vendredi 22 mai 2009
La maîtresse a toujours raison
Ceci est encore un article qui aurait pu s'intituler "Comment ma fille m'a collée la honte en public, une fois de plus". Car au cas où tu ne l'aurais pas encore pigé, mes enfants ont un but commun dans la vie : me foutre la honte publiquement. Personnellement, je crois très sincèrement qu'ils se sont ligués sur ce point dès la naissance et que leur but ultime, c'est de m'humilier régulièrement en public. Aussi n'est-il pas rare de voir ma fille montrer un nain du doigt dans la rue en s'écriant "Wha la honte hé, t'as vu le minus !", pointer une personne en fauteuil roulant en pétant de rire et en disant "Han l'autre hé, il sait même pas marcher à son âge !", de me faire régulièrement remarquer à très haute voix (j'insiste sur le très haute) que la dame devant nous dans la file d'attente, elle est très très moche ou bien encore annoncer très sereinement lors d'un repas de famille "Tu te rappelles la fois où tu m'as disputée parce que chuis entrée dans la salle de bain pendant que t'étais en train de raser tous tes poils de ta charlotte ?" (oui, chez nous on appelle "ça" une charlotte... et on vous merde). Bref, pour survivre en tant que parent, je suis bien obligée de me faire à l'idée que régulièrement, je vais avoir envie de mourir de honte à cause de mes moutards. Sois j'accepte cette fatalité, soit je les mets directos au congélo, y a pas photo.
Et bref, dans la série, je dois te raconter cette fois où mon enfant a suggéré, lors d'un repas de famille, que nous jouions tous et toutes avec elle, entre le dessert et le café. Le jeu étant, je l'annonce : la maîtresse. la naine étant évidemment la maîtresse et les adultes les élèves, logique quoi.
Et donc, nous, bien cool, on dit : "ok, fais péter les cahiers du jour et les craies grasses, on va jouer aux cancres". Sur ce, la maîtresse revient quelques minutes plus tard avec un tas de feuilles griffonnées, en distribuant une à chacun et en annonçant les règles du jeu :
"On disait que c'était moi la maîtresses et que vous vous étiez mes élèves. Et ça, on disait que c'était vos dessins. Comme je suis la maîtresse, je vais passer dans les rangs et regarder votre travail. Chacun va montrer son dessin à toute la classe et après on verra si je vous mets une bonne note ou une mauvaise note. Ou si je vous mets au coin."
On a tous regardé nos feuilles respectives qui comportaient toutes un dessin simpliste. Et puis la maîtresse a commencé à passer dans les rangs en nous ordonnant de nous taire et en nous menaçant de nous faire jouer au roi du silence si on voulait pas la boucler de nous-mêmes. Et ça a donné ça :
Moi, j'avais ce dessin-là :
Et la maîtresse a dit : "Les enfants, regardons le dessin d'Eve ! Eve nous a fait une maison. Bravo Eve, très bon travail, je te mets une bonne note."
Puis, ce fut au tour de mon frangin :
"Tonton Lucas, là tu dois montrer ton dessin steuplé !" (Le Tonton s'exécute). "Regardez les enfants, Lucas a dessiné une trèèèèès belle fleur, il peut avoir une bonne note. Très bien Lucas !".
"Tata Delphine, à toi !" :
"Delphine nous a fait un soleil. Très bien réussi Delphine, je te mets une bonne note !"
(Genre on est tous des élèves surdoués dans la famille)
"Maintenant nous regardons le dessin de Mamie ! Mamie nous a fait...
"... une souris. Trèèèès bien Mamie, une bonne note !".
Puis vint le tour de Tonton Jérôme. Qui lui aussi dut montrer son dessin, concocté, tu l'as bien compris, par la môme elle-même :
"Les enfants, comme vous le voyez, Jérôme nous a fait un trèèèès beau dessin et va aussi avoir une bonne note. On peut tous lui dire bravo pour son spermatozoïde !".
...
...
Cherche pas, t'as bien lu.
...
Un spermatozoïde quoi.
Nous on a cru qu'elle nous avait dessiné un ballon, mais non, la môme avait dessiné un spermatozoïde.
Je te dis pas comme tout le monde a bloqué à ce moment là. Tonton Jérôme, il est resté bouche bée et il a même pas eu le courage de remercier la maîtresse pour sa bonne note. Je crois qu certaines personnes ont même manqué de recracher leur café ou de s'étouffer avec leur brioche en entendant la gosse s'extasier devant le spermatozoïde qui méritait bien une bonne note.
Et puis quelques secondes après, tous les regards se sont évidemment tournés vers moi et la question fatidique a fusé : "Comment une enfant de 5 ans peut-elle avoir idée de dessiner des spermatozoïdes, bordel de couille ?!". J'ai donc dû m'expliquer sur le fait qu'on lui avait acheté un livre très instructif sur le-comment-qu'on-fait-les-bébés, lequel narre l'histoire de Polo le petit spermatozoïde. Un livre très utile pour les grandes soeurs qui s'aprêtent à avoir un petit frère (non bande de loutres, je ne suis pas à nouveau enceinte enfin, je crois mais je l'étais au moment des faits). Ceci dit, le beau-frère, je l'ai senti vaguement convaincu et un rien scié par ce coup du spermatozoïde. Le pauvre, s'il savait que régulièrement, ma môme me demande si Manu et moi avons prévu d'organiser "une course à l'oeuf avec les petites graines de Manu" (et l'oeuf de maman, au cas où t'aurais vraiment pas saisi)...
Moi je pense que franchement, ma môme, elle ira loin dans la vie.
samedi 14 mars 2009
Je veux une bonniche
Ma môme, 5 ans :
"Maman ?!
- Quoi ?
- Tu sais ce que j'aimerais bien ?
- Non...?
- Qu'on ait une bonniche à la maison.
- Hein ??!
- Une bonniche. T'aimerais pas toi qu'on ait une bonniche ?
- Ah ben si tiens, tu penses ! Evidemment que j'aimerais bien une bonniche, ça me changerait un peu...!
- Ouais, ce serait bien hein...!
- Oui.
- Par contre, je voudrais une bonniche blanche.
- Que... QUOI ??!! Une bonniche "blanche" ?! Mais c'est quoi cette histoire ??!!
- Oui, je voudrais une bonniche blanche parce que j'aime pas les noires.
- QUOI ?! Mais... mais pourquoi tu dis un truc pareil ??!!
- Parce que j'aime pas les bonniches noires, les noires elles sont moches. Je voudrais pas qu'on en ait une noire à la maison, je voudrais que une blanche.
- Mais... MAIS MA POULE ! Faut pas dire des choses pareilles !! Tu... tu t'rends pas compte...?!"
La môme fouille dans son sac. (Léopard le sac, la brave petite).
"Attends, j'te montre... Tu vois bien que les bonniche noires elles sont moches ! Et que les bonniches blanches, elles sont trop belles !"
Voilà.
Ma fille voudrait un CANICHE, pas une BONNICHE.
Et heureusement qu'elle ne m'a pas fait ce plan-là en public...
samedi 22 novembre 2008
Pourquoi je ne fréquente pas les forums de mamans
Y en a qui vont être contents : partant du constat que mes hormones en folie et ma déprime du post partum plongent ce blog dans une médiocre ambiance digne d'un forum de mamans, on va arrêter avec le sujets qui ont rapport, de près ou de loin, aux gosses, à ma vie de merde mère au foyer, au bébé qui pleurent, aux couches qui puent et tutti quanti. D'ailleurs pour recadrer tout ça, demain je te parle des Ramones, comme ça voilà, on sera sauvés.
