"C''est fini l'temps du rock'n'roll !", dit le père. Pour persuader sa fille de grandir, de se ranger, d'être une working-mum exemplaire. "T'as rien compris le père", dit la fille. Pour convaincre le père que sa vie rock'n'roll est bien aussi.

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jeudi 16 juillet 2009

Vacances de merde (suite et fin)

Salut les golgoths !

Comme promis, je reviens me plaindre. Avoue que ça t'as manqué hein, que je me plaigne de ma petite vie dorée comme si j'étais cul de jatte et que je vivais dans un bidonville d'Honolulu (comment ça y a pas de bidonvilles à Honolulu ??!).

Donc, pour en revenir à mes vacances de merde, je pense qu'il est préférable que je m'efforce de la jouer de façon concise : j'ai beau souffrir de diarrhée verbale chronique, je sens que je peux le faire. Parce que si je me mets à te raconter ma loose jour après jour, non seulement ça va prendre huit jours mais en plus tu vas vite t'emmerder et déserter ce blog au profit de blogs nettement plus fun où les blogueurs font des compte-rendus d'opé marketing (d'où qu'tu vois de l'ironie toi ?).

Alors voilà,

Concernant ces vacances disons simplement que, comme j'ai commencé à te l'expliquer hier, j'aurais dû me méfier.

J'aurais dû me méfier quand pour notre première virée à la plage, on a tous gardé les gilets sur le dos tellement ça meulait sa race. Et bon, j'irai pas jusqu'à dire que la plage tout habillé ça n'a aucun intérêt, n'empêche que si, un peu quand même. J'aurais dû me méfier quand après leur première baignade, les gosses sont ressortis tout bleus et transis de froid, pis j'aurais dû me méfier quand mon bébé a failli finir enseveli dans le sable à cause des rafales de vent. J'vais te dire, j'aurais surtout dû me méfier quand, après deux jorus de vacances, ma môme a refusé de retourner à la plage, préférant renoncer aux pâtés de sable plutôt que de se prendre du sable dans les yeux à cause du vent tout en grelottant sous les nuages gris.

J'aurais dû me méfier quand en entrant dans la maison recouverte de moquette du sol au plafond (littéralement hein : moquette au sol, moquette au mur, moquette au plafond... c'est limite si l'évier il est pas en moquette), j'ai commencé à éternuer une fois. Puis deux. Puis trois, puis... soixante-douze. Puis quand j'ai commencé à sentir mes bronches s'atrophier, mon palais enfler, mes yeux gratter et bref, quand j'ai senti que j'allais passer une semaine à me shooter aux corticoïdes pour pouvoir respirer un minimum, ben là par exemple, j'aurais dû me méfier. D'ailleurs je comprends toujours pas comment j'ai pu ne pas me méfier après la deuxième crise d'asthme et ma troisième nuit sans sommeil pour cause de "j'ai perdu mes bronches sur la moquette, essayez de ne pas les piétiner".

J'aurais dû me méfier après que mon fils eut repeint de gerbe sa chambre et la mienne, en l'espace de quelques heures. Ce bain de vomi en guise d'acueil, ça aurait dû m'alerter ouais... J'ai manqué de perspicacité mes enfants, aussi cela m'a-t-il valu une rechute en bonne et dûe forme avec une seconde vomi party trois jours plus tard. Deux nuits à patauger dans la gerbe au lieu de dormir, ça c'est de l'expérience ultime.

J'aurais dû me méfier quand je me suis rendue compte que finalement, pour moi les vacances, c'est faire la bonniche ailleurs. Cernée de gosses et de pré-ados, mes vacances ont très vite ressemblé à un mauvais remake de Huit ça suffit. Et quand au bout de deux jours, j'ai eu squatté la cuisine pendant cinq bonnes heures, tiré la chasse d'eau une quarantaine de fois (à croire que les jeunes sont inaptes à effectuer le geste simple qui leur permet de tirer la chasse d'eau), fait le gendarme dans le garde-manger pour savoir qui était le sale gosse qui avait bouffé en loucedé tous les Granola ou celui qui avait oublié de refermer cette putain de bouteille de Coca pour la trentième fois, pensé des repas pour des mômes qui n'aiment rien et qui sont jamais foutus de s'accomoder de ce que tu leur sers (ça c'est pas mes mômes à moi hein, c'est les autres... les miens ils sont supérieurs) (oui Nath, j'aime bien te provoquer en démontrant la supériorité de mes enfants par rapport aux tiens. Reconnais qu'ils sont supérieurs, merde quoi), rammassé les fringues de mes gosses et mon mec, éparpillées aux quatres coins de la maison, entendu une bonne vingtaine de fois "Qu'est-ce qu'on maaaaaaaange ?" ou "Quand est-ce qu'on maaaaaaange ?", ben après tout ça, j'aurais clairement dû me méfier, ouais. Et me barrer fissa.

J'aurais dû me méfier quand en s'appuyant contre la porte d'entrée, ma môme a fini par traverser la vitre (pas toute la môme hein, juste le bras) et qu'il a fallu revoir le programme cool de la journée au profit de la recherche d'un vitrier et d'un détour par les magasins de bricolage.

J'aurais dû me méfier quand, la seule fois où j'ai tenté de m'octroyer un instant de détente en m'offrant un bain relaxant, y avait plus d'eau chaude au bout de trois minutes. Je te dis pas comme j'allais l'air fine, le cul dans cinq centimètres d'eau, à devoir me rincer la tête à l'eau glacée.

J'aurais dû me méfier quand à l'issue d'une semaine de vacances, j'ai constaté que j'avais pu lire qu'un demi chapitre de mon livre tellement j'avais le temps de rien foutre. Pour tout dire, j'avais même embarqué mes deux vibros préférés en vacances, ben les bougres, ils ont même pas eu le temps de voir le loup. Trop deg' quoi.

D'ailleurs en parlant de vibro, j'aurais dû me méfier quand je me suis rendue compte que ces vacances, ça n'allait pas être "Sea, Sex and Sun". "Sea" à la rigueur quoi. Parce que le Sun, ben on pouvait oublier d'entrée, quant au Sex, entre la présence d'un môme fiévreux dans notre plumard deux nuits d'affilée, les nuits passées à éponger la gerbe, le bébé pas foutu de pioncer (à cause des relents de vomi peut-être... va savoir), mes crises d'asthme à répétition et la présence, dans la chambre voisine, du gosse de ma copine qu'il eût été malvenu de déranger par des grincements de matelas et des mots aussi doux que "viens que je m'occupe de toi, petite cochonne"... ben disons que tout cela ne nous prédiposait guère à copuler. Ouais je sais, c'est moche.

Alors bon, après une semaine passée à faire la bonniche, à mourir des bronches, à éponger la gerbe, à pas niquer et à jouer au Nain Jaune et au Jeu de l'Oie pour occuper les mômes par temps de merde, ben j'ai dit à Manu qu'il fallait qu'on rentre. Là tout de suite maintenant sur le champ illico presto, que j'y ai dit. Parce qu'on était censés rester là plus longuement et faire tout un tas de trucs fun comme du vélo, du bâteau, des siestes au soleil, des balades au marché... mais qu'en l'occurence, le seul truc local que j'avais eu l'occasion de visiter jusque là, c'était les pharmacies et les supermarchés, et que vu la gueule de la météo pour les prochains jours, le bâteau, le vélo et tutti quanti, ben on pouvait s'asseoir dessus. Manu il serait bien resté encore quelques jours vu que lui il aimait plutôt bien regarder la télé sur la terrasse en fumant des substances licites (j'insiste sur ce point des fois que le FBI lise mon blog). Oui parce que pour Manu, la définition des vacances c'est : regarder la télé ailleurs. Même que quand il ne pleuvait pas, il sortait carrément la télé sur la terrasse pour mater C dans l'air et les rediff' des Experts. Mais bon, quand il a vu mes yeux de lapin russe, et non pas de cocker (because l'allergie... faut suivre, merde !), et mon air implorant, Manu il a compris que là, c'était une question de vie ou de mort.

Et tu sais quoi ? Quand ma copine et moi avons fini de passer trois heures à remettre en ordre et laver la maison et après qu'on eût chargé les valises dans les bagnoles, ben le soleil, il a décidé de se pointer, ce petit enfoiré. Petite fiote de soleil va, enfoiré de ciel bleu ! Nous faire ça à NOUS, des gens cool qui méritons pas ça...! Alors je te dis pas la gueule des mômes quand on a commencé à charger les voitures et qu'ils ont vu ce putain de soleil au-dessus de leur tête. Limite ils nous ont pris pour des parents indignes qui les arrachaient volontairement au paradis terrestre. T'aurais du voir leur tête dépitée aux mômes... limite on a songé à vider le coffre pour remplir à nouveau les armoires, sauf que jai dit "Que nenni ! Si c'est pour tout re-saloper en attendant la prochaine averse, et qu'on se farcisse une nouvelle soirée Nain Jaune en bouffant du Zyrtec pour pas crever, c'est hors de question !".

Et bon, faut croire que quand je suis hors de moi, je suis un peu convaincante. Peut-être même que je fais peur. Toujours est-il que personne n'a osé me contredire et qu'on est tous remonté bien sagement dans nos voitures respectives, direction la Lorraine. Et moi, j'étais tellement contente de retrouver mon chez moi aseptisé, sans moquette ni acarien et le beau temps de Metz (car figure-toi que pendant qu'on se gelait les miches en Bretagne, ben chez nous, c'était Metz Plage tellement il faisait beau), que durant le trajet, j'ai même trouvé que les sandwiches des stations service étaient bon. Et que l'autoroute la nuit était belle. ET que passer huit heures sur un siège de bagnole, c'était confortable. Pis bon, au final j'ai retrouvé ma maison, alleluïa !

