jeudi 30 avril 2009
Chonchon, CRS de profession
Chonchon et moi, on se connaît depuis l'école maternelle. Et quand tu vis dans un bled de 300 habitants qui ne compte même pas une naissance par an, t'as vite fait de devenir pote avec tous les gosses du bled et les amitiés les plus improbables en viennent ainsi à se créer, aussi Chonchon et moi sommes-nous devenus copains comme cochons quand bien même rien ne nous y prédestinait.
Un jour, quand j'avais 6 ans et lui 7, on a s'est amusé à faire des bulles de savon dans le jardin. Ma mère nous a filé à chacun un gobelet d'eau savonneuse avec une paille dedans. Moi, je me suis appliquée à faire des bulles de touteuh bôté et pendant ce temps, Chonchon, qui n'avait rien compris au truc, il a siroté tout le produit vaisselle dilué.Sacré Chonchon va.
Quand j'avais 7 ans, Chonchon et moi on a fait une balade à vélo, moi sur ma bicyclette Miss Peugeot bleue nacrée, lui sur son bicross fluo. Le temps étant pluvieux, j'ai repéré une petite bestiole sur la route et me suis écriée : "Fais gaffe, un escargot !". Et vu que j'étais une môme sympa et qu'à l'époque, j'avais encore un coeur, j'ai posé mon vélo et chopé l'escargot pour le mettre en lieu sûr avant qu'il ne se fasse réduire en bouillie par les roues d'un véhicule quelconque. Et Chonchon, il m'a tendu la main en me disant : "Donne va, je m'en occupe", et puis il a claqué l'escargot contre un mur même qu'à la fin, ça ressemblait à un vieux molard parsemé de morceaux de coquilles. J'ai dit "t'es trop nul" et lui il s'est tordu de rire en pointant la bouillie d'escargot du doigt. Il était con des fois le Chonchon. Et quand j'ai su plus tard que les tueurs en série avaient tous torturé des animaux pendant leur enfance, j'ai repensé à lui et je me suis dit : "Ah ouais quand même...".
Tout ça, c'est juste pour situer un peu Chonchon...
L'année de mes 8 ans, j'ai trouvé ma vocation : vétérinaire. Pour soigner les escargots pulvérisés contre les murs, sans doute. Chonchon lui, il voulait être policier. Pour se battre contre les méchants.
A 9 ans, j'ai renoncé à la profession de vétérinaire après avoir été avertie de la nécessité d'enfoncer son bras dans "le cul" des vaches pour procéder à leur mise bas. Et après avoir appris qu'on ne pouvait rien faire pour les escargots écrabouillés, paix à leur âme. J'ai donc décidé de devenir patineuse artistique, uniquement pour les costumes à paillettes, évidemment. Pendant ce temps, Chonchon lui, il voulait toujours être policier. Pour se battre contre les méchants escrocs.
Quand j'ai eu 10 ans, j'ai compris que patineuse artistique, c'était une mauvaise idée. Peut-être tout simplement parce qu'aller à la patinoire deux fois dans l'année en tentant péniblement de négocier les virages sans se vautrer la gueule sur la glace, ça n'aide pas à forger de la championne olympique. Alors j'ai renoncé à mes rêves de justaucorps pailletés et j'ai décidé de devenir institutrice. Pour avoir un cahier de bord avec des colonnes où reporter les notes, et un stylo rouge pour écrire les appréciations. Et pour pouvoir écrire sur le tableau à craie, tout le temps. Pendant ce temps, Chonchon voulait encore être policier. Pour se battre contre les méchants arabes. C'est qu'il a drôlement mal tourné Chonchon.
Et bref, Chonchon et moi, on a grandi, chacun de notre côté, cultivant respectivement l'ambition de faire découvrir Baudelaire à des collégiens et de mettre un coup de matraque aux bandits, surtout s'ils sont bronzés. L'un et allé en fac de Lettres, l'autre a fait l'école de police. Et le Chonchon, je l'ai ainsi perdu de vue, ce qui n'était pas un mal dans le sens ou à la longue, il commençait à me faire flipper un peu.
Et puis un jour, ça sonne à ma porte. Chonchon et une boîte de chocolats à la liqueur. Il savait pas que j'aimais pas ça, les chocolats à liquer. En même temps, venant d'un mec qui boit du liquide vaisselle dilué à la paille, on peut s'attendre à tout. "Chonhon ! Quel bon vent t'amène ?!", j'y ai dit. Et il m'a expliqué qu'après avoir fait sa formation dans la police, il passait maintenant un CAP spécifique à la Police Nationale, par correspondance. Et qu'il avait grand besoin de moi pour que je l'aide à décrocher son diplôme. Et vu que j'étais la plus bilingue de tout le village, ben il avait évidemment que moi sous la main pour l'assister lors de la rédaction de ses devoirs d'Anglais, aussi suis-je ainsi devenue, bien malgré moi, et au nom d'une lointaine amitié rurale, formatrice d'un futur flic.
Tous les samedis, Chochon déboulait donc chez moi armé d'une pochette A4, de brouillon et d'un crayon HB. Et tous les samedis, j'essayais de faire aligner deux mots en Anglais à Chonchon, rapport au fait que l'épreuve qu'il préparait était une épreuve orale. Et crois-moi, c'était pas si simple quand tu vois que le gaillard débarquait chaque semaine en me disant : "Hello Eve how do you go ? Me I'm and I'm love of apprening English with you". Rien que ça ouais.
Donc à la base, Chonchon il était loin d'être bilingue. Faire une phrase en Anglais, c'était juste au-dessus de ses moyens. Le truc c'est que quoi qu'il en soit, il DEVAIT renvoyer ses devoirs, bilingue ou pas. Alors au final, après quelques leçons, ayant compris que jamais il ne saurait me demander comment j'allais autrement qu'en disant "How do you go ?", on a fini par se résigner et par se mettre d'accord sur ce point : les devoirs, j'allais tout simplement les lui faire, un point c'est tout. Après quelques leçons, Chonchon s'est donc contenté de m'apporter les sujets et de venir récupérer le travail bouclé quelques jours après. parfois même, je lui faisais ça rapidos et le faisait patienter en lui servant un café, ce qui était tout de même plus éprouvant dans le sens où Chonchon, se voulant alors de bonne compagnie et se sentant parallèlement un rien gêné à l'idée de tremper des petits beurres dans du café pendant que je planchais pour sa pomme, se sentait obligé de me faire la conversation. Et ça donnait ça :
"Rho putain, la s'maine dernière, t'aurais du voir, on a arrêté un mec. Il f'sait l'malin l'autre, alors moi, j'te l'ai collé sur le capot de la bagnole et j'y ai gueulé POLICE NATIONALE en lui claquant ma carte dans la gueule !!! Putain j't'assure qu'il faisait pas l'malin l'autre hein... héhé !". Note que j'ai mis des majuscules à "POLICE NATIONALE". Car c'est à cet instant précis qu'il m'a décollé un tympan. Hé ouais, il était comme ça Chonchon, tellement à fond dans son trip, vengeur masqué des temps modernes, flic censé en imposer... bref, il se croyait tellement plus fort que le commun des mortels grâce à son uniforme et sa matraque toute neuve que quand il te racontait ses récits, il s'emballait systématiquement, à un moment donné, se mettant à hurler littéralement. même qu'une fois, il a gueulé si fort que j'ai du ramasser mon oreille par terre et faire une crise cardiaque en même temps : "Putain t'aurais du voir, le lascar il faisait le malin, moi chuis arrivé par derrière, y m'avait pas vu, et là... BÂÂÂÂÂÂÂM ! J'te l'ai collé contre l'mur qu'il a rien eu l'temps d'voir l'enculé !".
Et bon, pendant près d'une année, deux fois par mois, je faisais les devoirs de Chonchon. Et il les renvoyait aux correcteurs après avoir consciencieusement tout bien recopié. Quand son bulletin de note est arrivé, il était pas peu fier le Chonchon avec son 19 de moyenne. Mais en même temps, il commençait à flipper à l'idée de son épreuve orale car à moins d'enregistrer ma voix sur un dictaphone et de se la faire en playback, l'épreuve était loin d'être in the pocket.
Mais bon, vaillant, Chonchon qu'a peur de rien s'est rendu très solennellement à son épreuve. Nul qu'il a été. Il lui ont d'abord mis 6. Et puis ont consulté son dossier et se sont rendus compte que mazette, il avait tout de même eu 19 de moyenne toute l'année. Alors ils lui ont demandé si par hasard, il s'était fait aidé pour ses devoirs écrit, ce à quoi Chonchon a répondu "non, je me suis juste fait relire quelquesfois". Et suite à quoi le jury a décidé de couper la poire en deux et de lui mettre un 15, considérant que sa mauvaise prestation ne pouvait pas être sanctionnée compte tenu des résultats admirables qu'il avait reçus à l'écrit. Tu le crois ça ?! Authentique hein, je te JURE.
Et donc, maintenant, Chonchon est CRS. Et drôlement fier avec ça, c'est moi qui te le dis. Et à chaque fois que je le vois, je me dis que s'il en est là, c'est un petit peu à cause de grâce à moi. Et je sais pas quoi en penser au final. Ceci dit, quand je me re-mate le sketch d'Eric et Ramzy sur le concours de la police, non seulement je me marre mais maintenant en plus, je sais pourquoi.
Et si Chonchon ne s'était pas appelé Chonchon, il se serait appelé Tuckleberry :
Découvrez The Clash!
vendredi 10 avril 2009
Le meilleur ami de l'homme
Depuis toute môme, j'ai toujours eu des animaux de compagnie.
Ca a commencé par Bouboule, mon chien, un brave bâtard que mon père a attaché à la luge quand j'avais sept ans, ce qui m'a valu de faire un mémorable vol plané où j'ai fini la tête plantée dans la neige (oui, la tête "plantée" dans la neige, c'est possible). Bouboule, le meilleur chien du monde (vient pas me faire chier en me disant que non, le meilleur chien du monde c'est le tien d'abord, parce que non seulement j'en ai rien à foutre mais en plus je te crois pas. Et puis Bouboule et moi, on t'emmerde.), il a eu la sale idée de mourir quand j'avais treize ans. Parce qu'il avait treize ans, lui aussi, et que treize ans, paraît que c'est très très vieux pour un clébard. Et bref, on a tous chialé pendant huit jours, même le père.