Ben oui les copines, le truc c'est qu'il s'agirait pas que ce blog devienne une sorte de micro-forum de mamans via commentaires. Parce que t'sais quoi, si j'avais vraiment envie de débattre autour de la blédine et des couches lavables, j'irais me connecter sur mamans-géniales.com ou sur jélèvemonenfantetjekiffeadonf.fr mais je bloguerais pas ici.
Alors tu te demandes peut-être si je les fréquente, les forums de mamans ? Vu que je suis moi-même une maman, et pas qu'un peu. Et vu que je n'ai pas la prétention de penser avoir la science infuse ni de tout maîtriser en matière d'éducation. Mais bon, non, le fait est que je ne m'aventure pas sur ce genre de forums, pas depuis que je me suis fait gentiment jeter du dernier forum que j'ai fréquenté.
Ce qui est rassurant, c'est qu'au vu de certains commentaires récemment laissés par des lectrices, je ne suis pas la seule à avoir vécu l'expérience non traumatisante, rassurez-vous, de me faire jeter par mes semblables d'un groupe que je tentais d'intégrer. Parce que les mamans des forums de mamans, c'est un peu des hyènes quand même.
D'abord, faut savoir qu'elles sont pas honnêtes ces femmes-là, mais alors carrément pas. Car par exemple, si t'as le malheur de t'égarer et de laisser un message du genre : "Avec mes trois gosses, je me sens débordée", les premiers messages qui font fuser seront du genre : "MOI avec mes CINQ enfants, je gère PARFAITEMENT et je ne suis ABSOLUMENT PAS fatiguée ni débordée". Et crois-moi lecteur, je caricature à peine... Ces filles-là, t'as l'impression que ça leur arracherait la gueule d'oser avouer que parfois ouais, elles aussi elles sont débordées. Et c'est là que tu te rends compte de l'enjeu des forums de mamans : sous couvert d'être des lieux d'échange amical et d'entraide, c'est juste un vaste terrain de compétition. C'est à qui sera la meilleure maman, la plus efficace, celle qui a le carrelage le plus brillant, les gosses les plus sages au restaurant, le potager le plus bio possible et, évidemment, qui allaite le plus loongtemps.
En dans cette course au titre de wonder-maman, laisse-moi te dire que c'est sans pitié. C'est sans pitié et ça se la pète grave, ça c'est moi qui te le dis. T'imagines pas à quel point ça se la pète et à quel point ça jubile quand ça clôt le bec d'une autre gonzesse.
Exemple récemment trouvé suite à une banale requête faite à l'amie Google :
Etant donné que la semaine dernière je me suis tapée un putain de rhume qui a bien failli me tuer (si si, on peut mourir d'un rhume, c'est ce qu'ils disent sur Doctissimo), j'avais demandé de l'aide à Google pour savoir si je pouvais prendre tel ou tel médoc sans tuer mon bébé allaité par la même occasion. Du coup, je tape le nom des médocs en question suivi de "allaitement" et en une demi-seconde, je tombe, tu penses bien, sur des toooooonnes de liens vers des sites de mamans averties. Et j'ai pu assister à ce genre d'échanges :
Mamounette54 : "Bonjour les filles, est-ce que l'une d'entre vous pourrait me dire si je peux prendre du Machintruc alors que j'allaite ? Parce que dans la notice c'est écrit que non mais ma belle-soeur m'a dit qu'elle en prenait souvent alors qu'elle allaite... ??? Aidez-moi merci !"
Mamandu88 : "Salut, moi il m'est arrivé de prendre ce médicament même si c'est contre indiqué et j'ai jamais eu de problème"
Supermaman75 : "Mamandu88, comment peux-tu donner de tels conseils ??!!! Si c'est contre-indiqué c'est pas pour rien quand même !!"
Mamandu88 : "Sauf ton respect Supermaman75, j'ai demandé conseil à mon médecin qui m'a dit que c'était ok donc je vois pas où est le problème. J'ai allaité mes deux enfants en prenant à chaque fois du Machintruc en cas de rhume et y a jamais eu de souci !"
Supermaman75 : "Oui, et bien toi tu as peut-être allaité deux enfants, mais moi j'en ai allaité QUATRE donc je sais mieux que toi de quoi je parle !"
Voilà, ça c'est un exemple quoi.
Pis des fois y a aussi ça :
Mamoune94 : "Depuis hier je prends du Machinchose pour soigner mon rhume. A priori c'est déconseillé mais plusieurs amies m'ont dit que ça ne posait pas réellement de problèmes, qu'il fallait pas toujours prendre au pied de la lettre les contre-indications, que les labo mettent ça pour se protéger."
Mamantop : "Quoi ?!! Mais dis-moi Mamoune, t'es sûre qu'elles s'y connaissent en allaitement tes copines, parce que c'est dingue de donner des conseils pareils !"
Mamoune94 : "Ben elles ont toutes allaité leurs enfants pendant 6 mois donc oui je pense qu'elles savent ce qu'elles disent !"
Mamantop : "Non mais attends, moi je te déconseille de prendre ce médoc !! JE sais de quoi je parle parce que je m'y connais en allaitement !"
Moumoune01 : "Je suis assez d'accord avec Mamoune94 : des fois on s'inquiète pour rien, y a des médicaments qu'on peut prendre même si la notice est vague et suggère de demander un avis à un médecin !!"
Mamantop : "Ah ouais ? Et tu allaites toi, Moumoune01 ?"
Moumoune01 : "Oui, j'en suis au septième mois d'allaitement, mixte avec lait maternel à 80%"
Mamantop : "Ben justement, MOI j'allaite mon petite dernier depuis 20 mois maintenant et toujours allaitement EXCLUSIF alors je crois que je suis mieux placée que toi pour savoir ce qu'il en est !!"
Folle ambiance ouais. Limite t'oses poster une fois que t'es inscrite tellement tas peur de te faire lapider la tête par une maman qui a allaité plus longtemps que toi, qui a eu plus de gosses ou qui a fait un stage d'haptonomie pendant sa grossesse alors que toi, bouh la honte, trois gosses et même pas t'es allée à une seule séance de préparation à la naissance.
Donc voilà, tu piges mieux pourquoi je ne fréquente pas ce type de forums. Et aussi pourquoi j'aspire à ce que ce blog ne tombe pas dans le cliché du forum maman, sans ça on va plus jamais s'en sortir et "Ma vie rock'n'roll" deviendra "Ma vie de maman, blog garanti avec de vrais morceaux de vomi de bébé dedans". Et ça, je suis sûr que personne n'y tient, pas vrai ?
Alors par pitié les filles, même si dans votre infinie candeur vous croyez que les forums de mamans c'est un condensé de joie et d'amitié, des fois que vous vous sentiez d'humeur à me convertir, merci de vous abstenir de me balancer les liens vers vos forums qui eux, n'ont rien à voir (j'en doute pas), parce que les forums de mères, j'en suis revenue, croyez-moi, et je suis pas prête d'y refoutre les pieds.
A moins de créer mon propre forum.
Oh putain, une nouvelle idée vient de naître.
Mais merde, ça va prendre du temps, va falloir que je fasse un choix : me consacrer à mon blog de cul actuellement en construction, celui où je compte faire de la sexcam avec le premier venu pour un euro cinquante, ou bien me lancer dans un forum maman ?
