne. Marianne ressemble plus à une fatma qu'à la noble Dame et ça me vexe mais tant pis, je fais avec. Robin chope des mouchoirs en tissus et des bouts de ficelle, il en fait des bourses pour mettre tout l'argent des riches qu'il redistribue ensuite aux prolétaires. Pis c'est pas le tout, mais il faut un QG à Robin, une maison, une cabane, un HLM, n'importe quoi, mais une tannière pour compter la thune des pauvres et casser la croûte entre deux combats contre le Prince Jean. On prend les deux fauteuils seventies en velours côtelé marron et on les renverse symétriquement : les deux dossiers forment ainsi un toit et la partie où l'on est censé s'asseoir devient un mur, la classe. Balance là-dessus un vieux drap pour faire une porte et y a plus qu'à entrer, royal. Tout est prêt et mis en place comme il se doit, la partie peut commencer :

" Bon alors, on fait quoi ?
- Ben je vais voler les riches pour donner aux pauvres.
- Ouais mais moi, je fais quoi ?
- Toi ? Ben tu restes à la maison.
- Mais pourquoi ??
- Ben parce que t'es ma femme. Tu vas quand même pas venir au combat avec moi. Toi tu restes là et tu t'occupes de la maison.
- Oh mais non c'est nul !!
- Mais si tu verras, c'est bien. Je vais t'apporter des victuailles pour que tu prépares un festin pour mon retour.
- Pffffff, bon ben d'accord. Mais traîne pas hein, tu rentres juste après que t'aies volé les sous aux riches hein !!
- Ouais ouais... Allez rentre chez toi, je vais chercher des vivres."


Robin se met en quête de victuailles dans le mini frigo de Mémère (un mini frigo dans lequel on trouvait toujours des mini cornichons, des mini carré frais Gervais et parfois même de la pâte à croissants en conserve, la classe de chez classe). Il revient au QG avec deux poivrons et une assiette de semoule froide.

"OO-de-lally ! Tiens Marianne ! Je rentre ce soir avec mon fier et brave compère Petit Jean, prépare-nous donc de quoi faire bombance !
- Oo-de-lally ! Mais... j'fais quoi moi avec de la semoule et des poivrons ??!!!
- Fais-nous donc un couscous !".


Bref, Marianne a fait le couscous sans broncher et Robin s'en est mis plein le ventre en rentrant. Au passage, la mémère a pas bien aimé qu'on ait pillé le frigo de la sorte et le cousin a encore moins aimé que ce soit moi qui l'ait balacé (ah oui, parce que faut savoir que mon insupportable déffaut quand j'étais môme, c'est que j'étais une grosse balance, une cafteuse, une rapporteuse, une ratcheuse comme on dit chez nous... ouais je sais, la honte...). Et comme Marianne et Robin furent subitement interdit de frigo et que Marianne s'emmerdait ferme à rien foutre dans sa tannière, on a décidé de redistribuer les rôles :

"Bon OK, on a qu'à dire qu'y aura plus de Marianne.
- Ouaaaais !!! Alors j'fais quoi ? Petit Jean ?!!
- Ah non, Petit Jean il est déjà pris.
- Mais par qui, on est que nous deux ?
- Ben je l'ai inventé.
- Ah.

- Du coup t'as qu'à faire le garde !!
- Ah oui cool ! Le garde de quoi ??
- Le garde du château du Prince Jean. Comme ça, toi tu surveilles le château pendant que j'amène les sous au frère Tuck, des fois que Robin déboulerait pour une attaque nocturne.
- Oui mais je fais quoi pendant tout ce temps...?
- Ben tu montes la garde et toutes les heures tu va dire au prince si tout est OK.
- Ah. Mais c'est nul !
- Oui mais Robin et Petit Jean ils sont djà pris alors t'as pas le choix...".


Voilà comment j'ai été reléguée malgré moi aux seconds rôles de série B à chaque fois qu'on jouait à Robin des Bois. Et pendant ce temps, le cousin il se la pétait grave parce que lui, c'était rien que le héros toutes catégories. Et Petit Jean, incarné par notre pote de jeux invisible, sûre qu'il se la pétait aussi. Bande de bâtards va...!!

Heureusement que j'ai pris ma revanche en décrochant le premier rôle dans On disait qu'on était Heidi dans la montagne. Mais ça, c'est une autre histoire...

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28 mars 2008

On disait qu'on était présentateurs du Télé-Achat (1)

tele_achat

Ca aurait été vachement cool pour mon audience et mes stats que je te parle de mon enfance malheureuse, de cette sombre période de ma vie ou tout n'était que douleur et humiliation, de ces années passées à subir les privations en tout genre, du manque d'amour, des coups et des injures, de la boîte de conserve rouillée qui me servait d'unique jouet et des autres enfants qui me rejetaient et me terrorisaient... Ouais, ça aurait pu être bien comme concept, même que j'aurais terminé ça par une phrase très mélodramatique du genre : "Malgré tout, je me suis relevée dignement de ces tristes années et me voilà plus forte que jamais pour affronter la dure et triste réalité du monde dans lequel nous vivons". Après ça, t'aurais pu brûler un cierge, prier pour moi, pleurer même, voire m'envoyer un chèque tellement je t'aurais ému.

