Ma vie rock'n'roll

"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

10 juin 2008

Mon bien aimé et les DVD : choix de gourmet

monsieur_cin_ma

Parce que tu es un lecteur sympa, tu vas me pardonner ce titre nul à chier qui a au moins le mérite de comporter des rimes en "é". Et parce que tu es un lecteur sensé et équilibré, tu es bien évidemment conscient du fait que les nombreuses références du moment à mon cher bien aimé ne sont pas du tout vouées à t'encourager à l'idôlatrer autant que tu m'idôlatres moi-même. Manquerait plus que ça que le Manu se mette à me piquer la vedette sur mon propre blog, non mais. Mais quand même, avoue qu'y a des fois où il fait des trucs tellement nazes de A à Z particuliers que cela mérite bien un billet. Et dans la série des trucs où Manu excelle, j'annonce : être spontanément attiré par les DVd de série B plus merdiques tu meurs.

Règle numéro 1 : Ne jamais laisser Manu s'aventurer tout seul à la borne de location de DVD

Quand Manu décide d'aller louer un DVD tout seul comme un grand, je lui laisse carte blanche. Ou devrais-je dire je lui laissais carte blanche, car maintenant c'est terminé hein, fini de déconner. Je préfère qu'il se cantonne à sa mission poubelle qu'il remplit quasiment avec brio (tiens, ça me fait penser à cette note à inscrire sur un post-it et à coller sur le frigo o l'occasion : "Mon petit Manu d'amour, sortir les poubelles une fois par semaine, c'est bien. Mais les sortir trois fois, c'est mieux. Sur ce, je t'aime". ) et qu'il évite de se disperser avec d'autres objectifs. Car pour en revenir à sa dernière expédition via la borne de location, voilà ce que ça a donné...

Comme nous avons souvent les mêmes goûts en matière de ciné et pas mal de références cultes en commun, comme nous partageons aussi pas mal de drôles de goûts (les films avec des gros monstres notamment, même si on a passé l'âge), j'étais plutôt sereine à l'idée de le voir s'aventurer seul auprès de la borne à DVD, tellement sereine que je ne lui ai même pas tenu rigueur des sacs poubelle oubliés dans la cuisine alors qu'ils auraient pu être déposés sur le trottoir au passage, bref. Et quand Manu est rentré avec son DVD sous le bras et nul sentiment d'avoir oublié quelque chose qui aurait l'allure d'un sac poubelle plein dans la cuisine, ça a donné ça :

"Mon petit rat, je nous ai ramené un film de science-fiction."

Petite parenthèse pour te faire remarquer que j'ai récemment chuté dans le bestiaire affectif. je passe de "poulet" à "rat", si ça continue comme ça il va finir par m'appeler sa mite ou son acarien. Bref, passons.

"Ah ben de la science-fiction, c'est bien ça." que j'ai dit. Sauf que je savais pas ce qui m'attendait.

"Ca s'appelle Sunshine. C'est l'histoire d'une équipe de spécialistes qui est envoyée dans l'espace pour envoyer une bombe dans le soleil.

- Une bombe ? Mais pourquoi ?

- Pour raviver le soleil qui menace de s'éteindre et sauver ainsi l'humanité d'une ère glaciaire et de sa destruction à court terme.

- Ah ok. Bon ben fais péter le DVD."

sunshine

Bon, que dire de Sunshine... Y a effectivement des spécialistes dans un vaisseau spatial. Y a effectivement un soleil qui menace de s'éteindre. Y a un bellâtre dans le rôle principal pour remonter le niveau mais ça suffit pas. Y a aussi un vilain méchant qu'on pige pas trop si c'est un homme, un fantôme, un mutant, un alien, ou un mix de tout ça. D'ailleurs y a pas mal d'autres trucs qu'on pige pas dans ce film. Enfin si, on les pige mais à la minute où on les comprend, on se rend compte que c'est désespérément con et du coup, on en vient à se demander si on a effectivement bien compris. Bref, si tu n'as pas vu Sunshine, je te conseille de courir dans une boutique de loc' de DVD et de louer de toute urgence un autre film. N'importe lequel mais pas celui-là. Enfin attends, je rectifie : n'importe lequel mais pas celui-là ni D-War. Ce qui nous amène au deuxième volet de cet article.

Règle n°2 : Toujours dissuader Manu d'acheter lui-même un DVD en promo

Des fois Manu il va à la Fnac. Ou chez Virgin, cet article n'étant pas sponsorisé, on peut bien citer les deux. Et moi j'aime bien quand il va faire des amplettes dans l'une de ces enseignes parce qu'il me ramène toujours un truc et que moi, je suis une sale enfant pourrie gâtée qui ne pense qu'à elle. Mais alors que je m'étais toujours dit "Ooooh, il est mignon, il me ramène toujours un livre pour me faire plaisir", j'en viens à reconsidérer la chose et à me demander finalement si je ne devrais pas plutôt remplacer "pour me faire plaisir" par "pour compenser le fait qu'il ait encore craqué pour un DVD de merde". Dernière expérience du genre en date : D-War, sous-titré La guerre des dragons. Rien qu'au titre, t'as peur. Allez avoue merde, ou bien sois sympa, fais au moins semblant.

"Mon poulet (youhou, j'ai repris du galon), je nous ai acheté un film pour ce soir.

- C'est quoi.

- D-War.

- ???

