mardi 19 mai 2009
Houblon à boire et amis d'un soir
Encore une soirée banale parmi les punks...
J'ai assisté à un concert de PKRK, une fois de plus, je vais donc me passer de te faire le topos habituel, bien qu'il ne me semble pas vain de te rappeler, ceci dit, que PKRK c'est les meilleurs, que ce concert était juste magnifique, que le retour de Laurent à la batterie était inespéré, et que t'es vraiment un sacré gros naze si t'as pas PKRK dans ta discothèque. Nan parce que bon, ça fait rien que deux ans que je me crève le cul à te dire qu'il FAUT écouter PKRK, que tu peux pas ne pas aimer, que je te file les liens pour que tu files acheter leurs disques voire pour les écouter gratos, vu que je n'exclue pas l'éventualité que tu sois un gros rat pas foutu de financer la scène punk, et que malgré tout cela, je ne suis pas bien sûre que t'aies enfin imprégné, dans ton petit cerveau de demeuré.
Donc je suis allée voir PKRK et c'était fort bien.
Même qu'avec Diego Pallavas avant et les Cadavres après, c'était encore mieux.
Et donc, pour te résumer le truc vite fait, ceci fut une soirée habituelle : j'ai bu des bières, j'en ai payées quelques unes et m'en suis faite offrir un paquet, j'ai tellement picolé que j'ai fait des trucs inconsidérés comme chercher la merde à des gaillards gaulés trois fois comme moi, faire des gros fuck à des tocards qui ont eu le malheur de me tapoter sur l'épaule pendant le concert, sans craindre de me prendre une mandale en retour (note qu'il ne faut jamais me déranger pendant un concert, sauf si t'as une bière à m'offrir), sympathiser vite fait avec deux ados alors que je ne sympathise jamais avec personne quand je suis à jeun, surtout pas avec des jeunes et encore moins avec des filles, et puis faire un stage diving sur le dernier morceau de PKRK. Te moque pas, j'y suis pour rien si j'ai 14 ans à chaque fois que je les vois sur scène.
Bref, comme tu l'as compris, cette soirée fut, une fois de plus, largement conditionnée par mon ami le houblon. Même qu'à trop boire de diabolo houblon, j'ai failli gerber dans la bagnole, sur le chemin du retour. Mais je suis une fille très distinguée qui sait se retenir, aussi me suis-je contentée de faire flipper tout le monde durant le trajet en répétant "au secours, je vais vomir", "il me faut un sachet" ou "le prochain qui me parle de bouffe je lui gerbe dessus"... mais sans jamais vomir. Oui je sais, je suis parfois d'une charmante compagnie. Trop forte n'empêche. Parce que me lendemain, malgré l'effet grand huit qui a duré une bonne partie de la nuit, et malgré une soirée qui s'était achevée aux alentours de 4 heures du matin, je me suis réveillée à 8 heures fraîche comme un gardon, et j'ai même eu le courage de préparer le petit-déj au reste de la bande. Je suis comme qui dirait... wonder woman.
Mais l'un des intérêts du houblon, en plus de te faire perdre toute maîtrise de soi au point de te ridiculiser en public, c'est de t'amener à faire des rencontres assez exceptionnelles dans le genre, j'ai nommé ces potes d'un soir avec qui tu refais le monde au bar. Et bien dis-toi que bien que j'aie l'habitude de ce genre de rencontres qui valent toujours leur pesant d'or, je crois avoir décroché le gros lot vendredi dernier en faisant connaissance avec Carole.
Sacrée Carole j'ai envie de dire ! Carole, "42 ans et le cul dur comme du béton... touche pour voir !". Carole, elle m'a invitée à tater son cul une bonne demi-douzaine de fois pour me montrer à quel point il était encore ferme pour son âge et à quel point elle était d'ailleurs encore jeune, d'une façon générale. Même que sa fille, paraît qu'elle la traite d'ado dans un corps de vieille et qu'elle la fait chier avec son beauceron. Cherche pas, aucun lien, fils unique. Et même que Carole vit une folle histoire d'amour avec son mec, mais qu'avant c'était juste un ami, vu qu'ils ont passé "15 ans à se renifler le cul avant de conclure". Moi, quand on me paye une bière pour me raconter des histoires d'amour sur ce ton là, je kiffe méchamment quoi ! Même la Peste qui n'avait pas picolé, elle a ri comme une tarée en écoutant ces histoires de beauceron et de fesse ferme, c'est dire si Carole c'était du gros dossier : "Alors moi j'y ai dit : tu vas pas m'péter les couilles avec ton clébard, tu vas pas m'faire chier hein, j'ai pas qu'ça qu'à foutre avec ton putain de cabot !". Et la suite de l'histoire, on ne la connait pas vu que ça n'a jamais été plus loin. C'était une sorte d'histoire en boucle, cette histoire de chien, un concept en soi, ce truc que seul le houblon te permet de faire. N'empêche que Carole, elle nous a bien fait rigoler, surtout quand elle essayait de rajuster son brushing alors qu'elle était tellement en nage qu'on l'eût dit tout juste sortie de la douche : "Putain d'merde, j'ai fait mon brushing juste avant de v'nir et j'crois qu'il est foutu là". Et avec ou sans brushing, elle était trop excellente avec son polo têtes de mort et son "cul d'enfer". Et pour conclure cette histoire que seuls les ivrognes seront en mesure d'apprécier, pour citer ma copine de bar : "Tu verras quand tu seras grande, tu r'penseras à Carole et tu te diras : elle avait raison Carole, elle avait raison !". Donc je ne sais pas au juste en quoi Carole est supposée avoir raison ni si cela a rapport, de près ou de loin, avec la fermeté des fesses, les désagréments capillaires ou l'élevage du beauceron, mais moi j'ai décidé d'être d'accord avec carole. Question de solidarité houblonnée.
Sur ce, je te laisse méditer sur cette pensée philosophique car moi j'ai autre chose à faire, comme par exemple me poster devant ma porte d'entrée pour être sûre de ne pas rater le facteur qui doit me livrer le Kitchenaid* de mes rêves... mais ça, c'est une autre histoire.
@ Laurent, si tu me lis : Merci de m'avoir mise sur la liste d'invités pour que je n'aie pas à payer l'entrée. Mais si la prochaine fois tu pouvais me prévenir un peu plus d'une heure avant le début du concert, ça m'éviterait de payer et faire valider ma place. C'est pas grave ma caille en sucre, je te pardonne.
@ Caps, qui me lit sûrement : Les tétards vont bien, je leur ai trouvé des noms : Joey, Johnny, Tommy et Dee Dee. Pour faire simple.
@ Hervé, qui lui c'est sûr, me lit au lieu de bosser (et qui après accuse mon blog d'être à l'origine des virus qui polluent tout le réseau informatique de sa boîte : Hervé, arrête de confondre mon blog avec tes sites de porno en streaming, merde quoi !) : On n'a plus l'âge pour les stage diving. Enfin surtout toi quoi...
@ Vérole, qui ne me lit probablement pas mais bon, tant pis : Tu as un ticket avec la Peste.
*S'agirait pas de croire que c'est les clopinettes que vous m'avez filées en guise d'obole qui ont pu le financer. Vous avez cru que je voulais me payer une dinette ou quoi ? Vous avez tellement fait les rats dans l'ensemble que j'ai tout juste de quoi me payer la housse et le livre de recettes à la rigueur, bande d'ingrâts ! (Ceci dit, je ne manquerai pas de remercier individuellement les quelques vaillants participants tels qu'Ibizabelle, qui a revendu un talon de ses Louboutin pour me filer un peu de blé, ou encore Spike qui a été obligée de dealer des champi pour amasser un peu de thune à me refiler. Merci les gueuzes, vous êtes bien bonnes. Et merci aux quelques autres aussi.).
jeudi 30 avril 2009
Chonchon, CRS de profession
Chonchon et moi, on se connaît depuis l'école maternelle. Et quand tu vis dans un bled de 300 habitants qui ne compte même pas une naissance par an, t'as vite fait de devenir pote avec tous les gosses du bled et les amitiés les plus improbables en viennent ainsi à se créer, aussi Chonchon et moi sommes-nous devenus copains comme cochons quand bien même rien ne nous y prédestinait.