Faut dire qu'un forum de mauvaises mères, ça pourrait le faire. Mais des vraies mauvaises mères tu vois, du gros dossier. Genre la mère indigne qui envoie son gosse à l'école en oubliant d'enlever le carton dans ses chaussures neuves (à ce jour, et malgré les atroces souffrances engendrées par l'étourderie de sa mère, on nous apprend que l'enfant n'a été amputé d'aucun orteil, rassurez-vous). Ou des mamans qui n'auraient pas honte de me conseiller des trucs du genre : "Si tes gosses font chier, colle-les devant Disney Chanel, la télé c'est excellent pour leur développement" (parce que sur 10 mères qui collent leur môme devant la téloche, dis-toi qu'y en a une, grand maximum, qui osera l'avouer sur un forum, sous les huées de ses consoeurs). Pis faudrait aussi des mamans qui ont pas peur d'assumer le fait que pour faire taire leurs marmots, elles les menacent ainsi : "Si t'arrêtes pas ton bordel, j'appelle Super Nanny pour qu'elle vienne t'en coller une !!".
Ouais, au final on serait deux sur ce forum. Trois peut-être. Rien à foutre, au moins on serait entre nous et on serait pas assez nombreuses pour se friter la gueule. Et on pourra se répéter que chacune sait ce qui est bon pour son enfant !! (là faut cliquer, et rire)
Edit concernant les "extraits" de forums : Evidemment j'ai pas cité le nom du médoc parce que je vais quand même pas faire gratuitement la promo d'un labo pharmaceutique. Z'ont qu'à me commander des articles sponsorisés très cher payés pour ça.
Et évidemment que j'ai quelque peu modifié les originaux. De peur que les mamans en question viennent me faire chier avec leur foutu Copyright et envoient des colis La Redoute piégés à mon domicile pour se venger.
jeudi 20 novembre 2008
Les conseils, c'est bien. Mais les suivre, ça craint.
Découvrez The Mamas & The Papas!
Merci merci braves gens de vous soucier avec autant de ferveur de mon état pseudo-dépressif. Merci aussi pour tous les bons conseils que vous me prodiguez, sans vous je serais perdue, pire encore, je serais peut-être morte.
Nan sérieux les gars (et surtout les filles), vous craquez un peu quand même des fois. Vous êtes bien meugnons à la base (règle numéro 1 : toujours caresser les lecteurs dans le sens du poil sous peine de perdre l'ensemble de son lectorat) mais sans déconner, faut revenir à la raison des fois hein, parce que vous me conseillez quand même de ces trucs, pfffff j'vous jure ! Pire que si j'étais aller chercher du réconfort sur mamandéprimée.com ou sur lesuicidecestbien.fr. Nan mais j'vous jette pas la pierre hein, c'est gentil de vouloir me sortir de ma merde intérieure. Mais bon, faites un effort bordel, parce que franchement hein, entre nous, matez voir ce que vous racontez des fois... A croire que vous commentez ce blog sous l'emprise de l'alcool ou de toute autre substance illicite ou non :
- Conseil numéro 1 : "Eve, mets de la farine dans le biberon de ton bébé"
Mais bien sûr. Et pourquoi pas de la purée Mousseline lyophilisée aussi, pour être sûre de faire un truc bien consistant. Mert'alors, moi qui croyais que la Blédine c'était passé de mode depuis la fin des années 80, v'là t'y pas que je serais dans le faux ?! Pis entre nous, si je pouvais éviter d'avoir un bébé obèse, ça m'arrangerait, d'autant que faim ou pas faim, il se réveille le moutard. Son truc c'est pas de s'égosiller pour signaler qu'il a faim mais juste de brailler pour montrer qu'il existe quoi, faut pas chercher plus loin.
- Conseil numéro 2 : "Eve, nourris bébé au sein la nuit, comme ça tu dors pendant qu'il tète"
Alors là je dis chapeau. Respect. Je m'incline devant les meufs qui parviennent à dormir avec un gosse accroché au sein, sans ironie aucune, j'vous jure. Parce que moi, pioncer avec un être humain qui aspire mon sein en manquant de s'étouffer toutes les cinq minutes dans un flot de lait incontrôlé, ben même avec la meilleure volonté, j'peux point. Ne serait-ce que parce que c'est pas forcément la position ni la situation la plus propice au sommeil à la base. Bref, chacun son truc hein.
- Conseil numéro 3 ou anti-conseil numéro 2 : "Non Eve, finalement arrête de nourrir bébé au sein la nuit, fais lui des biberons, c'est tellement plus pratique."
Ah oui tiens merde, j'y avais pas pensé. C'est vrai que c'est follement pratique et surtout que ça t'aide à mieux dormir. Nan mais faut m'expliquer, lectrice de mon coeur, tu me suggères, pour me reposer, de troquer la mise au sein, qui me prends quelques secondes (le temps de choper le gosse et de l'embarquer dans le lit) contre un biberon de lait... Parce que d'après toi, se lever, aller jusqu'à la cuisine sans se péter le petit orteil dans un meuble ou dans une porte, choper un biberon, y mettre de l'eau en respectant la graduation, puis du lait en comptant bien les cuillèrées, avant de le coller dans le chauffe biberon, et d'attendre trois minutes que ce soit bien chaud, puis retourner dans la chambre, toujours sans tomber ni se cogner de préférence... NAN MAIS FRANCHEMENT, tu serais t'y pas en train de te foutre de ma gueule, tout ça pour me faire crever plus vite !!! Je te dis que je dors pas beaucoup et toi tu me suggères de dormir encore moins. Pffff, je suis déçue, je vais aller vous dénoncer aux doctinautes avec tous vos mauvais conseils.
- Conseil numéro 3 : "Eve, dis au papa de t'aider, de garder les gosses pour que tu te reposes, de faire le ménage pour que t'aies du temps pour toi."
Merde alors, ça non plus j'y aurais pas pensé toute seule. Je croyais d'ailleurs que c'était interdit par la loi de demander à son mec de garder le gosse ou de passer l'aspirateur. En fait, j'avais même ouïe dire qu'on pouvait être emprisonnée pour maltraitance si on imposait ça à son mec. Non je déconne. Mais quand même... Quand je lis des trucs du genre : "Et Manu, il fait quoi hein ?!!" ou "Et le papa dans tout ça, il peut pas t'aider ??!!", voire "Laisse donc ton mec se démerder avec les mouflets et le ménage et prends du temps pour toi chérie", j'ai juste envie de répondre gentiment : vos gueules. Nan mais gentiment tout de même hein le "vos gueules". Parce que des fois, faudrait quand même songer à réfléchir avant de traiter mon mec d'incompétent et, implicitement, moi de conne de base pas foutue de régenter un incompétent. Et crois pas que je sois particulièrement d'humeur à défendre mon mec ces derniers temps hein, ce serait même carrément l'inverse ces temps-ci, mais lire des trucs pareils, ça me troue le cul tellement c'est désespérant de connerie. Parce qu'y a un tout petit détail qu'il faudrait pas oublier quand même, c'est que ce fainéant de Manu, ce vilain géniteur qui fait même pas la vaisselle pendant que sa femme est chez le coiffeur, ben ce sale type, dis-toi bien QU'IL BOSSE !! Hé oui les morues, en ces temps de crise, faut bien qu'y en ait un des deux qui ait un vrai métier dans le couple. Alors à moins de l'envoyer bosser avec un gosse sur le dos, l'autre dans la poussette et le troisième en laisse, je vois pas comment je pourrais lui déléguer les tâches. Ah ouais merde, t'y avais pas pensé.
- Conseil numéro 4 : "Eve, va chez le coiffeur"
Dis, tu me cherches là ? T'insinues que j'ai une coupe de merde ou quoi ? Bon OK? la frange je dis pas. Mais ma frange, on peut plus rien pour elle, ceci n'est plus un secret. Donc fuck off le coiffeur, en plus c'est trop cher.
