"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

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vendredi 14 août 2009

Conchita, c'est mon deuxième prénom

Sur mon passeport, à côté de la mention "prénoms", y a écrit "Evelyne".

Je ne comprends pas. Normalement, on devrait y lire "Evelyne Conchita", car ce second prénom me sied fort bien.

Faire ma Conchita, sache-le, c'est un peu ce à quoi se résume mon existence depuis... (attends je compte)... ben depuis drôlement longtemps. Un peu trop à mon goût d'ailleurs.

D'après toi, y a-t-il une explication logique au fait que je passe mon temps à ranger et laver le merdier de mon entourage pendant que le reste de la tribu, respectivement, regarde Baby TV en agitant un hochet, mange un Kinder sur le canapé en velours et tente de dissimuler une tache sous un coussin, dessine à la craie grasse sur les vitres, et classe ses cartes Magic en bouffant des cacahuètes (si tu veux, amuse-toi à associer un membre de la famille à chacune des activités précedemment citées, tu verras, c'est autrement plus fun que les mots fléchés de Téléstar) ?? Non parce qu'il doit FORCEMENT y avoir une explication à cette situation, c'est tout de même pas NORMAL que je croule sous les taches domestiques et que, pendant ce temps là, les personnes qui partagent ma vie fassent semblant de ne pas me voir tout en continuant à répandre leur merde et leur bordel partout où elles passent ?!!

Manu, il a une explication toute trouvée : selon lui, j'aime bien faire le ménage. Car, je cite (attention, argument de la mort qui tue en perspective) : "La preuve que t'aimes bien le ménage, c'est que t'en fais tout le temps".

Trop bien quoi.

Collector cette phrase.

Suivant cette logique, j'aime donc m'épiler la chatte puisque je le fais tout le temps (et même pas mal du coup), laver la diahrée du bébé vu que je le fais tout le temps, et puis aussi faire caca tiens, vu que je vais au popo tous les jours. Ceci dit, entre nous, sache que je préfère de loin chier plutôt que ramasser le merdier des autres. Logique quoi.

Alors voilà, en vérité je te le dis, j'ai l'impression d'être une femme asservie. Oui, l'expression et lachée. et non, j'en fais pas des tonnes. Et oui, je t'emmerde.

Parce que le pire dans tout ça, c'est de voir l'indifférence totale de mon mec et mes gosses quand je me crève le cul à ranger leur foutoir tandis qu'ils glandent devant la télé. Ouais, le pire c'est ça : se rendre compte que ta propre famille te considère définitivement comme une bonniche et que tout ça, ça leur semble normal. Bon ok, mes mômes sont pas bien grands et pas encore en âge de participer aux taches ménagères. Ceci dit, sur les trois, y en a bien deux qui sont au moins en âge de limiter le foutoir mais qui s'en contre-foutent éperdument à vrai dire. Mais alors mon mec, oui, mon mec, ce type qui est (il paraît) un adulte responsable, un être doué de raison et tout et tout... ben comment il fait pour pouvoir passer son samedi à alterner télé, sieste, lecture et pétards pendant que ma journée à moi, je la passe à repasser le linge, faire la vaisselle, récurer le tartre dans les chiottes et tout le merdier ?!!

T'sais quoi, ça me troue le cul. Regarder quelqu'un bosser pendant des heures et pas filer un coup de main, tout en sachant pourtant qu'à deux, ça irait deux fois plus vite (forcément) et que du coup, au lieu que l'un ne passe tout son temps à glander et l'autre tout son temps à en chier, ben chacun en chierait un petit peu mais sans plus, ce qui est, admettons-le, largement faisable... Bref, ça me dépasse littéralement

En fait, je crois que mon mec part du principe que c'est plus facile de me laisser me démerder avec le foutoir, point barre.

Alors il fait genre.

Genre je t'aide.

Un peu mais pas trop.

Juste de quoi lui donner bonne conscience et lui permettre de dire "nan mais attends, moi aussi j'fais des trucs dans cette maison".

Exemple : "Arrête voir, aujourd'hui j'ai mis les assiettes dans le lave-vaisselle !". Sous-entendu : et j'ai laissé dans l'évier les deux plats à gratins, quant aux cinq paires de couverts, elles sont sur encore sur la table avec les bouteilles et les miettes.

Ou encore : "C'est bon quoi, j'ai passé l'aspirateur aujourd'hui !". Sous-entendu : sans trop aller dans les coins ni bouger les meubles, tout en contournant les obstacles en tout genre au lieu de les ramasser et de les remettre à leur place. Et puis seulement dans la cuisine et le séjour, parce qu'après tout, la saleté et la poussière dans les chambres, couloirs et salle de bains, ça se voit nettement moins, c'est pas comme si c'était des pièces principales non plus.

Et tu sais quoi lecteur ? Ben j'en ai marre.

Ouais, grave.

Même qu'y a pas longtemps, j'ai appelé une copine en pleurant pour me plaindre. Oui, t'as bien lu, en PLEURANT. Alors y a peut-être des personnes que ça dépasse ça, qu'on puisse se mettre dans des états pas possibles pour une histoire de tâches domestiques, sauf que non, ça va plus loin : là, il est question de surmenage doublé d'un sentiment de mépris constant. Car c'est quoi tout ça, si ce n'est du mépris ? Laisser tout son bordel, comme un chien fout sa merde, en considérant qu'après tout, Bobonne passera bien par là et s'en chargera, c'est pas du putain de mépris ça ? Pisser sur la lunette des chiottes et laisser ça comme ça, se raser et laisser sa jolie collection de poils de barbe dans le lavabo, entasser des sous-vêtements sales au pied du lit en attendant qu'ils se retrouvent téléportés comme par magie lavés et pliés dans l'armoire, laisser ses emballages de bouffe là où on se trouve comme si on ignorait l'existence d'une poubelle dans sa propre maison, c'est pas du foutage de gueule ça, c'est pas du PUTAIN DE MEPRIS ??

Alors ouais, moi rien à foutre, mais des fois je me plains ET je pleure. Même que t'sais quoi, j'suis plus à ça près, je m'en vais te raconter la fois où j'ai pleuré. Histoire que toi, de ton côté, tu te marres un peu (autant que ça serve à quelque chose).

Ce jour-là donc, j'en étais bien à ma troisième heure de travaux domestiques et j'achevais de passer la serpillère dans la cuisine quand Manu est rentré à la maison. Trois heures ouais, j'espère que t'as pris note. Et là, Manu et ses Doc Martens, ils entrent dans la cuisine en faisant de grands pas, genre "j'ai bien vu que c'était mouillé, je salis quand même mais pas trop". Et moi je demande au gaillard de virer ses putains de chaussures et j'ajoute que c'est la moindre des choses quand on en branle pas une à la maison. Et là, je reçois comme réponse : "Nan mais attends, je repars dans un quart d'heure et enlever mes pompes ça va me prendre au moins trois minutes.". AU MOINS TROIS MINUTES. Conclusion : lui, il peut pas perdre trois minutes à virer ses putains de pompes mais moi, je peux bien en perdre quelques dizaines de plus à recommencer un truc que je viens de faire (car souvient-stoi : "j'aime bien le ménage puisque j'en fais tout le temps"). Alors ouais, dans ces moments-là je pleure. Ou je quitte les gens. Une chance que j'ai pleuré quoi...

Donc voilà, tout ça pour dire que quand j'entends parler de progrès en matière de partage des tâches domestiques, JE ME MARRE ! Chez certains peut-être, mais d'une façon générale, j'ai pas l'impression que les choses aient vraiment évolué. Si Bibi ne lave pas le linge, le bonhomme peut sans problème remettre les mêmes chaussettes pendant huit jours. Si je ne lave pas les chiottes, pas grave, il fait semblant de ne pas remarquer que ça colle quand on s'asseoit sur la cuvette et que ça commence à fleurer comme dans les WC publics. Si je ne ramasse pas les mouchoirs pleins de foutre qui traînent au pied du lit, ben à la fin de la semaine, on peut envoyer la pile de kleenex à un labo pour faire un don de gamètes, y aura de quoi repeupler tout l'univers.  Et puis le cendrier, j'ai beau pas fumer, si je ne le vide pas de temps en temps, on peut facilement arriver à une collection de 518 mégots entassés les uns sur les autres (avec les cendres tout autour par terre, c'est beau, ça fait déco sur le carrelage). Et si je ne ramasse pas les merdes du chien sur la terrasse, il se contente de les éviter quand il sort fumer sa clope mais même pas il prendrait la peine de les ramasser. Parce que le caca, ça sent mauvais, forcément. Alors que moi, faut croire que j'ai une meilleure tolérance au caca. Moi je peux m'abaisser à côtoyer la merde et la crasse au quotidien, surtout celle des autres, tout ça c'est normal.

Alors des fois, j'ai envie de lui rendre la monnaie de sa pièce, et d'inverser les rôles, juste pour voir. Parce que j'aimerais bien voir sa réaction si après m'être épilée, je laissais une colonie de poils de chatte dans la baignoire. Ou si je laissais traîner mes serviettes hygiéniques usagées roulées en boule par terre en me disant qu'il finira bien par les mettre à la poubelle à ma place. Ou entasser mes slibards au pied du lit pendant quinze jours et le seizième jour, m'indigner subitement parce qu'y a plus de slips propres dans l'armoire. Et bref, j'aimerai bien pouvoir moi aussi trouver en rentrant un appart qui sent bon le propre, un sol sur lequel on pourrait bouffer si on le voulait, et un évier vide. Sauf que ça, ça n'arrive jamais. Et si moi je décide de pas en branler une, tout ce que je récolterai c'est trois fois plus de boulot au bout du compte, quand il faudra rattraper le retard qui s'est accumulé.

