Ma vie rock'n'roll

"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

17 février 2008

Atelier d'écriture : je fais un truc utile et je sociabilise

plume

Depuis que je suis à nouveau sans job (eh ouais, c'est moche), j'ai la vague impression d'être une petite merde dans ce vaste monde et de ne rien faire de productif ou d'un tant soit peu utile et digne d'intérêt. Je fais les courses, je range l'appart, je fais le ménage et la lessive, je m'occupe des gosses, les emmène en ballade, je lis des livres pas toujours très intelligents (merci Manu de m'avoir ramené Harry Peloteur et la braguette magique lors de ta dernière virée à la Fnac... même moi j'aurais pas osé), je tue le temps parfois. Du coup, quand je suis allée à la boulangerie et que j'ai chopé un flyer annonçant la création d'un atelier écriture dans ma ville, je me suis dit "ouaich, pourquoi pas".

Faut dire que les ateliers d'écriture, c'est un truc qui m'a toujours branché mais où je n'ai jamais osé mettre les pieds, convaincue que j'allais me retrouver au milieu de vieilles personnes très cultivées et de pseudo poètes ratés et, par conséquent, passer un moment infiniment chiant qui risquerait de me dégouter à jamais de ce genre d'activité. Mais cette fois, en l'occurrence, c'est un bar qui organise le truc. Qui dit bar dit bière, convivialité, gens un peu underground... Alors du coup, je me suis dit que ça pourrait être cool de tuer le temps intelligemment tout en travaillant mon aptitude à sociabiliser avec mes semblables. Je me suis donc inscrite, racolant au passage mon pote Zaft en me disant qu'il valait mieux y aller accompagné d'un gens sympa et rock'n'roll plutôt que toute seule et que comme ça, au pire, si l'atelier s'avérait être totalement naze, on pourrait toujours se rabattre sur le bar et boire des bières en se racontant qu'on est tellement plus imaginatifs et talentueux que le commun des mortels qu'on ne peut s'intégrer à un groupe.

Armés de nos cahiers tout neufs et de nos stylos, on s'est donc pointés dans ce rade, anxieux comme deux écoliers un jour de rentrée, en se rassurant comme on pouvait :

"Bon, Zaft, si c'est vraiment naze, qu'est-ce qu'on fait ?
- On se casse.
- Ouais. Ou bien on se tape des bières"
.

On est entrés, l'air de rien. On s'est postés au bar, l'air de rien. On a fait genre "On vient juste boire une bière, on n'est même pas au courant qu'il y a un atelier d'écriture entre ces quatre murs bien qu'on se soit inscrits y a quelques jours." On a vu des gens entrer, des gens différents, des jeunes et des moins jeunes, des qui ont une paire de couilles et des qui ont un utérus, des blondes et des brunes, des qui ont l'air cool et des qui ont l'air... naaaaan, comme dirait Zaft : on les connaît pas assez pour pouvoir se permettre de les critiquer. Ce qui n'empêche pas de se faire un avis aussi prématuré que superficiel sur chaque membre du groupe, parce que faites pas genre les autres, mais vous m'avez déjà cataloguée comme la jeune conne plus si jeune mais apparemment conne, celle qui ose porter des souliers roses sur des chaussettes à tête de mort et passer la séance à écrire en buvant de la bière, planquée dans sa veste en peau de léopard.

Zaft et moi, on espérait qu'un truc, c'est que la séance ne démarre pas par les putains de présentations de rigueur, à la manière des participants aux groupes de parole des alcooliques anonymes. Parce que je sais pas comment j'aurais pu me décrire en deux mots tiens... "Bonjour, je suis Eve, je suis rédactrice au chômage et non indemnisée, je suis donc pauvre, ce qui ne m'empêche pas, comme vous pouvez le constater, de claquer du fric pour une bière ou plus. Ah oui, et puis aussi : j'aime pas les gens en général, mais je me soigne. Et promis, je suis pas si méchante que j'en ai l'air. Et oui, j'ai des chaussures roses. Et si ça te dérange ou te fait marrer, sache que mes chaussures t'emmerdent !". Mais par chance, on n'a pas eu besoin de se présenter, ce qui est définitivement une bonne chose.