Bon, sur ce je te laisse, je vais voir si y a pas des promos en ce moment à Disneyland Paris. Ben oui, après des vacances aussi pourries, faut que je décompresse moi...

Edit : Si t'es sage, je te raconterai peut-être la suite de cet épisode intitulé : "Démoule jusqu'au bout" ou "comment j'ai passé mon 14 juillet à l'hosto". Ou bien je ferai une chronique sur la mort de Michael Jackson histoire de faire comme tout le monde. Allez, tchuss !

Posté par _eve_ à 10:30 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [24] - Permalien [#]
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mercredi 17 juin 2009

Vous avez fini de vous foutre de ma gueule ?!

evildog

Dis lecteur, ça t'arrive à toi d'avoir le vague sentiment que chez toi, dans ton home sweet home, les adorés qui composent ton foyer ont parfois méchamment tendance à se foutre de ta gueule ?

Moi, ça m'arrive tout le temps ça, d'avoir l'impression d'être prise pour une buse par ma propre tribu...

Mes gosses par exemple, mes propres enfants, la chair de ma chair, ben disons que me prendre pour une conne, c'est un peu leur raison de vivre. Et prendre leur gentille maman pour une conne, on dirait même que ça les fait encore plus kiffer que de lui foutre la honte en public, c'est dire.

Par exemple tiens, ce matin, j'ai lavé ma terrasse avec tellement de soin que la famille Van de Kamp aurait pu venir y pique-niquer, même qu'on aurait mangé par terre avec les doigts tellement c'était propre. Ben une heure après, mon fils a jugé bon de remplir une bassine avec l'eau des jardinières. Genre bien crade la flotte hein. Et une fois qu'il a eu rempli son fond de bassine d'eau bien crasseuse, il a plongé dedans et il m'en a foutu partout. Ca, c'était juste après avoir pissé dans la remorque de son tricycle et y avoir baigné son troupeau de diplodocus en plastique. Mignon, n'est-il pas ?

Et sa frangine, pas plus tard que la semaine dernière, elle a ruiné ma salle de bains. Mais quand je te dis ruiné, c'est ruiné hein. J'ai cru que la maison s'écroulait mais en fait non, c'était juste mon étagère de salle de bain qui s'écroulait, avec tout ce qui s'y trouvait. Résultat : tous les pots en céramique pétés, tout le maquillage bousillé (bah oui, sache que quand tu fais tomber des fards compacts par terre, ça se casse et c'est tout niqué), les flacons de cosmétiques flingués... Et pour seule explication : "C'est pas ma faute, je faisais que regarder tes affaires". Eh ouais, parce que comme si ça suffisait pas de niquer mes affaires, ma môme elle croit qu'en plus, il est de ton de me prendre pour une conne en m'expliquant que par un simple regard et la seule force de l'esprit, elle a réussi à pulvériser la salle de bains. Je savais que j'aurais jamais, jamais dû la laisser regarder Carrie.

Et mon bébé choupinet qui sait pas encore marcher, tu crois qu'il a pas déjà pigé le concept du "je prends maman pour une conne et j'aime ça" ? Le môme, il attend précisément que je sois en train de bosser pour se mettre à hurler et à vouloir être pris dans les bras. Pis il attend que je me mette à table pour se réveiller de sa sieste et réclamer à bouffer et puis, évidemment, il attend que je dorme pour ne plus dormir, le brave petit.

Heureusement, pour relever le niveau au milieu de ces gosses indignes, il y a Manu, te dis-tu. Manu, le mec qui ruine une heure et demi de ménage en traversant l'appart dont le sol est mouillé avec ses Doc Martens crasseuses aux pieds et qui, pour sa défense, précise seulement : "Attends, j'allais quand même pas enlever mes pompes sachant que je repars direct et qu'il m'aurait bien fallu trois minutes rien que pour virer les lacets". Trois minutes. Contre une heure et demi de briquage de sol. C'est pas du putain de foutage de gueule ça ??!!

Bref, comme tu l'as compris, tout le monde sous mon propre toit, j'ai bien dit tout le monde, s'emploie à se foutre de ma gueule et à me prendre pour une abrutie.

Par chance, il reste mon chien. Ma brave petite bestiole qui ressemble à la progéniture d'une chauve-souris gang banguée par des Gremlins. Eh bien ma petite chienne, j'ai fini par considérer que c'était le dernier être raisonnable doté d'un sens du respect dans cette foutue baraque, aussi me suis-je mise à lui vouer une reconnaissance sans fin pour tant de compréhension et de respect à mon égard.

Alors voilà, je croyais dur comme fer en la loyauté et la considération de mon clébard, seul être ayant un peu d'estime pour moi dans mon foyer. Et puis la semaine dernière, on a fait opérer la pauvre petite bête. Stérilisée vois-tu, histoire qu'elle ne mette pas au monde d'autre bébés Gremlins canins (quoique, ça pourrait être marrant si les bâtards moches se mettaient à avoir le dessus sur tous ces jolis chiens de race). Et accessoirement, pour qu'elle ne se fasse pas tringler par le chien pervers de ma cousine pendant toutes les vacances d'été (t'imagines le beau spectacle pour les mômes ? "Maman, ils font quoi les chiens ? Et pourquoi lui il a le zizi tout rouge ?"). Donc bref, on l'a faite stérilisée. Même qu'elle est rentrée de cette opération toute traumatisée, comme si on l'abandonnait aux mains des nazis pour expérimenter la conception d'un chien mutant exterminateur. Alors on a pris grand soin d'elle, la pauvre bête.

Quand elle a pissé sur notre lit, ben on a rien dit. Rapport aux problèmes d'incontincence que peut engendrer l'anasthésie et tutti quanti. Et quand elle a pissé pour la cinquième fois sur le lit, ben on a toujours rien dit, vu qu'elle devait souffrir, la pauvre.

Et le truc, c'est que de jour en jour, ma petite bestiole dépérissait à vue d'oeil : elle ne mangeait plus, ne buvait plus, n'était plus capable de marcher, restait prostrée dans un coin toute la journée en gémissant. Même que j'ai crû qu'elle allait crever quoi !! Alors on a fait de notre mieux pour qu'elle crève pas : on l'alimentait en lui donnant des bouts de bavette d'aloyau directement dans la gueule, on la portait pour qu'elle n'ait pas d'effort à faire... la totale quoi ! Mais rien à faire, le chien continuait à se laisser mourir.

Merde quoi.

Alors on l'a amenée à nouveau chez le véto en se disant que ce naze, il avait du rater son intervention et bousiller le dedans de notre petit chien. Manu il a porté la petite bestiole quasi morte dans une couverture, s'est tapé une heure de route pour aller chez le véto, et en arrivant... ben crois-le ou non... la chienne a sauté hors de la voiture comme un cabri et s'est mise à faire la fête à tout le monde. Le véto, il a dit que tout allait bien. Mais de retour à la maison, re-belotte, la chienne s'est mise à faire la morte et à pousser des râles d'agonie.

Ma belle-mère, qui a une grande expérience des clébards et qui a presque pleuré en voyant mon chien soit disant mourrant,  elle a appelé un comportementaliste et lui a fait un petit topos. Le gars, il y a dit ceci : que la chienne, ça devait être une sacrée comédienne. Qu'elle avait tant et si bien pigé qu'étant fébrile, on était aux petits soins avec elle et qu'on l'autorisait même à faire des conneries, que du coup, elle se gênait pas pour nous faire tourner en bourrique, pour pisser partout au lieu d'attendre l'heure de la promenade, se faire nourrir de viande premier choix comme un oisillon, et j'en passe.

T'imagines, ce chien, c'est le démon !

Bref, pour conclure : même mon chien me prend pour une conne.

Sur ce, je cours me suicider aux Frolic.

mardi 9 juin 2009

Le seigneur de l'anneau

Demain lecteur, c'est mon anniversaire. Je dis ça comme ça hein, des fois que les baltringues qui n'auraient pas encore pensé à mon cadeau se sortent les doigts du cul et se décident enfin à me payer des trucs, parce que 22 ans, ça se fête, merde.

Et en parlant de cadeaux, j'en ai une bonne à te raconter. Attention mes bichons, j'annonce : ceci est une histoire avec des morceaux de vie de merde dedans. Et un Manu aussi (ne cherche pas de relation de cause à effet steuplé).

Il y a quelques jours, mon gentil Manu me dit ceci : "J'espère que le cadeau d'anniversaire que je t'ai acheté va te plaire. Parce que j'ai comme un doute là...".

Et moi : "Nan mais attends, je suis la fille pour laquelle on peut dire qu'il est impossible de se tromper en matière de cadeaux. C'est vrai quoi, je passe ma vie à réclamer des trucs, à faire des croix dans les catalogues, à mettre en favoris mes pages préférées de site marchand, à montrer des trucs dans des vitrines... Tiens, c'est comme ces fois où je t'envoie des mails intitulés "Manu, si tu veux me gâter, ça tombe bien..." et dans lesquels je t'envoie les liens et références des trucs que j'ai envie de me payer. Bref, m'offrir un cadeau susceptible de me faire plaisir, c'est juste trop facile, surtout quand on vit avec moi."

Manu il a juste répondu : "Ah."

Oui je sais, ça n'annonce rien de bon quand Manu se contente d'un "ah".

Et comme il disait plus rien, j'ai embrayé en faisant un peu d'humour de merde et j'y ai dit ceci : "Tant que tu t'es pas aventuré dans le motif tête de mort pour pré-ado pour mon cadeau, devrait pas y avoir de souci".

Et là Manu il a ri jaune.