Le premier qui la ramène avec un commentaire à la con du genre "Vous faites chier les gonzesses à faire vos putains de féministes" ou bien "Retourne faire la vaisselle au lieu de te plaindre", je crois que je lui pète les dents. Je ne parle même pas du tocard ou de la connasse qui viendrait m'expliquer que tout ça c'est de ma faute, que c'est parce que j'ai mal éduqué mon mec : mon mec n'est pas un petit chien, manquerait plus que ça que je doive me mettre à l'éduquer. Bref, le premier baltringue qui vient avec une remarque merdique dans ce genre, je le décapite et je lui chie dans la tête. Parce que tu sais quoi, là maintenant tout de suite, j'en peux plus. Je suis pas loin d'annoncer la rupture même si "je te quitte car j'en ai marre que tu te branles pendant que je me tape tout le boulot, parce que je suis pas ta mère et que j'en peux plus de ramasser ta merde, et puis surtout parce que je ne supporte plus d'être méprisée au quotidien, que ta passivité et ton indifférence me sorte pas tous les trous...", c'est pas vraiment un argument pour mettre fin à une histoire d'amour. "On est au-dessus de tout ça", comme diraient les gens cool. Sauf que tout ça, c'est le quotidien, et qu'après tout, ton quotidien ben c'est ta vie. Donc bref...

Conchita un jour, Conchita toujours.

(Eve, résignée, mais qui peut encore péter les plombs et tout envoyer chier)

Posté par _eve_ à 20:44 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [77] - Permalien [#]
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lundi 27 juillet 2009

Manu, ami des animaux

Tu sais à quel point on aime les animaux chez nous.

Pour ta gouvernante, je te rappelle qu'on a tout de même adopté une chauve-souris croisée avec un suricate mais estampillée "chien", à la SPA (même qu'elle est tellement moche que si on ne s'était pas dévoués, personne ne l'aurait jamais adoptée, la pauvre petite chose... c'est dire si on est généreux). Bref, Manu et moi, on est vraiment potes avec les bêtes et si ça ne tenait qu'à nous, on adopterait bien tous les clébards des refuges tellement ça nous retourne les tripes de les savoir tout seuls derrière leurs barreaux alors qu'ils pourraient être ici, à squatter notre canapé et à nous lécher les orteils tous les matins à la sonnerie du réveil.

Enfin, de nous deux, le vrai ami des bêtes, c'est Manu.

Déjà parce que moi et ma santé bancale, on n'a pas le droit d'approcher toutes les bêtes. Sérieux hein, la dernière fois qu'un poil de chat a atteri maladroitement dans mon oeil (ne me demande pas comment... promis, j'ai pas fait de bisou de papillon à un chat), je suis devenue sosie officiel d'Elephant Man en moins de trente secondes. Et puis bon, toute histoire d'allergie mise à part, disons que je veux bien me revendiquer amie des animaux tout en admettant qu'il y a certaines limites. Disons que je ne me pourrirais pas le week-end en ressassant que j'ai maladroitement piétiné un escargot en marchant jusqu'à ma boîte aux lettres et que si un oisillon tombé du nid gît tout raide sur le trottoir, je ne me risquerai pas à lui faire un vain massage cardiaque.

Peut-être parce qu'au fond, j'ai pas de coeur.

Toujours est-il que Manu, lui, il peut se revendiquer ami des animaux en mode no limit.

Par exemple, un jour, alors qu'il vivait encore dans son ancien appart pourrave, celui-là même pour lequel il me fallait une bonne heure de préparation psychologique à chaque fois que je devais m'y rendre pour y passer la nuit tellement c'était cradingue, ben il a eu une mésaventure pour le moins atypique avec un oisillon. Il était en train de regarder la télé, bien vautré dans son canapé, quand soudain, un "cui cui" vint interrompre son 172ème visionnage du DVD d'Igor et Grichka Bogdanov (le cosmos, ça le passionne encore plus que le sauvetage d'animaux et que les films de monstres marins). Là, dans son salon, y avait un oisillon. Sauf que son appart, il était au deuxième étage et qu'un oisillon, ça sait pas voler. Bref, Manu s'est dit, je cite, que "quelqu'un avait dû balancer l'oiseau et qu'il avait ainsi atteri dans son salon". Note qu'on imagine tous très bien un mec en train de viser la fenêtre ouverte de Manu pour y balancer un oiseau tombé du nid. C'est plus fun que de sonner à la porte, et plus sportif surtout, ça je te l'accorde. Mais bon, pour la petite histoire, l'oiseau était juste tombé dans son appart par le trou immonde que Manu avait dans le plafond de sa salle de bains, un trou infect duquel tombaient quelques douzaines de fientes de pigeons tous les jours ainsi qu'un bon paquet de plumes pleines de miasmes. D'où ma difficulté à utiliser sa salle de bains d'alors, aussi punk fut-elle. Et bref, cette parenthèse étant faite, Manu a récupéré l'oisillon qui s'affolait sur la moquette de son salon, lui a fait un nid douillet avec ce qu'il a trouvé, s'est mis à l'observer longuement et à ameuter toutes les associations de protection des oiseaux en expliquant qu'un oiseau de type rapace venait d'atterrir dans son appartement, sans manquer de leur faire part du grand mystère planant autour de l'atterissage de cet oiseau encore incapable de voler. Et bon, ça lui a pris toute une journée à ce brave Manu, de se démener pour sauver son oisillon, contactant maints organismes et associations afin de tenter de faire prendre en charge son piaf. Au final, quelqu'un a fini par se déplacer et par écouter Manu raconter comment quelqu'un avait dû balancer cet oiseau dans son appartement (mort de rire ouais). Et puis au final, la personne en question s'est aperçue que le prétendu rapace, c'était un bébé pigeon. Alors elle est vite repartie en emportant l'oiseau, sans doute parce qu'elle a pris Manu pour une sorte d'individu psychotique à fuir au plus vite. Et puis bon, on ne dira rien à Manu pour ne pas lui faire de peine mais y a des chances pour que la gonzesse ait balancé le pigeon au coin de la rue, elle qui croyait venir récupérer une buse ou un faucon (et on lui dira pas non plus que la maman de Bambi, elle est morte...).

Et puis parmi les animaux sur lesquels Manu aime particulièrement veiller, il y a l'escargot. Manu, il regarde quasiment toujours où il met les pieds par temps de pluie, de peur d'écraser un pauvre escargot. Quand il en repère un sur la route, il s'empresse d'aller le choper et de le mettre en lieu sûr et quand il en croise un sur un trottoir tout sec, il l'embarque jusqu'à ce qu'il voie un endroit plein de verdure où y loger son escargot. Même que des fois, ça va plus loin : l'an dernier en vacances, il a trouvé un escargot tout sec sur une murette, en plein cagnard. Ben crois-le ou non, il nous a fait faire un détour pour trouver une fontaine ou une pompe à flotte afin de réhydrater ce foutu escargot. Ah oui, pour finir, faut bien que je précise que le jour où Manu a su que je bouffais parfois des escargots et que j'aimais ça, j'ai grave baissé dans son estime et à ce jour, j'ai évité de lui parler de ma passion pour les cuisses de grenouilles persillées, de peur qu'il ne me regarde désormais comme un être sanguinare et qu'il ne me quitte.

D'ailleurs en parlant de grenouilles...

Ben les grenouilles, c'est sans doute l'un de ses animaux préférés. Y a quelques mois, il a d'ailleurs dégoté des tétards auxquels il a aménagé un chouette terrarium, passant plusieurs heures par jour à les regarder barboter et à les recenser. Le jour où les bébés sont devenus de vraies petites grenouilles, il a failli verser sa petite larme. Et le jour où mon fils à assomé pour toujours une des genouilles en lui balançant un coup de crosse de son pistolet laser pareil que celui de Buzz L'Eclair, Manu il a bien failli renier mon môme à tout jamais. (Peut-être parce que ça lui a rappelé le jour où mon fils a peuplé sa ferme en plastique d'une dizaine d'escargots qu'il a pris soin d'arroser avant de les laisser en plein soleil. Quand Manu a découvert les escargots qui avaient cuits dans leur jus, dans les guitounes en plastique, il a envisagé d'emmener mon môme chez le pédopsy.) Et bref, les grenouilles ont continué à grandir, et puis un jour il a fallu les relâcher et crois-moi, ce fût un moment très solennel et plein d'émotion quand Manu s'est rendu à l'étang avec ses grenouilles barbotant dans un Tupperware (même que je me suis faite engueuler tout le trajet parce que je savais pas tenir correctement ce putain de Tupperware, paraît-il, et que j'allais finir par traumatiser les bébés grenouilles) et qu'il les a laissées vivre leur vie de grenouilles.

Moi, je trouve ça mignon. Et à tous ceux qui trouvent ça étrange, pour ne pas dire inquiétant, qu'à 40 ans, mon mec puisse rester bloqué deux heures par jour sur trois tétards qui nagent dan un bocal, je n'ai pas grand chose à répondre si ce n'est que ça reste un loisir nettement plus sain qu'aller aux putes. Mais bon, y a des fois où sa tendance à protéger les animaux, TOUS les animaux, elle devient juste ingérable...

Ainsi, pas plus tard qu'hier, je m'empiffrais joyeusement de sorbets dans ma petite robe vichy quand une guêpe, affolée par mes super nénés (je rêve si je veux, merde euh !), a cru bon de venir se planter dans mon décolleté. Même que j'ai gueulé un truc du genre "Aouch aïe putain de merde j'ai une guêpe plantée entre les miches !" avant que Manu ne vienne à ma rescousse et ne dégage la sale bestiole qui s'agitait dans ma robe. Et nous autres à table, on lui a dit : "Bute-la c'te pute !"  (pas moi, la guêpe) mais Manu il a répondu "Que nenni !" et il a laissé la vilaine petite bête retourner à son existence de guêpe, sans même lui claquer un coup de journal au coin de la gueule. Ben deux minutes après, ça n'a pas loupé, c'te salope de guêpe, elle s'en est pris à belle-maman et lui a attaqué l'épaule. Bon après ça, elle est morte hein, tout de même (pas belle-maman, la guêpe... faut suivre hein). N'empêche que Manu, j'veux pas dire hein, mais il défend mieux les insectes que sa propre mère, la honte quoi.

Sur ces joyeuses anecdotes, je te laisse lecteur, on a rendez-vous dans une heure à la SPA pour adopter un cloporte, une limace, un espadon et une vache laitière. Et on les appellera Tommy, Dee-Dee, Johnny et Joey, pour faire simple.

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jeudi 16 juillet 2009

Vacances de merde (suite et fin)

Salut les golgoths !