Y a eu un premier exercice marrant pour chauffer les plumes, qui consistait à compléter la phrase : "Penser à leur dire que..." et qui a donné lieu à des trucs très sympas et inattendus de la part de tout le monde. Moi, j'ai évidemment fait dans le très glamour genre "penser à leur dire que j'ai pas grand chose à dire", "penser à leur dire que j'ai pas fait ma vaisselle ce matin et que j'ai même pas honte" et 'penser à leur dire que la bière, c'est bon pour le teint". Et Zaft il a été au moins aussi bon avec "penser à leur dire que les tâches sur le canapé, c'est pas ce à quoi ils pensent" (mais putain, c'est quoi ces tâches sur ton canapé ??"). Mais c'est lors de l'exercice suivant qu'on a compris qu'on était définitivement les deux seules tâches rock'n'roll de l'assemblée (à vrai dire, on s'en doutait déjà quand on a constaté qu'on était les deux seuls à boire et reboire des bières tandis que les autres tournaient au café ou avaient la bouche sèche)...

D'abord, il a fallu choisir un thème de son choix et en rédiger le champ lexical. Zaft, il a pris le rock, comme de par hasard, et moi j'ai pris la bière, pour pas faire compliqué. Comme des élèves appliqués, on a dressé nos listes de mots quand est tombée la consigne : dresser un portrait à partir de ce champ lexical. Autant dire que décrire un visage à partir du champ lexical de la bière, c'est pas méga simple. Mais fallait faire avec et avec mes conneries, j'étais un peu dans la merde quand même... :

"Hé dis, comment je peux caser "houblon" dans ma description ?? Et sinon, où je case "mousse" et "blonde" ?? Tu crois que ça craint si je parle de "la mousse blonde de ses cheveux" ??!!
-
(Zaft, mort de rire) Ben chais pas moi... "mousse blonde de ses cheveux"...?!
- Ca craint hein... Nan sérieux, ça l'fait pas, j'peux quand même pas oser...
- Bah, tu sais, au début ça me faisait drôle, mais finalement on s'habitue... "mousse blonde de ses cheveux", ça sonne pas si mal...
".

Tu l'auras compris, lecteur, l'atelier d'écriture, ça rigole pas. On y bosse pour de vrai, même que des fois, c'est pas si simple. Mais on s'en sort tous quand même parce qu'on est rien que des gens très talentueux (oh putain, je viens de faire un compliment qui ne s'adresse pas qu'à moi !). Du coup, j'y retourne samedi prochain, parce que les gens y z'ont l'air sympas, parce que c'est cool d'écrire même si on écrit parfois des trucs de naze, parce qu'avec le Zaft on rigole bien pis parce que j'aime bien me dire que j'ai une activité récurrente dans mon emploi du temps de désoeuvrée à qui personne veut donner de boulot (je ne parlerai pas des enculés qui proposent de m'embaucher comme pigiste, rémunérée 1 euro l'article... no comment...).

Attention, ce qui va suivre s'appelle "la minute publicitaire" :

L'atelier d'écriture en question, c'est "La Plume Vache" et ça se passe à L'Emile Vache, rue des Allemands à, Metz, tous les samedis de 16 h 30 à 18 h. Voilà, c'est dit.

emile

Posté par _eve_ à 14:43 - Je traîne dans les bars - Commentaires [5] - Permalien [#]

11 novembre 2007

Le verre de trop

Bon, j'admets que j'ai pas été marrante ces derniers jours. Je vous ai d'ailleurs pondu deux fois de suite des billets de merde avec pas grand chose à dire, sans compter les nombreuses petites merdes qui ont précédé histoire de faire du remplissage de blog, vite fait bien fait. Comme quoi, t'es vraiment un gentil lecteur parce que t'as pas moufté, sans doute un peu aussi dans le but de ne pas me contrarier. Bref, tout ça pour dire que comme t'as été sage et patient, t'as bien mérité un billet digne de ce nom, un billet où ça déconne pas, où y a des révélations pas glorieuses sur ma vie de merde et où y a même des photos pas troubles ! (j'ai prononcé trois fois le mot "merde" au cours de ce paragraphe. Dieu, que je suis vulgaire...)