- Un film avec des dragons et des gros monstres.

- Ah. Mais c'est bizarre qu'on en ait jamais entendu parler de ce film, non ?

- Ben ouais, j'ai un vieux doute, c'est peut-être une merde.

- Sans blague...

- Ouais mais y a peut-être des gros monstres sympas.

- A voir... Mais bon, je suis pas convaincue hein, je veux pas dire mais je crois que t'as dépensé vingt euros dans une grosse merde.

- Tu crois ? (silence) Mais sinon je t'ai aussi acheté un manga porno !". 

Tu vois, qu'est-ce que je te disais...

dwar

Bref, on a maté D-War. Parce qu'on a pas peur, qu'on est des aventuriers, qu'on redoute ni les gros monstres ni les navets. Et D-War c'est... comment dire... c'est censé être un film mais dès la deuxième minute de visionnage, tu comprends que c'est une grosse daube. Parce que le héros à la tête de Big Jim se ballade avec un pendentif de vingt centimètres de long autour du cou, le truc qui pèse bien huit kilos à lui tout seul, et que personne il trouve ça louche même si toi t'as déjà pigé que ce naze devait être une sorte d'élu ou un truc dans le genre. C'est confirmé à la quatrième minute du film, ouais, ça traîne pas. C'est confirmé dans un récit plus original tu meurs : quand il était petit et pas encore beau, il se ballade chez un antiquaire et là, il passe devant un coffre qui se met à briller mystérieusement, d'une lumière tellement pas bien faite qu'on dirait que l'équipe technique s'est contentée de mettre un vieux spot au fond du coffre à défaut de pouvoir se payer de vrais effets spéciaux, et comme de par hasard, le vieil antiquaire lui annonce qu'il a le Shining est l'élu, le gardien de je ne sais quoi, qu'il fera de grandes choses sur terre quand l'heure sera venue. Et l'antiquaire il nous explique tout ça grâce à un flash back de la der qui nous renvoit quelque part en Asie dans un monde parallèle peuplé de gros vilains monstres, même qu'on y comprend rien vu qu'on arrive pas à régler les sous-titres sur le lecteur DVD, et même qu'on s'en tamponne tellement les explications semblent nulles et bourrées de clichés. Bref, en terme de clichés, dans ce film on est servis : il s'agit de retrouver une jeune fille qui a une tâche de naissance en forme de dragon sur l'épaule et, tu penses bien, on a beau être à Miami ou dans je ne sais plus quelle grande ville, bah comme de par hasard, le héros au collier moche il te retrouve la meuf en moins de deux et c'est même pas censé t'étonner. La suite, je sais même pas si ça vaut le coup que je te la raconte : un gros méchant serpent géant détruit la ville, les services secrets ont l'air aussi bien organisés que je ne le suis moi-même avec mes lessives, le scénario est truffé d'éléments tellement gros que même bourré t'y croirait pas et les clichés en tous genres, je ne t'en parle même pas. bref, moi j'ai capitulé au bout de trois quarts d'heure, ce qui est une belle performance compte tenu du calavire infligé à ma vue et à mes neurones. Je crois que je me suis barrée au moment où une pouf hurlait parce qu'elle voiyait le serpent géant boire l'eau dans sa piscine avant de la croquer. Mais Manu il a résisté. Probablement parce que ça lui faisait mal au cul d'avoir claqué vingt euros et des brouettes dans un DVD de merde et qu'il voulait l'amortir un minimum.

Mais quand il s'est pointée au lit, je lui ai quand même demandé par politesse et par curiosité :

"Alors, ça finit comment ?

- Comme le reste. Ca finit con.

- Ah.

- Demain tu peux le mettre en vente sur Ebay.

- Mais personne n'en voudra.

- ...

- ...

- N'empêche que j'ai hésité entre deux films qui étaient en promo ce jour là : celui-là et Hairspray de John Waters. Finalement, j'aurais dû prendre Hairspray."

Conclusion : Désormais, toujours rester fidèle aux règles 1 et 2 précédemment évoquées.

Maintenant, si toi aussi t'es un vrai aventurier qui n'a peur de rien, même pas de la médiocrité, tu peux cliquer ci-dessous pour mater les trailers de ces chefs d'oeuvre cinématographiques :

Edit : Aux lectrices exigeantes : j'ai suivi tenté de répondre à la requête de Vaness et des autres chiantes qui l'ont ramené à propos des paragraphes. voilà, en bonne élève, j'ai sauté des lignes pour que ce soit plus aéré et pour que vous ne vous fassiez pas d'entorse de l'oeil en lisant. J'espère que cela vous convient mais évitez quand même de trop la ramener sur le sujet car sinon, je vous dirigerai volontiers vers des blogs bourrés 'interligne où le moindre article fait une page minimum (si si ça existe, et c'est pire encore que le côté pavé compact).

Et puis aux lecteurs pas drôles qui se sont plaint du démarrage automatique de mes lecteurs de zic, je précise quand même que ça, c'est comme si vous débarquiez chez moi et que vous vous permettiez d'entrer dans mon salon en disant "Putain tu peux pas baisser ou arrêter ta musique, j'entends plus la zic de mon MP3 dans mes écouteurs". hé ouais, c'est tout pareil. Alors en l'occurence, comme ce blog c'est un peu mon salon si j'veux, ben je laisse la musique de bon goût à fond les bidons, et je m'en fous pas mal que t'aies déjà de la musique en fond sonore et que ça crée subitement un bordel sonore, t'as qu'à couper le son de ton PC comme l'aurait suggéré Montana le sage. Vous savez où est la sortie (mais revenez quand même car malgré tout, je suis une fille sympa).