Comme promis, je reviens me plaindre. Avoue que ça t'as manqué hein, que je me plaigne de ma petite vie dorée comme si j'étais cul de jatte et que je vivais dans un bidonville d'Honolulu (comment ça y a pas de bidonvilles à Honolulu ??!).

Donc, pour en revenir à mes vacances de merde, je pense qu'il est préférable que je m'efforce de la jouer de façon concise : j'ai beau souffrir de diarrhée verbale chronique, je sens que je peux le faire. Parce que si je me mets à te raconter ma loose jour après jour, non seulement ça va prendre huit jours mais en plus tu vas vite t'emmerder et déserter ce blog au profit de blogs nettement plus fun où les blogueurs font des compte-rendus d'opé marketing (d'où qu'tu vois de l'ironie toi ?).

Alors voilà,

Concernant ces vacances disons simplement que, comme j'ai commencé à te l'expliquer hier, j'aurais dû me méfier.

J'aurais dû me méfier quand pour notre première virée à la plage, on a tous gardé les gilets sur le dos tellement ça meulait sa race. Et bon, j'irai pas jusqu'à dire que la plage tout habillé ça n'a aucun intérêt, n'empêche que si, un peu quand même. J'aurais dû me méfier quand après leur première baignade, les gosses sont ressortis tout bleus et transis de froid, pis j'aurais dû me méfier quand mon bébé a failli finir enseveli dans le sable à cause des rafales de vent. J'vais te dire, j'aurais surtout dû me méfier quand, après deux jorus de vacances, ma môme a refusé de retourner à la plage, préférant renoncer aux pâtés de sable plutôt que de se prendre du sable dans les yeux à cause du vent tout en grelottant sous les nuages gris.

J'aurais dû me méfier quand en entrant dans la maison recouverte de moquette du sol au plafond (littéralement hein : moquette au sol, moquette au mur, moquette au plafond... c'est limite si l'évier il est pas en moquette), j'ai commencé à éternuer une fois. Puis deux. Puis trois, puis... soixante-douze. Puis quand j'ai commencé à sentir mes bronches s'atrophier, mon palais enfler, mes yeux gratter et bref, quand j'ai senti que j'allais passer une semaine à me shooter aux corticoïdes pour pouvoir respirer un minimum, ben là par exemple, j'aurais dû me méfier. D'ailleurs je comprends toujours pas comment j'ai pu ne pas me méfier après la deuxième crise d'asthme et ma troisième nuit sans sommeil pour cause de "j'ai perdu mes bronches sur la moquette, essayez de ne pas les piétiner".

J'aurais dû me méfier après que mon fils eut repeint de gerbe sa chambre et la mienne, en l'espace de quelques heures. Ce bain de vomi en guise d'acueil, ça aurait dû m'alerter ouais... J'ai manqué de perspicacité mes enfants, aussi cela m'a-t-il valu une rechute en bonne et dûe forme avec une seconde vomi party trois jours plus tard. Deux nuits à patauger dans la gerbe au lieu de dormir, ça c'est de l'expérience ultime.

J'aurais dû me méfier quand je me suis rendue compte que finalement, pour moi les vacances, c'est faire la bonniche ailleurs. Cernée de gosses et de pré-ados, mes vacances ont très vite ressemblé à un mauvais remake de Huit ça suffit. Et quand au bout de deux jours, j'ai eu squatté la cuisine pendant cinq bonnes heures, tiré la chasse d'eau une quarantaine de fois (à croire que les jeunes sont inaptes à effectuer le geste simple qui leur permet de tirer la chasse d'eau), fait le gendarme dans le garde-manger pour savoir qui était le sale gosse qui avait bouffé en loucedé tous les Granola ou celui qui avait oublié de refermer cette putain de bouteille de Coca pour la trentième fois, pensé des repas pour des mômes qui n'aiment rien et qui sont jamais foutus de s'accomoder de ce que tu leur sers (ça c'est pas mes mômes à moi hein, c'est les autres... les miens ils sont supérieurs) (oui Nath, j'aime bien te provoquer en démontrant la supériorité de mes enfants par rapport aux tiens. Reconnais qu'ils sont supérieurs, merde quoi), rammassé les fringues de mes gosses et mon mec, éparpillées aux quatres coins de la maison, entendu une bonne vingtaine de fois "Qu'est-ce qu'on maaaaaaaange ?" ou "Quand est-ce qu'on maaaaaaange ?", ben après tout ça, j'aurais clairement dû me méfier, ouais. Et me barrer fissa.

J'aurais dû me méfier quand en s'appuyant contre la porte d'entrée, ma môme a fini par traverser la vitre (pas toute la môme hein, juste le bras) et qu'il a fallu revoir le programme cool de la journée au profit de la recherche d'un vitrier et d'un détour par les magasins de bricolage.

J'aurais dû me méfier quand, la seule fois où j'ai tenté de m'octroyer un instant de détente en m'offrant un bain relaxant, y avait plus d'eau chaude au bout de trois minutes. Je te dis pas comme j'allais l'air fine, le cul dans cinq centimètres d'eau, à devoir me rincer la tête à l'eau glacée.

J'aurais dû me méfier quand à l'issue d'une semaine de vacances, j'ai constaté que j'avais pu lire qu'un demi chapitre de mon livre tellement j'avais le temps de rien foutre. Pour tout dire, j'avais même embarqué mes deux vibros préférés en vacances, ben les bougres, ils ont même pas eu le temps de voir le loup. Trop deg' quoi.

D'ailleurs en parlant de vibro, j'aurais dû me méfier quand je me suis rendue compte que ces vacances, ça n'allait pas être "Sea, Sex and Sun". "Sea" à la rigueur quoi. Parce que le Sun, ben on pouvait oublier d'entrée, quant au Sex, entre la présence d'un môme fiévreux dans notre plumard deux nuits d'affilée, les nuits passées à éponger la gerbe, le bébé pas foutu de pioncer (à cause des relents de vomi peut-être... va savoir), mes crises d'asthme à répétition et la présence, dans la chambre voisine, du gosse de ma copine qu'il eût été malvenu de déranger par des grincements de matelas et des mots aussi doux que "viens que je m'occupe de toi, petite cochonne"... ben disons que tout cela ne nous prédiposait guère à copuler. Ouais je sais, c'est moche.

Alors bon, après une semaine passée à faire la bonniche, à mourir des bronches, à éponger la gerbe, à pas niquer et à jouer au Nain Jaune et au Jeu de l'Oie pour occuper les mômes par temps de merde, ben j'ai dit à Manu qu'il fallait qu'on rentre. Là tout de suite maintenant sur le champ illico presto, que j'y ai dit. Parce qu'on était censés rester là plus longuement et faire tout un tas de trucs fun comme du vélo, du bâteau, des siestes au soleil, des balades au marché... mais qu'en l'occurence, le seul truc local que j'avais eu l'occasion de visiter jusque là, c'était les pharmacies et les supermarchés, et que vu la gueule de la météo pour les prochains jours, le bâteau, le vélo et tutti quanti, ben on pouvait s'asseoir dessus. Manu il serait bien resté encore quelques jours vu que lui il aimait plutôt bien regarder la télé sur la terrasse en fumant des substances licites (j'insiste sur ce point des fois que le FBI lise mon blog). Oui parce que pour Manu, la définition des vacances c'est : regarder la télé ailleurs. Même que quand il ne pleuvait pas, il sortait carrément la télé sur la terrasse pour mater C dans l'air et les rediff' des Experts. Mais bon, quand il a vu mes yeux de lapin russe, et non pas de cocker (because l'allergie... faut suivre, merde !), et mon air implorant, Manu il a compris que là, c'était une question de vie ou de mort.

Et tu sais quoi ? Quand ma copine et moi avons fini de passer trois heures à remettre en ordre et laver la maison et après qu'on eût chargé les valises dans les bagnoles, ben le soleil, il a décidé de se pointer, ce petit enfoiré. Petite fiote de soleil va, enfoiré de ciel bleu ! Nous faire ça à NOUS, des gens cool qui méritons pas ça...! Alors je te dis pas la gueule des mômes quand on a commencé à charger les voitures et qu'ils ont vu ce putain de soleil au-dessus de leur tête. Limite ils nous ont pris pour des parents indignes qui les arrachaient volontairement au paradis terrestre. T'aurais du voir leur tête dépitée aux mômes... limite on a songé à vider le coffre pour remplir à nouveau les armoires, sauf que jai dit "Que nenni ! Si c'est pour tout re-saloper en attendant la prochaine averse, et qu'on se farcisse une nouvelle soirée Nain Jaune en bouffant du Zyrtec pour pas crever, c'est hors de question !".

Et bon, faut croire que quand je suis hors de moi, je suis un peu convaincante. Peut-être même que je fais peur. Toujours est-il que personne n'a osé me contredire et qu'on est tous remonté bien sagement dans nos voitures respectives, direction la Lorraine. Et moi, j'étais tellement contente de retrouver mon chez moi aseptisé, sans moquette ni acarien et le beau temps de Metz (car figure-toi que pendant qu'on se gelait les miches en Bretagne, ben chez nous, c'était Metz Plage tellement il faisait beau), que durant le trajet, j'ai même trouvé que les sandwiches des stations service étaient bon. Et que l'autoroute la nuit était belle. ET que passer huit heures sur un siège de bagnole, c'était confortable. Pis bon, au final j'ai retrouvé ma maison, alleluïa !

Bon, sur ce je te laisse, je vais voir si y a pas des promos en ce moment à Disneyland Paris. Ben oui, après des vacances aussi pourries, faut que je décompresse moi...

Edit : Si t'es sage, je te raconterai peut-être la suite de cet épisode intitulé : "Démoule jusqu'au bout" ou "comment j'ai passé mon 14 juillet à l'hosto". Ou bien je ferai une chronique sur la mort de Michael Jackson histoire de faire comme tout le monde. Allez, tchuss !

Posté par _eve_ à 10:30 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [24] - Permalien [#]
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mercredi 24 juin 2009

Manu m'a dit de vous dire

Quand on va à un concert de merde, Manu il dit : "Hé mon rat, faudra que tu dises sur ton blog que ce groupe, c'est de la merde".

Quand on a des soucis avec une boutique en ligne, Manu il dit : "Hé mon rat, faudra que tu dises sur ton blog que cette boutique est tenue par des gros cons".