Un jour, quand j'avais 6 ans et lui 7, on a s'est amusé à faire des bulles de savon dans le jardin. Ma mère nous a filé à chacun un gobelet d'eau savonneuse avec une paille dedans. Moi, je me suis appliquée à faire des bulles de touteuh bôté et pendant ce temps, Chonchon, qui n'avait rien compris au truc, il a siroté tout le produit vaisselle dilué.Sacré Chonchon va.
Quand j'avais 7 ans, Chonchon et moi on a fait une balade à vélo, moi sur ma bicyclette Miss Peugeot bleue nacrée, lui sur son bicross fluo. Le temps étant pluvieux, j'ai repéré une petite bestiole sur la route et me suis écriée : "Fais gaffe, un escargot !". Et vu que j'étais une môme sympa et qu'à l'époque, j'avais encore un coeur, j'ai posé mon vélo et chopé l'escargot pour le mettre en lieu sûr avant qu'il ne se fasse réduire en bouillie par les roues d'un véhicule quelconque. Et Chonchon, il m'a tendu la main en me disant : "Donne va, je m'en occupe", et puis il a claqué l'escargot contre un mur même qu'à la fin, ça ressemblait à un vieux molard parsemé de morceaux de coquilles. J'ai dit "t'es trop nul" et lui il s'est tordu de rire en pointant la bouillie d'escargot du doigt. Il était con des fois le Chonchon. Et quand j'ai su plus tard que les tueurs en série avaient tous torturé des animaux pendant leur enfance, j'ai repensé à lui et je me suis dit : "Ah ouais quand même...".
Tout ça, c'est juste pour situer un peu Chonchon...
L'année de mes 8 ans, j'ai trouvé ma vocation : vétérinaire. Pour soigner les escargots pulvérisés contre les murs, sans doute. Chonchon lui, il voulait être policier. Pour se battre contre les méchants.
A 9 ans, j'ai renoncé à la profession de vétérinaire après avoir été avertie de la nécessité d'enfoncer son bras dans "le cul" des vaches pour procéder à leur mise bas. Et après avoir appris qu'on ne pouvait rien faire pour les escargots écrabouillés, paix à leur âme. J'ai donc décidé de devenir patineuse artistique, uniquement pour les costumes à paillettes, évidemment. Pendant ce temps, Chonchon lui, il voulait toujours être policier. Pour se battre contre les méchants escrocs.
Quand j'ai eu 10 ans, j'ai compris que patineuse artistique, c'était une mauvaise idée. Peut-être tout simplement parce qu'aller à la patinoire deux fois dans l'année en tentant péniblement de négocier les virages sans se vautrer la gueule sur la glace, ça n'aide pas à forger de la championne olympique. Alors j'ai renoncé à mes rêves de justaucorps pailletés et j'ai décidé de devenir institutrice. Pour avoir un cahier de bord avec des colonnes où reporter les notes, et un stylo rouge pour écrire les appréciations. Et pour pouvoir écrire sur le tableau à craie, tout le temps. Pendant ce temps, Chonchon voulait encore être policier. Pour se battre contre les méchants arabes. C'est qu'il a drôlement mal tourné Chonchon.
Et bref, Chonchon et moi, on a grandi, chacun de notre côté, cultivant respectivement l'ambition de faire découvrir Baudelaire à des collégiens et de mettre un coup de matraque aux bandits, surtout s'ils sont bronzés. L'un et allé en fac de Lettres, l'autre a fait l'école de police. Et le Chonchon, je l'ai ainsi perdu de vue, ce qui n'était pas un mal dans le sens ou à la longue, il commençait à me faire flipper un peu.
Et puis un jour, ça sonne à ma porte. Chonchon et une boîte de chocolats à la liqueur. Il savait pas que j'aimais pas ça, les chocolats à liquer. En même temps, venant d'un mec qui boit du liquide vaisselle dilué à la paille, on peut s'attendre à tout. "Chonhon ! Quel bon vent t'amène ?!", j'y ai dit. Et il m'a expliqué qu'après avoir fait sa formation dans la police, il passait maintenant un CAP spécifique à la Police Nationale, par correspondance. Et qu'il avait grand besoin de moi pour que je l'aide à décrocher son diplôme. Et vu que j'étais la plus bilingue de tout le village, ben il avait évidemment que moi sous la main pour l'assister lors de la rédaction de ses devoirs d'Anglais, aussi suis-je ainsi devenue, bien malgré moi, et au nom d'une lointaine amitié rurale, formatrice d'un futur flic.
Tous les samedis, Chochon déboulait donc chez moi armé d'une pochette A4, de brouillon et d'un crayon HB. Et tous les samedis, j'essayais de faire aligner deux mots en Anglais à Chonchon, rapport au fait que l'épreuve qu'il préparait était une épreuve orale. Et crois-moi, c'était pas si simple quand tu vois que le gaillard débarquait chaque semaine en me disant : "Hello Eve how do you go ? Me I'm and I'm love of apprening English with you". Rien que ça ouais.
Donc à la base, Chonchon il était loin d'être bilingue. Faire une phrase en Anglais, c'était juste au-dessus de ses moyens. Le truc c'est que quoi qu'il en soit, il DEVAIT renvoyer ses devoirs, bilingue ou pas. Alors au final, après quelques leçons, ayant compris que jamais il ne saurait me demander comment j'allais autrement qu'en disant "How do you go ?", on a fini par se résigner et par se mettre d'accord sur ce point : les devoirs, j'allais tout simplement les lui faire, un point c'est tout. Après quelques leçons, Chonchon s'est donc contenté de m'apporter les sujets et de venir récupérer le travail bouclé quelques jours après. parfois même, je lui faisais ça rapidos et le faisait patienter en lui servant un café, ce qui était tout de même plus éprouvant dans le sens où Chonchon, se voulant alors de bonne compagnie et se sentant parallèlement un rien gêné à l'idée de tremper des petits beurres dans du café pendant que je planchais pour sa pomme, se sentait obligé de me faire la conversation. Et ça donnait ça :
"Rho putain, la s'maine dernière, t'aurais du voir, on a arrêté un mec. Il f'sait l'malin l'autre, alors moi, j'te l'ai collé sur le capot de la bagnole et j'y ai gueulé POLICE NATIONALE en lui claquant ma carte dans la gueule !!! Putain j't'assure qu'il faisait pas l'malin l'autre hein... héhé !". Note que j'ai mis des majuscules à "POLICE NATIONALE". Car c'est à cet instant précis qu'il m'a décollé un tympan. Hé ouais, il était comme ça Chonchon, tellement à fond dans son trip, vengeur masqué des temps modernes, flic censé en imposer... bref, il se croyait tellement plus fort que le commun des mortels grâce à son uniforme et sa matraque toute neuve que quand il te racontait ses récits, il s'emballait systématiquement, à un moment donné, se mettant à hurler littéralement. même qu'une fois, il a gueulé si fort que j'ai du ramasser mon oreille par terre et faire une crise cardiaque en même temps : "Putain t'aurais du voir, le lascar il faisait le malin, moi chuis arrivé par derrière, y m'avait pas vu, et là... BÂÂÂÂÂÂÂM ! J'te l'ai collé contre l'mur qu'il a rien eu l'temps d'voir l'enculé !".
Et bon, pendant près d'une année, deux fois par mois, je faisais les devoirs de Chonchon. Et il les renvoyait aux correcteurs après avoir consciencieusement tout bien recopié. Quand son bulletin de note est arrivé, il était pas peu fier le Chonchon avec son 19 de moyenne. Mais en même temps, il commençait à flipper à l'idée de son épreuve orale car à moins d'enregistrer ma voix sur un dictaphone et de se la faire en playback, l'épreuve était loin d'être in the pocket.
Mais bon, vaillant, Chonchon qu'a peur de rien s'est rendu très solennellement à son épreuve. Nul qu'il a été. Il lui ont d'abord mis 6. Et puis ont consulté son dossier et se sont rendus compte que mazette, il avait tout de même eu 19 de moyenne toute l'année. Alors ils lui ont demandé si par hasard, il s'était fait aidé pour ses devoirs écrit, ce à quoi Chonchon a répondu "non, je me suis juste fait relire quelquesfois". Et suite à quoi le jury a décidé de couper la poire en deux et de lui mettre un 15, considérant que sa mauvaise prestation ne pouvait pas être sanctionnée compte tenu des résultats admirables qu'il avait reçus à l'écrit. Tu le crois ça ?! Authentique hein, je te JURE.