Quand Bouboule est mort, on a eu droit à des oiseaux. Comme toute la famille avait encore en travers de la gorge la triste perte de Bouboule le Vénérable, on s'est dit que se rabattre sur des piafs tout bidons, c'était un bon compromis. Les oiseaux, ça sait pas tirer les luges, mais ça fait moins mal au coeur quand ça meurt. Alors on a eu deux oiseaux quelconques. Des mandarins. Qu'on avait appelé Mandarin et Mandarine, pour faire simple. Mais ce qu'on savait pas, c'est que Mandarin et Mandarine, c'était des obsédés de la chose qui ne pensaient qu'à se reproduire. Et ce qu'on savait pas non plus, c'est que les enfants de Mandarin et Mandarine, ils étaient pas contre l'idée de partouzer entre frères et soeurs, voire même de faire ça avec leurs parents. Et très vite, on s'est retrouvés submergés de piafs qui faisaient grand bruit avec leur piallements même pas jolis. Alors on n'a pas eu le choix, on a dû s'en débarrasser : le père s'est muni de son silencieux et il a fait comme avec les rats, il leur a plombé la paillasse à tour de rôle. (Ca va les loutres, pas la peine de vous offusquer, c'est pour du rire. En vrai, on les a refilé à une mémé qui aimait bien les mandarins partouzeurs).
Après l'expérience peu concluante des oiseaux, on a repris un chien. Un caniche vraiment moche et très stupide. Mais gentil, brave et tout et tout. Un bon chien-chien à sa mémère. Sauf que le pauvre, il avait les reins pourris, mais alors pourris. Des reins quasi inexistants qui faisaient de ce chien une sorte de vase communiquant qui buvait et pissait en l'espace de quelques seconces (avant de reboire sa pisse et de la repisser puis de la re-re-boire et de la re-re... bon bref, t'as compris, c'était un pauvre chien). Et pendant ses dernières années, le chien de la démoule aux reins défaillants, il a littéralement ruiné le moral et le porte-feuille de la famille. Alors quand y a fallu le faire piquer, on s'est dit qu'on avait pas d'bol avec les chiens et que le pauvre Lewis et ses reins en kit n'auraient pas de successeur canin, jamais.
Entre temps, y a aussi eu les poissons du père. Même que le père, il y laissait facile un tiers de sa paye. Et vas-y que je te compte les scalaires, que je m'extasie devant les bans de néons, que je recense chaque jour toute la population de l'aquarium des fois qu'un con de poiscaille se soit laissé aspirer par la pompe filtrante, que je teste l'eau pour en vérifier le pH, que j'enlève les algues avec un petit aimant... bref, ça l'occupait vachement, le père. Et ça le rendait vachement zen, quand j'y repense. Maman, si tu passes par là : pourquoi on lui repayerait pas un bon vieil aquarium ?! Peut-être que ça le détendrait du slip et qu'il arrêterait d'insulter les gens à tout va et de répéter qu'on le fait tous chier dans cette maison ?!
Y a aussi eu les hamsters de mon petit frère. Qui s'appelaient tous Hercule, va savoir pourquoi. Les mâles : Hercule. Les femelles : Hercule. Et quand un Hercule se barrait, c'était coton pour le retrouver vu qu'à chaque fois qu'on gueulait "Hercule" dans la maison, t'avais toute la colonie de hamsters qui se retournait.
Pis y a re-eu du poiscaille. A moindre échelle cette fois. Fini l'aquarium géant de 500 litres, place au bocal à 10 francs, celui-là même qui rend les poissons fous paraît-il, mais ça personne ne me l'avait dit à l'époque (pis partant du principe qu'un poisson oublie qu'il est dans un bocal sitôt qu'il vient de s'en apercevoir, je vois pas en quoi ça peut le rendre dingue). C'était un de ces poissons qu'on appelle "combattants", et qui m'ont toujours fait de la peine dans les animaleries. Parce qu'ils squattent individuellement des verres d'eau minuscules,qu'ils flottent dedans sans bouger, comme s'ils attendaient la mort. Alors moi un jour, j'ai eu tellement de peine pour ces poissons-là que j'ai décidé d'en sauver un en l'arrachant à l'enfer de Jardiland et en le faisant passer d'un gobelet de merde à un grand bocal (un bocal de luxe quoi). Comme une gamine, je lui ai acheté de jolis cailloux brillants pour mettre au fond de sa maison, des galets translucides assortis au bleu de ses yeux. Et de son corps. parce qu'il était tout bleu ce poisson, aussi l'ai-je appelé Bleu (simple, efficace). Bleu et moi, on cohabitait parfaitement, il était chez moi comme un poisson dans l'eau (même pas honte) et régulièrement, quand l'eau de son bocal se transformait en une espèce de vase nauséabonde et que Bleu s'y perdait, je lui mettais une eau toute propre pour qu'il se sente bien, c'est dire si je m'occupais bien de lui.
Il avait l'air heureux, Bleu. D'autant que je lui changeais l'eau de plus en plus souvent sur la fin, c'est peut-être ça qui l'a rendu maussade. Toujours est-il qu'un jour, il a perdu goût à la vie. Il a dû ressasser dans son cerveau toutes ces heures passées dans son verre à Jardiland et puis il m'en a aussi probablement beaucoup voulu pour la fois où j'ai failli le tuer en faisant tomber le gros pot de bouffe dans son bocal, même qu'il avait failli crever étoufé dans les paillettes qui puent la crevette (un épisode traumatisant pour un petit poisson). Enfin bref, je sais pas ce qu'il lui a pris mais il a décidé de mettre fin à ses jours. Il a sauté. Hors du bocal. Je l'ai retrouvé tout sec sur le carrelage de mon salon. Alors j'ai fait une prière, j'ai dit "Amen" et je l'ai mis aux gogues, chemin le plus rapide et le plus sûr pour rejoindre le paradis des poissons bleus.
Et moi, pour me rebeller contre ces chiens qui brisent le coeur, de ces oiseaux pervers, de ces poissons qui servent à rien et de ces Hercule qui se sentent obligés de faire leur gym la nuit (le doux son de la roulette à hamster, rien de tel pour PAS dormir), je me suis lancée dans le reptile. Même que j'avais une jolie petite ménagerie exotique. Avec des iguanes fugueurs au mauvais caractère, des serpents méchants qu'on osait pas attraper, un caméléon 'achment agressif qui se prenait pour un T-Rex dès que tu l'approchais et moults autres spécimens des plus sympathiques. Quand je m'affairais au milieu de tous mes terrariums, je m'imaginais très bien plusieurs dizaines d'années plus tard, en vieille femme misanthrope et solitaire, toujours enfermée chez elle et incapable de communiquer avec l'extérieur, une vieille peau à la fois moquée et redoutée que les enfants prendraient pour une sorcière et que les gens appelleraient "la vieille aux serpents". Et les serpents de la vieille aux serpents, ils auraient évidemment bouffé tous les chats des vieilles aux chats. Oui je sais, j'ai toujours eu une vision de mon avenir des plus fascinantes.
Et puis maintenant... Ben maintenant, me voilà à nouveau embarquée avec un chien. Mafalda, chien moche de son état, dont j'ai piqué le nom au chien d'un de mes potes qui était assez exceptionnel (le chien, pas le pote) (non ça va, j'déconne hein, si tu passes par là, fais pas la gueule) et qui ne m'en voudra pas probablement pas vu que lui et moi, on n'a plus de contacts depuis des années, et ce après avoir bêtement couché ensemble sans que je l'aie jamais rappelé s'être bêtement perdus de vue. Et bref, Mafalda, le chien qu'on dirait constitué de deux morceaux de chiens différents, ou résultant, selon les dires de mon père "d'une partouze canine tellement elle ressemble à rien", elle est partie pour nous squatter pendant les quinze prochaines années, la brave petite bête.
D'ici là, j'ai pour ambition d'essayer d'en faire un chien savant. Vu qu'elle est bien trop petite pour atteindre la sonnette ou accéder à la poignée de porte, je renonce à lui apprendre à rentrer toute seule de sa sortie pipi. ceci dit, le micro-ondes étant pile poil à sa taille quand elle se tient sur ses pattes arrière (oui, mon chien est petit mais mon micro-ondes n'est quand même pas posé par terre), j'envisage de lui apprendre à le prgrammer toute seule pour me faire chauffer mon thé. Et c'est bon hein, pas la peine de me dénoncer à la SPA pour esclavagisme canin, elle peut bien me faire mon thé cette chienne vu que je la laisse squatter mon canapé rose digne d'un bordel de luxe.
(Mafalda, maman t'aime même si tu ressembles à un chihuahua croisé avec un Mogwaï)
Ceci dit, en matière d'animaux domestiques, après avoir bien fait le tour de la question, je crois que celui que je préfère par-dessus tout, ça reste l'homme. D'ailleurs on va s'arrêter là pour aujourd'hui (vu qu'il fait beau dehors et que je compte bien aller boire une bière en terrasse et mater les gonzesses avec mon ami le Coach) et demain si t'es sage, je t'apprendrai, en quelques leçons, comment prendre soin d'un homme, le chérir, l'éduquer, le soigner et répondre à ses besoins primaires afin qu'il ait l'oeil vif et le poil brillant.
Alors à demain, si tout va bien.
vendredi 23 janvier 2009
Virez Rama Yade du gouvernement (et sortez Afric Simone de ma tête)
Comme la plupart de mes lecteurs se contrefout de mes suggestions culturelles, préférant lire des blogs à la con plutôt que d'aller chez le libraire (ça va hein, dites pas non, je commence à vous connaître), je n'ai pas parlé de mon dernier coup de coeur en la matière. Aujourd'hui, je remédie à ça en t'annonçant solennellement ceci : Lock Groove Comix 2 est sorti, et c'est de la pure bombe de balle !!! (oui, j'ai fait un stage dans un collège pour apprendre à parler le djeun's et je trouve que je m'en sors pas mal).
Donc, pour les lents à la détente, Lock Groove Comix, j'en avais déjà parlé ici. Et autant te dire que si je devais attribuer un prix pour mon coup de coeur BD 2008, il irait sans hésitation à ce titre-là et mon pote non-pote Noisy (qui LUI, tient compte de mes suggestions BD et bouge son cul jusque chez un libraire indé) pourra confirmer que cette BD est une tuerie. Bref, je ne reviendrais pas sur le thème de cette BD, z'avez qu'à vous sortir les doigts du cul et fouiller dans les archives pour ça.
Si j'en parle aujourd'hui, c'est parce que le volume 2 rapporte une anecdote dans laquelle nous sommes, je pense, nombreux à nous retrouver. Enfin, peut-être pas si nombreux que ça mais moi, quand je suis tombée sur cette anecdote, je me suis écriée : "Aaaaaah ! Alleluïa, je ne suis donc pas la seule !" tellement elle m'a semblé familière.