Quand il entend un truc intéressant sur LCI, Manu dit : "Hé mon rat, faudra absolument que tu parles de ça sur ton blog".

Quand il me fait jouir, Manu dit : "Hé mon rat, tu pourras raconter à tes lecteurs comment je t'ai bien fait jouir deux fois de suite !"

Quand il entend une vanne plutôt bonne, Manu dit : "Mon rat, celle-là faut que tu la racontes à tes lecteurs."

Bref, Manu, il a tout le temps un truc à vous raconter, mes biquets. Enfin disons, un truc qu'il voudrait bien que je vous raconte à sa place vu que lui il n'a pas de blog et ce, selon ses dires, par pure fainénantise (non, en fait il préfère optimiser son temps libre en le passant sur Youporn et Magic Trade plutôt que sur un blog. Un choix qui se respecte).

Et comme moi je suis une fille sympa dans le fond (vraiment tout au fond hein), je lui ai dit que je voulais bien lui préter mon blog pour qu'il la ramène de temps en temps sur les sujets de son choix, et pour qu'il puisse vous dire tous ces trucs importants qu'il range dans un coin de sa tête (entre la date de notre anniversaire qu'il n'est pas foutu de retenir et la liste des courses à faire cet aprèm).

Donc voilà, en ce jour solennellement je l'annonce, la rubrique "Manu m'a dit de vous dire" fait son apparition sur ce blog.

Une rubrique écrite par moi-même sous les directives de Manu, même qu'il paraît que ça l'excite grave de s'imaginer que je suis sa secrétaire qui prend des notes sous la dictée, tape sur le clavier et suce fait le café.

*******

Manu m'a dit de vous dire :

* Qu'il croyait que Frédéric Mitterand était mort. Mais en fait non, il est pas mort, la preuve : il fait son entrée au ministère de la culture.

* Qu'il a vu un OVNI au concert plein air des Wad Billys. Il était couché dans l'herbe et observait les nuages, quand soudain, il s'est relevé pour me dire ceci : "Mon rat, je viens de voir un OVNI. Un truc blanc, immobile, dont on distinguait clairement les contours, des contours de soucoupe volante. Pis tout à coup, ça a commencé à s'estomper et ça a disparu...". Et Manu m'a dit de vous dire que la consommation d'un gros tarpé juste avant de voir l'OVNI n'a évidemment rien à voir avec cette apparition.

* Qu'il faut arrêter de manger du cochon. Parce que le porc, c'est le cousin de l'homme même que selon lui, ce serait pas impossible que l'homme descende à la fois du singe et du cochon. Alors le cochon, faut le traiter d'égal à égal et arrêter de le mettre dans son assiette, car à l'adage "dans le cochon, tout est bon", Manu préfère retenir l'expression emblématique "copain comme cochon". En revanche, Manu m'a tout de même dit de vous dire que le jambon, ça compte pas, que c'est pas vraiment du cochon. Parce qu'une vie sans jambon, paraît que c'est trop dur.

* Que Conan le Barbare II, c'est tout pompé sur un scénario de Donjons et Dragons. Le scenar où, précisément, Manu le palladin a épousaillé une princesse après moults combats héroïques et aventures diverses. Bref, Conan a tout copié sur Manu.

* Que depuis que Steven Seagal est bouffi et obèse, c'est trop marrant de le regarder combattre. Et il a pas tort Manu : des scènes de baston avec un Steven Seagal figé sur place qui remue rien que les avant bras tellement ça l'essouffle de faire trop de mouvements, c'est trop excellent. C'est pour ça que Steven, on l'aime tant.

* Que la brosse à dents est l'un des objets du quotidien les moins écologiques et les plus polluants. Paraît que rien n'est recyclable sur une brosse à dents, et que quand tu tiens compte du nombre de brosses à dents consommées, par an et par personne, l'impact écologique est juste catastrophique. (C'est peut-être pour ça que lui, il évite de trop se brosser les dents : il économise sa brosse en évitant de l'user trop vite, c'est son geste quotidien pour l'environnement.)

* Qu'il faut faire péter les supermarchés. TOUS les supermarchés. Comme ça, ces gros cons de capitalistes arrêteront enfin de se goinfrer sur le dos des producteurs et des consommateurs, on réapprendra à consommer intelligemment et ça remettra enfin les compteurs à zéro. Notez que Manu revisite le projet Chaos.

* Que si quelqu'un a des souches de timbres amendes, il veut bien les récupérer pour sa collec perso.


Voilà, c'est tout ce que Manu m'a dit de vous dire pour aujourd'hui.

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mercredi 17 juin 2009

Vous avez fini de vous foutre de ma gueule ?!

evildog

Dis lecteur, ça t'arrive à toi d'avoir le vague sentiment que chez toi, dans ton home sweet home, les adorés qui composent ton foyer ont parfois méchamment tendance à se foutre de ta gueule ?

Moi, ça m'arrive tout le temps ça, d'avoir l'impression d'être prise pour une buse par ma propre tribu...

Mes gosses par exemple, mes propres enfants, la chair de ma chair, ben disons que me prendre pour une conne, c'est un peu leur raison de vivre. Et prendre leur gentille maman pour une conne, on dirait même que ça les fait encore plus kiffer que de lui foutre la honte en public, c'est dire.

Par exemple tiens, ce matin, j'ai lavé ma terrasse avec tellement de soin que la famille Van de Kamp aurait pu venir y pique-niquer, même qu'on aurait mangé par terre avec les doigts tellement c'était propre. Ben une heure après, mon fils a jugé bon de remplir une bassine avec l'eau des jardinières. Genre bien crade la flotte hein. Et une fois qu'il a eu rempli son fond de bassine d'eau bien crasseuse, il a plongé dedans et il m'en a foutu partout. Ca, c'était juste après avoir pissé dans la remorque de son tricycle et y avoir baigné son troupeau de diplodocus en plastique. Mignon, n'est-il pas ?

Et sa frangine, pas plus tard que la semaine dernière, elle a ruiné ma salle de bains. Mais quand je te dis ruiné, c'est ruiné hein. J'ai cru que la maison s'écroulait mais en fait non, c'était juste mon étagère de salle de bain qui s'écroulait, avec tout ce qui s'y trouvait. Résultat : tous les pots en céramique pétés, tout le maquillage bousillé (bah oui, sache que quand tu fais tomber des fards compacts par terre, ça se casse et c'est tout niqué), les flacons de cosmétiques flingués... Et pour seule explication : "C'est pas ma faute, je faisais que regarder tes affaires". Eh ouais, parce que comme si ça suffisait pas de niquer mes affaires, ma môme elle croit qu'en plus, il est de ton de me prendre pour une conne en m'expliquant que par un simple regard et la seule force de l'esprit, elle a réussi à pulvériser la salle de bains. Je savais que j'aurais jamais, jamais dû la laisser regarder Carrie.

Et mon bébé choupinet qui sait pas encore marcher, tu crois qu'il a pas déjà pigé le concept du "je prends maman pour une conne et j'aime ça" ? Le môme, il attend précisément que je sois en train de bosser pour se mettre à hurler et à vouloir être pris dans les bras. Pis il attend que je me mette à table pour se réveiller de sa sieste et réclamer à bouffer et puis, évidemment, il attend que je dorme pour ne plus dormir, le brave petit.

Heureusement, pour relever le niveau au milieu de ces gosses indignes, il y a Manu, te dis-tu. Manu, le mec qui ruine une heure et demi de ménage en traversant l'appart dont le sol est mouillé avec ses Doc Martens crasseuses aux pieds et qui, pour sa défense, précise seulement : "Attends, j'allais quand même pas enlever mes pompes sachant que je repars direct et qu'il m'aurait bien fallu trois minutes rien que pour virer les lacets". Trois minutes. Contre une heure et demi de briquage de sol. C'est pas du putain de foutage de gueule ça ??!!

Bref, comme tu l'as compris, tout le monde sous mon propre toit, j'ai bien dit tout le monde, s'emploie à se foutre de ma gueule et à me prendre pour une abrutie.

Par chance, il reste mon chien. Ma brave petite bestiole qui ressemble à la progéniture d'une chauve-souris gang banguée par des Gremlins. Eh bien ma petite chienne, j'ai fini par considérer que c'était le dernier être raisonnable doté d'un sens du respect dans cette foutue baraque, aussi me suis-je mise à lui vouer une reconnaissance sans fin pour tant de compréhension et de respect à mon égard.

Alors voilà, je croyais dur comme fer en la loyauté et la considération de mon clébard, seul être ayant un peu d'estime pour moi dans mon foyer. Et puis la semaine dernière, on a fait opérer la pauvre petite bête. Stérilisée vois-tu, histoire qu'elle ne mette pas au monde d'autre bébés Gremlins canins (quoique, ça pourrait être marrant si les bâtards moches se mettaient à avoir le dessus sur tous ces jolis chiens de race). Et accessoirement, pour qu'elle ne se fasse pas tringler par le chien pervers de ma cousine pendant toutes les vacances d'été (t'imagines le beau spectacle pour les mômes ? "Maman, ils font quoi les chiens ? Et pourquoi lui il a le zizi tout rouge ?"). Donc bref, on l'a faite stérilisée. Même qu'elle est rentrée de cette opération toute traumatisée, comme si on l'abandonnait aux mains des nazis pour expérimenter la conception d'un chien mutant exterminateur. Alors on a pris grand soin d'elle, la pauvre bête.

Quand elle a pissé sur notre lit, ben on a rien dit. Rapport aux problèmes d'incontincence que peut engendrer l'anasthésie et tutti quanti. Et quand elle a pissé pour la cinquième fois sur le lit, ben on a toujours rien dit, vu qu'elle devait souffrir, la pauvre.

Et le truc, c'est que de jour en jour, ma petite bestiole dépérissait à vue d'oeil : elle ne mangeait plus, ne buvait plus, n'était plus capable de marcher, restait prostrée dans un coin toute la journée en gémissant. Même que j'ai crû qu'elle allait crever quoi !! Alors on a fait de notre mieux pour qu'elle crève pas : on l'alimentait en lui donnant des bouts de bavette d'aloyau directement dans la gueule, on la portait pour qu'elle n'ait pas d'effort à faire... la totale quoi ! Mais rien à faire, le chien continuait à se laisser mourir.