- Conseil numéro 5 : "Eve, offre-toi un bon massage dans un institut"
Me faire tripoter tout le corps par les doigts plein d'huile d'une masseuse qui est même pas mon amie et qui va se sentir obligée de me faire la conversation pendant une demi-heure avant de me racketter de cinquante euros, non merci les gens, mais je peux m'en passer.
Bref, ça me fait chier de devoir vous le dire parce qu'à la base, ça partait évidemment d'un bon sentiment tout ça, mais merde les filles (parce que oui, les conseils nazes ils viennent rien que des filles), arrêtez de me donner des conseils. S'il vous plaît quoi.
Déjà parce que des gosses, j'en ai eu rien que trois, et qu'au bout du troisième je sais UN PEU comment ça fonctionne ces histoires de tétées, de biberons et de bouillies. Mais merci quand même hein.
Pis aussi parce que je suis pas de votre clan, pas de votre race de filles quoi. Moi les massages, ça m'emmerde. Le coiffeur, ça m'emmerde. Pire, c'est une sorte de supplice pour moi, un peu comme aller chez le dentiste. Le vernis à ongles, je sais pas le poser. Pis des copines pour aller faire du shopping, j'en ai juste aucune sous la main (la première qui ose penser : "Ben avec ton caractère de merde, pas étonnant qu't'aies pas de copines !", je lui tatane la tronche). Donc tu vois, grosso modo, tout ce que toi tu kiffes, tout ce qui te remontrait le moral à bloc si t'étais déprimée, ben c'est juste des trucs qui m'emmerdent considérablement. Oui je sais, c'est pas de chance pis tu pouvais pas savoir. Enfin si, un peu quand même si tu me lis depuis longtemps. Bon, on va dire que t'as pas fait exprès quoi et que je te pardonne. Ca va mieux comme ça ?
Allez, sur ce, forte des conseils que vous avez jugé bon de me prodiguer, je vais faire un vrai truc qui remonte bien le moral à ma façon. Comme péter des trucs en les jetant conte le mur. Rien que ça ouais. J'ai déjà niqué un verre et un photophore en deux jours. Ouais je sais, bientôt ça me reviendra plus cher que de me faire tripoter le cul en institut de beauté. Mais promis, je jetterai pas le bébé.
En fait le seul vrai conseil, ben je crois que c'est celui de l'ami Noisy qui m'a téléphoné pour me suggérer de prendre de la coke. Mais dis voir Noisy, la cocaïne, t'es sûr que ça passe pas dans le lait maternel ??
lundi 10 novembre 2008
Congeler son bébé : à toi aussi ça peut t'arriver
Découvrez Cripples!
Faut pas jeter la pierre aux mères qui congèlent leur enfant.
Ni à celles qui secouent leur nouveau-né.
Pis pas non plus à celles qui font exprès de les oublier dans la voiture en plein soleil.
Non, faut pas juger ces femmes-là. Parce qu'à toi aussi, ça peut t'arriver.
La vérité, t'imagines pas ce que le manque de sommeil peut te faire faire. Et moi, même si j'en suis à mon troisième môme et qu'aucun d'entre eux n'a jamais été congelé/secoué/cuit dans la bagnole, y a des moments où je me sens à deux doigts de commettre l'irréparable. Bon ok, quand même pas hein, mais bon, on se comprend.
Le manque de sommeil, c'est un truc de gueudin. C'est pas juste un désagrément, c'est une torture. Et moi je comprends que certains parents aient pu péter les plombs à force de pas dormir et de passer leurs nuits à bercer un bébé inconsolable.
La première nuit en général, tu fais la maligne. Tu répètes à qui veut l'entendre que toi, ça ne te dérange pas plus que ça de ne pas dormir et de gérer le moutard toute seule pour les tétées et les changes nocturnes. En somme, tu te félicites de faire partie de ces gens super forts qui peuvent se contenter de quelques heures de sommeil de rien du tout pour tenir le coup, et rien à foutre si t'es obligée de faire croire que tes cernes, oui oui c'est naturel et permanent, non non c'est absolument pas dû à la fatigue.
Disons donc que les premières semaines, t'arrives à gérer. Les nuits en pointillés, c'est pas une sinécure mais ça se gère tant bien que mal, après tout. Quatre heures de sommeil interrompues par des tétées interminables, un bébé qui chiale pour un rien ou qu'il faut changer car il a de la pisse jusqu'au cou, c'est que dalle, ça ne te fait pas peur.
Même si ces quatre heures là, tu les passes à surveiller bébé pour voir s'il ne s'est pas noyé dans son vomi pour faire aussi rock'n'roll qu'Hendrix.
Même si ces quatre heures là tu te contentes d'un demi oreiller pour dormir vu que ton bébé (ou ton mec) en squatte une bonne partie.
Bref, tu gères à donf.
Ou tu gères au moins un peu quoi.
Pis un beau jour, tu gères plus du tout.
Et ce jour-là, quand tu t'es pieutée à 21 heures en espérant pouvoir dormir, même que t'as volontairement fait une croix sur les Experts en deuxième partie de soirée pour ça (c'est dire si t'es crevée), ce jour-là quand tu t'aperçois que bien que couchée à 21 heures, t'as été autorisée à fermer vite fait l'oeil à six heures et demi du mat' pour être réveillée à huit...
Ben ce jour-là tu te demandes par quel membre de ta famille tu vas commencer le massacre...
Par bébé qui, pour cause de mauvais rhume, a chialé, chialé, chialé, pis aussi chialé, et un peu chialé, pendant toute la nuit ?
Par Manu qui, lui aussi enrhumé et en proie à la fièvre, t'as parlé toute la nuit pour être bien sûre que tu ne dormirais pas et pour s'assurer que tu serais bien à ses côtés au cas où il rendrait l'âme dans son sommeil (car les hommes, c'est comme ça, ils croient souvent qu'ils vont mourir quand ils ont une mauvaise fièvre) ?
Par la gosse qui, bien qu'enrhumée, s'est pointée aux aurores dans ta chambre en réclamant son petit déj, réveillant par la même occasion le bébé enfin endormi et le Manu qui venait juste de cesser de s'écrier, au choix "Mon rat, je souffre hein... je souffre là... T'entends mon rat ? Je souffre, j'en chie, ça va pas du tout, j'vais crever hein, tu l'sais ça que j'vais CREVEEEEEEEEEER ?!", "Ca va pas, ça va pas, ça va pas, ça va pas du tout... J'veux ma maison, j'veux ma mère... J'veux ma mère... MAMAAAAAAAAN !!!" ?
Toi aussi participe à ce grand pétage de plomb de la part d'une mère indigne complètement débordée et dont le seul et unique souhait, là maintenant tout de suite, ce serait de dormir. A l'aide du boîtier situé sous ton siège, tu peux taper 1 pour le bébé, 2 pour son mec et 3 pour l'aînée, selon la personne que tu souhaites voir congelée en premier.
Pis sinon, tu peux aussi faire un don pour permettre à Eve de se payer deux baby-sitters, une pour les gosses et une pour Manu (sachant que celle de Manu, on veillera évidemment à ce qu'elle soit très très vieille et fort laide, pas besoin d'être une suédoise de 19 ans pour l'écouter se plaindre et lui préparer ses Choco BN au goûter). Comme ça, Eve pourra s'offrir le luxe absolu de dormir pendant toute une journée. Le pied quoi.
lundi 27 octobre 2008
Réflexions scatologiques : pipi, caca, mes mômes et moi
Découvrez Ramones!
Qu'on se le dise, élever des enfants, c'est pas rose tous les jours. Et à vrai dire, c'est même plus souvent marron que rose quand on y réfléchit.