J'explique.
Tu connais Rama Yade ?
Ouais, Rama Yade quoi, la pote à Nico :
Ben le problème avec Rama Yade (en fait y a sûrement plus d'un problème avec Rama Yade mais si ce blog abordait des questions politiques, ça se saurait), c'est qu'elle a un nom à coucher dehors. Pire, elle a un nom qui, dès lors que tu l'entends, engendre un phénomène des plus singuliers. Quoi ? tu vois pas où je veux en venir ?
Bah écoute lecteur, je sais pas ce qu'il en est pour toi mais moi, à chaque fois que j'entends prononcer le nom "Rama Yade", c'est comme si quelqu'un appuyait sur la touche play du magnétophone qui est dans ma tête (oui, je vis avec un magnétophone dans la tête au lieu d'un IPod dans la poche et je vous merde) et que subitement, Afric Simone se mettait à résonner à fond les bidons.
Comment ça, tu vois pas qui est Afric Simone ?! Rrrrrô, fais un effort bordel, sinon je vais finir par me résoudre à aller louer des lecteurs un peu plus aware que toi chez Kiloutou. Afric Simone c'est : "Ra-maya oh-oh-oh raaa-ma-ya". Afric Simone, c'est le black en costume disco qui fait le guignol avec une chaise ! Bref, Afric Simone, c'est lui (et sois mignon, regarde bien jusqu'au bout, c'est collector) :
Et bref, tout ça pour dire qu'A CHAQUE FOIS que j'entends "Rama Yade" à la télé, j'ai Ramaya qui se met en marche dans ma tête. Et qui me colle au cul toute la journée. Parce que vas-y toi pour te débarasser d'un refrain aussi entêtant que celui de Ramaya. Et grâce à Lock Groove Comix, me voilà rassurée : je suis pas la seule timbrée à être malmenée par le démon Ramaya à chaque fois que j'entends parler de Rama Yade. Du coup, m'est d'avis qu'on est nombreux dans ce cas. Aussi me semble-t-il nécessaire d'écrire au président de la République pour lui faire part de cette situation alarmante qu'est le nombre de Français prêts à péter un plomb à force d'avoir Ramaya en boucle dans leur cerveau. Et lui demander de me recevoir afin de parler du départ de Rama Yade du gouvernement, rapport aux nuisances sonores qu'elle engendre malgré elle. Il a bien invité des sales jeunes qui l'avaient bousculé à bouffer à l'Elysée, qui sait, il va peut-être répondre favorablement à mes desiderata le Nico. Et peut-être même m'inviter à l'Elysée moi aussi. Paraît que le pinard y est bon, alors moi je dis pas non (ceci dit, ça c'est l'avis des lycéens en question. Et un lycéen, c'est capable de trouver que la Villageoise 2009 est une cuvée d'exception, alors bon). Promis Nico, je me tiendrais bien. Et si tu veux bien me filer quelques albums de Carlita en cadeau de bienvenue, je dis pas non : j'ai besoin de thune, ça m'arrangerait assez de pouvoir les mettre en vente sur Priceminister.
Sur ce, je te laisse, je vais m'entraîner à danser avec une chaise coincée entre les dents, comme Afric Simon. Et toi, au lieu de te branler la nouille devant ton ordi, va donc acheter Lock Groove Comix. Et pas à la Fnac ni chez Virgin steuplé. Et remercie-moi vu que grâce à moi, tu vas sans doute avoir le refrain de Ramaya en tête jusqu'à la fin de la journée du week-end huhuhu...
jeudi 22 janvier 2009
Le retour de la vengeance du Parrain (ou : comment j'ai été traumatisée par mon arrière grand-mère)
J'ai eu la chance de connaître mes arrières grand-parents. Enfin trois sur les quatre alors pas encore morts, ce qui est bien mais pas top.
J'ai donc connu le vieux Valencia et ses tablettes de chocolat, la vieille Lucia même si je ne m'en rappelle pas (note que je fais des rimes de gueudin ce matin !) et puis surtout, j'ai connu la vieille Ilda.
La vieille Ilda qui faisait peur. La vieille Ilda qui, par un mystère non élucidé à ce jour, se faisait appeler Adrienne plutôt qu'Ilda, va savoir pourquoi, elle avait même pas vu Rocky. Sur les registres d'état civil, elle s'appelait bien Ilda Tecla mais dans la vie, elle s'appelait Adrienne : disons qu'elle était née avec un prénom à coucher dehors et qu'elle l'a troqué contre... ben contre un autre prénom à coucher dehors.
Déjà là, rien qu'avec ça, tu piges que la Ilda... pardon, l'Adrienne... elle est du genre hostile comme gonzesse. Et encore, t'as rien vu...
DOOOONC, je disais que j'ai eu la chance inouïe de connaître mon arrière grand-mère. La mamie Adrienne. Bah autant te dire que quand ma mère nous annonçait "les enfants, on va aller dire bonjour à la mamie Adrienne", le monde s'arrêtait de tourner l'espace d'une seconde et j'avais envie de me jeter à terre en suppliant ma mère "Naaaaaaaan, TOUT mais pas çaaaaaa !". Parce que les dimanches chez mamie Adrienne, ça te traumatisait un gosse en moins de deux.
Déjà, faut dresser un portrait de l'Adrienne et de son environnement.
T'as déjà vu Le Parrain ? Evidemment que t'as vu le Parrain, y a pas que Brice de Nice dans la vie. Ben mon arrière grand-mère, cétait un peu une réincarnation du Parrain, en femme. Sauf qu'elle faisait pas dans la mafia même si elle avait totalement la gueule de l'emploi.
Quand t'arrivais chez elle, c'était jamais elle qui t'accueillait, jamais. Nan mais ho, elle allait quand même pas se déplacer pour venir t'accueillir alors qu'elle avait déjà la bonté de t'accorder le droit de respirer sous son toit. Alors t'étais accueillie par sa fille qui, accessoirement, tenait lieu de bonniche, l'Adrienne étant décidément trop respectable pour s'abaisser à côtoyer des tâches aussi ingrates que le ménage ou... ou l'accueil des arrières petits-enfants. Bref, t'étais accueilli par la pauvre bonniche qui te faisait patienter dans l'antichambre (la véranda) le temps d'aller chercher des patinettes sans lesquelles il t'était formellement interdit de faire un pas de plus. Une fois que t'avais tes patinettes sous tes semelles, tu t'efforçais de pas te casser la gueule et tu te traînais comme ça jusqu'à la salle à manger où l'Adrienne trônait. Et là, c'est précisément là que tu te retrouvais projeté dans une scène digne d'un rassemblement familial de mafieux.
La salle à manger, jamais elle était éclairée. C'était sombre, avec des rideaux lourds et épais, de grosses chaises en velours, des meubles en bois foncé, c'était tellement pas lumineux que t'avais l'impression de pas pouvoir y respirer. Et au bout de la table immense (bon ok, elle était pas si immense que ça mais n'oublie pas qu'à l'époque, j'étais moi-même pas bien grande), perdue au milieu d'un grand fauteuil dans cette petite pièce qui sentait le café, trônait une toute petite bonne femme. Stoïque. Avec des cheveux oranges et du rouge à lèvres qui lui allait fort mal. Et des bagouzes plein ses doigts tordus. Et la petite bonne femme, même pas elle bougeait quand t'arrivais, elle restait les bras croisés, c'était limite si elle te calculait.
Bon après, fallait y faire la bise. Toujours en patinettes, rapport au parquet qu'il fallait surtout pas salir. Fallait faire la bise à la vieille matriarche et à tout son clan réuni autour de la table (six gosses qu'elle a pondu la Marraine, c'est pas rien). Et quand t'arrivais à sa hauteur, non sans avoir manqué de te casser trois fois la gueule avec tes patinettes, la vieille femme aux airs de momie trop maquillée daignait enfin s'adresser à toi : "Vieni, fais la bisou à la mamie". Alors moi je faisais la bisou sans broncher. Et si j'avais bien fait la bisou, la chef de clan m'accordait une faveur du fond de son fauteuil ; elle faisait un signe en direction de la bonniche en lui disant : "Va chercher la Vittel pour les gosses". Bref, super trop cool, pour avoir embrassé une vieille dame momifiée, j'avais droit à un verre d'eau minérale, si c'est pas de la bombe de balle ça.
Pis un jour, la mamie Adrienne est morte. On a dû aller à la veillée funéraire. Tu vas penser que ça devrait être ça la vraie expérience traumatisante pour une môme, se pointer dans une chambre funéraire pour embrasser le cadavre de sa vieille aïeule, et que la salle à manger sombre, la Vittel et les bisous froids, c'était que dalle à côté de ça. Ben non, en fait, c'était tout pareil. Quand je suis arrivée là dedans, dans cette petite pièce trop sombre aux fauteuils en velours, et que j'ai vu feu la vieille femme allongée sur un lit, avec toute sa tribu réunie autour, ça m'a fait le même effet que quand j'allais dans sa foutue salle à manger les dimanches. Sauf que ce coup-ci, j'avais pas droit aux patinettes. Mais sinon, c'était kif kif, y avait toujours cette même ambiance de mort (c'est le cas de le dire), y avait toujours pas de lumière, la vieille dame était toujours aussi froide et aussi stoïque et aussi maquillée. Ah oui, faut quand même préciser qu'au funérarium, ses filles trop bavardes daignaient enfin fermer leur gueule au profit du recueillement, ce qui changeait du foutu bordel auquel on avait droit dans la salle à manger familiale lorsqu'elles s'y mettaient toutes en choeur pour prendre de mes nouvelles ("Alors, t'as quel âge maintenant, 10 ans ? Et les nénés, ils poussent ? Et ça y est, t'es formée ?"). Finalement, j'ai trouvé ça plutôt cool le funérarium. D'autant qu'on y est pas restés très longtemps. Juste le temps de dire au revoir à la mamie Ilda Tecla Adrienne. J'ai dû lui faire la bise, encore. Jusqu'au bout on m'aura fait chier pour que j'embrasse sa peau toute froide qui sentait la poudre de riz et l'arnica. Et cette fois-là, j'ai eu beau lui faire la bisou, j'ai même pas eu droit à mon verre d'eau, tu parles d'un truc...