Mais le fait est que, fidèle au concept "blog qui raconte une vie de merde certifiée 100% vraie de vraie", je ne peux décemment pas m'adonner à de telles mesquineries pour faire pleurnicher mon lectorat et me rendre encore plus intéressante que je ne le suis déjà à la base. Parce qu'en vrai de vrai, que tu le veuilles ou non, et désolée d'avance si je te déçois sur ce point, j'ai eu une enfance royale, j'étais littéralement pourrie gâtée. Jamais j'ai manqué de rien, pourrie jusqu'à l'os que j'étais. J'étais cette sale gosse qui pouvait se vanter d'avoir le grand château de Shera (ouah la honte si tu connais pas Shera, la pote à Musclor...) avant toutes ses copines, qui partait à en vacances à la mer tous les ans, qui avait une putain de salle de jeux innondée de jouets et dans laquelle on pouvait foutre le souk à volonté, qui se balladait sur une bicyclette Peugeot toute neuve sur les routes de campagne et enfin, qui ne manquait jamais de bonne compagnie. Et pour parfaire ce parfait tableau de la sale mioche au cul bordé de nouilles, j'avais en outre le méga avantage de la mort qui tue : un pote de jeu imbattable. Mieux qu'un ordinateur parlant qui te dit avec sa voix de robot qu'il est ton ami pour la vie, mieux qu'un tamagotchi qui meurt tous les quarts d'heure, mieux qu'un ami imaginaire que j'aurais appelé Superpotedelamor, mieux qu'un petit chien qui jappe et que t'as envie de taper quand il ramène pas la balle, j'annonce : un cousin ! Quatre ans de plus que moi le cousin, autant dire que quand t'es môme, c'est que dalle. Ben mon cousin de la der et moi, on a passé une putain d'enfance à se fendre la gueule avec des jeux que franchement, t'aurais été jaloux si t'avais su à l'époque que nous on jouait à ça pendant que tu faisais une partie de dames avec Mémé. Débordants d'imagination qu'on était, enfin surtout lui hein, parce que moi après tout, j'étais juste la cadette qui disait Amen à toutes ses idées de génie et qui suivait les conneries sans broncher.

Et parce que je sais que t'es un petit curieux, pis aussi parce que je m'en voudrais que tu ne conseilles pas à tes mômes qui s'emmerdent ces suggestions ludiques aussi bêtes et salissantes sublimes que pertinentes, je m'en vais te révéler le grand secret de mon enfance, à savoir : l'art de s'amuser avec trois fois rien même quand tu manques de rien. Parce que ouais, ça déjà, faut le savoir, s'amuser d'un rien c'est un truc sacré. A nous deux, on avait beau avoir toute l'armée de Musclor et Shera qui, dois-je te le rappeler, "par la force du crâne ancestral, détiennent le pouvoir", on avait beau posséder tous les jeux de société derniers cris, tous les gadgets de Pif gadget, toutes les farce-et-attrapes du magasin de jouet du coin, un ordi Amstrad que franchement c'était trop d'la balle et un magnétoscope qu'on louait au vidéo club (pour mater, de préférence, le dessin animé du Seigneur des Anneaux ou bien les Trois Caballeros), ben malgré tout ça, y a rien qui nous éclatait plus que de nous munir d'accessoires aussi cons qu'un paquet de vielles couvertures et un seau vide pour inventer un putain de jeu qui déchire sa race. Et ça commençait toujours en ces termes : "Hé, on disait qu'on était...". Genre : "on disait qu'on était des gangsters", "on disait qu'on était des randonneurs", "on disait qu'on était des peintres en bâtiement", "on disait qu'on était artistes dans un cirque"... et j'en passe. Quelques exemples d'on-disait-qu'on-était (je te conseille de prendre note, ça peut toujours servir pour occuper tes gosses un mercredi après-midi si t'as peur de rien) :


On disait qu'on était présentateurs du télé achat !!

Pour mener une bonne partie de télé achat, il convient de s'équiper d'obets du quotidien aussi futiles qu'innattendus et de s'efforcer de les détourner en trucs encore plus innattendus. Jusque là, c'est pas trop compliqué si t'as un minimum de neurones. Là où ça se corse et où seuls les gosses hyper éveillés et débordant d'intelligence s'en sortent, c'est lorsqu'il s'agit de mettre en scène ton télé-achat. Notre truc à nous, c'était de présenter un nouveau détachant révolutionnaire. Lui, Monsieur Téléacha, il mettait une vielle veste de costard et des grosses lunettes moches, la classe. Moi, Madame l'assistante conne de Monsieur Téléacha, je mettais des grosses boucles d'oreilles de Mémère (celles qu'on clipse... top tendance !) et du rouge à lèvres orange immonde, et je souriais comme une dinde à la caméra invisible. Déjà là, on avait tout compris. Lieu du tournage : dans le placard sous l'escalier. Accessoires : du cirage en aérosol (je sais pas si ça existe encore... mais je te jure que dan les années 80, ben ma grand-mère elle avait du cirage en aérosole de toutes les couleurs pour ses pompes). Voilà, là on est prêts, suffit de s'adresser au caméraman imaginaire :