Et oui, plus j'y pense, plus je me dis que pour avoir des enfants, faut quand même bien aimer le caca. Au moins rien qu'un peu quoi. Parce que sérieusement, le caca, c'est le truc carrément indissociable d'un môme, la caractéristique fondamentale même, le détail qui peut subitement te faire regretter d'avoir eu des chiards voire pire, t'inciter à les abandonner dans une Babybox ou carrément à les congeler (si t'as pas la chance d'avoir de Babybox dans ton quartier).
Donc voilà, si toi, lecteur, tu n'as pas encore d'enfants mais que tu songes sérieusement à t'y mettre (ne serait-ce que pour copier sur moi et essayer ainsi tant bien que mal d'égaler mon degré de coolitude), réfléchis-y à deux fois car s'il est une chose qu'on ne répète pas assez, c'est bien celle-ci : les enfants, ça chie.
Et crois-moi, t'as pas idée de la quantité de merde qu'est capable de produire un si petit corps. La vérité, y a des fois où la production de merde d'un moutard dépasse carrément l'entendement et c'est d'ailleurs un truc auquel on s'habitue jamais, quelque chose qui ne cesse de nous surprendre un peu plus chaque jour (ou du moins jusqu'à ce que l'enfant soit capable de se démerder tout seul, c'est le cas de le dire, ce qui peut prendre plus de temps que prévu, crois-en ma triste expérience).
Bref, ceci est donc un fait incontestable : les enfants chient.
Mais ce qu'on ne te dit pas, c'est que parallèlement à ça, au sein d'une fratrie, les enfants se liguent contre les parents, c'est comme ça, c'est inscrit dans leur génome, ils sont programmés pour chier et t'en faire chier.
Aussi, partant de ce double constat, il arrive que le malheureux parent soit confronté à des situations aussi désespérées que désespérantes, à des moments d'infinie solitude, assailli de toutes parts par la merde de sa propre chair, à deux doigts de renier définitivement leur progéniture tant il ne gère plus le caca ambiant. Exemple : le jour où j'ai commencé ,à rédiger cet article (car note bien que je suis totalement débordée et ultra overbookée, tant et si bien que je mets désormais plus d'une semaine à boucler un article à la con), ma matinée de mère au foyer comblée (te marre pas) a commencé à 7 heures et a consisté principalement à nettoyer les déchets organiques de mes chiards, à la chaîne.
Le bébé lui, on lui pardonne de chier vingt trois fois par jour, après tout ce n'est qu'un bébé et il faut bien qu'il trouve une occupation entre une sieste et une tétée, aussi chier lui semble-t-il être une bonne idée pour passer le temps.
Mais le deuxième, qu'on surnomme UAM entre nous, pour Usine A Merde, évidemment... lui par contre, c'est pas normal qu'il m'innonde sa piaule de diarrhée et qu'il refuse de chier dans un pot plutôt que dans une couche. C'est pas non plus normal qu'à huit heures du mat, je sois à quatre pattes dans sa chambre en train d'éponger la merde liquide, que je passe une plombe à le nettoyer au jet dans la douche, en mode karcher, ni que je doive laver toute sa literie au moins quatre fois par semaine, tout ça parce qu'il a une vessie bionique qui peut contenir grosso modo huit litres d'urine.
Et puis ce qui est encore moins normal quoique légitime, dixit Françoise Dolto, c'est que ma môme de quatre ans se tape un trip régressif et choisisse le jour de la diahrrée explosive de son frère pour pisser au lit à son tour, histoire de faire un trip scato à l'unisson.
Tu l'as dit lecteur chéri, être maman, c'est d'la méga bombe de balle comme disent les djeun's. Tu te réveilles dans la merde et la pisse, tu te couches dans la pisse et la merde, bref, tout un poème. Alors sois mignon va, pardonne-moi mes absences récurentes sur ce blog que je déserte hélas de plus en plus pour des raisons scatologiques tout-à-fait indépendantes de ma volonté et contente-toi de compatir. C'est bon, j'ai fini de me plaindre, maintenant je te laisse aller vomir.
Edit : message perso de Rambo à ses Taties parisiennes : "Tatie Pétasse, Tatie Nahimage et Tatie Blonde. Merci pour le colis qui a beaucoup plu à maman. Pour tout dire, elle a failli pisser de joie sur le tapis du salon en le déballant. Il paraît qu'aujourd'hui on va faire une photo de moi dans mon beau body tattoo old school et de maman avec ses gros seins dans sa robe tête de mort, pour vous montrer à quel point on est beaux dans nos cadeaux. Voilà, c'est tout. Je vous laisse mes Taties chéries, j'ai besoin de roupiller un peu, j'ai pas fermé l'oeil de la nuit, troublé par un étrange son de cloche récurrent provenant de la chambre de mes parents (comprenne qui pourra)."
vendredi 17 octobre 2008
Tadâââââââm !!
Découvrez Ramones!
Bon voilà, c'est fait : j'ai expulsé mon moutard.
Et plutôt vaillamment, c'est moi qui te l'dis.
J'aurais pu te balancer la vidéo Youtube de mon accouchement mais je préfère la garder précieusement pour la faire plutôt visionner à mes invités lors d'un prochain apéritif (note pour plus tard : narrer à mes gentils lecteurs la véritable histoire de mon ex voisine qui a offert à ses invités, lors de son mariage, la vidéo maison de son accouchement pour accompagner les petits fours.
A la place, voici quelques breaking news en vrac de ce maaaagnifique moment que fut mon accouchement (oui oui, je t'assure que c'est magnifique un accouchement, si tu fais abstraction des glaires, du sang... et du placenta, of course).
- Démoule Girl je suis, Démoule Girl je resterai : je suis la seule fille au monde dont les contractions n'apparaissent pas sur le relevé d'un monitoring. du coup, je me suis pointée deux fois de suite à la maternité en expliquant gentiment que j'allais accouché et que oui oui madame la sage femme, je suis sûre que ce sont bien des contractions, j'en suis tout de même à mon troisième accouchement connasse. Voilà comment je me suis retrouvée à gérer mon accouchement en cours toute seule comme une grande après que l'hosto m'ait prise pour une conne. Et crois-moi, Kho Lanta à côté de ça, c'est du pipi de chat.
- Moi pas peur, jamais. Même pas quand cinq sage-femmes déboulent dans la la salle d'accouchement un rien paniquées. même pas quand l'une d'elle me shoote à l'oxygène tandis que la seconde me plante des aiguilles d'acupuncture partout), même pas quand la troisième m'enfile son avant bras dans la chatte pour forcer mon col de l'utérus à s'ouvrir à tout prix, le tout sous le regard désemparé d'une interne tremblotante incapable de prendre une décision. une chance que j'ai pas eu un gun sur moi à ce moment-là parce que l'interne toute paniquée et son air penaud, je te les aurai renvoyés chez Grey's Anatomy à coup de balle dans la tête.
- Manu vaillant, Manu aventurier. A assisté à la totale et a même vu le placenta. Suite à quoi il a décidé que non, on ne ferait pas de notre enfant un bébé lotus et qu'on ne dégusterait pas non plus le placenta avec nos amis scientologues pour fêter ça.
Bref, on va pas épiloguer plus longtemps sur le sujet : j'en ai chié, j'ai poussé, Rambo est né. Ou plus précisément, Rambo Chuck Steeven est né, car c'est comme ça qu'on l'a appelé (vu qu'à lui tout seul, il est plus fort que John Rambo, Chuck Norris et Steven Seagal réunis).
Alors voilà, il est grand temps de faire péter vos CB et de nous couvrir de cadeaux, moi et mon petiot. Et des cadeaux de bon goût hein, parce qu'on n'est pas des nazes.