Merde quoi.

Alors on l'a amenée à nouveau chez le véto en se disant que ce naze, il avait du rater son intervention et bousiller le dedans de notre petit chien. Manu il a porté la petite bestiole quasi morte dans une couverture, s'est tapé une heure de route pour aller chez le véto, et en arrivant... ben crois-le ou non... la chienne a sauté hors de la voiture comme un cabri et s'est mise à faire la fête à tout le monde. Le véto, il a dit que tout allait bien. Mais de retour à la maison, re-belotte, la chienne s'est mise à faire la morte et à pousser des râles d'agonie.

Ma belle-mère, qui a une grande expérience des clébards et qui a presque pleuré en voyant mon chien soit disant mourrant,  elle a appelé un comportementaliste et lui a fait un petit topos. Le gars, il y a dit ceci : que la chienne, ça devait être une sacrée comédienne. Qu'elle avait tant et si bien pigé qu'étant fébrile, on était aux petits soins avec elle et qu'on l'autorisait même à faire des conneries, que du coup, elle se gênait pas pour nous faire tourner en bourrique, pour pisser partout au lieu d'attendre l'heure de la promenade, se faire nourrir de viande premier choix comme un oisillon, et j'en passe.

T'imagines, ce chien, c'est le démon !

Bref, pour conclure : même mon chien me prend pour une conne.

Sur ce, je cours me suicider aux Frolic.

lundi 15 juin 2009

Qui aime bien châtie bien (adage vieux comme le monde mais toujours d'actualité, faces de pets)

Nan sérieux, vous savez que je vous aime bien et tout et tout (enfin pas tant que ça mais bon) mais s'il vous plaît amis lecteurs, de grâce... vous voulez pas faire un effort, bordel de couilles ?!!!!

Paraîtrait que je suis vilaine avec Manu. Ouais, paraîtrait. C'est des commentateurs qui me l'ont dit. Paraîtrait que je me moque et tout ça.

Han ouais, sans blague ? Moi me moquer ?!! Naaaaaaan, c'est pas mon genre...

Mais bon, je me méfie, y aurait des projets de création de collectif en soutien à Manu le keupon dans l'air que ça m'étonnerait pas.

Bon alors, de deux choses l'une :

- Dis lecteur, t'as trouvé ça tout seul que je me moquais des gens ? Ben ouais je me moque. Et entre nous, c'est pas franchement nouveau. Pis bon, je ne me moque pas seulement des gens que je déteste (ne tombons pas dans la facilité) mais aussi et surtout des gens que j'aime. Regarde c'te pauv' blonde que j'arrête pas de traiter de sale hippie de merde depuis que je la connais, la Pétasse à qui je fais croire les pires horreurs en matière d'enfantement, la Peste que je fais passer pour Candide quand elle passe dans un tunnel ou devant une éolienne... Pis tiens, pas plus tard que ce week-end, j'ai reçu des tas de gens chez moi (ouais, on a fêté mes 18 ans, je te raconterai si t'es sage et si t'acceptes de devenir un peu plus futé) à qui j'ai fait moults compliments : entre ma copine fashionista que j'ai traitée de pouffe lookée comme une pute du bois de Boulogne toute la soirée (la pauvre ne porte pas le léopard aussi bien que moi), ma pote qui est une groupie refoulée et à qui j'ai pas arrêté de dire "ta gueule sale groupie" dès qu'elle ouvrait la bouche, mes amis de moins de 20 ans que j'ai traités de post puceaux pas encore secs derrière les oreilles toute la soirée et le Coach, ah ben je t'en parle pas du Coach, lui et moi ce sera le jour où on arrêtera de s'insulter et de s'humilier mutuellement qu'il faudra se poser des questions quant à notre amitié (faut savoir que ce con m'a tout de même offert un rideau de douche d'occas' avec des poissons et des coquillages bleus turquoise dessus, le tout emballé dans du papier aluminium en guise de papier cadeau).
Et Manu, ben ouais Manu. C'est plutôt bon signe que je me foute de sa gueule car crois-moi, si je ne le faisais pas, ce serait signe d'une indifférence certaine à son égard et ça voudrait dire que je l'aime un peu mais sans plus, ce qui est bien mais pas top. Donc OUI je me fous de la gueule de mon mec, mais putain, encore heureux !

- Pis bon, air de rien, le Manu il me le rend bien. Normal quoi. Et je te prie de croire que s'il avait un blog, ça casserait de la Eve et pas qu'un peu hein (oui bon, il a pas de blog par pure fainéantise, mais il envisage de participer indirectement à mon blog via la chronique "Manu m'a dit de vous dire". A suivre...). Tiens, pas plus tard qu'hier, j'ai fait du pain. Oui les gueux, je fais mon propre pain et je vous merde. Et bon, au lieu de faire une bonne vieille baguette traditionnelle, j'ai tenté une variante et quand j'ai sorti ladite variante du four, Manu il a regardé ça attentivement et il m'a dit que ça ressemblait à du Tricatel. Du Tricatel, rien que ça ouais. Sympa quoi. Et quand on sort, ah ben v'là comme il se fout de ma gueule "Youhou, je vais au restau avec la meuf de Happy Days !", "Purée cool, je me tape Olivia Newton John... Hé Olivia, y a des gens qui te matent, ils doivent croire que tu vas à une soirée déguisée". Mignon ouais. Ou le soir, quand je lui demande de me dire un truc gentil (genre "I will always love you ouh ouh ouh") et qu'il me répond "Bonne nuit", c'est passe foutre de ma gueule hein ? Et je te passe d'autres phrases collector du genre "Je peux pas t'épouser, t'es trop pauvre" ou "t'es belle avec tes grands ongles, on dirait une actrice porno". Bref, Manu il me cartonne sévère. Et là encore, je trouve ça plutôt rassurant. Car voyez-vous, ça prouve qu'on sait rire NOUS, pas comme certains, tsss....

Donc voilà, mode d'emploi à l'usage des lecteurs qui sont mignons mais qui sont de tout p'tits bretons : si j'aimais pas mon mec drôlement fort, ben même pas j'en parlerai sur ce blog. Je me contenterais de faire comme s'il n'existait pas (et comme dirait ce bon vieux Joe Dassin : "Et si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existerais ?"), ce serait beaucoup plus commode que d'admettre que je me farcis un tocard. Or, le fait est que je l'aime comme une foufoute (avis au cinéphiles : j'offre un sac banane Ricard à qui trouvera la référence ciné hautement culturelle). Eh oui bande de gnous, vous peinez donc à comprendre que quand je vous narre les dernières bourdes en date de Manu, c'est un peu ma façon de montrer aux gens que je l'aime. Comme une foufoute ouais. Oh putain qu'c'est beau, limite j'en pleurerais si j'avais un coeur.

Alors pour te rassurer lecteur, je m'en vais te dire à quel point on s'aime Manu et moi.

Je lui perce les points noirs dans le dos et il vide mon seau de vomi quand j'ai la gastro. Je lui amène du papier WC quand il fait popo et qu'il s'aperçoit qu'y a plus de PQ aux chiottes et lui, il va à ma place à la pharmacie pour m'acheter ma petite pommade anti-hémorroïdes. Quand il a une toux grasse, je lui apporte des mouchoirs pour qu'il crache dedans et quand j'ai les cheveux gras, il me caresse la tête quand même. Je fais semblant de pas remarquer que ses chaussettes puent et il fait semblant de ne pas noter que mon épilation du maillot laisse à désirer.

Alors FRANCHEMENT, si c'est pas de l'amour fou ça, qu'est-ce donc, je vous le demande ?!!

Sur ce mes petits choux, je vous laisse méditer car moi j'ai un paquet de choses à finir. Notamment faire des yaourts en espérant qu'ils ne seront pas qualifiés par mon cher et tendre de bouffe Tricatel.

Edit : Paraît qu'y a des gens qui ont un problème avec mes lecteurs automatiques. A ces gens-là j'ai envie de conseiller une solution très efficace : la touche off du haut parleur.


Découvrez Puddle of Mudd!

mercredi 10 juin 2009

La diète selon moi

r_gime

Je sais, je sais, avec l'arrivée des beaux jours, on est tous censés être sveltes et musclés. J'te jure, c'est la presse féminine et la télé qui me l'ont dit.

Mais moi, j'ai décidé de ne pas faire comme tout le monde, pour aps changer. En fait pour être plus exacte, c'est mon corps qui a décidé de ne pas faire comme les autres corps. Et mon corps, il a jugé de bon ton de prendre quelques kilos avant l'arrivée de l'été, histoire de faire quelques réserves de graisse au cas où mon gras actuel se mettrait à fondre au soleil.

Aussi, depuis quelques semaines déjà, je ne ferme plus mes slims. Pire, je peine à rentrer dedans et quand j'y parviens, force est de constater que mon cul y est tellement serré qu'il est aussi gracieux qu'un sandwich trop gras applati dans du cellofrais. J'ai donc renoncé à mes slims. Et à mes jupes près du corps. Et à mes robes trop moulantes because la silhouette Orangina, c'est pas ce qu'il y a de plus glam, surtout dans du textile léopard. Et puis y a pas que les fesses qui ont engraissé, y a aussi le bide, même que Manu il me croit pas quand je lui dis que c'est des restes de mon accouchement et que c'est pas de ma faute si j'ai un bourrelet mignon (mais bien sûr... et mon enfant il s'appelle Coca Cola et Kinder Schoko Bons).

Et donc bref, tout ça pour dire que récemment, en accord avec moi-même, j'ai décidé de me mettre au régime. Comme ça ouais. J'ai peur de rien, je suis une aventurière te dis-je.

Alors je me suis mise à manger rien que des choses saines et pas très caloriques.
Genre du poisson à la vapeur, c'est très bon ça le poisson à la vapeur.
Ou des yaourts nature 0%,
du concombre,
des radis,
des fraises du jardin,
du pain complet,
et du thé vert, beaucoup de thé vert car j'ai lu quelque part que ça faisait grave maigrir.