Et donc, maintenant, Chonchon est CRS. Et drôlement fier avec ça, c'est moi qui te le dis. Et à chaque fois que je le vois, je me dis que s'il en est là, c'est un petit peu à cause de grâce à moi. Et je sais pas quoi en penser au final. Ceci dit, quand je me re-mate le sketch d'Eric et Ramzy sur le concours de la police, non seulement je me marre mais maintenant en plus, je sais pourquoi.
Et si Chonchon ne s'était pas appelé Chonchon, il se serait appelé Tuckleberry :
Découvrez The Clash!
vendredi 24 avril 2009
Moi aussi je peux être cinéaste !
Vengeance !!!
Mandoline, on a toujours su que t'étais un homme de bon goût.
(faut cliquer sur la photo pour voir la vidéo, bande de loutres !)
Pour le paquet de nazes qui n'aurait pas suivi, ceci est une riposte à Loo & Lea et à leur super-production bollywoodienne "Crise dans le couple Eve-Manu".
Montana, prépare ta vengeance, ils te font passer pour un pauvre type pas doué en affaires et dont la caisse n'est même pas équipée d'un auto-radio, dans l'épisode "Eve part chez Mickey".
lundi 20 avril 2009
Can't wait to see the Adicts
Hier matin, quand j'ai commencé à ouvrir les yeux depuis le fond de mon plumard, l'intro d'England accompagnait mon émersion et mes premiers pas hors du pieu se faisaient sur fond de "I I I I Wo oh oh oh I I I I wo oh". J'ai pris ma douche en chantant Angel, enfilé mes chaussettes en répétant que "Oh yeah I'm a joker in the pack", et tout l'après-midi, j'ai tapé du ménage en gueulant "Viva la Revolution", même que je faisais flipper mon chien à chaque refrain. Je me mets à la place de la pauvre bête, c'est vrai que ça pouvait sembler un rien inquiétant de voir sa maîtresse brandir le balai en s'écriant "VIVAAAA" à chaque fois que la chanson recommençait. Ceci dit, c'était sans doute moins effrayant que de me voir gueuler "Get Adicted cause it ain't not crime" en slibard devant mon miroir, en brandissant ma brosse à dents tel un micro au-dessus de mon public virtuel (oui, y a des gens virtuels qui viennent m'écouter chanter dans ma salle de bains et je vous merde). Car oui, hier, j'ai écouté les ADICTS en boucle. Et pour cause : j'étais trop ravie de me dire que j'allais enfin les voir en vrai le soir même, alors comme à mon habitude à quelques heures d'un concert, je me faisais déjà le show à moi toute seule dans mon appart.
Et autant te dire que quand le Manu est rentré du boulot, prêt à repartir pour pogoter, j'étais aussi excitée qu'une môme un soir de Noël tellement j'étais coooooontente. D'ailleurs c'est bien simple, j'ai failli pisser sur le tapis de l'entrée pour manifester ma joie quand il s'est pointé dans l'appart (oui je sais,avoir un chien, ça ne me réussit pas, je chope toutes ses vilaines habitudes. Au chien, pas à Manu sans ça je me laverai tous les trois jours seulement et ce serait pas cool).
Et donc, on a sauté dans la bagnole, on a ramassé notre ami Ouin Ouin au passage et on est allé tout droit chez nos voisins luxembourgeois pour mater ce concert tant attendu. Une bonne heure de route tout de même hein, mais bon, quand on aime on ne compte pas et les Adicts valent bien quelques bornes. Alors pour s'occuper, on a bu des bières, parlé de cul et maté nos billets de concert dans tous les sens en se disant que oooh, ils étaient jolis pour une fois les billets, et en essayant de traduire les hiéroglyphes germaniques pour en décrypter le sens.
Quand on est arrivés dans la navette prévue pour nous déposer devant la salle de concert, on s'est dit que putain, ils avaient un drôle de look les gens qui venaient voir les Adicts. Et qu'ils étaient vieux ma foi, avec une proportion non négligeable de gonzesses, ce qui est tout de même assez rare dans un concert de punk 77. Et bon, y avait tous ces gens de 45-50 ans, habillés comme pour aller au boulot, et y avait ce grunge de Ouin Ouin, et Manu dans son pull mohair rayé, et moi avec mes baskets léopard, et tous ces gens nous regardaient aussi étrangement qu'on les observait nous-mêmes, comme si on appartenait pas du tout au même monde. On s'est dit qu'ils étaient bizarres les Luxo, que tous ces drôles de gens allaient sans doute voir un autre concert dans une salle voisine et on s'est rassuré en se disant que sur place, y aurait sans doute des tas de keupons à crête pour relever le niveau. Sauf que non. Quand on est arrivé devant la salle, y avait rien que des gens normaux et pas l'ombre d'un punk, ouaich. Même pas ça nous a paru plus étrange que ça, tellement on est des nazes. Alors on a continué à boire des bières et à compter les pétards tout en survolant la foule d'un oeil pour essayer de repérer du punk familier.
Et puis au moment d'entrer dans la salle, ben on s'est vus refusés l'accès.
J'TE JUUUURE !!
Pas parce qu'on avait des super look par rapport à tous ces gueux.
Pas parce qu'on avait des canettes de bière plein les poches.
Pas parce qu'on avait des joints planqués dans les chaussettes.
Juste parce qu'on avait...
un mois d'avance.
(silence)
(ouais je sais, la honte quoi)
On était tellement pressés de voir les Adicts qu'on s'est pointés à leur concert avec un mois d'avance. Parce que les Adicts, ils passent le 19 mai et pas le 19 avril. Et que le 19 avril, c'était Simply Red à l'affiche, autant dire qu'on a vu plus rock et plus punk dans le genre. Ouais vas-y dis-le, on est des buses. DES BUSES quoi !!
Je te dis pas comment le videur il s'est bien marré quand il a chopé le billet de Ouin Ouin, qu'il a d'abord pris pour un faux billet, et qu'il s'est mis à lui indiquer la date en ricanant, comme si Ouin Ouin était trop drogué pour comprendre. Et comme nous on se serait étranglés mutuellement face à notre monstrueuse connerie (on a quand même tous eu les billets en main pendant tout le trajet et y en a pas un qui a vérifié la date). Et je te laisse imaginer comme on était dégoûté de devoir rentrer dans notre ville fantôme où y a pas un bar d'ouvert le dimanche soir, alors que dans notre tête, c'était déjà la grosse totale avec du punk et du houblon plein les neurones.
Et c'est ainsi qu'alors que nous étions partis pour une folle soirée punk rock 77, on a fini dans un bar luxembourgeois miteux où une serveuse qui portait un haut de maillot de bain, des western boots en skaï blanc et un appareil orthondontique, nous a servi deux bières et un café crème avec Pascal Obispo en fond sonore. Véridique, j'invente rien. Si ça c'est pas de la loose intersidérale, hein...
Donc les copains, j'annonce : le 19 mai, on sera doublement en forme pour aller voir les Adicts. D'ailleurs cette fois là, on sera tellement contents de pas se taper l'aller-retour dans le vent que même si le concert est pourri, on sera quand même content.
N'empêche moi je trouve qu'on est sensationnels sur ce coup-là. Limite je trouve cette histoire plus forte que la fois où Ouin-Ouin est sorti du concert des Damned en disant "trop bien cette première partie, vivement que les Damned viennent jouer". Sauf que c'était pas la première partie mais bien les Damned qui venaient de jouer. Qu'il est fort ce Ouin-Ouin.
Moi j'ai envie de dire : mes potes et moi, on est trop fort. Limite ça me dégoûte pour les autres tellement on est forts.
Bon ben en attendant le mois prochain :
samedi 7 février 2009
Get a grip on yourself ! : les Stranglers assurent toujours

photo prise avec beaucoup de talent par le Coach et publiée sans son aimable autorisation
(dans ton cul l'autorisation !)
Découvrez The Stranglers!
La plupart de mes potes ont cela en commun qu'ils sont plus âgés que moi et qu'ils ont donc vécu les débuts du punk et sa grande époque lorsque quant à moi, j'étais encore dans les couilles de mon père. Certains ont fait des afters mémorables avec les Rezillos, pris un verre avec Rat Scabies, vu les Ramones dans des discothèques ringardes, d'autres ont bouffé avec Joe Strummer lors d'un festival... bref, ils ont rien râté, les enfoirés. Ou si peu.