Et sinon, pour le wonderful faire-part tellement cool que t'en es jaloux, on dit bravo à Manboouvie qui en plus de raconter sa vie en images répond aux commandes perso (ceci est une page de pub non sponsorisée... pour une fois).
PS : Hé le coach ! Come on tonight to take the apéro ?!!
mercredi 8 octobre 2008
Bébé Lotus : toi aussi, trimballe ton placenta !
Découvrez New York Dolls!
Salut à toi ô courageux lecteur qui ose revenir sur ce blog malgré la médiocrité ambiante du moment et surtout, malgré la parution successive de deux billets sponsorisés par le Diable capitaliste.
Pour saluer ta bravoure, je tiens à te récompenser en t'offrant aujourd'hui un billet non sponsorisé consacré à un sujet que je me devais de partager avec toi tant je trouve ça passionnant. Alors aujourd'hui, je vais te parler de maternage.
Et là tu te dis "Nan la conne, elle a osé !! Elle nous balance du billet sponsorisé pendant deux jours et elle revient la fleur aux dents (spéciale dédicace aux mecs du KJiBi) comme si de rien n'était avec une saloperie d'article qui va encore parler de bébés et de mômans !!".
Pire lecteur, ce billet va plus précisément parler d'utérus (mais pas du mien ce coup-ci) et tout particulièrement de ce qui se trouve dedans, en plus du bébé.
Mais bon, pas la peine de me balancer des caillasses dans la tête, attends un peu avant de la ramener... Car aujourd'hui j'annonce : on parle maternage OUI MAIS maternage trash s'il vous plaît, et note que j'ai bien employé "trash" et non "trashy" car ce qui va suivre ne mérite pas le petit "y" final so girly qui impliquerait que le trash peut aussi être mignon et gentillet dans certains cas. Là les gars, on dit fuck au gentil "y" et on souhaite bonne chance à ceux qui liront leur article en trempant leur tartine matinale dans leur café au lait ou pire, en mangeant un steack saignant, car ceux-là vous vite regretter de manger devant leur ordi (et pas seulement parce qu'on leur a déjà expliqué à quel point c'était pas raisonnable de risquer de renverser sa tasse sur son clavier).
Alors pour commencer, et pour les incultes, le maternage, c'est quoi ?
Le maternage, mes petits morpions (trash obligé, j'ai opté pour une reconsidération du bestiaire affectif et ai troqué "agneaux" ou "bichons" au profit de "morpions"), c'est l'ensemble de toutes ces pratiques plus ou moins controversées que les mamans mettent en oeuvre pour élever leur enfant en privilégiant le naturel et le contact privilégié avec la mère. Exemple : le co-dodo ou comment s'encombrer d'un marmot dans le lit conjugal, ainsi que le portage en écharpe pour les filles douées qui savent faire des noeuds plats et fixer leur moutard sur le dos. Bref, le maternage et ses nombreuses pratiques visent avant tout à permettre à bébé de s'épanouir au mieux, de ne pas trop le brusquer lors de ses premières semaines au monde et, en gros, de ne pas couper trop tôt le cordon avec son enfant.
Justement... En parlant de couper le cordon... Intéressons-nous de plus près à cette nouvelle technique révolutionnaire que m'a fait découvrir Stadire (qui ne la pratique pas hein, mais qui a eu le bon goût de me filer les bons liens pour que je puisse halluciner ma race), j'ai nommé : le bébé lotus.
Bébé Lotus, kezaco ? Au vu du nom, sans doute un truc supra-mignon-craquant-tout-plein, te dis-tu. Un truc qui concerne sans doute le bon positionnement de bébé dans son coufifin ou des techniques de massage ancestrales destinées aux nouveaux-nés...?
Que nenni !! Le bébé lotus, c'est un concept vachement mieux que ça ! Je t'explique :
Des gens un rien niqués de la cervelle, faut bien dire ce qui est, ont décrété ceci : le bébé, il est drôlement bien dans l'utérus de maman, bien au chaud, protégé du vilain monde extérieur, relié à maman qui s'occupe de tout. Alors venir au monde, t'imagines le traumatisme que ça constitue en soi pour un marmot ?! Découvrir le froid, la douleur des poumons qui s'emplissent d'air et puis très vite, les têtes de con qui te pincent la joue en s'écriant que gouzi gouzi c'est fou ce qu'il ressemble au facteur à son père. Donc, que peut-on faire pour que la venue au monde de bébé s'avère aussi peu traumatisante que possible ? Réponse : ne pas couper le cordon trop vite. et là, tiens-toi bien, je parle au sens propre du terme.
Car voilà le concept sublimement ragoûtant du bébé-lotus : au lieu de couper le cordon ombilical, quoi de mieux que de laisser bébé accroché à son cordon et donc au placenta de sa mère ?! Hé oui, ceci n'est pas un gag : alors qu'en théorie, t'es censée évacuer ton chiard, attendre qu'on coupe le cordon puis expulser ton placenta qui finira direct à la poubelle, la nouvelle tendance en matière de maternage veut que le bébé reste lié à son placenta pendant les premiers jours de la vie.
A ce stade, t'es censé t'écrier un truc du genre "Arff mais c'est dégueulasse !". Si ça ne te fait ni chaud ni froid, c'est que tu n'as peut-être pas d'idée précise de ce qu'est un placenta. Bon ok, tu sais que c'est ce qui nourrit le môme dans le ventre de sa mère mais bon, faut savoir qu'un placenta, c'est ça :
et ça :
et puis aussi ça :
Bref, un bon gros morceau de bidoche bien sanguinolante.
Donc, maintenant que tu visualises un peu mieux ce qu'est un placenta, essaye de te rendre compte de ce à quoi peut ressembler un bébé lotus...
Imagine-toi un bébé déjà moche à la base (si si, un bébé qui vient de naître, c'est moche, par définition) relié à un gros bout de viande. Moi je dis, chapeau. Sérieusement, même bourrée, j'aurais jamais oser. Mais y en a qui osent, qui osent à donf même, et qui te donnent des recommandation sur comment bien entretenir ton placenta pourrissant pendant toute la période où il reste attaché à bébé.
Déjà, il paraît qu'il est conseillé d'égoutter le placenta avant toute chose. j'imagine bien le truc en salle de naissance : "Siouplaît, ne coupez pas le cordon hein ! Amenez-moi plutôt une passoire pour qu'on laisse le placenta égoutter quelques minutes.". S'en suit tout un tas de recommandations, de la façon d'envelopper le placenta aux suggestions censées limiter les mauvaises odeurs parce que oui, figure-toi qu'un bout de viande laissé à température ambiante pendant quatre ou cinq jours, ça finit par refouler (heureusement que quelques gouttes d'huile essentielle suffisent à dissiper les mauvaises odeurs !).
Voilà, tu sais désormais tout des bébés lotus. Merci Stadire, dire que j'aurais pu mourir sans jamais avoir eu connaissance de cette révolution dans le monde du maternage (et sans avoir su non plus qu'il existait du fromage Bio au lait de femme). Pis bon, faut arrêter de dire que c'est dégueu hein, parce qu'il paraît que c'est naturel et donc que c'est un acte de toute beauté. Et me demande pas si les mamans ayant fait le choix d'avoir un bébé lotus se sont posées des questions plus élémentaires du genre : par delà le symbole du bébé encore lié à la mère, y a-t-il un REEL intérêt à ce qu'un bout de viande en putréfaction reste accroché au nombril de mon enfant ? Ceci reste un grand mystère.