En fait, la mamie Adrienne, j'ai appris à la connaître après sa mort d'après ce qu'on m'en a dit. Et j'ai un peu de mal à avoir de la sympathie pour elle je t'avouerai, pas seulement à cause des patinettes. Je sais que c'est pas très respectueux des grands-parents tout ça, mais c'est comme ça. Mon arrière grand-mère, elle a fait six enfants. Et elle s'est très tôt rabattue sur sa fille aînée (ma vénérable grand-mère) pour torcher toute cette marmaille, bêcher les champs et ramener la croûte à la maison. Ben oui, cette brave femme, elle avait pas l'air du genre à vouloir trop s'abîmer les mains au lavoir ni à trop aimer le contact avec les langes de bébé et puis elle avait bien trop de gosses pour envisager d'aller trimer aux champs. Alors elle a tout délégué à sa fille aînée tiens, pis quand la fille en question s'est mariée et barrée, ben c'est la suivante qui est devenue sa bonniche. Oui je sais, c'est pas bien de juger. Je juge pas merde, je constate. Je ne me permettrais pas de juger ma propre famille voyons (putain je me suis fait rire toute seule là).
Donc voilà, mon aïeule était une femme... attends... je cherche le qualificatif... j'ai du mal j'avoue... spéciale. C'est bien, "spéciale" ? Ou "particulière". Et mamie, si tu me lis là où tu es (oui, paraît que Dieu a fait installer un cybercafé dernier cri, avec des patinettes à l'entrée), ne le prends pas mal mais ceci est un fait : venir chez toi les dimanches après-midis, c'était juste l'angoisse totale. Et tes filles, ralala tes filles... mais ma parole, t'étais bourrée le jour où tu les as conçues parce que la vérité, c'est toute une histoire ça aussi.
Ben du coup tu sais quoi lecteur ? Je t'en parlerai peut-être demain de ses filles. Ou peut-être pas.
*******
ET SINON !!
Ceci n'a rien à voir mais ceci est tellement génial que je ne peux conclure sans partager cette nouvelle avec toi lecteur.
Depuis le temps que je rêvais d'un plan à trois avec mes copines, ben ayé, c'est fait. Ouais ouais ouais, je sais ce que tu penses et t'as entièrement raison : avant, j'avais que de la gueule, j'avais beau parler de trucs à plusieurs avec mes copines, j'avais jamais sauté le pas. Sauf qu'en ce jour seolennel, je suis heureuse de t'annoncer que j'ai officiellement fait un plan à trois avec la Blonde et la Pétasse !
Alors si toi aussi tu aimes Steven Seagal et Chuck Norris, si tu penses qu'y a rien de plus glamour que les coques menstruelles, que le tunning devrait devenir une discipline aux jeux olympiques, que les rideaux à fils sont top tendance et qu'y a rien de plus drôle que l'humour scatologique, alors tu vas aimer "Et ta soeur, elle a un blog", un blog spécialisé dans la finesse, le bon goût et les vannes Carambar.
samedi 3 janvier 2009
Le tag qui n'a honte de rien : "le Jerk", chanson tartignole
J'ai des amis qui n'ont honte de rien. Même pas de lancer un tag ayant pour but de faire l'analyse d'un texte de chanson. Oui mais attention hein, pas n'importe quelle chanson, sans ça ce serait trop facile et surtout pas assez drôle. Le but du jeu, c'est précisément de jeter son dévolu sur une chanson tartignole, une chanson bien naze, et de se pencher quelques minutes sur les paroles pour voir ce qu'on pourrait bien en dire.
Après Sheila chez Montana, Ringo chez la Garce Cuite et Dionysos chez Noisy, à mon tour de m'y coller. Et comme j'ai honte de rien, je vous balance Thierry Hazard et le Jerk. Et ça c'est du tube tartignole ou je ne m'y connais pas.
Le Jerk, gros dossier de mon enfance quand même. THE tube de quand j'avais dix ans. Même que j'avais le 45 tours et qu'il tournait en boucle sur la platine familiale, tu penses. Et que tous les samedis après-midi, j'enfilais mon justaucorps pour aller en repet' au club des Hirondelles (d'où le justucorps noir, te marre pas), avec une ex majorette en guise de prof de danse et une salle des fêtes de village pour studio.
Et donc le Jerk, c'était ça :
Note que rien que le clip, c'est du dossier lourd. Mais bon, on a déjà suffisamment à faire avec le texte. Allez, c'est parti :
- "Toute la journée au téléphone ou à taper à la machine" : Entrée en matière avec un boulot de merde. C'est pas pire qu'équipière à Mac Do ou Dame Pipi mais ça sonnait mieux que "Toute la journée à la friteuse ou à mettre en boîte des sandwiches", voire que "Toute la journée à faire les chiottes ou à éponger du pipi". L'héroïne de cette chanson est donc secrétaire, qu'on se le dise, ce qui est bien mais pas top.
- "Les yeux rivés sur sa kelton, Joséphine attend que ça se termine" : Chanson sponsorisée par Kelton, THE marque de montres totalement tendance dans les années 80. Comme quoi, Ebuzzing n'a rien inventé.
- "Elle se dit qu'avec son tour de poitrine, du genre Dolly Parton, elle pourrait poser dans les magazines, comme Olivia Newton John" : Qu'elle est conne cette Joséphine. Un peu comme Marjolaine, l'héroïne de "Marjolaine et les millionaires" et auteur de la citation culte : "Une grosse poitrine, ça force le respect", Joséphine croit qu'elle peut compter sur ses nichons pour un avenir meilleur. Bon alors, on lui dit à Joséphine que si toutes les grognasses aux gros seins se mettaient à poser dans les magazines, y aurait pas assez de pages dans Playboy et plus de secrétaires dans les bureaux ou bien ? Notez que la maman de Joséphine ne lui a vraisemblablement pas appris qu'il ne fallait compter que sur son intelligence et ne pas tenter de tirer profit de son corps, sans ça la Joséphine, elle taperait sur sa machine au lieu de se perdre dans ses fantasmes de gloire sur papier glacé. Non parce que moi perso, ma maman n'a pas eu besoin de me le dire vu qu'elle s'est très vite rendue compte que j'aurais jamais suffisamment de nichons pour en tirer quoi que ce soit, mais si elle m'avait coachée sur le sujet, je promets que j'aurais écouté ses conseils.
- "Quand Joséphine sort du bureau, elle passe aussitôt chez sa cousine Berthe" : La cousine Berthe. Obligée, tu l'imagines moche la Berthe. Alors on va dire que Berthe, c'est le faire-valoir de Joséphine, la cousine moche qu'on trimballe en boîte parce qu'elle est pas jolie et qu'elle, elle a même pas des gros nichons.
- "Ensemble elles courent au club à Gogo pour aller danser le Jerk, sur de la musique pop, sous les éclairs des stroboscopes elles dansent le Jerk" : Le club à Gogo. La vérité, avec un nom comme ça, faut avoir sacrément envie d'y aller. C'est pire que le Macumba. M'est d'avis que c'est une discothèque en milieu rural, un peu comme le Silver Night où j'ai passé une partie de mes week end quand j'étais ado. Bref, c'est pas les Bains Douches quoi.
- "Roger travaille dans une usine qui sent bon l'oxyde de carbone" : Roger, il est comme Joséphine. Il a un job de merde. Et en plus dans son job à lui, ça pue et ça, c'est ballot.
- "Tous les midis à la cantine, il mange du poulet aux hormones" : Et sa boîte, c'est tellement une boîte de merde qu'y a même pas de self service et que TOUS les midis, il se farcit du poulet. Même pas élevé au grain en plein air, tu penses bien. Pauvre Roger va.
- "Roger admire beaucoup Lénine" : Quand on trime à l'usine, ça aide...
- "Roger admire beaucoup Lennon" : Thierry Hazard, on ne te félicite pas pour cet écho de merde Lénine/Lennon, même si on aime bien Lennon. Et Lénine. Ma parole, t'étais bourré quand t'as écrit tes paroles.
- "Et dans la fanfare de l'usine, le dimanche il joue du trombonne" : Roger à une vie de merde totale. Il a un boulot naze, il se nourrit exclusivement de poulet nourri au maïs OGM (vu qu'il a pas été foutu d'épouser une bonniche pour lui faire à bouffer à midi) et pour couronner le tout, le dimanche, il a rien d'autre à foutre que de jouer du trombone avec ses collègues. Alors qu'il pourrait faire un truc marrant comme jouer à la Wii ou aller aux putes avec tous les sous qu'il a gagné à l'usine. Quel naze ce Roger...
- "Et quand Roger sort du bureau, il prend le bus de 18 h 17" : La loose ce Roger, il a même pas sa propre bagnole. Ca et le trombone, ça aide pas à emballer les gonzesses, forcément.
- "Et file tout droit au club à Gogo pour aller danser le Jerk..." : Un crétin de plus au Club à Gogo. Déjà, une discothèque ouverte à 18 h, ça laisse rien présager de bon. A part les vieilles filles comme Joséphine et Berthe, les vieux saoulards qui sont tricards des autres bars et les Roger qui ont pas de vie, ben y a pas grand monde au Club à Gogo...
- "Un soir Roger rencontra Joséphine, il lui dit c'que vous êtes mignonne, vous êtes belle comme une speakerine, venez chez moi j'vous jouerai du trombone" : "Belle comme une speakerine", la vie de ma mère, fallait oser. Pis après, big up pour la réplique de la mort qui tue : "Venez chez moi j'vous jouerai du trombone". Parce que de deux choses l'une : déjà, si tu veux faire ton lover et te la jouer romantique avec ton instrument de musique, t'es mieux barré avec une guitare qu'avec un trombone moi j'dis. Le trombone, c'est pas précisément ce qu'on a trouvé de plus romantique et glamour comme instrument. Pis tant qu'à faire, le Roger il aurait carrément dû lui dire "J'te montrerai mon trombonne", il est plus à ça près hein.
- "Et par un beau matin d'hiver, Joséphine et Roger se marièrent" : Le con. Il a réussi a emballé la Joséphine avec le coup du trombonne. Cette chanson a foutu la rage a toute une génération de célibataires endurcis qui s'est mise au trombonne dans l'espoir de pécho de la petite secrétaire bien roulée, en vain. Roger, tu n'es qu'un briseur de rêves et un imposteur. Notons par ailleurs qu'alors que le commun des mortels opte généralement pour un après-midi d'été pour se marier, Joséphine et Roger ont choisi un matin d'hiver, histoire de bien se geler les miches. M'étonnerait pas que ces cons aient eu l'idée de faire l'apéro au club à Gogo, histoire de faire un mariage merdique jusqu'au bout.