Moi, j'ai débarqué trop tard. Née en 1981, le calcul est vite fait : quand je suis arrivée à l'âge de fréquenter des concerts et surtout de m'y rendre par mes propres moyens (quand tu vis dans la campagne profonde, Paris c'est juste le bout du monde et c'est pas en bicyclette Miss Peugeot que tu risques d'y aller), ben on peut dire que tout était fini ou presque. PKRK avait déjà splitté (tu comprends mieux pourquoi je ne suis toujours pas remise de leur retour inespéré), les Rats avaient donné leur dernier concert et même les Zabriskie Point ne m'ont pas laissée le temps de les voir (sachez les gars qu'à ce jour, je vous en veux encore pour ça... note pour plus tard : penser à écrire à Bégaudeau pour lui dire ô combien il m'a brisé le coeur le jour où les Zab ont arrêté). Côté punk anglais et new-yorkais, même topos, j'étais loin d'avoir les moyens de faire des centaines de kilomètres pour pouvoir voir qui que ce soit, c'était plus facile de se résigner à jamais les voir et puis de toute façon y avait pas d'autre choix.
Bref, quand j'ai enfin eu les moyens de voir tous ces groupes, ben on peut dire qu'ils étaient déjà bien vieillissants quand il n'avaient pas déjà arrêter. Et c'est précisément pour cette raison que la plupart de mes amis qui ont connu les débuts du punk préfèrent ne plus aller les vois en concert, considérant que ces groupes ont définitivement fait leur temps et qu'il vaut mieux rester sur de bons souvenirs qu'être confronté à de vieux punks désormais bedonnants et grisonnants qui n'ont plus qu'à moitié la pêche (ça c'est ce qu'ils disent) voire pire, se contenter d'un line up tellement loin de la formation d'origine que le groupe perd tout son sens (pas toujours mon avis).
Leur position me semble légitime. Et quand ils se foutent de ma gueule parce que "wha la honte ! Payer pour voir les Buzzcocks avec un Pete Shelley tout pourri en jogging !", j'essaye de pas riposter. Mais au final je riposte quand même (ouais, je suis trop bon public pour ça moi, je démarre au quart de tour et ils le savent bien). Et je dis "Pete Shelley en jogging pawa !", ce qui résume assez bien l'idée je trouve ; moi j'ai eu la chance de connaître que dalle (ceci dit, j'ai la chance d'être encore jeune et fraîche à ce jour... désolée les vieux, on se venge comme on peut !) alors me contenter de ces vieux rockeurs, ben c'est toujours ça de pris. Et je m'en fous qu'ils soient plus très frais ou qu'ils n'aient plus assez de cheveux pour envisager de se faire la crête, tout ce qui compte c'est qu'ils assurent encore sur scène, le reste je m'en tamponne. Et quoi qu'on en dise, Dave Vannian il assure encore même s'il a du bide. Idem pour Pete Shelley chauve/obèse/en jogging. Quant aux Stranglers...
... aaaaaah, les Stranglers ! Là c'est encore une autre histoire...
Quand j'ai dit "Ouah cool, j'ai des invit' pour aller voir les Stranglers !" (merci le gentil Coach), tout le monde s'est doublement foutu de ma gueule. Parce que paraîtrait que les Stranglers sont vieux et n'ont plus rien, mais alors PLUS RIEN à voir avec les vrais Stranglers, comprenez les Stranglers d'antan. Pire, on m'avait certifié qu'à leur concert, j'allais grandement me faire chier, que c'était la crise d'ennui assurée, que ce serait ambiance radio crochet.
Et la vérité, j'avais fini par me laisser convaincre que ouais, les Stranglers avaient peut-être définitivement fait leur temps et que c'était une connerie d'aller les voir au risque d'être déçue.
Sauf que comme la soirée me coûtait qu'dalle (merci encore le gentil Coach), j'allais quand même pas cracher sur un concert gratos, d'autant que je devais évacuer le stress engendré quelques heures plus tôt par un goûter d'anniversaire de folie (félicitations ma naine pour tes 5 ans, ceci dit, ton prochain goûter d'anniversaire ce sera pour tes 18 ans et pas avant. Et je te préviens, ce sera une boum dans le garage ou rien), j'y suis allée quand même. Sans conviction certes, mais de bonne humeur et avec du popper's dans le sac à main.
Et ben t'sais quoi...
hein, t'sais quoi...
Ben les Stranglers, ils ont été au top. Ils ont assuré comme des chefs. Et rien à foutre qu'un Burnel ne remplacera jamais un Paul robert au micro. Il était bien ce Burnel, merde. D'ailleurs ils étaient tous bien et j'ai passé un super moment, bon concert, respect les gars. Déjà pour prouver mes dires, je vais m'appuyer sur mon baromètre d'ambiance et de punkitude j'ai nommé Manu. Manu qui a toujours le même avis que moi sur la musique et les concerts (sauf que non Manu, tu ne me feras pas écouter de Sardou même bourrée, que je continue à penser que les Sales Maj' ça a mal vieilli et que je persiste à dire que NoFX, c'est de la merde) (mais en dehors de ça, on est d'accord sur tout). Et donc bon, plus Manu pogote tout seul, plus c'est signe que le concert est bon (oui, mon mec pogote tout seul, y compris sur les slows. Et on vous emmerde). Alors vu que Manu a déjà failli se faire plein d'ennemis dès le premier morceau en bousculant ou douzaine de quinquagénaires dodelinant sagement de la tête (faut dire qu'avec Get a grip on yourself d'entrée de jeu, t'es un peu obligé de te déchaîner un minimum), vu que même sur Always the sun et Golden Brown il a réussi à faire un pogo en solo (respect Manu, je sais pas comment t'as fait) et vu que sur Strange Little Girl j'ai bien failli lâcher ma bière et mon sac à main pour m'aventurer dans la foule tellement c'est mon morceau préféré (et tu sais ô combien mon sac à main et ma bière sont des choses sacrées), ben bref, compte tenu de tout ça, je crois pouvoir dire que les Stranglers ont fait une très belle prestation. Et tant pis si j'étais parmi les plus jeunes personnes du public (ça c'est quand même un détail qu'il faut souligner... signe que bah ouais, malgré tout, en dehors de son public de l'époque, les Stranglers ne touchent hélas pas les générations suivantes, contrairement à d'autres groupes contemporains des Stranglers au concert desquels des ados de 15-16 ans envahissent souvent les premiers rangs). Les Stranglers ont donc largement assuré et fait deux rappels, c'est dire si c'est pas des tapettes.
Donc voilà, je peux désormais officiellement traiter tous ceux qui traîtent les Stranglers de vieux cons plus bons à rien que c'est eux les gros nazes. Ah oui, et avant que j'oublie : No more heroes en rappel ultime, je kiffe grave ! (t'as remarqué que je parle de mieux en mieux le djeun's dis ?)
Hé hé, devinez quoi ?! Va même y avoir une photo de moi dans le journal (lequel, je sais pas... ouais je sais, c'est ballot) sur un article concernant les vrais fans des Stranglers, les fans de la der qui fréquentent le forum français des Stranglers et tout et tout. Sauf que moi, j'ai jamais mis les pieds sur ce forum. Ou si, peut-être une fois pour aller raconter des conneries et traiter le coach d'enfoiré de gros naze en public (ce à quoi il a probablement répondu par un "ta gueule poussiffiasse de morue" des plus amicaux). Donc on va dire que je suis un peu l'imposture de cette photo, tout comme Ouin-Ouin et Manu. Mais bon, c'est pas de notre faute si on est des gens tellement cool que tout le monde nous veut sur ses photos hein... (Le plus cool faut dire que c'était Manu qui, à 40 ans, n'a pas eu honte de se faire une crête pour l'occasion. Manu t'es le meilleur ! Maintenant rase ta crête parce qu'on va rendre visite à ta mère cet aprèm et que ce serait dommage qu'elle te déshérite pour une divergence d'opinion d'ordre capillaire).