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25 mai 2008

Cry Baby [Les films que si tu les connais pas, t'es qu'un gros naze]

crybaby

* Give me a K, give me a J, give me a B, K-JBi !*

Quand j'étais ado, les fantasmes sentimentaux de mes congénères Clearasilées et moi répondaient à une certaine logique. Cinématographiquement parlant, par exemple, il s'imposait comme une évidence même que le digne successeur de Johnny Castle, alors élu comme fantasme officiel et incontestable des 12-25 ans de l'époque, soit inévitablement le non moins excitant séduisant Wade Walker alias Cry Baby. Même que j'veux pas dire, mais comparé à Johnny Depp, le pauvre Patrick Swayze on s'est vite mises à le trouver complètement naze, pas si sexy que ça dans ses pantalons moulants blancs et finalement pas si photogénique. Sachant que la critique émanait d'une horde d'ado en furie cultivant la "mèche" rigidifiée par des litres de laque en spray, portant des sweat-shirt L.C. Waïkiki dont le simple souvenir de leur gamme de couleurs me rendrait presque aveugle, planquant leur appareil dentaire sous des sourires cons et leur acné juvénile sous de la crème teintée Biactol, j'avoue qu'avec le recul, c'est un rien risible. Mais allons bon, t'as jamais été ado toi ?

Bref, moi, j'ai été une ado des années 90 dans toute ma splendeur, livrée à mes pauvres parents avec toute la panoplie et évidemment propriétaire d'un sacro-saint cahier de texte illustré et annoté. Allez va, fais pas genre "je vois pas de quoi tu parles". Car si t'étais ado à la même époque que moi, t'étais o-bli-gée d'avoir un cahier de texte qui ne seravit pas uniquement à noter tes devoirs et consulter ton emploi du temps. Le cahier de texte, c'était le lieu d'échange de commentaires avec les copines, de barbouillages de poèmes à la con pour nos amoureux de l'époque et évidemment, de collage de photos de staaaaars trop méga vachement super craquantes. Et dans mon cahier de texte d'ado, à la première page, y avait, j'te le donne en mille, une photo de Johnny Depp découpée dans Téléstar, photo issue d'une scène de 21 Jumpstreet et que j'avais eu le mauvais goût la bonne idée d'entourer de stickers roses fluo pailletés en forme de coeur. Ouais, rien que ça. Dès que mon regard s'est posé sur le bellâtre de 21 Jumpstreet, la série super trop cool de l'époque, je peux te dire que je suis tombée amoureuse de lui, même que ça dure encore aujourd'hui et que je préfère pas te raconter l'effet qu'il me fait le Jack Sparrow. Bref, tout ça pour dire qu'après le Johnny Depp flic, quand on est tombées sur le johnny Depp rockeur et rebelle, on est juste tombées en transe mes copines ados et moi. C'est bien simple, c'est comme si le reste du monde n'existait plus tellement on était restées bloquées sur Wade Walker et sur ce film désormais culte qu'est Cry Baby. Moi j'étais la fan absolue, plus fan que mes copines, peut-être parce que j'étais la seule petite veinarde à avoir la vidéo de Cry Baby. d'ailleurs c'était ma revanche après des années passées à taxer la vidéo de Dirty dancing chez l'une et chez l'autre et à subir la frustration de ne pas posséder la B.O. du film. Ce coup-ci, la star, c'était moi, parce que moi j'avais la vidéo et, qui plus est, je pouvais me la péter grave en la ramenant toutes les deux minutes pour ramener ma science, comme par exemple enseigner à qui voulait l'entendre que le rôle de Tonton Belvédère était tenu par Iggy Pop, suite à quoi toutes les morues de mon âge demandaient évidemment "C'est qui Iggy Pop" avant que je ne réponde dans un soupir exaspéré "Pffff, vous connaissez rien" (bon en fait j'avoue qu'à l'époque, je connaissais pas non plus grand chose du brave Iggy si ce n'est que c'était une big rock star... Je devais juste dire merci à mon oncle pour m'avoir filé cette info qui faisait subitement de moi la fille la plus musicalement cultivée de la bande).