- "Ils eurent des quadruplés qu'ils prénommèrent Gustave, Alphonse, Arthur et Philibert" : Soyons bien d'accord, Joséphine a fait une FIV. Parce que des quadruplés, ça se pond pas comme ça hein. Quant aux prénoms, on leur avait suggéré Tommy, Joey, Johnny et Dee Dee mais ils ont rien voulu savoir et ils en ont fait qu'à leur tête ces deux-là.
- "Et leur apprirent le Jerk..." : Ben tu penses. C'était le Jerk ou le trombonne...
Et comme je suis une pute, je refile ce tag tartignole a des gens que j'aime pas ou que j'aime beaucoup, à toi de deviner :
- A Nahimage, parce que cette fille est tellement subtile et intelligente que le résultat risque d'être prometteur
- A La Blonde, parce qu'elle est incollable sur Bernard Minet et que je compte sur elle pour une explication détaillée de Bioman (ou Wingman, ça marche aussi).
- A La Pétasse, parce que t'sais comment qu'c'est hein, si je file un truc à la Blonde et pas à la Pétasse (ou vice versa), je me fais insulter et je me prends des coups par celle qui s'estime laissée pour compte, alors autant pas prendre de risque en ce début d'année.
Et puis c'est tout.
Oui en fait vu que j'ai que trois copines au monde, ça restreint les possibilités quand y a un tag à refiler.
lundi 1 décembre 2008
90's teenager
Découvrez Misfits!
Je suis née au tout début des années 80, à une époque où les pulls en mohair aux formes géométriques multicolores étaient follement tendance portés sur un fuseau, où les mèches blondes étaient le must en matière de coiffure et où le 33 tours de Boy George et Culture Club tournait sur la chaîne hi-fi familiale.
Donc, à moins que tu sois totalement con, si tu fais un rapide calcul, tu te rends bien compte qu'étant née en ces temps anciens, j'ai été ado dans les années 1990.
Alors pour ceux qui ont vécu cette dure période qu'est l'adolescence, sensiblement à la même époque, et puis pour les autres aussi, surtout pour les plus jeunes qui auront désormais matière à se foutre de notre génération, petite séquence remember : flash back dans les années 90.
Etre ado dans les années 90, ça rigolait pas, surtout niveau look. Car je te prie de croire que finalement, vu la touche qu'on avait, on était mal placés pour se foutre de la gueule de nos grands frères ou de nos parents en matant des photos remontant à dix ou vingt ans en arrière. Certes, en 1995, le pull mohair asymétrique et les boucles d'oreilles créoles en plastique fluo avaient cessé d'être à la mode mais avaient été remplacés par des attributs tout aussi merdiques exceptionnels.
Par exemple, pour être cool dans les années 90, il fallait se saper... Non mais attends, je peux pas commencer par là. Faut d'abord préciser qu'à l'époque pour être "cool", t'avais justement intérêt à prononcer le mot "cool" à tout bout de champ. Exemple : "T'as regardé Sauvés par le gong hier ? C'était trop cool hein ?!", "Hier c'était trop cool, j'suis allée chez le Mike et on a joué à un jeu trop cool sur sa Nintendo !", "Trop cool, la prof de Sciences Nat est absente, on va pouvoir aller lire Top 50 en perm' !" ou encore "Putain c'est pas cool, demain j'ai rendez-vous chez l'orthodontiste". Voire : "Cool, y a des frites à la cantoche."
En fait si t'étais pas foutu de glisser l'expression "cool" dans la conversation une bonne centaine de fois par jour, t'étais absolument pas tendance. Totalement pas cool quoi.
Et donc, revenons-en à nos histoires de look. Pour être cool, t'avais tout intérêt à adoper THE détail capillaire qui faisait de toi une fille tendance dans les années 90, j'ai nommé : la mèche. Oui, je dis bien "LA" mèche, car quand on disait LA mèche en ce temps-là, tout le monde voyait de quel type de mèche on parlait, y avait pas besoin de préciser ou d'ajouter quoi que ce soit. Pour te donner une idée de ce qu'était la mèche, habitude capillaire abandonnée depuis fort longtemps au profit de la frange de pute, ben ça ressemblait à ça :
Voici LA mèche déclinée en version homme et femme.
Faut dire que la mèche de Kelly dans Sauvés par le gong, c'était un peu la perfection en matière de mèche, le résultat auquel on voulait toutes aboutir même qu'on avait bien du mal. Car viens là que je te parle du rituel de la mèche qu'on accomplissait inlassablement chaque matin que Dieu faisait (le Dieu des années 90, of course). D'abord, tu crèpes ta mèche, un peu mais pas trop, pour pouvoir la faire tenir droite, dans la continuité de ton front. Ensuite, pour que le côté crépé ne se voit pas trop, tu mettais un peu d'eau mais pas trop et tu lissais le tout avec un peigne. Et enfin, étape cruciale, tu aspergeais tout ça de laque, genre Graphic Fix'n'Moove (tu te rappelles du djingle de la pub pour cette laque ? "Je fais ce que je veux euh, avec mes cheveux euh".... Encore plus naze que "L'Oréal parce que je le vaux bien"... bref). Mais du Graphic Fix'n'Moove, fallait en mettre vraiment beaucoup hein, fallait en mettre plein. Un demi-litre par jour quasiment. Pis surtout, fallait pas hésiter de renouveler les applications dans la journée, histoire de pas se taper la teuhon totale avec une mèche qui perd de l'altitude. Par exemple, les jours où t'avais EPS, c'était impératif que t'aies ta bombe de laque dans ton cartable Lafuma, parce que sans ça, c'était la mort de ta mèche et la ruine de ta réputation.
Après la mèche, fallait avoir des sapes évidemment adéquates, des trucs évidemment trop cool dans les années 90. Comme un t-shirt LC Waïkiki tiens. Nan mais franchement, explique-moi comment cette marque a pu faire fureur...?! On se trimballait tous dans la cour du collège avec nos t-shirt multicolores placardés par une tête de gorille sympa... Et t'avais plutôt intérêt à avoir la languette sur l'épaule, parce que sans ça, c'était pas un vrai Waïkiki, et avoir un faux Waïkiki, c'était la honte totale, l'humiliation dont tu te remettais jamais, le truc susceptible de pousser une collegienne et sa mèche jusqu'au suicide.
Mais quand même, faut savoir que LC Waikiki, ça ressemblait à ça :
Ouais je sais, on avait peur de rien.
LC Waïkiki, c'était en 6ème. En 5ème, fallait s'habiller chez Naf Naf et SURTOUT, avoir sur le col de sa veste le pin's Naf Naf représentant un petit cochon doré. Si t'avais pas le pin's cochon, tu prenais le risque de jamais te faire d'amis dans la cour du collège, on plaisantait pas avec le pin's Naf Naf, ni avec aucun pin's d'ailleurs. Parce que le pin's, c'était sacré. A cette époque, bien avant le retour en force du badge, c'était le pin's qui faisait ta force. Sortir sans pin's sur tes fringues, c'était pire que sortir sans slip.
Dès la 4ème, Naf Naf a commencé à devenir carrément moins cool en matière de marques de fringues. Désormais, il fallait du Chevignon. Et crois-moi, si j'ai fait partie des filles les plus populaires de mon collège (ouais, j'étais comme ça moi, populaire, la fille avec qui tout le monde il voulait être pote, la première de la classe qui sortait avec le beau cancre redoublant même que ça foutait la rage à toutes les morues de la cour de récré), c'était sans aucun doute grâce à ma mèche parfaitement étudiée et grâce à mon sac Chevignon, sûre. Et peut-être aussi parce que j'ai fait partie des premières à se pointer avec des Doc Martens colorées (violettes) à lépoque où ces modèles venaient tout juste de débarquer chez nous. Tu vois, tout doucement je devenais rock'n'roll sans m'en rendre compte, alors que trois ans en arrière je me balladais avec des têtes de singe partout tellement je m'étais vautrée dans le phénomène LC Waïkiki (si t'as pas connu, tu peux pas comprendre).
Je crois que j'ai commencé à devenir une fille totalement cool et inabordable par les gens moins cool (comprenez les gens sans mèche) quand j'ai cumulé les paires de Doc Martens (pourrie gâtée va) et notamment le jour où je me suis pointée avec le modèle tartan qui déchirait sa race quand même, d'ailleurs je m'en veux toujours de les avoir balancées y a quelques années. Ca et le fait d'être incollable sur le phénomène Oasis et pop anglaise, ça faisait de moi une sorte de demi-dieu de la cour de récré. Et personne n'osait s'asseoir sur mon banc ou me passer devant quand j'allais acheter mon croissant à deux francs cinquante à la coop, c'est moi qui te le dis.
Bref, ne nous égarons pas dans mes récits de chevilles enflées et revenons à des vrais trucs marrants.
Genre les références TV de cette époque.
Dès 1992, mes copines et moi on s'est mise à es passionner pour les sitcoms de l'époque, avec une prédilection pour les Années Collège et Sauvés par le gong, détronés quelques années plus tard par la non moins débile série Parker Lewis ne perd jamais (mais c'est parce que c'était débile que c'était cool, sûre qu'aujourd'hui encore ça pourrait me faire marrer). Ces séries, c'était un peu nos références et on voulait toutes avoir le super look so 90's de leurs héros. Petit aperçu pour ceux à qui cela ne parle guère :
Les années collège, c'était ça :
Et le personnage qu'on préférait tous, c'était évidemment Joey Jeremiah, le mec au chapeau, parce que c'était le crétin sûr de lui et surtout parce que c'était le gars le plus rock'n'roll du collège Degrassi, celui qui jouait dans un groupe de rock appelé le Zit Remedy (putain la mémoire, avoue que ça t'épate) et qui chantait ça (même que je kiffais grave et si maman mate cette vidéo, elle doit se marrer en me revoyant dans mon pull à tête de singe en train de secouer la tête devant la télé... oui parce que les épisodes, je les enregistrais pour me les repasser à loisir) :
"Everybody wants something"
Sinon, Parker Lewis ne perd jamais c'était ça. Note que la mèche était toujours très en vogue. Et inutile de te préciser qu'on était toutes amoureuses de Parker Lewis ET de son pote (parce qu'on faisait pas dans le détail après tout) :
Bref, souvenirs souvenirs... C'est tout ce que j'ai trouvé à te servir aujourd'hui lecteur. Et même si c'est pas terrible, je suis sûre que les lectrices de ma génration auront bien kiffé la vidéo du Zit Remedy.
D'ailleurs, je les invite à me remercier en me versant une obole pour avoir de si bonnes idées. Histoire que je puisse m'acheter l'intégrale des Années Collège en DVD tiens. Pour faire un don, c'est toujours au même endroit. Le racket de lecteurs, y a pas à dire, c'est mon truc.