Avant de conclure... Faut que j'te dise lecteur. Comme dans tout concert, y a eu une première partie avant les Stranglers. Et là, la vérité, mais alors, la vérité, les gens qui ont programmé ça, pire, les personnes qui ont payé ces artistes là pour qu'ils assurent cette première partie, ben ma parole, ils étaient bourrés le jour où ils ont finaliser leur programmation. Parce que je te jure que la première partie qu'ils nous ont flanquée était navrante, désespérante, à chialer tellement c'était mauvais. Des troubadours qu'on aurait dit. Même pas au complet figure-toi. Naaaan, le groupe il était réduit à deux gugusses, les autres ils ont pas pu venir (chais pas, p'tetr que les trois zicos absents avaient piscine ou base-ball, ou tout aute truc 'achment plus importante qu'un concert avec un groupe mythique, je sais pas). Quand on t'offre la possibilité de faire la première partie des Stranglers (putain, les Stranglers quoi !!!), ben la moindre des choses c'est de te pointer au complet. Parce que Dreamcatcher, d'jà que c'est pas trop l'extase au complet (bon, c'est pas mauvais non plus mais ça a juste rien à voir avec les Stranglers, c'est une espèce de folk pop qui n'a rien à voir avec le punk), je te dis pas comme c'est affligeant quand ça devient de l'impro accoustique à deux. Donc voilà, j'ai la bonne rage contre le 112 sachant qu'alors que les Wad Billys faisaient partie des groupes potentiels pour cette première partie et n'ont pas convenu, et je te dis pas comme je suis dégoûtée quand je vois qu'à la place de bons morceaux bien rock et bien garage, on a du se farcir à un duo accoustique dont certains titres rappellent vaguement Laurent Luce (yo, wakènwoll !). Et à la place des reprises d'Undertones et des Buzzcocks des Wad Billys, on a eu une reprise de Stephan Eicher par Dreamcatcher. Gavage quoi. Donc on en veut pas aux responsables de la prog du 112 d'avoir merdé sur ce coup-là, et pas qu'un peu merdé quoi. Oh pis si allez, on leur en veut à donf un peu quand même hein.
Bon allez, je reste stoïque devant mon PC en attendant que Noisy vienne me chambrer en me rappelant que j'ai un sérieux problème avec les vieux pour aimer à ce point les vieux rockeurs censés avoir fait leur temps et pour fréquenter des gens de sa tranche d'âge et que je devrais me faire suivre psychologiquement pour résoudre mon Oedipe (papa, si tu passes par là, je t'aime encore plus qu'hier et bien moins que demain. Et je veux me marier avec toi.)
lundi 26 janvier 2009
To be or not to be on Facebook, that is the question
Ayé, j'ai repris du service dans l'envoi de CV pour des jobs sous-payés et sans rapport avec mes compétences. Vu que les boulots correspondant à mon cursus et décemment payés relèvent apparemment de l'utopie, j'ai décidé de chercher un job de merde absolument pas drôle, histoire d'augmenter mes chances. Ouais je sais, je suis une dingue.
Et tu sais ce qu'ils disent les gens ? Ben ils disent que désormais, le premier truc que fait un employeur potentiel, c'est de se connecter à Facebook pour te demander comme ami. Même que là, t'as pas vraiment d'autre choix que de l'accepter vu que contrarier son employeur d'entrée de jeu, ça t'aide pas à marquer des points.
Alors moi quand j'entends ça, je dis : "Ranafout', qu'il vienne sur Facebook l'employeur, ça me pose AU-CUN problème. Mon profil Facebook il est clean, je vois pas ce qui pourrait me foutre dedans.".
Sauf que...
heu non.
En fait non.
Tout bien réfléchi, je sais pas pourquoi je dis ça. Mon profil Facebook, c'est juste un condensé d'incitations à la non-embauche en fait. Faut JAMAIS DE LA VIE qu'un futur employeur tombe dessus.
Déjà parce qu'une fois sur deux, je m'arrange pour mettre une photo de profil choisie parmi les pires de ma collection : entre la photo de Nathalie essayant de me peloter lors d'une beuverie (dis pas non chérie, j'en ai la preuve en image) et celle prise en mode Playskool, faisant la grimace devant ma webcam, direct je promets de faire grande impression auprès d'un éventuel employeur.
Et encore, s'il n'y avait que la photo, ça irait. Mais le truc c'est que Facebook, je l'utilise dans un seul et unique but : le grand n'importe quoi. Insulter les gens sur leurs profils, faire des blagues à deux balles et, d'une façon générale, y reproduire ce que toi lecteur, tu peux régulièrement vivre ici dans la section commentaire : un joyeux bordel. Avec pleins de mots d'amour comme "sale hippie de merde", "vieux rocker de mes deux" ou "mon Facebook te pisse à la raie", semés ça et là. Et avec les mêmes protagonistes, tant qu'à faire (au passage, te fatigue pas à nous chercher, non seulement on utilise des noms de merde pour pas être repérés mais en plus on refuse toute invitation. Sauf celles de Steven Seagal et Chuck Norris qu'on attend toujours).
Donc mon Facebook, c'est un bordel sans nom. Le genre de profil qui effraierait une personne non habituée. Et qui remettrait sérieusement en question mon équilibre psychologique si on se mettait à considérer la chose avec un minimum de sérieux. (D'ailleurs c'est peut-être pour ça que mes amis d'enfance, d'abord ravis de me retrouver, ne m'adressent jamais la parole sitôt qu'ils ont accès à l'intégralité de mon profil). Bref mon profil Facebook, c'est le mal, c'est la garantie de jamais trouver d'employeur dans ma vie ni même dans mes futures vies.
Exemples...
Les "états". Tu sais que sur Facebook, le truc rituel absolument incontournable, c'est de renseigner tes pseudo-potes sur ton état ou ton occupation du moment. Alors t'as les gens sérieux qui se contentent de :"Chantal a passé un super week-end" ou "Chantal n'aime pas le lundi matin". Après, t'as les messages perso du genre "Jean-Mi remercie ses potes pour la tuerie de samedi soir". Pis après t'as tout le reste : les private joke à la con, les messages auxquels on comprend rien et tout le merdier habituel. Et chez moi, si on s'en tient aux derniers "états", je te dis pas la gueule du futur employeur :
"Eve en a marre que sa CB soit tout le temps refusée" >> OK. Cette fille est une grosse fauchée faisant preuve d'une incapacité manifeste à gérer son budget. Pas de ça chez nous.
"Eve va chercher son bébé qu'elle a abandonné pour aller rock'n'roller" >> Une incompétente doublée d'une mère indigne qui fourgue ses gosses à tout va pour aller dans le pogo. Guère compatible avec l'image de notre société. (et encore, je ne te parle pas du : "Eve va étouffer ses sales gosses avec des cupcakes")
"Eve va balancer un seau d'eau à Manu s'il ne daigne pas émerger de sa sieste post coïtale" >> Et manifestement, c'est pas triste dans son couple. Evitons d'agrandir notre équipe de ce genre de personnage sordide.
Pis encore, le coup des "états", c'est que dalle. Parce que sur Facebook, t'as le fameux "mur" où tu peux laisser des messages à tes potos. Messages évidemment visibles par toutes ta liste d'amis, déballage de vie oblige.
Alors en vrac, sur mon mur, y a ça :
Mandoline a écrit à Eve : "Hé Eve, t'as pas osé rejoindre le groupe des péteurs au lit, t'as honte ?????"
Eve a écrit au Coach : "Tu fais caca mou ? Dis, quand t'auras fini de faire caca, tu voudras bien décrocher ton putain de téléphone ?!!"
Le Coach écrit à Eve et Mandoline : "bande de nazebroques, elle a quel âge votre copine ? elle va dans des partouzes ?"
Bref, rien que des propos pertinents et de très bon goût.
(Montana, note qu'il ne manque que toi pour que les Balireaux soient au grand complet pour foutre le merdier sur ce sitalacon)
Donc voilà, mon profil Facebook, s'il venait à tomber accidentellement entre les mains d'un employeur potentiel, me décrédibiliserait à tout jamais dans la profession, quelle qu'elle soit. Déjà qu'il m'a décrédibilisé à tout jamais auprès de ma belle famille... bref, passons.
Alors pas le choix, je vais créer un nouveau profil Facebook. Avec mon vrai nom. Et une photo où j'ai pas l'air psychotique ou bourrée. Ou candidate à un casting de film érotique de série B.