"Bonjour Madame Evelyne* et bonjour les téléspectateurs !
- Bonjour Monsieur Florian* et bonjour à tous les gens !
- Aujourd'hui Madame Evelyne qu'allons-nous présenter à notre PU-BLIC CHE-RI ! Wouh !
- Et bien je ne sais pas monsieur Florian, c'est une SUR-PRIIIISE ! Yeah !
- Aujourd'hui mes chers téléspectateurs, nous vous proposons ceci !! Tadam !
- Ouh mais ça alors, qu'est-ce que ça peut bien n'être ?!
- Rassurez-vous Madame Evelyne, je vais vous faire une démonstration ! Wouh !
- Yeah !
- Je suppose que vous avez des enfants Madame Evelyne ?!
- Oh oui, j'en ai plein plein, au moins six ou douze !
- Et je suppose qu'ils font des tâches sur leurs vêtements ?
- Oh oui alors, des toooooooonnes de tâches qui partent jamais !
- Même pas avec de la lessive ?
- Même pas si j'en mets plein !
- Heureusement que nous avons... DETACH'TOU ! Wouh !
- Yeah !
- Voici une petite démonstration : vos enfants font sans doute des tâches de... tomate...
(pschiiiiiiitttt, on vaporise une tâche de cirage bordeaux sur le mur en béton)...
- ... d'épinard...
(pschiiiiiiiitttt... un petit coup de cirage vert)
- ... de cambouis...
(pschiiiitt... au tour du noir)
-... et de caca !!
(pschitt marron... le meilleur pour la fin, tu penses...)
- Alors, que faire devant toutes ces tâches ??
- Oh oui alors, que faire Monsieur Florian ? Tiens, et si on sortait notre DETACH'TOU ?!!
- Bien vu Madame Evelyne !! Regardez ce miracle : j'applique quelques gouttes de Detach'tou
(en réalité, un gros pschiiitttt de cirage blanc) sur les traces de tomate, d'épinard, de cambouis et de caca et COMME PAR MAGIE, les traces disparaissent sous vos yeux !
- Ca alors mais c'est plus blanc que blanc !
- Oui, c'est miraculeux ! C'est DETACH'TOU, wouh !
- Mesdames Messieurs les téléspectateurs, vous savez ce qu'ils vous reste à faire...
- Appelez gratuitement le 06.65.98.87.44.09.87.32.65 et commandez notre DETACH'TOU, wouh ! Et bien merci Madame Evelyne et merci les téléspectateurs, et à la semaine prochaine pour un prochain...
-... té-lé-na-cha !!"
(clin d'oeil à la caméra)

Aaaaah ouais, je sais ce que tu te dis : ça, c'était des bons gosses qui s'occupaient tout seuls, sans rien salir ou presque... Si le nouveau propriétaire du 69 rue Albert 1er à Pschutpschutpasdenomdeville s'inquiète des tâches persistantes dans le placard sous l'escalier, qu'il fouille bien dans le garage, il reste peut-être une bouteille de Détach'tou blanc pour arranger ça.

Une dernière chose : pour la petite histoire, faut savoir qu'on s'improvise pas présentateurs télé comme ça hein. Non non, ça requiert un vrai talent d'improvisation et une bonne connaissance d'un certain programme Tv absolument incontournable de l'époque, j'ai nommé Téléchat. Là, soit t'es né fin des années 70 début des années 80 et tu te dis "Wah putain ! Téléchat !! C'était trop bien !!!", soit t'es nettement trop plus jeune et tu te dis "Gné ? C'est quoi c'truc de naze ??". Pour les nostalgiques et les jeunes incultes, Téléchat, c'était ça :

Et Téléchat, dans le genre trip télévisuel complètement délirant et décalé, c'était un peu d'la bombe de balle pour parler le lycéen. En direct du frigo, les gluons, le micro et le téléphone (ils faisaient un peu peur ceux-là...)... rhaaaaa, trop bien !! Bref, tu peux cliquer. C'est pas rock'n'roll (quoique...) mais c'est bien cool quand même. Et si tu trouves ça nul, c'est que t'es trop jeune. Ou débile peut-être.


Et demain si t'es sage, le second volet de cette saga palpitante : on disait qu'on était Robin des Bois et Marianne (et promis, rien à voir avec touche-pipi incestueux).

*Pour plus d'authenticité, l'auteur a tenu à utiliser les véritables prénoms des protagonistes. Rappelons que nous sommes dans les années 80 et qu'à cette époque, c'était pas si vintage que ça, c'était même des prénoms presque à la mode.

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28 octobre 2007

Barbie est rock'n'roll

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T'en connais beaucoup toi, des filles qui jouaient pas aux Barbies étant mômes ? Pas moi en tous cas. Et dans mon cas, on peut dire que cette petite pouf de Barbie (parce que oui, faut bien avouer que Barbie est une sacrée pouf dans son genre... je t'expliquerai ça plus tard) a carrément été au centre de mes activités ludiques pendant de très longues années. Pour te donner une idée, j'ai commencé à jouer avec Barbie en même temps que j'ai dit mes premiers mots, et j'ai cessé de la cotoyer tout juste un an avant de perdre ma virginité (là, je te sens paniqué... tu te dis que cette fille a dû perdre son pucelage sacrément tôt ou jouer à la Barbie très très tard, ce qui, dans les deux cas, est un rien effrayant quand on se met à y réfléchir). Parfois, avec ma frangine et mon amie d'enfance, il nous arrive de reparler de nos après-midi Barbie, voire de nos journées barbie en périodes de vacances scolaires où, à peine levées, nous sortions déjà la blonde en plastique de son carton pour ne l'y refourguer qu'à la nuit tombée. Et tu veux que j'te dise, ben quand on y repense, on se dit qu'on en a quand même fait voir des vertes et des pas mûres à Barbie, qu'on l'a assurément pas ménagé, qu'on lui a fait subir de sacrés mésaventures de dingues. Et quand on se met à repenser à certains scénarios qui dirigeaient nos parties de Barbie, faut que je t'avoue qu'on reste perplexe... Parce que, concrêtement, faut reconnaître que certains scenari étaient assez scabreux dans le genre, à tel point qu'on se demande parfois honteusement, entre nous, comment on a pu avoir de pareilles idées en étant gosses. Toi, tu t'imagines que jouer à la barbie, ça signifie l'habiller en princesse, lui faire rencontre Ken, les marier et les faire vivre heureux avec beaucoup d'enfants dans leur villa de Beverly Hills. Ben ptetr que certaines fillettes jouaient à Barbie comme ça, mais pas nous. Chez nous, c'était plutôt genre Barbie trash, Barbie destroy, Barbie carrément rock'n'roll. Quelques exemples des péripéties endurées par mes Barbies :