"Nan... T'as quand même pas osé m'acheter un truc avec une tête de mort dessus ??! Non parce que qu'on soit bien d'accord, à part la magnifique robe payée par mes copines, jene  porte ni ne possède aucun truc avec des têtes de mort dessus hein, je fais pas dans le trip gothique ou psycho, encore moins dans l'emo punk pour ado hein..."

Sauf que Manu, s'il riait (jaune), c'était pas pour rien. Et j'ai vite compris que ce con le brave, il avait justement tapé dans le motif tête de mort. Cherche pas pourquoi, peut-être qu'il est parti du principe que rock'n'roll = tête de mort, peut-être que c'est dû aux ravages de la drogue sur son cerveau, peut-être que... 'fin je sais pas quoi, je n'y vois guère d'explication.

Alors bon, pour détendre l'atmosphère, je me suis dit que j'allais remettre une couche d'humour de merde et j'ai dit : "Bon, va pour la tête de mort à la rigueur. Tant que c'est pas une bague tête de mort, on est sauvés...".

Sauf que là Manu, il riait plus du tout le pauvre. Et moi j'ai pris ma tête dans mes mains et j'ai dit : "Oh my god. T'as quand même pas osé m'acheter une bague avec une tête de mort dessus ?"

Et comme il disait plus rien, j'ai même enchaîné en disant : "Manquerait plus qu'elle soit pleine de brillants et de strass et là ce serait la totale...".

Et là lecteur, tiens-toi bien, Manu il a dit : "Ecoute mon rat, je suis obligé de t'offrir ton cadeau en avance car là je flippe grave que tu l'aimes pas. Je vais être en stress jusqu'à ton anniversaire avec cette histoire de cadeau, je préfère te le donner maintenant."

Ouais, je sais ce que tu penses : déjà à ce stade, ça sentait pas bon cette histoire. Et t'as raison mon con, t'as raison...

Manu il s'est pointé avec une petite boîte carrée et moi j'ai pas osé l'ouvrir. J'avais trop peur d'y trouver un truc moche, tu comprends ?! Alors je l'ai ouverte tout doucement en n'ouvrant qu'un oeil. Et là, j'ai eu envie de pleurer.

J'ai eu envie de pleurer et puis j'ai scruté la pièce à la recherche d'une caméra cachée. Parce que je me suis dit que ça ne pouvait être qu'un gag, que Manu il était en train de se foutre de ma gueule. Et puis j'ai attendu quelques minutes, des fois que mes soupçons se confirment et que Manu finisse par dégainer un autre cadeau qui serait un vrai beau cadeau cette fois. Mais non, y avait ni caméra ni autre cadeau. Y avait juste Manu, moi et la bague.

La bague, la voilà :

bague

En pire, vois-tu. Car la mienne en plus, elle a six pierres noires brillantes de chaque côté de la tête. Et en l'occurence, je n'ai trouvé que cette photo sur le ouèb, n'ayant pu photographier ma propre bague à défaut de posséder un appareil photo.

Eh ouais, j'ai pas d'appareil photo. Mais maintenant, j'ai une bague.

Immonde.

Ose dire que c'est pas une putain de bague de biker, merde ?!

Moi en plus, j'ai des grands doigts maigres. Alors je te prie de croire que la bagouze là à mon doigt, elle fait pas chouette. Et ne parlons pas de la prétendue tête de mort qui ressemble plus à une tête d'alien. Et bref, E.T. en tenue de strass à mon doigt, c'est juste pas possible.

Alors j'ai essayé de ne pas trop manifester ma déception et j'ai gentiment demandé à Manu comment il pouvait oser m'offrir un truc pareil. Parce que ce truc, c'est quand même tout ce que je déteste, j'ai bien dit TOUT.

Déjà, j'aime pas les bijoux. Et Manu, il est censé le savoir vu qu'il vit avec moi tout de même, et qu'il doit bien se rendre compte que des bijoux, j'en porte jamais. Ca fait tout de même deux ans qu'il cohabite avec mes dix doigts et moi et il a forcément du voir qu'y avait pas une foutue bague à mes doigts, c'était donc pas compliqué d'en déduire que les bijoux, j'aime pas ça (car Dieu merci, si j'avais aimé les bagues, j'aurais pas attendu 28 ans avant de m'en payer une hein).

Donc je n'aime pas les bagues et lui il m'offre la pire bague du monde. Une grosse bague de biker qu'on dirait en toc, une bague qui me rappelle celles que les ados emo punk achètent chez Claire's ou qu'on gagnait quand on était gosses dans les tirettes des fêtes foraines.

Alors j'ai gentiment expliqué ceci à Manu : "Manu, t'as craqué. Je sais pas ce qui t'as pris mais cette bague elle est juste... horrible... inmettable... pire que tout. C'est un condensé de mauvais goût, plus cheap tu meurs...Et même avec la meilleure volonté, je vais juste ne pas pouvoir la porter..."

Et lui il réponds : "Dis pas ça mon rat... C'est quand même une bague de valeur quoi...".

Et là moi j'ai pété de rire. Mais je l'ai vite bouclée quand j'ai compris qu'il déconnait pas. "D'où que c'est une bague de valeur ?" j'y ai demandé, "Non mais t'as vu sa gueule à c'te bague ?!". Et lui il m'explique que les yeux, c'est des rubis et que les six petites pierres noires autour, c'est des diamants noirs.

Et là lecteur, crois-le ou non, j'ai pleuré.

Non pas parce que j'étais touchée de recevoir un cadeau de valeur, juste parce que je prenais subitement conscience de la thune que devait coûter ce truc qui relève plus de l'immondice que de la joaillerie. Imagine : un truc moche et peu coûteux, tu le balances au fond d'un tiroir et ça t'empêches pas de dormir. Mais un truc hideux qui coûte un bras, c'est plus la même affaire ! Imagine, ce truc il est tellement moche que même pas je pourrais le revendre, personne n'en voudra quoi, même bradé !! Même ma môme m'a dit gentiment : "Mais maman, elle est pas un peu moche ta bague" alors que, c'est bien connu, les petites filles trouvent toujours les bijoux de toute beauté, surtout quand ça brille. Et mon fiston, il vient de me demander si c'était un escargot ou un pirate sur la bague, c'est dire s'il est réussi ce motif tête de mort.

Et bref, j'ai osé posé la question fatidique : "Dis-moi Manu, avec le prix de cette... bague..., tu crois que j'aurais pu me payer combien de robes de pin up ?"

Et Manu il répond : "Six. Minimum"

Voilà quoi. Maintenant à chaque fois que je vois cette bague, je peux pas m'empêcher de visualiser une garde robe neuve. Une sorbetière Kitchenaid. Un sac Revamp Productions. Un mur végétal. Un ordinateur. Un appareil photo. Un corset rétro. Bref, je ne peux pas m'empêcher de visualiser TOUS ces trucs dont je rêve et que j'aurais pu avoir au lieu de... au lieu de ça.

(Allez, je te pète à nouveau la photo pour que t'imprègnes bien et pour que tu puisses te foutre de moi deux fois plus. Et n'oublie pas de visualiser les 6 petits diamants qu'on ne voit pas sur le cliché hein...)

bague

Ouais je sais, ça fait peur hein...

Et bref, je l'ai mauvaise de chez mauvaise lecteur, suis encore plus remontée que quand j'ai mes règles. Et pour cause :

- J'ai un job de merde qui me rapporte des revenus plus proches du néant que du Smic. Autant dire que je mesure mes dépenses et que j'ai rarement le loisir de pouvoir me payer des trucs. M'acheter des fringues, ça veut dire en sacrifier d'autres auparavant pour avoir un peu de thunes à dépenser et ça c'est valable pour tout ce que je dépense. Alors laisse-moi te dire qu'une bague inmettable qui coûte un bras, ça me fout juste hors de moi quand je pense à tous les trucs que j'aurais pu me payer pour le même prix. Par exemple, ça fait un an que je chiale pour avoir un ordi premier prix, juste pour pouvoir écrire dans une ambiance un peu plus adéquate que celle de l'agitation familiale (vas-y toi pour bosser des textes de cul sur un coin de table dans le salon quand t'as les mômes dans les pattes... pas si simple de se concentrer sur la fellation tandis que tes moutards réclament un biberon avec Baby TV en fond sonore, on a vu plus propice pour la concentration). Et un PC portable, pour le prix de la bague, j'en avais un. Ca fait aussi un mois que je réclame la sorbetière Kitchenaid pour pouvoir faire des glaces comme Bree Van de Kamp. Ben vu le prix de la bague, j'aurais pu me payer 5 sorbetières. Ca fait aussi des semaines que je parle à mes robes dans mon dressing en leur expliquant que je les aime toutes mais que l'été approchant, j'ai envie de nouveauté et que je vais être dans l'obligation d'en sacrifier quelques unes afin de pouvoir m'en payer d'autres. Et annoncer ça à de gentilles robes 50's, je te prie de croire que ça fait bien mal au cul. Si elles savaient que pour le prix de cette saloperie de bagues, j'aurais pu amener six copines robes dans le dressing, elles en seraient malades mes robes, elles en seraient malades...

- Je l'ai doublement mauvaise car cela témoigne d'une évidence déconcertante : mon mec ne fait pas attention à moi ou si peu. Quand je parle, c'est comme si je pissais dans une contrebasse (excuse-moi, je préfère la contrebasse au violon). Ca fait un an que je lui dis que j'ai envie de faire de la photo et que je galère à économiser la thune pour me payer un appareil décent. Un an que je me plains de devoir travailler sur un bout de table avec les gosses dans les parages. Sans parler des conversations relatives aux bijoux au cours desquelles je disais simplement que les bijoux, j'aime pas ça. A croire qu'il n'écoute pas un mot de ce que je lui dis et ça, ça fait toujours drôlement plaisir.