Cette semaine, ayant été sans enfants pendant une soirée, j'avais prévu de faire une petite virée amicale au bar pour voir un concert avec mes gentils potes. La soirée commençait bien : Manu s'était chargé de choper les billets en prévente pour tout le monde, mes fonds de sacs à mains rassemblés constituaient suffisamment de piécettes pour payer une ou deux tournées (pour une fois... parce que d'habitude, c'est jamais moi qui paye), Denis avait l'air en forme (comme d'hab) et Laurent, qui annule toujours les rancards au bar d'habitude, était bel et bien de sortie dans la grande ville et donc disposé à boire des bières. C'est donc toute guillerette que je suis sortie de chez moi dans mon wonderful pantalon léopard rouge pour rejoindre mes nazes au QG du moment :

"Allô Denis ?! Wannagain ! Où c'est qu'ten est ?! (avec l'accent sur le "en"... Eh oui, ici on parle le Lorrain)

- Wannagain ! J'arrive au parking là.

- Bon ben moi aussi.

- OK, si je vois une pouf en peau de léopard j'évite de lui rouler dessus alors...".

La pouf en léopard (c'est moi, au cas où tu serais carrément con et que t'aurais pas suivi) et le Denis qui avait oublié son chapeau de cow boy (cherche pas, on est des dingues) se mettent en route, en quête du reste des nazes. Arrivée au bar : y a du monde, beaucoup de monde, pas mal de djeun's, mais pas tant que ça au final, c'est donc carrément supportable. Y a de tout : y a des punks, y a des skins, y a des emo boys, y a des Avril Lavigne dans toute leur splendeur, y a des hippies, y a des qui ont rien à voir mais qui sont là quand même, pis y a nous. Tout ce petit monde envahit la zone très réduite consacrée au public afin de s'assurrer une bonne place pour le concert. Nous on s'en fout, on fonce direct tout au bout du bar et c'est limite si on sort pas nos mousqueton pour s'y accrocher parce que crois-moi, le bout du bar, on le lâche pas jusqu'à la fin de la soirée. Le bout du bar est une très bonne place où tu vois les gens sans forcément être vu et om, par conséquent, on te fout royalement la paix, bien que tu fasses un rien chier les employés à squatter en plein dans le passage. Y a Denis qui paye une tournée, cinq bières et un martini pour la pouf (qui a décidé d'arrêter la bière sous prétexte que ça fait mal au bide). Y a Laurent qui débarque et, comme à chaque fois, c'est Noël avant l'heure : un DVD de Social Distortion pour la Eve ainsi qu'un putain de CD des Rezillos, cherche pas, j'suis bien vue comme disent les autres (qui sont rien que des jaloux et qui voudraient bien avoir un super pote qui leur file des CD à la pelle, eux aussi).

Alors évidemment, on tape la première tournée. Pis on en remet une deuxième, vu que Laurent vient de débouler. Et Laurent, ben il est tellement content qu'on boive enfin des coups ensemble qu'il en remet une à son tour. Et coup de bol, la serveuse oublie de nous encaisser. On dit rien, tu penses, et on chambre Laurent que du coup, il en doit toujours une, de tournée. Alors il en paye une. Pis moi, comme j'en ai marre d'être tout le temps celle qui a pas de sous pour payer, ben pour une fois j'en paye une, même deux. Pis pour qu'y ait pas de jaloux, Manu en paye une aussi, puis Ouin-Ouin, puis JB et Nico, et même Gillou et si tu sais compter, ben rien que là on en est déjà à onze, ouais je sais, ça craint. A ce stade, la bouteille de Martini blanc est vide alors je me rabats sur du putain de Soho qui pue le litchee parce que la bière, non franchement je la sens pas. Y a Guérilla Poubelle qui bourrine sur scène, on voit que dalle et on s'en fout, nous on trinque comme des dingues et on se marre pour rien. On mate les filles, on en critique beaucoup, on fait nos commères de comptoir, on écoute les toutes bourrées qui s'énervent pour un rien et leurs copines qui essayent de les raisonner, on défend notre sacro-sainte place au bar quand les jeunes cons se ruent pour boire entre deux morceaux. Pis comme on est un rien bourrés, on répète souvent la même chose genre Laurent qui m'a demandé cinq fois si il m'avait bien filé les CD et le DVD (t'inquiète pas Laurent, tu me les a bien filés) ou comme moi qui ai répété au moins dix fois à un type originaire du même bled que moi que je me rappelais de lui et de la fenêtre de sa chambre qui crachait les Sex Pistols à fond en plein après-midi quand j'avais huit ans.