Barbie strip teaseuse

Ca, c'est peut-être le truc le plus gentil qu'on ait pu faire subir à Barbie (là, tu te dis que t'oses même pas imaginé ce qu'a enduré Barbie par la suite...). Va savoir comment nous est venue l'idée, mais toujours est-il qu'on a décidé de recréer une sorte de cabaret avec notre mobilier en plastique rose bonbon, un cabaret hyper chicos ou Barbie pouvait se donner en spectacle devant des Kens surexcités et prêts à glisser des biftons dans son string (sauf qu'il était impossible de dégoter un string ou une culotte de Barbie, ce qui rendait la manoeuvre impossible hélas). On rassemblait les chaises de la salle à manger de Barbie, on récupérait le plan de travail et les tabourets fuschia de sa cuisine pour en faire un bar et, devant les chaises en plastique alignées, on disposait une boîte à chaussures recouverte d'un drapé rose en satin (probablement emprunté à la parure de lit de Barbie) afin d'en faire une sorte de scène. Les quelques Kens que nous avions en notre possession (Ken Rock Star et sa vraie chevelure blonde, Ken barbe & Cheveux qu'on pouvait raser pour de vrai, Ken Malibu et son teint tout hâlé, ainsi que quelques Kens "basiques", les tout moches avec leur raie sur le côté et leurs faux cheveux bruns à l'apparence trop nette) payaient l'entrée qui était de 100 francs à l'époque, parce que pour nous, ben 100 francs ça représentait vachement de thunes et qu'on se disait que ça devait bien être le prix d'une entrée dans un vrai bar à strip-tease. Après avoir raqué, les Kens prenaient place sur les chaises alignées (les plus veinards avaient droit aux fauteuils du salon de jardin, nettement plus confortables) et attendaient le début du spectacle. Tandis qu'une première Barbie se pointait sur scène avec son micro (oui oui, on avait un vrai micro de Barbie, piqué à Barbie Rock Star, celle aux fringues argentées) pour annoncer la première danseuse, une autre apportait des verres au table en petit tablier : bière pour la plupart et Champagne pour les plus chanceux et les plus riches (étant donné que l'on ne disposait que d'une seule mini bouteille de Champagne taille Barbie, autant dire que le prix du Champagne s'enflammait dans ce cabaret). Enfin, une fois que tous les Kens étaient bien installés et réhydratés, la Barbie strip-teaseuse faisait son entrée sur scène, vêtue d'une robe scintillante, tu penses bien, et effectuant une petite danse sous les applaudissements de la horde de Kens avant de défaire le velcro de sa robe pour se retrouver en maillot de bain. Quand les Kens avaient suffisamment gueulé et applaudi, Barbie consentait à tomber le maillot et à dandiner ses fesses sous les yeux des mâles en plastoc qui en redemandaient, tu penses bien.

barbie_sex

Barbie accueille Skipper

Pour ceux qui ne connaissent pas, Skipper, c'est la petite soeur de Barbie. Commercialisée des années après la naissance de la première Barbie, Skipper était une sorte de Barbie ado, bien plus petite que Barbie, avec un minois enfantin, des hanches non encore dessinées et de tout petits seins, contrairement à sa grande soeur qui battait tous les records en la matière. Bref, Skipper, c'était la collégienne, la petite poupée bronzée avec des tresses et des tops qui lui dévoilaient le nombril, celle qui n'avait pas la chance d'être éternellement positionnée sur la pointe des pieds, de façon à pouvoir porter les supers talons aiguilles de Barbie, ses grands pieds plats à elle ne tolérant que les baskets et les ballerines. Bref, c'est comme ça quand on est ado.

Avec l'arrivée de Skipper, nous avons trouvé un nouveau scénario de jeu, pour changer un peu du bar à strip tease (parce que les Kens, une fois bourrés, ils sont super relous et ils veulent tripoter Barbie, ce qui est marrant cinq minutes). Dans ce scénario là, Barbie et Ken étaient de jeunes mariés heureux en ménage et totalement épanouis, coulant de jours heureux dans une maison de toute bôôôôté, meublée du mobilier plastique le plus chic, le plus rose et le plus design qu'on n'ait jamais vu. Barbie passait son temps à concocter des petits plats dans sa cuisine pourvue d'un vrai frigo rempli de tout un tas de petits aliments, prenait le thé avec ses amies dans son jardin d'hiver qui disposait de vraies plantes, allait se délassait dans son jacuzzi qui faisait de vraies bulles quand on actionnait la pompe, passait des heures dans sa baignoire ou devant sa coiffeuse dont le miroir était bordé de vraies petites ampoules, et se prélassait sur son lit à baladaquin, dans des draps pleins de dentelles et de petits coeurs. De son côté, Ken partait gérer ses affaires (car Ken était évidemment businessman) au volant de sa Ferrari rouge et, pendant son temps libre, faisait de longues ballades à cheval, des promenades en mobylette (ouais je sais, ça fait naze après le tour en Ferrari mais qu'est-ce que tu veux, à l'époque, y avait pas de motos pour Kens...), passait à la boutique pour acheter du parfum à Barbie (même qu'on avait de vrais mini sacs shopping en plastique souples marqués "Barbie", et aussi une vraie boutique avec une vraie vitrine et des dizaines de mini flacons roses !!) et rentrait en planche à voile dans sa villa de bord de mer. Les week-end, Ken et Barbie partaient à la campagne dans leur camping car, allaient séjourner dans leur bungalow qui avait un vrai toit en fausse paille et qui comportait des fruits, des perroquets, et tout ce qu'il se doit, et puis ils finissaient par faire l'amour sur la plage ou dans leur lit de rêve en s'écriant "Oh Barbie, comme je t'aime !" et "Oh Ken, tu es l'homme dont j'ai toujours rêvé".