Bref, quittons un instant l'ambiance ado in love d'une star pour considérer le film un peu plus objectivement. franchement, Cry Baby, c'est un film que t'as pas le droit de pas aimer. Et Cry baby, faut bien le dire, à ma base c'est rien qu'un teen movie au scénario tout bidon : le méchant rockeur qui tombe amoureux de la jeune fille de bonne famille... et patati et patata et amour impossible et blablablabla et rencards clandestins et blablabla... Bref, un scenar à peu près aussi naze que Grease mais là encore, au final, ça donne un film qui est juste formidable. Déjà Cry Baby, c'est un film trop rock'n'roll où t'as droit à la totale dans le genre, pin up et bananes rockabilly, rockeurs tatoués et têtes de mort, ados rebelles et parents dépassés, la bonne recette classique quoi. Mais Cry Baby, c'est aussi un humour totalement décalé et supra efficace... hé oui, rappelle-toi toutes ces bonnes vieilles scènes, comme celle de la visite du centre d'adoption où les orphelins sont exposés dans des vitrines au milieu d'une mise en scène censée vanter leurs atouts, visite qui finit d'ailleurs par un kidnapping de faux-siamois en hélico... ralala, trop bon ce moment, et j'en ai rien à foutre que tu sois obligé de relire la phrase précédente trois fois pour tout piger et que tu cherches désespérément le comique de la chose, t'avais qu'à voir le film, comme tout le monde. Pis y avait aussi tous ces personnages trop bons comme Délit de Faciès, la blonde toute moche ou Wanda, la blonde toute bonne incarnée par l'ex porno star scandaleuse Traci Lords (Manu, essuie-moi ce filet de bave au coin de la bouche ), sans oublier la vieille Ramona et son mari Tonton Belvedère joué par Monsieur Iggy Pop, rien que ça. Bref, tu prends tous ces personnages trop cool, toute cette bonne ambiance rock'n'roll vintage, tout cet humour burlesque et décalé, t'y ajoutes une bande son carrément sympa et voilà, tu obtiens Cry baby, le film que tu te dois d'avoir vu au moins trente fois dans ta vie si tu veux pouvoir prétendre à une mort heureuse suite à une existence parfaitement comblée.

Bon allez, j'ai assez parlé merde, rien de tel qu'une bonne vieille petite séquence nostalgie avec quelques extraits.

Ca c'est le générique du début qui à lui tout seul vaut le détour (et qui, putain de merde, me donne trop envie de remater ce film que, dans mon infini malheur, je n'ai pas en DVD !!) :

Ca c'est la scène trop rock'n'roll du film, celle qui te donne envie d'adopter le rockabilly pin up style quand t'es ado tellement tu trouves ça cool (et là, maman pense à la façon dont sa fille se sape parfois et se dit : "Aaaaah, c'était donc ça !". tu vois maman, tout s'explique, fallait pas me laisser regarder Cry baby quand j'avais onze ans. Du coup, dis toi qu' un jour t'auras peut-être la réponse à mon inquiétante période néo-païenne post adolescence) :

Cette scène là, c'est la déclaration d'amour rock'n'roll et accessoirement, c'est une reprise des Crows, Oh Gee. Et là, on chante tous en choeur : "O-o-o-ohh Geeee, listen toooo meeee..." :

Là, c'est quand le pauvre Wade est en prison et qu'il joue de la gratte sur une guitare fabriquée avec un couvercle de boîte à chassures, la classe :

Et ça, c'est la scène des roulages de pelle et des pelotages devant laquelle nos bienveillants parents n'aimaient pas trop nous trouver (et tu t'en doutes, on voulait toutes être allongées sur la couverture à la place de cette pimbêche de blonde et se faire peloter le sein gauche par Wade) :

Voilà, je n'ajouterais rien, pas la peine ma foi, les commentatrices en furie ayant été ados dans les années 90 s'en chargeront à ma place. Ne dites pas "non" les filles, on a vu ce que ça a donné quand j'ai parlé de Dirty Dancing...

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04 avril 2008

[Les films que si tu les kiffes pas, t'y connais rien] Dirty Dancing

dirtydancing




Vas-y marre-toi. Ouais vas-y, fais-toi plais'. Dis que Dirty Dancing, c'est un pauvre film pour pré-ados, une comédie musicale pour gonzesses, un film pour collégiennes en mal de vintage. Je te contredirai pas complètement, vois-tu, dans le sens où Dirty Dancing, je l'ai découvert, comme beaucoup, quand j'étais en 6ème, que j'étais moche, affublée d'un appareil dentaire et d'une "mèche" modelée à la laque Studio Line de L'Oréal. Et à cette époque, Dirty Dancing c'était le film que nous les filles on se matait en boucle. Parce que Patrick Swayze, il était trop beau avec ses petites fesses moulées dans son pantalon de danse, parce que nous aussi on rêvait de troquer nos vacances familiales au Club Med contre un séjour à la pension Kellerman où les darons joueraient au golf tandis que nous, on deviendrait des déesses de la danse dans les bras du beau Johnny (avec qui, accessoirement, on ferait un peu l'amour aussi). Bref, avoir vu Dirty Dancing, dans les années 90, c'était le truc O-BLI-GE, le truc que si tu l'avais pas fait, t'étais pas digne d'avoir des copines. Et le top du top en ces temps lointains, le truc qui t'assurait d'être adulée et convoitée par toute la cour de récré, c'était d'avoir la cassette ou le CD de la BO du film. Moi, j'avais qu'un pauvre CD single, ma foi. Mais comme ma meilleur copine  d'alors était une petite veinarde qui s'était fait offrir la BO intégrale, j'ai vite eu droit à ma copie que j'écoutais en boucle dans ma mini-chaîne  (tu sais, ces mini-chaînes géantes...) entre deux épisodes de 21 Jumpstreet.

johnny_castle

Ben j'vais t'dire un truc, quand j'y pense, malgré le côté un rien niais du scénario, l'histoire à la Cendrillon de l'insignifiante petite touriste qui se retrouve soudainement danseuse professionnelle et, accessoirement, partenaire sexuelle officielle de Johnny Castle alias Patrick Swayze (la garce !), ce film, c'est quand même d'la bombe de balle (t'as vu comme je commence à bien maîtriser le langage djeun's ?!) niveau bande son. Et vingt ans après sa sortie, je te jure qu'il ne se passe pas une seule semaine sans que je ne m'écoute au moins l'un des titres de la BO de ce film que j'ai décidé de proclamer comme définitivement grandiose. Eh ouais, marre-toi, n'empêche que si on y regarde de près, Dirty Dancing, c'est quand même :