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Avec Denis et Laurent, même pas bourrés

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Avec les mêmes, un peu bourrés...

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Denis parti pisser, et nous toujours debout...

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Bon, là j'dis pas, ptetr qu'on était un peu torchés...

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Et là, c'est la der des der.

Bon, tu l'auras compris, sortir et picoler, c'est déjà sacrément risqué à la base mais quand tu te retrouves quelque part où tu passes ton temps à tomber sur des gens que tu connais, plus ou moins vaguement, t'en finis plus de te faire payer des verres. Et c'est dans ce contexte que survient le fameux verre de trop. Le verre de trop, c'est le verre que, quand tu le vois arriver sur le bar, tu devrais refuser d'office. A peine tu le vois que déjà tu te dis : celui-là si je le bois, je dégueule. Mais va savoir pourquoi, ce verre-là, neuf fois sur dix, tu le bois quand même. Pis si t'es totalement dingue, t'en bois même un ou deux autres derrière. bref, moi ça allait bien, tout le monde allait bien d'ailleurs. Je commençais à devenir un peu relou en bassinant tout le monde avec l'absolue nécessité de monter un groupe punk 77 sur Metz pour nous sauver du chaos musical actuel, et Laurent répétait en boucle que son nouveau groupe, Barbie's Dead, allait déchirer sa race en matière de punk rock 77, que j'allais adorer, et Denis lui il disait qu'on devrait monter un groupe même si y a que lui qui sait jouer d'un instrument (et mal, comme il dit). Bref, des bonnes conversations de bourrés qui volent pas haut.

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Laurent et Caps

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Pis bon, au bout d'un moment y a bien fallu envisager de rentrer. Parce que le concert était fini, qu'on était plus qu'une poignée de résistants au bar et que la tête commençait à faire méchamment mal. Mais comme on finit jamais une soirée comme ça, sans passer par une ultime étape, on a décidé de faire escale chez Ouin-Ouin pour le dernier thé/pétard de l'amitié (le thé, c'est pour les gens bien comme moi qui fument pas de marie-jeanne).

On marchait pas droit dans la rue, avec Manu, en direction de notre objectif. On arrive devant un immeuble :

"Manu, t'es sûr que c'est là ?

- Ben oui c'est ici. Merde c'est fermé. pis merde y a plein de sonnettes. Je vois pas son nom... Bon ben je vais sonner partout..."

Un mec nous ouvre la porte, un au moins aussi bourré que nous.

"Tu montes toi aussi ? (Ouais, faut savoir que Ouin-Ouin il est sociable dans son style, et c'est bien le genre à racoler des inconnus en pleine rue pour leur payer un verre chez lui, cherche pas il est comme ça...)

- Ouais mais y a encore personne.

- Ah ouais ?

- Ben ils vont pas tarder à arriver.

- Ah."

Et Manu monte. Et Eve reconnaît pas bien l'endroit. pourquoi y a plein de portes alors que normalement, y a juste la porte à ouin Ouin  ?? Pis d'où elle vient cette frise moche sur les murs ? mais Manu, il s'aprête à franchir la porte juste en face...