barbie_ken

Bref, tout ça pour dire que rien ne manquait au bonheur de Ken et Barbie. et puis un jour, Skipper appela sa grande soeur en lui expliquant qu'elle comptait venir étudier à l'université de Beverly Hills et en demandant à Barbie de l'héberger : "Mais bien sûr petite soeur !! Je te préparerais la chambre d'amis, celle avec un lit sans baldaquins mais avec une couette réversible avec des petits coeurs phosphorescents qui brillent dans la nuit !!". Skipper ne tarda donc pas à emménager chez nos tourtereaux en plastoc où tous vécurent heureux, jusqu'au jour où... suspens... jusqu'au jour où cette petite traînée de Skipper, profitant de l'absence de sa grande soeur, partie s'acheter de nouvelles chaussures en ville, se mit à allumer ce bon vieux Ken ! et à force de chercher Ken, Skipper et ses petits seins ont fini par le trouver... Et devine quoi...?!! Bah ouais, Skipper a baisé Ken, Ken a baisé Skipper, la grosse totale quoi. Et le drame, c'est que ça s'arrête pas là ! Pour couronner le tout, Skipper est tombée en cloque !! Je te raconte pas le drame quand Barbie a appris ça et j'ose à peine te narrer cette scène où Barbie à tenter d'arracher les tresses de sa petite frangine et où elle a balancé toutes ses fringues dans le jacuzzi avant de tenter de l'y noyer... Bref, sale histoire pour Barbie.

barbisucks

Barbie étudiante

Après ça, il y a eu la période de Barbie étudiantes. comme nous disposions d'un nombre de Barbies largement plus élevé que de Kens, nous avions décidé que les Barbies seraient les étudiantes d'une école de filles et que les Kens seraient les professeurs. En gros, une école où tous les profs seraient de beaux mecs au sourire digne d'une pub pour Colgate, avec des plaques de chocolat sur le ventre et des petites fesses musclées, quant aux étudiantes, il s'agissait presque exclusivement de blondes, et toutes avaient en commun de grands yeux pétillantes, des jambes interminables, un petit cul bombé et surtout, des super gros seins. Raconté comme ça, ça fait un peu scénario d'un film porno basique, genre "Sexe au dortoir". Ben justement, c'est un peu comme ça que ça a fini. Les cours étaient très difficiles, certaines Barbies étaient plus intelligentes que d'autres, et puis celles qui n'étaient pas intelligentes étaient salopes, ce qui leur permettait de coucher avec les Kens pour décrocher de bonnes notes. Parfois, la tendance s'inversait et c'était les Kens qui obligeait les Barbies à coucher avec eux sous peine de leur mettre un zéro à leur examen. Bref, c'était assez lubrique et malsain dans le genre...

barbie_school

Barbie escort

Le meilleur scénario qu'on ait trouvé, c'est quand même Barbie escort qu'on aurait pu aussi appeler "Barbie au bordel". Ayant à nouveau recréer un lieu cosy à l'aide du mobilier détourné de Barbie, nous avions élaboré une sorte de bordel très glamour et feutré, pourvu d'un salon et de chambres que partageaient les filles, et d'un accueil très chaleureux où Madame Barbie, la maquerelle en chef, recevait la clientèle. Les Kens se pointaient un par un, très discrètement et étaient reçus par Madame avec une coupe de champagne. Madame les invitait ensuite dans son bureau pour entendre leurs requêtes : "Alors, mon cher Ken, que désire-vous ?". Et Ken : "Ce soir il y a un grand bal organisé par le chef de la plus grande société de Beverly Hills (oui, on était attaché à Beverly Hills, ça sonnait vachement bien) et je veux m'y rendre accompagné d'une fille sublime". Madame se levait et allait consulter ses dossiers (des post it redécoupés et agrafés) avant de proposer à Ken : "Je peux vous proposer Kelly qui est très blonde et très belle." "Je préfère une brune." "Hmmm... alors j'ai Courtney si vous voulez, qui est magnifique aussi mais qui coûte plus cher... comprenez, c'est notre seule brune, c'est une rareté... c'est comme Barbie black et sa copine tahitienne, ce sont des perles rares, elles ne sont pas au même prix.". Après réflexion, Ken poursuivait : "Très bien, alors je prends la brune et la black. Je suis un homme très riche, j'ai un camping car et une ferrari rouge, l'argent n'est pas un problème. Je peux les garder pour la nuit ? Je voudrais leur montrer ma villa située sur la colline. La colline de Beverly Hills, évidemment." "Mais bien sûr Monsieur, tout ce que vous voudrez. Suivez-moi à présent, je vais vous conduire aux filles.". Et Ken suivait Madame jusqu'à la chambre des filles pour qui Ken avait donné un paquet de pognon et avec qui il s'apprêtait à passer une nuit de débauche totale.

barbie_homo

Bon, tout ça pour dire qu'avec moi, ça rigolait pas dans le monde de Barbie. Fuck off les princesses et les reines de beauté, chez moi c'était plutôt scandales familiaux, trahisons, proxénétisme, chantage et débauche en tous genres. Alors maintenant, la grande question est : sachant que j'ai été élevée par des parents aimants et attentifs qui contrôlaient sérieusement les programmes télévisés que je matais, sachant aussi que je n'étais pas une petite curieuse ni une petite débauchée qui matait du porno ou des revues érotiques en douce, sachant aussi que j'ai abandonné mes Barbie en entrant dans l'adolescence, bref, sachant tout ça, peux-tu m'expliquer comment ces scénarios saugrenus me sont venus à l'idée ?!! Franchement, ça m'interpelle. Faut croire que déjà à l'époque, j'avais le cerveau programmé en mode "Sex & Rock'n'roll".