Et sur mon nouveau profil, je mettrai rien que des choses qui ne posent pas de problème. Avec une bonne dose de fayoterie pour mettre en avance mes compétences. Par exemple, mon état ce sera : "Evelyne lit un livre en Russe et boucle une traduction en Anglais tout en téléphonant à son ami Italien". Histoire de rappeler ni vu ni connu au peut-être employeur que je parle trois langues étrangères. Ou bien : "Evelyne travaille sur Word, Excel et Wordpress". Voire mieux : "Evelyne aime bien utiliser son temps de pause pour prendre de l'avance sur son travail". Ou le top du top : "Evelyne répond très bien au téléphone et fait le café mais ne suce pas". Bref, des phrases choc pour mettre toutes les chances de mon côté.
Pis vu que sur Facebook tu peux être "ami" avec à peu près n'importe qui, je veillerai à ne m'entourer que d'amis très respectables et/ou influents (Mandoline, Le Coach, cherchez pas, même pas en rêve vous serez mes potes sur mon vrai profil). Ce coup-ci, pas de copinage avec Jango Edwards, Jean-Claude Duss, Bob l'Eponge et Odeline Fion hein. Je ciblerai beaucoup mieux mes amis. Genre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni. Parce que c'est toujours bien vu d'avoir un pote président de la République et une copine chanteuse sponsorisée par le gouvernement.
Bon, sur ce je te laisse. J'ai des CV à envoyer, un nouveau compte Facebook à créer et quelques messages à laisser dans le groupe de "ceux qui pensent que Facebook c'est de la merde mais qui peuvent pas s'empêcher de s'y connecter pour aller insulter des balireaux à longueur de journée".
(Notez qu'en ce moment je pique tous mes sujets d'articles chez Noisy-qui-fait-des-billets-de-vingt-lignes rien que pour le faire chier).
samedi 10 janvier 2009
Le samedi, c'est le jour de la pub
D'après les blogueurs influents, ça vaut pas le coup de se crever le cul à écrire un article le samedi compte tenu de la faible audience enregistrée ce jour. Bah oui hein, forcément lecteur, les blogs, tu les lis en cachette depuis le PC du bureau en faisant croire à ton patron que tu bosses comme un taré sur le dossier Trucmuche... mais les week-end, t'as autre chose à foutre (genre sauter bobonne ou laver les vitres) et t'as bien raison.
Sauf que moi, comme je suis une blogueuse super-méga-trop-pas-influente, j'ai décidé d'écrire même le samedi. Mais bon, service minimum hein, faut pas déconner non plus.
Aussi j'annonce : ceci est une page de pub non sponsorisée.
Et j'insiste sur le NON SPONSORISEE. (Capitalisme, tu m'auras pas ! Bon ok, tu m'auras p'tetr un petit peu mais bon...).
Parce que les gens dont je m'aprête à faire la promo ne m'ont même pas payée pour écrire ce billet, ni menacée (genre : "Si t'écris pas un truc sur nous, on te force à boire du Banga au prochain concert, pouffiasse !"), ni violée (zut alors !). Ils ne m'ont pas non plus filé de disques ou de t-shirt gratos en échange de cette page de pub (ceci dit les gars, si vous passez par là, je veux bien un t-shirt gratos pour dormir toute nue dedans en pensant à vous >> règle numéro 1 : ne jamais avoir honte de recourir à des arguments de merde remettant en cause sa propre dignité si y a moyen d'avoir un cadeau à la clé). Et j'ai couché avec aucun membre du groupe, même pas avec la bassiste, c'est dire. Au passage, j'ai pas non plus couché avec l'ingé son, le photographe ou le roadie (eh oui, faut pas croire mais je suis comme ça moi : je couche jamais avec personne).
Et sûre que Manu il va faire son jaloux vu que je refuse de faire des pages de pub pour ses activités professionnelles à lui, alors que, selon ses dires "vu que tu baises avec le patron, tu pourrais bien faire un petit article de temps en temps, ce serait ta contribution à la société qui nous fait tout de même vivreuh !". Sauf que comme je suis pas actionnaire de ladite société et que je couche pas avec ses associés, je ne me sens pas redevable de quoi que ce soit à leur égard, même si je devrais. Ceci dit, tout se vend et tout se négocie, aussi je suis prête, Monsieur Manu, à faire un geste non négligeable sur mes tarifs en cas de collaboration future, mais c'est bien parce que vous avez récemment trouvé mon point G sans ça, zobi la mouche.
Breeeeeeef, c'est donc de façon tout à fait désintéressée que j'ai l'honneur de vous faire part de ceci :

Que tous les gros nazes qui n'ont pas encore acheté l'album Thirsty des Wad Billys se magnent de le faire avant que je ne décide de leur tataner la tronche individuellement à coups de sac à main. Parce qu'avoue que ne pas avoir ce disque chez soi, un peu la teuhon internationale !
Et prends exemple sur moi qui, au dernier concert, leur ai acheté deux albums alors que j'en avais déjà deux à la maison, tout ça parce que j'étais complètement cuite je suis prête à tout pour soutenir leur cause.
Note au passage que je suis prête à te montrer mes jambes pour que tu leur achètes un album (ça c'est de l'argument commercial ou je ne m'y connais pas). Et promis, dès qu'on atteint le million d'albums vendu, je montre mon cul (oh putain la belle rime !).

(Et pas la peine de fantasmer bande de tocards, je ne suis pas en train de galocher Julien, planquée derrière les pochettes de disques. Ni de lui mettre la langue dans l'oreille. Nan mais ho.)
Et pour finir cette page de pub sur une autre page de pub, je tiens à préciser que ces photos ont été publiées sans l'aimable autorisation de leur auteur, parce que je suis une mal élevée qui demande rarement la permission. Pis parce que je doute qu'il m'en veuille l'Alex, vu que j'ai pété plein de liens vers son site photos que je vous ordonne d'aller visiter.
Allez les lecteurs, wadbillysez bien et bon week-end chez vous.
mercredi 7 janvier 2009
On n'a pas le temps
Découvrez CocoRosie!
Paraît que je veux vivre trop vite. Que je suis tout le temps pressée de faire telle ou telle chose, que je réfléchis pas avant de prendre une décision, que je fonctionne au coup de coeur, que j'agis sur des coups de tête, qu'entre l'envie de faire quelque chose et la concrétisation de ladite chose, il se passe rarement plus de quelques jours tout au plus.
Y a des gens qui aiment bien prendre leur temps, peser le pour et le contre, tenir compte des conséquences, se demander si ça vaut vraiment la peine, si c'est judicieux ou pas, s'ils vont pas le regretter, si c'est vraiment utile, s'ils seront plus heureux ou non après ça, bref, y a des gens qui passent leur vie à envisager les choses sans jamais les faire.
Pis y a les gens comme moi. Les gens comme moi, ils réfléchissent pas. Ils aiment trop vite, ils désaiment trop vite, ils promettent trop vite, ils s'engagent trop vite, ils se barrent trop vite, ils changent d'avis toutes les cinq minutes, ils passent leur temps à faire des projets ou à se fixer des objectifs et ces gens-là, ils vivent à toute vitesse, un peu comme s'ils allaient crever demain.
Et tu veux que je te dise ? Ces gens-là, ils ont tout compris. Parce qu'ils vont peut-être bien crever demain tiens.
Et moi, j'ai pas envie d'attendre d'être presque morte pour faire quoi que ce soit. J'ai pas envie d'attendre d'être bien sûre de moi pour dire aux gens que je les aime, si je les aime sur le coup ça me suffit amplement, et rien à foutre des questions de futur désamour potentiel, on s'en bat les couilles du désamour. J'ai pas envie d'attendre de plus être endettée pour dépenser le peu de sous que j'ai, pas envie d'attendre que les enfants soient grands pour voyager, pas envie d'ouvrir un putain de PEL qui servira peut-être jamais à rien vu que demain, je serais peut-être partie, pas envie d'être raisonnable ou de jouer à l'adulte sous prétexte qu'y a un temps pour tout, pas envie d'attendre que les mômes soient en âge de comprendre mes déclarations d'amour pour leur dire que je les aime à m'en rendre malade, pas envie de devoir faire des choix ou des concessions, j'ai pas le temps pour ça de toute façon.
T'imagines, si on crevait tous demain ?