Ceci dit, soyons fous, soyons pour. Moi j'ai carrément envie d'aller plus loin, tant qu'à faire. Le jour où j'accouche, je propose de convier tout le monde à un grand apéro. Vous pourrez faire gouzi gouzi à mon bébé et même à mon placenta, pis vous pourrez aussi boire un verre de mon liquide amniotique que j'aurais conservé et filtré pour l'occasion. Sur ce, santé !
mercredi 1 octobre 2008
Foetus 1 - Eve 0
Découvrez The Ettes!
Mon foetus est un fourbe.
Ca va hein, pas la peine de t'offusquer et arrête de me montrer du doigt comme ça, ta mère t'as donc pas appris que c'était mal poli ou quoi...?
Donc, je réitère ma phase d'introduction totalement assumée : mon foetus est un fourbe et j'ajouterai, un chieur.
A l'heure où les futures mamans blogueuses adressent des poèmes à leur enfant en devenir, sortes de dialogues intimes où elles leur confient le bonheur qui les emplit depuis que ce petit être et elles ne font qu'un, je me pose quant à moi la question suivante : ne serait-il pas plus judicieux d'appeler mon enfant Damien ?
Comme Damien le môme de la Malédiction, évidemment.
On peut aussi l'appeler Freddy si tu préfères, ça marche aussi.
Bref, petit rappel des faits pour ceux qui n'auraient pas pigé à quel point mes hypothèses et mes doutes sont légitimes. Si mon foetus savait parler, dis toi qu'il te raconterai la chose ainsi :
"Ma mère, j'ai décidé de la faire chier dès le début. A force de se la péter avec sa vie rock'n'roll, il fallait bien que quelqu'un se dévoue pour donner tout son sens à cette expression. Alors je me suis invité dans son utérus, comme ça ouais, en faisant un gros fuck à cette pseudo pilule mini dosée et en complotant évidemment avec ses ovaires pour décaler ses cycles d'une bonne douzaine de jours afin que ses calculs à la con ne servent plus à rien. Et si ça c'est pas rock'n'roll, p'tain qu'on m'explique...
Ensuite, je me suis fait tout petit, un peu comme un espion ou un agent secret. j'ai fait comme si j'étais pas là, j'ai feinté un max pour pas être repéré. Mais il a fallu que cette conne fasse un test de grossesse et apprenne ma présence, la garce.
Et, comme toute personne qui s'invite à une fête à laquelle elle n'est pas conviée tout en squattant avec désinvolture un endroit encore plus surveillé que la zone 51, autant te dire que j'ai pas été franchement le bienvenu dans cet utérus pourtant si douillet (cet utérus, crois-moi, c'est de la bombe de balle, la Rolls Royce des utérus moi j'dis). Et comme tout invité malvenu, j'ai été gentiment prié de quitter l'utérus en question sans faire de manière, même qu'ils ont failli faire appel à la brigade de lutte contre l'Intrusion Vile de Gosse-à-l'état-foetal et que j'ai bien cru y rester. Sauf que...
Sauf qu'il en faut plus pour m'avoir moi, héhé ! Plus rusé que le commun des foetus, je me suis fait tout petit, vraiment tooooooooout petit, tellement petit que j'ai réussi à passer inaperçu à l'échographie ce qui, admets-le, est quand même un coup de maître, un tour que je compte bien revendre à David Copperfield dès que j'aurais atteint ma majorité.
Donc, mes braves parents, ils ont écouté ce con de gynéco qui leur a dit que j'étais pas là, que je m'étais auto-détruit (tu parles) et trois mois plus tard, j'ai mis ces pauvres nazes devant le fait accompli : je suis là et bien là, et je vous préviens, dans quatorze ans je vais vous réclamer un scooter et dans dix-huit ans, je profiterai de vos absences pour inviter des putes à la maison.
Pis je me suis calmé un peu, tout de même. Parce que la pauvre Eve, j'avais pas envie qu'elle se pende non plus, ni que le Manu devienne toxico à force de cogiter en fumant des pétards. Je me suis calmé jusqu'à mes 28 semaines et là... j'ai fait un retour en force.
Fini de déconner, place au pogo in utero ! Je me suis fait de ces teufs du feu de Dieu dans mon utérus bien cool, tant et si bien que la Eve, elle a pas trop supporté et que son utérus s'est mis à vouloir m'expulser petit à petit. Ouais tu l'as dit : l'angoisse. Alors histoire de faire un geste pour elle, vu que c'est ma mère quand même, et qu'elle commençait à toucher le fond à force de mater Derrick sur son lit d'hôpital, j'ai tout fait pour qu'elle rentre au bercail et là, j'ai décidé de passer à la vitesse supérieure en m'engageant tête la première jusqu'à ce que je touche le fond et en mettant des coups de tête comme t'imagines même pas pour sortir de là.
Hé ouais, j'ai bien songé à sortir par la force pour qu'elle arrête d'en chier et puis finalement...
Pis finalement, j'ai changé d'avis. Ouais cherche pas, j'suis comme ça moi, j'suis pas un foetus qui se laisse dicter une ligne de conduite, et pis moi et les dates, ça fait deux, alors autant te dire que le décompte des semaines de grossesse, je leur pisse dessus. Bref voilà, ayant changé d'avis, au lieu de tenter une sortie, je squatte désormais au plus bas du ventre de ma pauvre mère, même qu'elle a le sentiment de se ballader avec ma tête entre ses cuisses, ce qui n'est pas si loin de la vérité à vrai dire. Oui mais voilà, bien décidé à faire ma crise de rébellion pré-ado dès la première heure, je refuse désormais de descendre plus que ça. C'est tellement plus fendard de jouer à "accouchera ? accouchera pas ?" et je suis sûr que si je voulais, je pourrais me faire un sacré paquet de fric en prenant les paris.
D'ailleurs en parlant de paris, mon parrain le Coach m'ayant soudoyé pour que je déboule le 18 octobre, date de son retour des States, et mon propre père m'ayant promis une Playstation dernier cri si j'acceptais de ne venir que le 21 (pour naître le même jour que papa, c'est-y pas trop meugnon), je vais essayer de rester coincé ici pendant encore quelques temps.
Et désolé si ma mère morfle un peu trop, sincèrement hein. J'ai beau avoir des airs de réincarnation de l'antéchrist, je l'aime bien la Eve dans le fond, et si je pouvais, je ferais bien un truc pour elle, un truc qui lui ferait super plaisir comme... je sais pas moi... lui offrir ce sac à main qui est un peu le rêve de sa vie (note que ma mère est une sale petite consommatrice parfaitement superficielle et matérialiste) qui ne coûte que 250 euros (te plains pas, les frais de port sont gratuits en ce moment) ce qui représente que dalle quand on sait qu'il suffirait à chaque lecteur régulier de faire un don de 50 centimes d'euros pour rassembler cette somme. Mais bon hein, j'dis ça j'dis rien, je ne suis qu'un foetus après tout...
Sur ce, je retourne dans mon liquide amniotique jusqu'à ce qu'une bonne raison me pousse vraiment à sortir de mon utérus. Genre papa qui se remettrait à secouer maman en poussant des râles et en lui donnant des surnoms douteux, ça oui, ce serait suffisamment effrayant pour que je décide de sortir de mon trou. Enfin non, du sien quoi."
*******
Promis les lecteurs, le coup du sac à main, c'est pas moi qui l'ai soufflé à mon foetus hein. Parce que si l'idée venait de moi, j'aurais au moins pris soin de vous rappeler qu'il faut envoyer un mail à uncadeaupoureve@gmail.com pour faire un don. Or, mon bébé a eu la décence de ne pas mentionner ce détail, c'est dire s'il est bien éduqué. Et puis si vraiment j'étais en train de vous quémander un sac à main tellement beau que je pourrais lui faire l'amour à ce sac, j'aurais balancer une photo pour essayer de vous convaincre, genre cette photo-là quoi, prise au hasard sur le site de Babygirlboutique sur lequel tu peux commander des trucs si t'es muni d'une CB et d'un compte en banque créditeur.