Et pour couronner le tout...

... parce que ouais attends, ça s'arrête pas là...

... sa bague pourrave, il a osé me l'offrir à genoux en me faisant c'te bonne blague du mec qui demande sa gonzesse en mariage mais non en fait pas du tout. "Regarde mon rat, je te fais ma demande, haha". Il aurait ajouté "non j'déconne" que ça aurait été pareil. Le coup de la fausse demande en mariage, sérieux fallait oser quoi.

Bref, pour conclure : dans les films, les amoureux demandent leur copine en mariage avec de vraies belles bagues. Dans la vraie vie, ton mec t'offre une bague absolument immonde en faisant semblant de te demander en mariage parce qu'il trouve ça trop rigolo le coup du "j'te marie nan j'déconne".

Et bref, cette année, mon anniversaire a méchamment des airs de mauvaise blague.

Je crois que sur ce coup-là, je suis une bonne candidate pour Viedemerde.fr.


Découvrez Bratmobile!

mardi 26 mai 2009

L'histoire du pantalon bleu de Sabine

monica

Ce qu'il y a de bien avec moi, c'est que je me retrouve régulièrement malgré moi dans des situations complètement délirantes, ce qui me permet de venir te faire la rigolade ici même en te racontant mes histoires à la con, et tant pis si je m'auto-humilie au passage. Ainsi, tu as eu droit à des épisodes de loose interplanétaire comme à la fois où j'ai été invitée à une soirée barbecue chez les kékés ou le récent épisode de mon arrivée au concert des Adicts avec un moins d'avance (et encore, vivement que je te raconte le deuxième volet de cette histoire à savoir : comment j'ai finalement réussi à arriver à ce concert en retard et comment j'ai eu droit qu'à quatre morceaux avant que le groupe ne remballe) et puis, évidemment, la fois où je suis tombée enceinte suite à une éjaculation faciale.

Mais bon, parfois, il arrive aussi que mon existence subisse des accalmies passagères et que je ne vive pas suffisamment de trucs atypiques pour pouvoir te payer une tranche de rigolade. Aussi, en de tels moments, je me félicite d'être entourée de personnes qui attirent la loose autant que moi et qui, en plus, se réjouissent tout naturellement de me raconter leurs petites anecdotes en oubliant bien évidemment ce tout petit détail : que je suis une pute qui balance tout publiquement sur ce blog.

Et bref, tu as déjà eu droit à Claudia, ma copine qui a failli accoucher par le trou du cul, à Aglaé, celle qui a pour coutume de ruiner les toilettes publiques, aussi aujourd'hui suis-je fière de te présenter Sabine et la fabuleuse histoire de son pantalon en velours bleu.

Déjà pour situer, laisse-moi te présenter Sabine.

Sabine est une fille plus bonne que bonne, une très belle femme qui se sape avec goût et ne manque pas d'attirer les regards. Ca, c'est la Sabine actuelle. Car ce qu'il faut savoir, c'est que quand elle était môme, Sabine c'était un peu le vilain petit canard. Une ado qu'elle résume elle-même à cela : grosse et mal fringuée. Un peu comme Monica dans Friends quoi.

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Et un jour, Sabine a cru bon de me parler du triste épisode de son pantalon bleu, en me faisant promettre et jurer que j'en parlerais jamais sur mon blog. Moi j'ai promis et juré. Mais j'ai pas craché. Et comme je suis langue de pute de profession, je m'en vais te raconter cette histoire :

Quand elle était ado, Sabine vivait dans le trou du cul du monde. Etrangement, elle y vit toujours, mais comme elle dispose désormais d'une voiture, elle a la possibilité de côtoyer régulièrement les gens civilisés qui vivent dans la grande ville, ce qui n'était pas le cas à l'époque. En ces temps reculés, elle devait très exactement se contenter d'une virée mensuelle dans la grande ville, en empruntant le bus loué par l'association du quartier, laquelle proposait aux jeunes des activités un peu plus citadines et branchées que la chasse au tétards et les cabanes dans les arbres.

Et donc, un jour, l'association en question décida d'organiser une sortie à la patinoire, tout là bas dans la grande ville. Je te laisse imaginer que Sabine était ravie d'aller jouer à Surya Bonaly et que le jour J, elle piétinait d'impatience à l'idée d'aller faire mumuse sur la glace. Sabine commença donc à se préparer en vue de cette sortie très excitante, sur les recommandations de sa mère qui exigea qu'elle porte son pantalon bleu. Pour être plus précise, son "fuseau" bleu ciel en velours. Ce truc horrible qu' on portait dans les années 80, un pantalon ressemblant plus à des collants et s'attachant sous les pieds avec des élastiques (toi le jeune qui me lit, sache que je n'invente rien : cette étrangeté vestimentaire a bel et bien existé). Donc déjà à la base, c'était le truc absolument horrible. Mais comme si ça ne suffisait pas, il a fallu qu'en plus, le fuseau de Sabine soit bleu ciel et en velours côtelé. Le truc totalement immonde quoi.

Et bref, sa mère a tenu à ce qu'elle mette ce pantalon bleu et rien d'autre, estimant que c'était la sape la plus confortable de sa garde robe et qu'avec ça, elle serait rudement à l'aise (en plus d'être tendance) pour faire du patin. Et Sabine, qui n'était pas une ado contrariante, elle a dit "oui maman" et elle a enfilé son pantalon bleu ciel.

Ce qui ne fut pas chose aisée. Car comme je te l'ai dit plus haut, Sabine avait une propension à l'embonpoint. Elle dut donc s'allonger sur le canapé du salon pour enfiler patiemment son pantalon, centimètre après centimètre. Et une fois le pantalon enfilé, elle se sentit un rien serrée mais se dit qu'après tout, ça allait sûrement se détendre, et ainsi prit-elle place à bord du bus, en veillant à aller s'asseoir bien tout au fond vu que la banquette, c'était trop la classe. Vinrent prendre place de nombreux autres ados pour ne pas dire toute la population ado de ce fief paumé, prêts à se la donner comme des fous sur la glace...

Arrivée à la patinoire, fièrement perchée sur ses patins, Sabine entreprit un premier tour de piste. Mais en l'espace de quelques secondes, se rétama la gueule sur la glace. Ce qui en soi, n'est déjà pas cool quand tu est entourée de toute la population 13-17 ans de ton quartier. Mais comme si cela ne suffisait pas, de finir étalée sur la glace en pantalon bleu ciel trop serré... et ben...

... le pantalon, justement...

...il a craqué.

Mais quand je dis "craqué", c'est craqué quoi ! Pas qu'un peu, vois-tu. Pas un petit trou ou que sais-je, un vrai craquage en bonne et dûe forme ! Pour faire simple : le pantalon s'est déchiré le long des coutures. Sur les deux jambes. Ouais, la Sabine, elle s'est retrouvée limite à oilpé sur la glace, avec un pantalon complètement ruiné. Et tout le monde passait à côté d'elle en se marrant, tu penses bien. Non mais t'imagines la honte quoi ?! C'est typiquement le truc super traumatisant dont tu peines à te remettre quand t'es ado, le truc qui te poursuit des années.

Et le pire, c'est que ça s'arrête pas là, tu penses...!

Y a quand même eu un brave petit jeune homme qui a eu pitié de Sabine, quand il l'a vue en larmes, le cul sur la glace, essayant de faire quelque chose de ses morceaux de pantalon. Et ce garçon en question était un peu punk de son état et arborait une veste largement recouverte de badges. Aussi n'a-t-il pas hésité à se servir de ses moults badges pour sortir Sabine de cette situation embarrassante. Il s'en est précisément servi pour tenter de réunir les deux pans déchirés du pantalon, afin que cette pauvre Sabine n'ait plus l'entre-jambe à l'air, vois-tu... Un à un, il a donc aligné les badges pour maintenir les bouts de tissu ensemble et pour rhabiller tant bien que mal cette pauvre Sabine. Sympa le gars quoi. Comme quoi, on mise jamais assez sur les punks hein.

Et bon bref, t'imagines la suite : Sabine désormais affublée d'un fuseau bleu ciel en velours rapiécé de l'entre-jambe aux chevilles par une série de badges. Et si elle a su se faire discrète jusqu'à la fin de la sortie en restant contre une rambarde pendant que les autres mômes s'en donnaient à coeur joie sur leurs patins, la pauvre Sabine a du affronter un nouveau moment de honte générale en regagnant le bus. Qu'elle dût évidemment retraverser avec son pantalon à badges et là, squatter la banquette lui parut tout de suite moins cool dans le sens où il lui fallut affronter les regards de tous les autres occupants du bus avant d'y accéder.

Voilà la triste histoire du pantalon bleu de Sabine. Et c'est tout pour aujourd'hui.

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mercredi 22 avril 2009

Sois pauvre et tais-toi

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Moi je dis : ces temps-ci, faut être sacrément bien luné pour oser allumer son poste de télé. Car la crise étant le concept vendeur du moment, on n'en finit plus de te servir du reportage sur la crise, la récession, l'inflation et évidemment, sur les pauvres.

Et moi, ce qui me troue le cul, c'est que le message n'est pas tant "Viens y donc, on va t'expliquer comment vivre mieux" mais plutôt "Fais-toi donc à l'idée que t'es pauvre et la ramène pas trop". Les soi disant prodigieux conseils censés t'aider à vivre mieux en ces temps de crise, les combines a priori vouées à t'aider à maintenir un train de vie décent malgré la merde ambiante, c'est juste du flan, de la poudre aux yeux, de gentils bons conseils qu'on te refile gracieusement pour te faire croire qu'on prend soin de toi. Sauf que qu'en substance, l'idée est toute autre et se résume plutôt à te faire accepter ta condition de pauvre, à te convaincre que ça sert à rien de rechigner devant ton salaire de misère et les prix exorbitants, que t'es pauvre et puis c'est tout.