(Pour les autres, revenez quand même demain, le KJiBi Underground vient de frapper fort et y aura une affaire à ne pas manquer. Pis mercredi, ça parlera concert rockab et punk, avec du PKRK et un drôle de public... bref, faut que tu lises ça... Alors s'il te plaît lecteur, même si le singe LC Waïkiki t'as fait peur, reviens sur ce blog hein, juste pour la déconne).
vendredi 14 novembre 2008
Une histoire de disque compact
Découvrez Les Chaussettes Noires!
Je suis née à l'époque du mange-disque. Ce qui signifie que je ne suis pas si vieille que ça mais un peu quand même.
Pour les jeunes et ceux qui débarquent, le mange-disque c'est une boîboîte avec une fente que tu trimballais partout et dans laquelle tu pouvais glisser un 45 tours pour l'écouter n'importe où. Le mange-disque c'était bien. Le seul inconvénient c'est que ça te niquait tous tes vinyles, surtout quand t'étais une môme pas foutue de rentrer la galette du premier coup et que tu insistais méchamment en forçant comme une malade mentale, pressée d'écouter les Mini Stars. (C'est bon hein, t'as jamais eu trois ans ou quoi...?)
Bref, bon nombre de photos d'archives familiales que je ne mettrai pas en ligne même si vous insistez lourdement (bon ok, si t'es prêt à raquer, j'dis pas), témoignent de l'existence de mon mythique mange-disque orange psychédélique et des 45 tours pour enfants qui l'accompagnaient. Et maman, merci de brûler à tout jamais la photo où on me voit faire une colère sur le canapé brun chiasse follement tendance pour l'époque, celle où toute la collec' de Chantal Goya est bien visible à côté du mange-disque (tu comprends, j'ai une réputation à assumer maintenant, mes lecteurs comprendraient pas que j'ai eu TOUTE la collection de Chantal Goya et que je l'aie vue deux fois en concert alors que le mythe veut que je sois née rock'n'roll).
Et puis après, j'ai grandi. Si si, j'te jure. Le mange-disque est devenu dépassé et a fini à la cave. Ou à la poubelle plutôt, parce qu'à la cave j'ai déjà cherché et j'ai rien retrouvé. Pour mes six ans, le jour de mon anniversaire, j'ai eu droit à un walkman avec des écouteurs en mousse orange (note que l'orange était une valeur sûre dans les années 80). Trop la classe, ça allait trop bien avec le gâteau au yaourt de mémère et mes mocassins à glands.
Et enfin, les années 90 approchant, mes parents se sont décidés à faire THE investissement censé remplacer la platine vinyle désormais proclamée totalement has been (mais qu'est-ce qui nous a pris à tous de croire que le vinyle était mort ?! Heureusement qu'on est revenus à la raison depuis...) : un lecteur CD.
Note qu'à l'époque, on ne disait pas "CD", on disait "disque compact" voire "compact disc" pour faire plus smart.
Bref, par un beau jour de l'année 1989, toute la petite famille s'en est allée à Cora pour acheter un brand new lecteur de "compact disc" afin de se la péter grave en société. Et de pouvoir ricaner devant tous ces nazes pas encore équipés qui seraient encore OBLIGES de se lever de leur fauteuil pour changer de morceau quand ils écoutent un album. Parce que bah ouais, à la grande époque du compact disc, le syndrome nostalgie du crépitement du vinyle en début de lecture, il existait pas encore, forcément.
Donc, ce jour-là, le père a fait une folie en tapant dans le budget courses/factures/traites de la maison pour acheter un lecteur de disques compactes Philips, "parce qu'on est pas des bougres" comme il dit. Et pour aller avec le fabuleux lecteur, fallait bien acheter un ou deux CD hein, sinon ça aurait pas été marrant. Alors la famille de moi et moi-même on a acheté... tiens-toi bien...
Le dernier album d'alors de Johnny Hallyday. C'était "Cadillac" les gars et même si c'est pas le meilleur, je le connais encore par coeur tellement je l'ai écouté (ben oui, vu qu'au début on avait que 2 compact disc, ça tournait un peu en boucle). Et même si on n'était pas fan de Johnny (ce qui ne veut pas dire qu'on ne l'aimait pas car au passage, tu peux penser ce que tu veux de Johnny Hallyday, moi je l'aime), acheter un compact disc de lui, c'était une sorte de rituel initiatique incontournable : on pouvait pas se lancer dans l'aventure du CD sans miser sur une icône de la chanson française. Autre version possible : on pouvait pas faire un achat de beauf sans l'associer à un album de beauf. Non je déconne.
Bref, on a acheté cet album de Johnny.
Et puis on a acheté une compil qui s'appelait "Génération rock'n'roll". Gros dossier, ça rigole pas. Sur ce compact disc trouvé par chance au milieu de plein d'albums de merde dans le bas à 10 francs, y avait rien que des trucs bien, si si je te jure : Long Chris et les Daltons qui chantaient "Si tu crois" ("Si tu crois que je vais m'amuser à ne penser qu'à toi hahahum..."), les Chats sauvages qui ne chantaient pas "TwiiiIIIIst à Saint Tropez" mais un truc qui y ressemblait et qui parlait également de twister, Johnny Hallyday (encore, obligé) avec "Johnny reviens" et même les Chaussettes noires.
Et ce disque là mon gars, t'imagines pas combien de fois on a pu se le passer.
T'imagines pas le nombre de chorégraphies que j'ai fait dessus avec ma petite soeur en secouant ma frange (note que dans les années 80, c'était de rigueur d'avoir une frange).
T'imagines pas le nombre de "spestacles" de fins de soirées que se sont tapés les parents et leurs pauvres invités sur ce disque là (ben quoi, t'as jamais fait de spectacles de danse à tes parents et à leurs potes au moment du café ? Même que tout le monde il applaudit et il dit "c'était supeeeeer" en évitant tout de même de prononcer le fatidique "une autre !", vu que le spestacle il a déjà duré une heure et demi tout de même).
Ah ouais, quand j'y repense, trop bon ce CD. Et c'est con que je n'arrive pas à me rappeler des autres titres de cette compilation.
Bref, maman, si tu me lis, vas donc jeter un oeil dans le meuble sous l'escalier des fois que notre bonne vieille compil rock'n'roll y soit encore. C'est une pochette noire et jaune. Avec un boîtier tout rayé. Si tu le retrouves, ce sera un peu mon Noël avant l'heure.
Tu retiendras donc au passage, lecteur, que :
- Finalement, mes parents étaient plus rock'n'roll que ce que je pensais (aussi évitera-t-on de s'attarder sur le fait que maman avait, dans sa collec' de vinyle, juste à côté du dernier Bowie, un album d'Yves Duteil).
- Si tu as besoin d'une animation pour un anniversaire, un mariage ou une communion, sache que ma troupe et moi sommes dispo pour un "spestacle" au moment du dessert.
Et dans une prochaine histoire, je te raconterai comment mon père m'a ensuite ramené un CD qui déchire sa race sans le faire exprès, même que c'était... suspens... je peux pas le dire là tout de suite, ça ferait trop d'émotions pour aujourd'hui.
jeudi 7 août 2008
J'ai peur du monstre (2/2)
Je t'avais promis la suite de l'article sur les peurs à la con. Et comme je suis une fille qui tient généralement ses promesses (ou du moins qui essaye, quand sa volonté n'est pas trop mal lunée pour l'en dissuader), la voilà la suite : les peurs encore plus connes que connes, j'ai nommé les peurs de l'enfance.
Quand t'es môme, t'as généralement peur du loup.
Du croquemitaine.
Ou du monstre caché sous ton lit.
Classique quoi.
Pis des fois, quand t'es petit, si t'es comme ma cousine (c'est reparti : Eve, en mode grosse balance), t'as peur de ça :
Non, tu ne rêves pas, il s'agit bien de la panthère rose. La panthère rose avec sa bonne tête sympa, la panthère rose qui ne ferait pas de mal à une mouche. La panthère rose, même si tu l'imagines sortant du placard de ta chambre en pleine nuit avec un regard diabolique et du sang sur les mains, t'arrives pas à flipper tellement elle est trop sympa cette panthère. Ben pourtant, crois-le ou non, durant une bonne partie de son enfance, ma cousine était littéralement terrorisée par la panthère rose. D'ailleurs avec le recul, c'est quand même fichtrement drôle de repenser aux vieilles menaces qu'on lui lançaient, son frangin et moi, quand elle ne voulait pas suivre nos directives pendant nos jeux divers : "Bon maintenant tu fais ce qu'on te dit sinon on appelle la panthère rose !". Rigole pas, ça marchait. Elle bronchait pas la cousine, trop peur que la panthère rose se pointe en ondulant de la queue sur la fameuse bande son qui lui correspond. Car à vrai dire, ce qui faisait surtout flipper la cousine, c'était pas tant ce gros chat rose bonbon à lui tout seul, c'était surtout l'idée de le voir débarquer sournoisement sur cette musique qui lui foutait trop les jetons et que je balance ici-même pour les incultes et pour les autres. Cousine, si tu passes par là, ne clique surtout pas sur play, tu vas flipper ta race :
Dans la série "j'ai une famille pleine de gens tordus qui ont des peurs totalement irrationnelles et ridicules", j'annonce : ma belle-soeur. Ma belle-soeur, elle souffre encore de cette peur qui a hanté son enfance, peur d'un monstre terrifiant et sanguinaire comme on en fait plus, j'ai nommé : E.T.
Oui je sais, toi et moi et le commun des mortels, on kiffe E.T. D'ailleurs on voudrait tous un E.T. à la maison, car un E.T. c'est toujours plus passionnant qu'un poisson rouge et ça perd pas autant ses poils qu'un chien, et puis surtout, ça transforme ton vieil Ordinathan en téléphone intersidéral et on rêve tous de se faire un trip "téléphone maaaaaaison" avec les extra-terrestres. Ben ma belle-soeur, elle n'est pas de cet avis, pas du tout même. D'ailleurs y a pas si longtemps, alors que j'ignorais encore sa phobie pour E.T., j'ai bien failli me prendre une mandale en pleine gueule de sa part après avoir commis l'effroyable erreur de lui brandir le DVD d'E.T. sous le nez en m'extasiant "Cooool il est en promo ! Je vais le payer à ma môme elle va a-do-rer !". Finalement, sur ses conseils, je n'ai pas acheté le DVD pour ma gosse, car d'après elle cela risquait de la traumatiser à tout jamais, alors bon...