"Euuuhhh, Manu, on s'est trompés de maison je crois...

- Hein ?! (rapide coup d'oeil sur le décor) Ah ouais merde. Bon ben on se casse".

Rho les cons. On s'est trompé de rue, on a osé. On s'est gourré d'immeuble, on a osé. On a réveillé tous les voisins en sonnant chez eux à pas d'heure, on a osé aussi. On a manqué d'entrer chez de parfaits inconnus en pleine nuit, même ça on a osé. y a pas à dire, on est des bons gros nazes quand on s'y met, et y en a pas un pour rattraper l'autre. Bon, finalement on a réussi à trouver la bonne maison, celle du vrai Ouin-ouin avec une seule porte et une seule sonnette. Et là, ben le verre de trop a pris sa revanche. Et Eve a fini direct la tête dans la cuvette des chiottes, ça faisait longtemps tiens (je compte pas la gastro récente). et Manu, il a bien pris soin de moi en venant régulièrement me coacher genre : "Vas-y poulet, gerbe, gerbe tout ce que tu peux, gerbe de toutes tes forces !!". Jusqu'à ce que ça donne ça : "Allez poulet... ça va aller... faut que tu gerbes tout ton Soho... ça va aller... mais moi ça va plus... blurps... pousse-toi des chiottes faut qu'je gerbe !!!! "- Naaaaaan j'peux paaaaaaas... T'as qu'à prendre le lavabo".

Comme tu l'as pigé, cette scène fut d'un romantisme inouïe, chacun gerbant sa picole dans son coin, en choeur. On a fini tous les deux étalés sur le carrelage et on a pioncé là, comme des larves, avant de se réveiller quelques heures plus tard et de réussir à nous hisser jusqu'au pieu, abandonnant Ouin-Ouin et son appart à notre gerbe même pas rincée (sérieux j'ai honte, pardon Ouin).

La bonne nouvelle, c'est que depuis ce soir-là, je ne bois plus d'alcool. Vas-y, marre-toi, dis-toi que ça va pas durer. Que dalle ouais, désormais c'est Coca et Perrier, moi j'te l'dis ! parce que dans le genre je cumule, t'as pas oublié que j'avais eu une gastro tout récemment... ben après la cuite, quand mon petit bidon et ma tête étaient enfin remis, cette foutue gastro s'est repointée pour une grosse totale à savoir fièvre et vidange par tous les trous (moi poétesse au cas où t'aurais pas encore remarqué). Donc voilà, l'acool etmoi, this is the end !! Pleure pas la blonde, le week-end prochain, tu me payeras une bière sans alcool pour faire semblant...

Bon, je termine quand même sur une page de pub de la plus haute importance. Vous avez pu assouvir votre curiosité en matant les photos de cette soirée très privée où j'étais presque pas bourrée. et dessus, vous avez reconnus (pour les cultivés) ou pas reconnus (pour les non punk rockeurs), Caps et Laurent des Charge 69. Alors parlons-en de Charge 69 : ils viennent de sortir leur nouvel album, Conflit Interne, et j'te raconte pas comme ils ont bossé comme des dingues pour le pondre. Et du coup, ça donne un album très bien conçu et très travaillé, du pur Charge comme on l'aime bien, du pas nouveau mais toujours efficace. Alors tu sais quoi, au lieu de dépenser ta thune dans des clopes, du vernis à ongles ou des putes, achète donc leur CD, et plus vite que ça !

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Ah oui, pis tant qu'à faire, une autre page de pub à l'attention des lectrices célibataires. Mon ami Ouin-Ouin qui est super trop cool et qui ramasse la gerbe des potes sans rechigner, et qui fait aussi super bien les croque monsieur, ben il est libre et il cherche une gentille fille pour l'acompagner en concerts et plus si affinités. Envoyez-moi vos candidatures sur ma boîte mail avec photo (la lettre de motiv et le CV, on s'en tape), bande de petites veinardes, je ferai suivre.

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Avec the casquette, this is Ouin-Ouin.