Et quand je vois et lis certains trucs, ces pseudo conseils prodigués par les prédicateurs de la débrouille et du bon sens, ces faux potes de la plèbe qui font croire qu'ils se soucient de ce que tu mettras ou non dans ton assiette ce soir tout en comptant ce que leur émission ou livre va finalement leur rapporter, c'est juste immonde.

TF1 te matraque de reportages censés te convaincre que de nos jours, fouiller dans les poubelles, c'est plus si tabou que ça. Eh oui les gueux, faut arrêter d'être rétrogrades et de considérer que seuls les clodos raclent les fonds de poubelles en quête de bouffe, désormais fouiller les cagettes à la fin des marchés et attendre que les restaurateurs sortent leurs détritus du jour, c'est plus un luxe réservé aux SDF et aux plus démunis, manquerait plus que ça, merde quoi ! Maintenant, toi aussi, le travailleur pauvre, t'as le droit de fouiller les poubelles et de ne pas en avoir honte. Mieux, sois fier d'agir dans une optique de décroissance et d'enculer le capitalisme tout en te nourrissant gratos de fruits et légumes presque pas moisis, c'est ça l'idée qu'on tente de te faire gober. Tu verras, faire les poubelles c'est trop cool, on y trouve des trésors, des denrées alimentaires quasi consommables, même que la viande avariée, tant qu'elle pue pas le rat crevé, tu peux la manger les yeux fermés (et crois-moi, les yeux fermés c'est conseillé), c'est la télé qui me l'a dit.

La télé elle m'a aussi montré des magasins plus-discount-tu-meurs qui ne vendent QUE des produits périmés. Même que tous les pauvres qui vont faire leurs courses là haut, ils te garantissent que tout a très bon goût, et à la base, je suis pas contre l'idée de les croire. Ce qui me dérange un peu plus, c'est la façon dont les journalistes te matraquent le truc, te vendent l'idée que franchement, c'est quand même plus hype de bouffer des trucs périmés à moindre frais pendant que ces couillons de riches font la queue dans des vrais supermarchés, avec du choix, de la qualité et des produits frais. Sans dec', qu'ils sont cons les riches quoi ! Ils achètent de la Danette au chocolat à 2.50 € alors que chez le discounter, t'as de l'ersatz de Mont Blanc garanti avec 1% de chocolat dedans et périmé depuis 3 mois seulement, qui coûte seulement 90 centimes d'euros ! Hé ouais, la télé, elle est perfide jusqu'au bout : elle te prend pour un con, toi le pauvre. Elle te fait croire que c'est toi le meilleur, toi le plus malin, toi le valeureux citoyen qui se contente de rien.

Dans le même genre, y a Jean-Pierre Coffe qui n'est pas mal non plus. Jean-Pierre Coffe, il vient de sortir un livre de cuisine pour les pauvres. Tu penses, il est pas fou le Jean-Pierre hein... Sauf qu'ayant eu l'occasion de feuilleter ce livre chez une amie pauvre (oui, je ne fréquente que des gens pauvres, c'est tellement plus tendance de nos jours), m'est avis qu'il est préférable de conseiller aux gens d'aller claquer 10 € chez le primeur ou chez le boucher plutôt que de les cramer dans ce livre savamment intitulé "Le plaisir à petits prix", et qui promet de te filer la combine miracle pour "bien manger en famille pour moins de 9 euros par jour". Parce que les conseils du père Coffe, il me foutent mal à l'aise pour lui tellement je trouve ça limite de prendre à ce point les pauvres pour des cons. Comme si ça leur suffisait pas d'être pauvres, bordel. Jean-Pierre il te dit qu'il faut manger le vert du poireau. Ah oui hein, oublie tout ce que ta mère a appris et dis-toi que les livres de cuisine qui t'indiquent systématiquement de ne garder que les blancs de poireaux, c'est rien que des menteurs, des intégristes du blanc de poireaux qui ne savent pas vivre avec leur temps. Jean-Pierre il te suggère aussi de garder les épluchures de pommes de terre et de les faire frire. Parce que la peau de patate, la vérité c'est délicieux. Alors le lundi, tu sers des frites à tes mômes, et le mardi, tu leur fourgues de la friture de pelure de pomme de terre  : tu vas voir mon gars, tes chiards ils vont kiffer comme des fous et ils vont subitement bouder l'ami Ronald tellement les épluchures, c'est plus cool et plus hype que les vraies frites. Et Jean-Pierre, qui ne recule devant rien, il te file ainsi moults conseils en or, pour toi le pauvre, comme conserver l'eau de cuisson de tes pâtes, rapport au fait que t'es tellement pauvre que t'as pas les moyens de remplir une casserole d'eau. Perso, je propose de pousser ce raisonnement plus loin et de récupérer l'eau de ton bain pour y faire cuire tes pâtes avant d'y faire infuser ta tisane et finalement, d'arroser tes plantes avec. Comme ça à la fin de l'année, t'auras économisé 4 ou 5 euros et avec ça, tu pourras pas partir en vacances, c'est sûr, mais tu pourras t'acheter au moins 8 paquets de pâtes. Voir 12 si tu les achètes chez ton discounter de produits périmés.

Allez les gens de la populace, sur ce, je vous laisse car en tant que pauvre, je dois surveiller mes mômes qui s'amusent à faire des colliers de nouille pour pas cher. D'ailleurs je te dis pas la gueule qu'ils vont faire ce soir quand je vais les déstituer de leurs créations : parce que bah oui, au dîner on recycle les colliers de nouille, c'est pâtes à l'eau au menu.


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mardi 17 février 2009

Histoire de chiotte, volume 1

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Parce que je suis une fille raffinée et très distinguée, j'ai envie d'écrire une histoire de chiotte. Attention hein, ceci est à prendre au pied de la lettre : je ne suis pas en train de t'annoncer que je m'apprête à te pondre un billet dont le niveau sera en dessous de tout (ça, tu commences à en avoir l'habitude à force de traîner par ici) mais bel et bien que l'histoire que je vais te conter aujourd'hui va précisément parler de chiottes. Et peut-être même celle de demain d'ailleurs, vu que je suis rien qu'une grosse dingue qui n'a honte de rien à part peut-être de la taille médiocre de ses seins.

Donc voilà, ceci est une histoire de chiotte. Une histoire qui ne m'est pas arrivée à moi personnellement mais qui m'a été contée par sa protagoniste un rien éméchée au cours d'une récente soirée. Et moi, quand des gens que je rencontre pour la première fois de ma vie se mettent à me raconter comment ils ont mis des chiottes hors service ou comment ils se sont pissés dessus sans le faire exprès, ben limite je trouve que ça invite au respect. Parce que sérieux, faut oser quoi. Déjà se pisser dessus sans être forcément bourré, faut oser. Dévaster des chiottes, ça aussi faut oser. Mais en plus, raconter tout ça à une quasi inconnue réputée pour sa propension à rendre publiques les histoires croustillantes glanées ça et là, ça a un côté héroïque je trouve.

Donc, si tu me lis, toi que nous appellerons Aglaé pour afin de préserver ton anonymat (Et là, sûre qu'y a des nazes qui se disent "Who putain, je parie qu'en vrai elle s'appelle Sidonie ! Je vais voir si y a pas une Sidonie dans sa blogroll tiens..."), sache que ton histoire de flaques de pipi et de chiottes hors service m'a laissée pantoise et a bien failli me faire mourir de rire, aussi je me sens quasi obligée de la partager avec mes gentils lecteurs (ne serait-ce que parce qu'il y a des dépressifs et des suicidaires parmi eux et que ça me plaît assez de leur redonner un peu goût à la vie grâce à ton récit d'accident de vessie). Et puis Aglaé, de toi à moi, sache qu'une histoire pareille, ça force le respect, vraiment. La vérité, t'imagines pas l'estime que j'ai pour toi.

Bref, t'impatiente pas lecteur, je commence...

C'est l'histoire d'Aglaé qui se pointe toute pimpante pour son premier jour de boulot. Et le premier jour dans un nouveau job, c'est évidemment celui où t'es censé faire sensation, celui où tu dois être performant en tous points et bluffer d'entrée tes supérieurs. Et bref, c'est précisément dans cet état d'esprit que la vaillante Aglaé s'est présentée pour ce nouveau poste, bien décidée à être absolument époustouflante tout au long de la journée.

Et crois-moi, c'est rien de le dire.

Après s'être auto-humiliée devant sa supérieure en démontrant son incapacité à utiliser un normographe pour écrire sur la tranche d'un classeur (rigole pas, à toi aussi ça peut t'arriver), le stress aidant, Aglaé est prise d'une terrible envie d'uriner.

Alors Aglaé va aux toilettes. Normal.

Aglaé ferme la porte à clé, enlève sa culotte. Normal.

Aglaé fait pipi. Normal.

Aglaé trouve étrange que son pipi fasse un son étrange ce jour-là. Pas normal.

Il faut dire qu'Aglaé a oublié un tout petit détail : soulever l'abattant des toilettes. Et du coup, au lieu de pisser dans les WC, elle a pissé sur le couvercle.

Trop forte Aglaé. D'ailleurs lecteurs, faisons une courte pause et, à trois, faisons une hola magistrale pour Aglaé, l'héroïne sans pitié des WC : 1, 2, 3... HooOOOOla !