- Be my Baby des Ronettes et cette chanson, t'es pas humain si tu l'aimes pas. Allez va, clique pour mater l'original, c'est cadeau. Et t'as évidemment le droit de chanter : The night we met I knew I needed you so... Rolala, cette chanson je la veux à mon mariage (te marre pas, j'ai décidé en accord avec moi-même que, dans cette vie ou dans la prochaine, je ferai un vrai mariage d'amour avec rien que du rock'n'roll et du vintage) :

- L'incontournable Big girls don't cry de Frankie Valli and the Four Seasons (le groupe au nom à coucher dehors, je te l'accorde). Allez quoi, ose dire que t'as jamais chanté "Bi-ig girls, do-on' cry-aille-aille !!" sous ta douche ?! Allez, toi la trentenaire hystérique devant cette séquence souvenirs de quand t'étais ado, clique donc pour te faire le début du film !

- Stay de Maurice Williams and the Zodiacs. Cette chanson, elle me donne envie d'être amoureuse. Ou de faire du sexe, au choix. Et si tu cliques, tu peux t'écouter la version vynile (et peut-être avoir envie de faire du sexe, qui sait) :

- Dans Dirty Dancing, y a même du surf garage avec Wipe Out des Surfaris (tu sais, la scène où Bébé fait sa pouf en tournant du cul et en mettant du rouge à lèvres sur le pont, et en s'énervant tout rouge parce qu'elle arrive pas à reproduire les pas de danse que Johhny Castle lui a appris... Ce qui l'empêchera pas de le baiser quand même le Johnny, sale garce !) :

-  L'inoubliable, Cry to Me de Solomon Burke, la BO de la scène torride que toutes les filles de 14-16 ans rêvaient de vivre à mon époque, parce qu'on voulait toutes se faire caresser l'aisselle (et plus si affinités) par Johnny Castle comme cette gourde de bébé (personnellement, j'en rêve toujours) :

 









- Et peut-être ma préférée : Do you Love Me des Contours, BO de la scène qui a valu à quelques unes de mes copines de l'époque d'être interdites de Dirty Dancing parce qu'il paraîssait, selon certaines mamans soucieuses de préserver la candeur de leurs chères petites, que cette scène était scandaleuse avec tous ces corps qui se frottent. Moi j'avais du bol, Maman elle s'en foutait pas mal, elle allait pas m'interdire d'être fan ni de finir dépravée. Et si tu veux voir cette chanson interprétée par Bernadette avec les Flyin'Tartiflettes, tu peux aller sur son blog pour mater ça (et au passage, l'applaudir pour cette prestation scénique).



Bon, étant donné que j'ai été, une fois de plus, bienveillante et attentionnée à ton égard, te prodiguant plein de vidéos agrémentées de commentaires à la con, faisant revivre certains souvenirs de collège à mes consoeurs presque trentenaires, bref, avec tout ce que j'ai fait pour toi lecteur, j'estime que tu peux ENFIN me couvrir de cadeaux. Parce que c'est bien beau de m'envoyer des mails pour me dire que tu m'aimes (si si, c'est vrai !) ou de dire "si ce blog était payant, je serais prêt à filer quelques euros pour le lire" (ouais ouais, c'est çaaaa... pfff), la meilleure solution pour me faire part de ta gratitude et de ton infinie admiration pour ce blog plein de bonne musique, c'est de me faire des cadeaux. Comme par exemple ceux-ci, non sans rapport avec le sujet :

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Le t-shirt clin d'oeil à la scène où cette conne de Bébé trimballe des pastèques :

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Ce t-shirt qui dit "Johnny Castle taught me all my moves" et qui m'ira nettement mieux qu'à la pouf fille de la photo vu que moi je n'ai pas de seins trop gros en silicone.

Alors tu cliques sur les photo et tu me les prends en taille S. Et arrangez-vous pour me prendre les deux parce que j'arrive pas faire de choix.


Dernière minute qui n'a rien à voir : depuis l'ouverture de ce blog, un internaute persiste à faire appel à Google une à plusieurs fois par semaine pour lui demander une info. Et Google faisant mal son boulot, il atterit sur mon blog, le pauvre. En fait le mec, il cherche, je cite, "Le royaume des gros seins". La preuve :

motcl_s1

(Au passage, tu remarqueras à quel point mes mots-clés sont toujours aussi surprenants)

Bref, ce pauvre homme, ça fait des mois et des mois qu'il demande régulièrement au pote Google de lui trouver le royaume des gros seins mais ce con de Google, il aime bien les blagues, et au lieu de faire son boulot correctement, il l'envoit dans le mauvais royaume, le royaume d'une fille qui fait qu'un 90B (enfin... 90B+ depuis que Nahimage m'a appris qu'il existait désormais des demi-tailles de bonnet). Devant tant d'obstination, je me sens obligée de faire quelque chose pour ce lecteur dupé par son moteur de recherche. Cher lecteur atteri ici malgré toi, cours-y donc chez Boobpedia, l'encyclopédie en ligne consacrée aux gros seins. Y en a des gros, des très gros, des énormes, des qui dépassent l'entendement, des vrais, des faux... Bref, ça c'est du royaume des gros nichons ou je ne m'y connais pas. Tu peux me dire merci, ouais. Et pourquoi pas m'offrir un t-short comme suggéré ci-dessus, en remerciement pour cette délicate attention.