   

Posté par _eve_ à 13:34 - Je traîne dans les bars - Commentaires [8] - Permalien [#]

09 octobre 2007

Commère de comptoirs

bar

Dans les bars, il y a plusieurs catégories de personnes :

- les qui boivent trop et qui parlent fort,

- les qui picolent tranquillement en regardant droit devant eux,

- les qui boivent un café entre eux en parlant à voix basse,

- les qui sont là pour voir et se faire voir,

- les qui disent rien mais qui n'en ratent pas moins.

Moi, j'appartiens à cette dernière catégorie. Je suis de ceux qu'on ne remarque même pas dans un bar car ni bruyante ni souriante, du genre qui fait durer son verre longtemps, qui dit rien et qui fait rien d'autre que mater et écouter les gens. Mes potes disent de moi que je suis une commère de comptoir et me comparent à ces petites vieilles qui passent leur temps à mater les passants depuis leur banc ou à observer la rue derrière leur fenêtre. Sauf que moi, je ne me planque pas derrière mes rideaux, je ne me cache pas de ma tendance au matage et à l'éoute des bribes de conversations environnantes. Je suis une observatrice, y a pas de quoi s'en cacher. Je regarde et j'écoute les gens sans m'en lasser parce que tu sais quoi, ben les gens, t'as vite fait de les cerner sitôt que tu te mets à les observer. C'est un peu comme si j'étais une ethnologue perdue au milieu d'une peuplade inconnue dont je devais mettre en avant les caractéristiques et habitudes. en plus, avec mes belles fringues léopard, je suis quasi-certaine de me fondre dans la jungle sans être repérée (no comment please).

Compte-rendu de l'observation d'un échantillon de faune urbaine :

Date et lieu : un samedi soir comme tant d'autres dans un bar-concert de la ville.

- Une grande brune au bar. Pas très gracieuse mais tape à l'oeil. Habillée comme en été malgré un temps automnal et un froid certain. Ne cesse d'enfiler et de retirer un gros gilet en laine car il est clair qu'avec son dos nu, elle se caille les miches la pauvresse. Elle drague le patron du bar et croit qu'on s'en rend pas compte, et puis l'un des serveurs aussi. A chaque fois qu'elle se lève de son tabouret pour aller pisser ou autre, elle se sent obligée de faire deux ou trois mauvais pas de danse en se tortillant lamentablement lorsqu'elle passe à côté d'une table occupée par deux de ses copines. Le genre de fille qui passe son temps à en faire des tonnes et ces filles-là, c'est du genre naze au pieu qui essaye de se la jouer sensuelle comme elle peut. Et au bar, elle passe son temps à enlever ses tongues dans un geste supposé être sexy, en caressant sa cheville du bout de son pied. Ce que les autres n'ont pas remarqué, c'est que la demoiselle a les pieds carrément dégueulasses, qu'au lieu de se pavaner en tenue estivale au risque de choper une sacrée crève, elle ferait mieux de prendre une douche, la grognasse.

- Une bande de hippies surlookés également au bar. Les filles ont toutes des foulards dans les cheveux et de gros bracelets qui font "ding-ding" à chaque fois qu'elles font un mouvement. Ils ne commandent que des téquila frappées et appellent évidemment ça des "téquilas paf", comme les djeun's. Ils gueulent fort et prennent leur temps pour frapper leur verre contre le comptoir, histoire de se donner gentiment en spectacle, tant qu'à faire. Ils ont même demandé des rondelles de citron, pour faire comme les vrais, mais la plupart d'entre eux n'en consomme finalement pas, parce que le citron, bah ouais, c'est acide quand même. Il ne manque plus que le sel saupoudré sur la main puis léché avant d'ingurgiter la téquila qui mousse et on retombe en plein trip adolescent. Pourtant, ils ne sont pas si jeunes que ça, mais ils me font penser à moi quand j'avais seize ans.