Ca me ferait une belle jambe tiens, de crever en me disant que je laisse derrière moi trois assurances vie et un portefeuille d'actions plutôt bien garni. Sans parler des regrets. T'as envie toi, de crever avec des regrets, de te dire que t'as pas pris le temps de faire ce million de petites choses qui ont l'air de rien mais qui s'apparentent à un million de petits bonheurs ? Moi j'ai pas envie de crever sans être tatouée de partout, et je m'en tamponne de ce à quoi je ressemblerai potentiellement dans 40 ans avec mes tatouages plein la peau (réponse : à Mémé Ramona dans Cry Baby). J'ai pas envie de crever sans avoir bien rigolé dans mes fringues, c'est dire si je m'en branle de pas avoir le total look citadin et de frôler la ringardise avec des fringues qui ont cessé d'être tendance y a un demi siècle au moins. J'ai pas envie de crever sans avoir fait des bains de foule à des concerts punk et je m'en tamponne pas mal de plus avoir l'âge pour ça. J'ai pas envie de crever sans avoir fait quelques pélerinages à New York et à Londres avec du rock 77 dans la tête. J'ai pas envie de crever sans avoir suffisamment déconné avec mes potes. Bref, j'ai trop peur de crever pour prendre le risque de m'ennuyer.
Alors je vis à toute vitesse, je donne de l'amour et le reprend aussi vite, je m'installe dans ta vie sans prévenir et je disparais sans que t'aies le temps de t'en rendre compte, je fais des enfants pas toujours avec les mêmes personnes mais qu'est-ce que ça peut bien foutre quand on y pense, hein, qu'est-ce que ça peut bien foutre, je ne me tiens pas toujours bien en société parce que ça reviendrait à gâcher du temps au cours duquel on peut déconner et franchement, la vie est rudement trop courte pour qu'on la gaspille en s'ennuyant. Et j'ai envie de te dire qu'on n'a vaiment pas le temps, que c'est aujourd'hui ou jamais, qu'il faut embrasser ta femme sur la bouche là maintenant tout de suite, mettre Elvis à fond les bidons dans le salon pour danser avec tes chiards, prendre tes potes dans tes bras et leur péter la bise même si t'es pas bourré, oser avoir l'air d'un con si ça te fait plaisir, oser faire ce qui ne se fait pas si ça te fait te sentir mieux, emmener ta grand-mère en vacances pendant qu'elle est encore là, te rouler sous la couette avec tes mômes et rigoler comme des tarés, faire un sourire au SDF qui t'a rien demandé de plus et qui se contentera largement de ça, lui payer un café tiens, c'est rien qu'un putain de café après tout, tremper le doigt dans le beurre de cacahuète, te brûler la langue avec des gâteaux qui viennent de sortir du four, te teindre les cheveux en rose, faire la cuisine, manger de la barbapapa et râler parce que t'as les doigts qui collent, mettre des talons haut pour faire comme les vraies dames, faire semblant de pas voir ta nouvelle ride et ces foutus cheveux blancs, discuter avec des mamies qui sentent la poudre de riz et l'arnica, boire trop de bière et avoir mal à la tête, boire trop de vin et vomir un peu, boire un thé à ta fenêtre quand il fait froid, chanter du Buddy Holly dans ta salle de bains, planter des tomates qui pousseront peut-être pas, secouer la tête devant un ampli et ne pas t'inquiéter le lendemain si t'entends plus très bien, t'acheter des fleurs même si ça fane trop vite, t'acheter des fleurs surtout parce que ça fane vite, pleurer pour quelqu'un, pleurer pour rien, pleurer pour qu'on te prenne dans ses bras, traîner chez toi à poil sous un gros pull, couper tous tes cheveux en te demandant si on te reconnaîtra comme ça, faire un gros gâteau pour tes gosses, avec plein de crème et de colorants le gâteau, et du bon sucre qui donne des caries, parce que c'est rigolo le sucre même si ça donne des caries, dire aux cons que tu les emmerde si ça peut te soulager, dire aux autres que tu les aimes parce que ceux-là faut pas les négliger.
Bref, fais ce que tu veux, fais ce que tu peux, mais fais-le maintenant, là tout de suite, pas dans un mois ni dans un an parce que t'sais quoi, d'ici là, on sait pas qui sera encore là ou pas.
Ceci n'était pas la minute hippie mais la minute flippée.
mardi 6 janvier 2009
Les femmes de mes potes
Découvrez Charlotte Leslie!
Tu l'as compris, j'ai pas de copines ou si peu. La faute à mon mauvais caractère sans doute, à ma non-faculté de comprendre certains problèmes typiquement féminins et d'y compatir ("T'rends compte, ce con a osé me traiter de psychopathe, moi, tout ça parce que j'avais téléphoné 78 fois de suite sur son portable en pleine nuit ?! Nan mais pour qui il se prend ce salaud quoi ?!!") et puis au fait que les filles, ils faut bien l'avouer, sont assez insupportable dans l'ensemble : j'ai déjà du mal à me supporter moi-même, c'est pas pour me farcir mes semblables.
Donc, j'ai pour ainsi dire pas de copines. En revanche, j'ai des amis. Des amis avec une bite et des couilles et pas de problèmes de stérilet ou d'arnaque aux soldes à me raconter. Et ces amis sont des amis cool en tous points, des gens que je qualifierais volontiers de presque parfaits s'ils n'avaient pas tous cette tare en commun : leur femme.
Car les femmes de mes potes, c'est un phénomène en soi.
Pour commencer, les femmes de mes potes ne m'aiment pas. Alors que merde, je suis quand même une fille drôlement sympa (si si, j'te jure, renseigne-toi autour de toi) et elles devraient limite s'estimer heureuses que leur mec ait eu le bon goût de solliciter mon amitié. Mais non, rien à faire, les grognasses femmes de mes amis ne m'aiment pas du tout. Alors qu'entre nous, non seulement j'ai jamais baisé avec aucun de mes potes mais en plus, ça a jamais été en projet. Parce qu'entre nous, on sait tous que quand la femme d'un pote ne t'aime pas par principe, c'est toujours pour cette même raison : soit elle redoute que t'aies pu baiser avec lui avant elle, et ça la chagrine salement, soit elle a peur que tu finisses par baiser (ou re-baiser) avec lui un jour ou l'autre, et ça c'est encore pire.
Et ce truc-là, ça me rend dingue parce que franchement, j'aimerais bien leur expliquer une bonne fois pour toutes à toutes ces grosses que non seulement j'ai jamais baisé avec leur mec ni même essayé (ni même considérer la chose comme potentiellement faisable), et que si j'ai jamais couché avec eux quand j'étais célibataire et que j'avais rien d'autre à foutre, c'est pas pour m'y coller maintenant que je suis en couple, flanquée de trois gosses et tout et tout. Question de bon sens quoi... Non mais sans blague, faut qu'elles arrêtent de flipper comme ça pour le zguègue de leur mec et ce que je serais susceptible d'en faire car rassurez-vous mesdames, quand j'invite un ami à boire une bière, ce n'est pas précisément sa bite que j'invite, je l'invite tout entier voyez-vous. Et quand je lui demande : "Ca va, quoi de neuf ?", cela ne sous-entend en aucun cas "Ta queue va bien ? Tu veux bien me la préter dis ?", y a aucun message subliminal caché dans mes propos et aucune proposition indécente dissimulée.
Donc voilà, les femmes de mes potes me détestent pour rien vu que j'ai même pas envie de faire l'amour avec eux (ça va les gars, faites pas la gueule, à tous les coups ça l'aurait pas fait si on s'était mélangés de toute façon...). Et vu que j'ai jamais fait l'amour avec eux, même pas quand j'étais ivre morte et qu'ils se dévouaient pour me déshabiller et me mettre au lit comme une fillette, c'est dire. Alors se faire détester à ce point pour des raisons aussi illégitimes, c'est trop injuste moi j'dis.
Mais bon, si c'était que ça, si je devais me contenter de me dire "leurs meufs me détestent", ben tant mieux hein, ça ferait pas grand chose à gérer vu qu'en règle général, je m'en fous pas mal qu'on m'aime ou non. Et si j'ai fait le choix de pas avoir de copines, c'est pas pour devoir me trimballer les gonzesses de mes potes sous prétexte que ce serait trop cooool qu'on devienne copines à notre tour, nan mais ho. C'est pas l'Armée du Salut chez moi hein. Bref, ce qui me chagrine vraiment, mais alors vraaaaaaaiment, c'est que quand tu es détestée par les copines de tes potes, et ben concrètement, ça donne ça :
- Tes potes, tu les vois plus. Parce qu'ils ont pas le temps vois-tu. Pas le temps de se libérer une heure pour boire une bière vu qu'à 17 heures, bobonne rentre du boulot et qu'elle aime bien qu'il soit là pour l'accueillir, qu'à 18 heures, elle fait à manger et qu'elle aime bien qu'il la regarde pendant qu'elle cuisine, qu'à 19 heures, elle met la table, et qu'elle compte sur lui pour mettre les fourchettes, qu'à 20 heures, ils mangent et qu'il est hors de question qu'ils ne mangent pas en tête à tête et puis parce qu'après 20 heures, il est beaucoup trop tard pour envisager de faire autre chose que de rester à la maison en amoureux, alors hors de question que t'ailles voir ta pute de copine qui veut te niquer même si elle ose pas se l'avouer je le sais ça se voit c'est écrit sur sa face de truie !! Hostiles les meufs des potes, je te le garantis.