Le problème c'est que le poisson à la vapeur, c'est bon avec de la crème liquide entière.
Et le yaourt nature 0%, c'est bon avec du sirop d'érable.
Et le concombre, c'est bon avec du fromage blanc bien gras.
Et les radis, avec du beurre breton salé.
Et les fraises, c'est une hérésie de les manger sans chantilly maison ou mascarpone.
Et le pain complet, putain ce que c'est bon quand t'as un oeuf, du lait, du beurrer et du sucre sous la main et que tu fais revenir tout ça dans une poêle (pain perdu, I love you).
Quant au thé vert, ah oui c'est clair que ça descend tout seul, surtout avec un petit speculos (ou douze) à tremper dedans.

Bref, on va dire que j'ai fait le régime à ma manière.

Et au final, je comprends pas pourquoi mais j'ai pas perdu un gramme en dépit de tous mes efforts, merde quoi.

Alors bon, j'ai du avoir une grande conversation avec mon corps. Je l'ai bien observé et je lui ai dit : "Bon, on fait quoi maintenant ?". Et là, mes nichons se sont mis à frétiller (oui, j'ai les nichons qui frétillent et alors ?!) et m'ont dit : "Non mais ho grognasse chérie, tu nous as vu dis ?". Et là j'ai bien du me rendre à l'évidence : oui, je les voyais ! Ce qui est assez formidable en soi compte tenu du fait qu'à chacun de mes moults accouchements (68 au total), mes seins se sont un peu plus fait la malle jusqu'à finir par quasi disparaître au final. Et là, ô stupeur, les voilàs revenus ! Sans blague hein, même que je remets mes soutifs de quand j'avais des nichons pour de vrai !

Alors tu penses, du coup, j'ai dû tout reconsidérer : to keep or not to keep my tits, that is the question.

Et j'ai annoncé à Manu :
"Manu, on est face à un gros dilemme là. Ok, j'ai pris du cul. Mais soyons lucides, j'ai aussi retrouvé mes seins par la même occasion. Alors on fait quoi dis ? Je me mets au régime brocolis cuits à l'eau de Vittel et je pars en guerre contre les capitons incrustés, au risque de redevenir plate comme une limande ? ou bien je conserve l'ensemble : le cul et les seins ?"

Et Manu il a analysé la situation, il m'a faite me mettre en slip et adopter maintes postures afin de pouvoir soit disant faire un état des lieux objectifs (tu penses... Manu ne perd pas le nord, never) et là, dans son infinie sagesse il a tranché : "Mon rat, on garde le tout."

Alors voilà, c'est décidé, on le garde.

Sur ce, pour fêter ça, mon désormais gros cul et moi, on va se recouper une petite part de fondant au chocolat qui accompagne si bien la tisane ventre plat au fenouil.

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mardi 9 juin 2009

Le seigneur de l'anneau

Demain lecteur, c'est mon anniversaire. Je dis ça comme ça hein, des fois que les baltringues qui n'auraient pas encore pensé à mon cadeau se sortent les doigts du cul et se décident enfin à me payer des trucs, parce que 22 ans, ça se fête, merde.

Et en parlant de cadeaux, j'en ai une bonne à te raconter. Attention mes bichons, j'annonce : ceci est une histoire avec des morceaux de vie de merde dedans. Et un Manu aussi (ne cherche pas de relation de cause à effet steuplé).

Il y a quelques jours, mon gentil Manu me dit ceci : "J'espère que le cadeau d'anniversaire que je t'ai acheté va te plaire. Parce que j'ai comme un doute là...".

Et moi : "Nan mais attends, je suis la fille pour laquelle on peut dire qu'il est impossible de se tromper en matière de cadeaux. C'est vrai quoi, je passe ma vie à réclamer des trucs, à faire des croix dans les catalogues, à mettre en favoris mes pages préférées de site marchand, à montrer des trucs dans des vitrines... Tiens, c'est comme ces fois où je t'envoie des mails intitulés "Manu, si tu veux me gâter, ça tombe bien..." et dans lesquels je t'envoie les liens et références des trucs que j'ai envie de me payer. Bref, m'offrir un cadeau susceptible de me faire plaisir, c'est juste trop facile, surtout quand on vit avec moi."

Manu il a juste répondu : "Ah."

Oui je sais, ça n'annonce rien de bon quand Manu se contente d'un "ah".

Et comme il disait plus rien, j'ai embrayé en faisant un peu d'humour de merde et j'y ai dit ceci : "Tant que tu t'es pas aventuré dans le motif tête de mort pour pré-ado pour mon cadeau, devrait pas y avoir de souci".

Et là Manu il a ri jaune.

"Nan... T'as quand même pas osé m'acheter un truc avec une tête de mort dessus ??! Non parce que qu'on soit bien d'accord, à part la magnifique robe payée par mes copines, jene  porte ni ne possède aucun truc avec des têtes de mort dessus hein, je fais pas dans le trip gothique ou psycho, encore moins dans l'emo punk pour ado hein..."

Sauf que Manu, s'il riait (jaune), c'était pas pour rien. Et j'ai vite compris que ce con le brave, il avait justement tapé dans le motif tête de mort. Cherche pas pourquoi, peut-être qu'il est parti du principe que rock'n'roll = tête de mort, peut-être que c'est dû aux ravages de la drogue sur son cerveau, peut-être que... 'fin je sais pas quoi, je n'y vois guère d'explication.

Alors bon, pour détendre l'atmosphère, je me suis dit que j'allais remettre une couche d'humour de merde et j'ai dit : "Bon, va pour la tête de mort à la rigueur. Tant que c'est pas une bague tête de mort, on est sauvés...".

Sauf que là Manu, il riait plus du tout le pauvre. Et moi j'ai pris ma tête dans mes mains et j'ai dit : "Oh my god. T'as quand même pas osé m'acheter une bague avec une tête de mort dessus ?"

Et comme il disait plus rien, j'ai même enchaîné en disant : "Manquerait plus qu'elle soit pleine de brillants et de strass et là ce serait la totale...".

Et là lecteur, tiens-toi bien, Manu il a dit : "Ecoute mon rat, je suis obligé de t'offrir ton cadeau en avance car là je flippe grave que tu l'aimes pas. Je vais être en stress jusqu'à ton anniversaire avec cette histoire de cadeau, je préfère te le donner maintenant."

Ouais, je sais ce que tu penses : déjà à ce stade, ça sentait pas bon cette histoire. Et t'as raison mon con, t'as raison...

Manu il s'est pointé avec une petite boîte carrée et moi j'ai pas osé l'ouvrir. J'avais trop peur d'y trouver un truc moche, tu comprends ?! Alors je l'ai ouverte tout doucement en n'ouvrant qu'un oeil. Et là, j'ai eu envie de pleurer.

J'ai eu envie de pleurer et puis j'ai scruté la pièce à la recherche d'une caméra cachée. Parce que je me suis dit que ça ne pouvait être qu'un gag, que Manu il était en train de se foutre de ma gueule. Et puis j'ai attendu quelques minutes, des fois que mes soupçons se confirment et que Manu finisse par dégainer un autre cadeau qui serait un vrai beau cadeau cette fois. Mais non, y avait ni caméra ni autre cadeau. Y avait juste Manu, moi et la bague.

La bague, la voilà :

bague

En pire, vois-tu. Car la mienne en plus, elle a six pierres noires brillantes de chaque côté de la tête. Et en l'occurence, je n'ai trouvé que cette photo sur le ouèb, n'ayant pu photographier ma propre bague à défaut de posséder un appareil photo.

Eh ouais, j'ai pas d'appareil photo. Mais maintenant, j'ai une bague.

Immonde.

Ose dire que c'est pas une putain de bague de biker, merde ?!

Moi en plus, j'ai des grands doigts maigres. Alors je te prie de croire que la bagouze là à mon doigt, elle fait pas chouette. Et ne parlons pas de la prétendue tête de mort qui ressemble plus à une tête d'alien. Et bref, E.T. en tenue de strass à mon doigt, c'est juste pas possible.

Alors j'ai essayé de ne pas trop manifester ma déception et j'ai gentiment demandé à Manu comment il pouvait oser m'offrir un truc pareil. Parce que ce truc, c'est quand même tout ce que je déteste, j'ai bien dit TOUT.

Déjà, j'aime pas les bijoux. Et Manu, il est censé le savoir vu qu'il vit avec moi tout de même, et qu'il doit bien se rendre compte que des bijoux, j'en porte jamais. Ca fait tout de même deux ans qu'il cohabite avec mes dix doigts et moi et il a forcément du voir qu'y avait pas une foutue bague à mes doigts, c'était donc pas compliqué d'en déduire que les bijoux, j'aime pas ça (car Dieu merci, si j'avais aimé les bagues, j'aurais pas attendu 28 ans avant de m'en payer une hein).

Donc je n'aime pas les bagues et lui il m'offre la pire bague du monde. Une grosse bague de biker qu'on dirait en toc, une bague qui me rappelle celles que les ados emo punk achètent chez Claire's ou qu'on gagnait quand on était gosses dans les tirettes des fêtes foraines.

Alors j'ai gentiment expliqué ceci à Manu : "Manu, t'as craqué. Je sais pas ce qui t'as pris mais cette bague elle est juste... horrible... inmettable... pire que tout. C'est un condensé de mauvais goût, plus cheap tu meurs...Et même avec la meilleure volonté, je vais juste ne pas pouvoir la porter..."

Et lui il réponds : "Dis pas ça mon rat... C'est quand même une bague de valeur quoi...".

Et là moi j'ai pété de rire. Mais je l'ai vite bouclée quand j'ai compris qu'il déconnait pas. "D'où que c'est une bague de valeur ?" j'y ai demandé, "Non mais t'as vu sa gueule à c'te bague ?!". Et lui il m'explique que les yeux, c'est des rubis et que les six petites pierres noires autour, c'est des diamants noirs.

Et là lecteur, crois-le ou non, j'ai pleuré.

Non pas parce que j'étais touchée de recevoir un cadeau de valeur, juste parce que je prenais subitement conscience de la thune que devait coûter ce truc qui relève plus de l'immondice que de la joaillerie. Imagine : un truc moche et peu coûteux, tu le balances au fond d'un tiroir et ça t'empêches pas de dormir. Mais un truc hideux qui coûte un bras, c'est plus la même affaire ! Imagine, ce truc il est tellement moche que même pas je pourrais le revendre, personne n'en voudra quoi, même bradé !! Même ma môme m'a dit gentiment : "Mais maman, elle est pas un peu moche ta bague" alors que, c'est bien connu, les petites filles trouvent toujours les bijoux de toute beauté, surtout quand ça brille. Et mon fiston, il vient de me demander si c'était un escargot ou un pirate sur la bague, c'est dire s'il est réussi ce motif tête de mort.