- Un groupe de mecs tout bourrés sort du restau qui fait face au bar et vient se poster au comptoir. Ca sent les gros relous venus mettre de la mauvaise ambiance et faire chier tout le monde. Le plus lourd et le plus moche du lot va se frotter contre la brune aux pieds crades qui se la joue sociable et fait quelques pas de danse avec lui. Elle, c'est le type même de la gonzesse qui se sent obligée de s'entourer de mecs pour se donner l'illusion d'être absolument irrésistible. Lui, c'est le type même du gros bourré qui n'a rien à perdre et qui se frotte à tout ce qui bouge (sans s'attarder, évidemment, sur l'hygiène des orteils). Le groupe vide ses bières et se casse. J'ai manqué de perspicacité, ils n'ont finalement fait chier personne.

- Un type tout seul au bar qui commande une bière en scrutant nerveusement la foule dans l'espoir d'y repérer un visage familier. Ca, c'est un spécimen de l'espèce solitaire désespéré. Solitaire car généralement con ou alcoolo, ou souvent les deux, cas social dans l'âme, du genre qui prétend connaître tout le quartier mais que personne ne se vante de connaître. Il passe sont temps à essayer de se glisser dans les conversations des gens, en vain. Alors il boit encore quelques chopines et se barre, tout seul.

- Un couple qui a l'air de ne se connaître que depuis peu. Peut-être pas vraiment un couple, d'ailleurs, juste un mec et une femme rencontrés sur Meetic ou ailleurs, qui viennent de se payer un bon petit restau pour faire connaissance et qui prolongent ce premier contact autour d'un verre parce que ça se fait pas trop de rentrer baiser direct. Ils ne se parlent guère mais se sourient beaucoup, ont souvent l'air embarassés, tripotent nerveusement le pied de leur verre et traversent souvent des périodes de silence prolongées qui les mettent mal à l'aise avant que l'un des deux ne se décide à briser la glace en posant une nouvelle question futile. Il balance frénétiquement son genou  de droite à gauche en une sorte de tic nerveux, elle passe son temps à regarder autour d'elle et à passer sa main dans ses cheveux. Ils sont mignons mais en même temps, leur malaise manifeste m'exaspère. J'ai juste envie de leur dire de rentrer vite fait et de baiser comme il se doit plutôt que de saturer l'air en nervosité en squattant tristement leurs foutues chaises de bar.

- Le groupe de mecs se repointe, genre carrément pas cool, commence à faire chier le monde et à chercher la merde au premier venu. Les gaillards ne tardent pas à se faire jeter du bar par les serveurs. Finalement, j'avais vu juste : c'était bien des spécimens du genre relou-bourré-là-pour-faire-chier-le-monde.

Un jour, je te ferai aussi le compte-rendu d'une séance d'observation un dimanche, à l'heure de l'apéro. Y a moins de pétasses, plus de cas sociaux et en prime, y a les trans' qui font leur business derrière le comptoir. Je t'assure, c'est absolument passionnant d'observer les gens.

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07 octobre 2007

Les gros relous bourrés en rut

satyre

Source photo

Tu te rappelles, y a pas si longtemps, je t'ai parlé de la misère sexuelle des gens, de ces pauvres êtres humains dont la détresse sexuelle était tellement réelle que quoi qu'ils fassent, ils ne parvenaient plus à cacher leur envie furieuse de baiser à tout prix. Bref, je t'en parlais en te faisant part de la lamentable rencontre que j'avais faite avec un spécimen du genre qui m'a tenu la jambe pendant cinq minutes en me matant des pieds à la tête comme si il se demandait toutes les secondes de quoi j'ai l'air à poil.

Hier soir, nouvel épisode de tristesse sexuelle couplé cette fois d'un éthylisme certain qui, tu t'en doutes, rend le crève-la-nique encore plus ingérable et insupportable que l'abstincence ne le rend à la base. Ce qui suit est une scène 100% authentique (j'ai des témoins !) digne des plus grands moments auxquels tu peux t'attendre un samedi soir dans un bar :

Moi, à une table avec mes nazes et ma copine qui parle fort. Arrivée du relou tout bourré en rut au comptoir. Nos quatres paires d'yeux baissés sur la table pour tenter d'esquiver le relou, qui est une connaissance, hélas, et qui scrute la salle dans l'espoir d'y repérer des visages familiers. Tu penses, il tarde pas à nous voir et à péter l'incruste à notre table. Direct, après m'avoir gentiment fait remarquer avec insistance que j'étais "belle" et "rayonnante" (sous-entendu : je te baiserais bien) il s'adresse à ma copine qui parle fort (et qu'il faut pas faire chier, soit dit en passant) :

"Salut, on s'connaît hein ?!