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15 novembre 2007

Hystérie télevisuelle et culottes mouillées : quand Eve fait sa fille de méga-base

Les vraies filles, elles sont nécessairement fans d'une ou plusieurs célébrités du grand ou du petit écran. Plus qu'être fans, elles fantasment littéralement dessus (d'ailleurs, il faudra que notre sociologue spécialisée dans l'étude de la tribu des filles-de-blogs-de-filles se penche sur la question et parcourt les blogs en question pour nous réveler les noms des stars objets de fantasme qui reviennent de façon récurrente) et trouvent des tonnes de défaut à cette poufiasse d'Angelina Jolie qui n'est pas si bonne que ça après tout, idem pour cette pouf de Monica Bellucci qui mérite pas de se faire Vincent Cassel (bande de sales jalouseuuuuuh !!). Et moi, moi qui passe mon temps à me plaindre des gonzesses, à trouver ça con à la base, une fille, ben moi, faut pas oublier que malgré tout, j'ai pas de zizi entre les jambes et que, théoriquement, je suis une fille 100% authentique. Alors tu penses, de temps en temps, mon côté fille ressurgit et prend le dessus. C'est plus fort que moi, ça fait partie de ma nature profonde, je ne peux pas lutter contre ça. Du coup, tu t'en doutes ( et tu te marres doucement d'avance, petit saligaud), je ne fais pas exception à la règle en matière de fantasmes télévisuels.

Ceci dit, je dois pas avoir les mêmes goûts que 90% des vraies filles, ça c'est un fait. Parce que Brad Pitt, je m'en tamponne royalement, et je ne te parle même pas de George Clooney qui me laisse de marbre, mais alors carrément. Moi je suis pas contrariante, je vais pas prendre le risque de me créper le chignon avec une autre femelle pour une improbable chance de baisouiller un jour avec Docteur Ross, Docteur Carter ou Docteur Shepherd (note avec quelle facilité les faux médecins excitent les femmes derrière leur petit écran), et pour tout dire, je serais bien incapable de dresser une liste des canons de beauté du moment. Mais attention hein, j'ai pas dit que moi je fantasmais pas sur un docteur : pour tout dire, je sors tout juste d'une passion dévorante pour cet enculé de Docteur House. Mais ayé, c'est fini, il m'excite plus le Docteur. Rrrrôôô, c'est bon hein, faites pas vos relous en fronçant les sourcils et en demandant sur un ton niais : "Gné, Docteur House ? t'es sûre ??". Oui oui, je suis sûre. J'ai fantasmé à mort sur Docteur House, le médecin chiant et méchant, misanthrope et sarcastique à souhait, le mal rasé gringalet qui boîte et se déplace avec une canne. Cherche pas...

Mais ça fait un moment que c'est fini entre Docteur House et moi. Et là, au moment où je t'écris, je sors d'un blocage total sur cette putain de série à la con : Esprits criminels. Cette série américaine (une de plus), elle a rien defranchement passionnant, rien. Et pourtant, je bloque à chaque fois. et devine pourquoi ? A cause du Docteur Reid !! Bon, cette fois c'est pas un docteur qui fait des piqûres. C'est rien qu'un surdoué incollable sur la psychologie des tueurs en série, qui lit plus vite que son ombre et a une culture encyclopédique. C'est le gringalet insignifiant de la série, pas celui sur lequel le commun des téléspectatrices sont censées fantasmer (pour ça, y a le black costaud et le brun ténébreux en costard). tant mieux, suis pas partageuse. Bon bref, y a pas si longtemps, après un squattage de canapé-TV, Manu et moi on tombe sur cette putain de série. Et là, quand paraît Docteur Reid à l'écran, le truc m'échappe évidemment (comme m'échappent des tonnes de trucs) : "Ce type m'excite". Scié le manu. "Hein, le tout naze là ? Le tout bidon ? Le... LUI là ??" " Oui, lui, le tout naze en chandail ringard avec des lunettes seventies qui lui vont très mal et des cheveux gominés de travers qui font limite cradingues. Bon, déjà à la base, j'ai un truc avec les maigrichons, avec les pas costauds quoi. J'aime pas les tout baraqués avec de gros bras et de grosses épaules qui t'écrasent quand ils te grimpent dessus ou qui te gachent la vue quand ils te prennent dans leurs bras. Le côté homme musclé et rassurant, je m'en tape, ça m'attire pas. Je préfère les gentils gringalets, enfin pas trop maigres non plus hein, s'agirait pas d'avoir le cul plat ou les os du bassin saillants (sans ça, adieu la position de l'amazone). Du coup, Docteur Reid, il entre tout à fait dans mes critères sélectifs.

Bon là, soit tu connais la série et t'as ton avis sur la question, soit tu connais pas et il te faut une putain de photo du Docteur ringard taillé comme une anguille. Alors en somme, Docteur Reid, ça donne ça :

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ou ça :

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Pis surtout, je viens de découvrir un truc à me trouer le cul (que je suis vulgaire quand je m'y mets, pfiou !) en allant consulter Google images : Docteur Reid, sans la panoplie d'intello ringard, ça donne ça :

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pis ça aussi :

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Conclusion : Docteur Reid, c'est où tu veux quand tu veux, et je dirai même plus : comme tu veux. Mais bon, tu me laisseras décider un peu quand même hein, parce que sinon on va pas être potes.