Bon, t'es prêt à suivre l'association d'idées qui va nous amener à la conclusion musicale de ce blog (qui, à la base, est censé être un blog rock'n'roll, même si il a rapidement viré dans le racontage de vie à deux balles, ce qui est plus vendeur bien que ça ne rapporte rien) ? On parlait de Barbie... Hmmmm... Barbie, je dis "poupée". "Poupée", je pense "Doll". Et du coup, je pense "New York Dolls". Et vu que, justement, mes Barbie à moi sont un peu carrément trash, ça donne ça :

(Si tu fais partie des fainéants qui n'ont pas tout lu jusqu'au bout et qui se sont contentés des petites photos certes sympas de Barbie à poil, aies au moins le mérite de cliquer, bordel !)

Posté par _eve_ à 20:22 - J'étais petite avant d'être grande - Commentaires [6] - Permalien [#]

13 septembre 2007

Foutues bondieuseries

jesus_punkl

"Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour avoir des gosses pareils ?!".

Etant mômes, quand on faisait des conneries, elle disait ça, maman. Les grand-mères disaient ça aussi d'ailleurs. Etrangement, aucune d'entre elles n'était du genre grenouille de bénitier, flirtant plus avec l'agnosticisme qu'avec une quelconque croyance. Mais que voulez-vous, quand on habite dans le département le plus catho de France, celui que les autres nous envient parce qu'on a davantage de jours fériés (héhé, t'aimerais bien, toi aussi, avoir droit au lendemain de Noël et, surtout, à ce foutu vendredi saint pour glandouiller sur ton canapé !!), là où les cours de catéchisme sont obligatoires dès le cours préparatoire, on baigne malgré soi dans la religion qu'on le veuille ou non. Alors du coup, des expressions comme celles là, on les sort souvent, malgré soi.

Eh ouais, par chez nous, dès tes six ans, tu es obligé de te farcir le cours de catéchisme à l'école, une matinée par semaine. Si tes parents le souhaitent, ils peuvent demander une dispense en adressant une demande au directeur mais dans ce cas, tu dois te préparer à te taper un surplus d'exercice de maths en tête à tête avec l'instituteur pendant que tes petits camarades font la prière en choeur et dessinent des petits anges sur leur cahier. Parce que oui, le cahier de religion, c'est le truc vachement important, le cahier avec lequel on rigole pas. La catéchèse t'y fais recopier des prières, des paraboles, des chansons d'église et toi tu dois illustrer tout ça avec des dessins pleins de couleur et des "alleluïa" partout. Ceux qui se sont bien appliqués et qui ont fait un beau dessin reçoivent une image religieuse, de celles qu'on glisse fièrement dans son missel. Et quand t'es gosse, les images, ben t'aimes bien. Ca peut être Spiderman, les crados (dis, tu te rappelles des Crados ??!) ou le petit Jésus, tu t'en fous, ce qui compte c'est d'avoir une image. Alors forcément, tu t'appliques. Moi, j'étais la meilleure de la classe en dessin (et dans tout le reste aussi) et forcément, je me la pétais grave. Parce que Madame F., la catéchèse, elle montrait toujours mon cahier en exemple et que j'étais toujours la première à choisir les images, du coup. Alors tu penses, je raflais toutes les meilleures et je laissais les toutes nazes aux autres. Y a juste une fois où j'ai pas eu droit à une image, une seule. C'était mon tout premier cours de catéchisme à l'école et on devait faire un beau dessin sur la page de garde de notre cahier. J'ai décidé Adam et Eve à poil dans une sorte de paradis terrestre verdoyant. Va savoir pourquoi, la bonne du curé a pas apprécié et pourtant j'avais pris soin de dessiner une feuille à la place du zizi et du chouchou.

Le catéchisme à l'école, ça commence par la prière, tous en choeur, tous tournés vers le crucifix accroché au-dessus de la porte de la salle de classe. eh ouais, chez nous, y avait systématiquement un crucifix au-dessus de la porte à l'école (école laïque... mon cul ouais !!). On commençait par Je vous salue Marie avec les mains jointes, puis on enchaînait avec le Notre Père avec les mains ouvertes devant soi, pour symboliser, soi-disant, notre coeur qui s'ouvrait à Dieu. On se tapait ensuite le je crois en Dieu et on finissait avec Je confesse à Dieu, et t'avais plutôt intérêt à pas oublier de te taper la poitrine, comme il se doit, au moment où tu dis "OUI j'ai vraiment pêché".