Et bref, j'ai osé posé la question fatidique : "Dis-moi Manu, avec le prix de cette... bague..., tu crois que j'aurais pu me payer combien de robes de pin up ?"

Et Manu il répond : "Six. Minimum"

Voilà quoi. Maintenant à chaque fois que je vois cette bague, je peux pas m'empêcher de visualiser une garde robe neuve. Une sorbetière Kitchenaid. Un sac Revamp Productions. Un mur végétal. Un ordinateur. Un appareil photo. Un corset rétro. Bref, je ne peux pas m'empêcher de visualiser TOUS ces trucs dont je rêve et que j'aurais pu avoir au lieu de... au lieu de ça.

(Allez, je te pète à nouveau la photo pour que t'imprègnes bien et pour que tu puisses te foutre de moi deux fois plus. Et n'oublie pas de visualiser les 6 petits diamants qu'on ne voit pas sur le cliché hein...)

bague

Ouais je sais, ça fait peur hein...

Et bref, je l'ai mauvaise de chez mauvaise lecteur, suis encore plus remontée que quand j'ai mes règles. Et pour cause :

- J'ai un job de merde qui me rapporte des revenus plus proches du néant que du Smic. Autant dire que je mesure mes dépenses et que j'ai rarement le loisir de pouvoir me payer des trucs. M'acheter des fringues, ça veut dire en sacrifier d'autres auparavant pour avoir un peu de thunes à dépenser et ça c'est valable pour tout ce que je dépense. Alors laisse-moi te dire qu'une bague inmettable qui coûte un bras, ça me fout juste hors de moi quand je pense à tous les trucs que j'aurais pu me payer pour le même prix. Par exemple, ça fait un an que je chiale pour avoir un ordi premier prix, juste pour pouvoir écrire dans une ambiance un peu plus adéquate que celle de l'agitation familiale (vas-y toi pour bosser des textes de cul sur un coin de table dans le salon quand t'as les mômes dans les pattes... pas si simple de se concentrer sur la fellation tandis que tes moutards réclament un biberon avec Baby TV en fond sonore, on a vu plus propice pour la concentration). Et un PC portable, pour le prix de la bague, j'en avais un. Ca fait aussi un mois que je réclame la sorbetière Kitchenaid pour pouvoir faire des glaces comme Bree Van de Kamp. Ben vu le prix de la bague, j'aurais pu me payer 5 sorbetières. Ca fait aussi des semaines que je parle à mes robes dans mon dressing en leur expliquant que je les aime toutes mais que l'été approchant, j'ai envie de nouveauté et que je vais être dans l'obligation d'en sacrifier quelques unes afin de pouvoir m'en payer d'autres. Et annoncer ça à de gentilles robes 50's, je te prie de croire que ça fait bien mal au cul. Si elles savaient que pour le prix de cette saloperie de bagues, j'aurais pu amener six copines robes dans le dressing, elles en seraient malades mes robes, elles en seraient malades...

- Je l'ai doublement mauvaise car cela témoigne d'une évidence déconcertante : mon mec ne fait pas attention à moi ou si peu. Quand je parle, c'est comme si je pissais dans une contrebasse (excuse-moi, je préfère la contrebasse au violon). Ca fait un an que je lui dis que j'ai envie de faire de la photo et que je galère à économiser la thune pour me payer un appareil décent. Un an que je me plains de devoir travailler sur un bout de table avec les gosses dans les parages. Sans parler des conversations relatives aux bijoux au cours desquelles je disais simplement que les bijoux, j'aime pas ça. A croire qu'il n'écoute pas un mot de ce que je lui dis et ça, ça fait toujours drôlement plaisir.

Et pour couronner le tout...

... parce que ouais attends, ça s'arrête pas là...

... sa bague pourrave, il a osé me l'offrir à genoux en me faisant c'te bonne blague du mec qui demande sa gonzesse en mariage mais non en fait pas du tout. "Regarde mon rat, je te fais ma demande, haha". Il aurait ajouté "non j'déconne" que ça aurait été pareil. Le coup de la fausse demande en mariage, sérieux fallait oser quoi.

Bref, pour conclure : dans les films, les amoureux demandent leur copine en mariage avec de vraies belles bagues. Dans la vraie vie, ton mec t'offre une bague absolument immonde en faisant semblant de te demander en mariage parce qu'il trouve ça trop rigolo le coup du "j'te marie nan j'déconne".

Et bref, cette année, mon anniversaire a méchamment des airs de mauvaise blague.

Je crois que sur ce coup-là, je suis une bonne candidate pour Viedemerde.fr.


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vendredi 29 mai 2009

Combien tu prends ?

proposition

Il faut savoir que chaque jour, je passe quelques heures au téléphone avec mes copines. Obligée quoi, on a tellement de trucs fondamentaux à se dire qu'on est tenues de se téléphoner entre deux et six fois par jour (c'est le minimum syndical) : faut qu'on se plaigne de nos mecs respectifs, qu'on se raconte les derniers ragots, qu'on parle de cul un minimum, qu'on dise pleeeeein de mal des gens qu'on n'aime pas et puis surtout, qu'on se foute de la gueule de nos blogueuses préférées, qu'elles soient princesses-mes-couilles ou influentes-mon-cul.

Et puis par ailleurs, on aborde régulièrement des questions aussi cruciales que : faut-il ou non se faire botoxer à l'approche de la trentaine ? Renoncer au chocolat pour avoir un cul d'enfer vaut-il vraiment le coup ? Qu'est-ce qu'on ferait de notre pognon si on était riches ? Et de notre pouvoir si on était puissantes ? Et de notre cul si on était libertines ? Et parfois, on en arrive à des sujets de discussion aussi fondamentaux que celui-ci : qu'en serait-il si on se la jouait Demi Moore et Robert Redford dans Proposition Indécente ? (quoi, t'as pas vu le film ?!! Haaaaaan, la hoooonte !!) ?

Parce que bon, on n'est pas des putes, mais dans l'absolu, on n'est pas contre non plus. Et bon bref, dans le film, Woody Harrelson et Demi Moore sont mariés et amoureux et tout et tout, mais ils acceptent la proposition pas très catholique de Robert Redford qui consiste à louer Demi une nuit pour 1 million de dollars. Un million quoi !! Pis Robert Redford ! Moi, même pour 82 euros je veux bien que Robert Redford il me loue pour une nuit (même vieux oui, même vieux... et pas la peine de venir me les briser avec vos histoires d'Oedipe et mon pseudo-problème avec les vieux...). Et donc, on reparle de ce film et on se dit que dans la vraie vie, ça n'existe pas, ou alors que ça existe mais que le milliardaire en question doit être moche et pervers et puis sentir des dessous de bras pour couronner le tout. Mais quand même, on se pose la question :

"Tu crois qu'il dirait quoi ton mec si on vous proposait de te louer pour une nuit ?
- Oh ben à un million de dollars hein, y a pas photo !
- Ouais, t'as raison. Moi je me dis que mon mec, même pour moins que ça il accepterait de me louer. Genre 10 000 euros. Ou 1000 euros. Ou 500 euros et trois tickets resto."

Alors j'ai demandé à Manu :
"Manuuuuuu ?! Dis, tu te souviens du film Proposition indécente ?
- Non.
- Robert Redford et tout et tout...?
- Non.
- Mais siiiiiii, ce film de gonzesse où qu'c'est que Robert il paye 1 million de dollars pour troncher Demi Moore, même qu'il est très prévenant et très classieux et qu'après ça part en sucette...!
- Ah oui, ça me dit quelque chose.
- Ben bref, je me demandais, est-ce que toi t'accepterais de me louer à un milliardaire à 1 million de dollars la nuit ?"

Là, Manu il réfléchit. Et puis il dit :

"Non mon rat, jamais de la vie."

Et moi je me dis : "Ô, que c'est beau l'amour ! Même pas pour un million il ne me mettrait entre les mains d'un pervers sodomite milliardaire glamour".

Sauf que juste après, il ajoute :

"Ca va pas non, un million, c'est pas assez, ça suffirait pas pour que je puisse arrêter de bosser".

Il a bient dit "je puisse arrêter de bosser". Donc concrêtement, mon mec, il veut bien m'envoyer faire la pute de grand standing si et seulement si ça peut lui permettre à lui de passer le reste de sa vie à regarder LCI en fumant des clopes.

Ah ouais, y a pas à chier, c'est beau l'amour.

woody

Edit : A la fin du film, Woody il renonce à son million de dollars pour récupérer l'amour de  sa vie LUI. Et tant pis si du coup, il peut pas passer le reste de ses jours à regarder les infos en continu dans son canapé. Sur ce, je cours me suicider en me jetant par la fenêtre du rez-de-chaussée.


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Posté par _eve_ à 10:34 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [48] - Permalien [#]
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jeudi 28 mai 2009

Elvis, I love you

Lecteur, il faut que tu saches que ma vie n'est plus la peine depuis deux jours. Hé ouaich, il y a un nouveau venu dans mon existence déjà foutrement fun, autant te dire que désormais, j'ai l'impression d'être vernie parmi les vernis.

Non, c'est pas un amant. (Non mais pour qui me prends-tu, petit malotru ?!!)

Non, c'est pas un quatrième enfant (Non mais pour qui tu me prends, vilain dégoûtant ?!!)

Non, c'est pas un nouveau vibro (Non mais ça suffit hé ho, méchant saligaud !!)

Ouais je sais, t'en as marre des rimes de merde. Ca tombe bien, moi aussi. Pis t'es pressé de savoir de quoi il s'agit, sois patient petit malappris (ahah, tu l'attendais pas celle-là hein ?!).

En fait, ce "truc" qui vient d'entrer dans ma vie, il est mieux que tout ça réuni. Enfin, mieux que l'amant ou que le vibro surtout. Même s'il ne sait pas faire l'amour. car s'il ne sait pas baiser, il sait faire tout le reste ou presque. Et il te procure des orgasmes d'une autre espèce, un truc de fou comme t'as pas idée.