Donc, ton pote, tu le vois pas vu qu'il a "pas le temps", sous-entendu, vu que sa tendre moitié ne lui donne pas la permission pour venir te voir. Et que ton pote, en tant que mec cool qui préfère éviter les conflits (mais qui manque quand même sacrément de couilles au passage), préfère ne pas la contrarier et renonce volontiers à une heure ou deux avec toi si cela lui garantit qu'il n'aura pas à subir de crise de larmes de la part de sa femme en retour.
- Des fois, le pote tient tête à sa femme, le déglingo. Parce que ouais, faut être un sacré niqué de la tête pour oser dire : "C'est décidé, je vais voir ma vieille copine, un point c'est tout, et tant pis si ça te dérange". Y en a qui se sont pris des stylos dans l'oeil pour moins que ça, aussi j'ai envie de dire à mes potes qui, de temps à autres, osent affronter leur dragon pour me payer une binouze : "respect les gars".
Donc, disais-je, parfois les potes bravent l'interdit et t'invitent au restau. Mâââgnifique, te dis-tu, on va enfin pouvoir se raconter ce qui s'est passé dans nos vies respectives depuis toutes ces années, ça va être sympa comme tout ! Sauf que non. A l'apéro, sa meuf appelle une première fois. Pour savoir où il est, avec qui, si on est que tous les deux ou si y a d'autres gens, si on compte rester là longtemps, ce qu'on va manger, si je lui ai posé des questions sur elle et surtout, s'il a pas oublié de me dire que maintenant ils étaient mariés et de me montrer son alliance.
Quand les entrées arrivent, après les deux textos qu'elle lui a envoyés pour lui dire je ne sais quoi de la plus haute importance, la meuf renouvelle son appel. Elle a besoin de savoir s'il m'a bien montré l'alliance (on lui dit qu'on a bien envie de la lui faire bouffer sa putain d'alliance ou bien ?), s'il a parlé du mariage, s'il a insisté sur le fait que c'était le plus beau jour de sa vie, ah pis oui, elle veut aussi le prévenir que s'il a le malheur de lui parler de leur problèmes conjugaux et de la fois récente où ils ont failli se quitter, ben elle lui rognera les couilles à ce con et il pourra faire sa valise. Donc grosso modo, on peut considérer qu'après l'entrée, le pote il a généralement perdu sa bonne humeur et qu'il est beaucoup trop occupé à répondre à ses 72 textos pour écouter ce que tu lui racontes. Et toi, t'es un rien lassée de l'entendre décrocher son foutu téléphone pour répondre à des questions telles que : "Vous faites quoi là ?". Et t'espères secrètement que ton pote va avoir assez d'audace et d'humour pour lui répondre : "Ben là elle est en train de me faire une fellation et elle se débrouille plutôt bien mon coeur" sauf qu'au lieu de ça, le pote, gentil petit animal bien dressé, il répond très sérieusement : ben là on va attaquer les pizzas... moi j'ai pris trois fromages... pis on a parlé de tout et de rien... comment ça de quoi ??... bah du boulot... de l'appart... oui oui, de notre mariage aussi...
Nan mais sérieux, elle croit quoi la meuf en appelant cinq cent fois pour savoir ce qu'on fait ? Elle réfléchit des fois dans son petit cerveau ? Elle se dit pas qu'en étant assis au restau, au milieu de dizaines d'autres personnes, y a très peu de chances pour qu'on se touche le kiki ou qu'on s'échange des photos de cul via nos téléphones respectifs ? Pfff, affligeant...
Après le plat principal, la meuf appelle à nouveau. En pleurant cette fois. Elle est pas sereine tu comprends, elle sait à quel point on est proches lui et moi, elle se dit que comme ça va mal dans le couple, c'est peut-être pas une bonne idée qu'il cotoie une vieille copine, il risquerait d'y avoir de l'électricité dans l'air et bref, un faux pas est si vite arrivé. Alors elle pleure, elle pleure, elle pleure, le pote dis mais non, mais non, mais non, calme-toi, calme-toi, calme-toi, et toi, t'as rien d'autre à faire qu'à sourire en tortillant ta serviette pour te dissuader de t'emparer du téléphone et de hurler dans le combiné "Mais tu peux pas lui lâcher le slip cinq minutes, pouffiasse !" avant de balancer le portable dans la carafe d'eau.
En général, avant le dessert, le pote capitule. Il en a tellement marre de passer son temps au téléphone à écouter sa meuf se plaindre et pleurnicher qu'il préfère jeter l'éponge et écourter le rencard avec de très mauvaises excuses : "Faut que je rentre, elle m'attend pour aller faire les courses", "Faut que j'y aille, elle est malade", "Faut que j'aille voir si tout va bien, elle fait une crise d'angoisse". Des fois, le pote ajoute même : "Bon ben du coup j'y vais hein... à moins que je l'appelle pour lui dire de nous rejoindre pour le dessert ? J'ai qu'à dire que c'est toi qui insiste ?". Naaaaaan nan nan, pas de ça chez moi. Va voir ta grosse, ne lui transmets pas mes amitiés, mes par pitié, évite-moi sa tête de dépressive au dessert. Et surtout, explique-lui que non, je ne compte pas coucher avec toi, ni maintenant ni dans une autre vie, elle va bien finir par comprendre si elle est pas complètement teubé.
Donc voilà, les femmes de mes potes, la vérité je les adore. Grâce à elles, c'est bien simple, je les vois plus du tout mes potes, ou si peu. Genre je les vois trois minutes douze avant qu'elles n'initient leur session de bombardements de texto et que le bougre ne préfère rentrer sa carcasse à la maison. Trois minutes douze tous les six mois, ça restreint les possibilités de rester en contact. Pis les potes, depuis qu'ils sont en couple avec des hystériques, c'est les rois de la carotte de dernière minute : ils passent leur temps à te rencarder au bar, à un concert et à un tas de super trucs où ils te promettent la grosse ambiance et la totale, sauf que ça, ça voit jamais le jour, leur fidèle acolyte anéantissant le projet d'emblée après être tombée sur un truc super douteux dont je suis l'auteur (genre un commentaire sur Myspace... ou un texto qui commence par "salut tête de noeud"... bref, autant de trucs qu'elles sont obligées d'analyser pour en faire ressortir le message caché qui s'y dissimule peut-être).
Moi je dis chapeau les filles, mater comme ça des gars que j'ai connu dans le genre "no limit", ben sincèrement, faut le faire. Mais surtout je dis bravo les gars ! Ah ouais, les v'là les super mecs hein, les tarés qui picolaient jusqu'à pas d'heure et avec qui on refaisait le monde y a encore quelques années. Matez-moi ça comme ils sont trognons maintenant quand ils répondent au téléphone avec la voix tremblotante parce qu'ils ont peur de se faire engueuler par leur rombière. Franchement les mecs, v'là comme vous me faites de la peine.
Sur ce, je te laisse lecteur, je dois passer un coup de fil au Coach, mon ami, qui lui aussi a une copine qui ne m'aime pas mais me tolère (bien obligée vu qu'elle et moi on s'est connues à une partouze organisée par son mec) mais elle c'est pour d'autres raisons : elle n'aime personne, pas même les chats et les enfants... Et comment veux-tu aimer une Eve quand t'es même pas capable d'aimer un chaton, hein ?
dimanche 21 décembre 2008
La dédicace du dimanche : un suppo et au dodo (spéciale cassedédi au Coach)
Spéciale cassedédi au Coach, le seul mec au monde qui t'invite à bouffer un samedi soir et qui disparaît sans prévenir à 21 h 45 pour aller se coucher. Trop fort ce coach !






