Ceci dit, il faut bien le reconnaître, si en grandissant tu trouves ça pathétique, quand t'es gosse ben t'adhères forcément à ce genre de conneries. A sept ans, t'es prêt à croire en l'amour infini de Dieu, en la bonté des hommes et tu te laisses facilement fasciné par les paraboles. Quand on te demande de former une ronde dans la classe avec tous tes petits potes pour chanter "Ils cherchaient un ami, quand Jésus est passé (là, t'es censé pointer du doigt tous tes amis avec le sourire)", ben tu te sens pris dans une vague de bonté et d'amitié sans précédent et tu te doutes même pas que la connerie et la méchanceté puisse exister. mais bon, la minute d'après, tu te retrouves en cours de récré et là tu t'en fous pas mal de Jésus et de la fraternité, tu veux juste être le premier à choper le ballon pour être capitaine de ton équipe de balle au camp et avoir, par conséquent, l'honneur de choisir tes équipiers.

cool_jesus

Et puis quand tu habites dans le trou du cul du monde comme c'était mon cas, dans un village où la population bovine manque de surpasser le nombre d'habitants, dans un village où y a une seule autre gosse du même âge que toi, ben ça t'arrange bien de te passionner pour la religion. parce que t'as rien d'autre à foutre et parce que quand t'as fait vingt-sept fois le tour du village à vélo, tu trouves ça rigolo d'aller aider le curé à ranger la sacristie. Quand j'étais toute gosse, à l'âge de ma première communion, on avait un curé excellent, le stéréotype de l'abbé de campagne, gros avec une tête bien ronde et le crâne évidemment largement dégarni. Après chaque messe, le curé s'en allait boire un peu plus du sang du Christ au café du village et s'y attardait parfois un peu plus que convenu. Un soir de Noël, alors que les gosses du village étaient tous en costume, prêts à jouer leur "crèche vivante" devant les mamies catho vachement fières de leurs rejetons, on avait perdu le curé. Tout le monde se pointait et attendait le début de la messe, mais toujours pas d'abbé. Moi, j'attendais en me marrant dans mon beau costume de roi mage censé apporter l'encens au petit Jésus (l'année suivante, j'ai eu droit au rôle très convoité de l'ange gabriel et j'ai récité mon texte du haut de la chair avec une affreuse auréole dans les cheveux, faite dans un bout de guirlande dorée). Finalement, les "grands" ont fini par débusquer le curé en train de refaire le monde au bar et l'ont traîné jusqu'à l'église. Ils ont dû l'aider à s'habiller et l'accompagner jusqu'à l'hôtel. La messe de Noël a duré un quart d'heure ce soir-là et nous, les gosses, on était vachement fiers d'être là avec nos clowneries pour prolonger un peu l'évènement et rattraper le coup.

Après ça, on a eu un nouvel abbé. Ce qu'on aimait bien avec lui, c'est qu'il était pas contre l'idée que les filles soient enfants de choeur. Parce que normalement, tout le monde le sait, c'est un truc réservé aux garçons. comme les crécelles à pâques d'ailleurs. Mais ma copine et moi, à neuf ans, on a fait notre mini-révolte féministe et on s'en est allées trouvé le curé pour dire que nous aussi on voulait être crécelleurs (en l'occurence, "crécelleuses") et réveiller les gens le matin de Pâques. Pour les incultes qui ne connaissent pas le coup des crécelleurs, il s'agit de remplacer les cloches qui, comme tu le sais, à pâques, se barrent à Rome. Alors au lieu de profiter de ton week-end férié et de faire une grasse matinée, tu te lèves à 5 heures du mat' et, avec tes petis potes, tu fais le tour du village en faisant un boucan du diable avec tes crécelles et en braillant "C'est l'Angélus !" crrrrrrrrrrrrrr-crrrrrrrrrrrr-crrrrrrrrrrrrr. Avec un truc pareil, les gens sont censés t'envoyer des canettes par la fenêtre et te demander de la boucler. Mais non, dans nos campagnes, on est vachement fiers des traditions et les gens continuent à trouver ça génial et, le dimanche de Pâques, quand tu sonnes à leur porte pour leur chanter un de ces chants religieux que j'ai oublié, tu récoltes des cadeaux : des chocolats, des bonbons, des sous et des oeufs qui serviront à faire une omelette géante à tous les marmots à l'heure de bouffer. Bref, tout ça pour dire que j'ai fait partie des crécelleurs et que j'ai même été enfant de choeur. Ma copine et moi, on était même les deux seuls enfants de choeur du village. Tous les mardis soirs et tous les dimanches, on était fidèles à notre poste et on enfilait notre belle aube blanche pour assister le curé. On apportait l'hostie, de temps en temps on lisait les psaumes, on faisait la quête, évidemment. Les jours de communions, on avait droit à des tonnes de dragées de la part des parents, et parfois même d'une petite pièce pour le service. Un jour, on a eu droit à une cérémonie un peu particulière, je ne sais plus en quel honneur, et le curé nous a ordonné de tenir un gigantesque crucifix pendant toute la cérémonie. Toute la population de l'eglise a ensuite fait la queue devant l'hôtel pour baiser les pieds du Christ sur ce putain de crucifix. Ben quand t'as dix ans, voir toutes les vieilles du village venir baver sur les pieds du christ, ça a de quoi te faire marrer. Alors nous, on essayait de pas se regarder parce que sinon, on aurait pété de rire et on aurait fait tomber cette connerie de Christ sur une vieille. Fallait savoir rester super sérieuse, y compris quand une dévote roulait une grosse pelle aux pieds du christ ou les embrassait en y laissant un filet de bave. Ce jour-là, le curé a pas été très fier de nous. On s'en foutait pas mal, parce qu'on savait qu'y avait bientôt la confession.

bonne_soeur_jesus

La confession, quand t'es gosse, tu trouves que c'est un concept génial. Une fois confessé auprès du curé, tu récites deux ou trois prières et te voilà lavé de toutes tes conneries. Et nous, on prenait ça vachement à coeur et vachement au sérieux. Quand on copiait sur notre voisin en classe ou qu'on insultait nos camarades, on finissait par se dire en soi "Pas grave, bientôt la confession, je redémarre à zéro". Eh ouais, la confession, c'était un peu ça : on efface tout et on recommence. Alors une fois confessés, on se disait souvent entre nous : "Bon maintenant faut faire gaffe à plus faire de conneries", genre mon âme est à nouveau immaculée et je tiens à la conserver dans cet état-là.