Voilà, ce billet est fini, c'était un pur sujet de fille de base, j'espère que vous me pardonnerez. En même temps, rien ne m'obligeait à vous pondre des billets d'avance pour vous occuper pendant mon absence. Par conséquent, la bienveillante Eve n'a pas à s'excuser, c'est à prendre ou à laisser.

Edit : A l'attention de Docteur House (car je sais de source sûre qu'il lit ce blog régulièrement) : House, c'est terminé entre nous. Alors lâche moi le slip, tu veux ? Non, pas ce slip-là, celui là tu peux le garder, je te le laisse en souvenir. Mais par pitié, arrête de m'appeler sans arrêt sinon j'te jure que j'appelle Bouygues pour changer de numéro. Te voilà prévenu.

Posté par _eve_ à 09:34 - Je kiffe mon petit écran - Commentaires [13] - Permalien [#]

02 novembre 2007

This is England

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Je vais de moins en moins au ciné. Non seulement parce que je manque de temps libre (je sais que je bosse pas mais n'empêche que le ciné avec une môme et un bébé, c'est carrément pas jouable) et, accessoirement, de thunes, mais aussi et surtout parce que quand je m'installe devant la toile, j'ai toujours la facheuse tendance d'en vouloir pour mon argent, autant dire que j'ai l'audace de m'attendre à chaque fois à un film exceptionnel. Evidemment, ce genre de surprise arrive rarement et, la plupart du temps, quand les lumières se rallument on se dit juste "Ouais... pas mal..." en pensant que si on avait su, on se serait contenté d'attendre sa sortie en DVD plutôt que de faire le déplacement jusqu'au ciné.

Du coup, le dernier film exceptionnel que je considère avoir vu, c'était Joe Strummer, the future is unwritten, superbe film documentaire sur Joe Strummer que seules 8 salles en France avaient décidé de diffuser à sa sortie, et pour lequel j'avais fait le déplacement jusqu'à Paris (on est fan ou on ne l'est pas). Et bien désormais, le dernier film exceptionnel en date n'est plus celui-là mais This is England, que j'ai eu l'occasion de découvrir récemment et qui est loin de m'avoir laissé sur ma faim.

This is England, c'est l'histoire d'une jeunesse perdue dans l'Angleterre des années 80, l'histoire des kids des quartiers populaires, préoccupés par un avenir incertain et par un quotidien guère passionnant. Dans ce panorama morose et grisâtre, Woody et sa bande d'amis, une poignée de skins et de punks nihilistes, traînent les rues en buvant des bières et se retrouvent dans de joyeux moments fondés sur une solide amitié et un respect sans faille pour chacun. C'est dans cet état d'esprit que Woody et ses acolytes décident de prendre sous leur aile Shaun, pré-ado torturé par la mort de son père aux Malouines et en pleine quête de reconnaissance. Transformé en vrai skinhead par ces nouveaux amis bienveillants, Shaun va découvrir avec joie l'appartenance à un clan, l'art de se "looker" comme les siens et partager des moments d'insouciance plein d'espoir avec ses nouveaux compagnons. Une perspective pleine de rires, de joie et d'optimisme qui va subitement être remise en cause par l'arrivée au sein du groupe de Combo, skinhead sordide et violent, possédé par l'idéologie raciste et extrêmiste du National Front. Parvenant à rallier quelques membres du groupe à sa cause haineuse, Combo devient le nouveau mentor de Shaun qu'il embarque dans sa "guerre", l'incitant à la haine raciale et à la violence et l'embarquant dans de sinistres opérations racistes.

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Un film qui s'intéresse donc principalement au mouvement skinhead dans l'Angleterre de 1983 et qui parle à juste titre de ceux que l'on assimile systématiquement, à mauvais escient, à des nazis. On y parle ainsi de ce mouvement qui, bien avant d'être associé à un regroupement politique, a été un mouvement culturel né de la rencontre entre les hard mods, jeunes prolétaires issus de la vague post psychédélique de la fin des années 60, qui ont adopté un look rappelant indéniablement la working class (vêtements de travail, chaussures de sécurité...), et les rude boys, immigrés jamaïcains pour la plupart, évoluant dans les mêmes quartiers. Rassemblés autour d'un même engouement pour la soul, le ska et le rocksteady, les hard mods et les rude boys deviennent skinheads, unis dans un même esprit d'amitié, de respect et de tolérance. Une réalité qu'il est à mon sens important de rappeler car si les mouvements néo-nazis ont par la suite adopté le look skinhead, ce qui a hélas valu à l'ensemble du mouvement d'être associé à l'extrême droite, son origine est en contradiction totale avec les idées reçues qui perdurent encore actuellement. (C'était la minute culturelle d'Eve, j'espère que t'as bien pris note).

Ceci étant dit, vous savez ce qu'il vous reste à faire : au lieu de claquer votre thune dans une comédie américaine à deux balles ou je ne sais quel autre navet, payez vous donc une entrée pour This is England, un film poignant et touchant, vraiment brillant, auquel il n'y a guère à reprocher si ce n'est, peut-être, une bande-son que l'on aurait pu éspérer un rien plus convaincante. Comme dirait Manu, grâce à qui j'ai découvert ce film, on regrette indéniablement que le film fasse notamment l'impasse sur This is England des Clash, eh ouais, c'est un fait.