Pis enfin, comme je suis une grosse balance qui finit toujours par s'auto-humilier pour équilibrer la donne et pour se donner bonne conscience après s'être moquée de tout le monde, j'annonce : moi, quand j'étais petite, je me rappelle parfaitement avoir longtemps été terrorisée par cet individu :
Non, tu ne rêves pas cette fois non plus.
Non, ceci n'est pas un gag mais une authentique confession. et crois-moi, ça me fait un rien mal au cul de le confesser même si personne ne m'y a vraiment obligé (chuis comme ça moi, une fille sympa qui sait que ses lecteurs sont rien que des sadiques qui se nourissent de ce genre d'humiliation auto-infligée et qui répond tout bonnement à leurs attentes).
J'ai été traumatisée pendant toute une partie de mon enfance par la marionnette de Georges Marchais dans le Bebête Show, alias "Marchie". Non mais sérieux, regarde la sale tête qu'ils lui avaient fait les cons... Avec ses longs cheveux tout partout et ses gros sourcils, et son groin horrible et... bon bref, t'as compris qu'aujourd'hui encore, cette putain de marionnette me fait encore un rien flipper. Bon ok, quand même pas, mais alors disons que si je me réveillis en pleine nuit avec un Georges Marchais caricaturé en Piggy à côté de moi, je ferais pas la maligne.
Voilà, j'ai voulu faire ma maligne et te coller une vidéo pour que tu te rendes mieux compte de ce grand traumatisme de mon enfance et maintenant, je dois aller me pieuter toute seule... et je te dis pas comment qu'j'ai les jetons de me faire attaquer pendant mon sommeil par un cochon communiste aux cheveux gras en robe de satin rose.
jeudi 31 juillet 2008
J'ai peur du monstre...
J'ai tendance à penser que tous autant que nous sommes, on a tous peur d'un truc con. Entendons, peur d'autre chose que la mort et la maladie ou de tout autre chose qui, de toute façon, flanquerait immanquablement les jetons à tout être humain normalement constitué. Mais en dehors de ces grandes craintes de l'humanité, je suis "quouasiment" sûre que nous avons affaire à un serial killer tous des peurs plus ou moins bidons et avouables. Allez va, fais pas genre "je suis un warrior", même toi le lecteur plein de muscles, le super mec viril plus testostéroné que Greg le Millionaire, je suis sûre que tu flippes ta race devant un truc con même si t'oses pas l'avouer.
La plupart des gens ont peur des araignées, des cafards, des souris. C'est trop banal et même pas drôle quand on y pense, vu qu'à côté de ça, y a des gens qui ont des peurs totalement délirantes. Par exemple, j'ai une cousine qui a peur de l'orage. Mais attention hein, ici on parle de vraie peur panique, pas de la petite frousse gérée en quelques secondes. Parce que ma cousine, en cas d'orage, elle se contente pas de fermer les volets et de serrer les fesses la main de son amoureux en attendant que ça cesse, non non, cette fille-là, elle sombre en plein délire hystérique dès que l'orage approche. Pourtant à son âge et vu sa culture, elle sait pertinemment que le ciel ne va pas lui tomber sur la tête et qu'il y a peu de chance pour que la foudre lui tombe dessus après être entrée par la cheminée et avoir passé la porte du salon. Mais rien à faire, quand l'orage débarque, où qu'elle se trouve, elle devient totalement hystérique et ingérable, sombre dans des crises de larmes interminables et pousse des cris en se foutant du regard du voisin. Avoue que lorsque l'orage débarque et qu'elle est au boulot, c'est pas bien commode.
Y a aussi mon cousin qui a peur des papillons. C'est si joli un papillon, et si mignon de s'amuser à les choper sur les fleurs pour les regarder s'envoler à nouveau quand on ouvre les mains (cherche pas, je suis une fille de la campagne moi)... Ben non, mon cousin, il flippe sa race devant les papillons, et pourtant, c'est pas Greg le Millionaire mais c'est un homme quand même hein, et les hommes, c'est censé avoir peur de rien. Le pire pour lui, c'est les papillons de nuit, les tout bruns tout moches avec des poils sur le corps qui s'excitent comme des malades autour de la lampe du salon s'ils parviennent à s'immiscer chez toi. Ces papillons-là, ils le rendent dingue et quand on dit à mon cousin que le pauvre papillon, il va vivre rien qu'une nuit et crever au petit jour, ben il rétorque qu'une nuit c'est déjà trop et il balance sa savate sur le papillon pour essayer de le dégommer.
Ma soeur elle, elle a peur des volatiles. Je sais, ça ne s'invente pas. Quand tu bois un verre à une terrasse avec elle, faut t'attendre à ce qu'elle décroche cinq cent fois de la conversation, trop occupée qu'elle est à mater du coin de l'oeil les pigeons urbains qui, pour peu qu'un gamin ait laissé tombé un cornet de glace dans les parages, s'approchent non loin de notre table. Un jour, j'ai même cru que ma soeur, elle allait mourir de peur (rigole pas, c'est possible) : comme tous les étés, les hirondelles étaient venues nicher un peu partout dans notre cour et même dans la cave. Et forcément, de temps en temps, étant donné qu'en été, on vivait avec la porte fenêtre grande ouverte, il arrivait qu'une hirondelle se pointe par erreur à l'intérieur de la cahute . Oui je sais, toi et moi on trouve ça mignon et marrant de voir débouler une hirondelle au dessus de nos têtes pendant qu'on mate la télé. Sauf que ma soeur, elle trouve pas ça si drôle, mais alors pas du tout. Et généralement, l'hirondelle non plus elle trouve pas ça drôle vu qu'elle est un rien perdue dans cette maison, et étant donné qu'elle se tape toutes les vitres en pleine face en cherchant la sortie. Ben pour te représenter la scène, dis-toi qu'à ce moment-là, ma soeur elle se comporte comme l'hirondelle à savoir qu'elle court de tous les côtés, sans trop savoir si elle doit sortir ou se planquer. Et puis elle en plus, elle hurle, ce qui nous plonge en peu de temps dans l'hystérie totale. Et ce qui craint grave quand ça arrive (car c'est déjà arrivé plus d'une fois, les hirondelles ayant leurs bonnes vieilles habitudes), c'est que toi, face à ça, t'as juste envie de péter de rire en voyant ta frangine courir en pleurant et en criant, excitant par la même occasion l'oiseau mort de trouille qui s'emballe d'autant plus que la soeur s'agite. Oui je sais, c'est moche mais dans ces moments-là, t'as beau essayer de te raisonner en te disant "c'est pas marrant, ne pas se moquer, la pauvre elle a vraiment les jetons", ben t'es quand même obligé de te marrer tellement c'est drôle. Que la soeur s'estime heureuse qu'on ait jamais chopé le caméscope pour tenter de gagner 75 euros en l'envoyant à Vidéo Gag.
Bon, à ce stade, tu te dis que j'ai une sacrée famille de tarés quand même, d'autant que je ne t'ai pas parlé de ma mémère qui a peur des chats, à tel point qu'avant d'acheter un livre aux gosses, elle le feuillette page à page pour être sûre qu'il n'y ait pas une représentation de chat à l'intérieur. Chacun son flip hein, on y peut rien.
Mais quand même, tu te dis que je suis un peu une grosse balance qui vient animer la foire à la déconne en se foutant gentiment de la gueule de son entourage... et moi alors ? tu te doutes bien que conformément à ma théorie initialement avancée, je souffre, comme tout le monde ou presque, d'une phobie parfaitement conne. Et peut-être bien que je bats les records en la matière, bien que ce ne soit pas aussi génial et peu banal que cette fille que je connaissais et qui avait peur des escargots (et nous, bande d'ingrats : "Ptain fais gaffe, l'escargot va se ruer sur toi et te bondir dessus avant de te crever un oeil avec ses antennes molles !") ni de cette vieille connaissance qui, elle, battait tous les records en la matière puisqu'elle avait peur... suspens... peur des nains. oui, peur des personnes de petite taille quoi. je sais ça craint. Ca craint et c'est absolument délirant quand on y pense, comme si on pouvait avoir peur des roux ou des moustachus tiens, bref (Alors un nain roux et moustachu, je te dis pas).
Donc voilà, ayant suffisamment fait durer le suspens et ayant, surtout, suffisamment ridiculisé certaines personnes de mon entourage en révélant leurs peurs inavouables, je me dois bien d'être fair play et de révéler ma phobie à moi : j'ai peur des insectes qui sautent. Les criquets, les sauterelles, les grillons quoi. Juste les insectes hein, j'ai pas non plus peur des kangourous ni des balles rebondissantes. Mais ces bestioles là, je les crains comme t'imagines même pas et crois-moi, j'ai longuement essayé de m'habituer à eux, de les tolérer et tout et tout mais non, impossible.
Déjà, cherche pas à savoir pourquoi j'ai peur de ces insectes là alors que j'ai élevé des tas de bestioles chez moi, serpents, lézards et insectes en tout genre, nourrissant mon caméléon de blattes aussi grosses que mon gros orteil ou de larves peu ragoûtantes sans trouver l'opération insurmontable. Mais les saletés de bestioles qui sautent, ça non, impossible. Pourtant Léon, mon brave caméléon (note le super effort imaginatif que j'ai fait pour le baptiser), il bouffait des grillons et locustes pas rassurants toutes les semaines, et la vérité, je prenais sacrément sur moi pour lui acheter ces mini monstres et pire, les lui donner. cela demandait évidemment toute une organisation rituelle : enfilage de gants Mapa, boîte de grillons tendue à bout de bras et ouverte très furtivement pour que le reptile puisse en bouffer sans que ces bâtards n'aient le temps de s'échapper.
Mais un jour, ce fût le drame.
Un grillon gros comme... bon ok, comme un haricot sec, ce qui n'est déjà pas mal pour un grillon je trouve, a osé sauter sur mon bras. Réflexe oblige, j'ai lâché la boîte que j'agrippais avec mon gant Mapa (non, cet article n'est pas sponsorisé par Mapa). Résultat : une soixantaine de grillons en liberté dans mon appart, autant dire que ça s'apparentait à l'incarnation de mon presque-pire cauchemard (mon pire cauchemard étant une invasion de sauterelles ou de criquets, même que ça existe en vrai de vrai et que je connais des gens qui l'ont vécu... ces gens sont des héros moi j'dis). J'ai dû m'enfermer dans ma chambre, calfeutrer le dessous de la porte pour être sûre qu'aucun démon sautillant ne s'incruste et puis j'ai dû appeler tout mon répertoire pour trouver quelqu'un qui serait prêt à me sauver la vie en venant dégommer tous les grillons perdus dans mon appart. Ah j'te dis pas, grosse émotion quand je repense à ce triste épisode. J'ai cru crever, merde. Car de toute façon, c'est bien simple, si tu veux connaître LA recette qui te garantit d'être mon ennemi à tout jamais, elle est très simple : avise-toi de me faire une mauvaise blague du genre je trouve une sauterelle, je la chope et je te la fous sous le nez en me foutant de toi et là t'es tranquille, non seulement je te marave ta gueule avec mes petis muscles mais en plus je te bannis à jamais du cercle de mes connaissances. Même Manu il est prévenu, et le Coach aussi, comme quoi même les VIP ne font pas exception à la règle.