- Absolument pas.

- Si si il me semble qu'on s'est déjà vus...

- Non pas du tout c'est une amie à moi, elle est pas du coin tu la connais pas.

- Ah. (tu as noté : trente secondes qu'il est là et direct il attaque) T'as un mec ??

- Non.

- Ben pourquoi ??

- Parce que.

- Ouais mais quand même, c'est bizarre...

- Pas tant que ça.

- Mais si t'as pas de mec, c'est ptetr que...

- Laisse tomber, j'ai pas envie de parler de ma vie privée avec toi, en plus j'te connais pas.

(là, Eve arrive à la rescousse de la copine pour que le relou bourré en rut la lâche définitivement)

- Ah bon, t'as pas envie qu'il sache que t'as ptetr simplement pas de mec parce que t'es lesbienne ?

- (Gloups) Ah bon, t'es homo...

- Oui oui, complètement."

Là, face à des réponses glaciales et au regard détourné d'une interlocutrice franchement exaspérée et censée être lesbienne, tout homme normalement constitué lâche l'affaire directe. Sauf que là, il ne s'agit plus d'un homme, juste d'un animal en pleine détresse charnelle et complètement imbibé de bière.

"Pas d'hommes alors...?

- Non, pas d'hommes.

- Pas de chibres...? (tiens-toi bien, ça devient poétique)

- Pas de chibres.

- T'aimes pas les chibres.

- Non.

- T'aimes pas les chibres tout violacés.

- J't'ai dit non.

- Les chibres tout violacés et qui puent ?

- Présenté comme ça, encore moins.

- Bon c'est bon là Machin, j'crois qu'on a compris hein... Elle t'as dit "non" bordel... Bon, je vais chercher des bières."

Retour à table avec mes bières. Le relou s'adresse à moi et me fixe nerveusement avec ses yeux moches et vitreux :

"Eve, j't'en veux !

- Gné ?!

- Ouais sérieux, j'ten veux là, j't'en veux sérieux.

- Mais t'es dingue toi...

- J't'en veux quoi !

- C'est bon j'ai compris ! Tu m'en veux pourquoi, parce que j't'ai pas amené de cacahuètes avec ta bière ?

- Nan, parce que tu m'as grillé avec la jeune fille, là !

- Pardon ???!!!!!????!!!

- Parfaitement, j'étais vachement bien parti avec la demoiselle, et toi tu m'as carrément grillé quoi... alors que sérieux, j'étais bien parti... C'est pas sympa !

- Non mais je rêveeeeeeeeu !!! TU L'ABORDES EN LUI PARLANT DE TON CHIBRE VIOLACE QUI PUE ET T'OSE DIRE QUE C'EST MOI QUI T'AI GRILLE ?!!!

- Bah ouais...

- Bon, tu lui parles pas comme ça et tu me parles pas comme ça non plus, vaut mieux.

- Ouais mais quand même...

- T'sais que t'es en train d'me faire chier là (a savoir : quand Eve dit "t'es en train de me faire chier", ça s'annonce jamais bon)

- Beeeeen...

- Alors t'es gentil tu me lâches le slip tout de suite, vaut mieux...

- ... (regard con)

- ... (regard méchant)

Silence.

- Ok... (à ma copine) Tiens, t'as un kilt au fait...?!

- Ouais.

- Dis-donc, t'as queq'chose en-dessous ?".

Mon Dieu. Y en a donc qui ne renoncent jamais...

Posté par _eve_ à 15:11 - Je traîne dans les bars - Commentaires [2] - Permalien [#]
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