Si je n'ai pas réussi à vous convaincre (et franchement, j'en doute), la bande-annonce y parviendra peut-être (dans tous les cas, clique donc, tête de nave !) :

Posté par _eve_ à 14:18 - Je kiffe mon petit écran - Commentaires [12] - Permalien [#]

17 juillet 2007

Joe Strummer, you're the one !

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Voilà quelques semaines qu'est sorti en salle le très attendu film documentaire sur Joe Strummer : Joe Strummer, the future is unwritten. Enfin, "sorti en salle", c'est un bien grand mot... Rigoureusement, il faudrait plutôt dire "sorti d'en quelques salles" pour ne pas dire "sorti dans 8 foutues salles, bordel !". Pour une fois qu'un truc génialissime sort au ciné, c'est quand même dingue de s'apercevoir que moins de dix salles en France le mettent à l'affiche. Je ne parlerai même pas de notre bon vieux cinéma messin dont le gérant se revendique carrément rock'n'roll et qui nous a fait l'affront de ne pas le mettre à l'affiche...

Bref, depuis le temps que je guettais la sortie de ce film, je ne vous parle pas de ma déception lorsqu'il m'a fallu constater que la salle la plus proche de chez moi, dans laquelle j'aurais pu voir ledit film, se trouvait à Strasbourg soit près de deux heures de route. Et deux heures de bagnole juste pour aller voir un film... merde, même si c'est pour Joe Strummer, ça reste deux foutues heures de route...! Par chance, la programmation d'une virée à Paris pour aller voir les Ettes en concert a été l'occasion de faire un détour par l'une des deux salles parisiennes diffusant le très attendu documentaire.

Du coup, ayé, j'ai ENFIN réussi à voir le film sur ce bon vieux Joe !! Pas grand monde dans la salle, c'était prévisible. Peu de jeunes (d'ailleurs après réflexion, j'étais peut-être bien la cadette des spectateurs), pas mal de gens ayant apparemment vécu la grande époque des Clash à la fin des années 70, époque à laquelle je n'étais encore que dalle, même pas un foutu embryon (oserais-je reprendre l'expression de mon bien-aimé papa : "à l'époque où t'étais encore dans les couilles de ton père !") puisqu'il m'aura fallu attendre les années 80 pour débarquer. Silence, obscurité, le film commence, ça déconne pas... Eve, range ton Coca. Manu, éteins ton portable. C'est l'heure de Joe Strummer, c'est du sérieux... Joe apparaît à l'écran, en studio, casque sur les oreilles, très concentré. "And everybody's doing, just what they're told to..." Pas de musique, juste sa voix. "And nobody wants to go to jail". Et là, v'là pas que la musique débarque à fond dans les oreilles de ce bon vieux public : "White riot, I wanna a riot ! White riot, a riot of my own !". Et à ce moment-là, croyez moi ou pas, en même temps que tu gères le frisson qui te submerge tout-à-coup, tu te cramponnes à ton siège pour réfréner l'envie de te lever en secouant la tête et de gueuler "I wanna a riot !" . Alors tu te contentes de secouer gentiment la tête et d'agiter les jambes frénétiquement parce que, merde, t'es dans un cinéma, pas à un concert, et qu'à part toi (et ton voisin à peu près aussi dingue que toi), personne n'a l'air pris d'une subite fièvre pogoteuse autour de toi.

Je ne vais pas m'attarder sur ce film qui est juste formidable et qu'il faut voir (bougez-vous le cul ou attendez sa sortie en DVD, au choix) et dont je viens de vous narrer l'un des moments forts. eh oui, c'est pas génial ça, un film qui démarre sur un moment fort ?!! Deuxième moment fort, quand Mick Jones est invité sur scène à un concert de Joe Strummer and the Mescaleros pour une ultime reprise des Clash. Là, t'enrages en te disant que t'aimerais bien être à la place de ce foutu public plutôt que le cul vissé à un siège de ciné. Dommage Eve, mais c'est la vie : t'étais trop jeune pour voir Joe Strummer sur scène, tes parents auraient pu mais ont préféré ignorer la vague de rock'n'roll propre à leurs vingt ans ("Qui ça ? Joe qui ??" "- Joe Strummer maman !" "- Ah. Connais pas..."), pauvre d'eux. Et pauvre de toi. La vie est faite d'injustices et de frustrations, c'est comme ça.

Voilà, je vous ai fait part des deux moments forts du film (élus à l'unanimité "moments époustouflants du film" par un jury composé de Manu et moi-même). Pour la suite, y a plus qu'à attendre la sortie du DVD, pour les riches, ou bien, pour les pauvres, à caresser la Mule dans le sens du poil pour le télécharger gratos sur le net d'ici peu.

Sur ce je vous laisse pour une petite sieste histoire de me remettre de mon petit week-end rock'n'roll fort sympathique mais, l'air de rien, épuisant ma foi. J'ai mis les Clash en boucle pour m'aider à m'endormir. Joe, you're the one !

Posté par _eve_ à 17:02 - Je kiffe mon petit écran - Commentaires [0] - Permalien [#]
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