Pis c'est pas fini. Parce qu'après avoir pissé sur le couvercle, tu penses bien qu'Aglaé, qui est une fille bien élevée (ouais faut pas croire hein, elle a beau pisser sur les couvercles des toilettes, elle est bien élevée dans le fond), a cherché à rattraper sa connerie. Aussi s'est-elle emparée d'une montagne de papier toilette pour éponger le désastre et rendre ces WC un minimum utilisables. Après avoir peiné à absorber tant bien que mal sa flaque d'urine avec du papier chiotte, Aglaé à évidemment balancé les preuves dans les WC. Et tiré la chasse d'eau. Et bouché les chiottes qui se sont mis à débordé méchamment.

Résultat : un retour à son poste en catimini, ni vu ni connu. Et une indifférence très maîtrisée quant au panneau "WC hors service" placardé peu de temps après sur la porte du chiotte sinistré et quant aux remarques de ses collègues exaspérés qui se emandaient qui pouvait bien être le con qui avait ruiné les chiottes de la sorte.

Aglaé, t'es la meilleure !! Encore plus forte que ma copine Claudia, celle qui a bien failli accoucher par le trou du cul. Vivement samedi qu'on se boive des bières ensemble, t'imagines pas comme je suis contente de te revoir. Et t'imagines encore moins comme je suis contente que la soirée ait lieu ailleurs que chez moi : je suis bien trop attachée à mes chiottes pour prendre le risque de te laisser les utiliser.


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dimanche 15 février 2009

Sunday Morning sucks

Ô que j'aime le dimanche matin !

Quelle joie s'empare de mon coeur quand ce doux moment arrive et que je m'aprête enfin à en profiter avec délectation !

Réveillée à 5 heures du mat' pour le biberon de bébé, je me réjouis de pouvoir profiter toute seule des premières lueurs de l'aube tandis que le reste de la maisonnée dort paisiblement. Et c'est pas grave si je suis tellement pas réveillée que je dois m'y reprendre à trois fois pour compter le nombre de cuillères de lait en poudre que je mets dans le biberon, parce que la vérité, être debout dans la cuisine un dimanche à 5 heures, c'est trop d'la balle. Et je me dis que c'est beau d'être mère.

Recouchée jusqu'à sept heures pour un semblant de sursis avant le prochain réveil de bébé. L'odeur d'urine provenant de sa couche chatouille mes narines, c'est exquis. Mêlée aux effluves d'alcool émanant de ma tendre moitié qui cuve en ronflant, la fragrance obtenue est des plus admirables et emplit mon coeur de bonheur. Je m'endors dans ces douces effluves de bière, de pisse et de lait caillé régurgité, bercée par l'envoûtante mélopée des ronflements ininterrompus de mon bien aimé et je savoure cet instant de sérénité.

A midi, après une matinée passée à faire la bonniche tout en torchant les gosses, je m'extasie devant mon intérieur presque rangé et me félicite de n'avoir passé que deux heures à faire la vaisselle, ramasser les canettes vides de la veille et vider les cendriers pleins de cartons de joints. En même temps, je pense à l'amour de ma vie qui est encore alité à cette heure tardive et je me dis qu'il est rudement gentil de faire exprès de rester au lit afin de ne pas m'encombrer pendant que je fais le ménage.

A treize heures, mon amoureux dort toujours. Le pauvre ange doit se reposer, bien qu'il n'ait point été épuisé la veille par une quelconque activité sexuelle trop intense qui lui aurait coûté toute son énergie ni par les réveils nocturnes de notre enfant que, comme à mon habitude, j'ai assumés en tous points. J'espère de tout coeur que son fragile petit corps empli de THC trouvera dans ce sommeil l'apaisement nécessaire pour repartir du bon pied, plein de vigueur et souriant.

J'ai passé mon dimanche matin toute seule devant mon évier en pensant à mon super-héros trop affaibli, le pauvre amour, pour daigner m'accorder un semblant d'attention en ce jour béni qu'est le dimanche.

C'est beau l'amour.

Et la vie de couple, c'est un truc que je vous conseille vivement.

(Et on conclut sur la citation du jour, lue chez Princesse Audrey, la blogueuse qui nous inspire toutes : "Je ne ferai pas l’hypocrite, j’aime la Saint Valentin, parce que j’aime mon mec, et parce que -soyons franches- je m’aime aussi, et que même si j’étais célibataire, je me couvrirais de cadeaux.". Moi aussi je veux vivre dans le monde de Princesse Audrey, y a pas de raisons, merde !)


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vendredi 16 janvier 2009

Dans la famille démoule, je voudrais la mère !


Trois gastro en trois mois.

C'est pas de la loose intersidérale ça ?

J'ai failli crever lecteur, j'ai failli crever.

Et pourtant je te rappelle que j'ai accouché trois fois, autant dire que la douleur, ça me connaît. Dont une fois avec forceps et épisiotomie, plus une fois avec ouverture du col de l'utérus à la sauvage (comprenez : le bras dans ma chatte, la sage-femme est allée forcer l'ouverture à la main... même Steven Seagal aurait pas osé), c'est dire si je suis pas douillette dans mon genre. Mais là, dis-toi, pour situer, que le Manu il a appelé le SAMU tellement il a cru que sa petite Eve elle passerait pas la nuit.

Mais j'ai survécu, mazel tov. J'ai même réussi à vider mes seaux de vomi toute seule. Et la bonne nouvelle, c'est que j'ai tellement vomi, que mon ventre a jamais été aussi plat. En fait, maintenant il est limite incurvé tellement il a disparu.

Bon voilà, je t'ai fait quelques breaking news concernant mon vomi et t'en voilà ravi (putain, encore une super rime !).

Je laisse tomber les breaking news concernant mon caca, des fois que tu lises ça en trempant tes tartines de Nutella dans ton cacao et que tu trouves ça peu ragoûtant. Ou tes tartines de camenbert dans le café au lait, si t'es un gros dingue comme mon père.

Ah oui sinon, j'ai deux nouveaux tatouages : un abattant de cuvette de chiotte tatoué sur le front et un autre sur les fesses. C'est du plus bel effet. Et au passage, je remercie mes WC avec qui j'ai passé une nuit des plus inoubliables : merci les gogues, ça m'a fait plaisir de partager ce moment avec vous.

Bon je file. Faut que j'aille vomir.

Ou faire caca, j'hésite encore.

Et ne me demandez pas plus de détails sur ma maladie, j'ai de la pudeur et de la dignité moi, bordel de merde ! (sur ce coup-là, j'ai réussir à me faire rigoler toute seule).

Alors ce n'est pas la peine d'essayer de me demander si mon caca a une jolie couleur, vraiment pas. Je ne m'abaisserai pas à répondre à ce genre de questions. Ceci dit, ce qui suit s'apparente à une vanne à deux balles pour ceux qui suivent :


(Et non, j'ai pas honte de vous faire des vannes aussi merdiques - c'est le cas de le dire - un vendredi matin. En même temps si tu venais de cumuler trois gastro d'affilée, peut-être que toi aussi tu ferais de l'humour de merde)

(Et promis Le Coach, j'essaye de pas avoir de gastro le 4 février pour aller voir les Stranglers en live)

Posté par _eve_ à 11:24 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [53] - Permalien [#]
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lundi 22 décembre 2008

On gère la crise (et on remercie Julien Courbet)

crise

dessin d'E.Chaunu


Tu n'es pas sans savoir lecteur, qu'actuellement c'est la Crise.

Si tu ne le savais pas encore, c'est que t'es vraiment pas aidé dans ton genre parce que David Pujadas arrête pas de nous le répéter tous les jours et puis aussi parce que la mode est aux programmes télé où les caméras s'immiscent dans le quotidien des pauvres avant de te donner des astuces pour ne pas devenir pauvre à ton tour, ou mieux, pour avoir un semblant de vie cool même quand t'arrives plus à payer les traites mensuelles de ta guitoune.

D'ailleurs le meilleur conseiller que la télé nous ait jamais donné, y a pas à chier, c'est sans conteste Julien Courbet. Et aujourd'hui j'ai envie de dire : merci Julien pour tous ces bons conseils que tu nous prodigues, à nous les pauvres, pour rendre notre quotidien moins triste et pour nous aider à avoir une vie presque normale. Et ce que j'apprécie par dessus tout Julien, c'est qu'en plus de tous tes conseils avisés, tu veilles à préserver notre dignité.

Ainsi, je te remercie pour ces moults conseils dont je veille à prendre note depuis des mois déjà, et grâce auxquels, j'en suis sûre, je vais faire tellement d'économies que j'aurais peut-être de quoi me payer des huîtres à Noël prochain (et je veillerai évidemment à garder les coquilles pour en faire des cendriers, car en ces temps de crise j'ai bien pris conscience de l'importance de TOUT recycler).

Par exemple j'ai beaucoup apprécié ton émission sur les trucs et astuces où tu nous suggérais de recycler des vieux sacs de café en toile de jute pour en faire de somptueux rideaux pour son salon. Ceci dit j'ai une question Julien : bien que le logo de "La Poste" soit moins tendance que l'imprimé "Café", tu penses que ça marche aussi avec les sacs de courrier ? Parce que tu comprends, je suis tellement pauvre que je ne suis pas du genre à côtoyer les torréfacteurs, d'ailleurs pour tout dire, je suis même du genre à utiliser plusieurs fois le même filtre à café par souci d'économie, quand je ne remplace pas le café par de la chicorée. En revanche, le facteur je le connais bien, il est habitué à ce que je refuse les lettres recommandées de peur qu'il ne s'agisse d'un nouvel avis d'huissier ou d'une quelconque mise en demeure. Et du coup, je pense que ce gentil facteur ne sera pas contre l'idée de me refiler quelques sacs de courrier grais pour que je puisse me fabriquer de beaux rideaux, et ce bien que je ne sois pas en mesure de lui acheter un putain de calendrier cette année.