Bref, je terminerais bien en te racontant l'épisode de l'attaque du criquet géant. Bon ok ça va, je reformule : la presque-attaque du criquet pas vraiment géant mais gros quand même. Parce qu'au Maroc, le jardin où je glandais toute la journée était squatté par un criquet 'achment gros qui faisait un bruit d'hélices d'hélicoptère à chaque fois qu'il volait d'un buisson à l'autre. Même qu'il a failli m'attaquer personnellement en atterrissant pas loin de ma serviette. Même qu'un jour, j'ai bien cru que je pourrais jamais rentrer dans la maison vu que j'avais aperçu le grillon atterrir quelque part entre la piscine et l'entrée du jardin et que, forcément, je ne pouvais pas me résoudre à traverser cette désormais zone à risque, le grillon risquant de me sauter dessus au moindre geste. Et même que Manu, cet enfoiré, il a pas voulu me porter jusqu'à la maison pour m'éviter la zone à risque sous prétexte que j'étais trop grosse et lui trop faible, et puis surtout parce que ça le faisait bien marrer de me voir flipper en le suppliant de me porter pour éviter la vilaine grosse bête sanguinaire.
Bon, je me suis assez auto-humiliée pour aujourd'hui. Si tu reviens dans deux jours lecteur, t'auras tout de même droit à la suite de cet article sur le thème des peurs débiles, lequel portera plus précisément sur les peur connes de notre enfance. Pis bon, tu peux revenir demain, y aura de la lecture aussi hein.
vendredi 13 juin 2008
La presse girly pour ado : comment s'auto-torturer conformément aux conseils beauté
(Oui je sais, cette chanson est un excellent choix. c'est la chanson qui te donne envie d'être amoureux ou de bonne humeur toute la journée.)
Vu mon grand âge (oui ça y est, depuis que j'ai 27 ans je me considèrerais presque comme une vieille dame), tu penses bien que ça fait un bail que j'ai pas fourré mon nez dans la presse pour ado. Du coup, j'imagine qu'en quinze ans de temps, le secteur à évolué un minimum et que le contenu douteux de l'époque s'est nettement amélioré. Car dans le genre "tu es une ado mal dans ta peau et je vais t'aider à te sentir encore plus naze", la presse girly pour adolescente était sans doute tout en haut du podium, après les mères et les psychologues scolaires (ça va euh, je rigole).
Moi quand j'étais collégienne, avec mes copines, je lisais "Jeune et Jolie". Jeune et jolie... rien qu'au titre, t'as tout compris. Et quand j'y repense, je me demande franchement comment on peut délibérément payer pour un magazine qui s'appelle Jeune et Jolie, sérieusement. Bref, pour que tu piges l'absurdité du truc, faut quand même situer un minimum :
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la grande majorité des lectrices de Jeune et Jolie de l'époque était certes jeunes. Mais le drame, c'est que ceci était hélas le seul point commun qu'elles avaient avec le titre de ce magazine in-con-tour-nable de la cour de récré (même qu'on le lisait sous le préau à côté des chiottes des filles, là où les plus rebelles osaient se planquer pour fumer ou pour graver le nom de leurs namoureux sur les portes en bois). Moi par exemple, je continue à considérer ma période collégienne comme mes années les plus ingrates, physiquement parlant. Déjà quand t'es ado, voire pré-ado, que t'as pas encore atteint les seize ou dix sept ans qui feront de toi un prototype de femme officiel, que t'es la quasi-dernière de ta classe à pas encore avoir eu ses premières règles, que t'es plate comme une limande et sappée comme l'as de pique, ben on peut pas dire que tu partes franchement bien dans ta course à l'estime de soi et à la féminité. Parfumée avec Une touche de Naf Naf, avec une mèche de cheveux rigidifiée par un demi litre de laque Graffic Fix'n'Moove, un vestige de mini vagues sur les longueurs, un appareil dentaire aux bagues en céramique qui se voient quand même et des fringues LC Waïkiki qui font mal aux yeux, ben disons que quand tu ressembles à ça à treize ans, tu mises tout, j'ai bien dit TOUT sur Jeune et Jolie pour te sortir de cet enfer.
Car Jeune et Jolie, puis 20 ans, le magazine que tu lis au lycée quand tu estimes ne plus être une gamine avoir pris du galon dans ta transformation en vraie femme, à cet âge-là c'est LA bible des conseils mode et beauté. C'est bien simple, si c'est pas dans Jeune et Jolie, c'est pas valable. Et tout ce que Jeune et Jolie te dit, c'est parole d'évangile, Jeune et Jolie n'a pas le droit de mentir. Et puis toi d'ailleurs, t'as décidé de croire dur comme fer à tout ce qui était dit dans Jeune et Jolie depuis que t'as envoyé l'empreinte de tes lèvres sur un mouchoir en papier à la rubrique voyance de Jeune et Jolie et que leur medium officielle t'as promis amour, gloire et beauté.
Bref, un mag de fille sans rubrique mode et beauté, ça n'existe pas et du coup tu trouves rien de très étonnant à ce que je vienne te parler de ça. Surtout que, me connaissant un peu désormais, tu sais bien que la mode et la beauté, c'est pas franchement mon domaine. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que si Elle et Cosmo s'adressent à de vraies femmes, sous entendu des femmes qui ont de la thune ou un mari qui les gâte, Jeune et Jolie ne peut pas se permettre de prodiguer des conseils mode et beauté très coûteux. Ben oui, une ado de quatorze ans ne va pas se payer des séances hebdomadaires de Power Plate pour combattre sa culotte de cheval, ni investir dans une crème Dior tellement chère que t'oses à peine t'en servir, ni s'offrir une séance dans un spa parisien pour avoir une peau de bébé. Non, l'ado elle a que dalle ou presque, 100 francs d'argent de poche par mois tout au plus (mon Dieu, dire que j'ai connu l'époque des francs... mes petits enfants voudront jamais les croire !) et c'est pas avec ça qu'elle va se faire une tronche en institut ou combattre ses capitons incrustés à la salle de gym. Du coup, pour contrer cette cruelle absence de thune, Jeune et Jolie était obligé de prodiguer des conseils beauté accessibles. Seulement le truc, le problème même, c'est que les conseils "accessibles" sont nettement moins marrants que les conseils de Elle qui promettent de te chouchouter et de prendre voluptueusement soin de toi. Hé ouais, Jeune et Jolie, c'est du système D et qui dit système D ne dit pas forcément confort et plaisir.
Concrêtement, les conseils beauté de Jeune et Jolie, c'était une sorte de mini-torture au quotidien, des trucs que tu t'infligeais volontairement, juste parce que Jeune et Jolie avait réussi à te convaincre qu'à moyen terme, ça allait faire de toi une bombasse. Exemples :
- Ton teint est terne ? Ta peau est visiblement fatiguée ? No problemo, offre-toi un masque à l'oeuf ! Mode d'emploi : casse un oeuf dans un bol (jusque là, même toi tu peux le faire) et à l'aide d'un pinceau (emprunté au cours d'Art plastiques si t'as pas les moyens de t'en payer un), appliuque l'oeuf sur ton visage, laisse sécher et rince. Wahou, trop bien, ta peau est douce comme un cul de bébé, c'est quasi magique et tant pis si ça pue l'oeuf dans ta salle de bains à t'en filer la gerbe !
- Tes cheveux sont dévitalisés, fatigués ? Toi, tu as besoin d'un bon rinçage au vinaigre ou à la bière, au choix ! Mais attention, la bière, tu n'as pas le droit de la boire, c'est réservé aux grandes personnes. opte donc plutôt pour le vinaigre, lui tu peux le boire sans problème si le coeur t'en dit, en plus c'est excellent pour combattre la cellulite ! Avec cette astuce beauté, tu verras, tes cheveux seront beaux et brillants et le vinaigre, ça sent même pas mauvais !
- Tes cheveux sont trop foncés et tu n'as pas les moyens de te payer un balayage au salon de coiffure ? Opte donc pour la solution miracle "citron power". Applique chaque jour le zeste d'un demi citron sur l'ensemble de ta chevelure et au bout de six mois quelques temps, tu constateras que tes cheveux seront embellis de mèches éclaicies qui illumineront ta chevelure. Et ne crois pas ce qu'on te dit : le citron, ça pique ni les yeux ni les doigts écorchés par les cours de techno.
- Tu veux garder des seins fermes et toniques ? Ne dors jamais sur le ventre, même si tu aimes ça : ça les aplatit chérie.
- Tu trouves que tu as pris du ventre ? Renonce définitivement aux chewing gum, ça provoque de l'aérophagie. Même aux Freedent sans sucre qui font passer le goût de la tambouille de la cantine, gare à l'A-E-RO-PHA-GIE !!
- Tu veux avoir une chevelure de rêve comme Cindy Crawford ? Dis adieu au sèche cheveux : la chaleur déssèche les longueurs. Exit aussi le séchage dans la serviette : en frottant tes cheveux dans une serviette, tu ruines ta fibre capillaire et le lissage de tes cheveux. Comment faire alors ? Et bien promène-toi pendant une heure avec les cheveux trempés jusqu'à ce qu'ils sèchent tout seul, c'est l'unique solution pour avoir des cheveux de bonnasse.
Ce ne sont que quelques exemples parmi un bon milliard d'autres. Juste de quoi te donner un aperçu de ce à quoi Jeune et Jolie te poussait au nom de la beauté : suis les conseils de Jeune et Jolie, vis dans l'inconfort perpétuel, la frustration et la mauvaise odeur, et peut-être qu'à la fin, tu seras toute bonne. Sur ce, je file acheter le dernier hors série de Vieille et pas tout à fait bonne, paraît qu'ils expliquent comment recycler le tiramisu de la veille en masque hydratant pour peaux sèches.


