Pis un jour, on a commencé à trouver les confessions un peu moins géniales. Et le curé aussi d'ailleurs. Sans doute parce qu'on grandissait et que le curé, ben ça lui avait évidemment pas échappé. Et ce con d'abbé, il avait mis au point un nouveau système de confession : les adultes, il les laissait parler, mais les gosses (et les ados), il leur posait des questions pour faire surgir tout le mal qu'ils avaient fait et en attendait des réponses honnêtes. C'était du genre : "As-tu privilégié le jeu à ton travail scolaire ?"," As-tu négligé Dieu en préférant paresser le dimanche matin plutôt que de venir l'acclamer à la messe ?", "As-tu commis des méchancetés gratuites en te moquant d'un de tes camarades ?", ou encore "As-tu refusé d'aider ton prochain ?". Et puis ça a aussi été : "Regardes-tu des films pornographiques ?", "Es-tu sûr que tu ne regardes pas de films pornographiques ?", "Tu es vraiment bien sûr que tu ne regardes pas des films avec des gens nus ?", ou bien "Est-ce qu'il t'arrives d'écouter dans la chambre de tes parents bien que ce soit interdit ?". Bref, on a commencé à le trouver carrément moins cool le curé, à cause de ses putains de confessions douteuses, à cause de son insistance à nous demamnder si on savait vraiment qui était Marei6Madeleine et ce qu'elle faisait et ce sans parler du reste. Alors on a rendu notre aube, ma copine et moi. Elle, a viré agnostique et moi j'ai été païenne pendant quelques temps. Honorer la Déesse en dansant autour d'un feu de camp en état d'ivresse et en jouant les apprenties sorcières, c'était finalement sacrément plus marrant que de réciter des prières debour face au crucifix.

Voilà.

Bref, ça n'empêche que ma mère a continué à dire : "Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour avoir des gosses pareils ?". Le père lui, il disait plutôt : "Ces gosses ont le diable dans le cul !". Parce qu'il est vulgaire le père, pis parce qu'il est comme ça. Il préfère parler du diable que du bon Dieu. Je me rappelle que quand les vieilles du village passaient devant chez nous le dimanche matin et qu'elles l'interpelaient pendant qu'il rentrait son bois ou faisait du ciment, en disant : "Vous feriez mieux d'aller à la messe !", il répondait ça : "Et pendant c'temps, c'est l'Bon Dieu qui va me l'rentrer mon bois ?!". Il a bien raison, le père.

Au passage, ce billet m'invite à vous inciter à vous ruer sur le brillant ouvrage de François Cavanna (si t'aimes pas Cavanna, j'annonce : on va pas être potes !), Lettre ouverte aux culs-bénits. C'est caustique, franc, brillant et tellement juste. Ce livre, il vous le faut, c'est tout !

lettreouverte

Sur ce, je m'en vais faire ma prière devant un beau crucifix, celui-là :

pray_for_sex

Et aujourd'hui, pas de punk rock pour clore le sujet, juste Cocorosie et l'excellent Terrible Angels :

Edit : un lecteur m'a gentiment fait remarquer que j'avais écrit "hôtel" à la place d"autel". Bien vu. et tu veux que j'te dise : c'est un putain de lapsus révélateur...

Posté par _eve_ à 15:54 - J'étais petite avant d'être grande - Commentaires [7] - Permalien [#]

15 août 2007

Elle sent quoi ton enfance ?

Dis-moi, elle sent quoi ton enfance ?

barbapapa

La mienne, elle sent la barbapapa, le chewing-gum en tube à la fraise, l'eau de cologne ambrée, le dentifrice Colgate Junior, le panettone de Noël, le café préparé dans ces vieilles cafetières qu'on visse, les cahiers d'école tout neufs, le capofreddo citronné, les clapiers puants des lapins à côté du tas de fumier, l'eau de toilette à la rose, la sauce tomate qui mijote, le shampooing Timotei aux plantes, l'arôme amer d'orange des boissons diluées, les vinyles pleins de poussières, les Gitanes dans des paquets bleues, les madeleines sorties du four, les vieux livres humides.

gitanes

Ma chambre sentait le plâtre et la colle à papier peint, mes draps sentaient le Cajoline et le produit anti-acariens, le salon de ma grand-mère sentait le tabac froid et le vieux cuir, le tiroir de la salle de bains sentait le rouge à lèvres et les pastilles mentholées pour la gorge, la cour sentait le sapin et la pisse de chien, le tapis de l'école sentait la peinture et le caoutchouc.

Et mon père, il sentait la sciure, ma mère sentait Giorgio, la vieille dame en face de chez moi sentait l'arnica, ma grand-mère sentait la vieille laine et les légumes cuits, mon grand-père sentait les Gitanes et l'eau de cologne, la vieille italienne sentait le café et le poulailler, ma meilleure copine sentait le Petrol Hann, mon petit frère sentait le jus de fruits bon marché, mon premier coup de coeur sentait la réglisse, le second sentait la naphtaline.

Moi je sentais la laque en spray et la noix de coco. Y a des trucs qui ont pas changé...

Et on part pas sans s'écouter ça : "Petite fille, je voudrais passer ma vie avec toi..." (god bless the Wampas)

Posté par _eve_ à 16:28 - J'étais petite avant d'être grande - Commentaires [3] - Permalien [#]
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