J'ai aussi beaucoup apprécié l'astuce qui consistait à récupérer ses vieilles ampoules pour les transformer en soliflores. Je suis sûre que même chez les gens riches, on ne voit pas de vases aussi cool que ça. Je crois que dans la haute société, on appelle ça le style "design", c'est bien ça Julien ?

Mais ce qui m'a fait kiffer par dessus tout, c'est quand tu as diffusé une astuce pour que nous les filles pauvres, on puisse aussi avoir la peau douce et prendre soin de nous à la manière d'une bourgeoise en institut de beauté. Il faut que je t'avoue que le coup du marc de café transformé en gommage pour le corps, j'ai trop adoré. Sérieux, l'idée de récupérer les vieux marcs de café dans mes filtres et de m'en tartiner le corps sous la douche, je la trouve absolument exceptionnelle et je me demande comment j'ai fait pour ne pas y penser plutôt. Le pire c'est que maintenant, quand je pense à toutes ces dames riches qui achètent des gommages aux huiles essentielles hyper chers, j'ai envie de leur dire "hé couillonnes" tellement je trouve ça débile de dépenser de l'argent dans des produits qui sentent bon et qui ont été élaborés sous contrôle pharmaceutique alors que le marc de café, non seulement ça coûte que dalle mais en plus ça sent si bon et c'est tellement agréable sur la peau !

J'ai bien aimé aussi tes conseils pour recycler l'eau de cuisson du riz. Maintenant je fais comme tu me l'as enseigné Julien : je récupère l'eau de cuisson de mon riz pour arroser mes plantes. Je suis sûre que ça va me permettre d'économiser au moins 2,12 € sur l'année, c'est pas rien quand même. D'ailleurs j'avais une question : que penses-tu de récupérer l'eau du bain pour cuire le riz avant de la recycler en eau d'arrosage ?? Bonne idée non ?! Dis, si je mets tout ça en scène et que je me filme, tu promets de me faire passer dans ton émission comme tous ces cons gens rusés qui participent à tes programmes en donnant leur super conseils à la mords moi l'zob aux gens pauvres comme moi ?!!

De tout coeur, merci Julien. Grâce à toi je ne me sens pas du tout inférieure à tous ces gens riches et ma dignité n'est absolument pas atteinte. En être réduite à me tartiner de vieux café (qui, je le rappelle a préalablement servi à faire 78 tasses vu que je réutilise le même filtre à l'infini) pour avoir une jolie peau et à me faire des rideaux en peau de zob toile de récup pour donner un côté immonde rustique à mon salon, ça ne me pose aucun problème et ne me donne aucunement le sentiment d'appartenir à la France de tout en bas.

Merci de ton soutien Julien,

bien t'à toi,

Eve.

Maintenant que j'ai fini de faire ma déclaration d'amour à Julien Courbet, mon mentor, mon héros, mon sauveur, je vais te raconter comment Manu et moi on s'efforce de gérer la Crise au quotidien.

En fait, pour être honnête, on fait que dalle. Rien de plus que ce qu'on faisait déjà avant car quand t'es pas un gens riche à la base (j'aime pas dire pauvre), tu t'amuses évidemment pas à dilapider ton peu de thune à tout va, sous prétexte que la crise n'a pas été annoncée officiellement. Et oui, sache que même si on est des sortes de super héros de la blogosphère, on est des êtres humains comme tout le monde. Nous aussi on fait caca comme le commun des mortels et nous aussi on compare les prix avant de mettre des trucs dans le caddie. Des fois, on renonce même à certains menus plaisirs comme celui de bouffer du foie gras toutes les semaines. Et le fait que Manu ait une sympathie toute particulière pour certains petits animaux comme les escargots ou les grenouilles, animaux qu'il s'efforce par conséquent de ne pas manger, nous aide considérablement à gérer la frustration de ne pas pouvoir manger comme à Noël tous les jours de l'année. C'est dur, mais on y arrive.

Nous aussi on compare les prix. Des fois, on découpe même les bons de réduc' et on engueule la caissière si elle oublie de les prendre en compte au moment d'encaisser. On privilégie les menus pas chers et on est devenus les pros de la tartine au four, plat économique qu'on décline à l'infini : tartine au munster et au cumin, tartine au jambon cru et tomates séchées... bref, la tartine est en quelques sortes devenue notre mascotte. Ceci dit, rassure-toi, des fois on mange autre chose quand même. Genre des raviolis premier prix qu'on a eu au rabais vu qu'ils sont périmés depuis deux mois et demi seulement ou bien des salades qu'on a récupéré dans les poubelles du primeur (et crois-moi, on veille à mettre les feuilles abîmées dans le composteur car RIEN ne doit se perdre, comme nous l'enseigne notre vénéré Julien Courbet).

Bon, trêve de connerie, la crise est une chose sérieuse. Faut dire qu'avec cette affaire, le portefeuille d'actions de Manu a morflé et que non seulement aucun de nos enfants ne pourra faire d'études mais qu'en plus, j'ai dû me résoudre à faire une croix sur mes nouveaux nichons. Oui je sais, en temps de crise faut savoir faire des sacrifices. Et du coup, Manu il cogite et des fois il émet des suggestions pour limiter nos dépenses. Alors ça donne ça :

"Mon rat, faut qu'on parvienne à se restreindre sur la bouffe. Déjà, faut arrêter d'acheter des plats tout fait, ça revient moins cher de les faire soi-même.
- Oui, je suis d'accord avec ça, dans l'absolu c'est tout à fait juste. Mais comme pour notre part c'est déjà le cas, on a rien à changer à ce niveau là.
- Ah oui, c'est pas faux tiens. Bon, ben alors faut qu'on arrête de manger de la viande à tous les repas.
- C'est déjà le cas aussi...
- Alors faut arrêter de manger de la viande chère...
- C'est ce qu'on fait déjà...
- Ok. Bon ben au final, on s'en sort pas si mal hein
."

Parfois, ça donne ça aussi :

"Faut tout boycotter mon rat, faut tout boycotter ! Faut les enculer ces enfoirés de capitalistes qui essayent de nous la mettre les premiers ! On va pas se laisser faire ! Faut arrêter d'acheter à tout va.
- Oui mais on n'achète PAS à tout va nous !
- Ouais c'est vrai ça. Ben faut arrêter d'acheter tout court, c'est la seule solution ! Tout est trop cher, merde. Quand tu vois l'inflation sur la pomme de terre, ça dépasse l'entendement, même la pomme de terre est devenue trop chère, ils se foutent de notre gueule moi j'te dis !
- Ben oui mais bon, qu'est-ce que tu veux qu'on y fasse hein ?
- Ben j'viens de te le dire, faut tout boycotter. TOUT.
- Oui m'enfin bon, faut quand même faire les courses.
- Le minimum. Et tout le reste, on boycotte. On boycotte tout en fait...
- Tout ??
- Ouais. Bon... sauf le kloutz.
- Ah ben en voilà une idée qu'elle est bonne ! On arrête d'acheter des patates mais on continue d'acheter du joint ! NAN MAIS TU T'FOUS D'MA GUEULE ?!!
- Réfléchis mon rat, réfléchis. Le kloutz, c'est pas pareil. Ca fait partie d'une économie alternative. C'est en dehors du système, ça relève pas de l'Etat. Et cautionner une économie underground, moi je veux bien. Je trouve que c'est une façon légitime de dire fuck the system
."

Manu a de la répartie, y a pas à dire. Et de l'idée aussi. Mais rassurez-vous, on continue à acheter des pommes de terre, tout va bien.

Bref, c'est la crise, on l'a dit et redit. Et depuis que c'est la crise, j'ai l'impression d'être d'autant plus fière de moi à chaque fois que je conclue une bonne affaire. Par exemple aujourd'hui, j'ai acheté le 45 tours des Civils. Qui s'appelle précisément la Crise, c'est dire si c'est de circonstance. Parce que j'en avais marre que Noisy et le Coach se la pètent parce qu'ils l'avaient et pas moi (oui je sais, je me comporte comme une enfant mais je t'emmerde au passage... et d'abord c'est celui qui dit qui est euh...). Et puis aussi et surtout parce que ça fait un moment qu'on le cherche ce disque et qu'on le trouvait jamais à un prix raisonnable (moi j'te l'dis, y a des enfants d'anciens punks qui se goinfrent en revendant la collec' de papa sur Ebay, t'as même pas idée des sommes que certains titres peuvent atteindre). Donc, toute fière, je prends mon téléphone pour annoncer the nouvelle of the day à mon Manu :

"Manu, devine ce que j'ai acheté pour 90 centimes d'euros !!!
- Quoi ??
- Le 45 tours des Civils !!!
- Ah cool ! Hé mon rat ?!
- Quoi ?
- Devine ce que j'ai acheté pour 90 euros ?!! De la beu légale chez Biosmoke !!!
".

Y a pas à dire, Manu sait gérer la Crise.


Posté par _eve_ à 07:10 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [22] - Permalien [#]
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jeudi 27 novembre 2008

Inadaptée

strangegirl1


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Je voudrais être le genre de fille qu'on est fier de présenter à ses parents.

Non lecteur, ne t'égare pas dès le début en prenant cette phrase d'intro au premier degré, je ne suis pas en pleine négociation d'épousailles avec mon cher et tendre ni en conflit quelconque avec mes beaux-parents. Revenons-en donc au fait : y a des jours ou j'aimerais vraiment bien être le genre de fille qu'on est fier de présenter tout court. Ou mieux, dont on est fier tout court. Parce que voilà, j'ai tout le temps souvent le sentiment d'être une fille du genre pas sortable, ou du moins pas sortable n'importe où. Pas présentable non plus, ou alors pas présentable à n'importe qui. Le genre de fille sur laquelle on la ramène pas trop parce que commencer à parler d'elle c'est s'aventurer sur un terrain glissant et on ne sait jamais où on va finir.