Lectrices, lecteurs, et surtout lecteurs, je suis très fière de vous faire part de l'arrivée dans mon foyer du petit Elvis.

Non, Elvis n'est pas un chien, j'en ai déjà un je te le rappelle (et un rudement moche qui plus est).

Je reprends donc :

Mesdames, Mesdemoiselles et surtout Messieurs, en cet instant solennel, j'ai la joie de vous annoncer l'arrivée du petit Elvis...

... Elvis...

... Kitchenaid de son état.

Je donne des noms à mes choses si j'veux d'abord.

Hé oui, ayé, je suis une femme maintenant, j'ai un vrai Kitchenaid dans ma cuisine. Autant dire que c'est en quelques sortes le plus beau jour de ma vie. Pour tout dire, je me demande si au final j'ai encore envie de me marier maintenant que j'ai mon Kitchenaid : ben ouais, je vois pas comment je pourrais vivre un moment plus heureux que la réception de ce sacro-saint robot ménager, honnêtement quoi.

Allez, tu veux le voir ? Bien sûr que tu veux le voir.

CRIM0014

Tadââââââââââm !!!

Voilà.

Ouais je sais. Ca te la coupe hein. Avoue qu'il est de touteuh bôôôté et que je l'ai eu dans un coloris plus vintage tu meurs qui déchire sa mère (et qui, accessoirement, me permets de m'imaginer que je l'ai reçu en héritage à la mort de ma grand-mère rock'n'roll, celle qui avait un flingue tatoué sur le bras et qui faisait des cupcakes en tablier léopard).

Oui mais je me doute qu'une question te taraude : comment une fille aussi fauchée que moi a pu s'offrir un Kitchenaid ? J'ai fait la pute ou quoi ?!! Ben non, même pas, et c'est ce qui rend la chose doublement formidable. Allez va, viens là que je t'explique...

Evidemment, à quelques exceptions près, vous avez été, Mesdames et Messieurs les lecteurs, et surtout Mesdames, d'une navrante radinerie lorsqu'il a s'agit de mettre la main au porrte-feuille pour financer l'achat de mon Kitchenaid (rappelle-toi, je vous avais rackettés sans état d'âme aucun y a pas si longtemps mais, malgré mon insistance, mes menaces et mes promesses de me foutre à poil si vous crachiez la thune, vous êtes bien peu nombreux a avoir été généreux). Et donc bref, vu ce que j'ai récolté grâce aux dons de quelques gentils lecteurs (les autres, c'est tous des baltringues et pis c'est tout), autant te dire que j'ai même pas de quoi me payer un accessoire Kitchenaid. Allez, la housse de protection à la rigueur. Mais dis-moi quel est l'intérêt de se payer la housse de protection si on n'a pas de Kitchenaid à protéger, justement ?! Ceci dit, malgré la radinerie ambiante, il m'est arrivé un truc formidable. Tellement cool que c'est tout juste racontable sur ce blog. Enfin je dis ça parce qu'après, je sais qu'y en a pas mal qui vont se mettre à me détester en me disant que c'est pas juste que moi j'aie du bol et pas eux, ce à quoi je répondrai : "Bien fait pour vot' gueule". Et bon bref, je m'en vais te raconter la fabuleuse histoire de mon Kitchenaid...

Quelques heures après avoir fait ma pauvre sans dignité, rackettant mes lecteurs honte aucune, j'ai reçu un mail d'un de mes lecteurs m'annonçant très simplement qu'il serait très heureux de m'offrir mon Kitchenaid, comme ça, cash. En lisant ça j'ai failli lâcher mon mug et j'ai recraché tout le rooïbos que j'avais dans la bouche sur mon clavier (je sais, j'aurais mieux fait d'avaler... dis-toi que t'es pas le seul à me faire ce genre de suggestions). Pas malin, je sais. Mais imagine le choc, merde quoi. Alors j'ai relu le mail et je me suis dit qu'il provenait forcément d'un enfoiré de petit salopiaud qui devait trouver ça drôlement marrant de faire miroiter un kitchenaid à une blogueuse pauvre. Aussi lui ai-je répondu le plus aimablement possible que c'était pas bien de se moquer des pauvres de bon matin avec ce genre de vanne carrément déplacée. Mais le mec, il me répond dans la foulée que non non, c'est très sérieux, que le Kitchenaid, il va être mien, et même pas il me demande de le sucer en retour. C'est dire si c'était suspicieux, je ne te le fais pas dire... Et bon bref, le type, en plus d'être généreux et lucide (il affirme de lui-même que si on fait une moyenne sur l'année à partir du prix du Kitchenaid, on arrive à un tarif à l'article tout à fait raisonnable et que cela ne revient pas plus cher que l'achat d'un quotidien pas drôle... dommage que vous n'ayez pas autant de jugeotte que ce brave homme, bande de nazes), il se la joue très humble et il précise qu'il souhaite rester parfaitement anonyme. Ca roule ma poule, que je me dis, y a quand même peu de chances pour qu'il s'agisse d'un dangereux psychopathe en train de ruser pour choper mon adresse et pouvoir venir me violer douze fois avant de me dépecer dans le caniveau. Et comme j'ai peur de rien, j'ai fait péter mes coordonnées en me disant qu'au pire, je me remettrai de cette mauvaise blague (sauf s'il s'avère qu'il s'agit effectivement d'un dangereux psychopathe) et qu'au mieux, je verrai mon rêve culinaire se réaliser (qui n'a jamais rêvé de réussir sa chantilly à coup sûr en quelques secondes, hein ?! franchement ?!). Mais tout de même, juste pour le fun, j'ai googueulisé le nom du généreux bienfaiteur, juste histoire de voir. Et là, je me suis aperçue que je devrais lire un peu plus la presse people tout de même, et que si tel était le cas, j'aurais percuté sur qui il était et puis accessoirement, j'aurais évité de lui dire des familiarités pas très distinguées. Cherche pas, je ne te donnerai pas le nom de ce bienfaiteur connu Brad ni de celui de sa femme non moins connue Angelina.

Et bon bref, mon bienfaiteur dont on ne doit pas prononcer le nom, il n'a qu'une parole : un quart d'heure plus tard, j'avais une confirmation d'expédition dans ma boîte mail et hier est arrivé, ô joie, le Kitchenaid de mes rêves. Même que c'est un cadeau désinteressé et que pour une fois, on n'attend pas de moi que je fasse de la pub en retour ni que je taille des pipes. Si ça c'est pas du putain de conte de fées, hein ?!

Bon, je te laisse imaginer que depuis que mon Kicthenaid a été livré, je frôle l'hystérie. Déjà, après l'avoir sortie de son carton, j'ai passé pas moins d'une heure à le contempler et à l'approcher sans oser poser le doigt dessus tellement j'étais impressionnée. Au final, j'ai quand même fini par appuyer sur le bouton de mise en marche et là, j'ai failli avoir un orgasme tellement j'ai été sidérée par les mouvements de son fouet. De toute beauté les mouvements, si si je t'assure. Et puis bon, au bout de quelques heures, j'ai fini par réaliser que ce robot ménager haut de gamme, il était bien à moi, à moi et rien qu'à moi, et que par conséquent, j'avais le droit de m'en servir. Et je te prie de croire que je ne me suis pas gênée. J'ai eu envie de tester tellement de recettes que l'espace d'un instant, j'ai craint qu'on ne croule sous la bouffe en cette fin de journée.

J'ai commencé pas faire une pâte à crêpes. C'est très con les crêpes hein. Et ben dis-toi qu'avec un kitchenaid, ça devient tout bonnement magique, tu t'extasies comme un rien devant ta pâte à crêpe tellement elle est merveilleuse. Quand j'ai vu cette pâte bien lisse sans aucun putain de grumeau, j'ai poussé un cri de joie tellement soudain que Manu a surgi dans la cuisine en croyant que je m'étais blessée en me foulant la tête ou en m'emmêlant encore les doigts dans le batteur électrique (rigole pas, ça m'est arrivé en vrai... même que c'est fichtrement douloureux et que l'espace d'un instant, j'ai flippé de ne jamais réussir à démêler mes doigts du putain de fouet)). Puis, quand je me suis essayée à la chantilly, j'ai poussé un cri d'extase en voyant ma crème monter si facilement et en si peu de temps, et là Manu il a re-surgi comme un taré et il m'a gentiment expliqué que si j'arrêtais pas de hurler à chaque fois que je mettais le Kitchenaid en marche, ça n'allait pas le faire. Et bon bref, j'ai passé le reste de ma journée à tester des recettes au Kitchenaid tout en poussant des cris dès que le batteur se mettait en marche et j'ai trouvé ça totalement jouissif. Et Manu, quand il a goûté ma chantilly au chocolat, il a tellement kiffé qu'il a même pas percuté que je poussais à nouveau des cris en remettant le robot en marche.

Voilà, je viens de te raconter la fabuleuse histoire de mon kicthenaid offert pas Johnny Hallyday le gars riche le plus cool et le plus généreux que j'aie jamais connu (en même temps, je suis une pauvre qui ne côtoie guère le riche alors bon...). Sur ce lecteur, je te laisse, je retourne m'occuper d'Elvis et faire mumuse avec son fouet hi-tech.

Ah oui, avant de finir, à la demande générale de Spike et Thomas qui semblent interpelés par la couleur de ma cuisine et qui se demandent encore si le coup du rose, ce serait pas un gag, la preuve en images :

CRIM0017

J'ai une cuisine rose pouffe et j'assume.

Mieux, j'en suis fière !

CRIM0020

Même que dedans y a plein de trucs roses...

CRIM0021

... parce que trop de rose ne tue jamais le rose.

CRIM0018

Mais bon, en dehors des trucs roses, y a des trucs rock'n'roll aussi. Parce qu'il faut pas déconner hein...!(et je voudrais pas me la péter outre mesure mais ce grille-pain, il fait des toasts avec des têtes de mort imprimées dessus. Si ça c'est pas la grande classe au p'tit dej, hein ?!!

Posté par _eve_ à 09:15 - Kiff - Commentaires [58] - Permalien [#]
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