Bon trêve de connerie,
fais péter ta CB merde, je l'ai bien mérité. Pendant ce temps, je retourne compter mes contractions.
Et demain si t'es sage, je te raconterai comment j'ai vécu deux jours dans la quatrième dimension.
jeudi 25 septembre 2008
Today is the day... ?
Découvrez Ramones!
Oui je sais, t'en as sacrément ras le bol que je te fasse le récit de tout ce qui se passe dans mon corps et plus précisément dans mon utérus. Quoi que, tu peux t'estimer heureux que j'aie décidé de m'attarder précisément sur le contenu de mon utérus et non sur celui de mes intestins, si si j't'assure. Moi-même, je t'avouerai que ça m'emmerde et que quand je vois à quel point ce que j'écris ces temps-ci est naze, j'ai bien envie d'arrêter ce blog. Là, c'est le moment où vous êtes tous censés hurler : "Nan Eveuh ! Par pitié, ne ferme pas ton blog, c'est notre seul raison de vivre, notre instant de grâce de la journée, ce qui rend nos pauvres existences merdiques encore un peu supportables !!". En plus, en fermant ce blog, je ferais preuve de solidarité avec Noisy qui est un gros traître sur le point de nous abandonner lâchement en fermant sur blog qui parle de mandolines, de punks et de tant d'autres choses, même que c'est de sa faute à lui si je me remets à écouter les Ramones en boucle en disant que tout le reste, c'est de la merde. Mais bon, comme on va voir les sales Maj ensembles en novembre, je lui pardonne.
Bref, revenons-en à mes histoires d'utérus. Oui, c'est passionnant je sais. Mais en même temps, dis-toi que quand ça fait six semaines que t'es alitée quasi toute la journée, dont plus d'une semaine sur le côté gauche (rappelle-toi, c'est important le côté gauche), ben t'arrives difficilement à te concentrer sur autre chose que sur ta brioche éléphantesque qui t'emmerde (faut bien dire les choses telles qu'elles sont) et sur le chiard qui est dedans.
Cette introduction totalement désespérante de médiocrité et bien trop longue était censée m'amener à ceci : j'me demande, lecteur, si ce serait-y le grand jour. Comment ça "le grand jour" ? Non, pas le jour où Gregory House et Gil Grissom vont enfin se décider à m'appeler pour me proposer un plan à trois (note qu'on propose rarement ce genre de plan à une femme enceinte, surtout quand on s'appelle Greg et Gil). Ni le jour où je vais plus simplement réussir à convaincre Manu qu'on peut reprendre le sexe en toute quiétude et lui faire gober que c'est pas parce que les doigts de la sage-femme parviennent à toucher la tête de bébé que son zguègue va forcément buter dessus (sur la tête du bébé hein, pas sur les doigts de la sage-femme). Ni le jour où je recevrai un contrat pour des piges décemment payées ou une proposition honnête d'un éditeur qui aura enfin pigé avant tout le monde que mes mots valent de l'or.
En revanche, c'est le jour où je vais peut-être pondre.
Ouais, sans blague. Intuition perso.
Là, maman (qui lit ce blog tous les matins au boulot), elle pousse un cri, elle jette son clavier à la tête de sa chef et elle se rue chez moi. Et elle se fait licencier par la même occasion. Alors non maman, calme-toi, peut-être me trompe-je, même si je me trompe rarement.
Bon, faut quand même que tu saches lecteur que si je ponds today, j'aurai rien que cinq semaines d'avance sur le terme théorique. voire sept. mais on va dire cinq, ça fout moins les jetons. Conclusion : ça craint du boudin, ouais je sais. Mais que veux-tu, le marmot, il a plus l'air de vouloir rester dans mon corps, même si mon corps est un peu l'endroit le plus douillet au monde, et c'est pas Manu qui me contredira sur ce point.
Ca fait deux jours que Rambo Jean-Claude nous prend pour des cons en nous faisant le coup des contractions toutes les cinq minutes, pendant une heure et puis basta... Sale gosse va, tu devrais voir ton père tout paniqué devant sa montre, même qu'il arrive plus à apprécier les débats sur LCI tant il est inquiet !! Et ça fait deux jours que le jean-Claude, j'ai l'impression de l'avoir entre les jambes. oui oui, j'ai bien dit entre les jambes, je suis à deux doigts de m'attendre à voir sa tête dans ma culotte quand je vais faire pipi, c'est dire... Et hier, la gentille sage-femme m'a confirmé que la tête était aussi basse qu'elle ne l'était lors d'un contrôle chez une femme déjà installée sur la table d'accouchement, c'est dire s'il est prêt à se pointer le moutard. Dans les starting blocs qu'il est le môme, prêt à débouler comme un taré pour voir si maman a l'air d'une bonnasse en vrai et pour écouter du rock'n'roll sans que le corps de maman et le liquide amniotique ne fassent barrière. Mais quand même Jean-Claude, n'insiste pas, tu es encore trop petit pour qu'on t'emmène aux Sales Maj et aux PKRK le 22 novembre. Pis d'ailleurs, t'es pas à plaindre pour un foetus, rock'n'rollement parlant, parce que je te rappelle que t'as déjà assisté, in utero, à deux concerts des PKRK, autant de concerts des Buzzcocks et un des Damned, ce qui est un foutu beau palmarès pour un bébé pas encore né (sans compter que cette liste est loin d'être exhaustive).
Donc voilà, je t'explique lecteur : depuis ce matin, JC (appelons-le JC tu veux bien ?), il pousse comme un gros malade mental sur le col utérin de sa mère. Mais pas suffisamment pour que j'appelle le SAMU en hurlant que je vais crever si'ls ne se pointent pas tout de suite. Ni d'ailleurs pour que je dise à Manu de faire venir le docteur avec sa grosse mallette (et aussi, tant qu'à faire, le révérend au cas où l'affaire tournerait mal) tandis que ma mlère fera bouillir de l'eau et apportera du linge propre. Ceci dit, il pousse quand même pas mal, le petit salopard. Alors voilà, tu sais désormais que je me tiens prête. Et que je javellise toute la baraque, ce qui est très mauvais signe. Car au cas où tu ne serais pas informé sur la chose, une femme enceinte qui se met à récurer toute la maisonnée à grand renfort de désinfectant et tutti quanti, c'est génralement signe que le marmot n'est pas loin. Eh oui, c'est qu'on fonctionne comme tous les bestiaux, nous les êtres humainEs, et qu'on prépare le nid lorsque l'on sent que le petit s'aprête à débarquer.
Sur ce, je ne m'étends pas davantage. parce que j'ai pas fini de tout laver, parce que je dois encore mettre mes beaux soutien-gorge d'allaitement dans ma valise (tu sais, ces soutien-gorge à bonnets ouverts... même que Manu leur trouve un petit côté SM plutôt sympa, c'est dire l'abstinence ne nous réussit pas à l'un comme à l'autre) et puis aussi parce que j'ai deux enfants déjà nés dont je dois m'occuper.
Si demain t'es sans nouvelle, dis-toi que j'ai effectivement pondu et magne-toi le cul de me faire un joli cadeau. Et puis si je suis toujours chez moi, allongé sur le côté gauche, reviens quand même sur ce blog, ça parlera épilation et poils de cul. Comme quoi, je suis aussi capable de revenir à la raison et de parler d'autre chose que de mon foetus.
Allez va, comme dirait n'eric : hasta la vista bye bye.


