Tu vois, j'ai juste l'impression d'être un peu trop à part. Et quand j'observe mes semblables, je me dis que je dois être une sorte d'incident, que j'ai manqué une étape ou au contraire, que j'en ai sauté beaucoup trop. A force de fréquenter des anti-conformistes, j'avais fini par me convaincre que j'étais absolument normale, que le problème venait des autres mais bon, apparemment non, plus le temps passe et plus je me rends compte que je suis une sorte de gag à moi toute seule.

Non mais sérieusement, à chaque fois que je rencontre des gens et que je sais que je vais devoir parler de moi, enfin un minimum quoi, c'est l'angoisse totale. D'ailleurs par où commencer...? Mes enfants ? Des enfants formidables, que j'ai eus avec trois pères différents en cinq ans seulement. Si j'étais mariée avec les papas ? Avec un seulement. Un mariage exceptionnel dans le genre puisqu'il a duré deux mois.

A ce stade en général, les gens embrayent rapidement sur un autre sujet avant que le malaise ne se fasse trop sentir. Genre le boulot.

Et professionnellement alors ? Hummmm, par où commencer... J'ai fait tellement de jobs passionnants...! Vendeuse de godes par exemple. Non non, c'est pas un gag. Toutes les semaines j'allais chez le grossiste pour remplir mon caddie de bites en plastiques et de jouets vibrants, tout en prenant connaissance des dernières nouveautés ("Ca alors, vous avez reçu les vibro japonais dernier cris à 8 vitesses ! Mais c'est supeeeer !"). Rien de plus normal quoi. Mieux, j'ai aussi été débauchée par un géant du marché de l'érotisme pour être testeuse de sextoys. Ca c'est du métier, je te le fais pas dire. Recevoir des vibros dans sa boîte aux lettres, les tester, rédiger un compte-rendu... un truc de ouf, j'aurais pu y laisser ma santé (une chance que ce con de pseudo-employeur ait retourné sa veste au dernier moment et décidé de ne plus donner signe de vie... enfin une "chance", ptetr pas pour lui, car si tu savais lecteur l'article que je m'aprête à te sortir sur cet entubeur, avec moults détails et liens vers son site à la con, tu serais mort de rire d'avance. Vengeance !). Ah oui, pis j'ai eu des jobs respectables. Rédactrice tiens, ça paye pas mais c'est déjà un peu plus respectable. Sur quoi j'écris ? Euuuuuuuh bah un peu sur tout. Mais surtout sur le sexe. Oui je sais, c'est moche. En même temps j'écris là où y a de la demande et j'ai pas les moyens de faire la difficile. Pis tu sais hein, je suis plus vraiment à ça près.

Donc voilà, je suis grillée en ce qui concerne mon passé sentimental que les gens se contentent évidemment d'assimiler à une instabilité amoureuse manifeste de ma part, un manque de maturité et une irresponsabilité certaine ("t'rends compte, elle quitte ses mecs avec une facilité déconcertante ! C'est bien le genre de gonzesse qui pense pas une seconde à ses gosses !"... les cons, s'ils savaient, je crois qu'il s s'étoufferaient avec leur langue... bref). Je suis aussi grillée sur ma vie professionnelle parce qu'à part quelques vagues jobs sérieux (j'ai tout de même été prof m'sieurs dames, parfaitement !), j'ai toujours fait des trucs mal payés ayant toujours trait, de près ou de loin, à l'inacceptable univers du charme, évidemment gouverné par la luxure et la débauche.

Bref tu vois, rien que là, j'ai déjà cessé d'être considérée comme fréquentable.

Intéressons-nous à mes loisirs alors. Je fais quoi de mon temps libre ? Je blogue. Oui, je blogue, j'écris des trucs à la con pour des centaines milliers de lecteurs, usant de moultes expressions auxquelles il est très incorrect de recourir quand on est une femme digne et respectable (parce que comme dirait ma grand-mère : "Y a des mots qui sont vulgaires dans la bouche d'une fille"). Je parle aussi volontiers de sexe, sans mettre d'astérisques pour dissimuler les mots qu'il est malvenu de prononcer et sans user d'aucune paraphrase pour parler de certaines choses, partant du principe qu'il est plus commode d'appeler un chat un chat ou, en l'occurence, d'appeler une chatte une chatte. De ce fait, je suis une atroce créature perverse et débauchée qui n'a aucun amour propre ni aucune dignité. Si si, je te jure. Et le pire dans tout ça, c'est que ça me rapporte pas un rond*. Je sais ouais, faut être sacrément con pour accorder autant d'importance à un truc même pas lucratif. En plus d'être infréquentable et vulgaire, je suis donc une triple conne.

Mais j'ai d'autres loisirs. Je fréquente les concerts. Et quand je dis que je les fréquente, c'est que je plonge tête la première dans le trip, que je ne me contente pas de siroter ma grenadine en dodelinant de la tête au fond de la salle. Je bois des bières que je paye rarement, laissant mes maintes connaissances et amis masculins se charger de la note. Car oui, pour ajouter une tare de plus à ce sordide personnage que je suis, je ne fréquente que des hommes ou presque, de péférence bien plus âgés. Ca me donne un petit côté mère maquerelle en puissance, celle qu'on respecte et qu'on essaye même pas de baiser, femelle dominante qui ne laisse pas place à l'ambiguïté. Et au vu de bien des gens, c'est ni normal ni sain tout ça, si si je t'assure, on me l'a fait remarqué plus d'une fois. Paraît que ça fait pétasse sûre d'elle qui 'entoure d'un harem par orgueil et par intérêt. Conclusion : ça fait de moi une personne encore moins respectable que je ne l'étais à la base. Une petite merde insignifiante quoi.

Pis c'est pas tout. Suffit de me regarder. Y a des jours où je t'assure que j'aimerais bien être classe et trendy, avec un tailleur hors de prix et un brushing soigné. Etre dans le trip passe-partout quoi, passer inaperçue à une réunion ou un repas de famille. Au lieu de ça, je suis juste l'éespèce de follasse qui met des robes tête de mort à outrance et pas seulement à Halloween. La tarée pour qui on se demande si elle le fait exprès de mettre des fringues passées de mode depuis 50 ans ou si elle est vraiment fauchée à ce point qu'elle est obligée de se saper chez Emaüs. L'espèce d'ado attardée dont les tatouages et les drôles de chaussures font marrer les gosses mais laissent les autres perplexes.

En somme, j'ai souvent le sentiment d'être une sorte de freak.

Te marre pas, y a des fois où c'est rude. Des fois où t'as honte d'être ce que t'as mis si longtemps à assumer. Des fois où tu te dis qu'i vaut mieux se faire toute petite et ne pas trop la ramener parce qu'après tout, tu n'es et ne seras jamais que la pauvre fille qui se reproduit à tout va avec le premier venu, qui boit des bières devant des enceintes à la première occasion et qui gagne trois fois rien en bidouillant des articles parfaitement honteux qui parlent de sexe à outrance. Et tu sais quoi, ben j'ai ni la force ni le courage de me justifier sur tout ça, même si des fois, c'est pas l'envie qui me manque. Pas envie d'expliquer pourquoi j'ai quitté les pères de mes deux premiers enfants, pas envie de la ramener sur mon job de merde en expliquant tant bien que mal que ça m'amuse pas plus de parler de cul que de donner des conseils en jardinage mais qu'en l'occurence, je prends ce qui vient sans faire la difficile. Pas non plus le courage de justifier mes choix en matière de loisirs ou d'amitié ni rien de tout ça.

Y a des jours où tout ça, je m'en tape, pis des jours où ça fatigue de se sentir comme une sorte d'inadaptée. Parce que j'ai pas envie de me faire violence pour me déguiser en gonzesse bien sous tout rapport. Ce serait admettre que dans l'état actuel des choses, je suis bien en dessous de tout et qu'il est nécessaire que j'agisse d'urgence pour devenir quelqu'un. Quelqu'un de bien quoi. Histoire que mon père n'ait plus besoin de faire croire que je suis en recherche d'emploi pour dissimuler mon job actuel, histoire que je n'ai plus à me préparer psychologiquement à l'idée d'être observée/jugée/cataloguée en moins de deux à chaque fois que je suis rpésentée à quelqu'un dans le monde des adultes, histoire que les autres mamans viennent spontanément me parler à la sortie de la maternelle au lieu de me reluquer de loin en s'échangeant des invit' tupperware.

Bref, être une sorte de sympathique mascotte sympa et un rien excentrique, ça va bien cinq minutes en fait. Mais quand on se rend compte que tout ce que les gens retiennent de soi, ben c'est ça, ça amène à se dire qu'être normale et pareille que tout le monde, ça doit être bien, des fois.

* sauf si t'es mignon et que, partant du principe que si je t'avais raconté tout ça en musique en jouant de la gratte dans la rue, tu m'aurais sans doute filé une piécette d'encouragement, tu cliques ici pour me verser l'euro de l'amitié. Ou plus hein, faut pas te gêner.

PS : Rien à voir mais quelqu'un aurait-il l'amabilité de me dire si le lecteur Deezer démarre sans souci chez vous ? Parce que ces derniers temps, je suis pas pote avec Deezer, il me fait rien que des misères...

Posté par _eve_ à 15:06 - Coups de gueule & langue de pute - Commentaires [53] - Permalien [#]
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